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  • “Changer l’eau des fleurs” : Une Ode à la Vie et aux Petites Choses

    Avec Changer l’eau des fleurs, Valérie Perrin nous transporte dans une histoire douce et mélancolique, où l’ordinaire prend une dimension extraordinaire. Adapté au théâtre par Caroline Rochefort et Mikaël Chirinian sous la direction de Salomé Lelouch, ce drame intimiste plonge dans l’univers de Violette Toussaint, garde-cimetière en Bourgogne, et nous offre une véritable leçon d’humanité. L’Histoire de Violette Toussaint : Entre Solitude et Résilience Violette Toussaint mène une existence tranquille en tant que gardienne du cimetière de Brancion-en-Chalon. Ses journées sont rythmées par les confidences des visiteurs, l’entretien des tombes et les cafés partagés. Cette routine, empreinte de mélancolie et de solitude, est bouleversée lorsque Julien Seul, un commissaire de police, arrive avec une question déconcertante : pourquoi sa mère récemment décédée souhaite-t-elle que ses cendres soient dispersées sur la tombe d’un certain Gabriel ? Cette énigme plonge Violette dans une quête émotionnelle, où son propre passé, marqué par des deuils et des souffrances, se mêle à cette nouvelle recherche de vérité. Peu à peu, les destins se croisent, les secrets se dévoilent, et les âmes blessées tentent de se réparer. Une Mélancolie Douce et Poétique L’adaptation théâtrale de Changer l’eau des fleurs parvient à capturer l’essence poétique et douce-amère du roman de Valérie Perrin. Le décor, sobre et harmonieux, accompagné de l’utilisation délicate de vidéos, crée une atmosphère intimiste. Chaque scène semble baignée d’une douce mélancolie, jamais lourde, qui ouvre plutôt sur une lumière apaisante, invitant à réfléchir sur les cycles de la vie et les petites choses qui la rendent si précieuse. Des Personnages Profonds et Touchants Les personnages de Changer l’eau des fleurs émeuvent par leur humanité et leur fragilité. Violette Toussaint, interprétée avec une simplicité désarmante, incarne l’une des grandes forces de la pièce. Malgré les épreuves qui l’ont marquée, elle conserve une force tranquille, et son interprétation offre des moments d’émotion à fleur de peau, comme si un tuteur invisible la maintenait droite face à l’adversité. Julien Seul, quant à lui, apporte un contraste à la mélancolie de Violette. Lui aussi est en quête de réponses, cherchant à comprendre les choix déroutants de sa mère. Leur rencontre fortuite bouleverse leurs vies respectives, et révèle chez chacun une sensibilité enfouie. L’écriture de Valérie Perrin, dans le roman comme dans l’adaptation, excelle à capturer ces moments d’échange, où chaque mot est mesuré, chaque silence chargé de sens. Malgré leurs fêlures, les personnages conservent une dignité qui touche profondément. Des Ombres dans la Lumière Bien que la mise en scène soit d’une grande finesse, l’intrigue, ponctuée de drames successifs, peut parfois donner l’impression d’une certaine exagération. Cette accumulation d’événements tragiques, bien que souvent émouvante, pourrait, pour certains spectateurs, affaiblir l’impact narratif en rendant le récit un peu trop chargé. Cependant, la justesse et l’intensité du jeu des acteurs rééquilibrent ces moments, apportant des instants de grâce et de profondeur qui laissent une empreinte durable. Une Leçon d’Humanité Changer l’eau des fleurs est avant tout une leçon d’humanité. Ce conte moderne, où la vie, la mort, l’amour et le deuil s’entrelacent, résonne comme un hommage à la capacité de résilience des êtres humains, à leur aptitude à trouver du sens dans le chaos, et à apprécier les petites joies qui rendent l’existence supportable. Portée par l’interprétation subtile des acteurs et la délicatesse de la mise en scène, cette adaptation réussit à conserver la magie du texte original tout en lui insufflant une nouvelle vie sur scène. Changer l’eau des fleurs invite à savourer les petites choses, à se laisser porter par les coïncidences de la vie, et à embrasser la poésie du quotidien. Avis Foudart  🅵🅵🅵 CHANGER L'EAU DES FLEURS D'après le best-seller de Valérie PERRIN Adaptation Caroline Rochefort, Mikaël Chirinian Mise en scène Salomé Lelouch, Mikael Chirinian Avec en alternance Ludivine de Chastenet, Caroline Rochefort, Maud Le Guénégal, Morgan Perez, Mikaël Chirinian, Fréderic Chevaux et Jean-Paul Bezzina • Scénographie Delphine Brouard • Création lumière François Leneveu • Création vidéo Mathias Delfau • Musique et création sonore Pierre-Antoine Durand Crédit photo © Fabienne RAPPENEAU Théâtre Lepic Actuellement • Du mercredi au vendredi 19h • Les samedis à 21h Nomination aux Molières 2022 - Révélation Féminine Caroline Rochefort

