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1955 résultats trouvés avec une recherche vide

  • Dolorosa, entre héritage tchékhovien et comédie caustique

    Avec Dolorosa , Rebekka Kricheldorf dynamite Les Trois Sœurs de Tchekhov dans une variation contemporaine mordante, où la mélancolie cède la place à une satire sociale acérée. Marcial Di Fonzo Bo, à la mise en scène, nous plonge dans un univers où l’ennui devient spectacle et où le désespoir se pare d’ironie. Une fresque générationnelle où l’inaction règne , entre humour grinçant et vertige du vide existentiel , portée par une troupe d’acteurs électrisants. Trois sœurs, trois anniversaires, zéro évolution Oubliez l’exil rêvé vers Moscou : ici, les trois sœurs de Kricheldorf ne cherchent même plus à fuir. Elles se débattent dans l’immobilisme , comme coincées dans une boucle temporelle où chaque année ressemble à la précédente. Irina , éternelle étudiante incapable de choisir sa voie, Macha , mariée par défaut à un homme qu’elle n’aime pas, et Olga , usée par son métier d’enseignante, incarnent une génération sans élan, sans projet, sans illusion . Le temps passe, les anniversaires s’enchaînent, rien ne change . Leur frère Andreï , autrefois choyé, s’enlise dans l’écriture d’un roman qui n’aboutit jamais, tandis que sa femme Janine , avatar vulgaire et arriviste de Natacha, prend peu à peu le contrôle de la maison. Seul Georg , le philosophe du groupe, semble encore croire à un avenir meilleur. Mais à force de théoriser sans agir, il ne fait qu’ajouter une voix de plus au chœur des impuissants. Une mise en scène coup de poing Plutôt que de recréer un salon bourgeois poussiéreux, Marcial Di Fonzo Bo transforme la villa familiale en un musée figé, glacé, sans vie . Un espace où les personnages ne vivent pas, mais sont exposés , comme des spécimens en voie d’extinction. Loin du théâtre naturaliste, ce décor épuré déshumanise , accentuant l’absurde de leur situation. Chaque année, la maison se vide un peu plus, symbole d’un monde qui s’effondre, lentement, inexorablement . Dans ce théâtre du désenchantement, la mise en scène joue aussi sur les échos entre passé et présent : des extraits du texte original de Tchekhov surgissent, comme des fantômes rappelant ce qui a changé… ou ce qui n’a pas changé du tout . Un humour féroce pour masquer l’angoisse Si Tchekhov enveloppait son drame d’une douce mélancolie, Kricheldorf choisit l’ironie mordante . Ici, les personnages se moquent de leur propre malheur , oscillant entre cynisme et désespoir. Dolorosa jongle entre comédie grinçante et tragédie du vide, flirtant parfois avec le vaudeville. Et cette énergie, c’est le jeu des acteurs qui la porte . Marie-Sophie Ferdane (Olga) est bouleversante de désenchantement, Elsa Guedj (Macha) insuffle une fragilité à son personnage tout en la rendant féroce, et Camille Rutherford (Irina) incarne parfaitement cette jeunesse qui refuse de grandir. Alexandre Steiger , Juliet Doucet et Rodolphe Congé complètent cette partition brillante, où chaque geste, chaque regard, chaque silence résonne . Une satire acérée de notre époque À travers cette réécriture, Kricheldorf ne fait pas que moderniser Tchekhov : elle dresse un portrait implacable de notre société. On y voit une jeunesse qui sait que tout va mal, mais qui ne sait plus comment agir . Une bourgeoisie intellectuelle engluée dans ses contradictions. Un monde où la prise de conscience ne mène pas à l’action , et où l’on se rassure en se répétant que « plus tard, tout ira mieux ». Avec Dolorosa , Marcial Di Fonzo Bo signe une mise en scène brillante, qui fait dialoguer passé et présent pour mieux révéler nos propres impasses . Entre rires et vertige, on assiste à une tragédie déguisée en comédie, où l’absurdité de l’existence nous frappe en plein cœur. Un théâtre vivant, mordant, qui résonne longtemps après le baisser de rideau. Avis de Foud’art 🅵🅵🅵 Dolorosa Variation des Trois Sœurs d'Anton Tchekhov Texte Rebekka Kricheldorf Mise en scène Marcial Di Fonzo Bo Traduction Leyla-Claire Rabih, Frank Weigand, et André Markowicz, Françoise Morvan pour les passages d'Anton Tchekhov Avec Juliet Doucet, Marie-Sophie Ferdane, Rodolphe Congé en alternance avec Jean-Christophe Folly , Elsa Guedj, Camille Rutherford, Alexandre Steiger Scénographie Catherine Rankl • Dramaturgie Guillermo Pisani • Musique Étienne Bonhomme • Costumes Fanny Brouste • Lumières Bruno Marsol Crédit photo © Pascal Gely THÉÂTRE DU ROND-POINT 5 – 15 mars 2025 • Mardi au vendredi, 20h30. Samedi, 19h30. Dimanche, 15h En tournée 25 — 28 février 2025 Le Quai — CDN Angers Pays de la Loire (49) 19 — 27 mars 2025 Théâtre National de Bretagne / Rennes (35) 24 — 30 novembre 2025 La Comédie de Caen – CDN de Normandie (14) 15 — 21 décembre 2025 Le Volcan - Scène nationale du Havre (76)

  • La Mort Grandiose des Marionnettes : Un Spectacle Qui Tue (De Rire)

