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- LE LIEN...d’amour. Festival de Ramatuelle
Je viens de voir une pièce fantastique et pourtant cela va être mon premier coup de gueule de ce magnifique festival. Je ne comprends pas pourquoi un si beau texte dit par de si bons comédiens n’a pas totalement rempli le théâtre de verdure. Je pense qu’il y a plusieurs raisons à ça et je ne vais pas me faire que des amis. Je suis tellement passionné et j’aime tellement le Festival de Ramatuelle que je me dois d’être honnête et franc. Tout d’abord. Il y a un vrai manque de communication. Si je n'étais pas curieux et je ne m’étais pas un peu forcé, j’aurais certainement loupé cette pièce. Juste un petit conseil. Ne négligez pas les communicants que nous sommes même les plus petits comme moi. Nous avons un certain pouvoir d’influence non négligeable. Combien de fois, on m’a passé un petit coup de fil pour m’inciter à voir une pièce afin d’en parler (librement) et combien de fois on m’a félicité d’avoir aidé au remplissage d’une salle. C’est dommage que vous ne vous serviez pas plus de nous au festival de Ramatuelle. Ensuite. Mais c'est quoi ce décor ! Je n’ai pas besoin de décor monumental mais juste d’esthétisme. On a posé sur scène quelques plantes (très jolies au demeurant) mais un décor, c’est un écrin. Truffaut disait. « Il faut toujours que chaque plan signifie quelque chose ». C’est la même chose pour un décor de théâtre. Ce décor ne sert à rien. Il y a juste Pierre Palmade qui est venu caresser une plante quelques secondes. Elle devait se sentir bien esseulée, la pauvre. Je ne parle pas de la lumière. Ce spectacle était vraiment mal éclairé. Seule la table était « en lumière ». Pierre Palmade, à nouveau, qui faisait son possible pour meubler l’espace était la plupart du temps pratiquement dans l'obscurité et toujours éclairée de haut, ce qui n’est vraiment pas flatteur. Enfin la mise en scène. Panchika Vêlez, vous êtes immense. Je vous adore. J'ai tellement aimé votre mise en scène et votre direction d’acteurs dans « Qui a peur de Virginia Wolf ? ». C’était sublime. Un véritable coup de cœur et j’en ai fais un très long article. Là, je ne comprends pas. Pourquoi je ne retrouve pas vos nuances, vos exagérations et vos déplacements ? Vous savez si bien mettre en situation les cris et la vulgarité. Pourquoi ce soir, c'était si… je n’ose même pas dire le mot. Le fils pouvait vraiment péter les plombs. C’est viscéral ce qu’il vit. Pourquoi ne pas avoir poussé en ce sens ? Pourquoi les comédiens ont-ils l’air perdu dans l’espace ? Et puis je n’ai pas du tout aimé la fin quand la mère vient enlacer son fils. Dans ce type de relation et je connais bien le sujet, il y a, en général, une incapacité totale à se toucher. C’est vraiment, à mes yeux, une grosse erreur dramaturgique. Il aurait été bien plus fort de les voir assis côte à côte sur cet horrible banc. Peut-être que ce n’est rien tout cela et pourtant c’est si important. Ce spectacle n’était pas abouti et c’est bien dommage. Il n'était pas assez bien emballé. J’aurais tant aimé comprendre. J’aurais tant aimé que vous m’expliquiez votre travail, votre réflexion et apprendre pourquoi j’ai tort. Maintenant que j’ai lâché ce que j’avais sur le cœur, je vais vous dire tout ce que j'ai aimé. Le texte de François Begaudeau. Vous qui nous avez offert de pures merveilles avec notamment « entre les murs », « mektoub my Love ». Vous qui savez si bien dépeindre les sentiments vrais, simples et ordinaires, vous nous avez livré un texte parfaitement juste et magnifique, efficace et bouleversant. Un coup-de-poing dans notre cœur. Le titre s’appelle le lien. J’aurais dit l’Amour parce que cette pièce parle tout simplement d’amour. Compliqué, torturé, mais si intense. Il y a dans cette pièce des répliques totalement cultes. Madame Catherine