  • Tenir debout : L’actrice dans le monde des Miss

    Comment réconcilier l’image de la jeune première avec celle d’une actrice aux aspirations féministes dans un monde où l’apparence joue un rôle fondamental ? C’est la question que Suzanne de Baecque s’est posée en décidant de s’inscrire à l’élection de Miss Poitou-Charentes. Ce défi, à la fois personnel et artistique, est au cœur du spectacle Tenir debout , un projet né de son expérience d’infiltration dans ce concours, un univers à la fois déconcertant et fascinant. L’expérience d’une actrice Le projet Tenir debout a pris racine dans une réflexion personnelle de Suzanne de Baecque. En tant qu’élève à l’École du Nord de Lille, elle a eu l’opportunité de se lancer dans un atelier de recherche, intitulé « Croquis de voyage », qui lui demandait de partir en solo avec un sac à dos et un projet artistique à réaliser quelque part en France. C’est ainsi que l’idée de s’inscrire à Miss Poitou-Charentes a émergé. Son choix n’était pas anodin. Cette immersion dans le monde des concours de beauté allait à contre-courant de ses propres complexes et de son parcours de comédienne, elle qui avait toujours refusé de se conformer aux rôles de la « jeune première ». Dans ce cadre, le concours de Miss représentait un terrain propice pour interroger ce qu’elle percevait comme une tension entre le désir de représentation et la contrainte des regards extérieurs. Le poids du regard et de l’apparence Tenir debout explore la question de l’image et de la représentation des femmes, en particulier dans des contextes où le corps est jugé et valorisé selon des critères très normés. Suzanne de Baecque y oppose son expérience personnelle de jeune comédienne, souvent en décalage avec les attentes physiques imposées par le cinéma et le théâtre, notamment à travers le stéréotype de la « jeune première » — cette figure de l’amoureuse au physique agréable, à la voix séduisante, et à la jeunesse éclatante. L’élection de Miss Poitou-Charentes lui a permis de questionner ce fantasme de la beauté standardisée. Le spectacle qui en est issu propose une réflexion critique sur l’apparence, la féminité et la place de la femme dans une société où les concours de beauté, malgré leur apparente désuétude, continuent de jouer un rôle important dans la définition de la féminité. Entre rêve et violence Le parcours de Suzanne de Baecque au sein du concours de Miss se traduit dans Tenir debout par une oscillation entre des moments de rêverie et d’exploration intime, et d’autres marqués par la violence de l’évaluation corporelle et des regards extérieurs. Le spectacle fait écho à la contradiction entre le rêve que poursuivent les jeunes femmes participant aux concours de Miss, et la réalité d’un jugement constant et omniprésent sur leur apparence. Loin de toute caricature ou condamnation simpliste, Tenir debout parvient à traiter ce sujet avec une grande humanité. La relation de Suzanne de Baecque avec les autres prétendantes au titre de Miss est pleine de respect et de curiosité. Elle met en lumière la complexité des motivations de ces jeunes femmes, qui, pour certaines, voient en cette compétition un moyen d’émancipation et d’affirmation personnelle. Un spectacle sensible et éclatant Bien que certaines longueurs et digressions ponctuent le spectacle, ce qui retient l’attention est avant tout la performance captivante de Suzanne de Baecque. Son énergie débordante et sa présence scénique illuminent la scène. Loin de se contenter d’une observation détachée, elle s’immerge pleinement dans son sujet, et parvient à faire exploser son talent à travers une interprétation touchante, drôle, et parfois décalée. Le spectacle, traversé de tendresse et d’humour, résonne avec une sensibilité profonde. Suzanne de Baecque, en explorant ses propres vulnérabilités et en interrogeant la construction sociale de l’apparence, livre une réflexion puissante sur le poids des regards qui assignent et contraignent les corps féminins. Avec Tenir debout , Suzanne de Baecque offre une plongée saisissante dans l’univers des concours de beauté, tout en y apportant un regard artistique et féministe. Son spectacle, à la fois introspectif et critique, interroge avec justesse notre rapport à l’image, à l’apparence, et aux attentes imposées aux femmes. C’est une œuvre vibrante et nécessaire qui allie sensibilité, humour, et une réflexion contemporaine sur le corps et la représentation. Avis Foudart  🅵🅵 Tenir debout Texte et mise en scène Suzanne de Baecque Avec Suzanne de Baecque, Raphaëlle Rousseau en alternance avec India De Almeida (les 1er et 2 octobre 2024) Chorégraphie Raphaëlle Rousseau • Lumière Thomas Cottereau • Vidéo Manon Sabatier Costumes Marie La Rocca Composition musicale Valentin Clabault Avec la voix d’Oscar Lesage Crédit photo © Jean-Louis Fernandez THÉÂTRE DU ROND-POINT 18 septembre - 6 octobre 2024 • Du Mardi au vendredi, 19h30 - samedi, 18h30 - dimanche, 15h30 • Durée 1h20 En tournée 6 — 8 novembre 2024 La Comédie de Béthune (62) 12 et 13 novembre 2024 Le Sorano / Toulouse (31) 18 — 21 novembre 2024 Comédie de Colmar - CDN Grand Est Alsace (68) 18 — 20 décembre 2024 La Criée - Théâtre National de Marseille (13) 14 janvier 2025 Théâtre d'Arles (13) 16 janvier 2025 La Garance - Scène Nationale de Cavaillon (84) 5 — 7 mars 2025 Théâtre du Beauvaisis - Scène Nationale de Beauvais (60)

  • Fuck Me : Le cri de vie de Marina Otero

    Marina Otero, chorégraphe, danseuse et performeuse argentine, s'impose comme une figure incontournable de la scène artistique alternative. Son œuvre, profondément marquée par l’autofiction, explore les frontières entre la réalité et la fiction, mettant son propre corps et sa vie au cœur de ses créations. Avec Fuck Me , Marina Otero fait voler en éclats les conventions et la bienséance avec une création où le corps est à la fois un cri et une confession, une lutte et une offrande. À travers cette performance, la chorégraphe argentine explore avec audace et sensualité l’intimité d’un corps brisé, épuisé par le temps, mais toujours vibrant de vie et de désir. Sur scène, cinq danseurs masculins, symboles de la virilité exacerbée, sont nus, dans une chorégraphie érotique où cuir, latex et sueur forment une symphonie provocante. Leurs corps, déformés et magnifiés, deviennent les doubles d’Otero, projetant ses propres angoisses et blessures. Mais derrière cette mise en scène troublante se cache une vérité plus crue, celle d’un corps féminin qui, affaibli par les accidents et les années, ne peut plus danser, mais refuse de s'effacer. Otero, tantôt clouée à sa chaise, tantôt se traînant sur scène avec peine, observe, commande, orchestre. Sa colonne vertébrale fracassée, elle délègue son mouvement aux cinq « Pablo », des avatars de ses fantasmes, de ses regrets, de son passé. Ce transfert de la puissance scénique n'est pas une abdication, mais une affirmation de sa souveraineté. Chaque geste, chaque danse qu’elle ne peut plus exécuter, devient un moyen de s'affirmer dans la douleur, dans l'humiliation consentie, mais aussi dans une forme de contrôle absolu. Au-delà de la Simple Provocation Érotique Fuck M e est un cri de résistance contre l’inéluctabilité du temps, un élan désespéré vers la vitalité. Dans cette mise à nu radicale, Marina Otero plonge dans les tréfonds de son histoire personnelle et familiale, revenant sur les zones d’ombre laissées par la dictature argentine, dont son propre grand-père fut une figure ambivalente. Cette introspection, qui mêle mémoire collective et histoire intime, fait de son corps meurtri le terrain de toutes les luttes, celles de l’individu contre le pouvoir, contre le vieillissement, contre l’oubli. Et pourtant, malgré la gravité des thèmes abordés, Fuck Me regorge d’une énergie explosive, d’une vitalité parfois ludique, parfois tragique. Les danseurs, ces « Pablos » magnifiés, portent sur leurs épaules non seulement la fragilité de Marina Otero, mais aussi celle d'une humanité confrontée à ses propres limites. Ils dansent pour elle, pour ce corps qui se meurt, mais qui ne cesse de résister. Dans cet espace entre l’agonie et la révolte, Otero interroge ce que signifie vivre, aimer, se souvenir, créer. La pièce se termine dans une explosion d’énergie qui laisse le spectateur bouleversé, ébranlé, face à la condition humaine, à ce corps qui raconte mille histoires, toutes aussi vraies les unes que les autres. Une œuvre qui fait Trembler, qui Fascine, mais qui ne laisse jamais Indifférent Avec Fuck Me , Marina Otero nous offre un spectacle aussi audacieux qu'émouvant, où la vulnérabilité devient force, où l’intime se fait politique, où la douleur devient sublime. Une œuvre terriblement humaine, terriblement sexy, terriblement vivante. Avis Foudart  🅵🅵🅵🅵 Fuck Me Dramaturgie et mise en scène Marina Otero Avec Augusto Chiappe, Cristian Vega, Fred Raposo, Juan Francisco , López Bubica, Matías Rebossio, Miguel Valdivieso, Marina Otero Conception de l’espace et de l’éclairage Adrián Grimozzi • Conception des costumes Uriel Cistaro • Conception sonore et musique originale Julián Rodríguez Rona • Conseil dramaturgie Martín Flores Cárdenas Photographie Matías Kedak THÉÂTRE DU ROND-POINT 18 — 22 septembre 2024 • Mercredi, jeudi et vendredi, 21h — Samedi, 20h — Dimanche, 17h • Durée 1h10 • À PARTIR DE 16 ANS Prix du Public ZKB - Theater Spektakel 2021 18 — 22 septembre 2024

