google.com, pub-7957174430108462, DIRECT, f08c47fec0942fa0
top of page

Que recherchez vous sur FOUD'ART Blog...

Rechercher sur ce site

1982 résultats trouvés avec une recherche vide

  • Madame Ose Bashung : un cabaret audacieux et envoûtant

    Sébastien Vion et ses acolytes osent tout. Avec Madame Ose Bashung , le répertoire sombre et poétique d’Alain Bashung rencontre le glamour exubérant du cabaret. Sur scène, Corinne, Patachtouille et Brenda Mour, parées de talons vertigineux, de perruques apprêtées et d’une audace insolente, réinventent ces chansons intemporelles avec une énergie débordante. Accompagnées par un orchestre électrisant et un quatuor à cordes du Rainbow Symphony Orchestra, ces créatures de la nuit transcendent l’héritage de Bashung pour en faire une célébration unique. Dès les premières notes, le spectacle désarçonne. Pas de simple hommage ici : les chansons de Bashung, des plus célèbres ( Osez Joséphine , Vertige de l’amour ) aux plus confidentielles ( Je tuerai la pianiste , Je fume pour oublier que tu bois ), sont déconstruites, reconstruites, sublimées. La mise en scène, ponctuée de projections vidéo et de décors extravagants, brouille les repères. On passe d’un saloon poussiéreux à un lit gonflable, ou d’un ring de catch à des univers plus oniriques et érotiques. Des performances saisissantes Les trois interprètes ne se contentent pas de chanter : ils incarnent chaque chanson avec une intensité remarquable. Corinne, interprétée par Sébastien Vion, mène la danse avec une gravité sous-jacente et une ironie mordante. Patachtouille, tour à tour hystérique et bouleversante, apporte une folie maîtrisée, tandis que Brenda Mour séduit par sa sensualité rauque et une présence scénique captivante. Les voix, oscillant entre blues, rock et cabaret, rendent hommage au génie de Bashung tout en affirmant une identité propre. Ici, pas d’imitation, mais une réinterprétation audacieuse qui met à nu la profondeur des textes et la complexité des émotions. Sous le strass et les paillettes, on retrouve une authenticité désarmante. L’héritage de Bashung transcendé Le spectacle met en lumière la richesse du répertoire de Bashung, mêlant poésie énigmatique, amour dézingué et douce violence. La scénographie accentue cette dualité, entre glamour et noirceur, dérision et gravité. Les chansons deviennent autant de voyages introspectifs, partagés avec un public tour à tour bouleversé et émerveillé. L’apothéose survient avec Madame rêve , où les créatures laissent tomber leurs artifices pour offrir une interprétation dépouillée, d’une beauté à couper le souffle. Ce final inattendu vient rappeler que, derrière l’exubérance et la provocation, se cache une sincérité désarmante. Un cabaret politique et universel Au-delà du simple spectacle, Madame Ose Bashung est aussi un geste politique. En confrontant l’univers masculin de Bashung à celui, subversif et transgressif, du cabaret, les artistes remettent en question les normes de genre et les conventions artistiques. Ils démontrent que ces univers, loin de s’opposer, se complètent et s’enrichissent mutuellement. Madame Ose Bashung est bien plus qu’un hommage : c’est une réinvention jubilatoire et poignante du répertoire d’Alain Bashung. Entre humour et émotion, extravagance et profondeur, ce spectacle célèbre la liberté artistique dans tout ce qu’elle a de plus éclatant. Un véritable bijou de cabaret, porté par des artistes incroyablement talentueux. À ne pas manquer. Avis de Foudart  🅵🅵🅵 Madame Ose Bashung Conception et mise en scène Sébastien Vion Arrangements Damien Chauvin Avec Sébastien Vion, Kova Rea, Julien Fanthou, Quentin Signori • Musicien Delphine Dussaux ou Charly Voodoo, Christophe Rodomisto, Juliette Belliard, Adrien Legendre, Laurent Lescane, Vladimir Spach Crédit photo © Monsieur GAC THÉÂTRE DU ROND-POINT 12 — 28 décembre 2024 • Du mardi au vendredi, 21h. Samedi, 20h - dimanche, 17h • Durée 1h15

  • Cartoon ou N’Essayez pas ça chez vous : Une plongée tourbillonnante dans l’univers du cartoon

    Avec Cartoon ou N’Essayez pas ça chez vous ! , actuellement sur la scène du Théâtre de Paris Villette, préparez-vous à vivre une expérience théâtrale inoubliable en famille. La Compagnie de Louise et la vision inventive d’Odile Grosset-Grange donnent naissance à un spectacle unique, mêlant magie, marionnettes, scénographie graphique et humour pour explorer, avec finesse et légèreté, les grandes questions de la condition humaine à travers une fable captivante et joyeusement décalée. Une histoire déjantée, mais essentielle Le point de départ est aussi absurde que génial : la famille Normal, résidents de Normal-Ville, semble incarner la banalité parfaite, sauf qu’ils sont… des personnages de cartoon. Ils ne vieillissent pas, ne ressentent pas la douleur et recommencent chaque jour à zéro, sans souvenirs ni conséquences. Mais tout bascule lorsqu’une potion transforme Jimmy, le fils, en humain “normal”, capable de grandir, souffrir et, un jour, mourir. Le texte de Mike Kenny brille par sa capacité à enchaîner des situations rocambolesques – des explosions de maison aux aventures spatiales – tout en explorant des questions existentielles universelles : Qu’est-ce qui fait le sel de la vie ? Est-il préférable d’être immortel mais sans passé, ou humain, avec toutes les douleurs et joies que cela implique ? Cette dualité, à la fois hilarante et poignante, trouve un écho puissant dans la mise en scène inventive de Grosset-Grange. Une mise en scène virtuose et audacieuse Odile Grosset-Grange donne vie à cet univers avec une créativité débordante. La scénographie, imaginée par Stephan Zimmerli, plonge le spectateur dans un décor monochrome de kraft et de bleu qui évoque les esquisses en perpétuel mouvement. Le choix de marier des éléments graphiques inspirés de Francis Bacon à des accessoires cartoonesques confère à la pièce une esthétique unique et fascinante. La magie nouvelle, orchestrée par Vincent Wüthrich, est une des grandes réussites du spectacle : des personnages marchant dans le vide, des effets visuels surprenants, tout semble possible. Cette magie soutient la narration tout en amplifiant le caractère irréel des situations. Les marionnettes, créées par Brice Berthoud et Caroline Dubuisson, incarnent le bébé, le chien et le poisson rouge. Elles s’intègrent harmonieusement à la troupe de comédiens, dont le jeu physique impressionne. Chaque acteur, de François Chary à Delphine Lamand, apporte une énergie explosive et un sens du rythme digne des cartoons, oscillant entre accélérations burlesques et pauses comiques. Un spectacle total pour tous les âges Ce qui distingue véritablement Cartoon , c’est sa capacité à parler à toutes les générations. Les enfants s’émerveillent devant les péripéties abracadabrantes et les effets visuels spectaculaires, tandis que les adultes savourent les réflexions philosophiques sur la vie, la mort et la quête de sens. La musique électro émotive de Vincent Hulot, enrichie de bruitages cartoonesques, et les lumières colorées d’Erwan Tassel contribuent à créer une atmosphère immersive, tour à tour hilarante et mélancolique. Un triomphe du théâtre jeune public Avec Cartoon , Mike Kenny et la Compagnie de Louise réussissent un tour de force : un spectacle qui allie virtuosité technique, profondeur narrative et accessibilité. Derrière les éclats de rire et les acrobaties, se cache une réflexion poignante sur ce qui fait la valeur d’une vie. Ce théâtre “tout public” démontre qu’il est possible d’être ambitieux et exigeant, sans perdre de vue la nécessité d’émerveiller. Cartoon est bien plus qu’un divertissement : c’est une ode à la complexité de l’existence, livrée avec une énergie communicative et une générosité sans faille. À ne pas manquer, que l’on soit enfant ou adulte, car, comme le spectacle le rappelle avec malice et profondeur, vivre, c’est aussi accepter de changer, de souffrir et, finalement, de laisser une trace. Avis de Foudart  🅵🅵🅵🅵 CARTOON OU N’ESSAYEZ PAS ÇA CHEZ VOUS ! Texte Mike Kenny Traduction Séverine Magois Mise en scène Odile Grosset-Grange Avec François Chary, Julien Cigana, Antonin Dufeutrelle, Delphine Lamand, Pierre Lefebvre-Adrien, Pauline Vaubaillon Scénographie Stephan Zimmerli • Lumières Erwan Tassel • Conception machinerie et magie Vincent Wüthrich • Création musicale et son Vincent Hulot • Costumes Séverine Thiebault • Chorégraphe Gianni Joseph Crédit photo Christophe Raynaud de Lage THÉÂTRE PARIS VILLETTE Du 13 décembre 2024 au 5 janvier 2025 • À différents horaires • À partir de 7 ans • Durée 1h10 TOURNÉE Vendredi 4 avril – 10h et 14h30 Samedi 5 avril - 19h • Espace des Arts, Scène nationale / Chalon-sur-Saône (71)

