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  • "James Brown mettait des bigoudis": entre humour et mélancolie

    Dans James Brown mettait des bigoudis, Yasmina Reza, dramaturge réputée pour sa capacité à entrelacer légèreté et profondeur, dévoile une comédie du quotidien qui se mue habilement en une exploration sérieuse de la condition humaine. Avec une poésie et une fantaisie touchantes, elle nous invite à méditer sur notre perception de la différence dans un univers à la fois nuancé et brillamment mis en scène. Jacob Hutner, personnage que nous avons déjà rencontré dans Heureux les heureux de Yasmina Reza, trouve ici une nouvelle vie. Placé dans une maison de repos, celui qui se voit en Céline Dion se lie d'amitié avec Philippe, un homme blanc qui s’identifie comme noir. Ignorant leur niveau de déraison, ou même s'il en existe un, ils sont soutenus par leur psychiatre dans leur quête d'identité singulière, soulevant des questions profondes sur la construction de notre identité et le rôle des modèles dans l'établissement du soi. Entre Rires et Réflexions Profondes "C’est une fantaisie, au sens musical du terme, sur l’identité ou la différence – à votre guise. Beaucoup nous échappe. Je ne voudrais pas donner ici des clés qui n’en sont pas." Le théâtre de Reza est caractérisé par un métissage subtil, où genres, langages et préoccupations de divers degrés de gravité s'entrelacent. Dans Yasmina Reza. Le miroir et le masque, publié aux Éditions Léon Scheer, Alice Bouchetard décrit parfaitement une écriture qui flirte subtilement avec les règles d’Aristote tout en embrassant une avant-garde théâtrale, suscitant une réflexion poignante sur l’identité et la différence, habilement voilée par un masque de comédie quotidienne. À travers cette hybridation narrative, les protagonistes évoluent dans un univers où genres, langages et questions existentielles s'entremêlent et interagissent dans un ballet subtil d'émotions et de pensées. La pièce devient alors un miroir où les questions "De quoi sommes-nous construits ? De qui sommes-nous faits ?" nous offrent non pas des réponses, mais un espace pour nous questionner. Les cinq comédiens, accompagnés du musicien Joachim Latarjet, matérialisent l'histoire sans apporter de solutions prédéfinies, nous laissant un arôme énigmatique de questionnements et de fantaisie poétique. Menés par Micha Lescot d'une féminité troublante, Alexandre Steiger avec ses combats, ou encore Christèle Tual en psychiatre fantasque, tous semblent figés dans une forme de ridicule, à l'exception des parents, perdus dans leur mal-être (Josiane Stoléru et André Marcon), qui, issus d’une génération plus raisonnable, traversent ces excentricités accrochés à leur bon sens pratique. Bien que certaines scènes soient parfois inégales en termes d'intérêt, la qualité de la mise en scène et des acteurs sublime le tout. James Brown mettait des bigoudis est une symphonie mélangeant l'hilarité à la souffrance, la légèreté à la profondeur, et explorant les identités, le genre et la parentalité. Laissons-nous alors entraîner dans le sillage énigmatique de questionnements et de fantaisie poétique de Reza. Dans un monde où les certitudes s'effritent et où les identités sont constamment redéfinies et remises en question, son théâtre nous invite à nous asseoir, à rire, à ressentir et à réfléchir - non pas pour découvrir des réponses, mais peut-être pour apprendre à vivre avec nos questions. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 James Brown mettait des bigoudis Texte et mise en scène Yasmina Reza Avec Micha Lescot, André Marcon, Alexandre Steiger, Josiane Stoléru, Christèle Tual et le musicien Joachim Latarjet Scénographie et lumières Éric Soyer Création vidéo Renaud Rubiano Photo Pascal Victor THÉÂTRE LA COLLINE Du 19 septembre au 15 octobre 2023 • Du mercredi au samedi à 20h30, le mardi à 19h30 et le dimanche à 15h30 • sauf les dimanches 1er et 8 octobre à 16h30 • relâche dimanche 24 septembre• durée 1h45 Du 27 mars au 5 mai 2024 au Théâtre Marigny