  • Le Premier Sexe, ou la Grosse Arnaque de la Virilité : Un Voyage Théâtral vers la Déconstruction des Normes Masculines

    Depuis plusieurs années, Mickaël Délis parcourt les scènes avec son spectacle solo Le Premier Sexe, ou la Grosse Arnaque de la Virilité . Le titre, clin d'œil au célèbre Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, annonce d’emblée une réflexion profonde sur la masculinité, tout en s’éloignant d’un manifeste masculiniste. Plutôt que de dénoncer une prétendue domination féminine, Délis propose une analyse subtile et introspective des normes viriles qui, de manière souvent insidieuse voire brutale, façonnent l’identité masculine. Un Hommage à Beauvoir et un Parcours Introspectif En s'inspirant de la démarche analytique de Simone de Beauvoir, Délis transpose la structure en sept étapes du Deuxième Sexe à la question de la masculinité. Le spectacle devient alors une exploration et une déconstruction des stéréotypes culturels liés à l'identité masculine, et plus particulièrement à la notion de virilité. Cependant, loin de s'enfermer dans un discours théorique ou militant, Délis adopte un ton accessible et humain, en ancrant sa réflexion dans ses souvenirs personnels. Seul en scène, il donne vie à une galerie de personnages – membres de sa famille, camarades de classe, thérapeutes, professeurs – qui ont jalonné son parcours. Le spectacle, conçu pour toucher un large public – bien au-delà des convaincus ou des spécialistes en philosophie et sociologie – s’appuie sur des anecdotes personnelles et des expériences de vie pour aborder des thématiques telles que la masculinité toxique, l’héritage patriarcal et l’acceptation de soi. À travers une série de tableaux à la fois hilarants, déjantés et parfois acrobatiques, Délis réussit à mêler humour et émotion, sans jamais réduire son récit à son homosexualité. En adoptant une approche plus large, il explore la masculinité sous un angle universel, rendant ses réflexions percutantes et accessibles à tous. Humour et Réflexion : Un Spectacle Vivant et Inspirant Avec une énergie incroyable, une sensibilité et un sens de l’humour désarmant, Mickaël Délis explore la complexité d'une adolescence marquée par la moquerie et l'incompréhension, mais aussi par des moments de légèreté. Le public rit autant qu’il réfléchit devant ses personnages, tels qu’une mère possessive mais aimante, un psy farfelu, ou encore un professeur d’université aussi déroutant qu’éclairant. Ces figures, tour à tour émouvantes et drôles, illustrent la difficulté de se construire face aux attentes sociétales, particulièrement quand on ne correspond pas aux standards de la masculinité dominante. Délis parvient à éviter les écueils du pathos, préférant une approche où le rire devient un outil de réflexion. Le public est amené à s’interroger, non pas dans la douleur ou la colère, mais dans la complicité et l’introspection. Cela permet à chacun de remettre en question les idées préconçues sur le genre, sans se sentir jugé ou exclu du débat. Un Triomphe Théâtral Avec Le Premier Sexe , Mickaël Délis réussit un véritable tour de force : aborder la virilité avec une rare profondeur, tout en restant accessible et divertissant. Porté par un texte d’une grande finesse, une mise en scène énergique et une interprétation éblouissante, Délis, à la fois comédien et co-metteur en scène avec Vladimir Perrin, démontre qu’il est possible de traiter des sujets aussi complexes que la masculinité toxique, l’homophobie ordinaire ou l’émancipation des stéréotypes, sans tomber dans la morale facile ni la simplification réductrice. Ce premier volet de la Trilogie du Troisième Type sera suivi par La Fête du Slip ou le Pipo de la Puissance en 2024, et La Paillette de leurs Vies ou la Paix Déménage en 2025, promettant de poursuivre cette exploration théâtrale des questions de sexe, de genre et de société. En attendant, Le Premier Sexe s'impose comme un spectacle incontournable : à la fois drôle, poignant et d'une pertinence saisissante dans un monde où la déconstruction des normes patriarcales est plus nécessaire que jamais. Avis Foudart  🅵🅵🅵🅵 Le premier sexe, ou la grosse arnaque de la virilité Un spectacle de Mickaël Délis Mise en scène Mickaël Délis et Vladimir Perrin Avec Mickaël Délis Collaboration artistique Elisa Erka, Clément Le Disquay et Elise Roth Collaboration à l’écriture Chloé Larouchi Lumières Jago Axworthy La Scala Paris Du mardi 17 septembre 2024 au mercredi 27 novembre 2024 • Les mardis et mercredis à 19h15 •  Durée 1h15

