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  • Guerre, paix et bidoune. Comédie Dalayrac

    Avis Foudart 🅵 En raison de ma double culture franco-algérienne, je m’interroge constamment sur la place que j’ai, que je me donne, que je prends dans la société. Comment la trouver ? Comment la définir ? Où est-ce que je me situe par rapport aux autres ? Ma place à l’école, dans la famille, dans la fratrie, au travail, la place des filles et celle des garçons. Dans la catégorie « je vous parle de ma vie, je voudrais Zora Bensliman ». Encore un ou une humoriste qui se sert de sa vie pour en faire un spectacle. Encore et toujours. Cette technique, si souvent, utilise, finit par devenir fatigante. Dans le cas de Zora Bensliman, ce projet est né d’une longue interview filmée, de quatre heures pendant laquelle elle a interrogé sa mère, sur son histoire. Et le sujet est plutôt intéressant ! L’Algérie française, la guerre, le rapport qu’elle entretenait avec sa fratrie ont révélé une histoire complexe, une famille divisée entre ceux qui pouvaient partir et ceux qui le ne pouvaient pas. Zora Bensliman propose un joyeux bazar qui mêle la parole au chant et retrace les souvenirs de sa jeunesse franco-algérienne. Elle raconte sa "schizophrénie identitaire" ; Un spectacle sympathique dans un petit théâtre peu connu. Zora Bensliman est une jeune comédienne au charme certain et à la très jolie voix. Son spectacle, vraiment trop court, qui encore besoin de se peaufiner et de vivre sa vie sur scène manque un peu de lien entre les différentes parties. Guerre, paix et bidoune Seule en scène Zora Bensliman Comédie Dalayrac Durée 1h15

  • Les recours de la culture au conseil d'état

    Les avocats Vincent Brengarth et William Bourdon ont déposé hier devant le Conseil d’Etat les premiers recours contre la décision du gouvernement de maintenir fermés l’ensemble des établissements culturels. D’autres recours devraient suivre dans la journée, notamment ceux annoncés par la Fédération nationale des cinémas de France (FNCF) et par la Société des Auteurs Dramatiques (SACD) avec le concours des Centres Dramatiques Nationaux, des Scènes Nationales et des principales organisations syndicales représentatives secteur privé et public réunis… C’est l’ensemble de la culture à l’échelle nationale qui se mobilise pour demander un droit à la culture et limiter les conséquences catastrophiques de la crise en écho aux compagnies, artistes, techniciens, salariés, créateurs, dont la pérennité est gravement menacée. Cette démarche est portée par un appel de plus de 4500 professionnels de la culture dont, parmi les premiers signataires : Adrien de Van (Théâtre Paris-Villette), Laurence de Magalhaes & Stéphane Ricordel (Monfort Théâtre), Laëtitia Guédon (Les Plateaux Sauvages), Colette Nucci & Lucas Bonnifait (Théâtre 13), Jean-François Munnier (L’Etoile du Nord), Anna Mouglalis (Actrice), Laure Calamy (Actrice), José-Manuel Gonçalvès (Le Centquatre), Sandrina Martins (Carreau du Temple), Laetitia Dosh (Actrice), Pauline Bureau (Metteure en scène), Johanny Bert (Metteur en scène), Camille Chamoux (Actrice), Jean-Michel Ribes (Metteur en scène - Directeur), Camille Cottin (Actrice), Anne-Laure Liégois (Le Festin Compagnie), Charles Berling (Acteur Directeur), Noémie Lvovsky (Réalisatrice), Ito Kaori (Chorégraphe danseuse), Nicolas Maury (Acteur-réalisateur), Nicolas Bouchaud (Comédien), Catherine Corsini (réalisatrice), Marianne Denicourt (Comédienne), Pierre Maillet (Les Lucioles), Jean-Louis Martinelli (Metteur en scène), Aure Atika (Comédienne), Christine Citti (Comédienne), Nathalie Dessay (Chanteuse-comédienne), Mathilda May (Auteur-metteur en scène), Karin Viard (Comédienne), Thomas Quillardet (metteur en scène), Lionel Abelanski (Comédien), Noël Mamère (Journaliste), Pascale Arbillot (Comédienne), Caroline Guiela Nguyen (Metteure en scène), Cyril Teste (Metteur en scène), Bruno Solo (Comédien), Florence Thomassin (Actrice), Catherine Arditi (Comédienne), Aurélien Bory (metteur en scène), Dominique Pinon (comédien), Sonia Rolland (actrice, réalisatrice), Pascale Arbillot (comédienne), Julie Ferrier (artiste), Johann Le Guillerm (directeur artistique), Rodolphe Burger (Artiste), Anouk Grinberg (Comédienne), Jeanne Balibar (Comédienne), Olivier Balazuc (Comédien-Metteur en scène), Rachel Arditi (Comédienne), Laurent Tirard (auteur- réalisateur), Cécile Garcia Fogel (Comédienne), Cyrielle Clair (Comédienne), Agnès Troly (Festival d’Avignon), Jean-Xavier de Lestrade (réalisateur), Léa Drucker (comédienne), Benoit Lavigne (Théâtre de l’Oeuvre / Lucernaire), Laurent Cantet (Cinéaste), Béatrice Dalle (Actrice), Natacha Régnier (Comédienne), Marina de Van (Auteure - réalisatrice), Mathilde Seigner (Comédienne), Celine Sallette (Comédienne), Nadia Roz (Comedienne), Christophe Rauck (Théâtre du Nord), Nicolas Royer (Scène Nationale de Châlon-sur-Saône), Emmanuelle Bercot (Réalisatrice), Simon Abkarian (Acteur), Phia Menard (Artiste), Sara Giraudeau (Comédienne-metteur en scène ), Igor Mendjisky (Metteur en scène ), Vincent Macaigne (Acteur / auteur / réalisateur / metteur en scène), Joséphine de Meaux (Actrice réalisatrice), Eric Soyer (Scénographe)…