  • Kolizion : Une sublime odyssée intime

    Dans une mise en scène magistrale signée par Nasser Djemaï, Kolizion transcende les frontières du théâtre traditionnel pour offrir une expérience profondément poétique et existentielle. Portée par le talent remarquable de Radouan Leflahi, cette pièce est une fable moderne qui interroge avec subtilité le sens que nous donnons à nos vies. Une mise en scène millimétrée, une scénographie évocatrice Le spectacle s’ouvre dans un noir total, laissant émerger la voix grave et envoûtante de Radouan Leflahi. Cet instant suspendu donne le ton d’un voyage intérieur riche en émotions et en questionnements philosophiques. La scénographie, conçue avec soin, regorge d’objets du quotidien et de souvenirs d’enfance, chacun porteur d’une charge symbolique puissante. Ces éléments, loin d’être anodins, tissent une toile où le passé et le présent s’entrelacent, créant un univers clair-obscur propice à l’introspection. Djemaï, fidèle à son style, fait de la lumière et du son des personnages à part entière. Les ambiances évoluent avec finesse, transportant le spectateur d’un lieu à l’autre, d’une époque à une autre, sans jamais rompre la fluidité du récit. Cet équilibre subtil entre simplicité et sophistication confère à la pièce une dimension presque sacrée, à mi-chemin entre prière et incantation. Une performance habitée Seul en scène, Radouan Leflahi porte Kolizion avec une intensité rare. Son interprétation de Mehdi, septième enfant d’une lignée de garçons, est un véritable tour de force. Doté d’une présence scénique exceptionnelle, l’acteur fait corps avec ce texte écrit sur mesure pour lui. À travers une gestuelle précise, quasi chorégraphiée, et une diction impeccable, il incarne les multiples facettes de Mehdi : un homme à la fois drôle, touchant, rêveur et lucide. Le texte, dense et poétique, explore les thèmes de l’héritage, de l’identité et de la quête de soi. Mehdi, prédestiné à une existence singulière, voit son parcours bouleversé par un grave accident, un événement qui le pousse à reconsidérer les promesses de sa destinée. Cette rupture devient le point de départ d’un récit initiatique captivant, où chaque mot, chaque silence, résonne comme un écho des voix intérieures qui peuplent son être. Une ode à la transmission et à l’imaginaire Dans Kolizion , les livres jouent un rôle central, symbolisant à la fois l’absence et la renaissance. Le contraste entre les “livres ennemis”, imposés par l’école, et les “livres amis”, compagnons de voyage, reflète la dualité entre l’enfermement et la liberté, la contrainte et l’évasion. Cette thématique, développée avec une sensibilité remarquable, souligne l’importance de la transmission culturelle et de l’imaginaire dans la construction de soi. Par ailleurs, les scènes évoquant le coiffeur – lieu de vie, de rencontres, de souvenirs – ancrent l’histoire dans une réalité collective, presque universelle. Elles rappellent que, malgré les tourments intérieurs, l’individu reste lié à une communauté, à un héritage partagé. Une création bénie des dieux du théâtre Avec Kolizion , Nasser Djemaï signe une œuvre à la fois intime et universelle, où le sacré et le profane se mêlent dans une alchimie parfaite. Cette pièce est bien plus qu’un simple spectacle : c’est une véritable odyssée théâtrale, un voyage introspectif qui questionne, émeut et inspire. Radouan Leflahi, magistral dans ce rôle, confirme son statut de comédien d’exception, tandis que Djemaï prouve une fois de plus son talent pour capturer l’essence de l’âme humaine. Kolizion est une expérience unique, un hymne à la vie et à la résilience, que tout amateur de théâtre se doit de découvrir. Avis de Foudart  🅵🅵🅵🅵 Kolizion Texte et mise en scène Nasser Djemaï Avec Radouan Leflahi et en tournée, en alternance avec Adil Mekki Dramaturgie Marilyn Mattei • Assistanat à la mise en scène Rachid Zanouda • Scénographie Emmanuel Clolus • Lumière Vyara Stefanova • Son Frédéric Minière • Costume Alma Bousquet Crédit photo © Christophe Raynaud De Lage THÉÂTRE DES QUARTIERS D’IVRY Centre dramatique national du Val-de-Marne Du 4 au 20 décembre • Du mardi  au vendredi à 20h. Samedi 18h. Dimanche 16h • Durée estimée 1h25 • À partir de 10 ans Tournée 2024-2025 • MC2 : Grenoble, Scène nationale du 4 au 7 février 2025 • Les Passerelles, scène de Paris-Vallée de la Marne – Pontault-Combault le 7 mars 2025 •Théâtre Joliette, Scène conventionnée du 20 au 22 mars 2025 • Scène de Bayssan, Scène en Hérault du 25 au 30 mars 2025 • Théâtre Sartrouville et des Yvelines - CDN du 3 au 4 avril 2025 • Théâtre de Nîmes, Scène conventionnée du 9 au 11 avril 2025