Hiegel. Quelle leçon de théâtre ! Vous êtes sublime. Votre monologue du début est tout simplement extraordinaire. Par le texte, mais je l’ai déjà dit, mais surtout par votre interprétation. J’ai bu vos paroles. Je vous ai regardé avec une attention sans faille. Depuis le bout de vos orteils jusqu’au bout de vos mains. Tout est juste et parfait. Le ton, le rythme, les expressions du visage. Vous êtes un diamant. Une pierre précieuse. Je vous ai déjà vu tant de fois. Je vous aime tout simplement. Je vous le dis comme ça. Abruptement. Je reverrais, si j’osais, vous prendre dans mes bras et vous embrasser. Quel bonheur de vous voir interpréter ce rôle magnifique. Monsieur Pierre Palmade. J’ai envie de vous faire une déclaration. Je vous ai tant aimé. Vous avez été certainement mon premier éclat de rire théâtral, il y a, à peu près 25 ans. Je pense que c’était au palais des Glaces à Paris. Je me vois encore mourir de rire en vous découvrant lors de votre premier one man show. J’avais des dizaines de questions à vous poser, car vous avez été pour moi un véritable électrochoc. Je rêvais d’être là, à votre place, comme vous en avez eu l’envie (vous l’avez dit souvent) avec Sylvie Jolie, Muriel Robin. Je vous ai suivi, croisé, rencontré dans certains bars et puis les années passant, je vous ai un peu perdu de vue. Progressivement. sans même m’en rendre compte. J’ai accouru au théâtre du Rond-Point voir votre dernier one man show et je vous avoue que j'ai été une peu déçu (j’ai honte de dire ça, car j’ai une immense tendresse pour vous). Ce soir, j’ai l’impression de vous avoir retrouvé. Enfin ! J'ai adoré votre interprétation même si j’aurais eu envie d’un peu plus de nuances et de désarroi, car vous criez votre amour. J’aurais aimé voir un petit pétage de plomb, mais vos mots sont si justes que l’on dirait qu’ils ont été écrit par vous. Vous nous avez montré, ce soir, votre talent de comédien et cela fait un bien fou. Madame Marie-Christine Danede. Votre rôle est tout petit mais très important. Vous passez parfaitement la soupe…La tarte au citron. Pardon. Ce soir je pense que je me suis grillé définitivement avec le Festival de Ramatuelle et ce serait bien triste. Je dois être honnête et libre. Je transmets mon avis avec mon cœur, mais ce n’est que mon avis. Je me sens un peu triste que cette salle ne fut pas plus remplie. Mais pour vous trois, divins comédiens, encore bravo !
- Cyril Bruneau. Photographe officiel du Festival de Ramatuelle
Aujourd'hui, je suis allé faire petit tour à l'exposition photo de Cyril Bruneau qui se déroule au cœur du village de Ramatuelle, au Garage. C'est une très jolie exposition. On ne sait pas forcément comment il est difficile d'être photographe de concert, de plateau. Il faut arriver à saisir l'instant et d'être capable de retranscrire une atmosphère. Photographier un acteur ou une actrice, également. Arriver à saisir une forme de vérité avec ces professionnels de leur propre image est un exercice vraiment délicat. Je dis bien, une forme de vérité, car l'art photographique n'est pas vraiment l'art du réel puisqu'il est soumis à l'œil subjectif du photographe. Il faut une immense humilité pour être un grand photographe et je peux vous dire que c'est le cas de Cyril Bruneau, depuis 10 ans, photographe officiel du festival de Ramatuelle entre autres choses. Et quel photographe ! Ici. Pas de photo style Studio Harcourt. On est beaucoup plus proche de la simplicité de l'instant et ses photos sont magnifiques. Surtout celles en en noir et blanc qui me plaisent tout particulièrement. Un soir de festival, un petit tour au Garage puis un apéro sur la place de Ramatuelle. C'est une très bonne soirée en perspective. J'espère vraiment qu'un jour Cyril Bruneau nous fera partager son travail dans une livre rétrospective sur ce magnifique festival. Peut-être pour les 40 ans?
