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- Valentine Tessier. Philippe Catoire lui rend hommage « pour l’amour du théâtre »
Dans une époque où le théâtre cherche sans cesse à se réinventer, Philippe Catoire revient aux fondamentaux: une plongée passionnante et intime dans l'histoire du théâtre français à travers son spectacle hommage "Valentine Tessier raconte sa vie de théâtre". Le concept est simple mais puissant : sur scène, un fauteuil, un châle, et Catoire seul, incarnant Valentine Tessier, cette icône (un peu oubliée) du théâtre du début du XXe siècle. Ce spectacle est né d'une découverte quasi miraculeuse par Philippe Catoire en mars 2020, d'une interview de Tessier datant de 1973. Malgré le temps qui a passé, les mots de Tessier, vibrant d'humour, de passion et de finesse, ont su toucher Catoire qui décide alors de les porter à la scène. En récitant des textes réarrangés et en s'imprégnant des sentiments de Tessier, il ne fait pas qu'imiter ; il ressuscite une époque révolue, remplie de figures légendaires comme Jacques Copeau, Louis Jouvet, et Charles Dullin. Valentine Tessier, dont la carrière a démarré sous l'égide de Jacques Copeau au Vieux-Colombier en 1913, a traversé les hauts et les bas d'une vie dédiée au théâtre. Rejetée par le Conservatoire à cinq reprises, sa persévérance et son talent l'ont finalement menée à des rôles majeurs tant sur les scènes de théâtre que dans des films emblématiques comme "Madame Bovary" de Jean Renoir. Son témoignage, riche et nuancé, ne se limite pas à ses succès ; il explore aussi les défis et les innovations de son temps, illustrant la transformation du théâtre en un art plus intime et expressif. Philippe Catoire, formé par des maîtres tels que René Simon et Antoine Vitez, apporte une sensibilité unique à ce spectacle. Sa performance est une célébration de la mémoire et de l'art théâtral, où chaque mot de Tessier prend vie avec une nouvelle urgence. Le spectacle, décrit comme une "rencontre incarnée" et une "leçon de théâtre", est autant un hommage à Tessier qu'une méditation sur la pérennité et l'éphémérité de l'art théâtral. Le succès de Catoire réside dans sa capacité à capturer l'essence de Tessier sans se perdre dans l'imitation. Il est elle, sans être elle, permettant aux spectateurs de se connecter non seulement à l'histoire de Tessier mais à l'âme du théâtre lui-même. Ce spectacle n'est pas seulement un récit ; c'est une expérience, où le spectateur est invité à voir les mots, sentir les émotions, et vivre les révolutions artistiques d'un siècle passé. "Valentine Tessier raconte sa vie de théâtre" est une vrai performance, mais aussi, un pont entre les générations, un rappel que l'art du théâtre, malgré ou peut-être à cause de sa fugacité, demeure une force vitale dans la compréhension de notre passé culturel et dans la célébration de ses figures parfois oubliées. Pour ceux qui chérissent l'histoire du théâtre ou simplement pour ceux qui apprécient une narration poignante, ce spectacle de Philippe Catoire offre une opportunité rare de se reconnecter avec les racines profondes de l'art dramatique. Avis Foudart 🅵🅵🅵🅵 VALENTINE TESSIER RACONTE SA VIE DE THÉÂTRE Un témoignage recueilli et interprété par Philippe CATOIRE Sous le regard bienveillant de Laure SAGOLS Musique Nathalie MIRAVETTE Création lumière Antonin BENSAÏD et Alireza KISHIPOUR Photographies Sébastien TOUBON / Éric DURAND Théâtre de Poche Montparnasse Du 31 mars au 7 juillet • Le dimanche à 17h • Durée 1h
- Le Jeu des Ombres : La Réinvention d'Orphée par Jean Bellorini et Valère Novarina
Dans le théâtre contemporain, peu de collaborations sont aussi excitantes que celle de Jean Bellorini et Valère Novarina. Leur dernière création, Le Jeu des Ombres, explore avec audace la réécriture du mythe d'Orphée. Ce projet ambitieux est une fusion remarquable entre le texte vibratoire de Novarina et la mise en scène innovante de Bellorini, soutenue par les thèmes musicaux de l'Orfeo de Claudio Monteverdi. Un Univers où Langage et Musique S'Entremêlent Bellorini, reconnu pour sa capacité à naviguer entre le langage et la musique, trouve en Novarina le partenaire idéal pour ce voyage à travers un monde ravagé, presque apocalyptique, où des âmes en peine cherchent à redonner vie au langage. Leur objectif : réenchanter l'espace et offrir une résistance poétique à l'effondrement du monde. Le travail sur le langage se présente comme un acte de résurrection, où l'éclat du verbe répond à la consumation des mots et où la descente aux enfers d'Orphée offre un parallèle poignant à la joie et à la peine de l'existence humaine. La langue de Novarina est une célébration de la chair, décrite comme "la plus précieuse des étoffes", véhicule de notre humanité et de notre immortalité spirituelle. Une Scène Partagée entre Vivants et Morts L'espace scénique devient un lieu de rencontre entre les vivants et les morts, où le dialogue entre les comédiens, les musiciens et le texte crée un jeu de miroirs entre deux mondes. Nous sommes invité à plonger dans cet entre-deux, où le regard en arrière d'Orphée vers Eurydice symbolise le risque permanent de perdre ce que l'on aime en cherchant à le sauvegarder. La Musique, Pansement du Monde La musique de Monteverdi, dirigée avec finesse par Sébastien Trouvé, tisse à travers le spectacle une trame sonore qui contraste avec la richesse tumultueuse du texte. La mise en scène de Bellorini rend hommage à cette dualité, utilisant le son et la lumière pour magnifier le texte et créer des moments de pure beauté théâtrale. Une Ode à la Création Le Jeu des Ombres