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1955 résultats trouvés avec une recherche vide

  • J’oublie tout : Quand Jul devient l’étoile d’une génération

    … Ou le parcours d’un jeune « chien de la casse » qui devint une bête de scène Avec J’oublie tout , Julien Gallix, sous la direction de Louis Meignan, livre un seul-en-scène sincère et puissant qui retrace l’itinéraire d’un jeune homme du sud de la France en quête de sens et d’identité. Inspirée par son admiration pour le rappeur marseillais Jul, cette pièce oscille entre éléments autobiographiques et fiction, offrant une réflexion percutante sur ce que représente Jul pour une jeunesse qui cherche à s’affirmer dans une société où les rêves paraissent inaccessibles. L’histoire est simple : Julien, un jeune « chien de la casse », découvre la musique de Jul à un moment charnière de sa vie. Ce rappeur devient pour lui un modèle, un guide, incarnant la possibilité de réussir malgré les obstacles. Un jour, il a une vision : dans une église, la Vierge Marie lui apparaît et lui révèle qu’il porte le même nom que son idole, Jul, dont le vrai nom est Julien Mari. Jul est l’Ovni, Julien devient alors « l’élu ». Convaincu de sa mission, il décide de prendre son destin en main. La pièce n’est pas tant une biographie de Jul qu’une exploration de ce qu’il représente pour une génération de jeunes souvent marginalisés et désillusionnés, pour qui il devient un mythe, un modèle de persévérance et d’authenticité. Un théâtre minimaliste et efficace Sur scène, le décor est sobre : deux maillots, une veste de jogging, un t-shirt, une chemise… des vêtements suspendus, symboles de moments, d’époques, de souvenirs. Cette simplicité scénique met en valeur le texte et l’interprétation, sans artifices. Julien Gallix, accueillant les spectateurs d’un chaleureux « Salut, merci d’être venus » , commence par se présenter : « Je m’appelle Julien Marie Gallix, j’ai vingt-huit ans, j’existe pas. » Avec une verve unique et une honnêteté désarmante, Julien Gallix raconte son parcours, de sa découverte de Jul à sa quête de vocation, en passant par ses années d’études de droit à la Sorbonne et son inscription au concours de plaidoirie, où il découvre sa passion pour la scène. Le parcours de ce jeune homme « sans histoire » touche par sa simplicité et cette impression de vie ordinaire qui devient extraordinaire. Une interprétation forte et audacieuse Gallix offre un jeu parfaitement maîtrisé, où chaque geste, chaque inflexion de voix est calculée sans jamais sembler artificielle. Il se livre sans retenue, avec humour et autodérision, partageant des morceaux de sa vie « oubliable », comme il aime le dire lui-même, jouant avec l’idée que son histoire pourrait sembler banale. Mais c’est justement cette apparente banalité qui rend le spectacle unique : il parvient à transformer des anecdotes en un récit universel sur la recherche de soi. Son charme renversant et sa présence scénique impressionne : il sait captiver, faire rire, émouvoir. Contrairement aux codes du stand-up, il reste dans une forme théâtrale précise, sans digression excessive, en suivant le fil de son récit avec une discipline qui témoigne d’une belle maturité. Une mise en scène précise qui sert le texte La mise en scène de Louis Meignan est d’une redoutable efficacité : elle met en valeur la narration sans jamais s’imposer. Sobre et précise, elle suit le rythme du texte et permet à l’acteur de s’exprimer pleinement, tout en soulignant les moments forts par de simples jeux de lumière, brillamment conçus par Rose Noël. La direction de Meignan permet à Gallix de s’approprier la scène tout en canalisant son énergie, offrant un équilibre parfait entre spontanéité et maîtrise. Un spectacle qui touche au-delà des mots J’oublie tout est une invitation à entrer dans l’univers d’un jeune homme pour qui le rap et la figure de Jul deviennent des vecteurs d’inspiration et de rébellion. C’est aussi une réflexion plus large sur le besoin de modèles, de héros contemporains dans une société qui offre peu d’espoir. Gallix aborde des thèmes universels avec des mots simples mais percutants, nous rappelant que chaque quête de soi est unique et mérite d’être racontée. En sortant de la salle, difficile de ne pas être impressionné par le talent de Julien Gallix, un comédien à suivre de près. Son texte, à la fois audacieux et sincère, et sa capacité à transmettre les émotions d’un récit apparemment banal en font une promesse solide pour la scène. J’oublie tout est bien plus qu’un spectacle sur un fan de Jul : c’est une ode à la résilience et à la quête de sens, portée par une voix singulière qui marque les esprits. Avis Foudart  🅵🅵🅵 J’OUBLIE TOUT Un spectacle de et avec Julien Gallix Mise en scène Louis Meignan Lumière Rose Noël Son / Musique Always Late Crédit photo DR THEATRE LA FLÈCHE Jusqu’au 11 décembre 2024 • Le Mercredi à 21h • Durée 1h10