- Lettre ouverte...a Louis de Funès
Monsieur. Parce que je vous aime. Parce que vous faites partie intégrante de ma vie. De nos vies…à nous. Français. Vous êtes un monument à vous tout seul. Il y a la Tour Eiffel, l’Arc de triomphe et Louis de Funès. Vous nous avez fait tant rire. Vous êtes l'idole de toutes les générations et ma fille de sept ans commence, elle aussi, à regarder vos films. Pourtant vous êtes si méconnu. On oublie que votre carrière a été semée d’embûche. Qu’il vous a fallu attendre très longtemps pour être reconnu et que la gloire, tant méritée, n’est certainement pas celle que vous désiriez au plus profond de votre cœur. Vous êtes pour l’éternité le plus grand comique français, vous étiez aussi un de nos plus grands comédiens. Fin, délicat. Bien plus subtil que la gloire vous a un peu imposée. Le public ne vous connaît pas véritablement et nous sommes certainement passés un peu à côté de vous. Le musée de Sainte-Maxime (pourquoi Sainte-Maxime ?) ressemble un peu à tout cela. Dans un bâtiment affreux en papier mâché, on nous montre le Louis de Funès que l’on veut voir alors que vous méritiez tellement mieux. C’est un peu comme pour Simone Veil au Panthéon. Combien d’années Faudra-t-il encore pour que l’on vous honore enfin ? Honte à Saint-Tropez !!
- Théâtre du Châtelet. Enfin !
Youpi. Le théâtre du châtelet est de retour à partir du 13 septembre avec PARADE. Une réouverture avec panache, art du cirque et musique en live. J’y serais, bien entendu. Peut-être même la veille pour ne pas être en retard
- Cyrano de Bergerac. A la folie théâtre
Très sincèrement. J’aime énormément « A la folie théâtre ». Un lieu magique à l’atmosphère à la fois douce et très créative. Ce très joli théâtre Parisien est situé dans le 11e. Un quartier particulièrement charmant et agréable. En plus de tout le reste. « À la folie théâtre » programme cette année DON JUANE, un de mes vrais coups de cœur d’Avignon. Concernant Cyrano de Bergerac. J’ai bien aimé cette adaptation avec de très jolies trouvailles de mise en scène. L’immense masque de carnaval. Le bonhomme à la tête de ballon, la très jolie malle est surtout le très beau miroir. C’est sympathique, ludique, instructif et très abordable. Ça va vite. Le rythme est effréné. Effervescent. Après. Pour le coup, je me suis sentie un peu gêné par les deux comédiens. Ils sont sympathiques et généreux mais j’ai eu du mal avec les changements de personnages que je n’ai pas toujours trouvés crédibles. Et j’ai vraiment été dérangé par la diction surtout au moment des accélérations de débit. Je trouve, notamment, que Thomas Bousquet serait un très bon acteur de cinéma. Il ne projette pas trop (pas assez, à mon goût) et est très bon dans les nuances. Il faut quand même souligner que j’ai vu la deuxième représentation et ces deux comédiens n’avaient peut-être pas encore pris totalement leur marque. Les plus beaux moments sont dans l’émotion, quand ils ralentissent le rythme et se rapprochent. La fin est aussi particulièrement réussie. J’ai passé un bon moment cet après-midi « À la folie théâtre » mais j’y ai vu de plus belles pièces. Je pense, à mon humble avis, que c’est un spectacle inventif particulièrement adapté à un public assez jeune et un peu néophyte.
- POLAR. Compagnie le retour de Nabot Léon.