n'est pas seulement une réinterprétation d'un mythe ancien, mais une ode à la création artistique elle-même. Bellorini et Novarina nous rappellent que l'art et l'amour sont nos seules échappatoires face à l'inéluctabilité de la mort. Le spectacle, riche en émotions et en réflexions philosophiques, questionne la nature de la parole et son pouvoir de transfiguration. Une exploration lumineuse et profonde de la capacité de l'art à transcender les limites humaines et à offrir un regard neuf sur les thèmes éternels de l'amour, de la mort et de la renaissance. Le Jeu des Ombres s'affirme comme un moment clé dans le paysage théâtral contemporain, prouvant une fois de plus que le théâtre est un lieu de magie, capable de transformer le plus sombre des désespoirs en une lumière éblouissante. Avis Foudart 🅵🅵🅵 LE JEU DES OMBRES De Valère Novarina Mise en scène Jean Bellorini Avec François Deblock, Mathieu Delmonté, Karyll Elgrichi, Anke Engelsmann, Aliénor Feix, Jacques Hadjaje, Clara Mayer, Laurence Mayor, Liza Alegria Ndikita, Marc Plas et Ulrich Verdoni Musique Extraits de L’Orfeo de Claudio Monteverdi et compositions originales Sébastien Trouvé, Jérémie Poirier-Quinot, Jean Bellorini et Clément Griffault Direction musicale Sébastien Trouvé Musiciens - Euphonium Anthony Caillet, Piano Guilhem Fabre, Violoncelle Barbara Le Liepvre, Percussions Benoit Prisset Scénographie Jean Bellorini et Véronique Chazal Lumière Jean Bellorini et Luc Muscillo Crédit photo ©Christophe Raynaud de Lage THÉÂTRE DES BOUFFES DU NORD Du 25 avril au 5 mai 2024 • Du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 15h • Durée 2h15
- Festival VIS-À-VIS : L'Art et la Réinsertion Scénique au Cœur des Prisons Françaises
Le festival VIS-À-VIS, unique en son genre en France, est une célébration de la créativité et de l'humanité au sein des établissements pénitentiaires. Cet événement, qui se tient au Théâtre Paris-Villette, rassemble pendant quatre jours des artistes, des techniciens, et des personnes détenues pour présenter des œuvres dans divers domaines artistiques tels que le théâtre, la danse, la musique, la vidéo et la photographie. Le festival, qui en est à sa cinquième édition, bénéficie du soutien de plusieurs institutions de renom, y compris le ministère de la Justice et le ministère de la Culture, ainsi que des directions régionales et des fondations. Ce soutien institutionnel est crucial, car chaque projet est porté en collaboration avec des partenaires comme le Service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) et la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) d'Île-de-France et de Normandie. L'initiative de ce festival découle d'un constat : les artistes en résidence peuvent profondément influencer et enrichir les communautés isolées ou marginalisées, telles que celles des établissements carcéraux, en partageant leurs projets et leurs œuvres. Le Théâtre Paris-Villette, conscient de la puissance transformative de l'art, a donc créé le festival VIS-À-VIS il y a huit ans, visant à intégrer le milieu carcéral dans le paysage culturel plus large. Cette année, le festival innove en intégrant le Hall de la chanson comme nouveau partenaire. Ensemble, ils ont lancé un projet pilote avec l'école supérieure le TEC, les étudiants artistes et les enseignants pour collaborer sur un spectacle professionnel célébrant le centenaire de la naissance de Charles Aznavour. Ce projet, qui a débuté avec un cycle pédagogique en détention au centre pénitentiaire de Meaux, aboutira à des représentations dans le cadre du festival et au Hall de la Chanson. Le festival met un point d'honneur à traiter les œuvres créées en détention comme de véritables productions artistiques, valorisant ainsi le travail commun et offrant aux participants une plateforme pour s'exprimer et se réintégrer dans la société. Les personnes détenues, bien que privées de liberté, demeurent des membres actifs de la société. Les projets comme VIS-À-VIS sont essentiels pour maintenir et renforcer les liens avec le monde extérieur, contribuant ainsi à la prévention de la récidive et à la réinsertion. Avec son expansion à l'échelle nationale, VIS-À-VIS promet de devenir un rendez-vous culturel majeur, illustrant la conviction que l'art est un vecteur puissant de réinsertion sociale et de dialogue. Le festival continuera de s'étendre, avec des plans pour une nouvelle édition en région PACA/Corse et d'autres à venir, soulignant son rôle essentiel dans le paysage culturel français. Programme Le 2 mai 19h Encore la fin du monde Cette compagnie-là / Centre de détention de Melun • théâtre 20h30 Blossom Cie KILAÏ / Maison d’arrêt de Seine-Saint- Denis / Théâtre Louis Aragon, Scène conventionnée d’intérêt national art et création - danse à Tremblay-en-France • danse, performance participative Le 3 mai 19h Méduse Fanny Catel, Raoul Fernandez / Centre pénitentiaire de Caen / Comédie de Caen, CDN de Normandie • théâtre 20h30 Je t’épouserai /allégorie du REICKO Compagnie du Reicko / Centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis • danse et vidéo Le 4 mai 19h Ici et là, suites Cie Point Virgule / Centre Pénitentiaire du Sud-Francilien / Atelier de Paris / CDCN • danse 20h30 Adaptation de la nouvelle Le Ring de Jack London Nar6 compagnie / Centre pénitentiaire de Fresnes • théâtre Le dim 5 mai 17h30 Et pourtant... Serge Hureau, Olivier Hussenet / Centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin- Neufmontiers / Le Hall de la Chanson – Centre national du patrimoine et de la chanson / Le Théâtre-École des répertoires de la chanson – École supérieure • chanson 19h Sombrero Julien Perez, Thomas Cerisola / Centre pénitentiaire de Paris-La Santé • création sonore et théâtrale Installations permanentes 13,5 milliards d’années en 5 minutes Flora Molinié / Centre pénitentiaire de Fleury- Mérogis • court-métrage d’animation Questions de genre Amandine Maas / Maison centrale de Poissy / Art exprim • exposition Esprit étriqué Philippe Petit / Maison centrale de Poissy / École nationale supérieure des arts de Paris- Cergy • vidéo L’écho des murs Luna Ragheb / Maison centrale de Poissy / Art exprim • podcast ostrakon Marion Lachaise. Centre pénitentière Sud-Francilien • exposition
