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Les Hauts de Hurlevent

Interview d´Esteban Perroy et de William Mesguich

À quelques jours du début du Festival OFF d’Avignon, en pleine répétition, j’ai eu la chance de rencontrer toute l’équipe des Hauts de Hurlevent qui se joue jusqu’au 31 juillet, tous les jours à 19h40 au Théâtre des Gémeaux à Avignon. Willam Mesguich, Esteban Perroy, Guillaume Santou, Viviane Marcenaro, Gwendolyn Gourbenec m’ont merveilleusement accueillis.

La troisième pièce d’Esteban Perroy et sa troisième collaboration avec William Mesguich

Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Automne 1801 - Yorkshire de l'Ouest Hurlevent, vieille et robuste bâtisse sans âge, la maison de famille Earnshaw trône sur les landes désolées, perchée par magie noire au sommet du mont Gimmerton. Les nuits de pleine lune, quand le ciel saphir surplombe le domaine, le vent s'engouffre sous les planches humides et hurle sa complainte. Les vieux du coin prétendent que c'est le cri du diable en personne, qu'il réveille les loups affamés de la forêt de Haworth à six lieues à la ronde. Pourtant, il y eut à l'époque sur ces terres fantomatiques une union improbable. D'aucuns disaient un véritable amour. Tout commença - ou finit - par le retour conquérant du ténébreux fils bâtard : Heathcliff...

Inspiré du chef-d'oeuvre et de l’unique roman d'Emily Brontë

Cette création théâtrale propose une version à six personnages, libre, romanesque et vénéneuse du coeur des Hauts de Hurlevent.


Amour, haine et méprise

Avec une atmosphère remplie de mystères empruntée aux films d’horreur et de suspenses, Esteban Perroy et William Mesguich nous convient à voir une pièce surprenante et moderne au rythme captivant. Les sons complètement immersifs et les très beaux costumes, dans un esprit très « Tim Burton », permettent à ces six comédiens de nous livrer de belles prestations envoûtantes et drôles et de nous offrir un final détonnant.

 

Interview d’Esteban Perroy

Je suis très content de rencontrer l'auteur de la pièce les Hauts de Hurlevent.

L'auteur, oui et non. Les Hauts de Hurlevent, c'est vraiment une création théâtrale originale, mais il serait fou, erroné de dire que c'est une création pure et dure, dans la mesure où cette pièce s'inspire des Hauts de Hurlevent, le chef-d'œuvre d'Emily Brontë, son unique roman, l'un des piliers fondateurs de la littérature anglaise du 19ème siècle.


Comment avez-vous connu cet œuvre ?

J’ai lu le livre, comme à peu près tout le monde quand j'étais en 5ème.

Ce roman m'a tellement marqué que j'ai toujours eu envie d'en faire une pièce de théâtre.


Ce projet est quand même ambitieux.

Oui. On a six personnages, ce background, ce roman qu'il ne faut pas trahir. Je me suis inspiré du cœur des Hauts de Hurlevent, qui se passe sur près un siècle. J'ai repris la noirceur, les personnages, l'ambiance, les relations, mais je les ai transformés. Si bien que l'histoire est inédite et que la fin n'a rien à voir avec l'original.


On est un peu chez Hitchcock aussi ?

Il y a du Hitchcock, oui, avec cette maison qui n'est pas sans rappeler la maison de Psychose. On est chez Tim Burton, chez Emily Brontë parce qu'il faut lui rendre la maternité de cette œuvre que je respecte infiniment. J’ai gardé la langue de l'époque et cet esprit des bourgeois de province en déliquescence.


Si on parle du style de la pièce, qu'avez-vous en tête ? Est-ce que c'est un mélo ? Est-ce que c'est un drame ? Est-ce que c'est un huis clos ?

Ce n'est pas un huis clos. Ça se passe aussi parfois à l'extérieur (Rire). On évoque l'extérieur, on s'y attarde, on s'y enfuit, on s'y cache, on va hurler son désespoir dans la tempête pour ne pas que les autres l'entendent à l'intérieur de la maison, on va fomenter des meurtres.


Le livre est « Mélo ».

