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Ou je vais la nuit

Dernière mise à jour : 7 avr.

Le vertige de la perte d’un amour

Dès notre entrée en salle (un moment à ne surtout pas manquer), nous assistons à la fête joyeuse et émouvante, d’un mariage. Sur une estrade, entourée de guirlande de fleurs et de lumières, un Groupe Pop-rock de quatre chanteurs-musiciens chante des chansons populaires et rend hommage aux jeunes mariés. Quand, tout à coup, une des chanteuses disparaît…


C’est ainsi que le spectacle commence et que lien avec le mythe d’Orphée et Eurydice se tisse.

Orphée est poète et musicien, Eurydice, sa femme, est nymphe.

Le jour de leurs noces, elle est mordue par un serpent et meurt aussitôt.

Inconsolable, Orphée entonne une complainte. Émus, les dieux lui accordent de descendre jusqu'aux Enfers pour la sauver, mais à la seule condition qu’il parvienne à la ramener sans la regarder dans les yeux.

Hélas, un seul coup d’œil d’Orphée va suffire pour qu’Eurydice meure une seconde fois et qu’Orphée, la perde pour toujours.

« L'opéra de Gluck (1762) a la puissance des chefs d'œuvres, de ceux qui disent l'essentiel ». Cette œuvre lyrique accompagne Jeanne Desoubeaux depuis des années et n’a de cesse de l’interroger :

C'est pour moi, aujourd'hui, un opéra sur le deuil, la rupture, le désamour. Mais demain il me racontera autre chose. Orphée et Eurydice nous parle, différemment, à chaque moment de notre vie, indéfiniment, inlassablement. Jeanne Desoubeaux

C’est pour partager son émotion et ces interrogations que Jeanne Desoubeaux s’est donc penchée sur cette œuvre. Elle nous propose, aujourd’hui, une lecture passionnante, joyeuse et enivrante de cet opéra.


« Mon intuition se porte autour de la voix »

Si Orphée a une voix non lyrique, et Eurydice, une voix lyrique, deux espaces distincts se font, alors, entendre, et ce, seulement par la voix.

Avec la compagnie Maurice et les autres, Jeanne Desoubeaux qui a toujours mêlé les chanteurs lyriques à des comédiens-chanteurs non lyriques, a souhaité explorer son intuition de départ en mélangeant les styles vocaux et musicaux.

Les Enfers deviennent alors un espace dans lequel on s'exprime lyriquement et Orphée peut alors être le personnage-miroir du public, celui qui a la voix la plus proche de la nôtre. Jeanne Desoubeaux

Entre drames et légèretés

Les quatre interprètes merveilleux qui peuvent tout jouer, explorent et nous plongent dans le mythe et l'opéra de Gluck, sans même que l’on ne s’en aperçoive. Un opéra, arrangé, remanié, modernisé qui devient du théâtre lyrique, accessible à tous.

Un duo qui fonctionne à merveille

Les deux rôles titres sont interprétés par deux femmes aux voix merveilleusement harmonieuses et parfaitement équilibrées. La sublime soprano Agathe Pevrat et Cloé Lastere, chantant avec un joli grain de voix naturel.


 


« en se retournant, Orphée fait le choix du poète et non celui de l'amoureux » Iris Brey

Avec une scénographie superbe faites principalement de voilages blanc et de fumée rasante, ce spectacle, à la fois très drôle et profondément émouvant, par son intelligence et sa grâce, nous envahit de bonheur. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵


 


OU JE VAIS LA NUIT

Spectacle librement adapté de l'opéra Orphée et Eurydice de Christoph Willibald Gluck

Mise en scène Jeanne Desoubeaux

Direction musicale Jérémie Arcache et Benjamin d’Anfray