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La Maison du Loup : interview de Benoit Solès

Après l’immense succès, La Machine de Turing, Benoit Solès retrouve Tristan Petitgirard sur les pas de Jack London.


La Maison du Loup : un triomphe à Avignon et de très belles critiques

Ce spectacle parle de la création d’une oeuvre artistique, de voyage, du manque d’inspiration, des relations de couple et de violences pénitentiaires.

Un très belle occasion pour discuter avec, le merveilleux, Benoit Solès.

 

INTERVIEW DE BENOIT SOLÈS

Frédéric Bonfils.

Bonjour Benoit. Vous êtes à Avignon ?


Benoit Solès

Oui. Pour la dernière représentation de La Maison du Loup, aujourd’hui et ensuite on se met en route pour le festival de Ramatuelle.


Après l'immense succès de La Machine de Turing, quatre Molières en 2019, vous retrouvez Tristan Petitgirard, mais aussi presque toute la même équipe.

Ça ne doit pas être facile de se renouveler dans ces conditions-là, mais j'adore vous entendre ne plus bégayer (Rire).

Oui. Cette fois-ci, je ne bégayes pas, je boite (Rire). La pièce parle de thèmes universels, de la création d’une œuvre artistique et de Jack London au sommet de sa gloire, mais les idéaux et les révoltes qui peuvent conduire à écrire sont-ils encore les mêmes après le succès ?

Il est exactement sur cette crête et il sent un peu le vertige. Beaucoup de gens qui me connaissent décèlent entre les lignes des propos qui pourraient m'être imputés.


Parlez-moi de La Maison du Loup.

Entre chien et loup, au propre comme au figuré, à la tombée de la nuit, deux hommes sont orchestrés par une louve protectrice, Charmian, la femme de Jack London jouée par Anne.

Sentant le danger, elle fait venir auprès de Jack, un homme mystérieux, un repris de justice que je joue et qui porte un combat, une flamme.

Ces trois personnages vont se tourner autour, se défier et finir par unir leurs forces.


Ce qui va permettre à Jack d'écrire un livre important. Parlez-moi d’Ed Morell.

Ed, c'est un homme qui a vécu le drame de la prison dans des conditions minables, proches de la torture. Il a une force mentale incroyable et c'est précisément cette force que Charmian a décelée en lui.


Le personnage d’Ed Morrell est très malin car il vous permet d'aborder, par un biais assez romantique, des sujets très importants - fondamentaux même - de la société.

Oui. romantique et romanesque. Je crois que la pièce touche les gens parce qu'elle leur parle avec des combats assez actuels, finalement.


La pièce parle donc, notamment, de la genèse du roman, Le vagabond des étoiles. Est-ce que vous avez commencé par découvrir le roman ? L'histoire de Jack ? Ça s'est passé comment ?

Après Turing, je ne voulais pas refaire un biopic théâtral et je suis parti sur l'idée du voyage donc j'ai relu les grands romans d'aventure comme l'Île au Trésor de Stevenson, Martin Eden de Jack London, L'Appel de la forêt, Croc Blanc, Le Loup des mers… puis j’ai découvert Le Vagabond des Étoiles et j'ai été frappé. Il s'agissait d'un roman sur le voyage mais qui se passait dans une cellule d'isolement de deux mètres sur trois.

C'était une forme métaphorique du voyage et du confinement. Une forme d'évasion mentale. J'ai découvert que le personnage du roman, Darrel Standing, Ed Morrell avait réellement traversé cet enfer carcéral et avait transmis, dans des conditions que personne ne connaît, son histoire à Jack.


Mais la pièce reste une fiction et rien ne dit que cela s'est passé comme ça. Je pense, qu’au théâtre, on peut se jouer de la vérité au nom du spectacle et de l'émotion.

Dans cette pièce, l'atmosphère est formidable. J'aime énormément le tout début avec sa lumière orangée. On sent la chaleur moite, on part dans la prison, en bateaux…

Merci (Rire). C'est vrai, je voulais créer une pièce d'ambiances, de sensations et, au fil de l'eau, des récits, les personnages sont amenés à se dévoiler.


C’est une pièce qui nous fait voyager au théâtre, mais tout se passe sur la terrasse de cette maison, le soir, entre chien et loup.