Encore une fois une magnifique proposition du Funambule Montmartre. J’ai passé un moment délicieux avec POLAR ou comment écrire un polar suédois sans se fatiguer. En tout cas si j’ai beaucoup ri. Les comédiens, eux se sont bien fatigués car ils se donnent à fond. Ils s’éclatent sur scène et nous éclatent en même temps. C’est bon, c’est jouissif et c’est bien plus dur à jouer que ce que l’on pourrait imaginer. Entre les changements de personnages, de costumes, les bagarres superbement chorégraphiées et les idées complètement barrées du metteur en scène Marc Riso, je vous promets de passer une superbe soirée. Ça part dans tous les sens. Ça s’enchaîne non-stop sans temps mort. C’est vif, brûlant et même un peu coquin. Le tout étant magnifiquement interprété. La technique de ces comédiens est incroyable. Ils sont bons, justes, sexy. J’ai adoré cette pièce et cette troupe complètement folle. Mes coups de cœur ce soir sont pour Louis Ouldyaou qui a un potentiel incroyable et un très beau caleçon, Remi Johnsen follement sexy et pour Thomas Lemaire en tatie acariâtre mais tous les autres sont géniaux aussi. C’était la dernière à Paris (pour l’instant) mais vous pourrez les voir à Levallois les 17 et 18 octobre et dans beaucoup d’autres endroits puis, ensuite de retour à Paris (j’y crois à fond). Il faut aller les voir sans faute. C’est à mourir de rire 🤣 et puis si vous avez besoin de conseils pour écrire votre premier polar suédois, c’est la pièce parfaite.
- Gauthier Fourcade. Théâtre Manufacture des Abbesses
Gauthier Fourcade nous fait un sacré cadeau avec cette intégrale de quatre spectacles en quatre mois. C’est un vrai pari et une vraie performance. D’autant plus que ces spectacles créés en collaboration étroite chaque fois avec un nouveau metteur en scène sont très différents les uns des autres. Celui que je viens de voir est un peu le best of d’une première partie de sa vie. Cet amoureux de Devos assume complètement cette filiation mais y met également sa touche très personnelle. Un peu plus théâtrale. Je vois en lui du Devos, bien sûr, mais aussi du Souchon pour son côté rêveur et du Woody Allen pour son côté un peu mélancolique. J’aime énormément le début du spectacle et je n'ai toujours pas compris s'il vient de SI ou de BOU. En tout cas. Sur ce coup SI. As-SI ou de-BOU, qu’il boive de l’eau d’Evian ou dévier. Qu’il nous fasse la démonstration de l’origine de l’homme et du CON, ce comédien a un charme fou. Un peu d’humour, un peu de poésie et beaucoup d’intelligence. Un spectacle tout en nuances et en douceur est idéal pour commencer septembre sous les meilleurs auspices Tous les lundis à 19h pendant 5 mois au très joli théâtre Manufacture des abbesses. Une occasion rêvée pour passer une délicieuse soirée dans ce quartier au charme fou. Gauthier Fourcade m’a offert ce soir une très jolie interview à la sortie du théâtre. Il m’a un peu expliqué son parcours et surtout pour ces nombreuses fans (car elles sont nombreuses). Il m’a dévoilé une belle anecdote. Je vous conseille de l’écouter dans son Intégralité. C’est très touchant et très drôle.