    Et si la mort devenait le plus grand spectacle comique de l’année ? C’est le pari audacieux – et brillamment relevé – de The Old Trout Puppet Workshop , qui transforme le trépas en un cabaret burlesque d’une inventivité folle. Avec La Mort Grandiose des Marionnettes, Variations , oubliez les contes de fées : ici, chaque marionnette est vouée à une fin aussi absurde qu’hilarante. Mais loin de sombrer dans le morbide, le spectacle en fait une célébration burlesque et surprenante, laissant le spectateur osciller entre rire et stupeur. Un ballet macabre irrésistible Dès les premières secondes, on comprend que l’on n’assistera pas à un simple spectacle de marionnettes. Ici, pas de fil narratif traditionnel, juste une avalanche de morts improbables et grandioses. Vingt-six saynètes , aussi brèves qu’intenses, où chaque marionnette connaît un sort aussi grotesque que spectaculaire. Chutes, explosions, démembrements… Chaque trépas devient un gag à part entière . La force du spectacle ? Son intelligence comique. Pas de pathos ni de mélancolie, mais un humour noir jubilatoire, qui joue sur la surprise, le grotesque et la répétition jusqu’à l’absurde. Un pantin se fait écraser ? Drôle. Un autre chute dans une trappe ? Encore plus drôle. La mécanique est implacable et vertigineuse : on rit, puis on s’étonne de rire, et on rit encore plus fort. Un rythme effréné, parfois frustrant Le spectacle enchaîne les scènes à une vitesse folle. Certaines marquent par leur ingéniosité, d’autres disparaissent presque aussitôt , laissant parfois une sensation de frustration. Ce rythme effréné empêche parfois l’émotion de s’installer pleinement, plaçant le spectateur dans un état d’oscillation entre émerveillement et frustration. Le fil conducteur est mince , presque évanescent, et ce sont avant tout l’univers visuel et l’humour noir qui assurent la cohésion de l’ensemble. Un trio de marionnettistes impressionnant Ce qui empêche cet enchaînement frénétique de tomber dans la simple démonstration technique, c’est l’incroyable travail des trois comédiennes-marionnettistes . Tour à tour espiègles, inquiétantes ou complètement déchaînées, elles insufflent une énergie impressionnante aux marionnettes, magnifiquement conçues , les rendant plus vivantes que jamais… juste avant de les voir mourir. On navigue entre cartoon macabre et poésie grinçante , avec des dialogues en anglais, en allemand, en onomatopées ou en mime, mais toujours percutants. C’est du théâtre pur , où tout passe par le geste, le rythme et l’image. Un spectacle qui dérange autant qu’il amuse Si le spectacle séduit par son humour et sa virtuosité, il n’en reste pas moins troublant. L’humour noir est omniprésent , mais son accumulation finit par créer une étrange sensation : à force de rire de la mort, on en perçoit aussi l’absurdité profonde . Certaines scènes nous emportent dans un délire burlesque irrésistible, tandis que d’autres laissent une impression plus froide, presque mécanique, comme si l’accumulation des morts répétées finissait par nous anesthésier. Mais c’est aussi ce qui fait la richesse du spectacle. Derrière sa légèreté apparente, La Mort Grandiose des Marionnettes pose une question vertigineuse : et si ces pantins condamnés, désarticulés et manipulés, c’était nous ? Verdict : Un Spectacle Audacieux et Jubilatoire Malgré quelques longueurs et une structure éclatée, La Mort Grandiose des Marionnettes reste une expérience théâtrale unique , à la fois troublante et jouissive. ✅ À voir absolument si vous aimez l’humour noir et les spectacles qui bousculent les codes. ⚠ À éviter si vous cherchez un récit linéaire ou une émotion profonde. Un spectacle qui tue (littéralement)… et qui ressuscite le spectateur. À ne manquer sous aucun prétexte. Avis de Foud’art 🅵🅵 La Mort Grandiose des Marionnettes, Variations Création et conception The Old Trout Puppet Workshop Mise en scène Peter Balkwill, Pityu Kenderes, Judd Palmer Avec Louisa Ashton, Aya Nakamura, Teele Uustani Crédit photo © AD Zyne THÉÂTRE DU ROND-POINT 4 — 15 mars 2025 • Du Mardi au vendredi à 19h30. samedi à 15h et 18h30 • Durée 1h10

  • 24 Heures de la Vie d’une Femme : Anne Martinet donne chair à Zweig dans un monologue envoûtant

    Et si, en un instant, tout basculait ? Une rencontre, un regard, un frisson… et soudain, une vie entière remise en question. C’est ce que raconte 24 heures de la vie d’une femme , chef-d’œuvre de Stefan Zweig, brillamment adapté au théâtre par Anne Martinet. Seule en scène, elle livre une performance envoûtante, où la passion et la culpabilité se mêlent dans une tension presque insoutenable. Un monologue hypnotique Dès son entrée en scène, elle capte l’attention. Silhouette élégante, voix posée, regard perçant : Anne Martinet incarne cette femme aristocrate, veuve et désœuvrée, qui croise le destin d’un jeune joueur compulsif dans un casino de Monte-Carlo. Fascinée par son trouble, elle tente de le sauver… mais qui sauve qui ? Dans cette course effrénée contre le temps, entre espoir et illusion, la passion devient une prison. L’adaptation d’Anne Martinet prend un parti audacieux : transformer ce récit en un monologue habité, où chaque mot, chaque silence, chaque inflexion de voix devient une respiration de l’âme tourmentée de l’héroïne. Le résultat est d’une intensité remarquable, un voyage sensoriel dans la tête d’une femme dont la vie a basculé en une journée. Une adaptation fidèle mais contemporaine Anne Martinet a choisi de moderniser légèrement le texte sans en trahir l’esprit. Le défi d’adapter cette œuvre en un monologue est brillamment relevé. La progression du récit, son suspense, ses émotions demeurent intactes. L’adaptation conserve toute la puissance analytique de Zweig, cette façon unique de capter les méandres de l’âme humaine. Une incarnation magistrale Ce qui frappe, au-delà de la beauté du texte, c’est l’intensité du jeu d’Anne Martinet. Précise et délicate, elle dose avec justesse chaque regard, chaque silence. Sa voix posée épouse la musicalité des phrases de Zweig, jouant sur la « confusion des sentiments » . Son interprétation oscille entre la retenue aristocratique et l’abandon total à la passion. Un moment de théâtre rare Le spectacle nous questionne : et si, en un instant, notre vie pouvait basculer ? Si, par pure folie, nous laissions tout derrière nous ? Combien de femmes ont rêvé de cet instant de liberté totale, sans jamais oser franchir le pas ? 24 heures de la vie d’une femme n’est pas qu’un simple récit de passion ; c’est une réflexion profonde sur les choix qui façonnent une existence. En offrant un moment de théâtre aussi pur qu’intense, Anne Martinet et Juan Crespillo font bien plus qu’adapter Zweig : ils le rendent vivant, vibrant, terriblement actuel. Un spectacle à ne pas manquer. Avis de Foud’art 🅵🅵🅵 24 HEURES DE LA VIE D'UNE FEMME Adaptation et jeu Anne Martinet Mise en scène  Juan Crespillo Création lumière Stéphanie Daniel Crédit photos Carole Parodi THÉÂTRE LE LUCERNAIRE Du 19 février au 23 mars 2025 • Du mardi au samedi à 21h et le dimanche à 17h30 • Durée du spectacle 1h • À partir de 15 ans

