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  • Amadeus : le génie de l’un, la souffrance de l’autre

    Avis FOUD’ART 🅵🅵🅵 Avec Amadeus, Olivier Solivérès transforme la rivalité imaginaire entre Mozart et Salieri en une fresque théâtrale aussi flamboyante que profondément humaine. Porté par un Jérôme Kircher magistral et un Thomas Solivérès lumineux, ce spectacle explore avec une rare intensité les ravages de l’admiration, de la jalousie et du besoin de reconnaissance. Malgré quelques facilités et une mise en scène parfois inégale, cette rencontre entre deux hommes que tout oppose devient un formidable moment de théâtre. Un spectacle passionnant, éblouissant et terriblement émouvant. Le génie comme une malédiction Et si le véritable drame d’Amadeus n’était pas la mort de Mozart, mais la souffrance de celui qui a compris, avant tout le monde, qu’il était un génie ? C’est toute la cruauté de la pièce de Peter Shaffer. D’un côté, Wolfgang Amadeus Mozart, jeune prodige insolent, exubérant, parfois insupportable, mais habité par une musique d’une beauté presque surnaturelle. De l’autre, Antonio Salieri, compositeur respecté de la cour impériale, travailleur acharné, homme de foi et de discipline, qui découvre brutalement que le mérite, le travail et la reconnaissance ne suffisent pas à faire de vous un génie. L’un possède ce que l’autre désire désespérément. Et le plus cruel, c’est que Salieri est probablement l’un des rares hommes capables de mesurer toute l’immensité du talent de Mozart. C’est là que commence son supplice. Une histoire fausse pour raconter des sentiments vrais Le choix dramaturgique de Peter Shaffer est aussi formidable que dangereux. Car cette rivalité assassine entre Mozart et Salieri relève largement de la fiction. Rien, historiquement, ne permet d’affirmer que Salieri aurait provoqué la mort de Mozart. Les deux hommes ont même entretenu des relations bien moins conflictuelles que ne le laisse supposer la légende. Mais une fois cette liberté prise avec l’Histoire acceptée, quel extraordinaire terrain de jeu théâtral ! Car Amadeus ne raconte finalement pas tant une rivalité entre deux compositeurs qu’une confrontation entre deux conceptions de l’existence. La jalousie, bien sûr, mais aussi l’admiration, les rapports de pouvoir, la soumission aux conventions sociales et cette terrible injustice qui consiste à ne pas recevoir les mêmes dons que les autres. Et puis, derrière cette opposition, apparaît une lecture beaucoup plus contemporaine, presque inattendue : celle de l’enfant star, propulsé très jeune dans un univers d’adultes, adulé pour ses capacités exceptionnelles mais peut-être incapable de grandir tout à fait sereinement. Derrière les rires, les provocations et l’immaturité de Mozart, on devine les blessures possibles d’un enfant devenu prodige avant d’avoir eu le temps de devenir un homme. C’est aussi ce qui rend ce texte passionnant. Sous les dorures de la Vienne impériale, les tourments humains n’ont finalement pas pris une ride. Jérôme Kircher, ou l’art de rendre la souffrance fascinante Il fallait un immense comédien pour donner vie à Salieri. Car le rôle est redoutable. À la fois narrateur, témoin, manipulateur et personnage central de son propre récit, Salieri pourrait facilement devenir un personnage trop explicatif, presque figé dans une fonction de maître de cérémonie chargé de nous raconter une histoire. Jérôme Kircher fait exactement le contraire. Il donne à cet homme mille visages, mille nuances et une profondeur bouleversante. Il peut être drôle, séduisant, inquiétant, pathétique, cruel et terriblement humain. Il possède cette élégance naturelle qui rend ses accès de noirceur encore plus troublants. Tout passe par une inflexion, un regard, une respiration. Son Salieri n’est jamais simplement un homme jaloux. C’est un être qui se découvre progressivement prisonnier de sa propre lucidité. Un homme qui admire sincèrement ce qu’il cherche à détruire et qui, à force de vouloir combattre Mozart, finit par se détruire lui-même. Il y a quelque chose de profondément émouvant dans ce personnage qui, ayant consacré son existence à Dieu, finit par lui reprocher d’avoir confié le génie à un autre. Le Molière du meilleur comédien obtenu par Jérôme Kircher en 2026 prend ici tout son sens. Sa prestation est magistrale. D’une intelligence de jeu remarquable, il parvient à rendre fascinant un homme qui aurait pu n’être qu’un monstre d’amertume. Thomas Solivérès, une lumière qui déborde de partout Face à lui, Thomas Solivérès possède un rôle en or. Mais encore fallait-il trouver le juste équilibre entre l’excentricité du personnage et son extraordinaire humanité. Son Mozart est un tourbillon. Il déborde d’énergie, de fantaisie, d’insolence et d’une forme d’inconscience presque enfantine. Il agace autant qu’il amuse, fascine autant qu’il déconcerte. Et surtout, Thomas Solivérès possède ce charme fou, cette lumière naturelle qui rendent son personnage immédiatement attachant. On pourrait parfois lui reprocher quelques excès, une gestuelle appuyée ou des effets comiques un peu insistants. Mais derrière cette agitation permanente surgissent des moments d’une étonnante fragilité. Le jeune homme insolent laisse alors entrevoir un être beaucoup plus vulnérable, presque perdu face à son propre talent