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WOLF - La meute humaine à l’état brut


🅵🅵🅵 FOUD’ART - Une transe physique d’une puissance animale saisissante, dont la virtuosité fascine autant qu’elle interroge la dramaturgie



Quand le cirque renoue avec l’instinct


Avec Wolf, la compagnie australienne Circa livre une création féroce, primitive, entièrement guidée par le corps. Présenté pour la première fois en France, ce spectacle sans parole s’impose comme une expérience sensorielle intense, où l’énergie brute supplante toute narration classique.


Sur le plateau presque nu, dix interprètes surgissent, se croisent, se heurtent, s’agrègent. Sauts vertigineux, portés fulgurants, courses circulaires : les corps dessinent une cartographie instinctive, celle d’une meute en perpétuel réajustement. Le regard du spectateur est happé par cette avalanche de gestes où la performance physique devient langage.



Le loup comme métaphore contemporaine


Sous la direction de Yaron Lifschitz, le loup n’est jamais figuratif : il est symbole. Symbole d’une nature indomptable, anarchique, mais aussi profondément collective. Wolf observe le groupe humain comme une meute : tensions, rivalités, élans de solidarité, chaos fécond.


En deux grands mouvements, la pièce bascule d’une énergie perturbatrice à une organisation collective plus structurée. Les corps deviennent appuis, relais, transmissions de poids. Cette écriture scénique fondée sur la vigilance partagée évoque un organisme vivant, en alerte constante, comme si chaque interprète respirait au rythme du groupe.



Une esthétique du corps poussé à l’extrême


Circa excelle dans ce qu’elle fait de mieux : un cirque épuré, radical, où l’extrême physicalité engendre une émotion presque viscérale. La bande-son électronique de Ori Lichtik agit comme un moteur interne : pulsations sourdes, montées de tension, respirations suspendues. Elle propulse les corps, accentue la frénésie, enveloppe le spectateur dans une transe collective.


La scénographie minimaliste et les lumières ciselées d’Alex Berlage renforcent cette sensation d’abstraction : ici, pas de décor rassurant, pas de récit balisé. Le spectacle se vit davantage qu’il ne se comprend, convoquant une attention sensorielle totale.



Là où la virtuosité questionne


Si Wolf impressionne durablement par son athlétisme et sa précision, une légère réserve s’installe à mesure que les séquences s’enchaînent. La répétition de certaines intensités et motifs corporels peut parfois atténuer la progression dramaturgique. On admire, on ressent, mais on cherche parfois une transformation émotionnelle plus marquée, un basculement clair qui viendrait renouveler l’impact.


C’est là toute l’ambiguïté de la proposition : Wolf est moins un récit qu’un état, moins une histoire qu’une expérience. Une force - pour qui accepte de lâcher prise - mais aussi une limite pour les spectateurs en quête d’un arc dramatique plus lisible.



🅵🅵🅵 FOUD’ART


Wolf s’impose comme un manifeste du cirque contemporain : radical, physique, organique. Une œuvre qui rappelle que le corps peut être un langage total, capable de dire le monde sans mots. Fascinant dans sa maîtrise, hypnotique dans son énergie, le spectacle marque durablement les sens, même s’il laisse volontairement l’intellect à la porte.


Un rituel scénique puissant, animal, où l’humain se révèle dans ce qu’il a de plus brut… et de plus fragile.



Infos pratiques


WOLF

Direction artistique & scénographie : Yaron Lifschitz

Interprètes : Ensemble Circa

Création sonore : Ori Lichtik

Création lumière : Alex Berlage

Costumes : Libby McDonnell


Théâtre Silvia Monfort

14 -> 24 janvier 2026 • Durée : 1h25 - Dès 12 ans



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