  • Le Cirque Invisible. Un grand retour au Théâtre du Rond-Point

    Un clown illusionniste, une acrobate, un imaginaire fou et des costumes incroyablement inventifs, cela donne un spectacle fantastique avec plein d‘animaux, du jonglage et même de la grande illusion. Magiques, très drôles, aussi loufoques l’un que l’autre, Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thierrée nous font partager leur univers un peu suranné et absolument brillant. On est ici dans un spectacle particulièrement visuel et poétique où l’imaginaire fonctionne à son paroxysme. Par des postures et des costumes incroyables, tout un cirque apparaît sous nos yeux ébahis et notre esprit retrouve son enfance. Le Cirque Invisible, unique et hors norme qui a été créé, il y a plus de dix ans, est aussi émouvant qu’éblouissant. Ce spectacle est bon comme un chocolat chaud près d’un feu de cheminée, en hiver. Il se déguste avec bonheur et donne une sensation de chaleur et de bien-être incroyable. Jean-Baptiste Thierrée, avec son visage ahuri et ces nombreuses malles, nous surprend constamment et Victoria Chaplin, tout en douceur, nous prend par la main pour nous entraîner dans son univers poétique et farfelu. Ce cirque est peut-être invisible, mais il est là, immense et majestueux. Il s’ouvre et se déploie devant nous, presque par surprise. Vous pouvez me croire, je vous l’assure. Ce n’était pas un rêve, J’étais là et je l’ai vu… SALLE RENAUD-BARRAULT 15 — 31 DÉCEMBRE, 18H30