Oui, mais je suis allé dans l'inverse. C'est-à-dire que là où il y a du romantisme, j'y ai mis plutôt du romanesque avec une pointe d'aventure et de noirceur. Et là où il y avait du non-dit, je suis dans le dit.


La pièce commence avec le retour d'Heathcliff.

Oui. Dans la première scène, au bout de quelques secondes, Heathcliff arrive pour dire à Hindley, son grand frère adoptif : « C'est l'heure ! ».

Heathcliff a gagné la maison, c'est l'heure qu’Hindley s'en aille et que le cadet, celui qui a reçu les coups, qui a été humilié pendant 40 ans, devienne le maître de son grand frère et le jette dehors de sa propre maison.


On est sur du romanesque, on est sur du dit, on est sur l'affrontement des plaques tectoniques, qui va mener au chaos.

Est-ce que vous pouvez me parler de Nelly qui est quand même un personnage très, très récurrent dans le roman, un fil rouge ?

Je ne dirais pas que Nelly est un fil rouge, je dirais plutôt que c'est un pivot. C'est la narratrice que l'on retrouve au début et à la fin de la pièce. Elle ouvre ce livre et nous raconte une histoire qui a eu lieu, il y a 15 ans. Elle égrène ses souvenirs et ses fantômes.


C'est formidable, c'est tellement fidèle à l’esprit du roman. Est-ce que vous pouvez me parler de votre personnage ?

Au fur et à mesure, j'ai fait, d’Edgar Linton, un personnage qui devenait un véritable malade mental et un monstre maniganceur et misogyne.


Il a une haine !

C'est une ordure et vous n'avez pas tout vu, loin de là. Dans les scènes suivantes, ça va être de pire en pire. On croit que c'est Hindley qui induit les choses et que l'autre le suit bourgeoisement, benoîtement, gentiment, sauf qu'en fait, comme dans tous les bons drames, c'est le plus bonhomme, celui en qui on peut avoir confiance, le mec un peu rassurant qui tient l'arme du crime. Je me suis inspiré, pour ce personnage, de Sean Penn dans L'impasse, c'est un mec qui est dégarni, qui a les cheveux roux frisés, qui a des petites lunettes, qui a l'air petit, malingre, qui a une petite tête de fouine, et qui ne parait pas méchant et pourtant...


Est-ce qu'il y a un personnage à sauver dans cette pièce ?

Oui, il y en a deux. Nelly, parce qu'elle est tout de même pavée de bonnes intentions, et elle essaie de faire bien les choses, d'aimer, de respecter, de tempérer, sans chercher son intérêt et Isabelle, ma petite sœur, la pauvre, qui est un outil, qu'on balade, qu'on va utiliser, qui va être rabrouée plus bas que terre et qui est une âme blanche sacrifiée dans la bataille.


La pièce parle beaucoup de cette maison. Comment comptez-vous, nous la transmettre à nous, spectateurs ?

Si on montrait cette maison, elles perdrait de sa force. Donc, nous allons jouer sur les sons immersifs, designs qui nous accompagneront tout le temps. Le vent qui hurle, des graves très sombres, des scintillements, des bruitages, des craquements. Le son de cette maison est la vie de cette maison. L'aspect organique de ce monstre qui respire. C'est comme si on était dans la baleine de Jonas ou de Pinocchio, et puis les lumières. Au fond, il y a un rideau de fils, tantôt éclairé, tantôt rétroéclairé, tantôt opaque. Et puis du brouillard, de la fumée et des diagonales de lumière.


Et les costumes ?

Les Costumes d'époque sont faits par Alice Touvet qui travaille pour la Comédie-Française.


 

Les hauts de Hurlevent

Une pièce d’Esteban Perroy d’après Emily Brontë

Metteur en scène William Mesguich

Artistes Guillaume Sentou, Gwendolyn Gourvenec, William Mesguich, Viviane Marcenaro, Esteban Perroy, Flavie Leboucher, en alternance Wilfried Richard et Elisa Birsel Musique Maxime Richelme Lumière William Mesguich Costumes Alice Touvet Régie Thibault Vincent

Festival OFF Avignon

Theatre les Gémeaux

10 rue du Vieux Sextier Avignon Du 7 au 31 juillet. Tous les jours à 19h40 - Durée 01h20


 

INTERVIEW DE WILLIAM MESGUICH




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