  • Au bonheur des lettres : Un Spectacle Littéraire et Musical

    Dans la magnifique salle du Théâtre de la Porte Saint-Martin, le 26 mars à 20h30, s'est tenu un événement d'exception : "Au bonheur des lettres". Cette soirée spéciale, troisième du nom après deux éditions triomphales, a rassemblé une constellation de talents français pour une célébration unique de la littérature et de la musique. Des Étoiles sur Scène Sous la houlette de l'emblématique Augustin Trapenard, des personnalités telles qu'Ariane Ascaride, Alexandre Tharaud, Pascale Arbillot, Helena Noguerra, Camelia Jordana, Alexis Michalik, Elza Zilberstein, Reda Kateb, Julie Gayet et Irène Jacob ont illuminé la scène. Leur mission ? Donner voix à des correspondances légendaires, en interprétant des lettres d'amour, d'espoir, de guerre et de passion. Un Voyage à travers les Époques De Consuelo de Saint Exupéry à Romain Gary, de Virginie Despentes à François Truffaut, et de George Sand à Marguerite Yourcenar, le spectacle a traversé le temps, liant le passé au présent avec des écrits contemporains venant de l'Ukraine et du Proche-Orient. Ces lettres, reflets d'un monde en mouvement, ont résonné avec force et émotion, témoignant de l'universalité des expériences humaines. Un Engagement pour le Changement Ce n'était pas seulement une soirée de divertissement, mais aussi un acte philanthropique. Les recettes ont été dédiées à Bibliothèques Sans Frontières (BSF), pour soutenir leurs efforts en faveur des droits des femmes à travers le monde. Créée en 2007 par l'historien Patrick Weil, BSF s'emploie à démocratiser l'accès à l'éducation et à la culture grâce à des initiatives innovantes comme l'Ideas Box et l'Ideas Cube. L'Impact de la Culture et de l'Éducation Avec des projets dans plus de 30 pays et touchant 1,6 million de personnes, BSF illustre la puissance transformatrice de la culture et de l'éducation. Comme l'a souligné Patrick Weil, sans accès au savoir, à la lecture ou à la communication, les individus peinent à se reconstruire et à envisager l'avenir. Une Soirée Inoubliable "Au bonheur des lettres" a ainsi offert bien plus qu'une soirée de spectacle. Elle a rappelé l'importance cruciale de la solidarité, du partage culturel et de l'engagement social. Par la grâce de ses artistes et de ses participants, elle a brillé comme un phare d'espoir, illuminant la voie vers un monde plus juste et plus éclairé. Au bonheur des lettres Une production La Bande Spectacle/ Auguri Lettra / Bibliothèques Sans Frontières. Avec le soutien de Gares et connexions, La Fondation La Poste, Le Centre National du livre, France Télévisions… Mise en scène Johanna Boyé Assistante à la mise en scène Stéphanie Froeliger Création lumière Cyril Manetta Avec Ariane Ascaride, Alexandre Tharaud, Pascale Arbillot, Helena Noguerra, Camelia Jordana, Alexis Michalik, Augustin Trapenard, Elza Zilberstein, Reda Kateb, Julie Gayet, Irène Jacob THÉÂTRE DE LA PORTE SAINT MARTIN Spectacle vu le 26 mars 2024 FAIRE UN DON

  • Les Crabes : une tragi-comédie qui joue des limites de l'humain et du non-sens

    Dans un univers où le théâtre se renouvelle constamment, il y a des œuvres qui, malgré les décennies, conservent une actualité brûlante et une pertinence aiguë face à notre société. "Les Crabes", écrit en 1971 par Roland Dubillard, fait partie de ces pièces rares, marquant le centenaire de l'auteur par une célébration singulière. Aujourd'hui, sous la direction de Frank Hoffmann, cette pièce, qui mêle avec brio l'absurde, le comique et une critique incisive de la société, fait enfin un retour remarqué sur scène grâce à une mise en scène originale. Deux couples, l'un jeune et désespéré, l'autre âgé et excentrique, se retrouvent dans une villa en bord de mer surnommée "Le Crabe". Le décor est planté : une demeure où tout semble s'échapper, de la baignoire à la raison, sans oublier les crabes eux-mêmes. Cette situation singulière devient le cadre d'un huis clos surréaliste. Les crabes, servant à la fois de nourriture et de métaphore de l'invasion, jouent un rôle central dans une lutte acharnée pour la survie et pour l'identité même de ses occupants. « Roland Dubillard, un prophète attachant. » - Frank Hoffmann Dans sa démarche empreinte d'absurde et teintée d'une vision presque prophétique, Dubillard dépeint une humanité où le grotesque et la cruauté coexistent, anticipant les fléaux de notre ère. « Dubillard crée un théâtre où l'humour émerge de la dualité du sens, des confusions et des imbroglios, rendant les dialogues vivants et imprévisibles, ce qui provoque un rire subversif » - Frank Hoffmann. Les repères se brouillent et la distinction entre homme et animal, entre prédateur et proie, devient de plus en plus floue. La mise en scène de Frank Hoffmann, s'appuyant sur un casting exceptionnel, met en avant deux figures emblématiques du théâtre français : Maria Machado et Denis Lavant. Maria, incarnant une matrone dépressive, est majestueuse, naviguant entre humour et farfelu d'une part, et sombre et dramatique de l'autre. Dans la pièce, elle nous offre au moins deux moments d'anthologie : l'un en tant que séductrice dévergondée, l'autre dans le rôle d’une Mata Hari, dans sa baignoire. Denis, quant à lui, roi du loufoque au talent toujours aussi précis, impressionne. Ils sont accompagnés par deux talents émergents, Nèle Lavant et Samuel Mercer, qui oscillent entre grâce et désespoir. Les comédiens, par leur jeu, leur présence scénique, incarnent cette oscillation permanente, rendant palpable la tension qui traverse le texte. La proximité de la scène avec le public, dans la mise en scène de Hoffmann, amplifie cette sensation, créant une intimité rare et puissante avec l'œuvre. "Les Crabes", à travers cette nouvelle mise en scène, démontre la force intemporelle de l'œuvre de Dubillard. En explorant les abysses de la condition humaine avec humour et dérision, cette pièce s'affirme comme un incontournable du théâtre contemporain. La rencontre entre le texte visionnaire de Dubillard et l'ingéniosité de Frank Hoffmann et son équipe offre une expérience théâtrale exceptionnelle, à la fois troublante et enrichissante. C'est une invitation à redécouvrir, dans un éclat de rire mêlé d'angoisse, l'univers unique et déconcertant de Roland Dubillard. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 LES CRABES De Roland Dubillard Mise en scène Frank Hoffmann Avec Denis Lavant, Maria Machado, Samuel Mercer et Nèle Lavant Scénographie Christoph Rasche • Vidéo/Photo, Costumes Maya Mercer • Lumières Daniel Sestak • Musique René Nuss LA SCALA PARIS LA PICCOLA SCALA Du 24 mars au 26 mai 2024 Le samedi à 21h30 • Le dimanche à 17h30 ou 19h30 • Durée 1h15

