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- Adriana Lecouvreur: Quand la Maison de Molière Rencontre l'Opéra
Dans l'univers de l'opéra, rares sont les œuvres qui parviennent à capturer avec autant de fougue et de passion les tumultes du cœur humain que "Adriana Lecouvreur" de Francesco Cilea. Cette production remarquable, ancrée dans l'histoire de l'art dramatique et de la musique, nous transporte dans le Paris du XVIIIe siècle, où amour, ambition et trahison se mêlent dans un tourbillon d'émotions. L'opéra tire son inspiration de la vie d'Adrienne Lecouvreur, éminente tragédienne de la Comédie-Française, célèbre pour ses interprétations inoubliables des pièces de Corneille et Racine. Sa vie, marquée par d'intenses passions et scandales, sert de trame à Francesco Cilea et à son librettiste Arturo Colautti, qui tissent ensemble une intrigue complexe et fascinante de rivalités amoureuses et professionnelles. Cette saga se termine par le décès tragique de l'héroïne, victime d'un empoisonnement via un bouquet de violettes. La dernière représentation de cet opéra majestueux a été marquée par l'interprétation époustouflante d'Anna Pirozzi, soprano italienne de renom, dont la performance a été saluée par une émotion palpable tant sur scène que dans le public. Pirozzi, considérée comme l'une des sopranos dramatiques italiennes les plus brillantes de sa génération, a su incarner avec brio l'esprit et la complexité d'Adrienne, naviguant avec aisance entre force et fragilité, passion et désespoir. "Adriana Lecouvreur" se distingue non seulement par son intrigue captivante mais aussi par sa musique expressive et ses airs magnifiques, qui permettent de mettre en valeur le talent vocal des interprètes. Cilea utilise habilement des motifs récurrents pour tisser une continuité musicale, créant ainsi une œuvre d'une cohérence et d'une beauté remarquables. Le succès de l'opéra depuis sa création en témoigne, avec des interprètes légendaires comme Caruso ayant prêté leur voix aux personnages. Au-delà de l'histoire d'Adrienne, l'opéra est une réflexion sur l'art, le théâtre et la vérité. La protagoniste elle-même déclare : "ma voix est un souffle", soulignant la puissance de l'expression artistique, qu'elle soit sur les planches de la Comédie-Française ou dans la partition d'un opéra. Adrienne Lecouvreur, par sa vie et sa mort, incarne l'idéal d'une artiste dévouée à la vérité, à l'émotion et à l'authenticité. "Adriana Lecouvreur" est un hommage vibrant à l'art dramatique, un pont entre la maison de Molière et l'univers de l'opéra, où se rencontrent la fougue, la romance, l'amour, mais aussi les trahisons et les drames. C'est une œuvre qui continue de toucher le cœur des spectateurs, rappelant que les émotions les plus profondes de l'âme humaine restent éternelles et universelles. ADRIANA LECOUVREUR Un Opéra de Francesco Ciléa, Arturo Colautti Mise en scène David McVicar Direction musicale Giacomo Sagripanti, Jader Bignamini Avec Anna Netrebko, Anna Pirozzi, Yusif Eyvazov, Giorgio Berrugi, Ekaterina Semenchuk, Clémentine Margaine, Ambrogio Maestri, Sava Vemic, Leonardo Cortellazzi, Alejandro Balinas Vieites, Nicholas Jones, Ilanah Lobel-Torres, Marine Chagnon, Se-Jin Hwang Crédit Photo Vincent Ponter
- L'Odyssée Numérique "RECHARGER" : Une Expérience Immersive Unique au Hangar Y
Le Hangar Y, en collaboration avec la Fondation Art Explora et Oasis Immersion, présente pour la première fois en Europe l'exposition immersive numérique "RECHARGER". Inspirée de l'exposition "RECHARGER/UNWIND" qui a connu un grand succès à Montréal, cette expérience unique propose aux visiteurs une plongée dans un monde imaginaire grâce à des installations audiovisuelles de pointe. Une Technologie Révolutionnaire au Service de l'Art Située au Hangar Y, cette exposition utilise un espace LED haute résolution, offrant une qualité d'image spectaculaire, conçu spécialement pour le bateau-musée du Festival Art Explora, qui sera inauguré en juin 2024 à Marseille en juin 2024. Cette innovation unique permet de créer une expérience immersive et qualitative, où les couleurs vibrantes et les contrastes profonds enrichissent l'expérience visuelle des spectateurs, même à courte distance. Quatre Pilliers pour une Expérience Complète "RECHARGER" s'articule autour de quatre piliers conceptuels : relaxation, énergisation, reconnexion, et stimulation. Chacun de ces thèmes est exploré à travers cinq œuvres immersives, permettant aux visiteurs de découvrir différentes facettes de l'art numérique génératif. Des Artistes de Renom Yoshi Sodeoka, Odaibe, Julius Horsthuis, et Alex Le Guillou sont les artistes visionnaires derrière les œuvres présentées. Leur maîtrise de l'art numérique et leur capacité à fusionner art et technologie offrent une expérience riche et variée, marquant "RECHARGER" comme un moment phare de l'art contemporain. Un Évènement à ne pas Manquer Situé au cœur de la démarche d'ouverture et de démocratisation de l'accès à l'art, le Hangar Y offre avec "RECHARGER" une opportunité unique de vivre une expérience à la fois apaisante et stimulante. Cet événement marque une étape importante dans la reconnaissance de l'art numérique comme un moyen puissant de bien-être et de réflexion. Les visiteurs ont jusqu'au 11 février 2024 pour découvrir cette odyssée numérique au Hangar Y. "RECHARGER" est plus qu'une exposition, c'est une expérience positive et réconfortante qui repousse les limites de l'art numérique pour offrir un moment unique de détente et d'émerveillement. Ne manquez pas cette occasion de plonger dans un univers d'art numérique innovant et de participer à une expérience culturelle qui renouvelle le rapport à l'art et à la culture. RECHARGER HANGAR Y Jusqu’au 11 février 2024 Crédit Photo © Patrick Khoury PROGRAMME Relaxation avec "Ondes Collectives", une œuvre invitant à la méditation collective. Énergisation par "Horizon" d'Alex Le Guillou, une expérience audiovisuelle qui réinterprète la réalité, les rêves et les souvenirs. Stimulation grâce à "Petals" de Yoshi Sodeoka, une vidéo générative audio-réactive. Reconnexion à travers "Quiet Pond" d'Odaibe, une métaphore de la zone de confort, et "Recursive reflections" de Julius Horsthuis, explorant les motifs géométriques infinis.