  • Tanguy Pastureau : Un Monde Hostile… pour un Cœur Tendre

    “Pour réparer les petites filles et les petits garçons meurtris que nous sommes tous.” Tanguy Pastureau revient sur scène, non seulement pour faire rire, mais pour se dévoiler et tenter de réparer les fêlures intérieures, autant celles de son public que les siennes. Avec son nouveau spectacle, Un Monde Hostile… pour un Cœur Tendre , Pastureau explore les contradictions et les complexités de l’existence moderne, utilisant l’humour comme un bouclier et un remède. Son ironie fine et ses observations incisives visent à unir les cœurs blessés et trouver des ponts entre nous, dans un monde de plus en plus divisé. Un Voyage Introspectif Entre Humour et Sensibilité Célèbre pour son humour quotidien sur France Inter dans La Bande Originale , où il attire plus de 7 millions d’auditeurs, Pastureau maîtrise l’art de maltraiter l’actualité avec esprit. Sur scène, il va encore plus loin, révélant un visage plus vulnérable. Derrière ses blagues et sa désillusion assumée se cache un homme marqué par une enfance teintée d’ennui, de harcèlement scolaire et d’une vie sans écrans. Ces épreuves, qui ont façonné l’homme qu’il est, résonnent profondément chez beaucoup d’entre nous. Entre Rires et Réflexion Un Monde Hostile… pour un Cœur Tendre promet une expérience unique où l’humour s’entrelace avec la réflexion. Pastureau convie son public à un voyage intérieur où chaque anecdote, chaque réflexion, est une tentative de panser les blessures du passé et de donner un sens à l’absurdité du présent. Pour lui, l’humour n’est pas qu’un art, c’est une façon de survivre dans un monde souvent cruel et déroutant. Ce savant mélange d’élégance, d’ironie et de sincérité fait de Tanguy Pastureau un humoriste à part, capable de transformer la scène en un espace où l’on rit, mais où l’on guérit aussi. On en ressort, inévitablement, avec le cœur un peu plus léger, même dans ce monde hostile. Avis Foudart  🅵🅵 Un Hostile Monde… pour un coeur tendre Un spectacle de TANGUY PASTUREAU Collaboration artistique Christophe Meilland Mise en scène Thibault Ameline THEATRE TRISTAN BERNARD Actuellement  • Les jeudis, vendredis et samedis à 19h00 Tournée 2025 15 janvier - Colmar - Théâtre Municipal 16 janvier - CALUIRE ET CUIRE- Le Radiant 17 janvier - BOURGOIN JALLIEU - Théâtre Jean Vilar 26 janvier - SAUSHEIM- ED&N 01 février- DEAUVILLE- Casino Barrière 06 février - PLOUGONVELIN - Keraudy 07 février - ST GREGOIRE (Rennes) - EMC2 08 février - PONT L'ABBÉ - Le Triskell 13 février - BESANCON- Le Grand Kursaal 14 février - CHENOVE (Dijon) - Le Cèdre 21 février - Toulon - Le Neptune 25 février - NANCY - Salle Poirel 26 février - STRASBOURG - La Scène 01 mars- TOURS -  Le Vinci Palais des Congrès 08 mars - QUEVEN- Les Arcs 09 mars - NANTES - La Cité Des Congrès 14 mars - Coutances - Théâtre Municipal 16 mars - LILLE- Casino Barrière 19 mars- YVETOT- Les Vickings 21 mars- LAVAL- Bonchamps les Laval 27 mars - TOULOUSE - Casino Barrière 04 avril - CHATEAURENARD- L'Etoile 05 avril - BOURG LES VALENCE- Théâtre le Rhône 06 avril-AMBERIEU EN BUGEY- Espace 1500 11 avril - PAU- Palais Beaumont 12 avril- PRADINES- Le Prade 13 avril - BIARRITZ- La Gare du Midi 16 avril - CLERMONT FERRAND- Maison de la Culture 17 avril - SAINT ETIENNE- La Comète 18 avril- BELLEY- L'intégral 25 avril - LOUVROIL - Espace Casadesus 26 avril - Chartres - Théâtre Municipal 30 avril - Angers- Théâtre de Chanzy 14 mai - Gap - Le Quattro 15 mai - Aix En Provence - Pasino 21 mai- MERIGNAC- Le Pin Galant 23 mai - Pornic - Casino 24 mai - PLEURTUIT- Espace Delta 30 mai - GENÈVE - Casino Théâtre 6 décembre - LE TOUQUET -Palais des Congrès 13 décembre - LILLE - Théâtre Sébastopol https://youtu.be/-U6FsjDsksE

  • “Kill Me” : Le Paradoxe Poétique et Sauvage de Marina Otero

    Avec Kill Me , l’artiste et chorégraphe espagnole Marina Otero signe une œuvre bouleversante, troisième volet de son ambitieux projet artistique Recordar para vivir ("Se rappeler pour vivre"). Ce triptyque, initié avec Fuck Me et Love Me , s’ancre profondément dans l’expérience personnelle de l’artiste, tissant un lien étroit entre la scène et la vie intime. Dans cette création, Otero fusionne son vécu avec celui de personnages mythiques, créant une réflexion à la fois dérangeante et poétique sur la folie, l’amour et l’obsession. Une Œuvre Confessionnelle Kill Me puise dans l’un des moments les plus éprouvants de la vie de Marina Otero : une crise existentielle liée à la quarantaine, où la limite entre amour et autodestruction devient floue. Elle décide alors de tout filmer, 24 heures sur 24, capturant chaque instant de sa vie jusqu’à l’effondrement. La vidéo, témoin intrusif et permanent, devient un élément central de son processus de création artistique. À travers ces images, elle documente sa chute, jusqu’au moment où elle reçoit un diagnostic psychiatrique. De cette expérience traumatique, Otero tire un matériau brut qu’elle sublime sur scène à travers une exploration sans filtre de la folie amoureuse. Elle convoque des figures de l’histoire de l’art comme Nijinski, le danseur légendaire qui a sombré dans la folie, et les entremêle à son propre récit. Chez Otero, le corps est à la fois scène et sujet. Il devient l’instrument de l’expression d’une crise intérieure, un moyen de toucher à la fois la vérité crue de l’expérience humaine et une forme d’art totale. La Folie Amoureuse comme Fil Rouge Le cœur de Kill Me bat au rythme des tourments mentaux et émotionnels. Pour incarner cette folie, Marina Otero réunit quatre danseuses, elles-mêmes atteintes de troubles mentaux, et un acteur, double de Nijinski. Ensemble, ils forment un tableau vivant oscillant entre moments de grâce fulgurante et manifestations dérangeantes de désordre mental. Cette approche chorégraphique plonge le spectateur dans un univers déstabilisant, où la folie n’est pas simplement une thématique, mais un état de présence sur scène. L’énergie des interprètes est palpable, parfois presque insoutenable, et pourtant traversée par une beauté saisissante. La mise en scène ne cherche pas à offrir de réponses simples ni à catégoriser la folie : elle la présente dans toute sa complexité, son intensité et ses contradictions. Otero façonne un univers où chaque geste et chaque émotion sont intensifiés par l’exploration de ses propres blessures. La mise en scène de sa vulnérabilité devient ainsi une source de force artistique, et son corps un terrain de jeu pour des réflexions existentielles. Une Poésie Sauvage Ce qui rend Kill Me si fascinant, c’est la tension permanente entre beauté et brutalité. Kill Me est un spectacle qui bouleverse, repousse les limites du supportable, tout en captivant par sa puissance visuelle et émotionnelle. Cette œuvre, à la fois magnifiquement dérangeante et profondément intime, est une invitation à embrasser l’inconfort et à plonger dans l’inconnu, là où la folie et l’art se rencontrent. Avis Foudart  🅵🅵🅵🅵 Kill Me Écriture et mise en scène Marina Otero Avec Ana Cotoré, Josefina Gorostiza, Natalia Lopéz Godoy, Myriam Henne-Adda, Marina Otero et Tomás Pozzi Musicienne au plateau Myriam Henne-Adda Création lumière Victor Longás Vicente et David Seldes • Son Antonio Navarro et Salvador Susarte • Costumes Andy Piffer • Création vidéo Florencia de Mugica • Photographie Sofia Alazraki Immersion Danse L'Onde Théâtre centre d'Art Mardi 5 novembre 2024 à 20h30 • Durée 1h30 • À PARTIR DE 16 ANS Workshop pro "Je suis un corps" mercredi - et jeudi 7 novembre Spectacle vu au THÉÂTRE DU ROND-POINT