  • Cabaret Décadent – Revue Électrique n°777 VICE

    Vice, virtuosité et vertige… mais jusqu’où ? Le Cirque Électrique frappe une nouvelle fois avec son “Cabaret Décadent – Revue Électrique n°777 VICE”, un spectacle où le soufre se mêle à la sueur, où l’électricité gronde sous la toile du chapiteau. Présentée comme une plongée sans retenue dans les affres du vice, cette revue pour adultes promet une expérience viscérale, érotique et furieusement rock’n’roll. Mais la promesse est-elle vraiment tenue ? Entre frissons, flamboyance et frustration, le spectacle oscille entre une première partie laborieuse et une montée en puissance qui laisse un goût d’inachevé. Un univers électrique, une ambiance hypnotique Dès l’entrée sous le chapiteau, le spectateur est happé par un décor où le rouge domine, où l’ombre et la lumière s’entremêlent, et où l’attente est presque aussi excitante que la performance elle-même. Boissons à la main, discussions animées, le public est déjà dans l’ambiance avant même le lever de rideau. Corrine, la maîtresse de cérémonie , incarne à elle seule l’esprit du cabaret : charismatique, caustique, un brin insolente, elle distribue billets et regards provocateurs comme on sème des péchés. Le premier tableau installe une atmosphère où désir, débauche et tension flottent dans l’air. Les artistes, alanguis sur un canapé de velours rouge, jouent avec la sensualité et la perversion. On se touche, on s’embrasse, les corps s’entrelacent dans une promesse de décadence assumée. Mais très vite, un déséquilibre apparaît : la mise en scène peine à dépasser l’esthétique pour embrasser une véritable subversion . Une première partie en demi-teinte Si l’on s’attend à être bousculé, emporté dans une vague d’excès et de virtuosité, la première moitié du spectacle déçoit quelque peu. Les performances sont inégales , et malgré une cadence effrénée, certains numéros manquent d’impact. Entre acrobaties aériennes, contorsions et jeux de feu, l’énergie est là, mais la maestria vacille. Le pole dance sadomasochiste, qui devait incarner l’apogée d’une tension sulfureuse, reste sage, presque scolaire. Là où l’on attend une plongée en eaux troubles, on se retrouve avec une transgression mesurée, une subversion qui s’efface sous des clichés du genre. Le problème ne vient pas tant des artistes eux-mêmes, mais d’un certain manque d’audace dans la direction du spectacle. La poésie provocatrice se dilue dans des effets attendus, et les erreurs techniques se multiplient , brisant l’immersion. Si l’imperfection peut parfois servir l’authenticité, ici, elle donne surtout l’impression d’un rodage inabouti. Une seconde partie électrisante : enfin le vertige ! Mais voilà que l’entracte redistribue les cartes. Dès la reprise, le cabaret prend une nouvelle dimension. Fini les hésitations, place à la virtuosité ! L’électro se fait plus brute, plus sauvage, les corps semblent libérés de toute contrainte. Les jeux d’équilibre deviennent vertigineux, les acrobates s’élancent sans filet, et surtout, la danse prend toute sa place, transformant la scène en un véritable champ de bataille sensoriel. Le moment fort du spectacle reste ce duo aérien , où la sensualité et la gravité s’entrelacent dans un ballet suspendu. Elle vole, il la rattrape, elle chute, il la propulse à nouveau dans l’espace – une fusion hypnotique où la tension sexuelle et l’abandon total électrisent la salle. Pourquoi ne pas avoir atteint ce niveau plus tôt ? Pourquoi cette montée en puissance tardive qui laisse un sentiment d’inachevé ? Un cabaret entre éclats et retenue : jusqu’au bout ou pas ? Il y a dans cette “Revue Électrique” une ambivalence frustrante . On veut être emporté, mais une retenue sous-jacente freine l’abandon total. On sent que les artistes peuvent aller plus loin, mais se censurent-ils eux-mêmes ? Ou bien est-ce la mise en scène qui, à force de vouloir flirter avec la transgression, finit par en lisser les contours ? L’expérience reste grisante, sans aucun doute. On rit, on est impressionné, on frissonne parfois. Mais au final, le cabaret tient-il réellement sa promesse de décadence absolue ? Ou se contente-t-il de jouer avec l’image d’un vice dompté, aseptisé ? L’immersion est indéniable, mais il manque cette déflagration, ce moment où tout bascule vraiment. Alors oui, on recommande ce voyage sensoriel , ne serait-ce que pour son énergie brute, ses fulgurances acrobatiques et son ambiance unique. Mais on aimerait que, la prochaine fois, le Cirque Électrique ose aller au bout de sa folie. À la hauteur de ce qu’il annonce. Avis Foudart 🅵🅵 Un cabaret furieux et hypnotique, mais qui freine parfois là où il devrait s’abandonner totalement. CABARET DÉCADENT – REVUE ELECTRIQUE N°777 VICE Avec Corrine, Jb’s Funky People, Julie Démont, La Brosse, La Grande Lili, Anaëlle Molinario, Petit Bouquet, Antoine Redon, Quentin Signori, Tapman, Zéphyr Cirque électrique Du 12 février au 29 mars • Du mercredi au samedi • Ouverture du chapiteau et du bar à 19h. Spectacle à 21h • Durée 2h avec entracte • Interdit au moins de 17 ans

  • “Stand-Up Magic”, le spectacle qui vous retourne le cerveau !