  • La Morsure de l’âne

    Avis Foudart 🅵🅵🅵🅵 Paco s’est arrêté, dans un au-delà, entre la vie et la mort. Il s’y sent bien. Il y trouve une sorte de paix. Dans ce pays mystérieux, nombre de personnages et de créatures viennent le visiter : une jeune femme se jette dans les flots en hurlant de joie, un âne lui propose une errance, son fils Uriel lui annonce qu’il peut se passer de lui, une petite fille qu’il ne connaît pas lui demande d’être son père… Paco est perplexe. Où est-il ? Que lui arrive-t-il ? Quelles décisions doit-il prendre ? Et s’il décidait tout simplement de vivre ? Pas si simple, justement... Et ainsi, ils prennent goût à la vie. Nathalie Papin nous propose d’explorer notre rapport à la mort, à travers une œuvre mordante, légère et fondamentale sur ce qui nous rend vivant, sur ce que c’est qu’être en vie. Entre rire et larme, plein de poésie et de musicalité, La morsure de l’âne est un spectacle "jeune public" passionnant. Une pièce intelligente et éducative qui aborde un sujet particulièrement délicat, la mort et le passage de la vie à la mort. Loin de sombrer dans le pathos, par une approche symbolique et philosophe, le texte navigue entre l’éclat de rire de Noïké, le cynisme de Paco et le rire fin et discret de l’âne. Un texte, tout en légèreté et rire qui nous confrontent à notre filiation, nos idéaux, nos rêves et notre désir d’en découdre avec la vie. Emilie Le Roux, par une mise en scène pleine de très bonnes idées scénographiques, a su rendre magique ce très beau texte de Nathalie Papin. Sur un fond noir, très sobre, mais aux multiples ouvertures, on se laisse délicatement emporter par ce conte moderne, ce voyage existentiel guidé par le personnage magnifique de l'âne. Et je suis certaine que cette création va nous "porter" comme l’âne le fait pour Paco. Nathalie Papin La Morsure de l’âne Texte de Nathalie Papin Mise en scène d’Émilie Le Roux Avec Julien Anselmino, Dominique Laidet, Lou Martin-Fernet, Najib Oudghiri Crédit photo Einesichtweise Durée estimée : 1h A partir de 10 ans TOURNÉE 15 DECEMBRE : TRES TOT THEATRE, SCENE CONVENTIONNEE ART, ENFANCE, JEUNESSE - QUIMPER [29] > THEATRE DE CORNOUAILLE, SCENE NATIONALE DE QUIMPER DU 3 AU 6 FEVRIER : THEATRE DE LA VILLE - PARIS [75] > LES ABBESSES – PARIS 14 ET 15 AVRIL : FESTIVAL PETITS & GRANDS - NANTES [44] > LE GRAND T, THEATRE DE LOIRE-ATLANTIQUE – NANTES TOURNÉE 2021/2022 (EN CONSTRUCTION) : BONLIEU, SCENE NATIONALE - ANNECY [74] THEATRE MASSALIA, SCENE CONVENTIONNEE ART, ENFANCE, JEUNESSE - MARSEILLE [13]

  • Le Horla. Le lucernaire

    parmi le très grand nombre de livres que j'ai pu lire. Il y en a deux qui m'ont marqué tout particulièrement et qui m'ont véritablement donné le goût de la lecture. Premier Amour de Dostoïevskie et le Horla de Maupassant. J'aime ces deux livres qui m'ont bouleversé et que j'ai toujours gardé précieusement. Le Horla. Quel texte magnifique ! Cette nouvelle a été adaptée et réadaptée de maintes fois. Que ce soit en France comme à l'étranger. En moyen métrage, film, opéra... j'avais envie d'écouter ce texte et je dois dire que je n'ai pas du tout été déçu. Cette adaptation que je viens de voir au théâtre le Lucernaire est vraiment réussie. Je n'ai jamais autant « vu » ce texte. Avec juste une chaise et un tréteau (oui, oui). Florent Aumaître et Slimane Kacioui ont créés un pur bijou théâtral. Je cite le comédien et le metteur en scène car je suis certain que c'est une oeuvre collective. J'ai particulièrement aimé les descriptions de paysage, d'univers. J'y ai vu de la légèreté, du désarroi, de l'horreur. J'ai vécu cette pièce avec la même sensation qu'en lisant le livre. Son propre imaginaire est totalement respecté. Un décor très sobre. De très belles lumières et puis le voyage commence. Je me suis laissé bercé littéralement. Florent Aumaître, avec beaucoup de distinction, ne surjoue aucunement et n'ai pas dans la projection (ce qui est rare en ce moment et ça fait du bien). Il vit le texte et nous le fait vivre également. Le rythme est soutenu (ça m'a un peu gêné au début) et le phrasé est très particulier. Unique. Je ne sais pas si Florent Aumaître le fait exprès ou si c'est sa réelle façon de parler. J'aimerais beaucoup en savoir plus sur le sujet et l'invitation d'une petite entrevue est lancée ! Peut-être que cette intonation en a dérangé certains. Moi j'ai beaucoup aimé. Encore Un beau coup de coeur au Lucernaire. Définitivement. Pour tous ceux qui reviennent et qui aiment Avignon, le Lucernaire est le théâtre parisien qui ressemble le plus à l'esprit « Avignon » sans la foule. Bien sûr.

