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1975 résultats trouvés avec une recherche vide

  • MARIE ANTOINETTE de Stefan ZWEIG. Théâtre Poche Montparnasse

    Le texte de cette pièce est un pur bijou. Je connaissais l’œuvre de Stefan Zweig mais j’étais passé à côté de Marie-Antoinette. Cette œuvre historique très documentée n’épargnant pas la royauté mais ne l'accablant pas non plus, surtout Marie-Antoinette. Je n’avais jamais vu cette histoire par ce biais, finalement assez féministe. On comprend les erreurs, mais ici, il n’est pas question de faire un réquisitoire à charge. Et c’est bien ce que j’ai aimé. Stephan Sweig montre les défauts, les faiblesses mais aussi la force et le désarroi de Marie-Antoinette. On ne compte plus Les livres, les pièces, les films qui ont abordé ce personnage mais ici le travail « journalistique » de Sweig est passionnant et Marion Bierry a su retranscrire sur scène ce texte fleuve avec beaucoup de nuances. Dans cette pièce, il y a très peu de dialogue. On nous cite et raconte l’histoire avec malice et rythme. J'aime énormément Thomas Coussau à la diction parfaite qui par son côté un peu inspecteur des années 30 est captivant. Il interprète Stephan Sweig, finalement. La grande idée de la mise en scène est d’avoir placé le récit à l’époque de l’écriture, soit juste avant la Seconde Guerre mondiale. L’abandon stratégique de la royauté française par le reste de l’Europe (surtout l’Autriche), ou l’on se dit que cette révolte puis cette révolution va s’éteindre toute seule, fait un peu penser à cette époque d'entre-deux-guerres où, finalement, il y a eu également une sorte d’abandon politique. Cette pièce est très intéressante et captivante. C’est une magnifique leçon d’histoire française vu par un auteur brillant.

  • Le gorille d’après Franz Kafka. Théâtre le lucernaire

    Le gorille, cette pièce écrite d’après certaines nouvelles et textes de jeunesse de Franz Kafka reprend bien tous les codes kafkaïens. Cet auteur brillant, sombre, malade et torturé qui disait « Un livre doit être la hache qui fend la mer gelée en nous » a aujourd’hui l’honneur d’un adjectif, kafkaïen qui rappelle l'atmosphère absurde et oppressante des romans de Kafka. Absurde certainement, oppressant pas toujours. J’ai tenu à parler de ceci car Alejandro Jodorowsky a su dépeindre parfaitement cet esprit kafkaïen et quoi de mieux que de faire venir un singe « savant » dans une académie qu’on imagine composée d’hommes de lettres dont Darwin afin de lui remettre un prix honorifique en contrepartie d’un discours. Voilà l’univers surréaliste dans lequel nous plonge Alejandro Jodorowsky et Brontis Jodorowsky pendant 1h30 environ. Tout ce qu’on y entend est si puissant, si fort, instructif et émouvant. Au tout début, j’ai eu la sensation de voir un film muet de Charlie Chaplin. C’est une sensation, je ne me l’explique pas. Est-ce le jeu très corporel qui mélange la clownerie, le mine, l’émotion et la poésie brute ? En tout cas, c’est mon ressenti. Cette pièce incroyable nous permet, sous le regard imposant de ses hommes savants, de voyager dans l’espace et dans le temps. Mon imaginaire a été aussi stimulé que lorsque je lis un livre. C’est la force absolue et implacable de cette pièce et de ce sublime comédien Brontis Jodorowsky. Son jeu est précis et nuancé. Chaque geste, chaque posture a été étudié et un peu comme dans le Kabuki, on est presque dans une danse rituelle faite et refaite des centaines de fois pour atteindre une forme de perfection. Lorsque j’ai rencontré Brontis Jodorowsky. Je lui ai parlé de génie. Il s’en défend, bien sûr, mais je le pense vraiment et sans détour. Cette pièce est une œuvre poétique, politique, drôle car si la revendication est là, constamment jusqu'à exploser littéralement à la fin, l’émotion, la dérision et l’humour sont présents tout le temps. Qui est l’homme, qui est l'animal, qui est le barbare et l’intelligent et en quoi devenir humain serait l’absolue panacée ? Cette pièce aborde tous ces sujets. J’ai noté quelques répliques, à la volée, qui m’ont particulièrement touché. « Qui êtes-vous pour me récompenser. Vivre ainsi n’a aucun sens. Avant manger un fruit me suffisait. Moi, j'étais quelqu'un du ciel et un fragment de terre. Je veux retourner. Oublier vos visages aussi simiesques que le mien. Votre appétit pour les honneurs. Oublier cette chose sauvage que vous appelez éducation. Je veux retourner ». Cette pièce sublime est à voir absolument