  • L’Amante anglaise : dans les profondeurs de l’insondable folie humaine

    Après son adaptation acclamée de Fin de Partie , Jacques Osinski s’attaque à un autre monument théâtral : L’Amante anglaise de Marguerite Duras. Inspirée d’un fait divers macabre, cette œuvre nous plonge dans un thriller psychologique où l’énigmatique Claire Lannes devient le miroir de la folie humaine. Héroïne impénétrable, Claire a assassiné et démembré sa cousine sourde et muette, dispersant les morceaux dans des trains de marchandises. Mais ici, l’enquête n’a pas pour but de démêler les faits ; elle cherche à percer l’incompréhensible, à saisir l’âme humaine dans toute sa complexité. Un théâtre épuré, révélant l’essence du mystère Osinski, fidèle à la vision de Duras, opte pour une mise en scène dépouillée de tout décor et costume, laissant les mots et les silences occuper le devant de la scène. Cette approche radicale donne une force unique aux échanges : chaque parole, chaque pause devient un espace d’interprétation pour le spectateur. En embrassant cette austérité scénique, Osinski crée un théâtre mental où chaque phrase ouvre un abîme émotionnel. La puissance du silence : un théâtre centré sur l’âme humaine Dans L’Amante anglaise , Duras réinvente le théâtre comme lieu de quête intérieure, où le silence et les mots seuls tentent de déchiffrer l’indéchiffrable. L’Interrogateur, omniprésent, semble être le double de Duras elle-même : il cherche sans juger, questionne sans relâche, incarnant un « anti-tribunal » où le langage se fait hésitant, presque balbutiant, pour approcher l’irreprésentable. Deux interrogatoires pour une quête impossible de sens La pièce se structure en deux interrogatoires : celui de Pierre, le mari de Claire, puis celui de Claire elle-même. Grégoire Oestermann incarne Pierre avec une désinvolture subtile qui dévoile son indifférence bourgeoise et met en lumière sa propre médiocrité. Ce « petit-bourgeois haïssable », comme le décrit Duras, incarne la société aveugle et complaisante. À travers ce personnage, Duras critique l’égoïsme d’une société plus préoccupée par son confort que par une réelle introspection. Claire, de son côté, confesse son crime sans jamais fournir de réelle explication, plongeant l’Interrogateur dans un abîme de perplexité. Sa parole est parsemée de silences et d’images étranges, tissant une « chimie de la folie » où douceur et violence coexistent sans jamais se dévoiler entièrement. Même le titre, L’Amante anglaise , jeu de mots sur « la menthe anglaise », reflète la dualité de Claire entre le banal et l’effroyable. Des performances magistrales dans une quête de l’indicible Sandrine Bonnaire, incarnant Claire, livre une interprétation saisissante, oscillant entre douceur troublante et froideur dérangeante, conférant au personnage une dimension presque surnaturelle. Aux côtés de Frédéric Leidgens, dans le rôle de l’Interrogateur, elle incarne l’écho de Duras : une figure qui cherche, écoute, mais sans jamais juger, avec une ferveur quasi religieuse. Leidgens se fait le miroir du spectateur, s’obstinant à comprendre jusqu’à l’épuisement. Une œuvre intemporelle qui interroge le mystère de l’existence L’Amante anglaise est bien plus qu’un drame criminel. C’est une exploration des frontières de la compréhension humaine, une invitation à accepter ce qui échappe à la raison. Duras donne vie à une folie ordinaire, révélant cette part d’ombre insondable en chacun de nous. La mise en scène d’Osinski et les performances de Bonnaire, Leidgens et Oestermann transcendent le texte, créant une expérience théâtrale où, comme le dit Claire, on se retrouve « de l’autre côté du monde ». Ce chef-d’œuvre de Duras demeure une énigme, une réflexion poétique et philosophique sur l’inexplicable. Entre les mots et les silences, L’Amante anglaise nous laisse face à notre propre vulnérabilité, face à cette question sans réponse : pourquoi ? Une interrogation qui résonne bien au-delà de la scène, comme un écho des mystères de l’existence humaine. Avis Foudart  🅵🅵🅵 L'AMANTE ANGLAISE DE MARGUERITE DURAS (Texte publié aux Éditions Gallimard) Mise en scène JACQUES OSINSKI Avec Sandrine BONNAIRE, Frédéric LEIDGENS, Grégoire OESTERMANN Lumières Catherine Verheyde • Costumes Hélène Kritikos • Dramaturgie Marie Potonet Crédit photo © Pierre Grosbois THÉÂTRE DE L'ATELIER Du 19 octobre au 31 décembre 2024 • 21h du mardi au samedi • 15h le dimanche • Durée 2h10 TOURNÉE 9 au 11 janvier 2025 au Théâtre Montansier (Versailles) 14 janvier 2025 au TAP Poitiers avec les ATP 16 & 17 janvier 2025 à Toulon (Châteauvallon-Liberté scène nationale) 8 février 2025 aux Franciscaines (Deauville) Tournée en cours de construction pour la saison 25/26.

