
BIGRE – Burlesque muet, fou rire garanti sous les toits de Paris
- Bonfils Frédéric

- 18 nov. 2025
- 3 min de lecture
🅵🅵🅵🅵 FOUD’ART – Une tornade de gags, de poésie et de solitude joyeusement déglinguée
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Un phénomène burlesque qui revient hanter Paris
Avant Les Gros patinent bien, il y a eu BIGRE. Créé en 2014, auréolé du Molière de la comédie 2017 et joué dans plus de 150 villes, le spectacle de Pierre Guillois (coécrit avec Agathe L’Huillier et Olivier Martin-Salvan) est devenu un objet théâtral non identifié… et pleinement culte.
De retour cet automne au Théâtre de l’Atelier, il n’a rien perdu de son énergie tellurique : les zygomatiques trinquent, l’émotion affleure.
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Trois chambres de bonnes, un désastre parfaitement organisé
Le principe est simple à formuler, renversant à observer : trois minuscules chambres de bonnes alignées sous les toits.
Dans cette maison de poupée bancale vivent :
– un geek massif, passionné d’électronique, installé dans une cellule blanche aseptisée ;
– un grand maigre lunaire, écolo-bricolo noyé dans son capharnaüm récup’ ;
– une blonde pulpeuse, apprentie en tout et experte en rien, qui vient bousculer leurs solitudes.
On croit voir poindre une comédie romantique ; surgit plutôt un ballet de catastrophes. Fuites, tempêtes, incendies, lapin hystérique, hamac rebelle, toilettes en avant-scène : tout devient prétexte à un chaos jubilatoire où la logique abdique et où la folie douce règne en maîtresse.
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Un spectacle sans paroles, mais un langage qui crépite
Le pari de Pierre Guillois est radical : ôter les mots pour réinventer le récit. Pas de dialogues, pas de tirades : BIGRE est quasi muet.
Mais le silence est saturé de vie : bruitages artisanaux, musiques décalées, borborygmes, pets intempestifs, perceuse rageuse, karaoké en perdition…
Cette contrainte engendre un langage corporel d’une précision redoutable, une dramaturgie menée par les objets, les gestes, les trajectoires, comme un retour au cinéma muet à la manière de Jacques Tati, passé au filtre de la scène contemporaine.
Jamais l’absence de texte ne se fait sentir : tout se comprend, et tout se raconte.
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Rire au bord des larmes
Si BIGRE dépasse le simple feu d’artifice burlesque, c’est grâce à sa double tonalité. D’un côté, un rire franc, parfois très “pipi-caca”, qui fait réellement exploser la salle. De l’autre, une mélancolie diffuse : celle de trois clowns modernes qui se débattent dans un monde où il devient de plus en plus difficile de trouver sa place.
Ils ratent tout, absolument tout. Ils trébuchent sur le quotidien, se cognent à leurs rêves, manquent leurs chances, sabotent sans le vouloir les rares instants de grâce.
D’un gag inventif naît un silence poignant ; la solitude affleure, nue, fragile. Le ridicule flirte avec la tendresse. Et c’est dans ce vertige que le spectacle touche à l’essentiel : la simple difficulté d’exister.
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Un burlesque contemporain, intensément vivant
Cette folie n’a rien de gratuite : elle observe avec acuité la solitude urbaine, la cohabitation forcée, le bricolage permanent de nos vies.
La scénographie, véritable maison de poupée en état d’urgence, est une prouesse. Machinerie apparente, murs qui tremblent, eau qui déborde, incendies maîtrisés : un Grand-Guignol poétique où l’absurde tutoie le sublime.
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Une troupe au sommet du jeu physique
Quelle que soit la distribution en alternance, la troupe fonctionne comme une mini-compagnie burlesque parfaitement réglée.
Virtuosité corporelle, précision millimétrée, sens implacable du tempo : chaque geste fuse, chaque raté devient un petit miracle de mécanique comique, chaque regard ouvre une brèche d’émotion.
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🅵🅵🅵🅵 FOUD’ART – Un mélo burlesque irrésistible, entre fou rire et solitude sous les toits
Dans cette reprise à l’Atelier, BIGRE confirme son statut de spectacle vraiment à part :
• un rire franc, parfois enfantin, nourri d’un univers visuel qui flirte avec le cartoon déglingué ;
• une mise en scène d’une densité jubilatoire, véritable ruche dramaturgique ;
• trois “bras cassés” bouleversants, bricolant leur dignité à coups de seaux, de lapins et de karaokés ratés.
L’humour, volontiers scatologique, peut diviser. Mais la poésie, la sincérité et la précision du travail finissent toujours par triompher.
Dans l’intimité chaleureuse de l’Atelier, BIGRE s’impose plus que jamais comme un bijou du burlesque contemporain, un classique déjà culte à (re)découvrir d’urgence.
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Infos pratiques
BIGRE
Un spectacle de Pierre Guillois
Coécrit avec Agathe L’Huillier et Olivier Martin-Salvan
Avec en alternance Pierre Guillois ou Bruno Fleury
Agathe L'Huillier ou Éléonore Auzou-Connes ou Anne Cressent, Jonathan Pinto-Rocha ou Olivier Martin-Salvan ou Pierre Delage
Costumes Axel Aust • Décor Laura Léonard • Lumières Marie-Hélène Pinon et David Carreira • Coiffures / maquillage Catherine Saint-Sever • Son Roland Auffret, Loic Le Cadre • Effets spéciaux Abdul Alafrez, Ludovic Perché, Judith Dubois, Guillaume Junot
Crédits photo © Fabienne Rappeneau ou © Frédéric Alber
Théâtre de l’Atelier
📅 Du 5 novembre au 4 janvier • Du mercredi au samedi à 21h. Le dimanche à 16h.• Durée 1h25 • Tout public, à partir de 8 ans


















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