Justement, il y a sur scène une voile de huit mètres, je crois. Un bateau, une maison ? Vous allez déplacer tout ça au Festival de Ramatuelle ?

Oui bien sûr, sauf la voile. C’est difficile de gérer une voile qui est censée prendre le vent en extérieur (Rire). Mais ce qui est merveilleux à Ramatuelle, c'est l’atmosphère d’un soir d'été.


Et les étoiles aussi.

Et les étoiles, absolument ! La pièce se termine dans les étoiles avec ce fameux Vagabond des Étoiles que Jack va inventer.


Vous êtes un habitué de Ramatuelle ? Vous y allez presque tous les ans ?

Ça, c'est un grand privilège, un grand honneur ! J'y étais, il y a deux ans pour La Machine de Turing et ça a été un moment inoubliable pour moi de jouer dans ce cadre. L'année dernière, alors qu'on était déjà bousculé par ce covid, le festival a eu une dimension extraordinaire de résistance parce que Jacqueline Franjou et Michel Boujenah ont tenu à ce que le festival ait lieu. C'était vraiment un festival de résurrection pour le spectacle vivant et on est venu jouer Rupture à domicile, la pièce de Tristan que j’ai jouée avec Olivier Sitruk, et Anne Plantey.


Je suis vraiment impatient, heureux, un peu ému et j'espère que malgré les conditions, le public viendra faire ce voyage avec nous.


En tous cas, vous faites un magnifique cadeau au festival avec une création.

C'est surtout Jacqueline et Michel qui me font un cadeau de confiance et de fidélité.

À Ramatuelle, en dehors des grands chanteurs, des grands artistes, des stars... Les pièces de théâtre sont des spectacles déjà reconnus et ils font le pari de nous programmer.


On n'a pas forcément envie de parler de crise sanitaire mais en plein festival d’Avignon, vous avez été obligé de mettre en place un pass pour que les gens puissent continuer à voir les spectacles. Comment vivez-vous ça ?

Je respecte le choix de chacun, même si pour nous en tant que comédien, la seule façon de pouvoir faire notre métier sans se faire tester tous les jours, c’est d’être vacciné. L’instauration le 21 juillet du pass a été difficile. Dans la profession, on a pas compris le décalage avec les autres secteurs.


J'étais à Avignon à ce moment-là. On a tous été inquiet le jour où cela s'est mis en place, mais j'ai été très surpris de voir que le public suivait ces nouvelles recommandations aussi facilement.

On a, quand même, eu une perte de 30 à 40 % sur la durée du festival, il ne faut pas le nier.


Il y a quelques semaines, on se demandait si le festival aurait lieu. Il a eu lieu avec moins de public mais avec de très belles propositions artistiques. Ça fait très plaisir de voir qu’en France, la création continue.

Bien sûr. Absolument ! Et les règles seront bien appliquées, aussi à Ramatuelle. Tout sera très bien organisé.

C'est un festival magnifique ! J'ai envie de dire que venir au théâtre, au-delà d'un désir, c'est un acte essentiel. C’est un acte presque militant !


Est-ce que La Maison du loup est déjà prévue à Paris, pour la rentrée ?

Je reprends la Machine de Turing au théâtre du Palais Royal, à partir d'août jusqu'aux fêtes puis en tournée. Donc, La Maison du loup va se jouer à Paris mais pas avant septembre 2022 ou janvier 2023.


Si les gens sont impatients de découvrir votre nouvelle création, il faut venir à Ramatuelle, il n'y a plus que ça.

« Tous à Ramatuelle ! » (Rire). C'est la seule chose à dire.

Merci beaucoup, Benoit.

Avec grand plaisir. Merci à vous.


Propos recueillis par téléphone, le 31 juillet 2021, dernier du festival OFF d’Avignon par Frédéric BONFILS - FOUD’ART





 

Interview de Tristan Petitgirard



 

Un texte de Benoit Solès

Mise en scène Tristan Petitgirard

Avec Benoit Solès, Amaury de Crayencour et Anne Plantey

Scénographie Juliette Azzopardi

Illustrations et affiche Riff Reb’s

Animation Mathias Delfau

Musique Romain Trouillet

Costumes Virginie H.

Création lumières Denis Schlepp

Assistante mise en scène Léa Pheulpin

Photos © Fabienne Rappeneau


festival de Ramatuelle

Le 2 août 2021 à 21h30





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