  • Inconnu à Cette Adresse : L'Humanité dans les Ténèbres de l'Histoire

    Au cœur des tumultes de l'histoire, des amitiés sont mises à l'épreuve, des idéaux se brisent, et l'humanité révèle ses facettes les plus sombres. "Inconnu à cette adresse" de Kathrine Kressmann Taylor est une œuvre intemporelle qui, depuis sa publication en 1938, continue de captiver et d'émouvoir le public à travers le monde. Un Drame en Dix-Neuf Lettres Dans cette tragédie épistolaire, nous suivons l'histoire de deux amis, Max, un Juif américain, et Martin, un Allemand ayant immigré aux États-Unis après la Première Guerre mondiale, qui retourne en Allemagne en 1932 avec sa famille. Leur correspondance, initialement chaleureuse et très régulière, devient de plus en plus épisodique et se transforme sous l'effet corrosif de la montée du nazisme. L'infiltration de l'idéologie fasciste dans la vie quotidienne, les événements politiques qui se succèdent avec une rapidité vertigineuse, et les décisions personnelles prises dans ce contexte, font écho à la complexité des choix moraux auxquels chacun est confronté. Aujourd’hui, cette pièce, déjà jouée de nombreuses fois, revient au théâtre Antoine avec une nouvelle mise en scène de Jérémie Lippmann et de nouveaux comédiens. Rehaussée par des projections d'images historiques et des sons évocateurs, elle amplifie l'impact de ce texte puissant. Au début, Jean-Pierre Darroussin semble légèrement mal à l'aise dans son rôle d'écrivain de lettres, mais l'entrée en scène de Stéphane Guillon marque un tournant décisif, donnant à la pièce son véritable élan. Darroussin, dans le rôle d'un petit monsieur étrange et sombre, et Guillon, incarnant un personnage pervers et manipulé, démontrent un talent remarquable et nous offrent une poignante représentation. Ils ne se limitent pas à la lecture des lettres ; ils vivent les mots, incarnent les émotions, et transmettent avec une intensité rare la tragédie de cette amitié brisée. La pièce explore alors l'effroyable histoire du monde à travers le prisme de ces deux individus et de leur correspondance. Progressivement, elle évolue vers une nouvelle dimension, adoptant l'esprit d'un drame psychologique à la Hitchcock. "Inconnu à cette adresse" ne se limite pas à narrer la dégradation d'une relation sous l'effet de la politique et de la guerre. L’œuvre interroge la nature humaine, la capacité de l'individu à rester fidèle à ses principes face à l'adversité, et le prix parfois exorbitant de la résistance morale. Qui est le bon ? Qui est le méchant ? Ces questions, toujours d'actualité, nous forcent à réfléchir à nos propres choix dans des circonstances extrêmes. L'œuvre de Kressmann Taylor, par sa précision dramatique et sa progression implacable vers le mépris et la cruauté, demeure un témoignage bouleversant des ravages de la pensée totalitaire. Au-delà de l'histoire d'une amitié brisée, c'est un avertissement, un rappel que les idéologies de haine et d'exclusion, si elles ne sont pas combattues, peuvent détruire les liens les plus solides. "Inconnu à cette adresse" est un miroir tendu à notre société, une interrogation sur notre capacité à reconnaître l'humanité en chacun, et à préserver les liens qui nous unissent face aux forces qui cherchent à nous diviser. Dans un monde où les échos du passé résonnent encore, cette œuvre est un rappel poignant de la fragilité de l'âme humaine et de l'importance vitale de la compassion, de la compréhension et, surtout, du refus de l'indifférence. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 INCONNU A CETTE ADRESSE Un texte de Kressman Taylor D'après Inconnu à cette adresse paru aux ©Editions Autrement Mise en scène Jérémie Lippmann Avec Jean-Pierre Darroussin et Stéphane Guillon Crédit Photo Pascal Ito • Crédit Vidéo Louis Josse THÉÂTRE ANTOINE Du 12 mars au 13 avril 2024 Du Mardi au Samedi à 19h • Durée 1h30

  • Love Chapter 2 : Entre Amour et Douleur - L'Odyssée Dansante de Sharon Eyal et Gai Behar