  • Les Chroniques, un Zola revisité entre mélodrame social et roman noir

    Le metteur en scène Éric Charon nous offre une adaptation audacieuse de deux œuvres majeures d’Émile Zola, L’Assommoir et La Bête humaine , réunies sous le titre Les Chroniques. Dans une mise en scène contemporaine et inventive, le spectacle explore avec intensité la filiation, l’hérédité, et les tourments humains, tout en actualisant les thématiques sociales et psychologiques du cycle des Rougon-Macquart . Une redécouverte de Zola à travers un prisme contemporain Charon réinterprète Zola en l’ancrant dans une lecture moderne. À travers une esthétique résolument actuelle, l’œuvre déploie les tragédies humaines de Gervaise, la blanchisseuse courageuse, et de son fils Jacques Lantier, machiniste et meurtrier hanté par ses pulsions. La mise en scène ne cherche pas à reconstituer le XIXe siècle, mais plutôt à évoquer des problématiques universelles et contemporaines, notamment les violences faites aux femmes. L’ajout du personnage inédit de Denizet, une juge féminine, renforce cette actualité en apportant une dimension analytique et critique. Un théâtre sensoriel et immersif Le dispositif scénique bifrontal, rappelant une arène ou un tribunal, immerge le spectateur dans un espace d’observation et de jugement. Ce choix accentue l’oppression ressentie par les personnages et fait écho à la mécanique sociale implacable décrite par Zola. La proximité avec les comédiens renforce l’intensité dramatique et donne vie aux tensions psychologiques et sociales de l’œuvre. La musique, jouée en direct par deux musiciens, ajoute une profondeur émotionnelle et une touche cinématographique au spectacle. Elle ponctue les scènes avec justesse, oscillant entre suspense et mélancolie, tout en évitant de surcharger l’ensemble. Une interprétation brillante et fluide Les comédiens livrent une performance remarquable, jonglant avec fluidité entre les différents rôles. Le rythme particulier de la première partie captive, grâce à une diction travaillée qui souligne la richesse de la langue de Zola. Les scènes s’enchaînent avec une grande cohérence, offrant une exploration subtile des thématiques zoliennes, notamment la transmission des fêlures familiales et l’impact du milieu social. Des partis pris qui divisent Si l’ajout du personnage de Denizet permet d’approfondir la réflexion sur la justice et la violence masculine, il pourrait diviser le public. Certains spectateurs pourraient percevoir cette figure comme une dilution de l’intensité dramatique initiale. Cependant, cette innovation enrichit le spectacle en ouvrant une perspective féministe absente des adaptations classiques de Zola, notamment celles de Renoir ou Fritz Lang. Une relecture nécessaire et audacieuse Avec Les Chroniques , Éric Charon réussit le pari de revisiter Zola tout en respectant son essence. Entre le mélodrame poignant de L’Assommoir et la noirceur oppressante de La Bête humaine , le spectacle s’impose comme une fresque sociale et humaine d’une grande pertinence. L’équilibre entre fidélité à l’œuvre originale et création contemporaine fait de cette adaptation un événement théâtral marquant, une invitation à redécouvrir l’un des plus grands auteurs français à travers un prisme nouveau. Les Chroniques est un grand spectacle, une plongée intense et vibrante dans l’univers de Zola. Entre innovation et respect des classiques, cette adaptation théâtrale nous rappelle la modernité des thématiques zoliennes et leur résonance avec notre époque. Un véritable bijou de théâtre à ne pas manquer. Avis de Foudart  🅵🅵🅵 Les Chroniques D’après l’œuvre de Émile Zola Adaptation et mise en scène Éric Charon Avec Zoé Briau, Éric Charon, Aleksandra de Cizancourt, Magaly Godenaire, David Seigneur, Maxime Perrin, Samuel Thézé et la voix de Olivier Faliez Scénographie Zoé Pautet • Musique Maxime Perrin en collaboration avec Samuel Thézé • Lumière Julie-Lola Lanteri • Costumes Julie Scobeltzine Photo ©Simon Gosselin TGP - Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis Du 29 novembre au 15 décembre, lundi au vendredi à 20h, samedi à 18h, dimanche à 15h, relâche le mardi • DURÉE 2H15

  • Je m'appelle Georges : une Comédie Romantique qui Déménage !

    La nouvelle comédie de Gilles Dyrek, mise en scène par Éric Bu, "Je m'appelle Georges", propose une exploration originale et déconcertante de l'importance des prénoms. Avec une intrigue surréaliste et poétique, cette pièce nous emmène dans une quête hilarante et émotive aux côtés de Georges, le personnage principal, interprété par le talentueux Gregori Baquet. Une Intrigue Surréaliste et Poétique Un matin, Georges découvre avec stupéfaction que les résidences autour de chez lui portent les prénoms de ses ex-compagnes : Villa Christine, Villa Adriana, Villa Clémentine... Cette étrange coïncidence s'intensifie avec l'annonce d'une nouvelle construction : "Villa Emilie". Ce prénom mystérieux serait-il un présage de son prochain amour ? Georges se lance alors dans une quête pour éclaircir le sens de ces coïncidences, nous entraînant dans une histoire où le surréalisme rencontre la réalité. Une Mise en Scène Audacieuse et Innovante La mise en scène d'Éric Bu, audacieuse, nous plonge dans l'univers mental de Georges. Avec des décors dessinés rappelant l'ambiance d'une bande dessinée géante, la scénographie évolue au rythme de l'histoire d'amour entre Georges et "Elle", incarnée par la lumineuse Mélanie Page. À mesure que leur relation se concrétise, la mise en scène se simplifie, laissant toute la place à l'émotion et à la rencontre amoureuse. Une Distribution Brillante et Désopilante Outre Gregori Baquet et Mélanie Page, la pièce brille par la présence de Marine Dusehu, Stéphane Roux et Étienne Launay. Leur loufoquerie et leur fantaisie ajoutent une touche supplémentaire de charme et de légèreté à cette comédie romantique. Chaque acteur apporte une dimension unique à cette pièce, rendant l'expérience théâtrale à la fois drôle et touchante. Une Célébration de l'Amour et des Mystères de la Vie "Je m'appelle Georges" est bien plus qu'une simple comédie romantique. C'est une célébration de l'amour, de la folie douce et des mystères de la vie. Chaque prénom évoque une histoire, chaque villa, un souvenir. La pièce, malgré un fil rouge narratif qui peut sembler mince, captive grâce à sa scénographie inventive et à l'énergie de ses acteurs. Ne manquez pas "Je m'appelle Georges", une pièce qui promet de déménager vos émotions et de vous faire voyager dans un univers où le surréalisme et la réalité se rencontrent avec une douce folie. Cette comédie romantique vous fera rire, rêver et peut-être même réfléchir sur les mystères des prénoms et de l'amour. Avis de Foudart 🅵🅵 « Je m’appelles Georges » Une comédie de Gilles Dyrek Mise en scène Eric Bu Avec Mélanie Page, Grégori Baquet, Marine Dusehu, Etienne Launay et Stéphane Roux Musique originale Stéphane Isidore • Scénographie Marie Hervé et Marion Auvin • Costumes Christine Vilers • Création lumière Cyril Manetta • Vidéo Stéphane Cottin Festival OFF Avignon Théâtre Actuel Du 29 juin au 21 juillet à 17h40 • Relâches jeudis 4, 11, 18 • Représentations supplémentaires mercredis 3, 10, 17 à 21h20 • Durée 1h30 Spectacle vu au Mois Molière à Versailles ! À l’affiche à Paris à partir en janvier 2025 au Théâtre Actuel La Bruyère