et aux exigences d’un monde qui ne le comprend pas toujours. C’est précisément dans ces instants que son interprétation devient particulièrement émouvante. Et quelle formidable rencontre entre ces deux comédiens ! Leurs différences deviennent leur plus grande force. Ils se provoquent, se défient, s’observent, se respectent malgré eux. Leurs énergies s’opposent et se complètent avec une évidence assez réjouissante. À leurs côtés, Lison Pennec, dans le rôle de Constanze, tire remarquablement son épingle du jeu. Elle apporte au récit une présence sensible, une fraîcheur et une humanité bienvenues. Elle permet surtout à Mozart d’exister autrement que dans sa confrontation permanente avec Salieri. C’est incontestablement la plus grande réussite du spectacle : ce trio, et plus particulièrement ce duel, parvient presque à faire oublier tout ce qui l’entoure. Une mise en scène éblouissante… mais pas toujours inspirée Après Le Cercle des poètes disparus, Olivier Solivérès confirme son goût pour les grandes fresques théâtrales, les univers visuels affirmés et les mises en scène généreuses. Il faut reconnaître à cette production une véritable ambition. Les tableaux se succèdent, certains éclatants de beauté. Les lumières sculptent les espaces, les décors se transforment et la présence de musiciens et de chanteurs lyriques donne à l’ensemble une ampleur particulièrement séduisante. Et quel bonheur de découvrir ou de redécouvrir la musique de Mozart dans un tel contexte ! Car la musique n’est jamais seulement illustrative. Elle devient un véritable personnage, le révélateur des sentiments, des obsessions et des frustrations de Salieri. Entendre cette œuvre expliquée, décortiquée et admirée par un autre compositeur est une expérience passionnante. On comprend mieux ce que le génie peut avoir de dérangeant, voire de destructeur, lorsqu’il surgit trop tôt, trop fort, trop loin devant les conventions de son époque. On mesure aussi combien l’avant-garde peut susciter autant d’admiration que de rejet. Mais tout n’est pas aussi convaincant. Pourquoi avoir choisi de transformer certains personnages de la cour en bouffons presque ridicules ? Cette volonté de moderniser les rapports sociaux à travers des personnages volontairement caricaturaux apporte certes quelques effets comiques, mais elle finit par appauvrir un univers qui aurait gagné à davantage de subtilité. Même réserve concernant les costumes. Ils sont beaux, parfois très beaux, mais leur nombre semble étonnamment limité pour une fresque qui traverse autant d’années. Une même tenue, ou presque, pour accompagner toute une existence ? Le parti pris paraît un peu pauvre au regard de l’ambition générale. Et puis il y a ces ruptures de rythme. Certaines scènes atteignent une véritable grâce visuelle et émotionnelle, tandis que d’autres paraissent beaucoup plus convenues, parfois même assez anecdotiques. Le spectacle semble alors hésiter entre la grandeur d’une tragédie et les facilités d’une comédie populaire. Rien de véritablement rédhibitoire, mais ces petites faiblesses empêchent parfois l’ensemble d’atteindre la perfection à laquelle il semble pourtant pouvoir prétendre. Pourquoi l’un demeure et l’autre s’efface Reste l’essentiel. Et quel essentiel ! Amadeus possède cette qualité précieuse de nous faire réfléchir sans jamais sacrifier totalement le plaisir du spectacle. Pourquoi certains artistes traversent-ils les siècles quand d’autres, pourtant brillants, finissent par s’effacer de la mémoire collective ? Pourquoi le génie semble-t-il parfois si injustement distribué ? Et surtout, comment accepter de ne pas être celui que l’on rêvait de devenir ? Peter Shaffer pose ces questions avec une cruauté magnifique. En racontant Mozart, il parle finalement de Salieri. En racontant Salieri, il parle de nous tous. De nos ambitions, de nos renoncements, de nos petites jalousies et de cette difficulté universelle à admirer sincèrement ceux qui possèdent ce qui nous manque. C’est ce qui rend ce spectacle si touchant. Malgré ses quelques maladresses, Olivier Solivérès réussit une adaptation ambitieuse, spectaculaire et profondément vivante. Jérôme Kircher et Thomas Solivérès y forment un duo remarquable, capable de faire surgir l’émotion au milieu du tumulte, de la musique et des éclats de rire. Un grand moment de théâtre, passionnant, lumineux et souvent bouleversant. Presque un incontournable de la scène parisienne. Et lorsque les dernières notes se sont éteintes, une pensée demeure : Salieri aura peut-être consacré toute son existence à vouloir faire taire Mozart, mais c’est finalement la musique de celui qu’il jalousait qui lui aura offert une forme d’immortalité. Cruelle ironie. Pour l’éternité, l’un restera le génie. L’autre, celui qui a souffert de l’avoir reconnu. ⸻ Infos pratiques AMADEUS - Théâtre Marigny Du 7 octobre 2026 au 3 janvier 2027 Texte : Peter Shaffer Adaptation et mise en scène : Olivier Solivérès Avec Jérôme Kircher, Thomas Solivérès, Lison Pennec et la troupe de comédiens, chanteurs lyriques et musiciens. Scénographie : Roland Fontaine • Costumes : David Belugou • Lumières : Alban Sauvé Du mercredi et jeudi à 20 h, vendredi à 21 h, samedi à 16 h 30 et 21 h, dimanche à 15 h • Durée : 2 h 05 Molières 2026 : 4 nominations, Molière du meilleur comédien pour Jérôme Kircher.

