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- Écoutez leur silence. Théâtre le Funambule Montmartre
J‘ai passé une excellente soirée grâce à la jeune compagnie des mauvais joueurs. Ne comptez pas sur moi pour vous raconter l’histoire de cette pièce, car la surprise, ici, est à mes yeux vraiment un atout. Ce que je peux vous en dire, c’est que cela parle de jeunesse, d’adolescence, de vie, d’amour, de peine. Une fois de plus, la direction du Funambule Montmartre a fait un très bon choix, hyper culotté et intéressant. Cette joyeuse troupe de comédiens est vraiment excitante et la responsable et metteuse en scène, Gabrielle Gay, est vraiment touchante. Elle m’a pas mal couru après pour que j’assiste à cette troisième représentation et je n’ai pas du tout été déçu, au contraire. J’ai même été vraiment touché au cœur en voyant cette représentation. En tant que papa, j'avais tellement l'envie de serrer très fort mes enfants dans mes bras. Il y a quelques faiblesses au niveau de l’histoire. On sent un peu trop que Gabrielle Gay, certainement par amour de ces comédiens, a un peu trop tenu à ce que chacun ait son moment et cela donne un peu, par moments, un sentiment de lassitude. On attends « le tour suivant » et il y a quelques soucis de rythme concernant la gestion « des noirs » (surtout au début). C’est un peu comme les flashbacks au cinéma. Il faut faire très attention et leurs utilisations est un exercice périlleux, mais finalement, même les quelques imperfections ne m’ont pas gêné tant que ça apportent finalement un vrai sentiment d’humanité et de réalisme, car, après tout, l’adolescence est une période de construction et de passage. Cette pièce dont c’est le sujet principal, en parle avec beaucoup de tendresse J’en ai eu les larmes aux yeux d’émotion et de bonheur. Tous ces jeunes sont vraiment bien. Comme la pièce, ils sont encore un peu en gestation mais il y a de la bonne graine de comédiens et j’ai été particulièrement touché par Astrid Saule, ce soir, que j’ai trouvée fantastique. Belle route les mauvais joueurs. Continuez comme ça. Ce n’est que le début d’une très belle aventure théâtrale.
- L’homme à tête de chou. Théâtre du rond point
J'ai eu la chance folle d'assister à ce spectacle absolument génial et immanquable. Jean-Claude Gallotta nous a concocté une pièce chorégraphique qui est un pur bijou. Je pourrais trouver une liste interminable de superlatifs pour parler de ce spectacle, mais ce qui m'a le plus touché, c'est que (alors que je connaissais le disque originel) j'ai vraiment eu l'impression d'écouter ses mots et de découvrir cette musique pour la première fois. Le talent de Gainsbourg est totalement sublimé par la danse, les arrangements et la voix de Bashung. Putain, ce qu'ils me manquent ces deux-là. J'ai été ému à en pleurer du début jusqu'à la fin. Depuis 10 ans, ce spectacle se joue un peu partout. Il ne se jouera pas à vie. Courez-y. Je vous promets de vivre un immense moment de grâce. J'ai eu la chance, à la sortie, de discuter quelques minutes avec un des danseurs du tout début. C'était tellement beau et émouvant de voir son sourire radieux et sa fierté d'être là. J'avais l'envie de l'embrasser. Tellement de bonheur, d'émotion, de beauté, de volupté, d'énergie. J'étais à deux doigts de me lever et de danser avec eux. Ce spectacle est tout simplement un chef-d'œuvre. Le plus bel hommage que l'on peut rendre à ces deux immenses génies.