- Tchékhov à la folie. Théâtre de poche Montparnasse
Deux pièces de jeunesse de Tchékhov, «la demande en mariage» et «l’ours». Deux pièces interprétées et réinterprétées à de multiples reprises. Mais sans aucun détour. Abruptement. C’est un pur bonheur ! Il y a du génie dans ce spectacle. Depuis L’ouvreuse parlant russe (je crois) jusqu’au décor, la mise en scène fabuleuse et l’accord parfait entre les trois comédiens. Très sincèrement, je n’avais jamais vu ces deux pièces aussi bien jouées. Aussi justement. J’ai même eu l’impression de les voir pour la première fois. Il faut dire que la traduction de texte original d’André Markowicz est un pur bijou. Les idées multiples de mise en scène de Jean-Louis Benoît associée à la technicité et au professionnalisme d’Emeline Bayart, de Jean-Paul Farré et de Manuel Le Lièvre font un cocktail Molotov. Ils nous ont concocté une farce folle et extrêmement drôle. Alors, bien sûr, avec la quantité innombrable de proposition de spectacle à Paris en ce moment, on pourrait être tenté, pour se détendre, d’aller voir une bonne comédie de boulevard où une pièce de café-théâtre. J’adore également ce type de théâtre car lorsqu’on aime, on ne compte pas, mais grâce à ce spectacle, vous aurez la chance de voir un magnifique texte, extrêmement drôle et superbement joué. Je vous conseille très fortement d’y aller, d’y emmener vos parents, vos enfants. C’est une façon idéale de découvrir le théâtre pour des jeunes tout en s’amusant franchement. Tous les habitués de théâtre savent que bien jouer la comédie est un exercice périlleux. Pour que ce soit drôle, il faut très souvent que les personnages vivent des moments dramatiques et qu’ils y croient vraiment. Ça nous fait rire mais eux vivent un drame absolu. Jouer la colère est encore plus difficile. Il y a assez peu d’auteurs et donc de comédiens qui se sont frottés à ce style. Il faut que les cris soient justes, forts mais aussi au bord, à la limite pour que ça reste audible et drôle. Il faut aussi beaucoup de nuances. Tout est là dans ces deux pièces et surtout dans ce spectacle follement féroce. Du rire, de l’émotion, de la dérision et une très belle atmosphère campagnarde. Les portes ne claquent pas trop mais le décor vibre. Le mobilier s’envole et les paroles fusent. Émeline Bayart interprète ces deux rôles de façon magistrale. Elle se donne à fond. Elle n'a peur de rien sur scène. Elle se livre à nous totalement. Ses postures, sa voix, ses expressions vont rester dans ma tête pour très longtemps. Elle m'a offert une très belle interview ou elle parle très bien de son travail et la joie qu’elle a de jouer ces deux pièces tous les soirs avec ses compagnons de route. Dans le prochain article, je vous conseille d’écouter son interview très intéressante.
- interview d’Émeline Bayart. Tchekhov à la folie
Je vous propose une rencontre magique, comme je les aime. Un peu à la façon d'un cours de théâtre. Une comédienne fantastique et une pièce immanquable de la rentrée théâtrale à Paris.
- LE COURS CLASSIQUE. Théâtre du rond point
« Le cours classique » est le tout premier roman d’Yves Ravey. Écrivain et dramaturge de talent. Cette pièce adaptée par Joël Jouanneau et Sandrine Lanno (également metteuse en scène) est vraiment un pur bijou. L’idée de départ est véritablement géniale. Un personnage ouvre une porte, se plante au milieu de la scène et commence à nous engueuler. Nous le public. Nous ces élèves car cette pièce se passe dans le milieu éducatif. Au début complètement absurde puis progressivement de plus en plus cynique et même dramatique. Cette pièce est toujours très drôle mais c’est aussi à la fois une vraie critique du monde enseignant, parfois très humain, souvent désabusé et du monde sociétal hiérarchisé. On nous parle à nous, toute la pièce, parfois élève, parfois senseur. Philippe Duclos et Grégoire Ostermann sont extraordinaires. Leur duo fonctionne à merveille. Leur jeu est si réaliste que nous sommes tous obligés d’avoir rencontré un personnage comme l’un d’eux dans nos vies. La gestuelle de Philippe Duclos est déjà un véritable langage. Sa façon d’être. De se déplacer, de jouer la certitude, la petitesse d’esprit, la mauvaise foi. Tout est juste, drôle et pathétique à la fois. La longue scène du tableau est si réussie que ça restera dans les annales du théâtre (j’en suis certain). Grégoire Ostermann joue tellement bien les nuances. Ses silences sont d’immenses jeux de comédien. Il est totalement juste. À la fois très bienveillant et totalement désabusé. Cette pièce est un immense coup de cœur. Coup au cœur. Quelle classe. Quel Texte. Quelle adaptation est surtout qu’elle mise en scène. Quand on pense que ce livre a été écrit, en 1995 et qu’il paraît si actuel. Il faut absolument voir « le cours classique ». Totalement immanquable. Du 4 au 29 septembre à 21h au théâtre du rond-point puis en tournée Quelques dates pour l’instant mais qui vont s’étendre à l’infinie et vers l’au-delà.