  • Madame de la Carlière. Théâtre Lucernaire

    Très sincèrement, je pense que vous savez tous à quel point j’adore le théâtre le Lucernaire. Ça fait partie des théâtres parisiens où je vais les yeux fermés. La programmation y est vraiment exceptionnelle. On aime, on n’aime pas mais on est toujours surpris et intéressé. Concernant Madame de la Carlière, j’ai de petites réserves. Caroline Silhol est d’une élégance folle et Hervé Dubourjal a un phrasé magnifique est une grande technique. Le texte de Diderot est splendide. Ce serait difficile de dire le contraire et même étonnamment moderne et actuel. Alors. Pourquoi ses nuances, me direz-vous ? Hé bien. Justement. J’ai été gêné par le côté trop littéraire et pas assez théâtral mais ce n’est que mon humble avis. Je me dis qu’a trop aimé ce texte, Hervé Dubourjal, c’est un peu laissé dépasser. Il n’a pas su prendre le pouvoir. Actuellement, la créativité est telle dans les théâtres que l’on en devient de plus en plus exigeants. J’aurais préféré une lecture du texte, finalement. Je ne suis pas rentré dans cette pièce et du coup, je n’ai pas compris les déplacements, les changements de costumes, la fin. Je n’ai pas cru en ce couple et je me suis mis à compter le nombre de fois où l’on cité Madame de la Carlière (100 fois, peut-être). C’est un peu comme, lorsqu’on va au cinéma et que l’on commence à sentir la caméra, les projecteurs, les filtres lumières. Ça peut paraître méchant ce que j’écris, mais ce n’est pas le cas, je l'espère. J’essaie juste d'argumenter sans haine, ni mépris. Je n’ai pas détesté, je n’ai pas adhéré et j’en suis désolé