  • Interview de Grégori Baquet

    Une rencontre formidable. J'ai passé un moment délicieux avec Grégori Baquet qui a eu la générosité, en plus de ses multiples activités en Avignon, de m"accorder un long moment de partage en toute en sincérité et révélations. Grégori est quelqu’un de vraiment attachant et sympathique. Merci beaucoup.

  • Une assemblée des théâtres au théâtre du Rond-Point

    Le gouvernement a annoncé ce jeudi de nouvelles mesures pour l’emploi dans le secteur culturel sans, toutefois, se prononcer sur la demande de prolongation de “l’année blanche” au-delà d’août. La réponse est immédiate. Les directrices et directeurs de salles de spectacles, scènes publiques, scènes privées, lieux indépendants préparent une Assemblée des Théâtres, le 25 mars pour une réouverture urgente des lieux de culture. Des médecins y participeront Eric Caumes, le chef du service des maladies infectieuses de l’Hôpital de la Pitié Salpêtrière et l’urgentistes Patrick Pelloux. Nous sommes directrices et directeurs de salles de spectacles, scènes publiques, scènes privées, lieux indépendants. Il y a plus de 120 jours, nous avons fermé nos salles pour la seconde fois de l’année. Nous l’avons fait en responsabilité devant une remontée rapide de l’épidémie de Covid-19. Les connaissances sur la propagation du virus étaient encore insuffisantes. Les théâtres, les cinémas, les salles de concerts… sont des lieux de vie et doivent le rester. Comme au printemps 2020, le principe de précaution devait prévaloir. Mais aujourd’hui, les données sanitaires ont évolué : Aujourd’hui, les connaissances sur la transmission du virus ont progressé et les études scientifiques se succèdent en Europe. Elles arrivent toutes à une même conclusion : dans le respect des consignes sanitaires, les salles en configuration assises sont parmi les endroits où le risque de contamination est le plus faible. Aujourd’hui, les protocoles sanitaires sont renforcés pour nos salles et de nombreux virologues confirment qu’on ne s’y contamine pas. Aujourd’hui, une étude du Ministère de la Culture montre que l’impact d’une réouverture des lieux culturels sur le brassage journalier de population est négligeable. Nous savons aujourd’hui que plus aucune raison sanitaire ne justifie notre fermeture. C’est un choix. Alors que de nombreux Français, en particulier les plus jeunes et les plus fragiles, souffrent de solitude, d’anxiété, d’isolement, les médecins alertent sur cette dégradation de la santé mentale de la population et sur l’urgence de retrouver du lien social. Et cette respiration ce sont des lieux bien organisés, responsables, citoyens, comme les lieux culturels notamment qui peuvent l’offrir en toute sécurité. Nous le savons. Maintenant il est urgent de nous retrouver tous unis : directeurs, directrices de scènes publiques, privées, CDN, CCN, Scènes nationales, municipales, indépendantes… de toute la France ; pour débattre, entendre ces études, ces avis, ces médecins. Mesurer avec eux l’évolution du risque en fonction de l’évolution de l’épidémie, en tirer ensemble des conséquences et agir. Aujourd’hui, le printemps approche, il n’est plus temps de subir des décisions qui ont perdu leurs fondements. Il nous faut organiser collectivement les conditions de cette réouverture, Il nous faut rouvrir. la réunion aura lieu le Jeudi 25 Mars à 14h30 au Théâtre du Rond-Point pour échanger sur ces conditions d’ouverture en présence de personnalités du monde scientifique, médical, judiciaire… Participeront : Pr Eric Caumes (chef du service des maladies infectieuses – Hôpital de la Pitié Salpêtrière), Dr Patrick Pelloux (Urgentiste – SAMU de Paris), Maitre William Bourdon (Avocat), Jean-Michel Ribes (Théâtre du Rond-Point), José-Manuel Gonçalvès (Centquatre), Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel (Le Monfort), Lucas Bonnifait (Théâtre 13), Adrien de Van (Théâtre Paris-Villette), Romaric Daurier (Le Phénix), Nicolas Royer (Espace des Arts), Jacques Vincey (CDN de Tours) , Dominique Bluzet (Théâtres Aix Marseille), David Bobée (CDN de Rouen), Catherine Marnas (Théâtre National de Bordeaux), Alexandre Krief (Théâtre Romain Rolland), Marcial­ Di Fonzo Bo et Jacques Peigné (Comédie de Caen), Frédéric Maragnani (Théâtre de Chelles), Clément Poirée (Théâtre de la Tempête), Hortense Archambault (MC93), Sandrina Martins (Le Carreau du Temple), Nathalie Huerta (Théâtre de Vitry sur Seine), Laetitia Guedon (Les Plateaux Sauvages), Arnaud Meunier (MC2 de Grenoble), Anne Sauvage (Atelier de Paris), Marc Lesage (Théâtre de l’Atelier), Mathieu Touzet et Edouard Chapot (Théâtre 14), Emilie Audren et Mael Le Goff (L’Air Libre), Pierre-Yves Lenoir (Théâtre des Célestins), Fériel Bakouri (l’Apostrophe), Christophe Laluque (Le Dunois) Lionel Massetat (SN de Saint-Quentin-en-Yvelines), Christophe Rauck (Nanterre Amandiers)… 20 millions supplémentaires vont être mobilisés pour soutenir les équipes artistiques en région, aider les plus fragiles, préparer la reprise qui se profile mais aussi accompagner les jeunes diplômés qui commencent leur carrière dans des conditions particulièrement difficiles. Roselyne Bachelot