    Jean-Luc Bertrand n’est pas un magicien comme les autres. Avec “Stand-Up Magic”, il dynamite les codes de la magie traditionnelle en y injectant une bonne dose de stand-up. Résultat : un spectacle explosif où l’humour, l’illusion et l’interaction s’entrelacent pour créer une expérience unique. Mais est-ce vraiment aussi bluffant qu’on le dit ? On est allés voir… et on n’en est pas ressortis indemnes. Un cadre intimiste, une proximité électrisante Le Théâtre de la Contrescarpe , niché dans un coin charmant de Paris, est parfait pour ce genre de spectacle. Ici, pas de grande scène ni d’effets clinquants : on est en immersion totale , au plus près du magicien. Résultat ? Chaque détail, chaque geste compte, et l’intensité est décuplée. Si vous pensiez pouvoir déceler les secrets des illusions en étant si proche, détrompez-vous. Un showman survolté qui joue avec votre esprit Dès son entrée, Jean-Luc Bertrand impose le rythme . Pas le temps de souffler : il enchaîne les vannes, provoque le public et capte l’attention en quelques secondes. Son humour, proche de celui des stand-uppers, donne une vraie fraîcheur à son spectacle. On rit autant qu’on s’émerveille, et surtout… on participe ! Car ici, impossible de rester spectateur passif. Vous serez appelé à interagir, à choisir, à expérimenter … et parfois même à monter sur scène. Une chose est sûre : Bertrand ne fait pas son show tout seul, il le construit avec vous . Des illusions qui vous font douter de votre propre esprit Le magicien alterne habilement entre plusieurs disciplines : • Close-up ultra-précis : Des tours sous vos yeux, d’une fluidité hallucinante. • Hypnose fascinante : Sans jamais tomber dans le malaise, Bertrand fait vivre aux volontaires des expériences incroyables. • Mentalisme percutant : Certaines révélations sont si dingues qu’on se surprend à remettre en question nos propres pensées. Et puis il y a ce final magistral , une ultime révélation qui vous fera quitter la salle avec une seule question en tête : “Mais COMMENT ?!” Le petit bémol (parce qu’il en faut bien un) Si vous êtes un amateur aguerri de magie, certains effets pourraient vous sembler prévisibles . Mais rassurez-vous : vous n’échapperez pas aux surprises et vous vous ferez avoir plus d’une fois. Verdict : courez-y, et préparez-vous à être bluffés ! Jean-Luc Bertrand réussit un pari osé : rendre la magie fun, moderne et totalement immersive . Son spectacle “Stand-Up Magic” est une vraie claque, une soirée où l’on rit, où l’on doute, et où l’on ressort avec l’impression d’avoir vécu un moment unique. Un conseil ? Prenez vos places, et laissez-vous surprendre. Avis Foudart 🅵🅵 “Stand-Up Magic” Jean-Luc Bertrand Au Contrescarpe Jusqu'au 12 mars 2025 • Le mercredi à 19h • Date supplémentaire le samedi 22 février à 21h • Durée 1h15

  • « Garçon » de Samuel Certenais : une masculinité en mouvement

    Un premier spectacle ambitieux et sincère À seulement 26 ans, Samuel Certenais fait une entrée fracassante sur scène avec Garçon , un seul-en-scène hybride, à mi-chemin entre récit initiatique, stand-up et théâtre. Mis en scène par Noémie de Lattre, ce spectacle interroge la construction de l’identité masculine à travers son propre parcours, marqué par la maladie et l’envie de se construire en dehors des stéréotypes. Dès les premières minutes, il nous prend par la main et nous embarque : son enfance, son admiration pour son père, sa passion pour le foot… et puis l’accident. Du jour au lendemain, tout bascule. Lui qui voulait être un « vrai mec » doit réapprendre à vivre, à accepter sa fragilité et à s’ouvrir à une nouvelle vision de lui-même. Un spectacle qui commence doucement… avant de frapper fort Au début, Garçon amuse, séduit, mais peut sembler un peu léger, peut-être même trop simple, presque caricatural. On rit, on suit le fil de son récit, on se dit que c’est sympa. Puis, sans prévenir, quelque chose change. Peu à peu, le ton s’approfondit, le propos se densifie. Ce n’est plus seulement une histoire de foot et de modèles masculins, mais un voyage intérieur, intime et bouleversant. Samuel Certenais ne cherche pas à faire un cours sur la masculinité. Il n’assène pas de vérités toutes faites. Il raconte. Il vit. Et c’est justement cette sincérité brute qui finit par nous happer. Loin des discours prémâchés, il nous parle de liberté, de doutes, d’émotions, de tout ce qui fait qu’un homme est avant tout un être humain, multiple et nuancé. Un performeur habité Sur scène, Samuel est partout à la fois. Il incarne son père, sa mère, ses amis, ses soignants avec une aisance impressionnante. Il joue de son corps, de sa voix, de ses silences. Il nous fait rire aux éclats une seconde, puis nous bouleverse la suivante. Son talent de conteur est indéniable, et la mise en scène de Noémie de Lattre, subtile et fluide, sublime son récit sans jamais en faire trop. Un spectacle qui fait du bien Ce qui frappe avec Garçon , c’est qu’il ne cherche pas à répondre à la question « qu’est-ce qu’être un homme aujourd’hui ? », mais plutôt à la poser différemment. Il propose une masculinité décomplexée, singulière, qui s’autorise à être multiple, émotive, libre. Ce n’est pas un spectacle militant au sens traditionnel du terme, mais une célébration de l’humain dans toute sa complexité. On rit, on est ému, on se reconnaît dans ses questionnements. Il ne cherche pas à donner de leçons, juste à raconter son histoire, et c’est ce qui la rend universelle. À la sortie, les applaudissements fournis témoignent d’une chose : Garçon marque les esprits. C’est un spectacle drôle, percutant et bouleversant, qui interroge sans diviser et qui nous rappelle une chose essentielle : peu importe les étiquettes, c’est la liberté d’être soi qui compte. Samuel Certenais est définitivement un artiste à suivre. Avis Foudart 🅵🅵🅵 Samuel Certenais : « Garçon » De Samuel Certenais et Noémie de Lattre Mise en scène Noémie de Lattre Avec Samuel Certenais Crédit photo © Lukino La Nouvelle Seine Jusqu’au 26 mars 2025 • Les mercredis a 21h • Durée 1h10