  • Les Témoins. La Manufacture des Abbesses

    La manufacture des Abbesses est un lieu étonnant et cher à mon cœur. Les deux directeurs Sophie Vonlanthen, également comédienne et Yann Reuzeau, auteur et metteur en scène sont passionnants. Que l'on y aime ou pas une pièce, c’est tout à fait louable mais le moins que l’on puisse dire, c’est que ce petit théâtre privé est terriblement ambitieux et n’a rien à envier aux grands théâtres nationaux. On pourrait penser que ce lieu est conventionné tant sa programmation est incroyable et courageuse. Je l’ai dit à Sophie Vonlanthen et même, si humblement, elle s’en défend, j'insiste, car faire vivre un théâtre comme celui-ci est une gageure et il y en a bien d’autres sur Paris qui choisissent des solutions bien plus faciles. Je viens de voir Les témoins. Une pièce-choc, coup de poing, politique, indispensable qui élève le débat et donne l’envie de parler, de discuter. J’ai eu la chance de le faire avec Yann Reuzaeu qui a répondu à mes quelques questions et m´a expliqué sa façon de travailler. L’histoire. L’arrivée d’un pouvoir extrémiste en France (le pays et la période n’ont pas une importance cruciale), la pièce commence avec l’annonce de la nouvelle dans une réunion de rédaction de presse reconnue et respectable « Les témoins ». Au départ, l’effroi puis les doutes, l’inquiétude, la peur surgissent et petit à petit tout va s’effondrer comme un château de cartes au sens véritable comme au figuré dans cette rédaction comme dans l’univers de tous ces journalistes. Yann Reuzeau est un auteur et metteur en scène minutieux. Il a pris le temps, sa pièce parfaitement écrite est très documentée. Il m’a dit être passionné par le travail des journalistes, je suis parfaitement d’accord avec lui. La reconstitution du travail de la presse est d’une vérité incroyable. Le démarrage dans cette réunion de rédaction et les deux scènes d’interview sont d’une justesse époustouflante et le mélange entre les projections d’informations, un peu comme sur les chaines d’info et ce qu’il se passe sur scène m’a fait un peu tourner la tête, mais donne aussi à la pièce, une atmosphère très particulière, presque documentaire. J’aime énormément ce décor ambitieux et imaginatif. J’avais juste un petit doute sur la toute fin de la pièce (pas en terme esthétique) mais Yann Reuzaeu a su m’expliquer son point de vue et son choix artistique. Pour lui, il n’y a pas d’autre fin possible. Avec mon côté un peu trop ingénu et optimiste (je crois), j’aurais aimé qu’il me laisse le choix du doute final, mais pour lui, pour que son œuvre éveille véritablement les consciences, cela ne pouvait pas en être autrement et je comprends, après réflexion, son point de vue. Puisque l’œuvre et politique et pour que l’on soit vraiment interpellé, son choix d’auteur est très juste. J’ai vraiment adoré cette discussion que j’ai pu partager avec lui, car il est si rare de pouvoir échanger avec un auteur de théâtre… La magie des Abbesses. Les comédiens sont très bons et se donnent totalement mais mon coup de cœur absolu va sans détour à Frédérique Lazarini, une immense comédienne. Depuis « Qui a peur de Virginia Wolf », je suis fou de Frédérique, je n’y peux rien, c’est comme ça. Elle arrive à mettre de la nuance à tout moment. Elle joue comme un acrobate, sur un fil, elle passe d’une émotion à l’autre sans même que l’on ait Le temps de s’en apercevoir. Elle peut hurler, casser le décor et devenir tout à coup, très drôle, acerbe et toujours émouvante. Elle met la barre très très haut. Frédérique Lazarini fonctionne toujours sur plusieurs niveaux de jeux à la fois et la mettre en scène doit être une chance inouïe. Je pense le plus honnêtement du monde que cette personne si humble et attachante fait partie des meilleures comédiennes actuelles. Sa scène d’Interview est absolument culte et restera dans les annales théâtrales et puis cette phrase. « Je vais me retirer et lire des livres du 19e siècle » va tout simplement devenir ma phrase quand j’aurais un coup de blues. Frédérique Lazirini m’a accordé une magnifique interview (avec un son un peu médiocre) qui montre son intelligence et sa gentillesse. Tout est fabuleusement affreux dans « Les témoins » et rien n’est laissé au hasard. L’affiche est exceptionnelle et le texte splendide est d’une violence désespérante. Il FAUT COURIR POUR VOIR, LES TÉMOINS

  • La puce à l’oreille. La comédie Française.