  • “Psychodrame” : Un théâtre entre thérapie et catharsis

    Avec Psychodrame , Lisa Guez signe une œuvre puissante et audacieuse, où théâtre et psychanalyse se rencontrent dans une exploration intime des blessures humaines. Présentée comme une écriture collective de plateau, cette pièce plonge au cœur d’un centre psychiatrique où six psychologues tentent de sauver une pratique thérapeutique en voie de disparition. Le psychodrame, à la fois outil de soin et miroir des inconscients, devient ici un prisme pour interroger nos traumas, nos luttes intérieures et les failles du système hospitalier. Le théâtre comme terrain thérapeutique Dans un espace dépouillé, où seules sept chaises symbolisent le cadre de ces séances, les comédiennes incarnent tour à tour soignantes et patientes. Les rôles se brouillent et se confondent, révélant la porosité entre celles qui soignent et celles qui souffrent. Ce choix dramaturgique souligne avec force l’universalité des blessures et la fragilité de chacun. La mise en scène minimaliste, avec un décor très simple et sans accessoire, s’appuie sur la puissance de la parole et du corps. Les récits s’entrelacent, oscillant entre souvenirs traumatiques, rêves fantasmatiques et confrontations cathartiques. Les règles du psychodrame, fidèlement retranscrites, apportent une structure à ce chaos émotionnel. On voit des patientes rejouer des scènes marquantes de leur vie, échanger leurs rôles, voire incarner des objets ou des monstres issus de leurs cauchemars. Ce processus, où tout est possible, mêle le réel et l’imaginaire pour explorer les profondeurs de l’inconscient féminin. Une réflexion politique et collective Psychodrame ne se limite pas à une évocation thérapeutique : il s’inscrit aussi dans une réflexion plus large sur les conditions de travail dans les centres psychiatriques. À travers les voix des soignantes, la pièce met en lumière la souffrance des professionnels de santé face à l’effondrement des services publics, la réduction des budgets, et le poids émotionnel de leur métier. Ce combat collectif, porté par ces femmes, évoque à la fois une forme de résistance et une quête d’utopie, où l’entraide et la résilience deviennent les derniers remparts contre un système en déclin. L’effritement progressif du décor, qui évolue au fil de la pièce, devient une métaphore poignante de la destruction de ces espaces de soin. Mais cette lente désintégration laisse aussi entrevoir une possibilité de renaissance, rappelant que, même dans l’adversité, la création et la solidarité peuvent émerger. Une esthétique hybride entre poésie et brutalité Le spectacle impressionne par son habileté à mêler des registres opposés : l’humour surgit dans les moments les plus sombres, injectant une légèreté salvatrice à un sujet profondément grave. Cette alternance entre comédie et tragédie reflète les complexités de la psyché humaine. Les dialogues, parfois crus, parfois poétiques, traduisent avec finesse la diversité des expériences féminines et des luttes intérieures. Cependant, ce choix de désamorcer certaines tensions par l’humour pourrait être perçu comme une manière d’éviter d’affronter directement la gravité des troubles psychiatriques. Si cette légèreté permet d’alléger le propos, elle risque aussi de diluer la profondeur du sujet pour certains spectateurs. Un jeu d’actrices remarquable La pièce repose sur une équipe de comédiennes profondément investies, qui passent d’un rôle à l’autre avec une fluidité impressionnante. Ce travail d’interprétation, nourri par des recherches de terrain et des improvisations, confère à chaque personnage une authenticité rare. Les patientes comme les soignantes sont incarnées avec une intensité palpable, rendant leurs trajectoires profondément humaines et universelles. Un théâtre engagé et nécessaire Psychodrame est une œuvre qui bouscule, questionne et émeut. Lisa Guez et son équipe explorent avec brio les frontières entre théâtre et thérapie, entre fiction et réalité, entre soin et souffrance. À travers cette mise en abyme des émotions humaines, la pièce interroge nos tabous sur la maladie mentale et révèle la puissance mystique du théâtre comme lieu de réparation et de transformation. Si certains choix esthétiques ou narratifs, comme l’humour ou l’abstraction, peuvent laisser certains spectateurs à distance, ils n’enlèvent rien à la force de ce spectacle. Psychodrame est une invitation à plonger dans nos ombres pour en sortir grandis. Un théâtre résolument contemporain, engagé et profondément humain. Avis de Foudart  🅵🅵 Psychodrame Conception et mise en scène Lisa Guez Avec Fernanda Barth, Valentine Bellone, Anne Knosp, Valentine Krasnochok, Nelly Latour et Jordane Soudre Création lumières et scénographie Lila Meynard Crédit photo © Jean-Louis Fernandez Théâtre de la Ville – Abbesses Du 3 au 12 décembre 2024 à 20h • Durée du spectacle : 2heures • Âge conseillé : à partir de 15 ans