- POUR UN OUI OU POUR UN NON. Manufacture des Abbesses
Je connaissais Nathalie Sarraute en tant que personnage public et écrivain mais beaucoup moins en qualité de dramaturge. C’est une vraie découverte pour moi et quelle découverte. Le texte de cette pièce est splendide, parfaitement écrit et si vrai. On passe de situations totalement surréalistes à un décryptage des relations humaines. J’ai vraiment pensé plusieurs fois à ART de Yasmina Reza dans les incompréhensions et le poids des mots. Bernard Bollet et Gabriel le Doze sont deux très bons comédiens. L’un très ancré au sol dans ses ressentiments, l’autre dans l’incompréhension et le doute. Je tiens aussi à parler d‘Anne Plumet qui joue, ici, un tout petit rôle mais qui illumine la scène. J’ai un vrai coup de cœur pour elle que je trouve d’une justesse formidable. Cette pièce est très intéressante mais j’ai quand même un petit bémol concernant la mise en scène de Tristan le Doze. Je suis un peu gêné, car j’ai vu la toute première représentation et qu’il va certainement y avoir des ajustements mais je trouve que les costumes et la scène manquent d’esthétisme. Je n’ai absolument aucun problème avec le minimalisme mais ici c’est un peu trop (L’éclairage, quant à lui est réussi) et je suis ennuyé par les déplacements des acteurs qui sont limités au minimum. Que l’un des deux soit très immobile ne m’aurait pas dérangé, mais j’aurais aimé que le deuxième personnage soit un peu plus volubile. À la fin du spectacle, J’avais envie de les écouter mais de ne plus les regarder. C’est quand même une belle pièce et je suis heureux d’avoir découvert le texte de Nathalie Sarraute très bien joué au théâtre. Pour ça, déjà, Il faut aller voir cette pièce.
- La Tosca. Opéra en plein Air
Grazie mille maestro Puccini et merci infiniment madame Agnès Jaoui de nous avoir offert ce magnifique spectacle. C’est si bon de voir cet opéra dans cette cours d’honneur enfin rénovée. Le décor est très beau. Les costumes splendides et la distribution parfaite. La particularité de cet opéra est que chaque personnage et donc chaque chanteur a son grand moment et une belle place dans l’histoire. Évidemment Vissi d’arte par la Tosca et E lucevan le stelle par Cavadarossi sont les deux airs les plus connus mais le reste de la tosca est captivant également. Savez qu’avant d’être un Opera, la Tosca était une pièce créée au théâtre de la Porte Saint Martin et portée par Sarah Bernhardt ? Puccini s’est battu pour obtenir les droits afin d’en faire cette œuvre magistrale. Je ne suis pas toujours fan des écrans un peu trop utilisés à mon avis mais ici la vidéo est splendide et l’arrivée de la Tosca, une très grande idée. La vidéo apporte vraiment un plus à la trame dramaturgique et les incrustations de musiciens par moments les mettent vraiment en valeur. J’ai constamment senti l’esprit très intelligent et adroit d’Agnès Jaoui. J’ai eu la chance de pouvoir discuter avec elle quelques minutes pendant l’entracte. Je l’ai félicitée, bien sur et je lui ai posé une seule question mais vraiment importante pour moi. Quelle fut votre toute première réaction lorsqu’on vous a proposé ce projet? Elle m’a répondu immédiate avec ses yeux lumineux. La joie ! C’est tombé au parfait moment de ma vie. Et je suis bien d’accord avec elle car elle nous propose un vrai bijou. Ewa Vestin est une soprano à la voix un tout petit plus grave. J’adore cette particularité et Karine Babajanyan, plus traditionnelle est formidable également. Ce soir il y avait du vent et si c'était un peu difficile pour les chanteurs, la magnifique robe couleur azur de la Tosca était encore plus belle. Je crois savoir qu’il reste encore quelques places pour ce spectacle absolument immanquable. Ce serait vraiment dommage de ne pas le voir. Alors, couvrez vous bien et venez dans la cours d’honneur des Invalides. Plus que trois représentations exceptionnelles.