  • L’Avare, un Spectacle Participatif et Moderne

    « Nous rêvons d’un spectacle qui se construit sous nos yeux : nous trions, choisissons, asso- cions, disposons en temps réel les élé- ments qui nous sont apportés. De la pau- vreté nous faisons une richesse. Car la vraie richesse d’un spectacle, c’est sa troupe, son savoir-faire, son œil, son art. La vraie richesse c’est le partage. » - Clément Poirée Dans cette version audacieusement réinventée de L’Avare de Molière, Clément Poirée nous propose une relecture percutante de cette comédie intemporelle, en la confrontant aux enjeux contemporains de la décroissance et du partage. Le public, loin d’être un simple spectateur, devient acteur de la création en apportant divers objets — vêtements, accessoires, jouets, casseroles — qui seront intégrés en temps réel à la scénographie et aux costumes. Ce retour aux sources du théâtre illustre comment la créativité naît souvent de la contrainte et du peu. Molière revisité pour notre époque L’Avare , chef-d’œuvre de Molière sur l'avidité et l'obsession de la possession, résonne puissamment dans une ère où la surconsommation est de plus en plus questionnée. Harpagon, joué par John Arnold, incarne avec une pertinence saisissante l’angoisse de l'accumulation. Son désir insatiable de contrôle et de richesse, au détriment de sa famille, fait écho aux dilemmes modernes autour de l’accumulation matérielle et de la transmission intergénérationnelle. Un spectacle unique chaque soir L’une des innovations majeures de cette mise en scène réside dans l’utilisation des objets apportés par le public, qui sont transformés en accessoires, costumes et décors. Chaque représentation devient ainsi une création éphémère, où le chaos apparent laisse place à une véritable performance collaborative. Comédiens, techniciens et artistes, tels des alchimistes, réinventent le spectacle sous les yeux du public, offrant chaque soir une expérience théâtrale unique et inattendue. Le recyclage au cœur de la création À la fin de chaque représentation, les objets collectés sont redistribués à la ressourcerie solidaire La Petite Rockette, prolongeant ainsi la vie de ces objets et s’inscrivant dans une démarche écologique de réduction du gaspillage. Ce geste fait subtilement écho aux réflexions d’Harpagon sur la modération et le refus de l’excès. Une farce moderne et débordante de créativité Dans cette interprétation inventive, la troupe, vêtue simplement face à des étagères vides, symbolise l’austérité d’un Harpagon avide de tout conserver. Paradoxalement, cette approche minimaliste engendre un foisonnement de créativité. La comédie de Molière, dépouillée de ses artifices et revisitée avec humour et intelligence, met en lumière des problématiques toujours actuelles. Les comédiens, en constante interaction avec le public, improvisent et jouent avec les objets, transformant chaque soir en un véritable happening théâtral. Une expérience jubilatoire et participative Clément Poirée, en revisitant L’Avare sous cet angle contemporain, célèbre l’essence même du théâtre : le partage et l’échange. Bien plus qu’un exercice de style, cette mise en scène interroge profondément notre rapport aux biens matériels, à la transmission et à l'écologie. Elle métamorphose le théâtre en un espace participatif où les spectateurs deviennent des acteurs actifs de la création. Ainsi, L’Avare devient le miroir de nos sociétés modernes, tiraillées entre l’accumulation et le partage, et pose une question cruciale : jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour ne rien perdre, et à quel moment apprendrons-nous enfin à donner ? Avis Foudart  🅵🅵🅵🅵 L’avare texte de Molière mise en scène Clément Poirée avec John Arnold , Mathilde Auneveux, Pauline Bry-Martin ou Sylvain Dufour, Pascal Cesari, Erwan Creff ou Caroline Aouin THÉÂTRE DE LA TEMPÊTE Du 13 septembre au 20 oct. 2024 • Du mardi au samedi 20, dimanche 16 h Crédit / Copyright : © Fanchon Bilbille EN SAVOIR PLUS… LA PETITE ROCKETTE Qu’est-ce que c’est ? La Petite Rockette est une association qui gère deux ressourceries à Paris : La Rockette Père Lachaise (11e) et La Rockette Montgallet (12e). Mais elle inclut également d’autres structures : La Trockette (11e) : café-atelier et restaurant "anti-gaspi" de 40 couverts. La Cyclette (11e) : atelier vélo participatif et solidaire. La Cadette (12e) : friperie solidaire et atelier de réparation. L’équipe est composée de 51 salarié.e.s, dont 12 personnes issues d’un dispositif de réinsertion professionnelle, plusieurs d’entre elles étant primo-arrivantes. Environ 150 bénévoles y participent également. Les ressourceries récupèrent tout type d’objet provenant de particuliers, mais ne collaborent pas avec les entreprises. Les denrées alimentaires peuvent également être collectées pour La Trockette, où 70 % des repas sont préparés à partir de dons et 30 % proviennent d’achats. En chiffres : 3 tonnes de dons sont déposées quotidiennement sur l’ensemble des sites. Les objets sont triés par catégorie. Les dons sont pesés à l’entrée et à la sortie, et ces données sont enregistrées dans un logiciel de traçabilité afin de suivre le parcours des objets. 9 % des dons sont jetés (ceux qui ne peuvent pas être vendus ou qui ne sont pas recyclables). 40 % des dons sont recyclés ; les autres sont directement mis en vente ou passent par l’atelier de revalorisation. AU FIN FOND DU GRENIER, BIEN CACHÉ DANS LA CAVE Aiguilles à coudre Aiguilles à tricoter Allumettes Amplis Ampoules Annuaires Aquarelles Argent Argile Autoradios Balais Ballons Bananes Bandanas Bandeaux Barrettes Bassines Batte de baseball Béquilles Betteraves Bigoudis Bijoux Boîtes Boîtes à musique Bouchons de bouteille Boucles Bougies Bouteilles en plastique Bouteilles en verre Boutons Bretelles Brosses Câbles électriques Cacao Cahiers Cannes Capsules de bière Carton Carton plume Casseroles CD Ceintures Chaises roulantes Chandeliers Chapeaux Chaussures Chemises Chou vert Chouchous et élastiques Cintres Collants Corde à linge Coton Coupons de tissu Courgettes Coussins Couvertures de survie Cravates Crayons Décorations de Noël Dessertes sur roulettes Draps Écharpes Éponges Feuilles mortes Ficelles Filets Fils Flûtes à bec Franges Frites de piscine Gants de boxe Gilets Gouache Graines de pavot Guirlandes électriques Huile de coco Huile de tournesol Instruments de bricolage Jeux de société Jouets WISHLIST Ce qui pourrait faire le bonheur de la troupe… Journaux Jupes Lampadaires Lampes de jardin Lampes de poche Lampes frontales Lampes sur pied Lessive Lichen et mousse Livres Lunettes Magnétophones Mallettes Manteaux Masques de plongée Masques de ski Masques de théâtre Matériel médical Mégaphone Micro karaoké Mouchoirs Mousse à matelas Nappes Or Paniers et corbeilles Pantalons Papier absorbant Papier cadeau Papier d’aluminium Papier kraft Papier toilette Parapluies Pare-soleil Passoires Pastels Pâtes Peluches Perles Pèse-personne Petit électroménager Pin’s Pinces à linge Pistolets en plastique Plantes en pot Plateaux Plumes Pommes Pompons Post-it Posters Quincaillerie Registres Rideaux de chambre Rideaux de douche Rideaux de placard Riz Robes Rubans et galons Sacoches Sacs Sacs-poubelles Salades Sangles Scotch Scoubidous Serviettes de table Stylos Synthétiseurs Tableaux Taies d’oreiller Talc Tapis de yoga Vaisselle Vestes