  • Ardanthé. 23e édition

    Pour la 23e édition, avec Ardanthé et le programme [Déca]danse, le Théâtre de Vanves vous invitera à vous plonger dans la vitalité de la création chorégraphique contemporaine. Cette année, le festival Ardanthé devrait se tenir à Vanves, si les conditions sanitaires le permette, du 1er au 10 juillet 2021. Voici le programme Ardanthé Une occasion passionnante de se retrouver autour du spectacle vivant !

  • Le festival Paroles Citoyennes continue à Paris

    J’ai eu la chance de vivre une expérience inédite, hier soir, grâce au festival Paroles Citoyennes. Imaginez, un vrai spectacle créé pour être présenté dans un appartement avec un élément de décor léger et portatif, très beau et inventif. D’abord, il y a le mythe de Cassandre, son histoire. La malédiction lancée par Apollon : « tu vas prédire l’avenir, tu verras tout arriver, MAIS personne ne te croira jamais ». Et puis il y a ce qu’on en pense aujourd’hui, de ce mythe, de cette histoire. Qu’est-ce qu’une femme qui sait ? Quel est le visage d’une femme qui n’est pas crue ? Que peut bien savoir une femme et que les autres ignorent ? C’est avec ce postulat que Julie Lerat-Gersant, avec le soutien du musée de Louvre, a mené toute une série d’interviews, pendant un an et demi environ. Elle en a ensuite sélectionné une dizaine pour les mettre en scène tout en respectant scrupuleusement les intonations et les hésitations. Julie Lerat-Guersant et Laurianne Baudoin enchaînent et entremêlent tous ses témoignages de femmes avec un réalisme et une intimité déconcertante à deux mètres de nous...spectateurs. La sensation, très particulière, est particulièrement émouvante. Les prochaines dates incontournables et immanquables de ce festival qui n’en finit plus de surprendre sont : Le 1er mars à 19h avec la pièce, coup de cœur, Fleurs de Soleil de Simon WiesentHal, mis en scène par Steve Suissa et interprète par Thierry Lhermitte. Le 2 mars à 20h avec l’événement exceptionnel, très attendu, VIRIL à Bobino, mis en scène par David Bobée avec Casey, Béatrice Dalle, Virginie Despentes et le groupe Zëro. Une colère de femme Rock et révolutionnaire.