  • Dans les Yeux de Monet. La lumière du génie continue de briller

    Le théâtre et la peinture se rejoignent dans une sublime mise en scène de l’un des plus grands maîtres impressionnistes : Claude Monet. Dans la pièce Dans les yeux de Monet, Clovis Cornillac incarne avec brio le peintre, s’attaquant à une période décisive de sa vie, marquée par la perte, le doute, et la quête perpétuelle de la lumière. Nous sommes en 1892, à Rouen. Monet, fatigué et tourmenté par la mort de sa femme Camille et une cataracte qui grignote peu à peu sa vue, s’enferme dans une chambre au-dessus d’une boutique de lingerie. Vue imprenable sur la cathédrale de Rouen, il doit capturer sur toile la lumière changeante du jour. Mais il doute, il stagne, jusqu’à ce que Camille – jeune modèle et écho du prénom de sa défunte épouse – fasse irruption dans son quotidien et rallume son inspiration. Interprétée par Maud Baecker, Camille incarne cette muse imprévue, légère et solaire, qui réveille en Monet une créativité longtemps étouffée. Le texte de Cyril Gely, véritable ode à la création, plonge le spectateur dans l’intimité du peintre aux prises avec ses démons intérieurs. La mise en scène, signée Tristan Petitgirard, magnifie la relation entre Monet et la lumière. Les jeux de lumière, orchestrés par Denis Schlepp, métamorphosent le décor au gré des moments de la journée, recréant l’obsession du peintre pour saisir l’instant éphémère. Les couleurs évoluent, le flou et le net se côtoient, reflétant la quête du peintre de capter une réalité en perpétuel mouvement. Ainsi, la cathédrale de Rouen devient le prétexte à une exploration infinie des variations lumineuses, une série de plus de 30 toiles qui incarneront l’une des œuvres les plus emblématiques de l’impressionnisme. La pièce retrace avec finesse l’acharnement et la persévérance de Monet face à l’immensité de son sujet : la lumière. À travers des dialogues subtils, où se mêlent humour et poésie, l’œuvre met en lumière le poids du deuil, les affres de la création et le rôle des muses dans la vie des artistes. Cornillac, magistral, porte en lui toutes les complexités de Monet : le génie artistique et les vulnérabilités humaines. Il navigue entre les désespoirs d’un homme marqué par la perte et les élans de création retrouvés grâce à Camille. Le duo Cornillac-Baecker fonctionne à merveille, apportant une belle complémentarité entre l’ombre du peintre et la lumière de la muse. Une chose est certaine. Quand le rideau du théâtre se referme, la lumière de Monet continue de briller Dans les yeux de Monet est une plongée immersive dans l’esprit créatif du maître impressionniste, un voyage poétique à travers ses toiles, ses souffrances et ses moments de grâce. Ce spectacle est un hommage vibrant à l’art, à la lumière, et à la beauté des émotions humaines. Il montre que derrière chaque chef-d’œuvre se cache un artiste tourmenté, toujours en quête de l’éphémère et du sublime. Avis Foudart  🅵🅵🅵 Dans les Yeux de Monet Écrit par Cyril GELY Mise en scène de Tristan PETITGIRARD Avec Clovis CORNILLAC , Maud BAECKER et Éric PRAT Assistante à la mise en scène Léa MOUSSY • Costumes Virginie HOUDINIÈRE • Créateur lumières Denis SCHLEPP • Créateur musique David PARIENTI • Scénographe Stéfanie JARRE • Création vidéo Mathias DELFAU Crédit photo © Cyril Bruneau THÉÂTRE DE LA MADELEINE Depuis le 12 septembre 2024 • Du mercredi au samedi à 21h • Les samedis et dimanches à 15h30 • Durée 1h30

  • « Les gens de Bilbao naissent où ils veulent » : de la page à la scène, une quête identitaire bouleversante