  • Le OFF d'Avignon débarque à Paris : une rentrée théâtrale vibrante

    Chaque rentrée, le théâtre parisien se réinvente, et cette année, l'énergie du festival OFF d'Avignon envahit la capitale. Un rendez-vous incontournable pour les Parisiens, qui pourront découvrir des créations audacieuses, percutantes, et toujours empreintes de vitalité. Plusieurs pièces s’annoncent déjà marquantes, avec des thématiques variées et captivantes. "Rentrée 42" , programmé au Théâtre Comédie Bastille dès le 5 septembre, est une des grandes attentes de la saison. Signée Pierre-Olivier Scotto et Xavier Lemaire, cette pièce éligible aux Molières transporte le public dans le quotidien de quatre institutrices en 1942, à Paris. Un événement inattendu bouleversera leur vie, révélant leur résilience face à l'adversité. La mise en scène, immersive, fait des spectateurs des élèves invisibles, accentuant l’intensité de cette œuvre poignante. Autre moment fort : "Les Vengeurs"  à la Divine Comédie. Cette comédie policière absurde plonge dans un univers déjanté, peuplé de personnages hauts en couleur. Parfait pour les amateurs d'humour et d'intrigues décalées. Le théâtre contemporain brille aussi avec "Belvédère"  au Guichet Montparnasse. Cette pièce interroge la frontière entre folie et réalité, dans un décor mystérieux, où le spectateur suit les tribulations d'une écrivaine excentrique et son entourage. Du 24 septembre au 3 novembre, le Théâtre de la Reine Blanche accueillera "En quoi cette nuit ?" , une fresque familiale où trois générations de femmes célèbrent une tradition. Cette pièce, à la fois intime et universelle, explore les thèmes de la transmission et de la résilience avec une sensibilité touchante. "Le Radeau de la Méduse"  à la Comédie Bastille revisite un épisode marquant de l'histoire de l'art. Anne Cangelosi, seule en scène, incarne une conférencière pétillante, offrant un spectacle aussi divertissant qu'instructif autour du tableau emblématique de Géricault. Deux autres spectacles prometteurs s'ajoutent à cette programmation. D'abord, "Livraison comprise"   au Studio Hébertot, du 15 septembre au 4 décembre 2024. Écrite par Hugues de Rosamel, cette pièce contemporaine explore la modernité des relations humaines à travers un duo brillant. Ensuite, à partir du 3 octobre, "Arletty"  au Théâtre des Mathurins revisite l’histoire passionnelle et tragique de l’actrice française, amoureuse d’un officier allemand sous l’Occupation. Sous la direction de Jean-Luc Moreau, cette pièce promet d’offrir une plongée fascinante dans l’intimité de cette icône du cinéma. Avec cette nouvelle vague théâtrale inspirée du OFF d’Avignon, Paris vibrera au rythme d’une saison riche en émotions, entre rires, larmes et réflexions. Un rappel éclatant de la vitalité du théâtre, toujours prêt à connecter passé et présent. Plus d’infos sur tous ces spectacles

  • La Nuit où Laurier Gaudreault s'est réveillé : Un huis clos oppressant sur les secrets de famille

    Récemment adapté en série par Xavier Dolan, La Nuit où Laurier Gaudreault s'est réveillé , une œuvre de Michel Marc Bouchard, se distingue comme un drame intime, cruel et poignant. Présentée pour la première fois sur scène à Paris, cette pièce de théâtre plonge le spectateur au cœur d'une famille tourmentée, dont les silences enfouis refont surface avec une violence inattendue. Didier Brengarth, metteur en scène de cette adaptation, offre une vision à la fois minimaliste et oppressante, rendant ce huis clos d'autant plus percutant. L'intrigue s'articule autour de Mireille, thanatopractrice, qui retourne dans sa ville natale pour préparer le corps de sa mère défunte. Ce retour bouleverse l’équilibre fragile de sa famille, réveillant des fantômes du passé, en particulier la vérité cachée sur "la nuit où Laurier Gaudreault s'est réveillé". Qu'est-il réellement arrivé cette nuit-là, et pourquoi cette vérité a-t-elle été étouffée pendant si longtemps ? Au cœur du drame se pose la question du pardon et de la rédemption, deux concepts profondément explorés par Bouchard. Le talent de Michel Marc Bouchard réside dans sa capacité à mêler différentes tonalités — du tragique à l'humour noir — sans jamais dévier de l'authenticité des émotions humaines. Comme l'explique l'auteur, "Le pardon apporte la consolation. La rédemption, elle, mène à l'élévation." En posant cette réflexion, Bouchard interroge également la manière dont la morale et l'éthique évoluent dans une société de plus en plus déconnectée de la vérité. Didier Brengarth, connu pour ses mises en scène rigoureuses et captivantes, trouve ici un terrain de jeu idéal. Fasciné par les secrets de famille, il souligne dans sa note d'intention l’importance de la parole comme remède ultime à ces non-dits toxiques. Dans une société où l'information est omniprésente, il semble paradoxal que les vérités les plus intimes restent enfouies, dissimulées derrière des façades soigneusement entretenues. Le travail de Brengarth sur cette pièce est minutieux et parfaitement calibré. La scénographie, imaginée par Olivier Prost, joue sur une simplicité efficace, permettant au public de se concentrer sur les acteurs et leurs performances. La scénographie réaliste, renforcée par des jeux de lumière élaborés de Mathieu Courtaillier et une création sonore d'Antoine Daviaud, plonge les spectateurs dans une atmosphère glaçante, quasi cinématographique. Les costumes, conçus par Mathieu Crescence, ajoutent à cette danse macabre où la vie et la mort s’entrecroisent de manière troublante. Ce qui frappe surtout dans cette mise en scène, c’est la précision avec laquelle Brengarth orchestre les déplacements et les interactions des acteurs, chaque geste et chaque mot étant soigneusement pesés pour maximiser l'impact émotionnel. La pièce devient ainsi un ballet d'émotions, où chaque acteur évolue avec une maîtrise impressionnante, renforçant l’intensité dramatique à chaque instant. La Nuit où Laurier Gaudreault s'est réveillé se révèle ainsi un spectacle captivant, un véritable crescendo d’horreur, d’humour et de tragédie. Avec des rebondissements dignes des meilleurs thrillers, cette œuvre questionne nos propres silences et secrets. C’est un huis clos magistral, aussi oppressant que fascinant, qui laisse une empreinte indélébile sur les spectateurs. Avis Foudart  🅵🅵🅵🅵 LA NUIT OÙ LAURIER GAUDREAULT S'EST RÉVEILLÉ de Michel Marc Bouchard Mise en scène Didier Brengarth Avec Gaelle Billaut-Danno , David Macquart , Marie Montoya , Benjamin Penamaria , Julien Personnaz , Margaux Van Den Plas Assistante mise en scène Stéphanie Froeliger • Scénographie Olivier Prost • Création lumières Mathieu Courtaillier • Costumes Mathieu Crescence • Création visuelle Mathieu Courtaillier et Didier Brengarth • Conception sonore Antoine Daviaud THÉÂTRE TRISTAN BERNARD ACTUELLEMENT • Du mardi au vendredi à 21h. Le samedi à 16h et 21h • Durée 1h45 • Déconseillé aux moins de 10 ans