  • DÉNI - Un ovni théâtral aussi tendre que déroutant

    Avis FOUD’ART 🅵🅵🅵 Choisir de construire un spectacle autour d’une situation aussi intime, méconnue et presque taboue était une entreprise aussi audacieuse que périlleuse. Déni aurait facilement pu sombrer dans le théâtre à thèse, le mélodrame ou la démonstration. Sophie Cottin et Raphaëlle Cambray choisissent au contraire l’intelligence, l’humour et la simplicité. Malgré une construction parfois répétitive et un didactisme très présent, la pièce déjoue presque tous les pièges. Portée par une distribution remarquable, elle fait naître l’émotion là où on ne l’attend pas et laisse derrière elle une sensation étrange, tendre et inconfortable. Un véritable ovni théâtral. Un sujet casse-gueule Il y a des sujets qui semblent presque impossibles à mettre sur une scène. Déni en choisit un. Rarement évoqué, souvent mal compris, presque toujours réduit à quelques récits spectaculaires lorsqu’il surgit dans l’espace public, il touche pourtant à quelque chose de profondément intime : ce moment où une réalité impossible à concevoir s’impose brutalement. Alix semble avoir tout pour être heureuse. Un métier qu’elle aime, un compagnon, des projets, une vie déjà largement dessinée et bientôt New York à l’horizon. Puis, en quelques heures, tout ce qu’elle croyait savoir de sa propre existence vacille. Le spectacle aurait pu chercher le choc. Il préfère essayer de comprendre. Et c’est sans doute là que commence sa singularité. Expliquer sans trop expliquer C’est à la fois la nécessité et la principale faiblesse de la pièce. Parce que le sujet est méconnu, il faut expliquer. Parfois beaucoup. Le personnage du jeune interne, incarné par Geoffrey Couët, devient l’un des relais de cette découverte. Lui-même semble parfois presque aussi déboussolé que ceux auxquels il doit répondre. À travers ses questions, ses maladresses, ses hésitations et ses tentatives de compréhension, le spectateur apprend. Le procédé est malin. Il permet de transmettre beaucoup d’informations sans transformer totalement la scène en conférence. Mais cette volonté didactique finit aussi par se voir. Le spectacle se construit en une succession de scènes relativement courtes, séparées par des transitions plus ou moins longues. À force, le dispositif devient quelque peu répétitif et certains passages explicatifs créent une distance au moment même où l’émotion pourrait nous emporter davantage. C’est le paradoxe de Déni. Il faut nous expliquer ce que nous regardons pour que nous puissions réellement le comprendre. Mais plus le spectacle explique, plus il prend parfois le risque de nous éloigner de ce que ressentent ses personnages. Heureusement, le texte ne reste jamais très longtemps prisonnier de cette mécanique. L’émotion là où on ne l’attend pas Car ce qui fonctionne immédiatement dans Déni, c’est son ton. Et surtout son refus du pathos. Le spectacle reste étonnamment léger. Parfois même franchement drôle. Une réplique, une maladresse, un personnage légèrement décalé, un silence qui dure un peu trop longtemps : Sophie Cottin trouve constamment de petits chemins de traverse pour empêcher la pièce de s’installer dans la gravité attendue. Puis soudain, sans prévenir, l’émotion apparaît. Elle ne s’annonce pas. Elle ne se fabrique pas. Elle surgit au milieu d’une conversation presque ordinaire. Et c’est précisément là que le spectacle devient le plus juste. Déni ne demande jamais de plaindre Alix. Il nous demande simplement de la regarder. De tenter de comprendre ce qui se passe en elle. De rester à côté d’elle. Cette différence est essentielle. On est totalement dans l’empathie. Jamais dans une compassion forcée. Salomé Villiers, à fleur de peau Au centre du spectacle, Salomé Villiers est une nouvelle fois étonnante. Son jeu possède quelque chose de très particulier : une capacité à rester légèrement décalée par rapport à l’émotion avant de se laisser rattraper par elle. Une phrase peut commencer avec une forme de légèreté presque incongrue. Puis le visage se ferme. La voix change. La colère éclate. Et tout bascule. Salomé Villiers ne cherche jamais à rendre Alix exemplaire. Elle la rend vivante. Parfois drôle, parfois agaçante, fragile, brutale, perdue, combative. C’est précisément ce qui permet au personnage d’échapper au statut de simple incarnation d’un phénomène extraordinaire. Alix reste avant tout une