    Si je vous disais que la pièce la plus folle, la plus drôle de Paris se joue actuellement à la comédie française, vous me croyez ? Hé bien c’est le cas pourtant. Tout le monde connaît la puce à l’oreille de Georges Feydeau, le roi du vaudeville. J’ai vu cette pièce une bonne dizaine de fois et je l’ai même travaillé au conservatoire. Feydeau n’est peut-être pas le plus grand auteur du répertoire, mais j’aime son côté potache et ses répliques qui fusent. Ce soir, J’en ai pleuré de rire et c’est la première fois depuis septembre. La magie de ce spectacle réside principalement dans les idées de mise en scène multiples et magistrales de Lilo Baur. J’aimerais juste avoir la chance de visiter quelques secondes le cerveau de cette metteuse en scène complètement folle et décalée. Je vois tellement d’inspiration. Un côté un peu anglais, un peu américain. Un peu français. J’ai vu un peu du Tati sur scène, du Blake Edwards, du Georges Lautner et même du Claude Zidi. La plus grande idée est d’avoir transposé l’histoire dans les années 60. Des années géniales ou l’insouciance, la joie de vivre, la musique, les vêtements étaient si « yéyé ». À partir de cette base fondamentale, tout devient tendre et majestueux. La scénographie de d’Andrew d’Edwards est splendide et dépoussière complètement cette pièce. Les costumes d’Agnès Falque sont magnifiques et quelle musique de Mich Ochawiak ! Je n’ai pu m’empêcher de dodeliner la tête de bonheur. Tout ceci permet aux comédiens géniaux d’exprimer tout leur potentiel. La dérision, la joie, le désespoir. On a l’impression qu’Anna Cervinka sort tout droit de la Sorcière bien-aimée. Jean Chevalier pourrait être le partenaire de Louis de Funès (Thierry Hancisse) et Serge Bagdassarian est tout simplement mon immense coup de cœur. Quand je l’imagine en brillant Galilée, c’est fou. Son talent est immense, il est totalement méconnaissable. Peut-il absolument tout jouer ? est-il un génie ? J’ai même eu l’impression de voir une pièce en trois dimensions avec ces scènes d'extérieurs drôlissimes. Je suis tombé dans tous les pièges et j’ai retrouvé mon âme d’enfant. En parlant d’enfant, justement, il y en avait quelques-uns dans la salle, J’ai été ébloui et ému par leur joie et leur rire. À un moment donné, une petite fille s'est retrouvée debout, presque en transe de bonheur. J’avais l’impression de voir ma fille au théâtre et j’en ai eu une petite larme à l’œil. Des enfants heureux dans la maison de Molière. Il n’y a que Lilo Baur pour réussir cet exploit. On oublie parfois que dans « comédie française », il y a comédie. Aujourd’hui, cette maison a porté parfaitement son nom et nous a proposé une magnifique comédie française (aux influences internationales). J’adore cette phrase que j’ai entendue en sortant. Ça, c’est du théâtre ! Immense, sublime, un pur chef-d'oeuvre de plus. Entre la vie de Galilée, Electre et Oreste et la Puce à l’oreille. Quel bijou de programmation Crédits photos : Photographies du spectacle © Brigitte Enguérand, coll. Comédie-Française Portraits de la Troupe © Stéphane Lavoué Portrait de Lilo Baur © Dietrich Ian Lafferty Portrait d'Andrew D Edwards © Dan Wooller Portrait de Fabrice Kebour © Studio Pictange 28