- La vie de Galilée. Philippe Torreton. La scala
Si nous parlions un peu de la Scala. ce lieu multi culturel me parait bien passionnant et intéressant. L'année dernière, déjà, j'y avais vu un spectacle étonnant mais je dois dire que cette année commence sous les meilleurs hospices. Cet espace hors du commun à Paris, financé en grande partie par des fonds privés se veut fonctionner comme un théâtre public (avec les mêmes exigences et des tarifs très corrects ). Il me semble (mais cela m’a été un peu confirmé à l’accueil) qu'un des objectifs de la direction est la pédagogie, mais une pédagogie de très bonne facture. C'est vraiment ce que jai ressenti en voyant «la vie de Galilée» et c'est aussi un tout petit peu mon bémol. LA VIE DE GALILÉE par Claudia Staviski. Je viens de voir un très beau spectacle. Le texte de Bertolt Brecht est un pur bijou, mais tout le monde le sait. J’ai trouvé l’interprétation de Philippe Torreton magistrale. En plus d’être un immense comédien, Philippe Torreton a gardé un œil d’enfant qui donne une humanité et un humour formidable au personnage de Galilée. J’ai beaucoup aimé le décor, un peu hors du temps, un peu industriel, à la fois maison et parfois geôle ainsi que les lumières magnifiques. J’aime un peu moins (je l’ai dit plus haut) le côté un peu trop didactif. Les phrases projetées « 3 mois après, à Florence,... ». Je trouve que cela n’apporte pas grand chose à la pièce et que ça alourdit l’atmosphère. Je suis un peu gêné par les costumes un peu trop hétéroclites. (C’est certainement pour donner un côté universel et remettre le texte dans son contexte d’écriture). C'est louable car c’est un parti pris de mise en scène mais je ne suis pas sûr que ça soit vraiment utile. Enfin, Philippe Torreton est si bon que les autres comédiens paraissent, pour certains, un peu fades, mais là aussi, le plateau est rempli de jeunes comédiens et c'est très agréable. Comme vous pouvez le lire, mon avis est un peu nuancé, mais c´est tout de même une très belle proposition et un beau spectacle. Il faut courir voir cette pièce, surtout pour Philippe Torreton, et parce que c´est à la fois un cours d’histoire, un cours de philosophie, de physique, d’astronomie et de théologie. Le rapport entre l’Eglise et l’évolution scientifique est passionnant. Je vous recommande vivement de suivre de très près LA SCALA qui peut devenir un lieu incontournable.
- PARADE. THÉÂTRE DU CHÂTELET
Le Théâtre du Châtelet vient de rouvrir en fanfare. J'aime tellement ce théâtre. Ce que vous nous avez manqué. J'ai eu la chance d'assister à la réouverture avec grand orchestre. Têtes de Carnaval. Artistes de Cirques, danse et loufoquerie en tout genre. L'arrivée au théâtre avec tous ces artistes et ce cheval magnifique. C'est tellement bon de passer à nouveau la porte du Châtelet et de monter ces escaliers. La première partie était grandiose avec un groupe ethnique absolument fantastique et des artistes de cirque qui avaient vraiment l'air de se faire plaisir. La suite fut complètement folle avec des artistes venus certainement de la planète Mars. Complètement fou, drôle et déjanté. J'ai vraiment hâte de voir la nouvelle programmation. Vive le Châtelet !!!
- Un jour de pluie à New York. Un très bon Woody Allen
UN JOUR DE PLUIE A NEW YORK. Un film de Woody Allen, c’est comme un cru millésimé. On attend toujours avec impatience, son nouveau cru. Parfois on est enchanté, parfois un peu déçu mais notre amour est toujours présent pour ce génie de poésie psychanalytique qui ne cesse de se réinventer. Pour ma part. J’attendais depuis longtemps, un nouveau film de Woody Allen a New York et je n’ai pas été déçu. Ce film est tout simplement truculent et joyeux, poétique et un peu désabusé. Woody Allen ne vieillit pas et sa part d’enfance reste intacte. Elle Fanning est parfaite d’ingénuité et joue la ravissante idiote avec un charme fou. Ces répliques sont extrêmement drôles. Timothée Chalamet joue un jeune étudiant rêveur et un peu perdu. Sa nonchalance est bouleversante. Diego Luna est un séducteur un peu ridicule et en guest Jude Law, le Woody de service est génial. Il faut voir absolument le nouveau WOODY ALLEN. Sortie le 18 septembre en France. Distribution Mars Film
- And the winner is...Festival de Deauville
BULL. Grand prix. Prix de la critique. Prix de la fondation Louis Roederer THE CLIMB ET THE LIGHTHOUSE. Prix du jury LES MISERABLES. Prix Michel Ornano SWALLOW. Prix spécial du 45eme festival
- Festival de Deauville 2019. Si nous lancions les paris
SKIN. Swallow. BULL. The wolf Hour. Port Authority. Cette année du très bon. Du très mauvais. Le cru de la sélection du festival de Deauville est un peu en dent de scie, mais c'est le jeu de ce festival du cinéma américain Indépendant. Les histoires ont été souvent passionnantes et les acteurs et actrices, pour la plupart formidables. C'est plus dans le traitement de la mise en scène ou des images (parfois trop esthétiques) que je me suis senti le plus déçu. Aujourd'hui, le temps n'est pas au bilan, mais plutôt au pronostic et je vais me mettre vraiment en danger, sur ce coup-là. Je suis un fan absolu de SKIN par Guy Nattiv. J'ai un véritable coup de cœur pour Swallow de Carlo Mirabella Davis. BULL et The Wolf Hour sont deux très grands films. Port Authority pourrait faire la surprise. Le point commun de tous ces films est le niveau d'interprétation. Les points de vue artistique et les nuances psychologiques. Du bon cinéma américain. Parmi les œuvre PREMIERES. Le public a adoré American skin ( je suis un peu plus nuancé). music of my life est un pur bijou, Un jour de pluie à New York un bon Woody Allen. Une vie cachée, un très grand film. Et les docs alors. Les indispensables pour moi Apollo11. Miles Davis's: birth of the cool. This changes everything. Place à mesdames et messieurs les jurés. À vous de bosser. On a hâtes de connaitre votre choix.