  • Les Collectionnistes, une comédie impressionniste enlevée et lumineuse

    Les impressionnistes ont révolutionné l’histoire de l’art, mais sans Paul Durand-Ruel, auraient-ils seulement existé aux yeux du monde ? Les Collectionnistes nous entraîne au cœur du tumulte artistique de la fin du XIXe siècle, aux côtés de ce marchand d’art visionnaire prêt à tout risquer pour soutenir Monet, Renoir et Pissarro. Dans cette pièce finement écrite et remarquablement rythmée, François Barluet nous offre un voyage ludique et érudit au cœur d’une époque en mutation, porté par des comédiens impeccables et une mise en scène subtilement orchestrée par Christophe Lidon. Une fresque historique vivante, palpitante et accessible L’art impressionniste fait scandale. Ces jeunes peintres que Durand-Ruel défend avec ferveur sont moqués, leurs toiles jugées inachevées, leurs couleurs absurdes. Pourtant, il y voit du génie et n’hésite pas à investir toute sa fortune pour les acheter, au grand dam de son épouse Jeanne. Entre négociations tendues et situations cocasses, la pièce nous entraîne avec malice dans les coulisses du marché de l’art avec une légèreté réjouissante. Loin d’une simple leçon d’histoire, Les Collectionnistes redonne vie aux débuts incertains de ces artistes révolutionnaires et met en lumière le rôle clé des collectionneurs dans leur ascension. On partage leurs doutes, on vibre avec eux face aux refus, on admire leur ténacité à imposer un nouveau regard sur la peinture. Un duo éclatant : Christophe de Mareuil et Christelle Reboul Au centre de cette effervescence, Christophe de Mareuil campe un Paul Durand-Ruel passionné et obstiné, vibrant de foi en ses peintres malgré les revers financiers. Face à lui, Christelle Reboul est tout simplement éblouissante en épouse espiègle et survoltée. Drôle, charmeuse, elle joue avec finesse et un timing comique impeccable, notamment dans cette scène magique où, usant de son pouvoir de persuasion, elle parvient à vendre une toile que personne ne voulait. Autour d’eux, une galerie de personnages hauts en couleur anime la fresque avec brio : Victor Bourigault campe un Renoir tourmenté, Frédéric Imberty incarne un journaliste sceptique mais intrigué par cette révolution artistique naissante. La galerie de personnages donne à l’ensemble une dynamique vive et plaisante. Une mise en scène tout en nuances et une scénographie inspirée Christophe Lidon signe une mise en scène fluide et élégante, où chaque détail fait écho à l’univers impressionniste. Les jeux de lumière magnifient les toiles projetées en arrière-plan, transportant le spectateur du Havre avec Monet aux bords de Marne avec Renoir. Le décor, un salon bourgeois où les artistes se croisent et débattent, devient un véritable carrefour d’idées et de passions. Avec des contrastes subtils entre clair-obscur et éclats de couleur, la scénographie illustre à merveille le passage des impressionnistes de l’ombre à la lumière, de l’exclusion à la reconnaissance. Un procédé visuel qui confère à la pièce une atmosphère unique et un charme pictural saisissant. Un hommage finement écrit et savoureusement interprété Les Collectionnistes dépasse la simple reconstitution historique. François Barluet signe une comédie élégante, rythmée et savoureuse, où l’humour s’entrelace habilement avec une réflexion profonde sur l’art, le goût et la place des mécènes. Avec une écriture vive, des dialogues incisifs et une modernité qui insuffle un vent de fraîcheur au théâtre classique, la pièce amuse autant qu’elle captive. On rit, on s’émeut, on apprend, et l’on ressort avec un regard neuf sur ces artistes révolutionnaires et leur intrépide défenseur. Un spectacle lumineux, intelligent et jubilatoire. À ne surtout pas manquer ! Avis Foudart 🅵🅵🅵 « LES COLLECTIONNISTES »    Une comédie de  François BARLUET Mise en scène   et scénographie Christophe LIDON Avec Christelle REBOUL, Christophe de MAREUIL, Frédéric IMBERTY et Victor BOURIGAULT Vidéo LÉONARD • Costumes Jean-Daniel VUILLERMO • Lumières Moïse HILL • Musique Cyril GIROUX Crédit photo © Fabienne Rappeneau THÉÂTRE DU PETIT MONTPARNASSE    À partir du 15 janvier 2025 • Le mardi à 19h – du mercredi au samedi à 21h • le dimanche à 15h • Durée 1h20