  • Muriel Robin. Et pof ! Au (Dôme de paris) palais des Sports

    Madame Muriel Robin. Je dis Madame par respect, car vous appeler par votre prénom me serait impossible. Vous avez totalement traversé et accompagné ma vie. Lorsque je suis monté à Paris avec des envies folles de théâtre et de cinéma, à l’âge de 21 ans, vous avez été un choc total. Une révélation. Moi qui ne me sentais pas très bien dans la capitale. Mon refuge était les salles de cinéma du Quartier latin, le jardin du Luxembourg, du musée Rodin et les petites salles de spectacle. « Notre rencontre » fut une révélation totale. Vous m’avez certainement aidé, Pierre Palmade et vous (sans le savoir) à aimer et rester coûte que coûte dans cette ville que j’adore, aujourd’hui. J'ai dû voir votre premier spectacle au moins cinq fois, au fin fond de la salle (non. Ce n’est pas psychotique), vous étiez ma Sylvie Jolie à moi. À partir de ce moment, Vous avez éclairé (trop rarement, une vie parfois difficile et pleine de doutes. Un peu comme tout le monde certainement) vous n’imaginez peut-être pas le pouvoir immense que les humoristes peuvent avoir sur le bien-être psychologique des spectateurs. C’est la raison pour laquelle on vous veut absolument sur scène et que l’on vous boude un peu dans d'autres exercices pourtant aussi brillants. Le sketch qui m’a fait définitivement vaciller n'est peut-être pas le plus célèbre mais pour moi, le plus fort. Je vous vois encore vous asseoir sur le bord de la scène avec un dictionnaire. Ce moment est absolument inoubliable. Je sais parfaitement que vous avez des bases de théâtre classique (j’aurais adoré vous voir interprété Andromaque) et, qu’au début, votre envie était le cinéma follement, comme une certaine actrice que j’ai aimée profondément, mais vous êtes si brillante sur scène. Si lumineuse, généreuse et intelligente. Vous êtes d’ailleurs, peut-être, bien trop intelligente pour le monde du cinéma que je connais si bien. Diriger Robin, ce n’est pas diriger n’importe qui. Je pense qu’il faut en avoir sous le capot et vous devez faire bien peur à certains réalisateurs. J’ai tout vu de vous et j’ai aimé tant de choses. Vos « seules en scène », bien sûr, mais aussi vos collaborations avec Devos, Pierre Palmade, Michèle Laroque. Je vous ai trouvé admirable dans Marie Besnard et Jacqueline Sauvage. Je vous ai trouvé tellement lumineuse et tendre en terre inconnue. J’aime vos combats, vos résistances et vos résiliences. J’adore quand vous exploser dans certaines émissions. Je vous trouve si vraie, si juste et si attachante. Mais quels sont vos défauts ? Votre livre Fragile est d’une franchise telle. Aujourd’hui, l’amour vous transcende. A mesure que les années passent, vous rajeunissez. Le temps n’a plus de prise sur cette joie (certainement relative) qui illumine tout votre être. Ce soir, je viens de voir votre nouveau spectacle. Et pif ! Et paf ! et pof ! Je vous ai trouvé si merveilleuse. Si belle et centrée. Vous semblez avoir trouvé un équilibre parfait entre le rire et l'émotion Je suis persuadé que vous allez détester cela, mais vous êtes un peu notre Madone du rire, en tout cas la mienne. Le cadeau que vous nous avez fait ce soir, avec ce spectacle incroyable, est immense. En tout cas, je le prends comme ça. J’espère bien un jour avoir la chance de vous rencontrer, en vrai, et vous poser quelques questions. Je serais vraiment ridicule mais extrêmement bienveillant. Madame Muriel Robin. Je vous aime tout simplement. Avec beaucoup de respect et énormément de tendresse ].

  • Les Naufragés. Théâtres des Bouffes du Nord

    Je suis sous le choc en sortant des naufragés. Ce n’est pas un spectacle, une pièce mais un monument, un témoignage poignant. Le texte si puissant si fort et dit avec tant de douceur par François Cottrelle, seul debout, derrière son micro. J’ai bu absolument chaque mot. Un peu comme certains de ces clochards, je me suis laissé enivrer par cette œuvre puissante et bouleversante. François Cottrelle est si juste. J’étais certain qu’il était, lui, le personnage, et qu’il venait nous livrer son témoignage. Patrick Declerck, l’auteur du roman éponyme, écrit et dit « Avec les naufragés, Emmanuel nous donnera à écouter le témoignage d’un homme parti vivre avec les oubliés, les naufragés, les indigents. J’ai voulu pour ces hommes fracassés, sans paroles, sans histoire, sans trace, ériger une sorte de monument. Un mémorial qui leur ressemble un peu. Un peu de travers donc. D’un goût douteux parfois. Quelques Pierre sans plus. Presque ruines... ». Sauf mon respect, je ne suis pas du tout d’accord. Ce texte est si puissant que j’en avais les larmes aux yeux en sortant. Il faut dire que la fin chantée par Stéphane Balmino et d’une beauté époustouflante. Seymour Laval, Emmanuel Meirieu (metteur en scène également) et Jean-Michel Adam ont créé un décor, des lumières et des vidéos majestueuses. Quel écrin, pour ce spectacle. J’ai rarement vu sur scène un décor aussi beau. Pour finir. J’ai été choqué par ma pensée. Je vous la livre sans filtre mais j’en ai un peu honte, tout de même, lorsque Francois Cottrelle aborde de départ en bus vers Nanterre. Je n’ai pu m’empêcher le départ des juifs en camps de concentration. Je pense que c’est la folie de mon esprit qui est en plein délire mais c’est sincère. Il n’y a plus qu'une date à Paris et je vous conseille d’y courir mais une grande tournée est déjà programmée. Ce spectacle est indispensable, inévitable. Je suis triste ce soir, car ensuite il y avait « La fin de L’homme rouge ». Tout le monde au théâtre m’a dit un bien fou de ce deuxième spectacle également mais je n’ai pu le voir. Le théâtre des Bouffes du nord (un de mes théâtres incontournables de Paris) commence sa saison sur les chapeaux de roues. Bravo ! Tout simplement. Un peu de sobriété dans ces vapeurs alcoolisées.

