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  • Bonfils FrĂ©dĂ©ric

đŸ…”đŸ…”đŸ…”La chute. ThĂ©Ăątre littĂ©raire Ă  la contrescarpe. Nouveau horaires

Jean-Baptiste Clamence se confie Ă  un inconnu, dans un bar douteux d’Amsterdam. Il se prĂ©sente comme « juge-pĂ©nitent », Ă©trange profession consistant Ă  s’accuser soi-mĂȘme afin de pouvoir devenir juge.

Il se raconte : naguĂšre avocat Ă  Paris, il mena une brillante carriĂšre. RespectĂ© de tous et ayant une haute opinion de lui-mĂȘme, il se considĂ©rait au-dessus du jugement du commun des mortels. En parfait accord avec lui-mĂȘme, sa vie Ă©tait une fĂȘte, et il Ă©tait heureux.

Jusqu’au soir oĂč il passa sur un pont duquel il entendit une jeune fille se jeter. Il poursuivit son chemin, sans lui porter secours. Cette chute entraĂźna celle, morale, de Clamence et marqua le dĂ©but de sa quĂȘte existentielle.

Depuis 10 ans, GĂ©raud BĂ©nech, metteur en scĂšne et Stanislas de la Tousche, comĂ©dien explore la littĂ©rature et l’emmĂšne au thĂ©Ăątre.


AprĂšs le merveilleux CĂ©line, Derniers entretiens jouĂ© au thĂ©Ăątre de la contrescarpe et au poche Montparnasse, Cette annĂ©e est l’occasion de revisiter, de façon thĂ©Ăątrale, ce rĂ©cit Ă©crit par l’une des figures les plus marquantes de la pensĂ©e du XXe siĂšcle.

Loin des affrontements historiques et idĂ©ologiques des annĂ©es 1950 (Guerre froide, dĂ©colonisation, forte influence du marxisme dans les courants de pensĂ©e en Europe), qui lui donnaient des allures de manifestes, cette Ă©trange confession s’inscrit Ă  prĂ©sent dans un contexte plus Ă©mouvant et proche de nos sensibilitĂ©s contemporaines, davantage tournĂ©es vers l’intime et le personnel.

Un homme rompu Ă  l’art de la parole, brillant avocat comme il se dĂ©crit... comĂ©dien comme il se prĂ©tend, va se mettre Ă  nu dans un « jeu de la vĂ©ritĂ© » sans concessions.


Un homme rompu Ă  l’art de la parole, brillant avocat comme il se dĂ©crit... comĂ©dien comme il se prĂ©tend, va se mettre Ă  nu dans un « jeu de la vĂ©ritĂ© » sans concession ?

La mise en perspective thĂ©Ăątrale de ce texte s’appuie sur la stratĂ©gie d’écriture de Camus. Le spectateur, tout comme le lecteur, n’est pas pris Ă  partie directement. La parole de Jean-Baptiste Clamence, portĂ©e par le comĂ©dien Stanislas de la Tousche, est adressĂ©e Ă  cet interlocuteur invisible qu’il tente de convertir et d’entraĂźner dans sa chute salvatrice. Petit Ă  petit, sans s’en apercevoir, alors que la confession avance, on se sent tous concernĂ©s, pris Ă  partie et presque gĂȘnĂ©s de voir Ă  quel point le mensonge, si souvent usitĂ©, peut faire des dĂ©gĂąts colossaux.


Qui est ce personnage qui se dĂ©signe sous le nom de Jean-Baptiste Clamence. À qui s’adresse-t-il ?

La magnifique mise en scĂšne de GĂ©raud BĂ©nech, Ă  la fois intense et sobre met la place du miroir en Ă©vidence et Ă  chaque instant, le spectateur est confrontĂ© Ă  plusieurs informations. Jeu d'acteur, bande sonore, projections. Le tout se mĂȘle en un jeu d'illusions et ajoute encore, une folle intensitĂ© Ă  cette introspection. Un texte, tout en ambigĂŒitĂ© voulue par Camus et trĂšs bien retranscrit par Stanislas de la Tousche, Ă  la mĂ©loper trĂšs particuliĂšre.


” Ces nuits-lĂ , ces matins plutĂŽt car la chute se produit Ă  l’aube, je sors, je vais, d’une dĂ©marche emportĂ©e, le long des canaux. Dans le ciel livide, les couches de plumes s’amincissent, les colombes remontent un peu. Une lueur rosĂ©e annonce, au ras des toits, un nouveau jour de ma crĂ©ation (...) Alors planant par la pensĂ©e sur tout ce continent qui m’est soumis sans le savoir, buvant le jour d’absinthe qui se lĂšve, ivre enfin de mauvaises paroles, je suis heureux. Je suis heureux, vous dis-je, je vous interdis de ne pas croire que je suis heureux, je suis heureux Ă  mourir ! ”

LA CHUTE

"La Chute" est le roman-testament d'Albert Camus.

Un an aprĂšs avoir achevĂ© cette derniĂšre Ɠuvre, il reçut le prix Nobel de littĂ©rature.

Auteur Albert CAMUS

Adaptation GĂ©raud BÉNECH et Stanislas de la TOUSCHE

Artiste Stanislas de la TOUSCHE

Metteur en scĂšne, crĂ©ation sonore et vidĂ©o GĂ©raud BÉNECH

Crédit Photo Fabienne RAPPENEAU


THÉÂTRE DE LA CONTRESCARPE

5 RUE BLAINVILLE, 75005 PARIS

Samedi 24 octobre Ă  14h30. Du 1er novembre au 3 janvier, les dimanches Ă  18h30




En savoir plus...

RĂ©sumĂ© du texte. Un ancien avocat rĂ©fugiĂ© Ă  Amsterdam sert de guide Ă  un Français de passage, rencontrĂ© dans un bar du port. Jour aprĂšs jour, il se raconte et se dĂ©voile, se faisant de plus en plus intime. Au cƓur de sa rĂ©vĂ©lation, un Ă©vĂ©nement catalyseur : le suicide par noyade, sous ses yeux, d’une jeune femme, un soir alors qu’il traversait un pont parisien. Mais au-delĂ  de sa propre expĂ©rience, il rend compte de cette complexitĂ© irrĂ©ductible que nous partageons tous, des choix qui composent la trame de nos existences, de nos intentions, de nos actes ou nos immobilitĂ©s, face au regard de l’autre, face aux injonctions sociales ou aux intrusions fracassantes de l’Histoire dans nos vies. L’homme se confie : il a Ă©tĂ© un avocat brillant, un sĂ©ducteur, un homme du monde, vivant pour et par les autres, n’existant qu’au travers du jeu des regards. Puis soudain, Ă  la faveur de ce suicide, la luciditĂ© l’a saisi. Le sentiment de sa lĂąchetĂ© intrinsĂšque, de sa vanitĂ©, se sont mis Ă  affleurer. Toutes ses tentatives pour le refouler ont Ă©chouĂ©. Sa carapace d’ĂȘtre social s’est fissurĂ©e puis brisĂ©e. C’est un Ă©corchĂ© vivant qui se voit en transparence, Ă  la fois sujet et objet cette « leçon d’anatomie » qu’est La Chute.

Frédéric BONFILS

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