- "Elaha" : Un Premier Long Métrage Entre Tradition et Rébellion
Une Œuvre Courageuse et Engagée Dans "Elaha", Milena Aboyan aborde avec sensibilité et intelligence la complexe question de l'autonomie corporelle face aux traditions oppressives. Elaha, une jeune femme kurde cherche par tous les moyens à faire reconstruire son hymen, pensant ainsi rétablir son innocence avant son mariage. Ce film représente un défi courageux, plongeant dans le dilemme entre respect des traditions et désir d'indépendance. Choix Délibéré d'un Sujet Profond Milena Aboyan aurait pu choisir un thème moins complexe pour son premier long métrage. Elle explique son choix captivant, mettant en lumière les inégalités auxquelles les femmes sont confrontées, notamment en matière de pureté et de virginité, et soulève des questions de jugement et de perception méritant exploration. Une Réalisation Classique au Service du Récit La mise en scène, tout en étant assez classique, sert efficacement l'histoire. Aboyan parvient à créer une intimité avec son sujet, permettant une immersion totale dans l'expérience d'Elaha, et souligne son combat intérieur. Performance Transcendante de Bayan Layla La performance de Bayan Layla, dans le rôle principal, apporte une profondeur émotionnelle captivante. Elle incarne la complexité de son personnage, illustrant le conflit entre les attentes sociétales et ses propres désirs. Traitement Respectueux des Sujets Délicats Le film excelle dans sa capacité à aborder des thèmes sensibles avec respect et authenticité. L'attention aux détails et la sensibilité d'Aboyan enrichissent la narration, offrant une perspective riche et engageante. Message Puissant sur l'Émancipation Féminine "Elaha" transmet un message fort sur la nécessité de l'émancipation féminine dans un monde dominé par les traditions patriarcales, offrant une plateforme pour la performance remarquable de Bayan Layla. Une Contribution Significative au Cinéma Malgré une mise en scène qui peut sembler conventionnelle, "Elaha" se distingue comme une œuvre significative, révélant les talents de Milena Aboyan en tant que réalisatrice engagée et sensible. Avis de Foudart 🅵🅵 ELAHA Un film de Milena Aboyan Avec Bayan Layla, Derya Dilber, Derya Durmaz Sortie cinéma, le 7 février • Wayna Pitch • Durée 1h50 • Image (c) Wayna Pitch
- PRIMA FACIE : Une Ode à la Résilience
Peu de pièces parviennent à conjuguer avec autant de brio la profondeur émotionnelle et la pertinence sociétale comme le fait "Prima Facie". Cette création de la dramaturge australo-britannique Suzie Miller nous plonge dans la vie tumultueuse d'une jeune avocate pénaliste, Tessa Ensler, confrontée à des épreuves qui ébranlent sa perception de la justice et de son rôle en son sein. Les Débuts de Tessa Ensler Tessa, avocate brillante au parcours prometteur, se dévoile devant nous : de sa jeunesse et son cadre familial à ses années universitaires et ses premières amours. La Justice vue de l'intérieur Le récit, enrichi d'anecdotes sur ses premiers pas dans l'univers judiciaire, illustre la justice avec une clarté et une acuité remarquables. L'écriture, fusionnant élégance, simplicité et finesse, démystifie l'univers judiciaire et captive notre attention. C'est fascinant, et pourtant, nous sommes poussés à nous interroger sur les imperfections et les fissures de ce portrait en apparence idéal. Soudain... mais nous ne révélerons rien de plus ici, car ce n'est pas le lieu pour dévoiler la suite de l'histoire. Ce qui est sûr, c'est que l'intrigue s'oriente vers une tournure nettement plus sombre et plus dramatique. Victime ou Coupable "Prima Facie" en mettant en exergue les défis et les luttes internes de son héroïne, interroge le pouvoir et le patriarcat, explore la fragilité de la justice et la dualité victime-coupable. L'Impact de l'Écriture de Suzie Miller Le texte de Suzie Miller, ayant suscité une vive réaction au Royaume-Uni par son intensité et sa pertinence, est stupéfiant. L'adaptation française, œuvre de Dominique Hollier et Séverine Magois, oscille avec aisance entre lyrisme et réalisme. Transformant les didascalies, souvent perçues comme des éléments intrusifs au théâtre, en atouts narratifs, cette adaptation témoigne d'une inventivité remarquable. Une Interprétation Magistrale Élodie Navarre est époustouflante. Passant de la joie à la peine, de la sensualité à la gravité, avec une authenticité et une intensité rare, elle offre une performance si nuancée que même son reflet dans le grand miroir en fond de scène nous apporte une dimension supplémentaire à son personnage. Sa présence devient majestueuse lorsqu'elle endosse sa robe d'avocate, tandis que sa danse libératrice contraste avec des instants de vulnérabilité profonde. Une Grande intelligence Sous la direction de Géraldine Martineau, collaborant avec Élodie Navarre depuis une décennie, la mise en scène atteint des sommets d'expression et d’intelligence. La scénographie, minimaliste et nuancée de gris, et les