femme. Une femme à laquelle quelque chose d’inimaginable arrive. Un couple auquel on croit Face à elle, Thomas Gendronneau forme avec Salomé Villiers un duo extrêmement juste. Il y a entre eux une évidence immédiate. Une complicité. Un charme. Une simplicité. On croit à leur couple avant même que le spectacle ne nous demande de croire à ce qui lui arrive. Et c’est probablement l’une des grandes réussites de la pièce. Romain n’est pas simplement celui qui accompagne Alix dans cette nuit hors norme. Il est lui aussi pris dans le vertige. Lui aussi doit tenter de comprendre une réalité qui semble ne correspondre à rien de ce qu’il connaissait quelques heures auparavant. Le spectacle observe alors quelque chose de très beau : la manière dont un couple peut être bouleversé sans que son amour disparaisse pour autant. Il y a des incompréhensions. Des colères. De la peur. Mais aussi cette tendresse qui demeure et empêche constamment le récit de devenir froidement démonstratif. Michel Papineschi, bouleversant de naturel Et puis il y a Papini. Le grand-père. Michel Papineschi est absolument remarquable. Il possède cette qualité rare de donner l’impression de ne jamais jouer. Aucun effet visible. Aucune volonté de souligner l’émotion. Il est simplement là. Et cela suffit. Son naturel désarme. Il apporte au spectacle une humanité immédiate, familière, presque quotidienne. Avec lui, certaines scènes semblent soudain quitter le théâtre pour devenir des instants de vie. Quelques mots. Un regard. Une façon de rester à côté d’Alix. Et l’émotion arrive sans même que l’on s’en aperçoive. C’est sans doute l’une des plus belles réussites du spectacle. Autour d’eux, Raphaëlle Cambray et Geoffrey Couët complètent une distribution d’une remarquable homogénéité. Chaque personnage possède sa fonction sans jamais donner l’impression de n’exister que pour faire avancer le récit. Un spectacle étonnamment intelligent C’est probablement le mot qui reste le plus longtemps après la représentation : intelligent. Intelligent dans son écriture. Intelligent dans la manière de transmettre des informations. Intelligent surtout dans sa volonté de ne jamais transformer une situation exceptionnelle en curiosité spectaculaire. Le texte de Sophie Cottin aurait pu facilement chercher à provoquer. Il préfère observer. Il aurait pu multiplier les effets. Il choisit souvent la simplicité. Et cette simplicité permet au spectacle de nous rappeler quelque chose d’essentiel : ce qui arrive à Alix ne la transforme pas soudainement en personnage étranger au monde. Elle reste une femme avec une famille, un compagnon, des projets, des habitudes. Quelqu’un à qui la vie ressemblait jusque-là à celle de beaucoup d’autres. C’est peut-être cela qui trouble le plus. Cette impression que l’extraordinaire peut surgir au milieu du quotidien le plus banal. Un décor qui accompagne le vertige Le décor imaginé par Antoine Milian participe pleinement à cette sensation. Sans chercher l’effet pour l’effet, il accompagne les changements de lieux, de temporalité et d’état intérieur. Il crée un espace où la réalité peut se déplacer très rapidement. Un espace presque familier qui semble pourtant toujours prêt à basculer. Cette scénographie renforce la dimension étrange du spectacle. Comme si ce que l’on pensait parfaitement stable pouvait, en quelques secondes, changer complètement de sens. Les lumières de Denis Schlepp accompagnent avec finesse cette transformation progressive de la soirée en une nuit où tout devient possible. Un drôle d’état en sortant Et puis vient la fin. Sans forcément répondre à toutes les questions. Heureusement. Car Déni laisse le spectateur dans un état assez étrange. Une sensation à la fois délicieuse et gênante. Quelque chose de tendre et d’énervant. L’envie d’en savoir davantage. De comprendre. De chercher des explications. Et en même temps une forme de soulagement devant l’idée que certaines choses puissent encore nous échapper. Peut-être faut-il accepter de ne pas tout comprendre. Peut-être est-ce même précisément ce que raconte le spectacle. Nos certitudes semblent parfois très solides. Jusqu’au moment où quelque chose vient brutalement nous rappeler qu’elles ne le sont pas tant que cela. Un véritable ovni théâtral Sur le papier, Déni pourrait presque donner envie de fuir. Un sujet délicat. Beaucoup d’explications. Une succession de scènes. Une situation extraordinaire