    Les gens de Bilbao naissent où ils veulent, premier roman de Maria Larrea, paru en 2022 aux éditions Grasset, a rapidement conquis le cœur des lecteurs et de la critique. Couronné de nombreux prix, dont le Prix du Premier Roman et le Prix des Inrockuptibles, ce récit autobiographique bouleversant plonge dans les racines familiales et les non-dits, explorant les thèmes de l’exil, de l’adoption, et de la quête identitaire. Maria Larrea raconte l’histoire de ses parents, Julian et Victoria, émigrés espagnols ayant fui la dictature franquiste pour s’installer à Paris, et révèle le secret de sa propre naissance, découverte tardivement après une révélation par une voyante. Au fil du livre, Larrea dépeint son enfance à Paris, dans une modeste loge de théâtre où ses parents, gardien et femme de ménage, ont forgé leur vie autour d’elle. Ce passé familial, apparemment solide, se fissure lorsqu’elle apprend qu’elle a été adoptée, déclenchant une quête obsessionnelle pour retrouver ses véritables origines. Naviguant entre rationalité des tests ADN et croyances ésotériques, Larrea livre un récit à la fois drôle et poignant, où fiction et réalité se mêlent avec fluidité. Le succès littéraire de Les gens de Bilbao naissent où ils veulent vient de prendre un nouvel envol avec son adaptation au Théâtre Marigny, portée par la talentueuse Bérénice Bejo. Sous la direction de Johanna Boyé, ce seule en scène donne une nouvelle dimension à la quête identitaire de Maria Larrea. Bejo, qui incarne tous les personnages clés de la vie de Maria, de ses parents à elle-même, traverse les époques et les lieux dans une performance époustouflante. Loin d’être une simple retranscription du roman, la pièce s’appuie sur la force émotionnelle du texte tout en offrant une interprétation scénique puissante, capable de toucher en profondeur les spectateurs. L’adaptation théâtrale nous plonge dans un voyage émouvant et haletant entre Bilbao et Paris, à travers les souvenirs et les découvertes qui reconstituent peu à peu le puzzle de la vie de Maria. La mise en scène subtile et lumineuse de Boyé, accompagnée de la performance magistrale de Bejo, rend hommage à ce roman marquant tout en le réinventant pour la scène. Les gens de Bilbao naissent où ils veulent est bien plus qu’une simple quête des origines. Il s’agit d’un hommage vibrant à l’amour filial, à la complexité des liens familiaux, et à l’humanité de ceux qui nous façonnent, malgré les épreuves. Que ce soit à travers les mots de Larrea ou l’interprétation de Bejo, cette œuvre puissante continue de résonner, interrogeant les spectateurs sur la force des racines et la recherche de soi. Avis Foudart  🅵🅵 Les gens de Bilbao naissent où ils veulent D’après le roman de Maria LARREA (éditions Grasset)Adaptation Johanna BOYÉ et Elisabeth VENTURA Mise en scène Johanna BOYÉ Avec Bérénice BEJO Assistante mise en scène Pauline DEVINAT • Scénographie Caroline MEXME • Lumières Cyril MANETTA • Costumes Marion REBMANN • Musique Mehdi BOURAYOU • Chorégraphie Johan NUS • Vidéo Benoit LAHOZ Photograhe @Emilie Brouchon STUDIO MARIGNY À partir du 11 octobre 2024 • Du mardi au samedi à 19h, dimanche à 18h • Durée 1h10

  • Manon Lepomme : “Ça va beaucoup mieux, merci !” et toujours aussi hilarante

    Manon Lepomme est un véritable tourbillon d’humour qui ne laisse personne indifférent. Avec son énergie débordante, son franc-parler décapant et sa capacité à tisser un lien unique avec son public, elle s’est imposée comme une figure incontournable de la scène humoristique belge et francophone. En quelques minutes, elle embarque la salle dans ses délires, où se mêlent angoisses existentielles, réflexions absurdes et rires contagieux. Depuis toute petite, elle rêvait de faire rire. Dès l’âge de sept ans, elle s’initiait déjà aux cours de diction et de déclamation. Quelques années plus tard, elle conquiert la scène avec son premier spectacle “Je vous fais un dessin ?”, mais c’est son deuxième show, “Non, je n’irai pas chez le psy !”, qui la propulse en 2017. 400 représentations à guichets fermés, des tournées en Belgique, en France, en Suisse et même au Québec. Bref, Manon Lepomme est devenue une étoile montante de l’humour, raflant au passage le titre de citoyenne d’honneur de Liège. Elle revient aujourd’hui avec “Je vais beaucoup mieux, merci !”, un one-woman-show plus personnel, où elle fait le bilan de sa vie d’adulte. Entre la petite Manon qui voulait être Lady Di et sauver le monde, et la grande Manon qui tente de ne pas ressembler à sa mère, elle se questionne, rigole de tout et improvise avec une aisance incroyable. Le tout avec son sourire fidèle et son autodérision légendaire. Des blagues en rafale, un rythme effréné Manon Lepomme ne fait pas dans la demi-mesure. Dès son entrée en scène, elle explose littéralement d’énergie, dansant comme si sa vie en dépendait. Puis, pendant plus d’une heure de spectacle ininterrompu, elle livre un véritable feu d’artifice de blagues, d’anecdotes et d’improvisations. Si vous avez la malchance d’être repéré dans le public, préparez-vous à devenir son complice involontaire ! À 35 ans, Manon est au sommet de son art. Sa capacité à faire rire à partir de sujets aussi futiles que profonds – de la maternité aux petites galères du quotidien – prouve qu’elle a encore de beaux jours devant elle. Avec “Je vais beaucoup mieux, merci !”, elle s’interroge avec une légèreté déconcertante sur les mystères de la vie, le tout avec un regard acéré et bienveillant. Mais Manon, c’est aussi l’art de disséquer avec humour les relations humaines. Ce mélange d’autodérision, d’interactions et de confidences entre amies fait mouche à chaque fois. En sortant de la salle, vous aurez beaucoup ri, mais vous aurez aussi peut-être un peu réfléchi. “Je vais beaucoup mieux, merci !” est un concentré d’humour à l’état pur. Si vous n’avez pas encore eu la chance de découvrir Manon Lepomme sur scène, n’attendez plus. Vous repartirez avec des abdos en béton… et un grand sourire aux lèvres. Manon Lepomme “Je vais beaucoup mieux, merci !” THÉÂTRE LE POINT VIRGULE Jusqu’au 18 décembre 2024 • Les mercredi à 20h • Durée 1h En tournée également en France, en Belgique et en Suisse

  • Rupture à domicile : « L’uberisation de la séparation amoureuse »