    Dans l'univers de la danse contemporaine, peu d'œuvres captivent l'essence du sentiment humain avec autant d'intensité et de profondeur que "Love Chapter 2", créée par Sharon Eyal et Gai Behar. Fondatrice de la compagnie L-E-V avec Behar, Eyal poursuit l'exploration des dimensions complexes de l'amour et de la douleur à travers une danse qui transcende la performance pour devenir une expérience enivrante. L'Essence de "Love Chapter 2" Au cœur de "Love Chapter 2" réside une interrogation fondamentale : "Qu'y a-t-il après l'amour ?" Traduite en mouvements précis et passionnés, cette question guide le public à travers une exploration rythmée par une musique techno percutante et sensuelle composée par Ori Lichtik. La musique, tranchante et captivante, crée une toile de fond pour les corps qui vibrent et s'embrasent, dans une quête incessante de désir. Sharon Eyal, figure majeure de la danse contemporaine, enrichit cette œuvre de sa virtuosité et de son style chorégraphique distinct. Avec Behar, issu de l'univers de la musique, elle mêle la passion de la danse à l'énergie des clubs de house, créant une atmosphère à la fois intime et universelle. Inspirations et Processus Créatif Le parcours créatif d'Eyal, influencé par des figures emblématiques telles qu'Ohad Naharin, se distingue par une passion profonde pour la danse et une quête constante d'expression personnelle. Sa collaboration avec Behar a été une source d'inspiration significative, aboutissant à des œuvres marquantes comme "OCD Love", inspirée par le poème de Neil Hilborn. Cette pièce, à l'instar de "Love Chapter 2", manifeste une maîtrise de la gestuelle intense et une esthétique minimaliste, caractéristiques du duo. La méthode de sélection des danseurs par Eyal, axée sur l'intégrité, la passion pour la danse et une connexion profonde avec l'âme, met en lumière l'importance de la précision et de l'individualité dans son processus créatif. Elle s'engage dans une démarche d'improvisation et de raffinement continu, même après les premières, cherchant à exprimer ses émotions les plus profondes. Entre Violence et Sensualité "Love Chapter 2" n'est pas juste une performance de danse ; c'est une invitation à vivre l'extase et la douleur, dans une recherche incessante de sens après l'amour. Par cette œuvre, Eyal et Behar rappellent que la danse est un moyen puissant d'exprimer les émotions humaines les plus profondes, et le public du Rond-point l'accueille chaque soir debout et avec des acclamations, saluant ce ballet captivant. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 LOVE CHAPTER 2 Création Sharon Eyal et Gai Behar Musique Ori Lichtik Danseurs Frida Dam Seidel, Darren Devaney, Guido Dutilh, Juan Gil, Alice Godfrey, Johnny McMillan, Nitzan Ressler Lumières Alon Cohen • Costumes Odelia Arnold, Rebecca Hytting, Gon Biran Crédit photo © André Le Corre Théâtre du Rond-Point Du 21 au 23 mars 2024 Jeudi et vendredi, 20h30 — Samedi, 19h30 Durée 55 min • Spectacle créé en 2017

  • Le Malade Imaginaire par Tigran Mekhitarian : Un Pont entre Molière et le Rap

    Dans le monde théâtral, l'alliance entre les œuvres classiques et les courants contemporains n'est pas toujours aisément accomplie. Cependant, Tigran Mekhitarian relève ce défi avec audace en proposant une relecture de "Le Malade Imaginaire" de Molière. En intégrant les rythmiques et les expressions du rap à l'élégance du texte molieresque, Mekhitarian vise à éveiller l'intérêt d'un public éclectique. Bien que cette initiative soit accueillie avec enthousiasme et renouvele le genre, elle soulève aussi des interrogations et stimule la réflexion. L'Harmonie entre Tradition et Innovation L'initiative de Tigran, qui consiste à rapprocher l'œuvre de Molière des jeunes générations à travers le rap et la culture urbaine, a reçu un accueil chaleureux. Ses adaptations, saluées par un succès retentissant avec des centaines de représentations à travers le pays, ont su séduire un public varié et renouvelé. Avec une passion pour le théâtre et le rap, Tigran a brillamment fusionné la prose de Molière avec l'élan de la jeunesse moderne, métamorphosant les classiques en spectacles vibrants et actuels. Son travail prouve que l'innovation créative, combinée à un respect scrupuleux du texte original, forme un duo victorieux. L'exactitude presque littérale dans le respect des textes, enrichie par une mise en scène et des costumes actuels, procure une expérience exceptionnelle qui respecte pleinement l'essence du théâtre classique. Néanmoins, cette démarche reste ambitieuse. Elle souligne l'importance d'une interprétation nuancée pour conserver l'intégrité de l'œuvre tout en la rendant accessible à un public contemporain. L'initiative d'ajouter de légers accents de jeunes de banlieue à la troupe est particulièrement audacieuse, flirtant avec le risque de caricature. Ainsi, l'excellence des acteurs est essentielle, bien que leur niveau d'engagement varie. Des Performances Variées La troupe, sur scène, est louée pour son dynamisme et ses instants lumineux. Mekhitarian, incarnant Argan, se démarque par un timbre vocal unique, tandis qu'Isabelle Gardien éclate dans le rôle d'une Toinette audacieuse et éclatante. Étienne Paliniewicz, dans des rôles secondaires, introduit un humour qui enrichit le spectacle, attirant aussi bien les connaisseurs que les néophytes du théâtre. Cependant, l'uniformité de la prestation peut souffrir de variations, où la modernisation de l'interprétation et de la prononciation ne fait pas forcément l'unanimité. Musique et Division L'incorporation d'éléments musicaux modernes et de rap dans les ballets traditionnels est un effort remarquable de la part de Tigran Mekhitarian pour rendre le théâtre classique plus accessible aux jeunes et à un public diversifié. Toutefois, cette fusion des genres peut parfois entraîner une certaine confusion, voire une dissonance pour les puristes préférant une démarche plus traditionnelle. Un Théâtre Vivant et Inclusif La version du "Malade Imaginaire" proposée par Tigran Mekhitarian illustre le théâtre comme une entité évolutive, capable de se renouveler et de dialoguer avec son temps. Cette adaptation constitue une passerelle pour un nouveau public, ouvrant les portes à l'univers du théâtre classique, tout en incitant à réfléchir sur les frontières de l'adaptation et sur l'essence du théâtre lui-même. L'œuvre de Mekhitarian célèbre la pluralité des lectures tout en soulignant que l'art théâtral, dans sa quête d'universalité, oscille continuellement entre innovation et tradition. Avis de Foudart 🅵 Le malade imaginaire de Molière Mise en scène et adaptation Tigran Mekhitarian Avec Serge Avédikian, Anne Coutureau, L’Éclatante Marine, Camila Filali, Isabelle Gardien, Sébastien Gorski, Tigran Mekhitarian, Étienne Paliniewicz Création sonore et musique Sébastien Gorski • Chorégraphies Camila Halima Filali • Lumières Denis Koransky • Scénographie Georges Vauraz • Costumes Axel Boursier • Création vidéo Jérémy Vissio • Crédit photo © Laura Bousquet Théâtre des Bouffes du Nord Du 14 au 31 mars 2024 Du mardi au samedi à 20h • Matinées les dimanches à 16h • Durée 1h50