  • Il n’y a pas de Ajar

    Très active dans la communauté judaïque, Delphine Horvilleur, directrice de la revue de pensées juives Tenou’a et autrice de nombreux livres, écrit pour la première fois pour le théâtre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’y va pas de main morte ! Le premier suicide littéraire sans consentement La voix de Bernard Pivot nous apprend le suicide de Romain Gary , ainsi que celui, simultané, d’Émile Ajar. Il nous apprend aussi que les deux auteurs célèbres étaient une seule et même personne. ABRAHAM AJAR, INITIALES A.A.  L’enfant d’un auteur inventé En soit, c’est déjà une sacrée révélation ! Mais ce n’est pas tout, car, seul sur scène, au fond d’une cave, un « trou juif » comme il l'appelle, un homme, Abraham Ajar se déclare être le fils de l’auteur fictif. « Il n’est pas que juif, pas que musulman ou chrétien, pas que français, pas qu’homme ou femme. Tandis que nous étouffons sous les assignations communautaires, les obsessions identitaires, et tout ce qui nous enferme avec « les nôtres », il m’est soudain apparu qu’un homme détenait une clé pour nous faire penser » . Delphine Horvilleur se sert de ce postulat pour nous interpeler avec acidité et effervescence sur les métamorphoses du monde... et nous fait « rire du dogme, de nos obsessions identitaires et de nos certitudes » . Rendez-vous en terre inconnue... ...dans la tête d’un homme qui n’a jamais existé ou…peut-être qui existe, mais dans toutes nos têtes. Il est impossible d’avoir et de comprendre toutes les références littéraires, théologiques et politiques présentent dans ce spectacle, mais avec une langue belle, irrévérencieuse et acerbe, Delphine Horvilleur transcende nos limites. Avec une créativité folle et Johanna Nizard , une comédienne exceptionnelle, ce spectacle est un des moments les plus forts et les plus intenses, de cette rentrée théâtrale. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 « Un bon traumatisme, ça s’imprime sur plusieurs générations. Ça dégouline sans gène. Mais s’il n’y avait pas eu la Shoah, on n’aurait jamais pu le savoir. On doit tant à l’Allemagne. » IL N’Y A PAS DE AJAR Texte Delphine Horvilleur (publié chez Grasset) Mise en scène Arnaud Aldigé et Johanna Nizard Avec Johanna Nizard Credit © Pauline Le Goff Théâtre de la Concorde du mercredi 11 au samedi 28 décembre 11 > 14 décembre 20h30 17 > 21 décembre 20h30 26 > 28 décembre à 20h30 Les 22 et 24 décembre à 15h Relâche les 15, 16, 23, 25 décembre DURÉE ESTIMÉE 1H15 Spectacle vu au plateaux sauvages TOURNÉE Théâtre François Ponsard, Vienne le 10 janvier Théâtre du Château, Eu le 17 janvier La Comète, Scène nationale de Châlons-en-Champagne le 21 janvier L'Espace des Arts, Scène nationale Chalon-sur-Saône les 23 et 24 janvier Théâtre Molière, Scène nationale archipel de Thau, Sète le 29 janvier Théâtre de l'Usine, Saint-Céré le 31 janvier Le Cratère, Scène nationale d'Alès, le 03 février L'Archipel, Scène nationale de Perpignan, les 06 et 07 février Centre Culturel d'Uccle, Belgique le 15 février Théâtre National de Nice du 26 au 28 février Festival théâtral de Coye la Forêt, le 13 mai

  • For Gods Only : Une danse des dieux, entre lumière et sacrifice

    For Gods Only, présenté au Théâtre du Rond-Point, est une création qui transcende le temps et les corps. Olivier Dubois, chorégraphe au style radical et provocateur, propose ici une nouvelle variation sur Le Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky. Dans cette troisième itération de sa collection des « Sacre(s) », il confie son univers à la danseuse étoile Marie-Agnès Gillot. Le résultat : un solo hypnotique et bouleversant, mêlant puissance et fragilité, ancré dans une réflexion profonde sur la notion de légende. Mais cette réflexion, empreinte de poésie et d’abstraction, pourrait laisser certains spectateurs à distance. La légende comme double sacrifice Au cœur de For Gods Only , Olivier Dubois explore une idée fascinante : devenir une légende, c’est se déposséder de soi-même. Ce concept traverse toute la pièce et trouve sa matérialisation dans la performance de Marie-Agnès Gillot, incarnant à la fois la figure mythologique du samouraï et l’Élue sacrifiée. Sur scène, son corps devient le vecteur de cette dualité : un instrument de maîtrise absolue et, simultanément, un symbole de l’offrande de soi. Gillot, assise en début de spectacle, incarne une guerrière fatiguée mais indomptable, nous invitant à observer son combat intérieur. On devine en elle des visions de têtes empalées et des trophées invisibles, métaphores du poids écrasant qu’impose la légende. Pourtant, elle transcende ce fardeau en le métamorphosant en danse. Ici, le sacrifice n’est pas une fin tragique, mais une forme de renaissance. Sa chorégraphie, profondément ancrée dans le sol, alterne entre des gestes rituels, d’une précision captivante, et des élans fulgurants qui rappellent la puissance émotionnelle des grands Sacre(s) . Une esthétique épurée, mais parfois impénétrable Le décor est à la fois minimaliste et monumental : une imposante structure trône sur une scène dépouillée, tandis qu’une lumière sculpturale magnifie chaque geste. Dubois mise sur l’essentiel, laissant Gillot et sa gestuelle captivante occuper tout l’espace et hypnotiser le regard. La musique, un enregistrement modernisé de l’œuvre de Stravinsky dirigé par Pierre Boulez, apporte une touche résolument contemporaine. Ce dialogue entre le classique et le moderne illustre l’ambition de Dubois : réinventer la tradition tout en la projetant dans notre époque. Cependant, cette épuration esthétique et conceptuelle, alliée à la densité des thématiques explorées, peut rendre le spectacle hermétique pour certains spectateurs. Le message, volontairement non linéaire, demande une disponibilité totale, un abandon au ressenti plutôt qu’une recherche de compréhension immédiate. Pour les amateurs de récits clairs et directs, l’expérience pourrait paraître distante, presque impénétrable. Marie-Agnès Gillot : une étoile qui brille autrement La performance de Marie-Agnès Gillot est la véritable colonne vertébrale de cette création. Danseuse étoile de l’Opéra de Paris jusqu’en 2018, elle revient ici avec une intensité renouvelée, incarnant à la perfection les ambitions chorégraphiques et philosophiques de Dubois. Sa gestuelle, à la fois fluide et musclée, évoque une étoile qui refuse de se figer dans son éclat, une légende qui veut encore être vivante. Ce retour en solo est une démonstration éclatante de son talent, mais aussi de sa remarquable capacité à se réinventer. En samouraï, elle déploie une présence magnétique, transcendante, qui dépasse les clichés de la grâce classique pour embrasser un univers brut, presque primitif. Si elle semble danser seulement pour elle-même, chaque mouvement résonne également avec ceux qui la regardent, incarnant les espoirs, les projections et les fantasmes que Dubois attribue aux figures légendaires. Une réflexion contemporaine sur le mythe Avec For Gods Only , Dubois ne se contente pas de revisiter une œuvre emblématique : il interroge ce que signifie devenir une légende dans une société obsédée par l’immortalisation des figures. Par cette pièce, il critique l’enfermement des icônes dans des images figées, tout en montrant leur nécessité comme repères collectifs. Cette ambivalence donne au spectacle une profondeur philosophique qui dépasse la simple performance scénique. Mais cette richesse conceptuelle, loin de tout didactisme, peut aussi perdre une partie du public. Les symboles, les métaphores et les références mythologiques qui jalonnent la pièce demandent un effort d’interprétation, voire un lâcher-prise. Pour certains, cette complexité peut se révéler fascinante ; pour d’autres, elle risque d’être un obstacle. Un Sacre hypnotique, mais exigeant For Gods Only est une méditation sur l’éphémère, sur ce que nous sacrifions pour devenir légendaires et sur la puissance du corps comme expression ultime de ces dilemmes. Olivier Dubois et Marie-Agnès Gillot réussissent ici une prouesse rare : faire dialoguer l’histoire, la mythologie et le présent avec une intensité lumineuse. Cependant, cette œuvre, envoûtante pour les initiés, pourrait déconcerter par son abstraction et son absence de clés évidentes. Le spectateur prêt à se laisser emporter dans cet univers poétique et exigeant en ressortira transformé ; celui qui cherche un accès plus immédiat pourrait se heurter à une certaine opacité. Une étoile qui brille, certes, mais qui exige qu’on la contemple sans attentes préconçues. Avis Foudart 🅵🅵 For Gods Only Création et conception Olivier Dubois Solo pour Marie-Agnès Gillot Assistanat à la création Cyril Accorsi Musique François Caffenne et Le Sacre du Printemps d'Igor Stravinsky Création et régie lumière Emmanuel Gary Régie son François Caffenne Scénographie et costumes Morgane Tschiember Crédit photo ©Julien Benhamou THÉÂTRE DU ROND-POINT 28 novembre — 7 décembre 2024 • Du mercredi au vendredi, 20h30 – samedi, 19h30 – dimanche, 15h • Durée 50 minutes Tournée 20 décembre 2024 Grand Théâtre d’Angers (49) 29 janvier 2025 Anthéa, Antipolis Théâtre d'Antibes (06) 6 — 8 mars, puis 13 — 15 mars 2025 Théâtre des Bernardines, Marseille (13) 1er avril 2025 Théâtre de la Chaudronnerie, La Ciotat (13) 4 avril 2025 Espace Michel Simon, Noisy-le-Grand (93) 12 avril 2025 Théâtre Municipal, Roanne (42) 16 mai 2025 Le Carreau - Scène Nationale, Forbach (57) 5 et 6 juin 2025 L'Onde Théâtre - Centre d'art, Velizy-Villacoublay (78)