  • Le Duplex : Guerre de Voisins et Rires Assurés

    Imaginez un immeuble paisible à Paris. Au sixième étage, vous avez les Berger, couple bobo incarné par Corinne Touzet et Pascal Légitimus. Le rêve de leur vie ? Transformer leur appartement en duplex pour avoir une vue imprenable sur la ville. Le seul hic : au cinquième, les Tissandier (Anny Duperey et Francis Perrin), retraités tranquilles, n'ont pas la moindre envie de céder leur nid douillet. Et c’est là que la comédie démarre, car quand un bobo veut quelque chose, il ne recule devant rien. Mais vraiment rien. Didier Caron, le maître de la comédie de boulevard, nous offre ici un jeu du chat et de la souris d'une modernité toute parisienne. On pourrait croire qu'on est dans une version théâtrale de Tom et Jerry , sauf que cette fois, Tom est un bobo prêt à toutes les ruses, et Jerry, un duo de retraités bien ancrés dans leurs fauteuils Régence. Des Plans Machiavéliques… ou Presque Les Berger sont prêts à tout pour pousser leurs adorables voisins au divorce, quitte à leur faire vivre un véritable enfer ! S'ensuit une série de coups bas, de mensonges et autres manigances. Leur objectif ? Rendre la vie des Tissandier insupportable et les forcer à quitter cet immeuble qu'ils aiment tant. Deux mondes s’affrontent : d'un côté, les Berger et leurs meubles Ikea ; de l'autre, les Tissandier et leur mobilier classique. C'est la guerre du goût, la bataille de l’esthétique, et surtout, un formidable prétexte pour une avalanche de quiproquos. Un Quatuor Déchaîné Le public, lui, est rapidement conquis. Et comment ne pas l’être quand on a un quatuor d'acteurs aussi solide ? Anny Duperey vole littéralement la vedette. Elle déambule sur scène avec la légèreté d'une ballerine, que ce soit dans une danse country improvisée ou une scène un tantinet sexy qui vaut à elle seule le déplacement. Pascal Légitimus en bobo maniaque est hilarant. Il incarne à merveille le type qui monte des plans machiavéliques… qui échouent aussi rapidement qu'ils sont imaginés. Et que dire de Corinne Touzet et Francis Perrin ? Leur complicité sur scène est palpable. On redécouvre ces deux acteurs que l’on croyait uniquement voués aux petits écrans. Francis Perrin, avec son flegme et son humour pince-sans-rire, est l’antithèse parfaite de l’agitation délirante de Pascal Légitimus. On Rit, Et Ce N’est Pas Pour Rien Bien sûr, ne vous attendez pas à des dialogues dignes de Shakespeare. Le Duplex est un boulevard pur et simple, avec des répliques souvent prévisibles. Mais là est tout le génie de la pièce : les situations, bien que convenues, sont si bien jouées qu'on finit par en rire. Et ce n’est pas seulement parce que les acteurs sont bons. C’est aussi parce qu'ils savent rire d’eux-mêmes et qu’ils nous entraînent dans leur folie douce. Oui, on sait comment ça va se terminer, mais on se marre quand même . Une Scène Digne d’un Jeu de Société Le décor ? Un plateau mobile qui se promène entre le cinquième et le sixième étage, avec les deux appartements collés l'un à l'autre. Les portes claquent, les disputes résonnent, et les voisins se mêlent des affaires des autres, tout cela sous notre regard complice ravi de se retrouver en plein cœur de ce chaos organisé. Jean Haas , le décorateur, a fait des merveilles en créant ces deux mondes parallèles. Chez les Berger, on est dans le blanc immaculé, sans âme, façon catalogue de déco scandinave. Chez les Tissandier, c’est plus rustique, plus chaleureux. Bref, deux ambiances qui se répondent à coups de regards en coin et de petites piques bien senties. Le Verdict : Un Duplex Qui Déménage ! On rit. Beaucoup. Et c’est là l’essentiel. Certes, l’histoire est un prétexte à la farce, et on devine dès les premières minutes que les Berger n’auront pas leur duplex . Mais peu importe. Le spectacle ne réside pas dans la fin, mais dans les moyens employés pour y arriver . Et quels moyens ! Alors, allez voir Le Duplex , même si vous avez l’impression de connaître la fin avant même d’y mettre les pieds. Parce que, comme le prouve cette comédie, même le plus banal des plans machiavéliques peut devenir un chef-d’œuvre de rire quand il est porté par des acteurs aussi talentueux. Avis Foudart  🅵🅵🅵 Le Duplex Écrite et mise en scène par Didier CARON Avec Anny DUPEREY, Pascal LÉGITIMUS, Francis PERRIN et Corinne TOUZET Décors Jean HAAS assisté de Bastien FORESTIER • Lumières Madjid HAKIMI • Musique Hervé DEVOLDER • Chorégraphie Cathy ARONDEL Crédit photo © Bernard Richebé THÉÂTRE DE PARIS Triomphe ! Reprise à partir du 12 septembre ! Du mercredi au vendredi à 20h • Les samedis à 16h et 20h • Les dimanches à 15h • Durée du spectacle 1h30

  • La Veuve Rusée : une comédie intemporelle revisitée sur les planches parisiennes

    Carlo Goldoni, l’un des plus grands dramaturges italiens du XVIIIe siècle, continue de fasciner le public trois siècles après la création de ses œuvres. Sa pièce La Veuve Rusée , jouée pour la première fois à Venise en 1748, fait un retour triomphal sur la scène du théâtre Les Bouffes Parisiens sous la direction de Giancarlo Marinelli. Ce spectacle est une véritable célébration de la vivacité de la comédie italienne et de la modernité de l’écriture de Goldoni. L’intrigue : Rosaura et ses prétendants L’histoire est celle de Rosaura, une belle et riche veuve vénitienne, entourée de quatre prétendants : l'anglais Milord Runebif, le français Monsieur Le Blau, l'espagnol Don Alvaro de Castille, et l'italien comte Bosco Nero. Chacun rivalise de charme et de galanterie pour gagner son cœur, tandis qu’Arlequin, espiègle et malicieux, se fait le messager de leurs intentions. Mais Rosaura, indécise, cherche à découvrir lequel d'entre eux est véritablement sincère. Aidée par sa dame de compagnie, Marionnette, elle élabore un stratagème astucieux pour les mettre à l'épreuve. Le public se régale des quiproquos, des malentendus et des retournements de situation, caractéristiques de la comédie de Goldoni. Goldoni et la réforme du théâtre Avec La Veuve Rusée , Goldoni marque une rupture nette avec la tradition de la commedia dell’arte, basée sur l’improvisation et des personnages archétypaux. En intégrant des dialogues écrits et des personnages plus nuancés, il ancre ses œuvres dans un réalisme social qui reflète les mœurs de son époque. Rosaura, par exemple, incarne une femme libre, déterminée à contrôler son destin malgré la pression sociale. Ce portrait d'une femme qui fixe ses propres règles trouve un écho particulier aujourd'hui, à l’heure des débats sur l’émancipation féminine. Une mise en scène dynamique et moderne Giancarlo Marinelli, à la tête de cette coproduction franco-italienne, rend hommage à Goldoni tout en insufflant une touche de modernité. La distribution, incluant Caterina Murino dans le rôle de Rosaura et Tom Leeb en Arlequin, apporte un souffle nouveau à cette pièce classique. Murino brille par son charisme, incarnant une Rosaura aussi maligne que séduisante, tandis que Leeb, avec un jeu physique impressionnant, fait éclater de rire l’audience. Les costumes flamboyants et la mise en scène dynamique participent à créer une atmosphère festive et éclatante. Cependant, certains ont noté que le décor sophistiqué et les projections de vues de Venise pouvaient parfois paraître trop clinquants, voire kitsch. Cela n’enlève rien à la vivacité du texte et à la performance des acteurs, salués par des applaudissements nourris. Une satire toujours d’actualité La Veuve Rusée demeure une satire mordante de la galanterie et du chauvinisme. Goldoni, en jouant avec les stéréotypes nationaux, déconstruit habilement les clichés sur les hommes et leurs comportements amoureux. À travers ses quatre prétendants, l'auteur explore les différences culturelles et la manière dont elles se manifestent dans la séduction. Ce portrait caustique de la société de son époque trouve des résonances étonnamment modernes. La Veuve Rusée est bien plus qu’une simple comédie d’intrigue. Elle est le témoignage du génie de Goldoni et de sa capacité à capturer l’essence des relations humaines avec une subtilité et une ironie toujours pertinentes aujourd’hui. La mise en scène de Giancarlo Marinelli, bien que parfois excessive dans son esthétique, réussit à raviver l’esprit de cette œuvre intemporelle. Rosaura, personnage central et figure de la liberté féminine, continue de nous inspirer, trois siècles après sa création. Un spectacle à ne pas manquer, pour le plaisir des yeux, des oreilles et de l’esprit. Avis Foudart  🅵🅵 La Veuve Rusée DE CARLO GOLDONI Adaptation et mise en scène Giancarlo Marinelli   Avec Caterina Murino, Sarah Biasini, Vincent Deniard, Vincent Desagnat, Thierry Harcourt, Tom Leeb , Pierre Rochefort, et l’amicale participation vocale de Jean Reno.  Son et projections-vidéo Francesco Lopergolo • Scénographie Fabiana Di Marco • Costumes Atelier vénitien de Stefano Nicolao • Lumières Didier Brun Photographies Alessandro Camillo, Béatrice Livet THÉÂTRE DES BOUFFES PARISIENS À PARTIR DU 10 SEPTEMBRE • Du mardi au vendredi à 20h • Le samedi à 16h et 20h Le dimanche à 15h • Durée 1h30