  • Et si je vous parlais de...Fanny Hardant. Hiroshima mon amour

    Ce soir, en revenant de voir « Hiroshima, mon amour », j’ai envie de vous parler de moi, mais il faut remettre les choses dans leurs contextes. Tout d’abord, un jeune (R)evenu de sa campagne profonde. Revenu, comme renaître, car je n’ai rien contre la campagne profonde, mais quand on ne rêve que de cinéma et de théâtre. C’est quand même compliqué. Je reviens donc de ma campagne à Hyères les Palmiers. Certainement la plus belle période de toute ma vie. J’apprends que François Truffaut y tourne un film (c’était une petite ville). J’ai erré de jour comme de nuit. À l'affût pour essayer de voir le tournage. C’était « Vivement dimanche », tourné, en 1983 avec Fanny Ardant et Jean-Louis Trintignant principalement dans le « vieux Hyères ». Je ne vous connaissais pas, je ne connaissais pas grand monde, mais je vous y ai vu. De votre côté, il était impossible de me voir. Je me cachais derrière un palmier, un poteau. Je passais et repassais, un peu comme une ombre. Plus tard, j’ai joué,comme vous, au merveilleux théâtre Denis. Pas une scène de film mais une pièce de théâtre. On sentait encore votre passage ainsi que celui de Jean-louis Trintignant. Vous êtes toujours resté dans la mémoire. Peut-être que, sans le savoir, vous m’avez donné les clefs. Les clefs du théâtre, du cinéma. L’envie, le désir. Ce soir après vous avoir vu sur scène « Aux Bouffes Parisien ». Une émotion immense est montée en moi. Je vous savais suave, élégante, intrigante. Je vous trouve, en plus, forte, brillante, étonnante. Ce texte de Marguerite Duras est absolument magnifique. Vous glissez sur scène avec tant de légèreté. Les années ont passé mais pas sur vous. Vous êtes toujours aussi belle. D’une beauté, pleine et entière. Vous irradiez. 50 minutes, c’est court. Beaucoup trop court. J’en veux encore, mais comme vous le dites dans ce très beau spectacle, je ne vous oublierai jamais ! Hiroshima, mon amour. Fanny Ardant, mon amour. Avec tout le respect que je vous dois. Bien entendu. Vous ne lirez certainement jamais ce texte, comme à l’époque, vous ne m’avez certainement pas remarqué, mais ce n’est pas grave, C’est écrit et c’est l’essentiel à mes yeux. Quelle semaine mes petits fous (de plus en plus nombreux). De l’émotion, du drame, de l’élégance, du génie. Ce soir, je suis exténué avec tous ces préparatifs pour Avignon, mais hyperexcité !!!

  • 🅵🅵Music-hall. Guichet Montparnasse

    Une chanteuse de Music-hall, spécialiste du playback, révèle face public ses aventures de tournées. Se produisant le plus souvent dans des salles des fêtes avec son pianiste et ses deux Boys, elle entretiendra l’illusion d’un grand spectacle pour ne pas laisser mourir ses rêves. Connaissez-vous Jean-Luc LAGARCE ? C'est aujourd'hui l'un des auteurs contemporains les plus joués en France. Ses textes sont traduits en vingt-cinq langues et sont joués dans de nombreux pays. Très proches du théâtre de l'absurde de Ionesco et Beckett, Jean-Luc Lagarce laisse une œuvre riche de plusieurs dizaines de pièces, plusieurs récits et un roman, Voyage à La Haye. Ses écrits sont redécouverts par les critiques et les metteurs en scène après sa mort. Sa pièce Juste la fin du monde entre au répertoire de la Comédie-Française en 2008 et Music-Hall, mise en scène plus de 30 fois a, notamment, été reprise en 2009 au Théâtre des Bouffes du Nord, dans une mise en scène de Lambert Wilson. Un hommage à la vie d’artiste, leurs rêves et leurs espoirs, sur fond de music-hall. Quand le théâtre contemporain, à l’écriture très particulière et avec un texte absolument magnifique, rend hommage au music-hall. Sophie Plante réussit un beau pari en mettant en scène ce spectacle audacieux et ambitieux. Le guichet Montparnasse est un petit théâtre, un laboratoire de visibilité pour les toutes jeunes compagnies et music-hall en est un très bel exemple. Avec très peu de moyens, mais beaucoup de générosité et de fraîcheur, cette bande de comédiens, accompagnée d’un très bon pianiste nous enchante. Music-Hall est un spectacle à voir, absolument. MUSIC-HALL De Jean-Luc Lagarce Mise en scène et chorégraphie Sophie Planté Avec Vincent Lagahe, Yohan Leriche, Charles Leys, Sophie Planté Compositeurs Barthélémy Bégous et Vincent Lagache Regard artistique Laurine Mevel Photographe Clémence Lebon Vidéo Tahina Razafindrabe Le Guichet Montparnasse 15 Rue du Maine 75014 Paris Les dimanches - 20h ? Durée : 1H15

  • 🅵🅵🅵🅵 Mes frères. Un conte onirique et sexuel au Théâtre la Colline. Nouveaux Horaires