  • D’autres familles que la mienne : Une traversée théâtrale lumineuse et poignante

    Qu’est-ce qui fait famille ? C’est cette question universelle, à la fois simple et vertigineuse, qu’Estelle Savasta explore dans D’autres familles que la mienne . Avec une délicatesse hors du commun, l’autrice-metteuse en scène déploie une fresque humaine mêlant gravité et espoir. Inspirée par ses rencontres avec éducateurs, familles d’accueil, enfants placés et anciens bénéficiaires de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), elle bâtit une fiction nourrie de réalités bouleversantes et d’une volonté inébranlable de célébrer la reconstruction après le désastre. Une narration entrecroisée, un puzzle d’histoires Au cœur du récit se croisent les destins de Nora, une jeune femme marquée par un parcours chaotique dans le système de protection de l’enfance, et d’Ariane, son amie lumineuse et tenace. Par leur rencontre, Nora découvre une autre définition de la famille, non pas liée au sang mais construite par des liens tissés de tendresse, de compréhension et de résilience. Leur histoire est complétée par celle de Nino, dont le parcours tragique se mêle aux leurs pour révéler la complexité et l’ambivalence des relations humaines. Dans une succession de scènes tantôt émouvantes, tantôt légères, la pièce déploie un récit fragmenté, semblable à un puzzle. Chaque pièce s’emboîte parfaitement pour former une image d’ensemble, riche en nuances et en surprises, où chaque spectateur trouve un écho à ses propres expériences. La joie comme un acte de résistance Si les thèmes abordés — abandon, errance, quête d’identité — pourraient plonger la pièce dans un univers sombre, D’autres familles que la mienne choisit au contraire d’y insuffler une lumière inattendue. Estelle Savasta défend avec acharnement la joie, non pas comme une émotion facile ou superficielle, mais comme une force de survie, un « os à ne pas lâcher ». Cette joie traverse le plateau, portée par des dialogues incisifs, des monologues bouleversants et une mise en scène inventive. Une scénographie épurée, un symbolisme puissant Le décor, minimaliste, se compose d’un plancher de bois et d’une grande toile de fond faite de draps cousus ensemble, évoquant les fragments d’histoires unifiés pour créer un tout. Au centre, une grande table, point de ralliement de la famille, devient tour à tour un espace de repas, de discussion, de danse ou de confrontation. Cette simplicité scénique laisse toute la place aux comédiens, dont les déplacements et les gestes insufflent une intensité vibrante à chaque scène. Les jeux de lumière, créés avec subtilité, distinguent les trajectoires de Nora et de Nino tout en liant leurs histoires dans un va-et-vient fluide. La musique originale de Ruppert Pupkin ajoute une dimension onirique et sensorielle, particulièrement lors des scènes où les mots s’effacent pour laisser place au mouvement des corps. Des interprétations incarnées Les acteurs livrent des performances bouleversantes. Zoé Fauconnet incarne une Nora pleine de fragilité et de force, une jeune femme en quête de repères, tandis que Clémence Boissé illumine le plateau par sa présence chaleureuse et sincère dans le rôle d’Ariane. Matéo Thiollier-Serrano, dans le rôle de Nino, déploie une sensibilité émouvante, mêlant grâce physique et intensité émotionnelle. Autour de ce trio, une distribution chorale riche et nuancée donne vie à une galerie de personnages secondaires — éducateurs, parents d’accueil, amis — qui participent à tisser cette réflexion collective sur la famille et la transmission. Un spectacle universel et nécessaire D’autres familles que la mienne est bien plus qu’un spectacle sur l’Aide sociale à l’enfance. C’est une ode à la résilience, à la capacité de réinvention, à la puissance des liens choisis. Avec cette œuvre, Estelle Savasta nous invite à reconsidérer nos propres conceptions de la filiation et de l’appartenance, tout en rendant hommage à ceux qui, dans l’ombre, travaillent à « ce que ça tienne debout ». Le spectateur ressort touché, souvent bouleversé, mais porté par un souffle d’espoir : oui, du chaos peut surgir une renaissance. Un théâtre d’émotion et de réflexion Avec cette création, Estelle Savasta confirme son talent pour raconter des histoires qui touchent profondément tout en stimulant la pensée. En s’inspirant de faits réels pour construire une fiction riche et poétique, elle démontre que le théâtre peut être un espace de vérité et d’imaginaire, un lieu où la douleur se transforme en art et où l’humain, dans toute sa complexité, est célébré. Un spectacle à ne pas manquer, qui redéfinit ce que signifie « faire famille ». Avis Foudart 🅵🅵🅵 D’autres familles que la mienne Texte  Estelle Savasta en collaboration avec les acteurs Mise en scène  Estelle Savasta Avec  Clémence Boissé, Najda Bourgeois, Olivier Constant, Zoé Fauconnet, Valérie Puech, Matéo Thiollier Serrano   Crédit © Danica Bijeljac Théâtre des Quartiers d’Ivry – CDN du Val-de-Marne Du mardi 19 au mercredi 27 novembre • Du mardi au vendredi à 20h. Samedi à 18h. Dimanche à 16h • Durée 1h45 TOURNÉE 4 et 5 décembre - MC2 Grenoble 15 au 17 janvier - Théâtre de la Cité CDN de Toulouse Occitanie 28 au 31 janvier - Comédie de Saint Etienne 4 au 6 mars - CCAM Scène nationale de Vandoeuvre en collaboration avec le Théâtre de la Manufacture, CDN Nancy Lorraine 27 et 28 mars - Maison de la culture de Bourges scène nationale 26 et 27 mai - Théâtre + Cinéma scène nationale du Grand Narbonne