lumières de Nieves Salzmann, créent un espace qui accentue chaque moment clé de la pièce. L'ambiance sonore enrichit cette impression, nous enveloppant dans une atmosphère émotionnelle et intense. Une Expérience Théâtrale Incontournable "Prima Facie" se distingue non seulement par son script percutant mais aussi par une mise en scène et une interprétation qui transcendent le théâtre traditionnel, offrant une expérience mémorable et inoubliable. Cette pièce qui vient tout juste de démarrer son exploitation au Petit Montparnasse, représente une expérience théâtrale profondément enrichissante et essentielle. Ne soyez pas intimidé par la force et l’intensité du sujet. Découvrir "Prima Facie", c'est soutenir une œuvre qui mérite d'être vue, ressentie et, espérons-le, largement honorée pour son audace et sa beauté. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 PRIMA FACIE Un texte de Suzie Miller Traduction Dominique Hollier et Séverine Magois Mis en scène Géraldine Martineau Avec Élodie Navarre Scénographie Salma Bordes • Lumières Nieves Salzmann • Création Sonore Antoine Reibre • Costumes Vanessa Coquet Théâtre Petit Montparnasse Depuis le 17 JANVIER 2024 • Du mardi au samedi à 21h • Le samedi à 16h30
- Les Travailleurs de la Mer : Un Voyage Théâtral au Cœur de la Nature Humaine
Au théâtre, il est rare de tomber sur une pièce qui résonne non seulement avec l'écho profond de la littérature classique mais qui réussit aussi à capturer l'essence brute de la condition humaine. La récente adaptation théâtrale de "Les Travailleurs de la Mer", chef-d'œuvre de Victor Hugo, par Elya Birman et mise en scène par Clémentine Niewdanski, est une telle rareté. Une Immersion Totale dans le Courage et l'Amour Jouée jusqu'au 17 mars 2024 au Lucernaire, cette pièce offre une immersion totale dans un récit de courage, d'amour inavoué et de lutte contre les éléments déchaînés. Au cœur de cette adaptation se trouve Gilliatt, un personnage marginal et solitaire, interprété avec intensité et passion par Elya Birman. Une Quête Périlleuse en Pleine Tempête Gilliatt est secrètement amoureux d'une jeune fille, mais son amour semble destiné à rester non partagé. Tout change lorsque le navire La Durande fait naufrage. Son propriétaire promet la main de la jeune fille au sauveur de l'épave, propulsant Gilliatt dans une quête périlleuse en pleine tempête pour sauver le bateau. Une Mise en Scène pleine de Créativité La mise en scène de Clémentine Niewdanski est une merveille de créativité et d'ingéniosité. Sur un plateau étroit, elle réussit à évoquer l'immensité de la mer et le chaos du naufrage, transformant chaque débris en élément de décor et chaque geste en partie intégrante du récit. La scénographie minimaliste et les jeux de lumière contribuent à créer un univers à la fois intime et universel, où notre imaginaire est sollicité pour reconstruire le présent de l'histoire. Un Voyage Émotionnel avec Birman Birman, seul sur scène, devient à la fois narrateur et personnages, nous transportant au cœur des tumultes naturels et émotionnels de Gilliatt. Sa lutte pour récupérer l'épave de La Durande, face à la faim, la fatigue et même une pieuvre acharnée, est racontée avec une énergie et une conviction qui nous suspend à ses mots. Une Expérience Théâtrale Unique et Universelle C'est une histoire qui, malgré son cadre du XIXe siècle, parle à l'expérience universelle de l'isolement, de l'espoir et de la persévérance. Nous sortons de la salle profondément touchés, épuisés mais émerveillés, avec l'impression d'avoir partagé une aventure humaine intense. Un Spectacle Incontournable "Les Travailleurs de la Mer" s'impose ainsi comme un spectacle incontournable, à la fois un hommage vibrant à Victor Hugo et un rappel puissant de la capacité du théâtre à nous transporter dans les profondeurs de l'âme humaine. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 LES TRAVAILLEURS DE LA MER de Victor Hugo Mise en scène Clémentine Niewdanski Adaptation Elya Birman et Clémentine Niewdanski Avec Elya Birman Création sonore Thibaut Champagne • Lumières Florent Penide • Décor Estelle Gautier • Crédit photo © Filip Flatau Théâtres le Lucernaire Du 24 janvier au 17 mars 2024 • Du mardi au samedi à 19h • Dimanche 15h30
- Le Malade imaginaire ou Le Silence de Molière : Réinvention et Transmission par Arthur Nauzyciel