autour de laquelle il aurait été facile de fabriquer un théâtre lourd, démonstratif ou artificiellement bouleversant. Et pourtant, tout s’accorde. Le texte. Les comédiens. L’humour. Le décor. La tendresse. La mise en scène. Même les imperfections finissent presque par participer à la singularité de l’ensemble. Oui, quelques transitions sont trop longues. Oui, la construction peut sembler répétitive. Oui, le didactisme prend parfois un peu trop de place et met l’émotion à distance. Mais Déni possède quelque chose de beaucoup plus précieux : une vraie personnalité. Une pièce étrange, intelligente, sensible et profondément humaine. Une proposition qui ne ressemble pas vraiment aux autres. Et lorsqu’un spectacle prend autant de risques tout en parvenant à trouver son équilibre, il mérite d’être salué. Un grand bravo à cet ovni théâtral, aussi malin qu’émouvant, aussi tendre qu’inconfortable, qui laisse derrière lui bien davantage de questions que de certitudes. Avis FOUD’ART : 🅵🅵🅵 Infos pratiques Déni Un texte de Sophie Cottin Mise en scène : Raphaëlle Cambray Avec Salomé Villiers, Thomas Gendronneau, Raphaëlle Cambray, Michel Papineschi et Geoffrey Couët Assistant mise en scène : Alexandre de Schotten Décor : Antoine Milian Lumières : Denis Schlepp Costumes : Raphaëlle Cambray Musique : Thomas Gendronneau Théâtre de Paris - Salle Réjane À partir du 18 septembre 2026

  • CHANTE ET TAIS-TOI - Le boulevard des faux-semblants

    Avis FOUD’ART 🅵🅵 Avec Chante et tais-toi, Laurent Ruquier ne révolutionne pas le théâtre de boulevard. Il préfère en retrouver les codes, les ficelles et le plaisir immédiat, avec son goût pour les bons mots, les petites vacheries et les reparties qui claquent. L’histoire s’étire parfois jusqu’à l’épuisement de son idée de départ, mais derrière les blagues potaches et les caricatures se glisse une réflexion finalement plus trouble qu’il n’y paraît sur l’image publique, le mensonge et ce que chacun accepte de montrer de lui-même. Et surtout, Vincent Niclo y révèle un talent comique franchement inattendu. Chanter, mentir et surtout ne rien dire Pablo Diaz est un chanteur à succès. Latin lover parfaitement calibré, sourire ravageur et public féminin sous le charme, il est devenu exactement ce que l’on attend de lui. Ou plutôt ce que l’on a décidé qu’il devait être. Car derrière l’image soigneusement entretenue se cache une autre réalité, qu’il vaudrait mieux, selon son entourage, ne surtout pas révéler. Dans le petit monde du show-business, la vie privée n’est jamais tout à fait privée lorsque l’image publique devient une marchandise. Et c’est autour de cette idée que Laurent Ruquier construit Chante et tais-toi. Une idée simple. Peut-être même un peu trop. Une idée que Ruquier essore jusqu’à la moelle La mécanique fonctionne immédiatement. Mensonges, malentendus, révélations empêchées, personnages qui entrent au mauvais moment, mots à double sens, sous-entendus plus ou moins délicats : tout le vocabulaire du boulevard est là. Ruquier connaît parfaitement cette musique. Les blagues potaches sont nombreuses, les reparties parfois délicieusement acerbes et l’on retrouve par instants quelque chose du vieux goût des chansonniers : cette manière de sourire avant même d’avoir terminé la phrase, parce que chacun sait déjà que quelqu’un va en prendre pour son grade. Le problème vient davantage de la construction. L’histoire avance finalement assez peu. Une scène succède à une autre avec parfois le sentiment de revoir la précédente sous une autre forme. L’idée initiale est exploitée, retournée, étirée, pressée jusqu’à la dernière goutte. À force de vouloir tirer toutes les conséquences possibles d’une situation finalement assez simple, le spectacle finit par provoquer quelques longueurs. Il manque peut-être un véritable basculement. Quelque chose qui ferait soudain sortir les personnages de la mécanique pour les conduire ailleurs. Le boulevard comme terrain de jeu Mais Chante et tais-toi assume aussi pleinement sa nature. Il ne cherche pas nécessairement à inventer une nouvelle forme théâtrale. Il préfère rendre hommage à une tradition française du divertissement, celle du boulevard, du bon mot et du quiproquo. Et Laurent Ruquier sait écrire. Même lorsque la situation paraît caricaturale, même lorsque certaines plaisanteries sont volontairement énormes, le texte conserve une certaine finesse. Car derrière