  • American Skin. Festival de Deauville

    Je viens de vivre la plus longue et plus belle ovation du ce festival de Deauville pour l’instant En même temps Tarek Ben Ammar, l’un des producteurs nous a pris par les sentiments dès le départ en nous disant avec beaucoup d’humour, évidemment « Ce film a été primé mais je tenais à ne pas vous oublier, vous, le public génial de Deauville que vous êtes. Si cinéphile et exigeant. Si vous n’aimez pas notre film, nous ne reviendrons plus à Deauville ». American Skin est un bon film, bien joué. Bien écrits et mis en scène par Nate Parker. On ne peux pas le renier mais je ne vais pas me faire que des amis ce soir et peut-être, même, que je vais être banni de Deauville pour la fin des temps. Tout le début du film et pendant bien 30 minutes, j’ai eu l’impression d’avoir vu ce film 30 fois. Ok, c’est cool, c'est bien fait, c’est affreux, c’est injuste, émouvant, horrible... ensuite, le film prend une tournure particulièrement inattendus qui a réveillé mes sens. Cet ancien militaire qui perd son fils dans un contrôle de police foireux et, suite au procès en faveur du flic, décide de l’enlever afin de lui faire un nouveau procès. pas une vengeance personnelle, un procès improvisé et filmé par un étudiant en cinéma où les jurés sont des prisonniers et des otages. C’est une idée cinématographique géniale car il y a le point du vue caméra. Celle du jeune, des témoins et de nous, spectateur. On nous prend à partie. J’ai vraiment adoré au début mais très vite, par les réactions exagérés. Les plans bien appuyés sur les visages déconfits, les commentaires consensuels, les cris...ça se transforme en un immense mélodrame (bien ficelé). Plus aucune surprise. Même la fin est évidente. Je n’ai rien contre les mélodrames. J’adore ça comme tous les styles de cinéma. Ce qui m’a dérangé le plus. Ce sont les bons sentiment. La ligne de pensée toute droite et sans détour. Évidement. Il faut ce battre contre toute sorte de racisme et c'est un de mes combats au quotidien, mais sans nuance, Est ce que l’on peut parler d’art ou de divertissement ? Je ne ne crois pas. L’art est fait pour nous bousculer. Nous déranger. Bouger nos certitudes. Ce film ne m’a pas apporté tout ça et ne m'a pas ému (j'en suis bien triste). Par contre le public a adoré et c'est ce qui compte le plus, finalement. Je m’incline respectueusement. Juste pour info. Spike Lee soutient ce film mais Spike Lee est un génie.