  • Illusions Perdues : Une Adaptation Incandescente par Pauline Bayle

    Avec son adaptation théâtrale d'Illusions Perdues d'Honoré de Balzac, Pauline Bayle poursuit son exploration des grandes œuvres littéraires. Après avoir sublimé l’Iliade et l’Odyssée, la metteuse en scène s’attaque à un autre monument de la littérature française, en dépeignant avec une énergie fulgurante le parcours de Lucien Chardon, jeune poète provincial, dans un Paris impitoyable. Un Spectacle d'une Intensité Rare Sur un plateau nu, magnifié par des lumières ingénieuses, Bayle donne vie à la capitale du XIXème siècle, où les ambitions se forgent et se brisent. Elle concentre son adaptation sur la seconde partie du roman, « Un grand homme de province à Paris », où Lucien, en quête de gloire, est pris dans les méandres du journalisme. Ce choix renforce l'universalité du propos : l'échec de Lucien à Paris résonne comme un miroir de notre époque, marquée par des rêves brisés, la compromission de la presse, et la lutte pour la reconnaissance. Porté par une troupe de cinq comédiens, chacun endossant plusieurs rôles avec une virtuosité impressionnante, le spectacle dépeint un Paris cruel où Lucien, d'abord naïf et ambitieux, se laisse corrompre par l’univers mondain et médiatique. Les corps des acteurs, en perpétuel mouvement, font vibrer le texte balzacien, accentuant la tension narrative qui conduit inexorablement à la chute de Lucien. Une Mise en Scène Brute et Moderne Pauline Bayle opte pour un théâtre épuré, débarrassé de tout artifice, laissant le texte et les comédiens occuper toute la scène. La mise en scène évolue au fil du spectacle : d'un dispositif frontal à un quadrifrontal, la scénographie invite le spectateur à une immersion totale dans cette épopée sociale. Ce choix scénique souligne la fragilité du personnage principal, constamment exposé au regard d'une société parisienne impitoyable. L’utilisation d’un espace évolutif permet de montrer la transformation de Lucien, qui passe de l’innocence provinciale à la désillusion citadine. Chaque geste, chaque déplacement sur scène semble une métaphore des étapes de son apprentissage. Lucien est un gladiateur dans une arène, luttant contre une société où le paraître supplante l’être. L’Actualité Étonnante du Roman de Balzac Illusions Perdues résonne particulièrement aujourd'hui. En adaptant ce texte, Pauline Bayle expose les parallèles troublants entre la société parisienne du XIXème siècle et notre époque contemporaine : la compromission des valeurs, la manipulation de l'opinion publique par la presse, et l’asservissement à la quête de la réussite personnelle. Le spectateur est ainsi témoin, à la fois critique et complice, de l’effondrement moral de Lucien, prêt à tout pour gravir les échelons d’un monde en apparence brillant mais profondément corrompu. La force du spectacle tient aussi dans son habileté à révéler la modernité du texte de Balzac. Les ambitions de Lucien, sa soif de succès, sa naïveté face à un monde cynique sont des thématiques toujours d’actualité. La mise en scène minimaliste de Bayle met en exergue la brutalité des rapports humains et l'impitoyabilité d’une société régie par l’argent et l’apparence. Un Chef-d’œuvre Théâtral En offrant une version condensée mais fidèle du roman de Balzac, Pauline Bayle prouve une nouvelle fois son talent pour rendre vivants les textes classiques. L’adaptation ne se contente pas de raconter l’histoire de Lucien de Rubempré ; elle interroge le spectateur sur la nature même de l’ambition et du succès. Par cette œuvre, Bayle signe une création d’une rare intensité, où chaque scène, chaque dialogue, est traversé d’une énergie brute et d’une profondeur émotionnelle qui captivent du début à la fin. Illusions Perdues, sous la direction de Pauline Bayle, devient ainsi bien plus qu'une simple adaptation théâtrale : c'est une réflexion contemporaine sur les rêves, les désillusions, et le prix de la réussite. Avis Foudart  🅵🅵🅵🅵 ILLUSIONS PERDUES D’après Honoré de Balzac Adaptation et mise en scène Pauline Bayle Avec Manon Chircen , Zoé Fauconnet , Anissa Feriel , Frédéric Lapinsonnière , Adrien Rouyard , Najda Bourgeois Scénographie Pauline Bayle , Fanny Laplane • Lumières Pascal Noël • Costumes Pétronille Salomé • Musique Julien Lemonnier Photos Simon Gosselin THÉÂTRE DE L’ATELIER Du 7 septembre au 6 octobre 2024 • Du mardi au vendredi à 20h, samedi à 18h, dimanche à 16h • Durée : 2h30 (sans entracte) EN TOURNÉE 16 – 17 octobre 2024 Forum Meyrin, Genève 14 novembre 2024 L’Entracte, Sablé-sur-Sarthe 28 – 29 novembre 2024 Théâtre d’Auxerre, scène conventionnée d'intérêt national 10 décembre 2024 Théâtre de Cusset, scène conventionnée d’intérêt national « Art et Création » 21 janvier 2025 DSN-Dieppe Scène nationale