- "Jean-Baptiste, Madeleine, Armande et les autres..." : Un Vibrant Hommage à Molière et sa Troupe par la Comédie-Française
Après ses précédents succès avec "Vania" et "Fanny et Alexandre", Julie Deliquet présente sa troisième mise en scène avec la Comédie-Française : "Jean-Baptiste, Madeleine, Armande et les autres..." : une plongée intime dans la vie de Molière et de sa troupe. Nous sommes en 1663, l’année du premier grand succès de Molière, L’École des femmes, qui provoque une cabale à laquelle l’auteur répond vivement avec La Critique de L’École des femmes et L’Impromptu de Versailles. Suite à la présentation couronnée de succès de "L’École des femmes", la troupe de Molière revient dans son appartement situé à deux pas du théâtre du Palais-Royal… En choisissant de se focaliser sur cette année charnière, Julie Deliquet, avec ses co-autrices Julie André et Agathe Peyrard, rompt avec les biopics traditionnels pour offrir une chronique vivante du quotidien de ces artistes. Les membres de la troupe, bénéficiant d'une égalité rare pour l'époque, naviguent entre succès artistiques et controverses personnelles. Le décor conçu par Éric Ruf joue un rôle crucial, transformant la scène en un vaste appartement parisien du XVIIe siècle. Ce cadre, à la fois fonctionnel et esthétiquement splendide, rappelle une auberge espagnole où les acteurs cohabitent et collaborent, mélangeant vie professionnelle et personnelle sous un même toit. Les détails minutieux de ce décor ajoutent une couche supplémentaire d'authenticité et d'immersion, nous permettant de nous sentir véritablement transporté dans le quotidien de Molière et de sa troupe. Le travail de Vyara Stefanova sur les lumières complète magnifiquement cet espace, en utilisant des éclairages qui évoquent les bougies et les lanternes de l'époque, projetant des ombres qui dansent sur les murs et créent une atmosphère intime et chaleureuse. Cette lumière naturelle souligne les émotions et les tensions au sein du groupe, tout en accentuant les moments de joie et de drame qui se déroulent sur scène. Quant aux comédiens de la Comédie-Française, leur performance est rien de moins que sublime. Chaque acteur apporte une profondeur et une nuance remarquable à son personnage, avec une mention spéciale pour Clément Bresson dans le rôle de Molière, dont la passion et l'engagement envers son art sont palpables. Sébastien Pouderoux, en tant que La Grange, incarne parfaitement l'autorité comptable et la jeunesse, apportant une énergie fraîche et une perspective critique nécessaire au sein de la troupe. Les actrices, notamment Florence Viala et Adeline d'Hermy, sont également exceptionnelles, capturant les complexités de leurs personnages avec une grande sensibilité et intelligence. Leur interprétation aide à souligner l'importance des femmes dans la troupe de Molière, non seulement en tant qu'interprètes mais aussi en tant que forces créatives et décisionnelles à part entière. Le spectacle démarre sur les chapeaux de roues avec une première partie captivante où nous nous sentons comme des invités privilégiés, témoins des enthousiasmes, débats houleux et repas festifs partagés par l'équipe. Le travail de Deliquet au plateau est remarquable, mêlant le texte de Molière à des improvisations qui semblent spontanées de la part des acteurs, créant ainsi un spectacle qui pourrait se construire en temps réel sous nos yeux. Cette approche injecte une fraîcheur et une spontanéité à la performance, mettant en lumière l'aspect collectif et démocratique de la troupe originale de Molière, un jeune auteur fougueux, qui trouve un écho moderne dans la troupe actuelle de la Comédie-Française. Dans cette section, le public est plongé au cœur des dynamiques complexes et des intrigues qui se tissent entre les membres de la troupe, explorant comment leur vie personnelle et professionnelle s'entremêle étroitement. Cette partie se distingue par son intensité dramatique et la profondeur émotionnelle, capturant avec brio les luttes et les succès de la troupe. La seconde partie, en revanche, prend une tournure quelque peu déconcertante. Le rythme s’intensifie et les événements s’enchaînent à une vitesse déroutante, reflétant le chaos des préparations de dernière minute pour "L'Impromptu de Versailles", exigé par le roi. Bien que cette section puisse paraître désorganisée, elle est extrêmement drôle, transformant le stress et la précipitation en moments de pure comédie. Les acteurs, pris dans un tourbillon de répliques qui s’entrecroisent et de scènes qui se succèdent rapidement, livrent des performances énergiques et hilarantes. Cette partie, bien que tumultueuse, illustre brillamment comment la comédie peut naître des situations les plus chaotiques, capturant l’esprit de farce qui est souvent au cœur des œuvres de Molière. Ces moments de vulnérabilité et de solidarité au sein de la troupe révèlent le véritable cœur du spectacle, mettant en lumière de manière poignante les