  • "Nom" : Une Ode à la Radicalité et à la Quête de Sens

    Dans un monde où le conformisme règne en maître et où les normes sociales semblent indéfectibles, il est rare de trouver des voix audacieuses et non conformistes qui osent défier l'ordre établi. Constance Debré, ancienne avocate et mannequin, désormais auteure, incarne cette rébellion contre le statu quo à travers ses écrits. Son troisième ouvrage, "Nom", paru en février 2022 chez Flammarion, est une plongée fascinante dans son univers rebelle et introspectif. Dans "Nom", Debré explore sans compromis les méandres de sa propre vie, défiant les conventions sociales et familiales avec une radicalité saisissante. Elle remet en question les liens avec sa famille bourgeoise et prestigieuse, marquée par des noms illustres, dévoilant ainsi sa détermination à se libérer des carcans imposés par la société. Elle s’est débarrassée de presque tout. De la famille, du mariage, du travail, des appartements, des choses, des êtres. Son père est en train de mourir, elle décide d'aller chez lui. Elle va dépeindre alors avec une précision chirurgicale sa relation complexe avec son père mourant, ainsi que ses propres choix de vie, en dévoilant une quête de sens profonde et troublante. Ce plaidoyer anticonformiste trouve désormais une nouvelle forme d'expression sur les planches, grâce à l'adaptation théâtrale du texte de Debré. Sous la direction de Hugues Jourdain, et porté par l'interprétation captivante de Victoria Quesnel, le texte prend vie d'une manière saisissante. "Une déflagration" – c'est ainsi que Victoria Quesnel a décrit son émotion en découvrant ce texte dépourvu d'affect, mais d'une parole directe. Une véritable remise en question du discours sur la famille qui l'a à la fois "bouleversée" et "libérée". Se tenant seule sur un plateau nu, où résonne uniquement la force des mots, Victoria Quesnel incarne avec une intensité remarquable le personnage principal. Sans fard, elle nous plonge dans une pensée brillante, incisive, parfois dérangeante, mais jamais compromise. Ce texte, à la fois simple et magnifique, se caractérise par sa radicalité, avec des phrases qui bravent la bienséance et la pensée convenue. Et puis, il y a cette comédienne, à la fois solide et subtile, qui s'approprie cette parole crue avec une aisance incroyable, où la puissance se marie à la sensibilité, incarnant chaque mot avec une justesse saisissante. Elle exprime sa rage avec tant de force qu'elle nous touche au plus profond de nous-mêmes. Nous sommes émus, déconcertés, troublés, voire même époustouflés par son talent et ses éclairs de génie. La mise en scène sobre de Jourdain permet à la langue de Debré de se déployer dans toute sa puissance, offrant ainsi une expérience théâtrale d'une profondeur inouïe. Elle opère une fusion entre la froideur apparente du texte et la recherche de sens qui l'anime. Derrière la radicalité des propos se dissimule une souffrance palpable, ainsi qu'une quête désespérée de transcendance. Les phrases, bien que simples et parfois choquantes, dégagent une beauté ascétique et une vérité brutale, nous captivant jusqu'à la dernière seconde. L'adaptation théâtrale de "Nom" transcende le simple spectacle autobiographique pour devenir une confession anticonformiste. C'est un cri de révolte contre les normes établies, une quête effrénée de liberté et d'authenticité. À travers les mots percutants de Constance Debré, la vision sans concession de Hugues Jourdain et la justesse brute de Victoria Quesnel, ce spectacle nous pousse à remettre en question nos propres certitudes et à explorer de nouvelles voies. Ainsi, cette représentation devient une expérience théâtrale profondément transformative, nous invitant à repenser nos perspectives et à embrasser une vérité. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 NOM Adapté du roman de Constance Debré Mise en scène Hugues Jourdain Avec Victoria Quesnel Création lumière Coralie Pacreau • Création sonore Hippolyte Leblanc • Création musicale Samuel Hecker • Crédit photo © Simon Gosselin THÉÂTRE DU ROND-POINT Du 19 mars au 6 avril 2024 Du mardi au vendredi, 20h • Samedi, 19h • Durée estimée 1h15