En 1999, Arthur Nauzyciel marquait ses débuts de metteur en scène avec une interprétation audacieuse du "Malade Imaginaire" de Molière, enrichie par "Le Silence de Molière", une œuvre fictionnelle de Giovanni Macchia. 23 ans après, il revisite ce spectacle clé, animé par le désir de le partager avec le public actuel. « Aujourd’hui, je souhaite offrir à une nouvelle génération de spectatrices et spectateurs la possibilité de s’inscrire dans une histoire, de tisser des liens d’une création à l’autre, de découvrir le spectacle fondateur, celui qui contient déjà tous les autres. » - Arthur Nauzyciel Une Occasion de Dialoguer avec le Passé pour Éclairer le Présent Nauzyciel ne se limite pas à réinterpréter le classique ; il orchestre un dialogue entre Molière et sa fille, Esprit-Madeleine, dont la vie, marquée par le silence et le renoncement, est révélée grâce aux recherches de Macchia. Cette démarche, à la fois réparatrice et testamentaire, transforme la relation père-fille en symbole d'échange intergénérationnel et de transmission de la mémoire artistique. Mémoire et Transmission : Un Pont entre les Siècles La comédie se mue alors en un récit intime et poignant, explorant les relations père/fille, maître/élève, et metteur en scène/acteur. Elle célèbre la capacité du théâtre à transcender les époques, à unir les âmes des vivants et des disparus, tout en interrogeant la notion de transmission, tant dans le domaine artistique que dans les expériences humaines fondamentales. Une Distribution Envoûtante : Le Renouvellement de l'Art Arthur Nauzyciel réinvite la magie de cette œuvre avec deux comédiens de la première heure : Laurent Poitrenaux, dont l'interprétation oscille avec brio entre emphase, fougue et nostalgie, et Catherine Vuillez, incandescente dans le rôle d'Esprit-Madeleine. Ils sont rejoints par sept jeunes talents prometteurs. Sous une direction rigoureuse, cette troupe renouvelée, bien qu'en quête parfois de repères, révèle une alchimie captivante. Raphaëlle Rousseau, dans le rôle de Toinette, brille particulièrement. Un Cadre Intemporel : La Magie Visuelle La scénographie originale, composée de panneaux de lin jouant avec la transparence pour estomper les frontières de l'espace et du temps, les éclairages de Marie-Christine Soma, et les costumes atemporels de Claude Chestier et Pascale Robin, crée une atmosphère unique. Cette fidélité aux éléments visuels initiaux enrichit encore l'expérience théâtrale, la rendant encore plus émouvante. Un Renouveau Artistique : La Vision d'Arthur Nauzyciel La mise en scène d'Arthur Nauzyciel du "Malade Imaginaire" illustre magistralement comment une œuvre classique peut continuer à briller et à toucher profondément, affirmant son rôle comme un pilier pour l'avenir. Cette interprétation transcende la simple représentation pour devenir un vibrant hommage à l'art, capable de consoler, guérir et créer des passerelles entre les époques. Nauzyciel se révèle comme un visionnaire, un relais de mémoire qui établit un dialogue intemporel, soulignant que le théâtre, par sa nature éphémère, capture l'essence de l'éternité. Il réaffirme le rôle du théâtre comme moyen de transmission, révélant les strates de notre histoire et encourageant une réflexion continue sur notre condition. Le Théâtre, Reflet de l'Âme Dans cette démarche, Nauzyciel nous convie à une introspection, créant un échange constant avec notre temps. Il met en lumière le théâtre comme espace de questionnement et de découverte, où le passé et le présent se rencontrent, enrichissant notre perception du monde et de nous-mêmes. Une Odyssée Artistique et Temporelle "Le Malade Imaginaire ou Le Silence de Molière", sous la houlette de Nauzyciel, devient une quête qui questionne nos liens familiaux, artistiques et sociaux. L'œuvre souligne la capacité de l'art à transcender le temps, à apaiser les douleurs et à inspirer l'avenir. Nauzyciel émerge comme un maillon entre les temps, illustrant avec éloquence que le théâtre demeure un espace vital pour la réflexion, la remise en question et la célébration de notre complexité. En fusionnant "Le Malade Imaginaire" avec "Le Silence de Molière", il ne se limite pas à moderniser un classique ; il forge un théâtre rénové, une caisse de résonance pour les échos du passé et un phare d'espoir pour demain. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 LE MALADE IMAGINAIRE OU LE SILENCE DE MOLIÈRE MOLIÈRE D’après Molière et Giovanni Macchia Mise en scène et adaptation Arthur Nauzyciel Avec Hinda Abdelaoui, Aymen Bouchou Valentin Clabault, Maxime Crochard , Arthur Nauzyciel, Laurent Poitrenaux, Arthur Rémi, Raphaëlle Rousseau, Salomé Scotto, Catherine Vuillez Scénographie Claude Chestier • Costumes Claude Chestier, Pascale Robin • Lumières Marie-Christine Soma • Création Sonore Xavier Jacquot • Crédit photo © Philippe Chancel THÉÂTRE NANTERRE AMANDIERS Du 26 janvier au 9 février 24 • Les mardis et mercredis à 19h30 • Les jeudis et vendredis à 20h30 • Samedi à 18h • Dimanche à 15h • Durée estimée 2h30 DATES APRÈS LES AMANDIERS 21/02 2024 Bourges, Maison de la Culture – Scène nationale 13/03–14/03 2024 Caen, Comédie de Caen – CDN de Normandie 03-04–05/04 2024 Cergy, Points Communs – Scène nationale 11–12/04 2024 Dunkerque, Le Bateau Feu – Scène nationale Du 24 au 27/04 2024 Paris, La Villette
- Boléro : Une Cérémonie de Renaissance Queer