défis et les délices du métier théâtral. Au-delà du spectacle lui-même, "Jean-Baptiste, Madeleine, Armande et les autres..." pose des questions profondes sur la valeur de l'art et la nature de la comédie. Est-elle, comme la tragédie, un art noble ? Ou est-elle simplement une forme d'expression sous-estimée mais essentielle ? Deliquet nous laisse méditer sur ces questions, tout en célébrant l'esprit collectif et l'engagement sans faille de ces artistes du passé, dont l'écho résonne encore aujourd'hui à la Comédie-Française. À travers ce vibrant hommage à Molière et sa troupe, Julie Deliquet nous rappelle que, malgré les siècles, peu de choses ont changé dans l’essence du travail théâtral : un dévouement continu à l'art, une critique constante et un amour partagé pour la scène. Ce spectacle est un must pour tous ceux qui chérissent le théâtre et son histoire riche et tumultueuse. Avis Foudart 🅵🅵 Jean-Baptiste, Madeleine, Armande et les autres… D'après "L'Ecole des femmes", "La Critique de l'Ecole des femmes" et "L'Impromptu de Versailles" de Molière Adaptation Julie Deliquet, Julie André, Agathe Peyrard Mise en scène Julie Deliquet Avec la troupe de la Comédie Française Florence Viala, Laurent Stocker, Elsa Lepoivre, Serge Bagdassarian, Adeline d’Hermy, Sébastien Pouderoux, Pauline Clément, Clément Bresson Visuel © Brigitte Enguérand TGP Du 24 au 28 avr. 2024 • Mercredi et vendredi à 20h, samedi à 14h et 20h, dimanche à 15h30 • Relâche le jeudi 25 • durée 2h25 avec entracte • Spectacle conseillé à partir de 14 ans
- Näss : Une Ode à la Fraternité et à la Puissance Collective
Näss, une création chorégraphique signée Fouad Boussouf, se révèle comme un vibrant hommage à la culture Gnawa et à l'esprit de fraternité. Inspiré par le mythique groupe de musique Nass El Guiwane des années 70, Boussouf transcende les frontières du temps pour offrir une expérience sensorielle et émotionnelle unique. Le titre lui-même, Näss, qui se traduit par "les gens" en français, évoque la puissance collective et l'unité. Sur scène, sept interprètes se lancent dans un ballet effréné, mêlant habilement les rythmes tribaux et la vigueur du hip-hop. En fusionnant ces deux langages, Fouad Boussouf crée un vocabulaire chorégraphique hybride, à la fois moderne et empreint de traditions ancestrales. Le spectacle devient alors un feu d'artifice visuel et sonore, nous transportant dans un état d'ivresse quasi mystique et nous entraînant dans un tourbillon d'émotions et de mouvements. Chaque geste, chaque pas est chargé de sens, faisant écho aux luttes et aux aspirations du peuple. Une Célébration de la Vie Ce spectacle nous rappelle que, malgré les différences et les épreuves, c'est dans l'union et la solidarité que réside notre véritable force. Näss est bien plus qu'un simple spectacle : c'est une expérience immersive qui réveille les consciences et nous inspire. Boussouf nous rappelle que la danse peut être un langage universel, capable de transcender les barrières et de rassembler les peuples autour d'une même passion. Avis Foudart 🅵🅵🅵🅵 NÄSS / LES GENS CHORÉGRAPHIE FOUAD BOUSSOUF Avec Sami Blond, Mathieu Bord, Elie Tremblay, Yanice Djae, Loïc Elice, Justin Gouin, Maëlo Hernandez Assistant chorégraphie Bruno Domingues Torres Lumière Fabrice Sarcy Costumes et scénographie Camille Vallat Son et arrangements Roman Bestion, Fouad Boussouf, Marion Castor LA SCALA PARIS Du 23 au 28 avril 2024 • Du mardi au samedi à 19 heures • Le dimanche à 15 heures • 1 heure • Spectacle tout public à partir de 7 ans
- « Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin »: Une Exploration Immersive de l'Histoire Oubliée
Pour la première fois au Festival de Cannes, une œuvre immersive en réalité augmentée risque de captiver les spectateurs, plongeant dans l'histoire méconnue de Claudette Colvin, une figure oubliée de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis. Présentée dans la catégorie dédiée aux œuvres immersives, "Noire" conjugue innovation technologique et devoir de mémoire. Dans cette expérience immersive, les visiteurs seront transportés dans le Sud des États-Unis à l'époque de la ségrégation, suivant le parcours de Claudette Colvin, une jeune Noire de 15 ans qui a refusé de céder sa place à une passagère blanche dans un bus en mars 1955, neuf mois avant Rosa Parks. Malgré son geste courageux, Colvin est tombée dans l'oubli de l'histoire, jusqu'à ce que cette installation immersive la ramène à la lumière. Créée par Novaya en partenariat avec le Centre Pompidou, "Noire" a rencontré un immense succès depuis sa première au Centre Pompidou en avril 2023. Les séances affichaient complet, et l'installation a ensuite été présentée dans des festivals et des centres culturels à travers le monde, remportant plusieurs prix prestigieux, dont le Théa Award de l'outstanding XR Experience en 2024. Novaya, une société spécialisée dans la création d'expériences immersives artistiques en réalité augmentée, a réuni des artistes, ingénieurs et producteurs de cinéma pour donner vie à ce projet ambitieux. Les associés, Pierre-Luc Denuit et Mathieu Denuit, ont développé les outils technologiques nécessaires à la réalisation de l'installation, combinant l'impression 3D, les techniques électroniques et les logiciels informatiques. "Noire" représente une nouvelle voie dans le domaine des arts numériques et du spectacle vivant, alliant le meilleur du théâtre, du cinéma et de l'exposition immersive. Avec une narration captivante et une esthétique cinématographique, cette expérience invite le public à réfléchir sur les injustices du passé et à célébrer le courage des figures oubliées de l'histoire. "Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin" est bien plus qu'une simple installation en réalité augmentée ; c'est une exploration immersive de l'histoire et de la mémoire collective, une expérience qui laisse une impression indélébile sur ceux qui la vivent. « Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin » Installation en réalité augmentée Adaptée de l’essai biographique de Tania de Montaigne paru aux éditions Grasset en 2015 Conception Stéphane Foenkinos et Pierre-Alain Giraud Production Novaya en partenariat avec le Centre Pompidou