- Port Authority. Festival de Deauville
La rencontre entre un jeune homme paumé qui, suite à une bagarre dans le métro, se retrouve à Port Authority. Un quartier de Brooklyn et découvre un monde qu'il n'imaginait pas. Certains peuvent y voir une énième re-interprétation de Roméo et Juliette. Les pauvres. Ils ressortent à chaque fois. Laissons les un peu tranquille. J'y vois surtout une jolie histoire d'amour brillamment interprétée et filmée avec générosité. C'est un film sympathique et dans l'air du temps concernant la question du genre. Ce qu'il me dérange le plus, c'est que je suis un fan absolu de la série POSE. Ce film est vraiment très proche tout en étant moins puissant. Le charme de Port Authority devrait plaire et faire une gentille carrière
- En attendant les Molières. ROUGE. Théâtre Montparnasse
ROUGE. Quelle pièce, quel spectacle formidable ! Le théâtre Montparnasse commence la saison en toute beauté. Cette pièce construite comme une MasterClass sur l’art et la peinture est magnifique. À la fois, par la scénographie de Jacques GABEL, la lumière magique de Joël HOURBEIGT, l’adaptation française incroyable de Jean-Marie BESSET, la mise en scène magistrale de Jérémie LIPPMANN et le texte original de John LOGAN. Tous sont de vraies pointures du monde théâtral et cinématographique. Leurs carrières sont incroyables et on ne compte plus les prix et les honneurs qu’ils ont déjà reçus. Je retiens tout particulièrement le décor et la lumière, absolument fantastique. Le texte est également génial et les répliques sont tellement cultes que je n’ai pu m'empêcher d’en noter quelques-unes. Credit photo : Les photos magnifique sont de Jean-Paul Stey “Dans chaque coup de pinceau. Il y a une tragédie” “Tant que tu ne seras pas cultivé, tu ne seras pas un artiste” “La tragédie, c’est de devenir inutile de son vivant” “Moi aussi je suis devenu un concept. Ils les achètent pour faire chier la voisine” “Admire leur talent en silence. Le silence, c’est très pertinent” “L’art ne peut pas être simplement populaire” “Quand un seul mec regarde un de mes tableaux et dit que c’est beau. Ça me fait gerber”. Il y a un petit côté Audiard. Vous ne trouvez pas ? Le duo Niels ARESTRUP et Alexis MONCORGÉ est parfaitement choisi et fonctionne à merveille. Niels ARESTRUP Compose un Rothko acerbe, désabusé, autoritaire mais aussi extrêmement tendre, fragile et brillant. Alexis MONCORGÉ a un rôle formidable et à tiroirs. À la fois timide, puis “passeur de plat” mais aussi vaillant, lumineux et surprenant. Le génie de cette joute verbale tient dans sa construction superbement élaborée et parfaitement documentée. J’ai la sensation, en plus, d’avoir adoré cette pièce aux 6 Tony Awards sur la relation maître-Élève, d’avoir pris un cours de peinture et d’histoire de l’art. l’évolution inéluctable et nécessaire de l’art fait qu’a la fin, très logiquement, l’estocade, le pouvoir de la jeunesse l’emporte. J’ai eu l’immense chance de pouvoir poser quelques questions à la sortie du théâtre à Alexis MONCORGÉ. Ce comédien vraiment sympathique est très humble et surprenant. Il ne ressemble pas du tout à son personnage sur scène. Lors de notre discussion, je l’ai trouvé magnétique et beaucoup plus affirmé. Il m'a d'ailleurs fait part de la difficulté qu’il a eue pour se glisser dans ce personnage qui s’en prend quand même plein la tête. Il était joyeux et ébloui de partager la scène de ce spectacle grandiose avec Niels ARESTRUP au théâtre Montparnasse. C’est un peu oublié son Molière pour son magnifique seul en scène Amok de Stefan Zweig, qu'il a lui-même adapté et produit (il est vrai que son interprétation et telle