Le court métrage "Boléro" de Nans Laborde-Jourdàa, une fresque audacieuse et émouvante qui fusionne danse, mémoire et désir, se distingue par son approche unique de la célèbre composition de Maurice Ravel. Ayant déjà conquis le cœur du public et des critiques à Cannes où il a remporté la Queer Palm, le Prix Leitz Cine Discovery et le Prix Canal+, "Boléro" poursuit son impressionnante trajectoire en étant nommé pour le César 2024 dans la catégorie du Meilleur Film Court Métrage. Une réinterprétation audacieuse Le film suit Fran, de retour dans son village natal, dans un voyage intérieur rythmé par le Boléro de Ravel. Cette traversée, entre souvenirs et désirs, conduit à une apothéose chaotique et joyeuse. Laborde-Jourdàa offre ainsi une vision singulière et subversive, marquée par une sorte de cérémonie de renaissance queer, une célébration des corps et des voix marginalisés. Hommage et innovation Le film rend hommage à la chorégraphie originelle de Nijinska tout en s'inspirant des œuvres de Kazuo Ōno et Tatsumi Hijikata, évoquant la révolte de la chair à travers une esthétique queer affirmée. François Chaignaud, dans le rôle principal, incarne cette fusion de mémoires dansantes, créant une performance qui défie les normes et embrasse pleinement l'expression queer. Nans Laborde-Jourdàa : Un artiste pluridisciplinaire Laborde-Jourdàa, cinéaste et comédien, s'est illustré à travers des projets variés, allant du théâtre au cinéma, démontrant une prédilection pour les histoires intimes et les narrations non conventionnelles. Son œuvre précédente, "Looking for Reiko" et "Léo la nuit", témoignent de son engagement à explorer des thèmes complexes avec sensibilité et audace. L'Érotisme et la Mémoire au Cœur du Récit "Boléro" se distingue par son érotisme organique et son utilisation métaphorique de la danse comme moyen de connexion et de rébellion. La performance centrale, entrelacée avec des flashbacks et des rencontres significatives, offre une réflexion poignante sur l'identité, la solitude et le besoin d'appartenance. Pour Laborde-Jourdàa, cette expérience marque non seulement un succès personnel mais aussi une étape importante dans sa carrière artistique. "Boléro" est une célébration vibrante de l'art comme vecteur de changement, d'acceptation et de liberté. Alors qu'il se prépare pour les César 2024, ce court métrage reste un témoignage puissant de la richesse et de la diversité des voix queer dans le cinéma contemporain, promettant de captiver encore davantage de spectateurs avec son message d'amour et de résilience. BOLÉRO Un court-métrage de Nans Laborde-Jourdaà Avec François Chaignaud, Muriel et Mellie Laborde-Jourdàa, Roger Marcillaud, Loïc M'Bora et Yan Jumbou Production Margaux Lorier, Wrong Films & Memo Films • 17 min.
- La réalité augmentée révolutionne l'expérience théâtrale au Châtelet
Paris, Théâtre du Châtelet – L'opéra "Cosi fan tutte" de Mozart, actuellement en représentation, offre une expérience révolutionnaire aux spectateurs grâce à l'introduction de lunettes de réalité augmentée. Celles-ci permettent de suivre l'opéra dans différentes langues. Vision du Directeur Cette innovation est le fruit de la volonté d'Olivier Py, le directeur du théâtre, de moderniser l'expérience théâtrale et de la rendre accessible à un public plus large, incluant les personnes en situation de handicap. Surmontant la Barrière Linguistique Le défi posé par la langue italienne de l'opéra n'est plus un obstacle pour les non-italophones. Les lunettes connectées offrent une solution élégante aux problématiques de traduction et de surtitrage dans les théâtres. Expérience Spectateur Améliorée Fini les torticolis. Rien ne peut désormais empêcher les spectateurs de se plonger totalement dans le spectacle vivant : le texte et la traduction, projetés directement dans le champ de vision des utilisateurs, changent la donne. Personnalisation de l'Expérience Les lunettes, légères et accompagnées d’un petit boîtier, permettent de personnaliser l'expérience en ajustant la taille et la couleur du texte, la luminosité, et même la langue du surtitrage, ainsi que son positionnement sur les verres. Cela permet de choisir l'emplacement optimal sans perdre de vue l'essence de la performance. Technologie et Inclusion Ce projet ne se limite pas à améliorer l'accessibilité linguistique ; il vise également à inclure les personnes en situation de handicap, envisageant même l'intégration d'une traduction en langue des signes. L'initiative souligne le rôle de la technologie comme vecteur d'inclusion et d'innovation dans le monde du théâtre. Vers l'Avenir de la Performance en Direct Avec la mise à disposition gratuite d'une vingtaine de paires de lunettes pour chaque représentation de "Cosi fan tutte", le Théâtre du Châtelet fait un pas de géant vers l'avenir de la performance en direct, harmonisant tradition et technologie. Un Tournant dans l'Expérience Théâtrale L'adoption de cette technologie au Châtelet marque un tournant dans l'expérience théâtrale, promettant une ère nouvelle où l'accès et l'immersion totale dans les œuvres culturelles seront facilités pour tous. Ceci ouvre la voie à une révolution tant attendue dans le monde du spectacle vivant.