  • Lichen : Une Exploration Audacieuse des Frontières entre Texte et Musique

    Dans l'œuvre théâtrale "Lichen", Magali Mougel s'immisce avec audace dans le quotidien fragile d'une famille au cœur d'un quartier en ruine, prêt à céder sa place à des ateliers d'artistes. Ce récit, centré sur la résilience d'une petite fille et de son père face à l'inéluctable démolition de leur foyer, se déploie en un oratorio unique, servi par trois actrices-musiciennes, dans une mise en scène qui ose mêler intimement texte et musique. Au-delà de la narration d'un combat familial contre une réhabilitation urbaine déshumanisée, "Lichen" s'érige comme le témoignage d'une résistance face à la dépossession. La lutte pour le maintien de son chez-soi devient métaphore d'une contestation plus large contre les pressions économiques, affectives et sociales dictées par notre société. Ce regard particulier porte la marque de Magali Mougel, auteure reconnue pour sa capacité à entremêler le drame et l'humour, le pathétique et la tendresse, dans une écriture à la fois poétique et cinématographique. "Lichen" ne se contente pas de raconter une histoire ; il crée un espace de réflexion sur l'impact des changements sociétaux forcés sur l'individu et la communauté. Inspiré par l'expérience de l'auteure dans le bassin minier du Pas-de-Calais, le texte se nourrit des rencontres et des échanges, témoignant d'un enracinement profond dans le réel tout en s'ouvrant à l'universel. Les personnages de "Lichen", notamment cette petite fille au seuil de la désolation, incarnent la lutte quotidienne contre l'effacement de l'histoire personnelle et collective, une lutte qui, malgré sa spécificité locale, résonne avec les expériences vécues ailleurs et par d'autres. La mise en scène choisit délibérément de confier le monologue à trois comédiennes, enrichissant le récit d'une pluralité de voix et de perspectives. Cette approche choralité intensifie l'expérience théâtrale, diluant les frontières entre l'individu et le collectif, entre l'histoire personnelle et la mémoire collective. La musique, élément central de cette production, vient appuyer le texte, offrant à la fois une respiration et une intensification des émotions, jouant sur les contrastes et les harmonies pour nous transporter dans un voyage sensoriel et émotionnel. Toutefois, cette ambition de fusionner diverses formes artistiques—du conte au naturalisme, en passant par la performance musicale—peut par moments sembler surchargée. La volonté de "Lichen" de repousser les limites du théâtre et d'explorer de nouvelles voies d'expression se heurte parfois à un excès de foisonnement, où la profusion des éléments peut éclipser l'impact émotionnel direct sur le spectateur. Natalie Beder, Ayana Fuentes Uno et Viktoria Kozlova, remarquables pour leur polyvalence en tant que comédiennes, chanteuses et musiciennes, illustrent avec brio la richesse de l'œuvre, même si leur virtuosité peut parfois prendre le pas sur la simplicité de la narration. Néanmoins, "Lichen" demeure une proposition théâtrale prometteuse, un témoignage de la capacité du théâtre à embrasser la complexité de l'existence humaine tout en cherchant à toucher, à émouvoir, et à questionner. "Lichen" est une œuvre qui se situe à la croisée des chemins entre le passé et le futur, le personnel et le politique, l'humain et l'urbain. Elle invite à une réflexion profonde sur notre rapport au monde, à notre histoire, et sur la manière dont nous pouvons faire face, collectivement et individuellement, aux défis imposés par les mutations de notre époque. Avis de Foudart 🅵🅵 Lichen Un spectacle de Magali Mougel Mise en scène Julien Kosellek Avec Natalie Beder, Ayana Fuentes-Uno, Viktoria Kozlova • Création musicale Ayana Fuentes-Uno • Scénographie Xavier Hollebecq • Création sonore Cédric Colin • Crédit photo © Romain Kosellek Théâtre de Belleville Du 4 au 31 mars 2024 Lun. et Mar. 21h15, Dim. : 17h • Durée 1h30 • À partir de 14 ans

  • Judith prend Racine au Poche: une Fusion Artistique au Théâtre

    Dans l'intimité du Théâtre de Poche-Montparnasse, Judith Magre, âgée de 97 ans et figure emblématique du théâtre, s'associe à Olivier Barrot, journaliste et conteur hors pair, pour rendre un hommage vibrant à Jean Racine, le maître incontesté de la tragédie du XVIIe siècle. Avec "Judith Prend Racine", ce duo exceptionnel propose une soirée hebdomadaire où la passion et la poésie raciniennes sont à l'honneur. Judith Magre : Une Vie Dédiée au Théâtre Judith Magre n'a rien perdu de sa verve ni de son amour pour la scène. Avec une carrière riche de près de 110 pièces de théâtre, sans compter ses nombreuses apparitions à la télévision et au cinéma, elle revient sur les planches qu'elle n'a, en réalité, jamais vraiment quittées. Dans ce spectacle unique, elle incarne avec intensité les héroïnes tragiques de Racine, de Phèdre à Andromaque, révélant les passions ardentes et les destins brisés qui jalonnent les textes du dramaturge. Un Duo Inédit pour Célébrer Racine Olivier Barrot, à ses côtés, journaliste et conteur de renom, tisse les liens entre ces tragédies emblématiques, nous guidant à travers les méandres des passions humaines que Racine dépeint avec tant de maîtrise. Ensemble, ils forment un duo inédit, oscillant entre récitation et commentaire, célébrant le théâtre du Grand Siècle dans toute sa splendeur. La fidélité de Judith Magre au Théâtre de Poche-Montparnasse est bien établie. Depuis sa réouverture en 2013, elle y a multiplié les performances, toujours avec cette énergie caractéristique des grands noms de la scène. Olivier Barrot, quant à lui, a animé avec passion les Ciné-clubs et les grandes scènes du théâtre. Leur spectacle, "Judith Prend Racine", est plus qu'un simple hommage à Racine ; c'est une exploration de l'âme humaine à travers ses textes immortels. Les mots de Racine, portés par la voix de Judith Magre et illuminés par les commentaires d'Olivier Barrot, résonnent comme une musique intemporelle qui parle encore aujourd'hui à notre cœur et à notre esprit. À travers leurs souvenirs et leur passion commune pour le théâtre, Judith Magre et Olivier Barrot offrent un témoignage vivant de l'importance de Racine dans le paysage théâtral français. Leur spectacle invite à redécouvrir le poète tragique, dont l'œuvre continue de fasciner et d'émouvoir, démontrant que la langue de Racine, par sa précision et sa beauté, touche encore les spectateurs du XXIe siècle. Une Invitation au Partage et à la Découverte "Judith Prend Racine" se présente comme une expérience théâtrale exceptionnelle, un moment de communion et de partage avec les grandes héroïnes raciniennes. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 JUDITH PREND RACINE Avec Judith MAGRE et Olivier BARROT Sous le regard de Thierry HARCOURT Création lumière Alireza KISHIPOUR Robe de Mine VERGÈS THÉÂTRE DE POCHE MONTPARNASSE Actuellement • Tous les lundis à 19h