la comédie apparaît progressivement une autre histoire. Celle des chanteurs à qui l’on a longtemps demandé de fabriquer une image acceptable. Celle d’une chanson française où l’homosexualité a souvent existé dans les marges, les non-dits, les doubles sens, les personnages et les silences. Alors ce qui semblait d’abord n’être qu’une farce commence à résonner autrement. Laurent Ruquier ou l’art du petit sourire Sur scène, Laurent Ruquier ne cherche évidemment pas à faire oublier Laurent Ruquier. Et tant mieux. Son petit sourire narquois, son regard amusé, cette manière très particulière de lancer une phrase comme s’il connaissait déjà la réaction du public font partie intégrante du personnage. Il possède une présence immédiatement familière. Il suffit parfois de presque rien : une pause, un regard, une intonation. La connivence fonctionne. Autour de lui, Marie Vincent, Emma Gamet et Caroline Bal composent une troupe efficace et généreuse, entièrement au service du rythme de la comédie. La mise en scène d’Anne Bourgeois accompagne intelligemment cette mécanique. Elle laisse circuler les acteurs, les situations et les répliques sans chercher à alourdir une matière qui repose d’abord sur le tempo. Tout est fluide. Peut-être parfois trop sage, mais parfaitement maîtrisé. Et soudain, Vincent Niclo La vraie surprise de la soirée vient pourtant de Vincent Niclo. On connaissait le chanteur. On connaissait la voix, l’élégance, l’image romantique soigneusement entretenue. On découvre ici un comédien doté d’un véritable sens du rythme. Et surtout : drôle. Vraiment drôle. Vincent Niclo accepte de jouer avec sa propre image, de la tordre, de l’exagérer et parfois même de la ridiculiser. Ce nouveau registre lui va étonnamment bien. Il possède une naïveté comique, une façon de laisser vivre les silences et une présence scénique beaucoup moins lisse que ce que son image publique pouvait laisser imaginer. Et c’est peut-être précisément là que la pièce devient intéressante. Parce qu’elle parle d’un homme enfermé dans une image tout en confiant ce rôle à un chanteur dont l’image publique est elle-même extrêmement identifiable. Impossible alors de ne pas chercher ce qui appartient au personnage et ce qui pourrait appartenir à l’interprète. Et si tout cela était plus intime qu’il n’y paraît ? C’est là que Chante et tais-toi devient plus troublant. Que raconte réellement Laurent Ruquier ? Une simple comédie de boulevard ? Une variation sur les secrets du show-business ? Un hommage à une histoire longtemps dissimulée de la chanson française ? Une confession déguisée ? Ou simplement le plaisir de jouer avec ce que le public croit savoir des célébrités ? Le spectacle ne donne aucune réponse. Et c’est heureux. Car soudain la caricature devient légèrement plus ambiguë. Est-ce une part intime de Laurent Ruquier qui se glisse derrière les plaisanteries ? Une part mystérieuse de Vincent Niclo ? Ou simplement le récit de tous ceux qui ont dû, un jour, fabriquer un personnage public pour protéger celui qu’ils étaient réellement ? Le mystère restera probablement entier. Et c’est précisément ce qui empêche la soirée d’être complètement anodine. Le grand jeu des apparences Chante et tais-toi parle finalement beaucoup de faux-semblants. De ce que l’on montre. De ce que l’on cache. De ce que le public veut croire. Et surtout de la manière dont une image finit parfois par devenir plus forte que celui qu’elle est censée représenter. La pièce aurait gagné à creuser davantage ce vertige plutôt qu’à multiplier parfois les variations autour du même gag. Mais sous son apparente légèreté, quelque chose résiste. Une question simple : connaît-on vraiment ceux que l’on regarde ? Pas certain. Et Ruquier, derrière son éternel sourire en coin, semble s’en amuser beaucoup. INFOS PRATIQUES Chante et tais-toi Comédie de Laurent Ruquier Avec Vincent Niclo, Laurent Ruquier, Marie Vincent, Emma Gamet et Caroline Bal Mise en scène : Anne Bourgeois Assistante à la mise en scène : Céline Billes Izac Scénographie : Stéfanie Jarre, assistée de Javier Diez Cerro • Costumes : Valérie François • Lumières Jacques Rouveyrollis, assisté de Jessica Duclos • Musique : Vincent Niclo Comédie des Champs-Élysées Du mercredi au samedi à 21h • Le samedi également à 15h • Le dimanche à 15h • Relâche le 5 novembre

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  • Voyages cultures en France et dans le monde - Foud'Art