- "La Culotte" : La farce visionnaire d'Anouilh
Dans un monde post-apocalyptique où le pouvoir a été repris par les femmes, le Théâtre de l'Athénée inaugure sa nouvelle saison avec "La Culotte". Écrite en 1978 par Jean Anouilh, cette pièce provocatrice a surgi au cœur des débats sociétaux et féministes des années 70. Aujourd'hui, ce projet, qui fut à l'époque une sorte de pavé anti-soixante-huitard et une offensive drolatique contre le féminisme militant, est mis en scène par l'incomparable Émeline Bayart. Avec tout le talent qui la caractérise et une démesure assumée, elle nous livre une expérience théâtrale drôle et inoubliable, agrémentée d'une pointe d'humour féroce. Un Message Intemporel Anouilh, par le biais de cette farce, dénonce les travers d'une société en perte de repères et de conscience morale. Après des siècles de soumission, les femmes semblent décidées à régner sans merci sur les hommes. Le personnage central, Léon de Saint Pé, un académicien, se retrouve au centre d’un procès théâtral et satirique pour avoir mis enceinte sa bonne et risque l'émasculation. Une Mise en Scène Subversive S'inspirant de films classiques comme "Satyricon" de Fellini et "Affreux, Sales et Méchants" d’Ettore Scola, Émeline Bayart, entourée de comédiens aux multiples talents, dont des chanteurs et musiciens, injecte une dimension musicale envoûtante à la pièce. La scénographie d’Anne-Sophie Grac transporte les spectateurs dans un univers onirique dominé par le chaos et le carnaval. C'est donc dans un décor fantasmagorique Que les huit acteurs interprètent un ballet carnavalesque où humour, musique et satire s'entremêlent pour dresser le portrait d'un monde en plein dérèglement. Une Critique Acerbe Au-delà de la farce, "La Culotte" est une critique cinglante des dynamiques de pouvoir et de la fragilité sociale lors des inversions de rôle. Naviguant entre le sublime et le grotesque, la pièce invite à réfléchir sur l'injustice, les structures de pouvoir et la nature humaine. Léon est-il un prédateur ou un homme mal compris? Vivons-nous dans une utopie féminine ou une dystopie? Le Théâtre Comme Outil de Réflexion Ce spectacle souligne le rôle unique du théâtre comme outil de questionnement et de réflexion sur les maux de notre société, tout en divertissant et en touchant le public. Bien que l'œuvre présente quelques longueurs, le talent et l'audace d'Émeline Bayart illuminent la scène. "La Culotte" se révèle être une œuvre complexe, à la fois hilarante et terrifiante, qui captive et nous fait réfléchir. Elle s'impose comme un incontournable de la scène théâtrale, résonnant étonnamment avec les défis contemporains. À ne pas manquer. Avis Foudart 🅵🅵🅵 La Culotte Texte Jean Anouilh Mise en scène Émeline Bayart Avec Émeline Bayart, Christophe Canard, Marc Chouppart, Thomas Da Costa, Marc-Henri Lamande, Corinne Martin, Laurent Ménoret, Herrade Von Meier Credit photo Caroline Moreau THEATRE DE MONTPARNASSE À partir du 15 mai 2024 • Mardi, mercredi, jeudi, vendredi & samedi à 20h • Dimanche à 15h30 • Durée 1h45 Spectacle vu au Théâtre de l'Athénée Musiques Arrangements musicaux Manuel Peskine Tous les bœufs, André GREGH, François PRUVOST Pour être un jour aimé de toi, Raph BENATZKY, Robert GILBERT Le p'tit cochon Yvette Guilbert Mandarines (Prenez mes mandarines), René SYLVIANO, Lucien BOYER Les Z'hommes Henri TACHAN L'éternel Féminin Juliette Je ne songeais pas à Rose Victor HUGO, Julos BEAUCARNE Parlez-moi d'amour Jean-Bernard NEUBURGER Notre petite compagne Jules LAFORGUE / Emile WALDTEIFEL
- Welfare : Une adaptation théâtrale fidèle au documentaire de Frederick Wiseman
Le spectacle de Julie Deliquet, adapté du documentaire de Frederick Wiseman intitulé "Welfare", a ouvert la 77e édition du Festival dans la Cour d'honneur. Cette adaptation théâtrale marque une rencontre significative entre le cinéma documentaire et le théâtre. Frederick Wiseman, un réalisateur de renom reconnu mondialement pour son travail, a toujours nourri l'idée de transposer son neuvième film, "Welfare", réalisé en 1973, sur scène. Après avoir été impressionné par les précédentes mises en scène de Julie Deliquet, metteuse en scène française passionnée par le cinéma, il l'a contactée pour relever ce défi. Ainsi, Julie Deliquet a accepté avec enthousiasme de porter cette œuvre coup de poing sur les planches. "Welfare" est un documentaire saisissant qui plonge au cœur d'un centre d'aide sociale à New York dans les années 1970, dressant le portrait de femmes et d'hommes confrontés à une diversité ahurissante de problèmes sociaux. Le film met en évidence la complexité des entretiens entre les travailleurs sociaux et les demandeurs d'aide sociale, révélant ainsi les défis insurmontables auxquels ils sont confrontés. Ces échanges soulignent de manière troublante les obstacles que représentent le manque de personnel et les contraintes réglementaires, faisant écho à notre réalité contemporaine, notamment dans nos hôpitaux publics. La metteuse en