  • Madame Butterfly: Une Odyssée Émotionnelle en direct au Cinéma le 26 Mars 2024

    Dans le monde de l'opéra, rares sont les œuvres qui saisissent le cœur et l'âme avec autant de force que "Madame Butterfly" de Giacomo Puccini. Le 26 mars 2024, à 20h15, les amateurs d'opéra auront l'occasion unique de vivre cette histoire poignante comme jamais auparavant, grâce à une retransmission spéciale au cinéma. "Madame Butterfly" nous plonge dans la vie de Cio-Cio-San, une jeune geisha dont le rêve d'amour se transforme en tragédie. En épousant l’officier de marine américain Pinkerton, Cio-Cio-San croit s'engager dans un mariage sincère et durable. Elle abandonne tout pour lui : sa religion, sa culture, sa famille. Mais elle découvre bientôt que, pour Pinkerton, leur union n'est qu'une illusion temporaire, un acte sans conséquences pour lui, mais qui se révélera dévastateur pour elle. L'opéra, avec sa musique captivante, inclut des morceaux emblématiques tels que l'aria "Un bel dì, vedremo" (Un beau jour), un moment de pur espoir et de rêve, et le "Chœur à bouche fermée", qui ajoute une touche de mystère et de contemplation. Ces morceaux illustrent parfaitement la beauté et la tragédie de l'histoire, rendant l'expérience émotionnellement riche et inoubliable. La mise en scène par Moshe Leiser et Patrice Caurier promet d'être une représentation visuelle spectaculaire, puisant son inspiration dans les images européennes du Japon du 19e siècle, offrant ainsi une toile de fond époustouflante à cette histoire déchirante. Asmik Grigorian, dans le rôle de Cio-Cio-San, promet d'apporter une profondeur et une sensibilité exceptionnelles au personnage, sous la direction habile de Kevin John Edusei. Ce n'est pas seulement une occasion de voir un opéra classique; c'est une invitation à vivre une expérience immersive qui transcende le temps et l'espace, rapprochant le public de l'essence émotionnelle de l'histoire. "Madame Butterfly" est une œuvre qui parle de l'amour, de la trahison, et de la perte, des thèmes universels qui continuent de résonner avec force aujourd'hui. Pour tous ceux qui cherchent à vivre une soirée d'opéra inoubliable, la retransmission de "Madame Butterfly" le 26 mars 2024 est un événement à ne pas manquer. Que vous soyez un aficionado de longue date ou un nouveau venu dans le monde de l'opéra, cette production promet d'être une expérience profondément émouvante et visuellement époustouflante. Madame Butterfly Orchestre du Royal Opera House Musique Giacomo Puccini • Chef d’orchestre Kevin John Edusei • Metteurs en scène Moshe Leiser et Patrice Caurier • Décorateur Christian Fenouillat • Costumier Agostino Cavalca • Avec Asmik Grigorian, Joshua Guerrero, Lauri Vasar, Hongni Wu, Ya-Chung Huang, Jeremy White, Josef Jeongmeen Ahn, Veena Akama-Makia, Romanas Kudriašovas Crédit photo ®Yasuko Kageyama LISTE DES CINÉMAS

  • Pierre Arditi, Le Magicien des Mots à la Pépinière

    Dans l'intimité de la Pépinière, entouré d'un simple bureau et d'une servante – cette lampe posée sur un haut pied qui reste allumée quand le théâtre est plongé dans le noir, déserté entre deux représentations ou répétitions – Pierre Arditi, héritier d'un conseil précieux de Michel Bouquet, revient sous les feux de la rampe. Il n'est pas là pour être observé, mais pour jouer avec son public, nous rappelant que le théâtre est un partage, une interaction profonde. Connu pour ses rôles marquants tant au théâtre qu'au cinéma et fervent amateur de livres et de grands crus, il offre avec générosité le meilleur de sa bibliothèque personnelle au travers de lectures scéniques. Avec une présence captivante et un petit côté cabotin, avec sa façon unique de donner vie aux mots, il enrichit notre expérience culturelle. Un Retour Triomphant Malgré ses quelques récentes péripéties de santé, Arditi, ne montrant aucun signe de faiblesse, est de retour, seul en scène, entouré des œuvres de ses auteurs favoris tels que Jean-Michel Ribes et Yasmina Reza. Il propose une expérience de lecture incarnée et ludique. Chaque texte devenant un prétexte pour une exploration renouvelée, un dialogue dans un esprit de complicité et de découverte. "Je vais m'asseoir à une table et m'amuser avec les gens", confie-t-il. Cette approche, centrée sur la puissance évocatrice de la lecture, permet à Arditi de composer avec des morceaux du monde qui le fascinent, l'amusent ou l'intriguent. Un Conte Moderne sur Scène Avec son entrée sur scène au son de "Les Rois du monde", Arditi offre une déclaration de résilience teintée d'humour, qualités qui l'ont toujours distingué "Je suis le Roi". À la façon de sa tante Denise qui lui racontait des histoire ou lui faisait la lecture durant son enfance, il se présente non seulement comme acteur ou lecteur mais aussi comme un conteur moderne, prêt à nous emporter dans un voyage enchanteur à travers les mots et les émotions. Les Mots qui Touchent et Rassemblent Sa lecture de "Heureux les heureux" de Yasmina Reza ou l’histoire d’un couple en pleine crise de nerfs dans un supermarché, illustre parfaitement sa capacité à plonger dans la complexité des relations humaines, un thème à la fois universel et intemporel. Cette approche crée une interaction vivante et profondément touchante. Un voyage inoubliable au cœur de la langue, des mots et de l'humanité Pierre Arditi, sur scène, c'est plus qu'un acteur : c'est un véritable magicien des mots, capable de transformer une simple lecture en un spectacle inoubliable, où la gourmandise du jeu et l'éloquence se mêlent pour notre plus grand plaisir. Son sourire charmant, son énergie et son talent narratif font de chaque représentation un moment unique, rappelant que le théâtre est avant tout une affaire de cœur et de partage. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 LA PÉPINIERE DE PIERRE ARDITI Extraits des textes de Yasmina Reza et/ou Jean-Michel Ribes et/ou Jean-Claude Grumberg et/ou Michel Onfray Avec Pierre Arditi Crédit photo François Fonty LA PÉPINIÈRE THÉÂTRE Actuellement • Les mardis et mercredis à 21h • Durée 1h15