    Voyages culturels en France ou ailleurs : où partir en séjour ? Les meilleurs circuits touristiques et culturels en France Explorez votre passion pour le théâtre, le cinéma et la culture globale sur mon blog, votre guide expert et dévoué dans l’univers culturel. Naviguez à travers des critiques incisives, découvrez des coups de cœur uniques et bénéficiez de suggestions exclusives de sorties culturelles à Paris et lors de festivals internationaux. Joignez-vous à une communauté où vos réflexions sur la culture sont valorisées et engagent des dialogues enrichissants. Ensemble, célébrons et échangeons sur la diversité culturelle sous toutes ses formes ! Séjours et circuits culturels en France et dans le monde Foud’Art, c’est un blog pour les amoureux de la culture. Critique de théâtre , critique cinéma , recommandations d’expositions ou encore idées de sorties : je vous partage tous mes bons plans et mes coups de cœur. Retrouvez ici les meilleurs voyages culturels, à faire en France, en Europe ou dans le reste du monde ! 9 mars 2023 2 Min Théâtre Tom na fazenda : le corps exulte ! 9 janv. 2023 2 Min Théâtre Les étoiles 5 déc. 2022 2 Min Théâtre Giorda vous hypnotise 20 sept. 2022 2 Min Cinéma L’ombre de Goya 6 juil. 2022 2 Min Théâtre L’homme qui plantait des arbres 15 juin 2022 2 Min Théâtre Notre dernier voyage

  • Expo à voir à Paris en ce moment : les meilleurs expositions

    Expos à Paris - Guide Actuel des Expositions et Vie Culturelle | Foud’Art Découvrez les expos à Paris avec Foud’Art, votre guide essentiel pour naviguer dans le riche paysage culturel de la Ville Lumière. Quelles sont les expositions à voir à Paris en ce moment ? Ne manquez aucune pépite artistique grâce à nos recommandations actualisées et plongez dans un univers où art contemporain, expositions temporaires et collections permanentes se rencontrent pour éblouir tant les Parisiens que les visiteurs de passage. Foud’Art ne s’arrête pas là : critiques de théâtre et analyses cinématographiques se mêlent aux découvertes d’expositions, offrant un panorama complet de la vie culturelle parisienne à ceux qui cherchent à s’immerger dans l’effervescence artistique locale. Embarquez dans cette aventure culturelle à Paris, et laissez-vous guider à travers ses ruelles d'art et de création. Quelles sont les expos à Paris en ce moment ? Explorez votre passion pour le théâtre, le cinéma et la culture globale sur mon blog, votre guide expert et dévoué dans l’univers culturel. Naviguez à travers des critiques incisives, découvrez des coups de cœur uniques et bénéficiez de suggestions exclusives de sorties culturelles à Paris et lors de festivals internationaux. Joignez-vous à une communauté où vos réflexions sur la culture sont valorisées et engagent des dialogues enrichissants. Ensemble, célébrons et échangeons sur la diversité culturelle sous toutes ses formes ! 7 févr. 2 Min Expo L'Odyssée Numérique "RECHARGER" : Une Expérience Immersive Unique au Hangar Y 31 janv. 2 Min Expo Chana Orloff : Portrait d'une Époque Sculptée à Paris 31 janv. 2 Min Événement Vision Sous Cloche: L'Univers Futuriste et Engagé de Kelley à la Bourse de Commerce 28 janv. 2 Min Événement Paris 2024 : Une Célébration Culturelle et Sportive 7 janv. 2 Min Théâtre MERCI ! Récap 2023 – Foud'Art 1 janv. 1 Min Théâtre Bonne Année 2024 !

  • Notre Chaine Vidéo | FOUD'ART

    FOU DE THÉÂTRE Lire la vidéo Lire la vidéo 01:01 Le premier sexe, ou la grosse arnaque de la virilité. Un Triomphe Théâtral Lire la vidéo Lire la vidéo 01:01 Le syndrome de l'oiseau : Un huis clos captivant qui explore la survie et la liberté @TPSMJT Je viens de voir "Le Syndrome de l'oiseau" au théâtre, et je suis encore sous le choc. 🌟 Cette pièce, avec Sara Giraudeau et Patrick d'Assumçao, explore avec une intensité rare la captivité, la liberté, et la puissance de l'esprit humain. Entre réalité et imagination, elle nous confronte à nos propres luttes intérieures et à la quête incessante de liberté. Un voyage émotionnel et psychologique qui m'a profondément touché. La mise en scène et les performances sont simplement époustouflantes. C'est un must-see pour tous ceux qui aiment le théâtre qui fait réfléchir et ressentir. Bravo à toute l'équipe ! 