  • Knives and Skin. Festival de Deauville

    J’ai bien aimé ce film, J’ai même beaucoup aimé par moments. Surtout la fin, magnifique. J’ai quand même été dérangé par les couleurs un peu partout. J’ai vu plein de filtres de lumière collés sur le décor. La réalisatrice nous a expliqué que c’était pour donner un côté un peu girly et un peu plus léger à ce drame. Ok. Est-ce que j'ai aimé ? C’est une autre histoire. On parle de Blue Velvet, de David Linch. Oh là… On va, un peut se calmer sur ce coup-là. Il y a de très bonnes idées artistiques. C’est un film barré totalement. Les personnages sont complètement à l’ouest. Les adultes sont à côté de la plaque et les ados sont...en pleine crise d’adolescence. C’est un film de genre(s). Je mets un S exprès, car parfois c’est sinistre, pathétique, drôle, complètement fou, mais c’est aussi le problème de ce film. A vouloir se frotter à tous les styles, on ne sait plus où se positionner et ça donne une sensation de perdition. Peut-être que c’est un choix assumé de la réalisatrice Jennifer Reeder (j’adorerai lui poser cette question) et du coup ça deviendrait vraiment une œuvre artistique intéressante et j’adorerai. Quand je la vois avec son look, son assurance, ces ongles, ces tatous. Je me dis qu’elle a peut-être du lion sous le capot et qu'elle peut bien, dans le futur, nous embrouiller les neurones. Autrement-je serais vraiment déçu. De toute façon, je ne suis quand même pas fan des couleurs à outrance. Je trouve ça un peu trop « à la mode » en ce moment et So 80. Film sympatrique mais j’aurais besoin d’être un peu éclairé sur ce coup-là. Vous allez adorer ou détester. À vous de faire votre choix.

  • LE LIEN. NOUVEL ARTICLE

    Je me permets d'écrire un nouvel article, car j'ai eu, depuis 3 jours, de longs échanges passionnants avec Panchika Velez que j'apprécie très sincèrement. J'avais vu à Avignon une pièce fantastique. Qui a peur de Virginia Wolf ? Ce jour-là avait été particulièrement intense. C'était ma 8ème pièce de la journée et ça faisait 12 heures que je regardais du théâtre (Oui. C'est Avignon). Autant dire que ce n'étaient pas les conditions optimums et pourtant, ce fut un choc total. Absolu. J'ai bu totalement cette pièce explosive et touchante à la fois. Voici mon article à cette occasion pour ceux qui seraient passés à côté. https://www.foudetheatre.com/post/qui-a-peur-de-virginia-wolf-oh-my-god Aujourd'hui, je ressens vraiment le besoin d'écrire à nouveau sur le LIEN. J'en suis sortie, au festival de Ramatuelle, un tant soit peu embarrassé notamment sur le travail de Panchika Velez et je l'ai exprimé. Je ne reviens pas dessus, évidemment, car ce que j'avais exprimé était sincère et honnête, mais Panchika Velez a eu l'attitude absolument remarquable de me contacter pour répondre à mes questions plutôt que de me mépriser ou de m'insulter (comme c'est souvent arrivé par le passé). Je trouve cette attitude absolument attachante d'autant plus que pour un créateur, Il est très difficile émotionnellement d'avoir du recul lorsqu'on crée une œuvre et un metteur en scène à sa part de création tout à fait non négligeable. C'est un peu comme si l'on critiquait à sa maman son petit bébé (je pense que l'image est assez parlante.). J'avais dit lors de mon premier article que j'avais beaucoup aimé cette pièce. En effet, tous les ingrédients sont là pour faire un spectacle génial. L'auteur, François Begaudeau, les comédiens et ce metteur en scène fantastique, Panchika Velez. Elle m'a expliqué avec beaucoup de précision les difficultés de monter cette pièce à Ramatuelle. Je me suis sentie mal à l'aise au sujet du décor et ce n'était pas pour rien, finalement. L'impossibilité de transporter le décor d'origine et les dimensions de la scène ont été de vrais questionnements et un vrai défi. Car l'originel n'est pas du tout celui que l'on a vu. Il a été modifié et à la place d'un salon très simple d'une femme du peuple. On s'est retrouvé dans un jardin de villa. Le ressenti est vraiment tout autre et on comprend mieux les incompréhensions et décalage entre ce fils qui a assez bien réussi (je pense.) et cette femme retraitée assez modeste. C'est étonnant et très instructif de comprendre, à cette occasion, que tout a son importance dans un spectacle et qu'un changement peut bouleverser véritablement le ressentit que l'on en a. J'y ai vu ce soir-là, une femme dans l'incapacité d'aimer son fils alors que c'était plutôt une question de différence de classe entre ces deux personnes qui s'aiment, mais qui ne savent plus se comprendre. Je comprends mieux alors le rapprochement de la fin, car pour toute personne ayant réussi. Les relations familiales peuvent être compliquées. C'est fou, mais totalement réel. Panchika Velez m'a également dit « le rapprochement de la fin est écrit, je n'ai jamais monté un spectacle en étant aussi fidèle aux didascalies, c'est écrit comme une partition ». Finalement, cette pièce peut avoir une lecture assez politique, comme tout ce qu'écrit Begaudeau, car la politique, c'est aussi la relation entre les gens, les peuples. Vous voyez. La communication a du bon et que par manque de communication on peut passer à côté du sujet et se tromper (comme en politique d'ailleurs). Je mets un point d’honneur de revoir cette pièce en tournée, en 2020, et je vous conseille d'en faire de même, car c'est une grande pièce. Attachante, puissante et merveilleusement interprétée. Les échanges que j'ai eus avec Panchika Velez m'ont fait penser à ma période d'étudiant en cinéma où très souvent nous passions des heures à discuter et partager nos points de vue sur un film que nous venions de voir.