  • Faire semblant d’être moi, Luce Mouchel, une actrice hors pair

    Certains spectacles vous happent dès les premières secondes et vous laissent sans voix bien après que les lumières se rallument. Faire semblant d’être moi , de et avec Luce Mouchel, fait partie de ces instants suspendus. Un seule-en-scène bouleversant, tendre et drôle, où l’actrice se livre avec une sincérité absolue. Une plongée dans l’enfance, entre éclats de rire et fêlures du passé Tout commence par une phrase qui claque : « J’aurais pu ne jamais exister, être tout le temps morte. » Dès cet instant, on comprend que le voyage sera aussi lumineux que poignant. Luce Mouchel nous fait revivre ses souvenirs d’enfance et d’adolescence, de ses 5 ans à ses 18 ans, à travers le regard d’une petite fille qui tente de comprendre le monde qui l’entoure. Petit à petit, Lulu grandit sous nos yeux Elle change, se cherche, se confronte à la vie, oscillant entre rires et douleurs familiales. Chaque souvenir est un fragment d’identité en devenir, une pièce d’un puzzle émotionnel qu’elle tente d’assembler. Et puis un jour, le théâtre surgit dans sa vie. Comme une évidence, une révélation. Un refuge et un espace de liberté où elle peut tout être et tout ressentir. Un texte ciselé, percutant et infiniment juste Avec une écriture ciselée et empreinte de poésie, Luce Mouchel nous embarque dans sa quête d’identité, entre les silences d’une mère marquée par un deuil, les maladresses d’un père monolithique et les éclats de rire d’une fratrie haute en couleur. Chaque souvenir devient une fenêtre ouverte sur des instants de vie universels, où chacun peut retrouver un écho de son propre passé. La plume est vive, tour à tour drôle et poignante, mais toujours d’une justesse bouleversante. Faire semblant d’être moi capte ces petits riens qui font basculer une vie, ces sensations fugitives qui construisent l’enfance et résonnent encore à l’âge adulte. Luce Mouchel, un talent hors du commun Si Faire semblant d’être moi marque autant, c’est avant tout grâce à l’interprétation magistrale de Luce Mouchel. Ce n’est pas seulement un jeu d’actrice, mais une véritable performance, où elle incarne avec une aisance fascinante chaque personnage qui a traversé sa vie. En un regard, une posture, une intonation, elle devient une fillette espiègle, une adolescente en quête de repères, une mère dépassée ou un père protecteur. Elle ne joue pas, elle est. On est littéralement aspiré dans son histoire, comme si elle nous prenait par la main pour nous faire revivre avec elle ces moments fondateurs. Son talent est polymorphe : tour à tour clown, danseuse, musicienne et tragédienne, elle passe du rire aux larmes avec une fluidité impressionnante. Elle nous fait éclater de rire en évoquant son premier baiser catastrophique, puis nous serre le cœur en abordant les fêlures familiales et la schizophrénie de son frère. Une mise en scène sobre et inventive Ici, pas d’artifices. Xavier Maurel met en scène l’essentiel : l’actrice et son récit. Quatre chaises, un ballon, et voilà que la scène devient une chambre d’enfant, une maison, un grenier... La simplicité du décor laisse toute la place à l’imaginaire, au mouvement, à l’émotion pure. Une poésie visuelle indéniable accompagne cette mise en espace. Rien n’est figé, tout bouge, évolue, respire, comme une mémoire qui se reconstruit au fil du récit. La scène devient un espace mental, où passé et présent coexistent, où l’enfance et l’âge adulte se superposent. Un moment de théâtre inoubliable Faire semblant d’être moi est bien plus qu’un spectacle : c’est une expérience, une rencontre avec une artiste d’exception, une plongée dans l’intime qui touche à l’universel. On rit, on pleure, on est émerveillé par tant de maîtrise et de sincérité. Luce Mouchel nous offre ici un moment de théâtre rare, où l’intelligence du texte se mêle à la puissance du jeu et à la finesse de la mise en scène. Un coup de cœur absolu. Une pièce à voir, à vivre, à ressentir. Comme un doux vertige, un retour à l’enfance, un instant suspendu dont on ne voudrait jamais sortir. Avis Foudart 🅵🅵🅵🅵 FAIRE SEMBLANT D'ÊTRE MOI De et avec Luce Mouchel Mise en scène Xavier Maurel Création vidéo Véronique Caye • Chorégraphie Caroline Marcadé • Collaboration artistique Pierre-Alain Chapuis • Lumières Tom Bouchardon Crédit photo Alexander Kashkaev THÉÂTRE LA FLÈCHE Du 11 janvier au 15 mars 2025. Les samedis à 19h • Durée 1h15

  • Le Voyage de Paula S. Un tourbillon d’émotions, entre rire et poésie

    Un peu de poésie, une touche de burlesque, un soupçon d’absurde et, surtout, une immense tendresse : voilà ce que nous offre Le Voyage de Paula S. , la nouvelle création de Marc Citti, véritable “farce sépulcrale” où la mort elle-même n’a pas le dernier mot. Dans cette cavale post-mortem aussi hilarante que bouleversante, une mère refuse obstinément de disparaître. Le spectateur est embarqué dans un périple hors du commun, porté par deux comédiens éblouissants qui font vibrer le plateau avec une intensité rare. Une fugue burlesque et onirique Paula S. est officiellement décédée. Mais s’incliner devant l’inévitable ? Jamais ! Aidée par son fils Mathieu, elle s’élance dans une course effrénée pour échapper à son propre trépas. Funérarium, hôpital, services administratifs : rien ne lui résiste dans cette odyssée fantasque qui l’entraîne bien au-delà du périphérique… et même des limites du réel. Ce road-movie théâtral, oscillant entre comédie absurde et conte fantastique, interroge une question universelle : comment dire adieu à ceux qu’on aime ? Citti, puisant dans son propre vécu, joue avec l’inexorabilité de la mort en y insufflant une touche de merveilleux. Ici, le deuil n’est pas une fatalité mais une aventure, un voyage où l’humour et la poésie transforment la douleur en éclats de rire. Un duo magistral Sur scène, Marc Citti et Julie Delarme forment un tandem d’une justesse et d’une énergie remarquables. Lui, en fils dépassé, tantôt attendri, tantôt exaspéré par cette mère insoumise à son sort, manie l’humour avec une finesse subtile. Elle, en Paula S. indomptable, insuffle à son personnage une humanité bouleversante, oscillant entre fantaisie débridée et profonde mélancolie. Leur complicité éclate à chaque instant, et c’est cette alchimie qui donne à la pièce toute sa force émotionnelle. Une sublime surprise Rarement une pièce aura su marier avec autant de finesse l’humour et l’émotion. Le Voyage de Paula S. est un spectacle d’une délicatesse infinie, une épopée lumineuse qui transcende le deuil pour en faire une véritable célébration de la vie . Drôle, touchant, virtuose : un spectacle inoubliable et une des plus belles thérapies du deuil que l’on puisse voir sur une scène parisienne. À ne pas manquer ! Avis Foudart 🅵🅵🅵🅵 Le Voyage de Paula S. De Marc CITTI Mise en scène Stéphane COTTIN Avec Julie DELARME & Marc CITTI Décor Stéphane COTTIN • Costumes Chouchane ABELLO-TCHERPACHIAN • Lumières Moïse HILL • Vidéo LÉONARD • Chorégraphie Cécile BON • Musique Alexandre MEYER THÉÂTRE DU PETIT MONTPARNASSE Depuis le 08 février 2025 • Du mercredi au samedi à 19h • Dimanche à 17h • Durée 1h20