    Vous n’osez pas annoncer la fin de votre relation ? Pas de souci, Rupture à domicile s’en charge pour vous. Dans cette comédie grinçante signée Tristan Petitgirard, le service de rupture sur commande devient un terrain fertile pour un triangle amoureux explosif. C’est ce qui arrive à Éric Vence, fondateur de cette agence peu conventionnelle, lorsqu’il doit annoncer à la compagne d’Hyppolite la fin de leur histoire. Mais voilà, la personne à qui il doit briser le cœur n’est autre que Gaëlle, son ex, disparue il y a sept ans sans explication. Ce choc émotionnel donne lieu à une série de quiproquos où chacun tente de garder la main dans un jeu de dupes imprévisible. Ce trio inédit – l’ex, la femme, et le futur-ex – s’engage dans une partie où vérité et mensonge s’entremêlent jusqu’à la déflagration finale. Au fil des dialogues acérés et des retournements de situation, la pièce interroge la lâcheté humaine, notre incapacité à communiquer, et cette étrange tendance à déléguer même les moments les plus personnels. Cette comédie réunit trois figures incontournables de la scène comique française : Isabelle Vitari (Nos chers voisins), Loup-Denis Élion (Scènes de ménage), et Cyril Garnier (On ne demande qu’à en rire). Leur aisance dans l’humour et leur sincérité en font des interprètes idéaux pour incarner la folie douce de cette pièce, entre éclats de rire et vérités mordantes. « l’uberisation de la rupture » Pour Tristan Petitgirard, cette pièce est bien plus qu’une simple comédie. C’est une réflexion sur notre société où l’on communique plus qu’on ne parle vraiment, même pour mettre fin à une relation amoureuse. Inspiré d’un service réel aux États-Unis, Rupture à domicile dépeint avec une acuité remarquable l’évolution de nos comportements amoureux. Trouver l’amour, le cultiver, et finalement s’en séparer avec assistance sont devenus des démarches assistées dans un monde où tout, même l’intime, est externalisé. Avec un regard à la fois tendre et cynique, Tristan Petitgirard exploite les non-dits, les renversements de pouvoir et les lâchetés des personnages pour créer une pièce savoureuse, jubilatoire, où l’humour sert de miroir à nos propres contradictions. Au-delà du rire, Rupture à domicile nous fait réfléchir sur l’essence de nos liens, sur ce qui fait que l’on aime et se quitte, avec ou sans l’aide d’une agence. C’est une ode aux ruptures, où comme le souligne l’auteur, “on peut rater son histoire et réussir sa rupture”. « Une rupture comme celle-là, on n’en sort pas indemne » Nul doute que cette pièce saura captiver, séduire et faire réfléchir, avec des acteurs qui donnent vie à cette “explosion amoureuse” très drôle, moderne, et parfois cruelle. Avis Foudart  🅵🅵🅵 Rupture à domicile Une comédie de et mise en scène par Tristan PETITGIRARD Avec Isabelle VITARI, Cyril GARNIER, Loup-Denis ELION Lumières Denis SCHLEPP • Décor Olivier PROST Photo Pascal ITO THÉÂTRE RIVE GAUCHE Jusqu’au 19 janvier 2025 • Du mardi au samedi à 21h • Matinées les dimanches à 15h • Séance supplémentaire le lundi 30 décembre 2024 à 21h • Relâches exceptionnelles les 24, 25 décembre 2024 et les 1er et 17 janvier 2025

  • The Apprentice : Aux Origines du Trumpisme

    The Apprentice, réalisé par Ali Abbasi, nous plonge au cœur des années 1970 à New York, à une époque charnière où se forgeait la personnalité d’un jeune Donald Trump, bien avant son ascension à la présidence des États-Unis. Ce film, loin d’être une simple rétrospective, dissèque la relation entre Trump, alors jeune promoteur immobilier, et Roy Cohn, son mentor sulfureux et maître des coulisses du pouvoir conservateur américain. Écrit par Gabriel Sherman, le scénario met en lumière l’influence toxique et indélébile de Cohn sur Trump, sculptant sa vision du monde et ses méthodes de conquête du pouvoir. Cohn, vétéran des chasses aux sorcières anticommunistes des années 1950, inculque à son protégé des tactiques impitoyables : ne jamais reculer, refuser toute responsabilité et, toujours, proclamer la victoire, peu importe la vérité. Le mentor et l’apprenti : un duo infernal Jeremy Strong livre une performance saisissante en incarnant Roy Cohn, un personnage à la fois magnétique et terrifiant, rongé par sa quête insatiable de pouvoir et hanté par le rejet de son homosexualité. Face à lui, Sebastian Stan interprète un jeune Donald Trump encore hésitant, bien loin de l’homme public que l’on connaît, mais dont les ambitions démesurées transparaissent déjà. Ce duo, à la fois fascinant et glaçant, dévoile la transformation de Trump sous l’influence corrosive de Cohn, évoluant d’un jeune homme en quête de validation à une figure impitoyable du monde des affaires et de la politique. Un affrontement psychologique captivant Ali Abbasi évite habilement les pièges du biopic conventionnel en choisissant de se concentrer sur ce moment décisif de la vie de Trump, où son identité politique et morale s’est cristallisée. The Apprentice est avant tout une plongée dans la psyché de deux hommes puissants, où la manipulation, l’opportunisme et l’obsession de la domination constituent les fondations du récit. Abbasi, avec son flair pour les nuances sociales et psychologiques, teinte le film d’une ironie percutante, tout en dénonçant subtilement un système où la moralité est sacrifiée sur l’autel de la réussite et de l’argent. Une réflexion brûlante sur le pouvoir Bien que The Apprentice se déroule dans l’Amérique des années 70-80, son propos résonne de manière particulièrement actuelle. En exposant les rouages d’un système politique gangrené par le cynisme et la soif de pouvoir, le film révèle comment des figures comme Trump émergent et prospèrent, façonnant le paysage politique à coups d’agressions médiatiques et de dénis systématiques. Abbasi ne se contente pas de brosser le portrait d’un Trump caricatural : il fouille dans les racines profondes de cette personnalité complexe, symbolisant bien plus qu’un homme, mais une ère entière de la politique mondiale. Une fable politique et humaine The Apprentice transcende le simple récit d’une ascension personnelle pour offrir une réflexion saisissante sur les forces qui sous-tendent le pouvoir moderne. Ce thriller psychologique met à nu l’influence destructrice du mentor, les failles profondes de l’élève, et les conséquences désastreuses d’une ambition dévorante. C’est une parabole sur la manière dont les individus sont façonnés par le système qu’ils cherchent à dominer, et comment, à leur tour, ils peuvent déformer ce même système, laissant dans leur sillage un monde dévasté par la quête insatiable de pouvoir. Une réflexion à la fois morale et psychologique, sur la manière dont les individus et le système qu’ils servent se façonnent mutuellement, dans une course effrénée pour la domination. Avis Foudart  🅵🅵🅵 THE APPRENTICE Un film de Ali Abbasi Avec Sebastian Stan, Jeremy Strong, Maria Bakalova Sortie nationale le 9 Octobre 2024 • Durée 2h