- Incandescences : un spectacle enivrant
Dans le sillage d'Illumination(s) en 2012 et de F(l)ammes en 2016, Incandescences, dernier chapitre de la trilogie Face à leur destin, mettra en scène des jeunes femmes et des jeunes hommes non professionnels, nés de parents ayant vécu l'exil et résidant dans des quartiers populaires. L'objectif de cette nouvelle aventure s'inscrit dans la dynamique des précédentes : investir les scènes de France pour y faire entendre la voix d'une jeunesse rarement entendue, y amener d'autres corps, d'autres visages, d’autres histoires, poussées par un vent de liberté, de joie et d'espérance. C'est par la bouche des enfants qu'ils ont engendrés que les corps de ces parents venus d'ailleurs et souvent cantonnés à n'être que des forces de travail, nous apprennent qu'ils sont aussi d'incroyables forces d'amour. Sans pudeur, tantôt légers, tantôt graves, ils évoquent, leur premier « je t'aime », leur premier baiser, leurs premiers émois d'amour. Ce récit universel, joué, dansé, chanté, est l'expression de l'immense joie d'amour qui a engendré notre humanité, c'est aussi un immense éclat de rire qui résonnera longtemps après que les feux de la rampe se seront éteints… Après les très puissants et émouvants Illumination(s) et F(l)ammes, les deux premiers volets de la trilogie Face à leur destin, c'est avec une immense joie que je me suis précipité au filage du prochain spectacle d'Ahmed Madani au Théâtre 71 à Malakoff. Incandescences se propose d'explorer, à nouveau, une certaine jeunesse. Et quel choc ! Une centaine de filles et de garçons, âgés de vingt à trente ans, ont accepté de rencontrer Ahmed Madani et de lui ouvrir leur coeur. Ces sessions de recherche menées sur une année dans une douzaine de villes ont permis au dramaturge de plonger dans l'humanité et la singularité de vies ordinaires au caractère extraordinaire. En nous offrant une partie de leur réalité et en témoignant, ces jeunes soufflent un vent rafraichissant sur la scène du théâtre contemporain. Dans une langue taillée sur mesure pour chacun d'eux et nous livrant ces récits trop souvent passés sous silence, ces jeunes filles et ces jeunes hommes s'emparent du plateau avec jubilation et malice pour dire ce qui les unit, ce qui les sépare, ce qui les fragilise, ce qui leur donne la force de se tenir debout et d'avancer. Ils sont forts, puissants, magnétiques. Ils s'adressent à nous avec éloquence, fierté, drôlerie et, accompagnés par l'auteur et metteur en scène, nous invitent à découvrir une forme de sociologie poétique inédite où fiction et réalité s'entremêlent. JE PRENDS DEUX MORCEAUX DE LA RÉALITÉ ET JE LES FROTTE POUR QUE LE FEU DE LA FICTION EN JAILLISSE. - P. Roth Comme une expérience, presque hypnotique Théâtre, danses, chants et même magnifiques vidéos sont au programme de ce bouleversant et atypique spectacle qui nous prend aux tripes et ne nous lâche plus jamais. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 "Ces vidéographies de corps, visages ou groupes seront une tentative d'explorer les fils qui relient les individus.Il s'agira de filmer la surface, la secouer pourfaire émerger des couches plus profondes, de rendre visible l'indicible en laissant une place au hasard dans l'exécution des images, de figer dans un mouvement perpétuel ce qui est fugace par nature pour mieux l'appréhender et s'en laisser pénétrer." - Nicolas Clauss INCANDESCENCES FACE À LEUR DESTIN - ÉPISODE 3 Texte et mise en scène Ahmed Madani Avec Romain Bouillaguet, Aboubacar Camara, Nathan Mawatu, Marie Ntotcho, Julie Plaisir, Philippe Quy, Merbouha Rahmani, Jean-Baptiste Saunier, Izabela Zak Assistant mise en scène lssam Rachyq-Ahrad Crédit photo Nicolas Clauss THÉÂTRE DE LA TEMPÊTE 29 février > 31 mars 2024 • Du mardi au samedi à 20h • Dimanche 16h • Durée 1h45 • À partir de 15 ans Spectacle vu au Théâtre Paris-Vilette
- "Le Cercle des Poètes Disparus" au Théâtre Antoine : Une Ode Vibrante à la Liberté
Paris, la capitale éternelle de l'art et de la culture, s'illumine à nouveau à l'occasion d'un événement théâtral sans précédent : l'adaptation scénique du célèbre film "Le Cercle des Poètes Disparus". Sous les traits du talentueux Stéphane Freiss, incarnant John Keating, cette pièce insuffle une nouvelle vie à un classique du cinéma qui continue d'influencer les esprits depuis sa sortie en 1989. Un Défi Audacieux Transposer "Le Cercle des Poètes Disparus" au théâtre s'est avéré un formidable défi. Orchestré par la passion d'Olivier Solivérès, le projet avait pour ambition de saisir l'essence du film original tout en créant une expérience théâtrale inédite et enrichissante. Ce classique, loué pour son message d'émancipation et de liberté par la poésie et l'art, renaît ainsi sur les planches. Un Message Intemporel Au cœur de cette adaptation, le professeur Keating, avec son charisme et sa pédagogie révolutionnaire, symbolise la quête de liberté. Il encourage ses élèves à forger leur propre voie et à embrasser la vie avec ardeur. "Oh Capitaine, mon Capitaine", cette réplique iconique, devient un hymne à l'individualité et à la résistance contre les normes établies. Une Adaptation Fidèle et Innovante L'œuvre de Gérald Sibleyras réussit avec brio à capter l'esprit du film tout en proposant une expérience théâtrale unique. La mise en scène d'Olivier