  • Avec plaisirs – Une comédie fine et captivante sur l’amour et le désir

    Peut-on vraiment tout se dire en amour ? Peut-on aimer sans jamais se perdre ? Désirer sans jamais s’attacher ? Avec plaisirs est une pièce qui explore avec finesse nos émotions, nos contradictions et nos vérités les plus profondes. Un spectacle où humour, émotion et sensualité s’entrelacent, porté par un duo de comédiens en parfaite harmonie : Sandie Masson et Benoît Giros. Un théâtre dans le théâtre : une mise en abyme ingénieuse Paul et Julie s’installent pour assister à un spectacle. Sur scène, des couples se battent, s’aiment, se cherchent, se brisent… mais au fil des scènes, le théâtre devient un miroir, et ce qui semblait être une simple soirée se transforme en un face-à-face intime avec leurs propres histoires. Peu à peu, les frontières entre le jeu et la réalité s’estompent, révélant les failles, les espoirs et les désillusions de chacun. Un texte ciselé et percutant Sandie Masson livre une écriture fine et vibrante, capturant avec une justesse troublante les nuances du lien amoureux : ces relations qui s’effilochent, ces passions qui renaissent, ces désirs inavoués et ces peurs qui paralysent. À travers une succession de scènes, elle donne vie à des couples en crise, des amants qui se cherchent, se frôlent, se désirent ou s’éloignent inexorablement. Les personnages oscillent entre la brûlure de la passion et le vertige du vide, entre l’élan du fantasme et la pesanteur de la routine. Un regard acéré et profondément humain sur ce qui unit et ce qui sépare. Un duo de comédiens en parfaite harmonie Le pari audacieux de la pièce ? Confier tous ces rôles à un seul couple d’acteurs. Sandie Masson et Benoît Giros incarnent tour à tour les multiples facettes du lien amoureux, changeant de posture, de ton et d’énergie avec une fluidité impressionnante. Leur jeu est d’une justesse remarquable : tantôt drôles et légers, tantôt graves et poignants, ils donnent vie à des personnages d’une authenticité saisissante. Leur complicité sur scène renforce l’impact des dialogues, et leur capacité à passer du rire à l’émotion en un instant fait toute la richesse du spectacle. Une mise en scène fluide et subtile Denis Lachaud accompagne cette écriture vibrante avec une mise en scène épurée et percutante. Pas d’artifices inutiles, mais un travail minutieux sur la lumière et le son, qui souligne les évolutions des personnages et intensifie progressivement l’émotion. Peu à peu, ces éléments tissent un fil invisible entre les différents univers du spectacle, faisant monter la tension dramatique et amplifiant l’intimité du récit. Le résultat ? Une immersion totale, où chaque nuance scénique accentue la force du texte et l’intensité du jeu des acteurs. Un spectacle qui fait du bien Avec plaisirs est un concentré d’émotions, de sensualité et d’intelligence. On rit, on s’interroge, on est parfois troublé, mais surtout, on ressort avec cette impression d’avoir vécu quelque chose de profondément humain. Si les couples sur scène se cherchent sans toujours se trouver, Sandie Masson et Benoît Giros, eux, sont en parfaite harmonie. Avec élégance, tendresse et une pointe d’espièglerie, ils nous embarquent dans un voyage théâtral où l’amour se dit sous toutes ses formes. Pourquoi faut-il voir Avec plaisirs ? Parce que c’est cru, drôle, bouleversant et infiniment juste. Parce qu’on s’y reconnaît. Parce que ça parle d’amour, de désir, de compromis, de ce qui nous unit et de ce qui nous échappe. Un spectacle qui nous touche, qui nous ressemble et qui nous séduit. À ne pas manquer ! Avis Foudart 🅵🅵🅵 « Avec plaisirs » De Sandie Masson Mise en scène de  Denis Lachaud Avec  Sandie Masson  et  Benoît Giros Lumières  Eric Schoenzetter Photo © Franck Harsouët Théâtre de la Huchette les samedis 15 et 22 février 2025 et le samedi 1er mars 2025, à 16h30 • Création  festival d’Avignon Off  2025 / Artéphile • Durée 1h10 / Tout public à partir de 16 ans

  • « Le Prix » : Une Confrontation Brûlante de Vérité et d’Humanité

    Dans Le Prix , mis en scène par Tristan Petitgirard, Cyril Gely nous plonge dans un huis clos tendu entre Otto Hahn, chimiste allemand honoré du prix Nobel de chimie en 1946, et Lise Meitner, son ancienne collaboratrice injustement écartée des honneurs. Ce face-à-face, porté par Pierre Arditi et Ludmila Mikaël, résonne avec une force rare, oscillant entre l’intime et l’historique, la colère et la douleur, l’ombre et la lumière. Une joute oratoire magistrale La pièce s’ouvre dans la suite d’un hôtel de Stockholm, quelques heures avant la remise du prix. Otto Hahn attend, seul, avant que ne surgisse Lise Meitner, comme un fantôme venu hanter ses certitudes. Ce décor confiné devient un ring où s’affrontent deux êtres liés par des décennies de travail commun et par une blessure béante : l’effacement de Meitner au profit d’Hahn. Les dialogues fusent, incisifs, entre reproches amers et justifications vacillantes. Otto Hahn est-il un traître ou une victime des circonstances ? Lise Meitner cherche-t-elle réparation ou simplement la vérité ? Il n’y a pas de réponse simple, et c’est toute la force de la pièce. La dramaturgie de Cyril Gely évite le piège du manichéisme, préférant mettre en lumière la complexité des rapports humains et des compromis imposés par l’Histoire. Des interprètes à couper le souffle Si Le Prix est une pièce de texte et d’idées, son intensité repose avant tout sur l’incarnation magistrale de ses deux protagonistes. Pierre Arditi, en Otto Hahn, compose un personnage tiraillé entre honneur et remords. Il oscille entre arrogance et fragilité, sûr de son mérite mais incapable d’affronter pleinement ses responsabilités. Son jeu tout en retenue contraste avec la puissance émotionnelle de Ludmila Mikaël, qui livre une Lise Meitner bouleversante, à la fois dignifiée par la colère et brisée par l’injustice. Sa présence scénique est fascinante. Elle ne crie jamais, mais sa voix, son regard, son silence même, brûlent de rage contenue. Elle incarne ces figures féminines trop longtemps invisibilisées, qui portent en elles à la fois l’éclat du génie et le poids du mépris. Une mise en scène sobre et lumineuse Tristan Petitgirard choisit une mise en scène épurée, fidèle à la sobriété du texte. La lumière joue un rôle essentiel, traduisant l’évolution de la confrontation : froide et crépusculaire au départ, elle s’intensifie au fil du dialogue, jusqu’à plonger les personnages dans un clair-obscur saisissant, métaphore de la vérité qui se fissure. La musique, elle aussi, accompagne subtilement le récit. Le choix de la Mélodie Hongroise de Schubert, réarrangée par Romain Trouillet, résonne comme un écho du passé, un vestige de la complicité entre Otto et Lise, une tendresse enfouie sous les décombres de l’histoire. Une résonance contemporaine Si l’action se situe en 1946, le sujet demeure terriblement actuel. La question de la reconnaissance des femmes scientifiques, longtemps reléguées à l’ombre de leurs collègues masculins, continue d’alimenter les débats. Mais Le Prix ne se limite pas à une dénonciation féministe : il interroge aussi la responsabilité morale face aux compromissions du pouvoir, le prix de la réussite et la solitude des vainqueurs. Un duel mémorable, une pièce essentielle Avec Le Prix , Cyril Gely signe une œuvre élégante et percutante, portée par une interprétation d’une rare intensité. Ludmila Mikaël et Pierre Arditi offrent un moment de théâtre exceptionnel, où le temps semble suspendu, où les mots frappent avec la violence d’une gifle et la délicatesse d’une caresse. Un spectacle d’une grande intelligence, à la fois sobre et bouleversant, qui résonne longtemps après la tombée du rideau. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 LE PRIX Une pièce de Cyril Gely  Mise en scène Tristan Petitgirard  Avec  Pierre   Arditi, Ludmila Mikael , Clara Borras  et Emmanuel Gaury  Assistante mise en scène Léa   Moussy • Décor Juliette Azzopardi et Jean-Benoit Thibaud • Costumes  Virginie H  • Lumières Denis Schlepp • Musique Romain Trouillet • Vidéo Mathias Delfau Crédit Photos Bernard   Richebé THÉÂTRE HÉBERTOT Du 06/02/2025 au 30/03/2025 • Du mercredi au samedi à 21h, le dimanche à 16h • Durée : 1h40

