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  • Bonfils FrĂ©dĂ©ric

đŸ…”đŸ…”Nicolas de StaĂ«l. La fureur de peindre au Lucernaire

À l’écoute des lettres de Nicolas de StaĂ«l, on est saisi de stupeur et d’émotion. Éblouis, on pĂ©nĂštre comme par effraction dans son atelier, au cƓur de la crĂ©ation, dans son monde de ciels et d’eau, de matiĂšres incandescentes 
 mais aussi dans l’intimitĂ© de sa vie, de ses amitiĂ©s, dont celle du grand RenĂ© Char, de ses passions amoureuses.

Lorsque Bruno Abraham-Kremer et Corine Juresco ont dĂ©couvert la correspondance prolifique de Nicolas de StaĂ«l, ils ont eu un vĂ©ritable choc. Un journal oĂč se tissent l’Ɠuvre, les mĂ©andres de la crĂ©ation et la vie du peintre, depuis ses annĂ©es de formation jusqu’à son « envol volontaire » du haut de son atelier Ă  Antibes, un soir de mars 1955.


« On ne peint jamais ce qu’on voit ou croit voir, on peint Ă  mille vibration le coup reçu, Ă  recevoir. »


Un sentiment Ă  la fois passionnĂ© et gĂȘnĂ© nous envahit Ă  l’écoute de ces lettres intimes Ă©crites au fil de la vie par Nicolas de StaĂ«l et ayant pour thĂšme ses amitiĂ©s et passions amoureuses.


Fallait-il dévoiler ce trésor intime ?

Ce spectacle peut-il ĂȘtre vu comme une master-class sur la crĂ©ation ?

« Cher RenĂ©, le « cassĂ©-bleu » c’est absolument merveilleux, au bout d’un moment la mer est rouge, le ciel jaune et les sables violets
 »


Il est vrai que peu d'artistes ont dĂ©crit si concrĂštement, si honnĂȘtement, et non sans un certain humour, la rĂ©alitĂ© de leur travail, entre joies et difficultĂ©s matĂ©rielles, mais on peut le comprendre.


Si on part du postulat que l’art (et encore plus la peinture, hautement subjective) est projection et Ă©motion. La pensĂ©e, l’intimitĂ© de l’artiste ne doit-elle pas ĂȘtre protĂ©gĂ©e, Ă  tout prix ?

Encore plus en sachant que Nicolas de StaĂ«l cherchait Ă  restituer le choc de l’impression qu’il avait reçu d’un paysage, d’un objet, de la lumiĂšre, et de la transfigurer par sa vision propre.

En tout Ă©tat de cause, ce spectacle ne laisse pas indiffĂ©rent et permet de se replonger dans l’Ɠuvre magnifique de cet immense peintre, de cet homme en quĂȘte de libertĂ© qui refusait de se laisser enfermer dans une Ă©cole ou un style. Un peintre qui se rĂ©inventait sans cesse et qui, d’une toile Ă  l’autre rĂ©ussira ce miracle. DĂ©passer le clivage entre l’art abstrait et l’art figuratif.


Bruno Abraham-Kremer et Corine Juresco, nous disent: « Le spectacle est une tentative de transmettre ce cadeau Ă  tous : par la performance d’un trio d’acteur et de musiciens, faire renaitre la vibration intĂ©rieure de l’artiste, sa poĂ©sie, la fulgurance de sa parole et l’intensitĂ© de sa frappe sur la toile blanche. ».

La musique et les sonorités déstructurées sont trÚs réussies et la découverte de ces témoignages intimes est surprenante, déstabilisante et atypique, mais, par son originalité, La fureur de peindre est un spectacle intéressant et émouvant, à découvrir au Théùtre Lucernaire.


Nicolas de Staël. La fureur de peindre

D’aprĂšs les lettres de Nicolas de StaĂ«l & RenĂ© Char

Adaptation, mise en scĂšne Bruno Abraham-Kremer Corine Juresco

Avec Bruno Abraham-Kremer, Hubertus Biermann (Jeu & contrebasse), Jean-Baptiste Favory (Ă©lectroacoustique)

Scénographie LumiÚre et vidéos Arno Veyrat

Costumes Charlotte Villermet

Durée 1h15

Crédit / Copyright : © Pascal Gel



LUCERNAIRE

DU 30 SEPTEMBRE AU 15 NOVEMBRE 2020 DU MARDI AU SAMEDI A 19H00

ET LE DIMANCHE A 16H00




Frédéric BONFILS

43 avenue de Suffren

PARIS, 75007

 

frederic@foudart-blog.com

 

Telephone: +336 11 69 81 37

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