Solivérès, enrichie d'innovations telles que la réorganisation de l'espace de classe pour dynamiser la pièce et l'interaction avec le public pour recréer l'atmosphère de l'époque, ajoute une dimension immersive. La scénographie de Jean-Michel Adam, alliée à l'éclairage de Denis Koransky, enveloppe le spectacle dans une aura à la fois intime et éclatante. Éclat de Jeunesse et Rébellion Stéphane Freiss, explorant le rôle de Keating à travers le script plutôt que le film, apporte une authenticité et une fraîcheur exceptionnelles à son personnage. Le casting de jeunes talents, dont Ethan Oliel qui interprète avec finesse le conflit intérieur de Neil Perry, ainsi que Hélie Thonnat, Pierre Delage, Maxime Huriguen, Audran Cattin, et Maxence Seva, illustre la diversité et l'énergie de la jeunesse en quête d'émancipation. Ces acteurs, unis par leur passion et leur engagement, transforment "Le Cercle des Poètes Disparus" en une célébration vibrante de la jeunesse, de l'audace, et du refus des conformismes oppressants. Leur talent et leur énergie font de cette adaptation un spectacle captivant et un puissant appel à la liberté, à l'individualité, et à la poursuite des rêves. Un Triomphe Mérité Depuis sa première, la pièce reçoit un accueil enthousiaste, prouvant la pertinence de son message de "carpe diem". Elle souligne l'importance de l'amitié, de l'émancipation, et de la transmission des valeurs dans notre société actuelle. "Le Cercle des Poètes Disparus" au Théâtre Antoine transcende la simple reproduction du film pour offrir une interprétation magistrale et contemporaine, rappelant le pouvoir inspirant de l'art. La standing ovation à chaque représentation est la preuve éloquente de son impact, soulignant que l'art, par sa grâce et sa puissance, a le don d'inspirer, de transformer les vies, et d'inciter chacun à embrasser pleinement chaque instant. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 LE CERCLE DES POETES DISPARUS de Tom Schulman Adaptation française Gérald Sibleyras Mise en scène Olivier Solivérès Avec Stéphane Freiss, Ethan Oliel, Hélie Thonnat, Audran Cattin, Maxence Seva, Pierre Delage, Maxime Huriguen, Yvan Garouel, Olivier Bouana Décors Jean-Michel Adam • Lumières Denis Koransky • Vidéos Sebastien Mizermont • Costumes Chouchane Abello-Tcherpachlan • Musiques Cyril Giroux • Assistant mise en scène Pierre Marazin Crédit photo © Pascal Ito THÉÂTRE ANTOINE Actuellement • Du Mercredi au Vendredi à 21h • Samedi à 16h et 21h • Dimanche à 16h • Durée 1h30
- Le consentement
« Depuis l’ère #metoo, le barrage à cédé. La parole a libéré les françaises… les vérités s’assènent enfin. Les points de vue s’assument du coté des victimes. Je suis une sur deux, peu importe laquelle » Ludivine Sagnier. Janvier 2020 Le consentement est tout d’abord un récit autobiographique de Vanessa Springora qui décrit comment, trente ans auparavant, lors d’un diner, elle a été séduite par un auteur célèbre G., presque quinquagénaire, alors qu'elle avait tout juste 13 ans « Je l'ai rencontré en 1986. On le connaissait. Il y a eu un dysfonctionnement de toutes les institutions : scolaire, policière, hospitalière... C'est ça qui est sidérant face à un militant de la cause pédophile qui a publié des textes en ce sens et qui s'en glorifie ». De l'illusion du prince charmant à la réalité d’un pervers Un livre très bien écrit, très bien pensé qui, de façon analytique, sincère et sans haine, dépeint le processus de manipulation psychique implacable et effrayant dans lequel V. a été placée, en tant que victime consentante et amoureuse, ainsi que la grande difficulté de s'en sortir. Le consentement, c’est aussi « une matière première mobile, frêle, supposément protectrice, mais qui se voit souillée, rabattue, écrasée, négligée à la moindre occasion par les prédateurs qui l’a manient avec tant d’habileté » dit Ludivine Sagnier. Le consentement, c'est enfin le plus grand de tous les tabous car, peut-on encore vraiment parler d'agression lorsque il y a consentement, quelle que soit l'âge de la victime ? « Quelle preuve tangible avais-je de mon existence, étais-je bien réelle ? Pour en être certaine, j’avais commencé par ne plus manger. À quoi bon m’alimenter ? Mon corps était fait de papier, dans mes veines ne coulait que de l’encre, mes organes n’existaient pas. Autour de moi, la ville, brumeuse, féerique, se muait en décor de cinéma. Tout était faux autour de moi et je ne faisais pas exception. » EXTRAIT Une façon de faire bouger les lignes profondément Lorsque Sébastien Davis a découvert ce livre pour la première fois, il a immédiatement su qu’il tenait entre ces mains quelque chose de différent. Pas une vengeance, pas une complainte « une façon de donner une riposte artistique à un traumatisme effroyable ». « Quand la loi des hommes fait défaut, c’est par l’art qu’il faut agir. L’art est nécessaire à l’humanité car il nous permet de nous observer plus objectivement et de faire bouger les lignes... encore et toujours. Incessamment. Car si nous n’avons pas les yeux grands ouverts, nous ne saurons jamais distinguer le vrai du faux, discerner ce qui est bon pour nous de ce qui nous détruit » Complice consentante ? Alors, peut-il y avoir vraiment consentement et discernement à un jeune âge dans ce genre de relation malsaine et inégale ? D'autant plus quand les