  • “Mur Mure” : Clovis Cornillac fait résonner la comédie romantique au théâtre

    Un pari audacieux et une adaptation réussie Dix ans après Un peu, beaucoup, aveuglément , Clovis Cornillac transpose son film sur les planches du Théâtre de la Michodière avec Mur Mure , une comédie romantique mise en scène par Jérémie Lippmann et adaptée par Lilou Fogli. Un défi de taille, tant la force du récit repose sur un concept scénographique singulier : deux inconnus, séparés par un mur mitoyen, développent une relation sans jamais se voir. Une idée ingénieuse qui, loin de se heurter aux contraintes du théâtre, y trouve une nouvelle dimension grâce à une mise en scène astucieuse. Une mécanique bien huilée, portée par des comédiens impliqués L’un des atouts majeurs de la pièce réside dans la dynamique entre les personnages. Clovis Cornillac, dans le rôle de Machin , incarne à merveille ce misanthrope bourru, créateur de casse-têtes improbables, tandis que Laurence Arné ( Machine ), apporte fraîcheur et nuance à son personnage de pianiste timide et excentrique. Leur relation, bâtie sur des échanges sans visuel direct, crée une tension dramatique savoureuse qui capte immédiatement l’attention du public. Si le duo principal fonctionne, on peut regretter un certain déséquilibre dans la distribution. Certains personnages secondaires, comme la sœur délurée ou le professeur de piano tyrannique, frôlent la caricature, poussant parfois les situations à l’extrême. Si cela contribue au ton léger et humoristique, ces excès peuvent aussi donner un sentiment d’artificialité. En revanche, le « meilleur ami », incarné notamment par Arnaud Maillard, se distingue par une justesse et une tendresse rafraîchissantes. Son interprétation, oscillant entre maladresse touchante et humour fin, apporte une belle respiration à l’ensemble. Une scénographie immersive au service du récit Là où la pièce se démarque particulièrement, c’est dans l’utilisation ingénieuse de l’espace et du son. Le décor, qui alterne entre l’appartement sombre et désordonné de Machin et l’univers plus lumineux de Machine , traduit visuellement la confrontation entre ces deux solitudes. Mais c’est surtout le travail sonore qui impressionne : chaque bruit, chaque sonorité contribue à immerger le spectateur dans cette histoire où tout repose sur l’écoute. Des notes cristallines du piano aux bruits les plus agaçants du quotidien, chaque élément est minutieusement pensé pour renforcer l’immersion. Une comédie romantique efficace mais sans révolution Avec Mur Mure , Clovis Cornillac ne cherche pas à révolutionner l’art théâtral, mais plutôt à offrir un divertissement bien ficelé, rythmé et accessible. La pièce joue habilement avec les codes de la comédie romantique, sans toutefois s’éloigner d’une certaine prévisibilité. L’humour fonctionne, les émotions sont au rendez-vous, et l’ensemble séduit par sa sincérité et son efficacité. Cependant, on peut ressentir une légère frustration en sortant du spectacle : si l’idée de départ est excellente et son exécution soignée, le traitement parfois caricatural des personnages secondaires et le manque de surprises narratives peuvent laisser une impression d’inachevé. On rit, on s’attache aux personnages, mais il manque peut-être cette touche de subtilité ou d’audace qui aurait fait de Mur Mure une pièce vraiment marquante. Un divertissement charmant et bien mené Mignon, touchant et drôle , Mur Mure est une comédie romantique efficace, portée par un Clovis Cornillac toujours aussi investi et une mise en scène soignée. Si elle ne prétend pas réinventer le théâtre, elle réussit son pari : offrir un spectacle agréable, bien construit et accessible à tous. Une belle parenthèse théâtrale, idéale pour les amateurs de comédie romantique et de belles histoires portées par des comédiens attachants. Avis Foudart 🅵 MUR MURE Texte Lilou Fogli Mise en scène Jérémie Lippmann Avec Clovis Cornillac, Laurence Arné, Lilou Fogli, Arnaud Maillard et Boris Terral Décors Jacques Gabel • Lumières Jean-Pascal Pracht • Costumes Chouchane Abello Tcherpachian • Musique et son David Parienti Crédit Photo Emilie Brouchon THÉÂTRE DE LA MICHODIÈRE Du mercredi 29 janvier 2025 au dimanche 30 mars 2025 • Du mercredi au vendredi à 20h00 • Le samedi à 16h30 et 20h30 • le dimanche à 15h • Durée 1h45

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