que je n’avais pas fait le rapprochement). Il m’a également parlé du texte original de John LOGAN. On sent chez Alexis une grande passion pour son métier, son partenaire magistral et cette pièce. J’ai essayé de savoir comment Joël HOURBEIGT avait pu rendre ces tableaux aussi lumineux par moments mais Alexis a su garder malicieusement le secret. L’association de tous ses talents réunis donne un résultat grandiose. L'avenir de cette pièce est assurément assuré. Encore un spectacle absolument indispensable à Paris. Qu'elle rentrée théâtrale ! Je tiens également à féliciter l’équipe du théâtre Montparnasse et du petit Montparnasse qui font un travail fabuleux et toutes les personnes que j’y ai croisés ont toutes été absolument adorables
- Une vie cachée. Terrence Malick. Festival de Deauville
Un film de Terrence Malick ne peut être qu’un événement absolu. De mon point de vue très personnel, je ne suis pas un fou d'ultra esthétisme au cinéma, mais cette fois-ci, ce style « Malik » m'a particulièrement plu. Il y a énormément de choses à dire sur “Une vie cachée”. C'est peut-être l'un des films importants de Deauville 2019. C'est un film très particulier. Un film de sensations et de ressentis. Les images sont superbes. Ce partie pris esthétique me plaît énormément. Vous savez que je déteste raconter les histoires. Un film est fait pour être vu et non raconté, mais je peux vous donner tout de même l'idée de départ, car elle est très intéressante et totalement méconnue. Pendant la Seconde Guerre mondiale. Chaque homme pouvant se battre devait, par la loi, faire allégeance au pouvoir hitlérien. Le film est basé sur ce fait réel et nous démontre les conséquences, les injustices et le malheur que cela a pu engendrer. Dès le début. J'ai presque été choqué de trouver très belles les images d'archives D'Hitler sur une musique absolument fantastique. D'ailleurs, la musique est un élément clef de ce film. Ensuite, on passe directement à une atmosphère totalement bucolique et ce qu'il m'a surpris le plus c'est que les images qui s'enchaînent ne sont pas particulièrement liées à une époque donnée. On la comprend, on la connaît, mais ce n'est pas ce qui compte le plus et ça va progressivement rendre encore plus forte cette histoire. Toutes ses scènes rurales sont magnifiquement dépeintes et les personnages sont parfaitement crédibles. Les sens sont en éveil. On ressent les odeurs. On a l'impression de marcher nous-mêmes dans les champs. Cette sensation est étonnante et m‘a particulièrement troublée. J'ai pensé très souvent aux peintures de Mannet en plus lumineux. La transition avec les images de soldat (on ne voit jamais la guerre, on la ressent) puis la révélation qui s’impose au personnage incarné par August Dhiel est aussi un très grand moment cinématographique. On va alors alterner entre ces images très lumineuses et poétiques et une autre atmosphère beaucoup plus dans les gris bleutés, mais toujours aussi belle. Les deux acteurs principaux August Dhiel et Valerie Pachnet interprètent leur personnage avec conviction et nuance. On a l'impression qu'ils sont eux-mêmes issus du milieu paysan et leur façon d'être complètement désemparé par ce qu'ils leur arrivent et déconnecté des problèmes géopolitiques sont de grandes idées, car ce n'est absolument pas un film sur la Seconde Guerre mondiale. C'est vraiment un film qui relate un fait d'histoires méconnues. Je ne cite que ces deux acteurs, mais tout le reste de la distribution est également parfaite. Que ce soit la sœur, les enfants, les curés, les soldats. Tous sont impeccables et d'un réalisme troublant. Ce film est absolument magnifique.