👏 👉 @theatredupetitsaintmartin📃 https://bit.ly/49CQXMO 🪧 Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 #LeSyndromeDeLOiseau #Théâtre #ArtVivant #Liberté #résilience Lire la vidéo Lire la vidéo 01:01 "Les Diaboliques" : Un Triomphe d'Inventivité et de Passion @PocheMontparnasse 🎭✨ Plongez dans les profondeurs de la passion et de la transgression avec le chef-d'œuvre théâtral "Les Diaboliques" ! Adaptée par Christophe Barbier et portée sur scène par le visionnaire Nicolas Briançon, cette renaissance des contes classiques de Jules Barbey d'Aurevilly offre un mélange captivant de complexité morale et d'intrigue intemporelle. Avec sa mise en scène innovante, des performances puissantes et une narration qui défie les limites de la moralité et du désir, cette production est un incontournable pour tous les amateurs d'arts dramatiques. Ne manquez pas cette occasion unique d'explorer les côtés sombres de l'amour, de la vengeance et de la condition humaine dans une expérience théâtrale inoubliable. Rejoignez-nous pour une soirée où la littérature classique rencontre l'innovation théâtrale, et préparez-vous à être ému, défié et inspiré 👉 @pochemontparnasse 📃 https://bit.ly/48jCQea 🪧 Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 🌟🖤 #LesDiaboliques #SoiréeThéâtre #ClassiqueRevivifié #InnovationScénique #ArtsDramatiques #PassionEtTransgression #LesDiaboliques #ThéâtreClassique #AdaptationThéâtrale #ChristopheBarbier #NicolasBriançon #JulesBarbeydAurevilly #ArtsDramatiques #ScèneFrançaise #PassionEtTransgression #PerformanceThéâtrale #InnovationScénique #CultureEtSpectacle #ThéâtreEtLittérature #MiseEnScène #ClassiquesRevivifiés Lire la vidéo Lire la vidéo 01:01 Le Cid : Une Odyssée Méditerranéenne 🌟✨ Une expérience théâtrale inoubliable avec la nouvelle mise en scène de "Le Cid" par Frédérique Lazarini ! ✨🌟 Cette production innovante réinvente le chef-d'œuvre de Corneille, nous transportant dans une aventure où l'antiquité rencontre la modernité au sein d'un cadre méditerranéen envoûtant. Rodrigue et Chimène nous emmènent dans un voyage émotionnel intense, tiraillés entre l'honneur, l'amour, et la vendetta, dans une interprétation qui défie le temps et les générations. Avec une scénographie captivante, des performances d'acteurs remarquables et une musique qui touche l'âme, ce "Cid" est une célébration de la richesse culturelle, des dilemmes moraux, et de la quête éternelle de réconciliation. 🎭 Ne manquez pas cette occasion unique de voir un classique de la littérature dramatique prendre un nouveau souffle, témoignant de la puissance et de la beauté du théâtre. "Le Cid" n'est pas seulement une pièce ; c'est un miroir de la condition humaine, vibrant et profondément humain 👉 @artistictheatre 📃 https://bit.ly/3SZzvLR 🪧 Avis de Foudart 🅵🅵🅵 #LeCid #Théâtre #Culture #Innovation #ClassiqueRenouvelé Lire la vidéo Lire la vidéo 00:25 Frida Kahlo : une Soirée avec Helena Noguerra ✨🎨 Découvrez la magie d'une soirée unique à la Piccola Scala avec Helena Noguerra. 🌺📚 Sous la lumière tamisée, laissez-vous transporter dans l'univers intime et vibrant de Frida Kahlo, à travers les yeux d'Helena et les notes captivantes de la guitare de Laurent Guillet. 🎸❤️ Une immersion profonde dans l'âme de Frida, où amour, art et révolte se mêlent dans une performance émotionnelle inoubliable. 💌💥 Venez vivre avec nous cette célébration de la vie et de l'esprit indomptable de Frida, une soirée où chaque mot résonne avec la puissance de son héritage 👉 @lascala 📃 https://bit.ly/3wcFnJU 🪧Avis de Foudart 🅵🅵🅵 ✨🔥 #FridaKahlo #HelenaNoguerra #ArtAndSoul #EveningWithFrida #emotionaljourney Lire la vidéo Lire la vidéo 01:01 Music-Hall Colette : Une Célébration de la Liberté et de la Beauté à Travers le Temps Découvrez les coulisses électrisantes de "Music-Hall Colette" ! 🎭 Suivez Cléo Sénia dans sa transformation éblouissante en Colette, une icône de liberté. Attendez-vous à des performances à couper le souffle, des costumes somptueux et un voyage dans le temps. Ne manquez pas cette aventure théâtrale parisienne 👉 @theatretristanbernard 📃 https://bit.ly/49dZAgM 🪧 Avis de Foudart 🅵🅵🅵 #MusicHallColette #BehindTheScenes #ParisTheatre #MusicHallColette #Colette #ParisTheatre #LivePerformance #StageShow #TheatreLife #FrenchLiterature #Drama #TheatreVlog #Backstage #CostumeDesign #SetDesign #Acting #OneWomanShow #TheatreMagic #CulturalEvent #ParisianNights #TheatreLover #CléoSénia #LénaBréban #PerformanceArt En voir plus Notre page Vidéo

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