    Une maison dans les bois abrite quatre frères : Pascal, Adama, Frédéric, Arthur, ils sont bûcherons ou menuisiers. Mais il y a aussi Marie, la servante. Leurs désirs, leurs pensées, leurs mots convergent vers Marie, celle qui radicalement affirme sa liberté. Ils feulent, brament, braient, ils déplient leurs fantasmes et leurs nuits. Rêvent-ils ? Pascal Rambert écrit des textes pour les mettre lui-même en scène, et c’est donc la première fois qu’il écrit, à « destination » d’un autre metteur en scène, Arthur Nauzyciel. Et quelle première fois ! Les mots de Rambert s’accordent si merveilleusement avec l’univers de Nauzyciel que, sans le savoir, nous pourrions imaginer qu’ils ne fassent qu’un. Mes frères est un conte onirique et sexuel sur le pouvoir, les relations fraternelles et familiales, la place de la femme, la descendance et l’amour. D’un côté quatre hommes un peu bourrus un peu enfantins représentant l’homme, le mâle, la virilité entre dandys chics et cultivés et fauves sauvages et vulgaires. D’un autre, une princesse désabusée, fracassée. Forte et fragile, à la fois. Sous l’œil rond et inquiètent d’un véritable hibou et la figure décalée d’un aïeul doré, se déroule un combat féminin - masculin, un ballet, rituel amoureux et haineux, tragique mais aussi très drôle pour cinq corps, cinq voix, quatre hommes et une femme qui évoque le désir masculin virant à l’obsession. Le magnifique décor est fait de deux parties distinctes. Le monde extérieur inquiétant et sombre fait d’arbre mort et l’intérieur, un immense cocon de métal merveilleusement lumineux et sonorisé, à la fois déshumanisé et implacablement ordonné. Adama Diop, Pascal Greggory, Frédéric Pierrot et Arthur Nauzyciel enchaînent de longs monologues vibrant de force et de poésie. Marie-sophie Ferdane est éblouissante dans ce rôle de princesse - guerrière. dès son apparition, elle s’empare de cette immense scène et son aura est telle que l’on ne voit plus qu’elle. Tous se donnent à fond, et déploient une énergie incroyable dans ce jeu théâtral viscéral et torturé. Aux sources du théâtre, entre rêves et mythologie, Mes frères, un grand coup de coeur, est à la fois un spectacle étrange, totalement unique et une pièce aux multiples références qui ne cesse de surprendre, bouscule les conventions et interpelle. Mes frères Texte Pascal Rambert Mise en scène Arthur Nauzyciel Avec Adama Diop, Marie-Sophie Ferdane, Pascal Greggory, Frédéric Pierrot et Arthur Nauzyciel en alternance avec Guillaume Costanza Assistanat à la mise en scène Raphaël Haberberg Scénographie Riccardo Hernández Lumières Scott Zielinski Son Xavier Jacquot Costumes, coiffure et maquillage José Lévy Chorégraphie Damien Jalet Musique chanson des frères Rouge Gorge (Robin Poligné) Photo © Abby Savage et Philippe Chancel La Colline Création Du 30 septembre au 23 octobre à La Colline à 17h. Représentations supplémentaires, les 22 et 23 octobre. Du 10 au 21 novembre au Théâtre National de Bretagne (TNB) et les 20 et 21 novembre 2020, dans le cadre du Festival TNB Du mercredi au samedi à 20h30, le mardi à 19h30 et le dimanche à 15h30 Le spectacle est déconseillé aux personnes ornithophobes. PASCAL – ma servante regarde je suis nu pour toi comme chaque soir je viens te visiter frotter mon corps contre ta porte être limace une chose qui laisse une trace pauvre désir j’ai pris ma hache car tout rêve est dangereux on n’entre pas dans un rêve sans arme alors je viens armé vois je me mets à genoux j’ai besoin que tu me laves je suis sale ma servante dehors et dedans il n’y a rien à sauver nous les hommes même nus sommes couverts de ce que nous portons sur notre dos je porte beaucoup voir notre peau c’est voir les couches de nos malheurs nous allons nus habillés d’eux pauvre désir ma peau est faite de cela sa surface fine luit sous l’étoile polaire ce sont les petits chagrins aujourd’hui nulle biche ne s’est arrêtée en dressant ses oreilles et a tourné son regard vers moi on ne me regarde pas petit chagrin — Pascal Rambert, Mes frères

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