- Attention événement ! Une nouvelle grande production se monte à Paris et ça paraît énorme.
Le cirque de Paname. Quel joli nom pour un projet ambitieux et une nouvelle production française. C’est un vrai pari. Ça nous manquait tant, dans notre beau pays, où l’art vivant n’a jamais été aussi fort et ambitieux. On espère que nos attentes seront atteintes avec la concurrence magnifiquement féroce des troupes québécoises mais j’y crois. Déjà. Le Paradis Latin a su, enfin, se renouveler avec sa nouvelle revue très réussie. Pour cirque de Paname. On ne peut pas dire que la production ait lésiné sur les moyens. Plus de 70 artistes et techniciens. Un dôme sur mesure posé sur l’hippodrome de ParisLongchamps. Des jets d’eau, des flammes, rideau aquatique, projections visuelles, olfactives... Cet après-midi, on a été quelques-uns à avoir l’immense privilège d’assister à une répétition en direct. C’était vraiment très beau à voir et une expérience passionnante. Quel magnifique cadeau de la troupe du cirque de Paname “Le monde de Jalèya”. On a pu tout voir. Les loges maquillage, les artistes s’échauffer, le metteur en scène, Ludovic Marcato, travailler. Ils se sont totalement offerts à nous et c’est un exercice particulièrement difficile pour eux. J'ai découvert à l’occasion que Jalèya sera incarné par Alexandre Faitrouni. Un jeune comédien - chanteur passionnant et lumineux que j’ai rencontré à plusieurs reprises. Je suis fou d’Alexandre qui m’a ému cet été à Avignon. Et, du coup, je suis encore plus excité de voir très vite “Le monde de Jalèya” en entier. Je vais essayer de les suivre de très près et d’en reparler plusieurs fois. Ce soir, je vous fais deux cadeaux. La bande-annonce et mon reportage de cet après-midi.
- EXTRA ! Le Festival de la littérature vivante. Centre Pompidou
Pour la 3ème année consécutive, ce festival, essentiel à mes yeux, se propose de donner la plus large visibilité à l’ensemble des formes que prend aujourd’hui la littérature. Jean-Max Colard, le génial directeur artistique a tout compris. Ce passionné et passionnant amoureux d’art et d’écriture m´a fait une visite guidée de ce festival hors norme, atypique et complètement actuel. Sa place au Centre-Pompidou, lieu de culture, de création artistique et l’un de mes musées préférés de Paris est l’endroit idéal pour ce festival. Comme le dit très bien Jean-Max Colard la littérature prend aujourd’hui différentes formes d’expression. Lectures, performances, littérature exposée, visuelle ou numérique, poésie sonore, rencontres publiques, autant de pratiques littéraires hétérogènes qui amènent la littérature à sortir du livre pour se créer et se diffuser ailleurs et autrement : sur scène, dans la rue, en public, à l’écran, comme dans les musées et les espaces d’exposition. Nous avons du retard en France à ce sujet. Pourquoi pas, un jour, voir une grande performance artistique et peut-être littéraire au sein du Musée du Louvre ? Ce soir en sortant de Pompidou J’ai senti une véritable excitation. La sensation d’avoir vécu une expérience unique. Chaque espace nous offre un voyage vivant et jouissif au sein de la littérature. Le grand espace central propose des débats, des rencontres et des performances lectures. J’ai été ébloui par la force et corporalité de « devenir viande » par Lucas Sibiril, master de création littéraire du Havre puis par le texte poignant et sombre de « Direct » par Patrick Bouvet et mis en musique par Éric Simonet. Mais chaque espace nous apporte des sensations littéraires uniques et bouleversantes, ludiques et touchantes. Ce que je retiens tout particulièrement, c’est la magnifique exposition d’Alain Arias-Misson, PUBLIC POEMS. Cet écrivain performeur et surtout poète a échangé quelques mots avec moi. Cet homme magnétique au regard d’enfant est mondialement connu pour ces performances de poésie vivante. Son travail s’inspire de la rue, de l’actualité « Il y a deux, trois ans, j’ai été choqué par