  • La 30e édition de Chéries-Chéris, un festival emblématique du cinéma LGBTQIA+

    “Fidèle à lui-même, ce 30e Chéries-Chéris sera plus que jamais tourné vers l’avenir et les nouveaux territoires queers à explorer, à expérimenter.” - Grégory Tilhac, directeur artistique Le Festival Chéries-Chéris revient pour célébrer sa 30e édition du 15 au 26 novembre 2024. Ce festival parisien incontournable, dédié aux films LGBTQIA+ et plus, se déroulera dans les cinémas MK2 Bibliothèque, Quai de Seine et Beaubourg. Depuis trois décennies, il offre une plateforme aux œuvres cinématographiques qui explorent et célèbrent les identités et thématiques LGBTQIA+, à travers une riche diversité de formats et de genres. Cette édition anniversaire mettra à l’honneur 74 longs-métrages, mêlant fictions et documentaires, et 77 courts-métrages issus de nombreux pays. La programmation promet d’offrir une variété de perspectives sur les réalités et les expériences LGBTQIA+ d’aujourd’hui. Les moments forts du festival Le mardi 19 novembre, le festival ouvrira avec le film français MIKA EX MACHINA. Ce film suit Mika, dont la moto devient l’objet de mystères et d’énigmes qui perturbent sa vie quotidienne. À la croisée de la comédie et du thriller, ce long-métrage nous plonge dans une enquête à la fois drôle et troublante. Le mardi 26 novembre, EGOÏST viendra clore le festival. Cette œuvre japonaise raconte l’histoire de Kōsuke, un éditeur de mode élégamment narcissique, qui développe une relation complexe et passionnée avec Ryūta, son coach personnel. Mais tout bascule lorsque Ryūta disparaît soudainement. La compétition officielle Le festival propose deux compétitions distinctes : une pour les fictions et une pour les documentaires. • Parmi les fictions en compétition, on retrouve des films tels que ADVERSAIRE de Milad Alami (Suède, Norvège), CROSSING ISTANBUL de Levan Akin (Suède, Turquie, Géorgie) et YOUNG HEARTS d’Anthony Schatteman (Belgique, Pays-Bas). • La compétition documentaire mettra en lumière des œuvres comme BLACK AS U R de Micheal Rice (États-Unis), LES MADELEINES de Arthur Dreyfus (France), et HABIBI, CHANSONS POUR MES AMI.E.S de Florent Gouëlou (France). Événements spéciaux et focus sur le cinéma queer lituanien En plus des compétitions, des séances événements permettront au public de découvrir des films originaux et marquants tels que CABO NEGRO d’Abdellah Taïa (France, Maroc) ou MY SUNSHINE de Hiroshi Okuyama (Japon). Cette année, un focus spécial sur le cinéma queer lituanien sera proposé dans le cadre de la Saison de la Lituanie en France. Co-programmée par le réalisateur Romas Zabarauskas, cette rétrospective mettra en avant trois longs-métrages : JULIA (2013), SUMMER (2015) et THE WRITER (2024), ainsi qu’une sélection de courts-métrages. Un rendez-vous cinéphile engagé et inclusif Chéries-Chéris est bien plus qu’un festival de cinéma. Il s’agit d’une véritable vitrine pour les films et les récits LGBTQIA+ qui ne trouvent que trop rarement leur place dans les grands festivals traditionnels. Depuis ses débuts, il s’est imposé comme un espace où les voix marginalisées peuvent être entendues, où les histoires d’amour, de lutte, d’espoir et de résilience trouvent un écho auprès d’un public divers et engagé. Le rendez-vous est donc pris du 15 au 26 novembre pour découvrir cette édition anniversaire riche en émotions, en créativité et en diversité, fidèle à l’esprit militant et festif de Chéries-Chéris. “Notre mission est aussi d’honorer et de célébrer l’idée qu’il puisse exister une culture LGBTQIA+ et en être fier, malgré les réticences autour de cette notion en France.” - Grégory Tilhac, directeur artistique

  • Doully « Hier j’arrête ! »

    Quand la dérision devient un vrai outil de guérison Qui a dit qu’on ne pouvait plus rire de tout ? Doully en ait la preuve formelle : oui, on peut bien rire encore de tout… à condition d’avoir un grand talent est une vraie auto-dérision. L’humoriste qui monte, qui monte… Après avoir remporté le trophée Le Violet d’or du Dinard Comedy Festival , en 2018, après avoir présenté ses chroniques sur Europe 1 puis sur France Inter et nous faire mourir de rire dans Groland , Doully est en pleine tournée à travers la France. « Non je ne suis pas bourrée, et oui je suis née avec cette voix de clochard ». Avec son spectacle jubilatoire, elle revient sur sa vie passée de toxicomane du côté de Stalingrad, sur ses petits boulots : gogo danseuse, dame pipi, doubleuse de film porno, prof de français en Espagne… Elle parle de ses expériences-décevantes de mort imminente, de ses trois arrêts cardiaques, de ses troubles alimentaires et de sa maladie de Charcot-Marie-Tooth. Sur le papier, ça ne parait pas si drôle… et pourtant Sur scène, avec son talent assez unique, son charme certain, son aisance évidente et sa vraie intelligence, cette petite blonde nous fait rire avec ses déboires en utilisant ses addictions passées pour en faire une force incroyable. Entre humour ravageur et confession En apportant certainement de l'espoir à ceux qui luttent contre la dépendance, son histoire puissante, finalement, résonne en nous tous. Et, par le rire et la dérision, Doully nous permet de trouver la force et la résilience pour nos propres luttes. Avis Foudart 🅵🅵🅵 Doully « Hier j’arrête ! » co-écrit avec Blanche Gardin et Paco Perez avec la participation d’Eric Monin   Cirque Electrique les 11 & 12 Octobre Folies Bergères le 31 Octobre 2024 En tournée dans toute la France Spectacle vu au THÉÂTRE L’EUROPÉEN

