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Une idée géniale : Interview de Sébastien Castro

Dernière mise à jour : 20 sept. 2022

"Plus je me mets de contraintes et plus je gagne en comédie"

À l'occasion des représentations de la super pièce Une idée géniale, un immense succès. J'ai rencontré Sébastien Castro pour un moment aussi sympathique qu'instructif.



 

FREDERIC BONFILS. On vous avait adoré dans J'ai envie de toi. Mais là, ce n’est plus un ni deux, mais trois Sébastien Castro que vous nous proposez ? C’est une idée géniale !

SÉBASTIEN CASTRO. J'avais envie de me donner un petit défi et de vous surprendre. Mais je crois que plus je me mets de contraintes et plus je gagne en comédie.


Et là… c'était une grosse contrainte.

Quand j'écris, je ne pense pas à la difficulté du comédien, sinon ça peut me brimer en tant qu’auteur. C’est une fois que la pièce a été écrite que je me suis dit : "Ah la vache ! maintenant, c'est à moi de faire ces trois rôles".


C’est un marathon tous les soirs !

Oui, oui. Et puis, le plus difficile était de faire trois personnages suffisamment différents. Il faut trouver un équilibre qui n'est pas si évident et nous avons beaucoup travaillé avec José et Agnès (José Paul et Agnès Boury, les metteur(e)s en scène - NLDR). Sans eux, je crois que je ne me serais jamais lancé dans cette aventure.


On dit toujours que c'est particulièrement difficile de faire une deuxième pièce ou même un deuxième film, après un grand succès.

Alors j'ai tellement entendu ça... j'ai tellement entendu des auteurs dire qu'après un gros succès, ils avaient mis beaucoup de temps à se remettre à écrire à cause de la pression que j'ai voulu écrire celle pièce avant la première représentation de J’ai envie de toi.


Oui ?

J'ai dû écrire Une idée géniale en mai- juin alors qu’on a commencé à jouer J’ai envie de toi, en juillet. Mais bon, ce n’était qu’une première version.


Je trouve que vous avez tout compris au théâtre de boulevard. Il y a les portes qui claquent, les quiproquos. C'est un peu un hommage à ce style de théâtre ?

En fait, j'ai l'impression que je suis né, que j’ai grandi avec le théâtre de Boulevard. J’ai découvert le « Boulevard » avec Au théâtre ce soir à la télévision et c’est vraiment ce qui m'a fait aimer le théâtre. J’ai ensuite joué beaucoup de pièces de Ray Cooney, c'est un peu mon maître. Mais il m’a fallu 20 ans pour me décider à écrire, pour me jeter à l’eau. Il y a 3, 4 ans, je me suis dit : « il ne faut surtout pas avoir de regret, il faut vraiment que j’écrive, il faut que je le fasse et si c’est pas bien, tant pis !


Non seulement c’est bien, mais en plus c'est un énorme succès.

Je suis le premier surpris. Je ne pensais pas que j'en étais capable. Je ne me considérais pas du tout "auteur". En fait, c’est particulièrement difficile quand on écrit une pièce comique de savoir si elle va véritablement plaire. Il y a de vraies angoisses ! Par moment, on a l’impression que ça peut être amusant, puis on relit, on relit et là... on se dit : « mais il n'y a absolument rien de drôle ! ». C’est affreux !


Et alors ?

Dans ce cas, il n’y a plus qu’à laisser son travail de côté, parfois pendant plusieurs mois. Ce que j'ai fait. Puis on reprend et on sourit à nouveau, on peut même rire, à certain moment… et ça repart !


"Sans les réactions du public, c’est très difficile de savoir si ça fonctionne"

Du coup, la première fois que l'on présente la pièce en public, c'est un sacré soulagement de voir que ça marche. Un sacré bonheur !


Il y a de grands fous rires partout dans la salle

C’est vraiment irremplaçable. C’est vraiment la magie du spectacle vivant.


"On fait le boulot tous ensembles"

Je ne pense pas que les spectateurs réalisent à quel point, ils ont une influence sur la représentation. Un éclat de rire peut provoquer un rire général et nous entraîner aussi. Il peut y avoir jusqu’à cinq minutes de différence sur la durée de la pièce suivant les réactions du public. C’est énorme et c'est tellement jouissif !


Je pense que cette pièce a dû être particulièrement difficile à monter ? Vous avez dû vous arracher les cheveux sur la tête.

Oui… C'est millimétré sur scène, mais aussi, en coulisse. On a d’abord monté la pièce sur scène puis on a passé beaucoup, beaucoup de temps à régler tout ce qui se passait derrière. Sébastien Azzopardi, le directeur du théâtre et la production nous ont complètement suivi sur ce coup-là.


Il y a vraiment quelque chose que j'ai adoré dans cette pièce. C'est le personnage interprété pas Agnès Boury, la voisine. Je trouve qu'elle apporte quelque chose de très différent. Une pointe de loufoque et d’absurde. Comme si elle jouait une autre pièce, dans la pièce.

C'est ça…c’est merveilleux !

J’ai tout construit autour des trois personnages principaux puis j'ai imaginé l'intervention de cette quatrième personne pour aérer un peu,  pour amener autre chose. Et c'est vrai que ce personnage est en total décalage, mais je trouve qu’elle apporte énormément, c'est surréaliste !

Son jeu est si fin, si poétique qu’elle prend une dimension incroyable alors que ce rôle est tout petit au départ. Agnès le transcende totalement.


Je suis rentré dedans à fond… À la fois j’ai adoré rentrer dedans à fond et j'ai même adoré m’apercevoir que je rentrais dedans à fond.

C'est exactement ce qu'on se dit depuis le début. On sait très bien qu'il y a des spectateurs qui vont rester bloqués en se disant : « mais comment ils font ? » et puis il y a ceux qui sont super heureux de se faire avoir et qui se disent : « Je veux surtout rien savoir, ne me dites surtout rien ! ».

Quand vous me dites que vous avez marcher à fond, il n'y a rien de plus qui puisse me faire autant plaisir.




 

Une idée géniale

Une pièce de Sébastien Castro

Mise en scène José Paul et Agnès Boury

Avec Sébastien Castro, José Paul, Laurence Porteil, Agnès Boury

Crédit © Emilie Brouchon


THÉÂTRE MICHEL

Du mardi au samedi à 21h00. Matinées le samedi et dimanche à 16h30

Durée 1h30






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