  • Music-Hall Colette : Une Célébration de la Liberté et de la Beauté à Travers le Temps

    Dans l'univers scintillant du music-hall, une étoile brille avec une intensité particulière : celle de Sidonie-Gabrielle Colette. C'est dans cet espace de magie et de spectacle que Cléo Sénia, déjà saluée pour son interprétation de Gaby Deslys en 2023, effectue un retour palpitant sur scène. Avec "Music-Hall Colette", mis en scène par Léna Bréban, elle nous entraîne avec espièglerie et finesse dans la vie et l'œuvre de Colette, figure emblématique de la littérature française. Une Femme Libre, Complexe et Moderne Reconnue pour son esprit libre — scandaleux pour certains, inspirant pour d'autres —, cette personnalité marquante a laissé une empreinte significative sur son époque, naviguant à travers les remous de deux guerres mondiales, vivant des amours intenses avec ses maîtresses et amants, et se démarquant par une liberté pétillante et une intelligence éclatante. Sa carrière exceptionnelle l'a menée du music-hall à la littérature, où elle a incarné l'essence même de la polyvalence avec éclat. Aujourd'hui encore, Colette suscite admiration et fascination. Un Spectacle Riche Ce captivant one-woman show, riche en théâtre, danse, chant et même effeuillage, met en lumière les multiples facettes de Colette : depuis ses débuts audacieux jusqu'à ses écrits explorant la psychologie féminine, sans oublier son engagement pour la liberté et son rejet des conventions sociales. Conçu comme une exploration poétique de sa complexité, ce spectacle célèbre l'influence durable de Colette sur le monde littéraire et au-delà. Une performance en miroir entre Cléo et Colette Cléo Sénia, avec une présence magnétique, et une énergie folle, crée un dialogue en miroir, nous encourageant à réfléchir sur les combats et les succès de Colette, tout en abordant des sujets contemporains tels que le féminisme, l'identité et la liberté d'expression. Sa performance nous guide dans une relecture de cette femme fascinante, oscillant entre ombre et lumière, audace et intelligence, sensualité et réflexion. Une Mise en scène Inventive La mise en scène de Bréban, enrichie par un décor modulable et astucieux de Marie Hervé, des projections visuelles et d'un éclairage délicat par Denis Koransky, offre un portrait théâtral et sensuel de Colette. Les costumes, la musique et la chorégraphie enrichissent encore cette fresque vivante, rendant hommage à l'art du music-hall tout en célébrant l'une de ses figures les plus illustres. Un Vibrant Hommage qui Résonne avec notre Époque Bien que l'adaptation à la double narration entre Colette et Cléo puisse nécessiter un temps d'ajustement, cette approche "kaléidoscopique" forge un dialogue unique entre deux époques. Il s'agit moins d'un biopic traditionnel que d'une célébration ludique et impressionniste, où le music-hall sert de toile de fond pour dresser un portrait vivant et accessible de l'artiste. En nous plongeant dans l'univers de Colette, ce spectacle capture son esprit, sa philosophie et sa passion pour la liberté, tout en soulignant l'importance de vivre pleinement notre propre vie. Un voyage à travers le temps "Music-Hall Colette" se révèle être une expérience incontournable, célébrant la liberté et la beauté, et constitue une ode réjouissante à la vie de Colette. Il nous invite à découvrir la splendeur des mots et la profondeur des émotions qu'ils peuvent susciter. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 MUSIC-HALL COLETTE librement inspiré de la vie de Colette Écriture Cléo Sénia et Alexandre Zambeaux Mise en scène Léna Bréban Avec Cléo Sénia Scénographie Marie Hervé • Chorégraphie Jean-Marc Hoolbecq • Chansons originales Hervé Devolder • Son Victor Belin et Raphaël Aucler • Lumière Denis Koransky • Costumes Alice Touvet • Vidéo Julien Dubois • Crédit photo ©Julien Piffaut THÉÂTRE TRISTAN BERNARD Prolongation jusqu'au 27 avril 2024 • Les jeudis, vendredis et samedis à 19h • Durée 1h15

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