présidents de la République sont les garants de moralité des abuseurs d'enfants. Quand les plus grands philosophes se font les avocats du Diable. Quand les animateurs les plus connus reçoivent avec les honneurs le Loup escorté de son petit Chaperon rouge de service. Enfin, quand nous sommes tous le résultat d'une époque (l'après 68) où la libération sexuelle était parfois confrontée aux désirs de certains adultes manipulateurs. Quoi qu'on en dise. Quoi qu'on en pense. On ne peut pas condamner une victime au nom d'un consentement « Une personne mineure, n’est pas moralement responsable pour la simple raison qu’elle est encore en formation, en développement, et qu’elle n’est pas prête à affronter le monde par elle-même ». Pour nous, en se rappelant et en écrivant, Vanessa se sert de l'art de l'écriture pour faire ce passage vers le réel. Pour nous, en ressentant, en vivant, en parlant et en dansant, Ludivine, de son côté, se sert de l'Art du théâtre. Avec l'aide de la musique organique de Dan Lévy et de la batterie « en live » de Pierre Belleville qui vient souligner, ponctuer ou perturber le propos, Ludivine Sagnier, avec sa façon d'énoncer les faits très simplement et ses postures très ancrées, confronte notre morale à notre ressenti et répond par l'émotion à nos questions. Se connecter à l'enfant qui est en nous En quelques minutes à peine, dès le début du spectacle, une sorte de malaise presque insupportable nous envahit. Porté pour la première fois à la scène, ce texte brillant, ce passage de témoin au théâtre, ce condensé de vie est un souffle libérateur, puissant et indispensable. Une occasion rare de nous connecter à l'enfant qui sommeille au plus profond de nous. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 LE CONSENTEMENT Texte de Vanessa Springora édité chez Grasset Mise en scène Sébastien Davis avec Ludivine Sagnier et Pierre Belleville (Musicien) Création musicale Dan Lévy Scénographie Alwyne de Dardel Lumière Rémi Nicolas Crédit Christophe Raynaud de Lage THÉÂTRE DU ROND-POINT 7 mars - 6 avril 2024 • Du mardi au vendredi, 19h30 - Samedi, 18h30 • Dimanche, 15h30 • Durée 1h20 • À partir de 16 ans
- "Je suis Gréco" : Identité et mystère d’une icône revisitée sur scène
Peu de spectacles de ce type osent s'aventurer au-delà des frontières conventionnelles du biopic pour explorer la complexité et l'énigmatique de leurs sujets. "Je suis Gréco", coécrite par Léonie et Mazarine Pingeot, relève ce défi avec brio, en plongeant dans l'univers de Juliette Gréco, icône de la chanson française et muse de l’existentialisme. Dès le début, le spectacle se distingue par son approche singulière de la biographie. Il ne s'agit pas d'une simple narration linéaire de la vie de Gréco, mais plutôt d'une exploration multidimensionnelle de son identité. Les auteures utilisent une interview de 1973 avec Jacques Chancel comme toile de fond pour déconstruire la personnalité de Gréco, à travers des scènes et des refrains qui ont jalonné son existence. Nous sommes alors confronté à une Gréco éclatée, une femme aux multiples facettes, énigmatique et insaisissable. La mise en scène est d'autant plus intrigante que Gréco est incarnée par deux interprètes, Elsa Canovas et Geoffroy Rondeau, reflétant ainsi sa dualité. Canovas dépeint une Gréco enfantine et vulnérable, tandis que Rondeau offre une vision plus sensuelle et sophistiquée. Cette dualité est au cœur de la pièce, soulignant l’idée que notre identité est formée par un éventail de voix et d’influences. La musique joue un rôle crucial dans cette production. Raphaël Bancou, multi-instrumentiste talentueux, accompagne le récit avec des arrangements subtils et percutants. Les chansons ne sont pas là pour divertir, mais pour enrichir le récit, révélant des aspects de l'identité de Gréco à travers les paroles et les mélodies. La scénographie de "Je suis Gréco" est tout aussi captivante. Elle oscille entre réalisme et onirisme, créant un monde où l’imaginaire de Gréco prend vie. Donnant une dimension poétique et fantastique à la pièce. Enfin, "Je suis Gréco" est plus qu'un hommage à une artiste célèbre. C’est une interrogation sur l’identité elle-même. À travers le prisme de Gréco, le spectacle nous invite à réfléchir sur notre propre identité, nos masques et nos vérités cachées. Il nous pousse à nous demander : qui sommes-nous vraiment ? Dans l'ensemble, "Je suis Gréco" est un tour de force théâtral et musical, un spectacle qui allie profondeur, esthétique et réflexion. Il offre une nouvelle perspective sur Juliette Gréco, tout en posant des questions universelles sur l'identité et l'authenticité. Pour les fans de Gréco et les amateurs de théâtre innovant, ce spectacle est incontournable. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Je suis Gréco Texte Mazarine Pingeot et Léonie Pingeot Mise en scène Léonie Pingeot Avec Raphaël Bancou (musicien), Elsa Canovas, Geoffroy Rondeau, Gaël Sall Scénographie Damien Rondeau • Création lumière Quentin Pallier • Création sonore Raphaël Pouyer • Crédit Photos Rodolphe Haustraete THÉÂTRE DU ROND-POINT 31 janvier — 10 février 2024 • Du mardi au vendredi, 19h30 • Samedi, 18h30 • dimanche, 15h30 • Durée 1h20 TOURNÉE 13 janvier 2024 Les Bords de Scènes / Athis-Mons (91) 15 et 16 février 2024 Espace Bernard-Marie Koltès /Metz (57)


