  • Delphine et Carole : un hommage engagé et vibrant au théâtre

    Dans Delphine et Carole , Marie Rémond et Caroline Arrouas nous plongent dans un voyage captivant, à mi-chemin entre le théâtre et la mémoire. Inspiré du documentaire Delphine et Carole, Insoumuses de Callisto Mc Nulty, ce spectacle raconte l’histoire de deux figures emblématiques : Delphine Seyrig, actrice de renom et militante féministe, et Carole Roussopoulos, pionnière de la vidéo militante. Ensemble, elles capturent et diffusent les révoltes des années 70, armées de leur caméra Sony Portapak pour faire entendre les voix oubliées. Ce spectacle n’est pas seulement un hommage ; il actualise le combat de ces deux femmes en faisant dialoguer leurs luttes avec les problématiques contemporaines. Les actrices jouent, parfois parodient, parfois incarnent avec une vérité poignante ces militantes dont la créativité et la colère résonnent encore aujourd’hui. Une interprétation subtile et percutante Marie Rémond et Caroline Arrouas brillent dans cette mise en scène où elles mêlent parodie et réalisme avec une finesse remarquable, naviguant du rire à l’émotion sans jamais perdre de justesse. Avec un regard aiguisé, elles croisent habilement archives documentaires et scènes théâtrales, donnant vie à des personnages intenses et profondément humains. Leur proximité avec le public amplifie la résonance de leur engagement, rendant leur interprétation encore plus poignante et saisissante. Les allers-retours entre passé et présent renforcent la pertinence du message, montrant que les revendications de Delphine et Carole n’ont rien perdu de leur actualité. Les scènes de théâtre, alternant moments de légèreté et d’ultraréalisme, permettent de dévoiler l’audace de ces femmes qui, en refusant de se conformer, ont ouvert de nouvelles voies d’expression. Un appel à l’action revigorant Delphine et Carole est bien plus qu’une évocation du passé ; c’est une déclaration de solidarité et d’espoir. En donnant vie aux paroles de Delphine Seyrig et de Carole Roussopoulos, la pièce nous rappelle l’importance de la liberté d’expression et du féminisme dans un monde où les inégalités persistent. Seyrig affirmait : « Je pense qu’à partir du moment où mon bonheur dépend d’un homme, je suis une esclave et je ne suis pas libre. » Cette phrase, qui résonne encore avec force, rappelle combien le théâtre, tout comme la vidéo dans les années 70, est un outil puissant pour transmettre, dénoncer et libérer. Ce spectacle offre un moment rare, où l’on sort revigoré, enrichi par la beauté et la force de l’engagement de ces deux femmes, portées sur scène avec une énergie communicative. Delphine et Carole est une œuvre qui transcende les époques et invite chaque spectateur à embrasser l’héritage de ces « insoumuses » pour continuer à se battre pour une société plus juste. Avis Foudart 🅵🅵🅵 DELPHINE ET CAROLE Un spectacle de et par Marie Rémond et Caroline Arrouas sur une idée de Marie Rémond d’après Delphine et Carole, insoumuses un documentaire réalisé par Callisto Mc Nu Crédit photo © Simon Gosselin Théâtre Paris-Villette Du 8 au 23 novembre 2024 • Du mardi au jeudi et le samedi à 20h, les vendredis à 19h, les dimanches à 15h30 • Durée 1h20 • À partir de 12 ans

  • “Sur l’autre rive” : une fresque théâtrale entre maîtrise et confusion

    Avec Sur l’autre rive, Cyril Teste propose une expérience théâtrale immersive, inspirée du Platonov de Tchekhov. Ce qui semble au départ une promesse d’innovation en mêlant cinéma et théâtre se révèle être une tentative audacieuse, certes, mais dont la complexité pourrait dérouter même les spectateurs avertis. Un chaos maîtrisé ou une perte de repères ? Si Teste réussit indéniablement à recréer l’atmosphère d’une fête chaotique, où dialogues, musique rock et rires s’entrelacent, le rythme de la pièce peut sembler pesant. En cherchant à plonger le spectateur dans une ambiance déstructurée et dense, l’histoire avance par à-coups, peinant parfois à maintenir un équilibre entre tensions et révélations. Ce « chaos savamment orchestré » devient à certains moments un défi pour le spectateur, qui se perd dans les allées et venues des personnages, à la recherche d’un fil conducteur plus clair. Cette approche, bien qu’intentionnelle, peut laisser certains se sentir exclus, observateurs distants d’une fête dont ils ne saisissent pas toujours le sens. Un style cinématographique qui fascine autant qu’il déconcerte La signature visuelle de Cyril Teste, caractérisée par des gros plans et des angles de caméra saisissants, apporte indéniablement une dimension supplémentaire à l’œuvre. Cependant, ce style cinématographique peut aussi rompre le rythme naturel de la scène. L’alternance rapide entre moments intimes et instants d’euphorie collective crée un décalage qui, loin d’enrichir la pièce, brouille parfois la lecture des intentions de Teste. Les spectateurs pourraient trouver que ce déluge d’images et d’informations, bien qu’esthétiquement maîtrisé, dilue l’intensité des échanges théâtraux, rendant difficile l’attachement aux personnages. Des personnages en quête de sens, mais de direction également Les personnages, menés par Micha, incarnent les contradictions de l’époque moderne, oscillant entre nostalgie et rejet des héritages familiaux. Cette quête existentielle, qui aurait pu constituer le cœur de la pièce, est ici souvent masquée par la scénographie envahissante. Teste ambitionne d’explorer la difficulté de s’affranchir de l’influence du passé, mais la profondeur des personnages, bien qu’évidente dans le texte, peine à percer sous l’agitation scénique. Les spectateurs risquent de rester en surface, observant des figures en quête de repères sans parvenir à s’y attacher pleinement. L’immersion du public : une audace qui divise L’idée d’inviter le public à se mêler à la fête, en le faisant monter sur scène, est un choix audacieux, mais qui ne fait pas toujours mouche. Si cette immersion renforce l’aspect imprévisible de la pièce, elle peut aussi accentuer la confusion. Chaque représentation prend une tournure différente selon l’implication des spectateurs, mais cette variabilité rend l’expérience inégale. Le spectateur-acteur est alors tour à tour captivé et perdu, témoin d’un drame qu’il perçoit mais peine parfois à comprendre. Un hommage collectif éclipsé par l’ambition visuelle Sur l’autre rive se veut aussi un hommage à la troupe et à l’esprit de camaraderie, un clin d’œil à l’univers de Tchekhov. Pourtant, ce message d’amitié et de fidélité est souvent éclipsé par le flot d’images et d’effets scéniques. Si l’on sent l’intention de Teste de rassembler ses acteurs autour d’une histoire commune, ce collectif semble par moments englouti sous le poids de la mise en scène. Au final, Sur l’autre rive de Cyril Teste se présente comme une œuvre qui ne laisse pas indifférent. C’est une pièce ambitieuse, qui pousse les frontières du théâtre avec une esthétique hybride. Toutefois, cette quête qui devient une signature entraîne parfois des effets d’artifice qui fragilisent la lisibilité de l’histoire et la proximité avec les personnages. Bien plus qu’une simple adaptation de Tchekhov, c’est une expérience de théâtre-cinéma qui pourrait diviser : certains y verront un chef-d’œuvre immersif, tandis que d’autres en ressortiront avec un sentiment de confusion face à cette fête théâtrale où réalité et fiction s’effacent sans toujours se révéler. Avis Foudart 🅵🅵 Sur l'autre rive Librement inspiré de Platonov d'Anton Tchekhov Mise en scène Cyril Teste Avec Vincent Berger, Olivia Corsini, Florent Dupuis, Katia Ferreira, Adrien Guiraud, Émilie Incerti Formentini, Mathias Labelle, Robin Lhuillier, Lou Martin-Fernet, Charles Morillon, Marc Prin, Pierre Timaitre, Haini Wang Crédit photo © Simon Gosselin THÉÂTRE DU ROND-POINT Du 8 au 16 novembre 2024 • Du Mardi au vendredi, 20h30 - samedi, 19h30 - Dimanche 10 novembre, 15h Tournée 27 septembre — 13 octobre 2024 Théâtre Nanterre-Amandiers, Centre Dramatique National (92) 17 et 18 octobre 2024 Espace des Arts, scène nationale de Chalon-sur-Saône (71) 26 novembre 2024 Equinoxe, scène nationale de Châteauroux (36) 5 et 6 décembre 2024 Maison de la Culture d’Amiens, Pôle européen de création et de production (80) 11 — 13 décembre 2024 Les Quinconces, scène nationale du Mans (72) 18 et 19 décembre 2024 La Condition Publique, Roubaix, Dans le cadre de la saison nomade de La rose des vents, Scène nationale Lille Métropole Villeneuve d’Ascq (59) 15 — 17 janvier 2025 Théâtre des Louvrais, Points Communs, scène nationale de Cergy-Pontoise / Val d’Oise (91) 22 et 23 janvier 2025 Comédie de Valence, Centre dramatique national Drôme-Ardèche (26) 30 janvier — 8 février 2025 Les Célestins, Théâtre de Lyon (69) 18 et 19 mars 2025 Le Tandem, scène nationale, Douai (59) 26 — 28 mars 2025 Théâtre Sénart, scène nationale (77)