l'amende donnée à une femme en Burkini dans le sud de la France et l’ampleur Politique que ça prenait. Chaque Parti de gauche ou de droite avait son avis sur la question. Je me suis mis un burkini et me suis promené dans les rues de Deauville, dans les palaces. C’était très drôle. » Ma déambulation a continué par des discussions passionnantes avec les élèves du master littéraire du Havre. Cette Ecole de littérature placée au centre d’une école d’art est une idée fabuleuse. Cette joyeuse troupe menée par l’écrivaine Laure Limongi est passionnante. « Je suis absolument heureuse de diriger ce département littéraire de cette école au Havre. C’est un plaisir immense de voir cohabiter ces futurs écrivains avec d’autres artistes. Nous ne voulons pas leur donner des clefs mais nous avons envie de leur éveiller leur conscience aux autres formes D’art » et ça fonctionne. Ces jeunes sont passionnants. Je n’avais plus envie de les quitter et quand je sortais d’un côté, j’y revenais de l’autre. Écoutez à l’occasion du texte de la jeune femme qui avait peur de sortir mais qui voulait manger des olives gratuites. Le texte est très beau et la musique magnifique. Cet espace est vraiment incontournable. N’hésitez surtout pas à vous asseoir avec eux. Entre salle de travail et de création. Pour moi, la jeunesse porte le savoir sans le savoir. La créativité et les œuvres de jeunesse sont si belles. Entrez ensuite dans l’espace Textodrome. Le lieu conçu par Dominique Gonzalez-Foerster. Un lieu feutré et magnifiquement éclairé. Un espace d’échange, de diffusion, de performance. Cet artiste majeur qui a toujours lié l’art et la littérature, exposée partout dans le monde nous invite dans son antre. On a un peu l’impression de pénétrer son âme lorsque l’on monte les quelques marches de cet espace incontournable. J'ai eu l’immense chance d’écouter Les anecdotes croustillantes de Catherine Robbe-Grillet sur la création de Dîner Noire une performance de Beverly Charpentier et de Tristan Bera et un film de Tristan Bera, mais mon coup de foudre de ce soir revient à l’exposition magique de Mmmh (Maison-musée de Michel Houellebecq) réalisée par deux jeunes femmes malicieuses Alice Lescanne et Sonia Derzylpolsi. Ce duo est artiste associé au 104. Une référence majeure de la création contemporaine à Paris. Cette exposition interactive propose aux visiteurs de devenir le conservateur immortel de cette future maison-musée. Ce vibrant hommage à Houellebecq est drôle, émouvant, étonnant. On ne parle pas de soupe à l'oignon (c’est pour ceux qui ont lu le livre) mais de tout le reste et c’est tout simplement génial. Le tout sous l’œuvre Monumentale et magnétique de Stefan Brüggemann. HEADLINES AND LAST LINES IN THE MOVIES. Il est temps pour moi de m’endormir en souriant de bonheur. Je pourrais vous parler encore de beaucoup de choses comme de la magnifique exposition de Francis bacon et la littérature ou EXTRA ! va faire quelques incursions. EXTRA ! Muros et des multiples pépites de ce magnifique festival, mais c’est à vous bosser un peu. Car la littérature, c’est un acte et non une réception. Je vous encourage joyeusement à vivre l’exposition EXTRA ! Vous ne serez pas déçu et avec l’aide des Étudiants du Havre je vais essayer de vous transmettre des nouvelles régulièrement. Centre Pompidou, 75191 Paris cedex 04 + 33 1 44 78 12 33 Accès : métro Hôtel de Ville et Rambuteau, RER Châtelet-Les-Halles Horaires : ouvert tous les jours de 11H à 21H, le jeudi jusqu’à 23H, sauf le mardi et le 1er mai Tarif : 14 €, tarif réduit 11 € Gratuit pour les moins de 18 ans. Les moins de 26 ans*, les enseignants et les étudiants des écoles d’art, de théâtre, de danse, de musique ainsi que les membres de la Maison des artistes bénéficient de la gratuité pour la visite du musée et d’un billet tarif réduit pour les expositions. Accès gratuit pour les adhérents du Centre Pompidou. Billet imprimable à domicile sur centrepompidou.fr