scène, Julie Deliquet, s'est toujours intéressée à la notion de communauté, de démocratie et de collectif. Cette adaptation de "Welfare" lui permet de poursuivre son travail sur le vivre-ensemble et l'horizon collectif. Le défi de l'adaptation de "Welfare" au théâtre réside dans la volonté de rester fidèle aux dialogues foisonnants et à l'importance accordée à la parole dans le documentaire de Wiseman. Julie Deliquet a cherché à donner une nouvelle vie à ce matériau en lui apportant une dimension théâtrale. Julie Deliquet exprime ainsi son défi : « Je dois trouver comment cette histoire de portraits des années 1970 en noir et blanc peut être racontée collectivement sur une très grande scène d'aujourd'hui en couleur. Pas question pour moi de rivaliser avec l'axe de mise en scène de Wiseman, au plus près des visages, sans artifice et sans effet. Il me faut donc trouver un autre angle pour cette version scénique. Un espace que je souhaite agrandir, déplacer et "dézoomer" afin de lui donner une dimension théâtrale ». Dans cette adaptation, Julie Deliquet ne cherche pas à rivaliser avec la mise en scène de Wiseman, qui se concentre sur les visages sans artifice ni effet. Au contraire, elle souhaite trouver un autre angle pour cette version scénique en agrandissant l'espace et en le déplaçant dans un gymnase, ce qui lui confère une belle dimension théâtrale. La scène devient un espace où l'individu partage malgré lui son intimité et son récit avec les autres, créant ainsi un espace collectif où la sphère privée et celle du travail interagissent. Malgré l'engagement des comédiens et leur intensité naturelle, notamment la prodigieuse Evelyne Didi et le sublime Zakariya Gouram, le spectacle ne parvient pas à être aussi puissant que le documentaire et à nous faire revivre cette réalité tragique capturée par la caméra de Frederick Wiseman. Néanmoins, il est important de reconnaître la valeur de cette adaptation et le courage de Julie Deliquet d'avoir relevé cette tâche particulièrement périlleuse. Cette adaptation théâtrale mérite d'être saluée pour son engagement artistique et sa volonté de donner une voix aux héros marginaux de la société. Avis Foudart 🅵🅵 WELFARE D’après le film de Frederick Wiseman Mise en scène Julie Deliquet Crédit photo © Christophe Raynaud de Lage FESTIVAL D’AVIGNON 2023 Cour d’honneur du Palais des papes • jusqu’au 14 juillet • durée estimée 2h30 LA VILLETTE - GRANDE HALLE Du 3 au 5 mai 2024 Dates de tournée → Du 15 au 19 janvier 2024, Théâtre Dijon Bourgogne, centre dramatique national, Dijon → Du 24 janvier au 3 février, Théâtre des Célestins, Lyon → Les 14 et 15 février, Le Quartz, scène nationale, Brest → Les 20 et 21 février, La Passerelle, scène nationale, Saint-Brieuc → Du 6 au 9 mars, Comédie de Genève → Du 13 au 15 mars, Comédie de Reims, centre dramatique national → Les 20 et 21 mars, Théâtre de l’Union, centre dramatique national, Limoges → Les 26 et 27 mars, La Coursive, scène nationale, La Rochelle → Les 4 et 5 avril, L’Archipel, scène nationale, Perpignan → Les 10 et 11 avril, Comédie de Saint-Étienne, centre dramatique national → Du 16 au 19 avril, Théâtre du Nord, centre dramatique national, Lille – Tourcoing → Du 3 au 5 mai, Grande halle de La Villette, Paris
- Madame M. : Jacqueline Maillan, une Icône Ressuscitée sur les Planches
Un siècle après sa naissance, Jacqueline Maillan, figure emblématique du théâtre de boulevard français, continue de captiver les spectateurs et d'enflammer les cœurs. Surnommée "De Funès en jupons" en raison de son style comique inimitable et de son dynamisme sans pareil, Maillan a laissé une empreinte indélébile dans le monde de la comédie grâce à une présence scénique quasi parfaite. Aujourd'hui, Mathilde convie La Maillan, le temps d'une soirée, à partager ses souvenirs de théâtre, les anecdotes de sa vie et de sa carrière... et elle a encore quelques mots à nous dire… Un héritage comique réinventé Mathilde Charbonneaux, souvent comparée à Jacqueline Maillan pour sa présence scénique et son talent comique bien qu'elle ne l'ait jamais connue ni rencontrée, ressent une profonde connexion avec l'actrice. Plongeant dans les archives de l'INA, elle redécouvre ses performances télévisées dans "Au théâtre ce soir", ses rôles au cinéma et ses interviews. Cette exploration lui permet de monter un spectacle solo qui transcende la simple imitation pour saisir l'essence de Maillan. Dans l'univers de Maillan À travers une sélection méticuleuse d'enregistrements et une mise en scène sobre, "Madame M." se révèle comme un dialogue intime, un espace de partage enrichissant entre Mathilde, Maillan et le public. Au-delà d'un simple hommage Ce spectacle place Jacqueline Maillan comme une muse éternelle pour les nouvelles générations. Il initie également un dialogue essentiel sur la place des femmes comiques dans le monde du théâtre, assurant que l'héritage de Maillan continue de captiver et d'inspirer. La première demi-heure du spectacle, qui illustre avec brio les débuts de la carrière de Maillan, permet à Mathilde de démontrer son talent remarquable de comédienne et de narratrice. Toutefois, la suite, bien que riche en ambitions, présente quelques confusions dans les interprétations des personnages. Le thème de la descendance et de la transmission à travers les époques et dimensions, malgré son originalité, est parfois moins maîtrisé, suscitant une légère perplexité chez le spectateur. Cependant, ces petits écarts n'enlèvent rien à la portée et à la beauté du spectacle. "Madame M." réussit à capturer l'esprit pétillant de Maillan tout en offrant une réflexion profonde sur le rôle continu des icônes dans le théâtre moderne. La force de l'œuvre réside dans sa capacité à mélanger avec audace révérence et innovation, faisant de chaque instant un hommage vivant à l'une des grandes dames du théâtre français. Avis de Foudart 🅵🅵 MADAME M. Un spectacle de et avec Mathilde Charbonneaux Collaboration artistique Pia Lagrange • Création Lumière Vivien Niderkorn • Costumes Lucile Charvet • Création sonore Antonin Chalon • Crédit photo (c) Julie Morteau LA SCALA PARIS Jusqu'au 21 juin 2024 • Le vendredi à 21h30 • Durée 1h