  • SIMONE en aparté

    Une histoire de femme Simone Veil: une destinée hors du commun. Survivante des camps d’extermination, symbole de l’émancipation des femmes et militante du droit à l’avortement, première présidente du Parlement européen, Simone Veil n’a cessé de promouvoir les valeurs éthiques de liberté, égalité et fraternité, et, par chacun de ses combats, de défendre la paix… À partir de centaines d'archives télévisées, écrites et de la très belle autobiographie, Une Vie de Simone Veil , Arnaud Aubert nous transmet, tout en nuance et subtilité, le magnifique portrait de cette femme si célèbre : Simone Veil . Pas un biopic, mais plutôt un portrait en forme d'esquisse impressionniste qui nous délivre certaines pensées, certaines caractéristiques de son caractère, avec beaucoup de pudeur et sans "tout nous dire". Simone Veil, par Simone en aparté en devient une femme française universelle et le témoin d'une époque. Dévoiler une part de son intimité pour toucher l’universalité. Evoquer sa singularité pour toucher l’intimité. Une vision fantasmée par l’imaginaire, qui propose aux spectateurs de vivre un moment unique, au plus proche de celle qui pourrait être notre alter-ego :la femme, la mère, la fille, l’épouse, la sœur, l’amie, la camarade… Arnaud Aubert La magnifique scénographie d' Hervé Mazelin et les très belles lumières en demi teinte d'Estelle Ryba ajoutent encore beaucoup de magie à ce spectacle. Un spectacle avec une construction passionnante qui en alternant, sans cesse entre pensées du moment et souvenirs, montre, parfaitement, les liens entre l'adulte et l'enfance, entre le passé et le présent. L’espace doit permettre une libre parole qui vagabonde au gré des pensées de notre héroïne sans s’encombrer d’éléments réalistes qui enfermeraient le spectateur dans une vision réductrice et didactique. Pour être à la hauteur du mythe, la scénographie doit être esthétique, lumineuse, presque incandescente. Nous avons tous en mémoire cette femme à l'apparence stricte et à l'esprit déterminé. Sophie Caritté, fascinante dans ce rôle, joue avec beaucoup d'émotion, de fougue, de sensualité et d'humour son personnage. Elle nous propose une Simone si humaine, si vivante et actuelle aux combats devenus bien souvent des acquis. Une personne de caractère, d’une richesse hors du commun, d’une rare intelligence et d’une grande sensibilité. Maupassant, Maupassant que j’aime, ne m’en voudra pas d’avoir emprunté le titre d’un de ses plus jolis romans pour décrire un parcours qui ne doit rien à la fiction. Simone Veil Simone en aparté est un spectacle magnifique et brillant, un vrai coup de coeur tout en ombre et lumière qu'il va falloir découvrir absolument. SIMONE en aparté Texte et mise en scène Arnaud Aubert Avec Sophie Caritté Scénographie et visuel affiche Hervé Mazelin Lumière et régie générale Estelle Ryba Musique Nicolas Girault Costumes Yolène Guais maquillage / coiffure Lacaille Virginie Studio Hébertot Du 5 novembre 2024 au 15 janvier 2025 • Les mardis et mercredis 19H • Durée 1h15 • À partir de 14 ans En savoir plus... Simone VEIL, les grandes dates et lignes de son parcours • 1927-Le 13 juillet, naissance à Nice de Simone Jacob, benjamine d’une famille de quatre enfants. •1944 -Détenue par la Gestapo, le 13 avril elle est déportée depuis le camp de Drancy à Auschwitz-Birkenau avec sa mère et sa sœur Madeleine (Milou). •1945 - Le 15 mars, sa mère meurt du typhus au camp de Bergen-Belsen. Le 23 mai, Simone revient en France avec sa sœur. En septembre, elle s’inscrit à la faculté de droit à Paris. •1946 -Le26 octobre, elle épouse Antoine Veil. •1947 -Le 26 novembre, naissance de Jean, son premier fils. •1949 -Le 4 janvier, naissance de son deuxième fils, Claude-Nicolas. •1952 -En août, sa sœur Milou meurt dans un accident de voiture ainsi que le fils de celle-ci, âgé de quelques mois. •1954 -Le 16 mars naît son troisième fils, Pierre-François. •1957 - Elle commence une carrière de magistrate à l’administration pénitentiaire du ministère de la Justice. •1964 -Elle entre à la direction des Affaires civiles. •1970 -Elle est la première femme secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature. •1974 -Elle est nommée ministre de la Santé (gouvernements Chirac puis Barre). • 1975 -Le 17 janvier est promulguée la «loi Veil» autorisant l’avortement en France, après des débats houleux. •1979 -Elle est désignée première présidente du Parlement européen élu au suffrage universel direct. •1984 -Présidente du Groupe des libéraux, démocrates et réformateurs au Parlement européen. •1993 -Ministre d’Etat pour les Affaires sociales, la Santé et la Ville (gouvernement Balladur). •1998 -Membre du Conseil constitutionnel. •2001 -Elle devient la première présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et exerce la fonction jusqu’à l’âge de quatre-vingts ans. Elle en restera présidente d’honneur. •2002 -Le 13 août, son fils Claude-Nicolas meurt d’un infarctus. •2007 - Publication de ses mémoires, intitulées Une Vie(Livre de poche-Editions Stock). •2008 -Elle est élue à l’Académie française le 20 novembre. •2013 -Mort de sa sœur Denise le 4 mars, suiviele 12 avril 2013 de celle de son mari, Antoine Veil. •2017 -Elle meurt à Paris le 30 juin 2017 • 2018 - Le 1er juillet, Simone et Antoine Veil font leur entrée au Panthéon.

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