  • “Celle qui voulait qu’on la regarde disparaître” : Une plongée poignante et crue dans l’intimité d’un corps et d’une âme en lutte

    Dans Celle qui voulait qu’on la regarde disparaître, Laurence, top model idolâtrée, prend une ultime fois la parole sur Instagram pour livrer un témoignage déchirant sur sa descente aux enfers. Elle a 23 ans, elle est belle, admirée, et au sommet de sa carrière, mais aujourd’hui elle arrête tout. Cette dernière story devient le terrain d’une confession où elle révèle comment le milieu de la mode l’a conduite à l’anorexie. À travers un texte brut et sans concession, signé par Claire Besuelle et Pauline Rousseau , la pièce nous invite à un double regard : celui du passé douloureusement reconstitué et celui, distancié, de l’auto-analyse, alors que Laurence revisite son parcours. La mise en scène, pensée par Pauline Rousseau , capte avec justesse cet espace de fracture entre l’image publique et la souffrance intime. Un travail d’équipe où l’intensité s’exprime à chaque niveau La comédienne, Claire Besuelle , se distingue par une performance saisissante qui incarne à la fois la fragilité et la force de Laurence. Sa gestuelle, façonnée par des prothèses et accessoires de scène, souligne de façon frappante les effets de la dysmorphophobie. Elle parvient à traduire avec subtilité la douleur de ce corps-instrument, dans un mélange d’identification totale et de recul qui laisse place à une réflexion profonde sur la construction de soi dans un milieu où l’image prime. Les trouvailles scénographiques et la lumière, orchestrées par Cerise Guyon et Raphaël Bertomeu , construisent une atmosphère visuelle en parfaite résonance avec le texte, jouant de contrastes et de nuances pour mettre en relief les moments de malaise, d’humour et de désespoir. La musique de Luc Montaudon accompagne, parfois subtilement, parfois intensément, les fluctuations émotionnelles de Laurence, entre présence magnétique et effacement progressif. Le dispositif Instagram : une confession intime à ciel ouvert Choisir Instagram comme cadre de cette confession n’est pas anodin. Ce réseau, qui consomme et jette les images avec une frénésie constante, devient l’arène de l’ultime mise en scène de Laurence, confrontant le public à un reflet de ses propres pratiques de consommation visuelle et émotionnelle. Cet espace intime et politique permet d’explorer le lien entre l’addiction aux réseaux et la quête de perfection destructrice. À mesure que le récit avance, la scénographie nous fait passer du ring de la story, où Laurence livre sa vérité avec un regard plus âgé et sage, à des flashbacks intenses où elle revit les étapes de son parcours. La pièce culmine dans une séance de groupe, menée par Béatrice, une psychologue spécialisée dans les troubles du comportement alimentaire, offrant au public un rôle d’observateur, voire de participant silencieux dans ce cercle de reconstruction. Un spectacle hybride, entre théâtre, danse et performance Celle qui voulait qu’on la regarde disparaître transcende les genres, empruntant autant aux codes du théâtre qu’à ceux de la danse et de la performance. Ce récit incisif sur l’identité, l’image de soi et la violence des standards est une véritable expérience, où l’on passe de la fascination à la douleur, du recul à l’empathie. Si la note finale semble positive, certains pourraient se demander si un tel parcours devait se terminer sur une issue heureuse. Peut-être cette fin est-elle là pour souligner l’espoir, tout en nous laissant face à un questionnement plus profond : dans cette société où les corps sont exposés et jugés, combien d’autres Laurence aspirent-elles à disparaître ? Avis Foudart 🅵🅵 Celle qui voulait qu’on la regarde disparaître Texte Claire Besuelle et Pauline Rousseau Mise en scène Pauline Rousseau Jeu Claire Besuelle Scénographie & costumes Cerise Guyon Lumières Raphaël Bertomeu Son / musique Luc Montaudon Crédit photo L'inverso collectif Théâtre La Flèche Du 10 octobre 2024 au 12 décembre 2024 • Les jeudis à 19h • Durée 1h

bottom of page