  • PETIT COUP DE GUEULE

    Je vous adore mes petits fous mais pas tous... En tant que gestionnaire de mon propre compte je refuse absolument tous les propos racistes, homophobes, grossophobes, à caractère politique ou désobligeant envers la personne humaine. L'amour de L'art, pour moi, c'est l'ouverture d'esprit, la partage et la générosité. On a tout à fait le droit d'aimer ou de ne pas aimer une œuvre artistique. Le travail d'un artiste... Ses approches artistique, mais je ne tolérerai jamais l'atteinte à la personne humaine. Je peux citer un nombre incroyable d'artistes adulés que j'ai rencontré et que j'ai trouvé particulièrement odieux ou désobligeants. Il est parfaitement connu que certains artistes très célèbres et plus anciens n'étaient franchement pas sympathiques. Je ne me permettrai jamais de parler de ces sujets. Sauf avec des arguments solides et si je pense que ça peut atteindre une œuvre artistique. Ce qui compte c'est l'œuvre et uniquement l'œuvre. Quand j'entends parler, à propos de Gérard Depardieu de propos liés à son physique. Ça me répugne. Pour lui, mais aussi pour toutes les autres personnes qui pourraient se sentir blessées par concomitance. Quand je vois écrit de nombreux commentaires sur les impôts. C'est totalement ridicule. Ce n’est vraiment pas connaître le système. Lorsque Depardieu fait un film en France. Il y a des milliers de personnes qui travaillent grâce à lui depuis la production jusqu’à l’exploitation. Sur son nom. Les films se font. Le tour de chant qu'il fait sur Barbara remplit toutes les salles en France et en Europe. Certainement ailleurs. Cet argent fait vivre un nombre très importants d'intermittents du spectacle. Ça fait parler de la France. Faut-il que nous parlions de google et autres ? Faut-il s'insurger des footballeurs domiciliés à Monaco ? Faut-il aborder notre système bancaire? C'est le système qui est le problème et le problème est politique. Le blog FOU DE THÉÂTRE n'est pas une tribune politique. Je bloquerais chaque personne qui atteindront à la personne humaine et j’effacerais systématiquement les commentaires. Je souhaite de tout cœur créer un groupe de petits fous d’art, de cinéma, de théâtre...et ce n’est pas utopique car vous êtes toujours de plus en plus nombreux à nous suivre. On peut être exigeant. On peut adorer, détester, critiquer mais jamais être vulgaire et désobligeant. C’est un point d’honneur pour moi, pour nous, pour notre communauté “Sans art, il n'y a pas de liberté possible” Frederic Bonfils ❤️

  • Game of thrones. Attention culte

    A l’occasion du festival du film américain de Deauville. Venez voir les 8 saisons dans leurs intégralité sur grand écran au cinéma Momy en partenariat avec OCS. GAME OF THRONE. La série la plus primée de tout les temps avec 47 Emmy Awards

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