- "No Limit" : La Comédie Absurde Qui Triomphe en Déridant la Guerre Froide
Imaginez un monde où, en pleine Guerre Froide, des bombardiers américains reçoivent par erreur l'ordre de raser Moscou... et doivent être rappelés d'urgence. Bienvenue dans l'univers délirant de "No Limit", où cette prémisse aussi hilarante qu'alarmante sert de trame à un spectacle théâtral ébouriffant qui a conquis Paris après avoir triomphé à Avignon. Créée par le trublion Robin Goupil, "No Limit" fusionne l'humour noir et l'absurde pour peindre une satire cinglante de nos leaders politiques et de la fragilité humaine. Inspiré par des géants du genre comme les Monty Python et Mel Brooks, Goupil orchestre une danse comique entre des dialogues savoureusement stupides et des situations au sérieux trompeur. Le casting, composé d'amis comédiens et de talents bruts, navigue avec une aisance comique remarquable, transformant chaque réplique en un feu d'artifice d'esprit. Leur jeu, sérieux face à l'absurdité des situations, crée un décalage jouissif, faisant de "No Limit" un tour de force comique. La mise en scène, tout aussi inventive que le texte, joue sur des divisions scéniques astucieuses pour renforcer cette impression de chaos orchestré. Les costumes, tirés tout droit des années 60, ajoutent une touche d'authenticité et de dérision, enveloppant le tout dans une atmosphère à la fois historique et intemporelle. "No Limit" est une comédie, mais aussi, un exutoire, un moyen de rire de ce qui, dans un autre contexte, pourrait nous faire pleurer. C'est une pièce où le rire est une arme chargée de critiques sociales et politiques, un lieu où la folie des hommes est si grande que seule une salle de théâtre peut la contenir. Nominée pour le Molière de la meilleure comédie en 2023, "No Limit" est une aventure théâtrale où chaque blague est un missile de distraction massive et chaque éclat de rire, un soulagement face à l'absurdité de notre monde. Alors, si vous avez besoin de décompresser dans un monde qui semble parfois au bord du précipice, "No Limit" vous promet une soirée de franche rigolade et de réflexion légère, parce que, quand tout est grave, mieux vaut en rire tant qu'on le peut encore! Avis de Foudart 🅵🅵🅵 NO LIMIT Une pièce écrite et mise en scène par Robin GOUPIL Avec (en alternance) Arthur CORDIER ou Thomas GENDRONNEAU, Robin GOUPIL ou Théo KERFRIDIN, Victoire GOUPIL ou Alice ALLWRIGHT, Martin KARMANN ou Adrien URSO, Maïka LOUAKAIRIM ou Gabrielle COHEN, Augustin PASSARD ou Théo COMBY LEMAITRE, Stanislas PERRIN ou Maël BESNARD, Laurène THOMAS, et Tom WOZNICZKA ou Axel MANDRON ou Basile ALAÏMALAÏS Musique originale Alexis Derouin & Thomas Gendronneau • Lumières Vivien Niderkorn • Crédit Photo Oscar Chevillard THEATRE DU SPLENDID Jusqu’au 21 juillet 2024 • Du mercredi au samedi à 21h00 • samedi 16h30 à dimanche 17h00
- Lisbeth's : Un Tourbillon Théâtral de Passion et de Mystère
Au cœur du Théâtre de la Manufacture des Abbesses à Paris, du 20 mars au 11 mai 2024, se déploie un spectacle exceptionnel intitulé "Lisbeth's". Cette pièce, conçue et adaptée par Valentin Rossier sur un texte de Fabrice Melquiot, nous invite à plonger dans une aventure théâtrale captivante où les frontières entre désir, identité et mémoire se brouillent de manière fascinante. Un Coup de Foudre Inattendu La pièce commence par une rencontre fortuite à une terrasse de café entre deux âmes solitaires : Pietr, un voyageur de commerce au regard mélancolique, et Lisbeth, une vendeuse de bijoux au charme magnétique. Tous deux quadragénaires, ils se découvrent et, contre toute attente, une étincelle jaillit. Ils tombent instantanément amoureux. Ce qui commence donc comme un coup de foudre se mue rapidement en une relation intense, tissée de moments de bonheur pur et de complexités inattendues. Lisbeth, énigmatique, semble se fragmenter et se réinventer aux yeux de Pietr, éveillant chez lui une fascination mêlée d'incertitude. Leur voyage commun devient alors une exploration délicate de l'amour et de l'identité, offrant au spectateur une réflexion profonde sur la nature éphémère de la connexion humaine. Un style narratif révolutionnaire Fabrice Melquiot, grâce à son texte exceptionnel, propose une structure narrative ouverte et fluide, unique en son genre. Cette structure permet à l'histoire de naviguer librement entre le présent et le passé, ainsi qu'entre les pensées et la réalité. En outre, elle offre aux deux personnages la possibilité de se manifester simultanément, partageant leurs sentiments tout en interagissant. Cela transforme la scène en un espace où sensations et réalités s'entremêlent avec une grande fluidité. Cette approche non linéaire enrichit le drame, intensifiant les interactions entre les personnages et rendant le spectacle particulièrement immersif. Ajoutée à une mise en scène passionnante et à l’interprétation troublante, à la fois sensuelle et sobrement envoûtante des deux comédiens, cette pièce frappe par son originalité et son intensité. Innovations Techniques et Scéniques