  • Glenn, naissance d’un prodige

    Après son immense succès et deux Molières, Glenn, naissance d’un prodige revient au Théâtre Montparnasse. Ce spectacle met en lumière l'histoire tragique et étonnante de l'un des plus grands artistes du XXe siècle, le célèbre pianiste canadien Glenn Gould, considéré comme l'un des plus grands prodiges musicaux de l'histoire. Dès son plus jeune âge, il a rapidement démontré un talent exceptionnel pour le piano et, en grandissant, a révolutionné la façon de jouer. Bien qu'il ait vendu autant de disques que les plus grandes stars du rock, plus le public l'applaudissait, plus il souffrait en raison de sa personnalité Asperger et hypocondriaque qui rendait chaque concert extrêmement pénible, au point de se retrouver complètement isolé, à la fin de sa vie. "À quoi bon jouer un oeuvre de Bach si cela a déjà été joué de cette manière?" À travers la vie de cet artiste qui était aussi libre dans son art qu'il était captif de ses phobies, nous rencontrerons sa mère abusive et castratrice, son père démissionnaire, sa cousine qui l’aura aimé toute sa vie, son manager dépassé… "Comment apporter quelque chose de toujours vivant au public ?" Ivan Calbérac, qui se pose régulièrement cette question, voulait parler de l'histoire de Gould en tant que véritable drame familial... presque shakespearien. Mais aussi, soulever des questions sur la notion d'être un artiste en général, des êtres qui se questionnent régulièrement et doivent constamment se renouveler. "Je voulais que le spectateur s'immerge peu à peu dans le monde de Gould, son génie, sa folie, son humour..." , a-t-il écrit. Tout en conservant toujours des tonalités dans le phrasé, le tempo, les silences, la respiration, l'expressivité, et aidé par une mise en scène simple et élégante rappelant les peintures d'Edward Hopper, cette pièce intelligemment construite est assez haletante, légèrement désuète, mais comporte des moments sublimes (la scène de concert à New York, la fin de la pièce avec des images vidéo du véritable Glenn Gould). Tous les acteurs, parfaitement à leur places, jouent très précisément : Thomas Gendronneau est exceptionnel dans le rôle de Gould , qu'il interprète avec une grande finesse. Josiane Stoleru est frappante dans le rôle de la mère. Bernard Malaka, toujours remarquable, est très touchant, et Lison Pennec, douce et triste, est un véritable coup de coeur. Si vous êtes fan de Glenn Gould ou simplement amoureux de théâtre, ne manquez pas cette occasion de découvrir la vie et l'œuvre d'un génie musical unique. Avis Foudart 🅵🅵 Glenn, naissance d’un prodige Texte et mise en scène d’Ivan Calbérac Avec Thomas GENDRONNEAU ou Nicolas AVINEE, Lison PENNEC ou Agnès CLAVERIE, Josiane STOLERU ou Raphaëline GOUPILLEAU , Bernard MALAKA ou Julien ROCHEFORT , Benoît TACHOIRES ou Alban AUMARD et Stéphane ROUX ou Stéphane RONCHEWSKI Scénographie Juliette Azzopardi, Jean-Benoît Thibaud Lumières Alban Sauvé Crédit photo Fabienne Rappeneau Spectacle vu au THEATRE LE SPENDID THÉÂTRE DE MONTPARNASSE À partir du 20 septembre 2024 • Du mardi au samedi à 19h00 dimanche à 17h30

  • Ring : L'amour en Seize Rounds – Une Exploration du Couple en Mouvements

    Après avoir conquis le Festival d'Avignon 2024, Ring : L'amour en Seize Rounds s'installe au Théâtre de l'Œuvre à Paris pour une série de représentations jusqu'au 18 janvier 2025. Écrite par Léonore Confino et mise en scène par Côme de Bellescize, cette pièce offre une exploration subtile et humoristique des nombreuses dimensions des relations amoureuses. Un duo magnétique et une écriture modulable Interprétée par Jina Djemba et Amaury de Crayencour, la pièce se structure autour de seize "rounds" où les acteurs incarnent une variété de couples : des amoureux fougueux aux parents épuisés, des époux désillusionnés aux étrangers emportés par la routine. Ces scènes se succèdent en équilibre entre comédie et drame, illustrant avec fluidité la complexité des relations. Un élément marquant réside dans le choix de donner à chaque personnage le prénom "Camille", soulignant l’universalité des enjeux et des tensions dans la vie à deux. Ring se distingue ainsi des simples comédies romantiques, offrant une réflexion profonde sur l'amour, ses contradictions et ses paradoxes. La pièce déconstruit les clichés pour révéler une vision nuancée, parfois crue, des joies, peurs et conflits qui façonnent toutes les relations. Léonore Confino s'inspire de sa propre expérience de la vie de couple et de la parentalité pour enrichir cette œuvre, qui évolue au fil des années. Créée en 2009, Ring se réinvente sans cesse pour s’adapter aux interrogations contemporaines sur les relations humaines. À chaque nouvelle représentation, Confino modifie des scènes, réinvente des dialogues, offrant une œuvre vivante et en perpétuel mouvement. Une mise en scène vibrante et humaine Sous la direction délicate de Côme de Bellescize, la mise en scène met en lumière l’énergie bouillonnante des deux comédiens, qui font preuve d'une complicité saisissante. Djemba et de Crayencour évoluent avec finesse, emportant le public du rire aux larmes à travers une chorégraphie corporelle subtilement orchestrée par Mehdi Baki. Cette dimension physique apporte une profondeur visuelle au spectacle, sublimant chaque émotion. La scénographie minimaliste signée Colombe Lauriot Prévost et les créations sonores épurées participent à l'immersion totale dans l'univers de Ring . Chaque tableau, soigné dans ses moindres détails, plonge les spectateurs dans une ambiance tour à tour intime et grandiose, où chaque transition est millimétrée. Un miroir universel des relations amoureuses À travers des dialogues à la fois percutants et touchants, Ring : L'amour en Seize Rounds propose une vision lucide et émouvante des relations humaines. Le public, témoin des hauts et des bas d'Adam et Ève modernes, se reconnaît dans ces portraits de couples en constante évolution. De la passion des débuts à l'usure de la routine, de la joie de devenir parents aux disputes quotidiennes, chacun retrouve un écho de ses propres expériences dans cette fresque intime de la vie à deux. Pour cette rentrée théâtrale 2024, Ring : L'amour en Seize Rounds s’impose comme un incontournable. C'est une œuvre à la fois légère et profonde, qui questionne l'amour sous toutes ses formes. Porté par une équipe artistique de premier plan, ce voyage amoureux est une expérience théâtrale à ne pas manquer. Avis Foudart  🅵🅵🅵 RING - VARIATIONS DU COUPLE Une pièce de Léonore Confino Mise en scène Côme de Bellescize Avec Jina Djemba et Amaury de Crayencour Chorégraphies Mehdi Baki • Collaboration artistique Jina Djemba • Scénographie Natacha Markoff • Costumes Colombe Lauriot Prévost • Lumières Thomas Costerg • Création sonore Yannick Paget Crédit photo Samy La Famille THÉÂTRE DE L’ŒUVRE Du 3 septembre 2024 au 18 janvier 2025

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