La mise en scène de Valentin Rossier utilise des microphones sur pied comme un élément central, un troisième personnage en quelque sorte, transformant la voix en un outil puissant de narration et d'expression des sentiments intérieurs et la rendant si veloutée et sensuelle. Les sons électroniques créent une ambiance sonore qui renforce l'atmosphère de chaque scène, rappelant les road-movies de David Lynch avec un mélange de poésie déclamée et de musique électronique. Performances Envoûtantes Marie Druc et Valentin Rossier offrent des performances exceptionnelles, naviguant avec une agilité remarquable à travers un texte riche en émotions et en subtilités. Ils transforment chaque mot en un instant théâtral vibrant, insufflant vie et dynamisme à chaque scène. "Ils sont comme deux rockers en plein concert, ces amants ancrés à leurs micros sur pied, se livrant corps et âme à la poésie de Fabrice Melquiot", commente Valentin Rossier. Il poursuit : "Ils murmurent ou proclament la passion amoureuse et son érotisme brûlant, tel un poème chanté." Leur interaction oscille entre ironie et profonde émotion, soulignant la complexité de leurs personnages emportés dans un amour ardent, teinté d'un mystère troublant. Le texte est délivré avec une intensité confidentielle, exprimé tantôt en fougue, tantôt en murmures. Le contraste entre leurs personnalités enrichit la performance : elle, rieuse et sereine, lui, sérieux et anxieux; elle, détendue, lui, sur les nerfs; elle, joyeuse, lui, préoccupé. Leurs états d'esprit alternent, vacillant entre passion et désillusion, nous captivant dans leur tourbillon émotionnel. Thèmes Profonds et Universels "Lisbeth's" explore les thèmes de l'amour, de la mémoire et de l'identité. La pièce questionne la réalité de la connaissance de l'autre dans une relation amoureuse et comment nos perceptions peuvent altérer notre compréhension de ceux que nous aimons. La relation entre Pietr et Lisbeth devient un miroir des façons dont les souvenirs et les identités peuvent être à la fois fluides et déconcertants. Une Expérience Théâtrale Inoubliable "Lisbeth's" est une exploration magistrale des dynamiques de l'amour et de l'illusion, où chaque élément scénique et narratif contribue à une expérience immersive. Ce spectacle est une preuve éclatante de la capacité du théâtre à remuer les cœurs et les esprits à travers un dialogue qui est autant un défi qu'une déclaration d'amour à la complexité humaine. Une pièce à ne pas manquer pour tous les amateurs de théâtre qui cherchent à être touchés profondément par la beauté et la complexité de la narration moderne. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 LISBETH’S Texte Fabrice Melquiot Conception et adaptation Valentin Rossier Avec Marie Druc, Valentin Rossier Dramaturgie Hinde Kaddour • Création lumière Jonas Bühler • Création musique et sons David Scrufari • Photos © Carole Parodi LA MANUFACTURE DES ABBESSES Du 20 mars au 11 mai 2024 • Les mercredis, jeudis, vendredis et samedis, à 19h
- "L'Île des esclaves" de Marivaux : une réinterprétation audacieuse par Stephen Szekely
Dans le théâtre de Marivaux, "L'Île des esclaves" se distingue comme une comédie concise et percutante, jouée pour la première fois en 1725 par les Comédiens Italiens du Roi. Cette pièce en un acte et en prose s'articule autour d'un jeu de miroirs captivant entre maîtres et serviteurs, sur une île où les rôles sociaux sont inversés afin de favoriser une rééducation mutuelle. Les maîtres devenus esclaves et les esclaves promus maîtres explorent les dynamiques de pouvoir et d'injustice, tout en interrogeant la capacité au changement véritable chez les individus et au sein des structures sociales. Aujourd'hui, Stephen Szekely propose une nouvelle lecture de cette farce philosophique, entouré d'une troupe de jeunes comédiens pleins de dynamisme. Leur interprétation allie habilement légèreté et profondeur, donnant vie à cette pièce au rythme soutenu, aux dialogues spirituels et aux rebondissements ingénieux. La mise en scène est précise, efficace et marquante. Elle s'ouvre et se clôt sur deux chorégraphies particulièrement réussies : la première, qui mime le naufrage initial par une danse syncopée, et la seconde, qui transforme ces mouvements en un ballet coordonné et joyeux, célébrant la réconciliation. Toutefois, l'expérience parfois limitée des jeunes comédiens ne leur permet pas de saisir toutes les nuances et la profondeur des personnages complexes. Bien que Barthélemy Guillemard, interprétant Arlequin, brille par son éclat et son espièglerie, Laurent Cazanave, en gouverneur, et Lyse Moyroud, en Cléanthis, montrent par moments une interprétation qui pourrait gagner en finesse, rendant certaines scènes plus longues qu'elles ne le sont. Malgré cela, même si le spectacle laisse une impression d'inachevé, il souligne néanmoins la conviction de Marivaux que les arts peuvent transformer la société. Ce groupe de jeunes comédiens apporte une fraîcheur bienvenue à l'œuvre, démontrant comment la littérature peut être visionnaire, reflétant les luttes contemporaines pour l'égalité et la justice. Avis de Foudart 🅵 L’ÎLE AUX ESCLAVES De Marivaux Mise en scène Stephen Szekely Avec Laurent Cazanave ou Michaël Pothlichet, Barthélemy Guillemard, Lucas Lecointe, Marie Lonjaret et Lyse Moyroud Création musicale et sonore Michael Pothlichet • Chorégraphie Sophie Meary • Lumières Jonathan Oléon • Scénographie Juliette Chapuis Crédit photo © Helen Dersoir THÉÂTRE LE LUCERNAIRE Du 3 avril au 5 mai 2024 • Du mardi au samedi 20h • le Dimanche à 17h • Durée 1h10


















