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- Festival Immersion Danse
« La danse est un trait d’union salvateur entre les générations, les esthétiques et les cultures ! » Depuis 20 ans avec sa programmation joyeuse et bouillonnante, le centre d’Art L’Onde fait la fête et cette année, pour sa 7e édition, Le festival Immersion Danse résonne de façon encore plus particulière. Avec son artiste associée, la chorégraphe Wanjiru Kamuyu, Joël Gunzberger, le directeur, nous ont concocté 8 jours d’événements uniques jusqu’au 27 novembre 2022. En 5 soirées, des artistes français et internationaux, femmes chorégraphes d'ici et d'ailleurs, vont se croiser sur les plateaux du Théâtre le temps d’un programme foisonnant d’écritures chorégraphiques contemporaines. Festival Immersion Danse L'Onde, Vélizy-Villacoublay Du 18 au 27 novembre 2022 PROGRAMME COMPLET
- Lwa : autopsie de l’inconscient colonial français
Le 27 octobre 2005 : Zyed, 17 ans, et Bouna, 15 ans, meurent par électrocution dans un local EDF à Clichy-sous-Bois alors qu’ils étaient poursuivis par la police. Un troisième garçon, Muhittin, 17 ans, parvient à s'échapper du local pour demander de l'aide. Il est gravement brûlé. Le soir même, la ville est le théâtre de violents affrontements entre jeunes et forces de l'ordre. S'ensuivent trois semaines de violences urbaines qui secouent la France entière. Dix ans après, deux policiers sont jugés pour "non-assistance à personne en danger". Un non lieu sera finalement prononcé. Liberté, égalité, fraternité Et si nous trouvions les origines du problème dans notre propre histoire de France ? Et si nous regardions derrière nous et surtout sur notre passé colonial ? En tout cas, c’est ce que pensent Camille Bernon et Simon Bourgade qui, après de très nombreuses recherches ont conçu LWA, autopsie de l’inconscient colonial français. Une tragédie pour les temps présents Un spectacle comme un cri fougueux qui, en faisant ressurgir les fantômes de notre Histoire, évoque et confronte trois moments de révoltes historiques : l’esclavagisme français aux Antilles (Révolte d’Haïti en 1791), la fin de l’Empire colonial français(Bataille d’Alger en 1957) et la ségrégation des personnes racisées dans les quartiers populaires (Révolte des banlieues de 2005). Du théâtre documentaire qui ne laisse pas indifférent Très documenté, ce spectacle met en parallèle les moments de crise, eux-mêmes, des récits individuels et des discours politiques, pour un voyage percutant, moderne et sensible. Sur scène, la compagnie de théâtre qui aime proposer des spectacles hybrides mêlant plusieurs formes artistiques, puise, ici, dans la mythologique (Lwa, étant un esprit de la religion vaudou qui sert d’intermédiaires entre le Créateur lointain et les êtres humains), pour associer la culture contemporaine à notre histoire. Ce spectacle à la force d’un cri de souffrance et la fraîcheur de la jeunesse Dans une très belle scénographie, très réussie et dynamique Les six jeunes comédiens s’emparent avec fièvre, de notre passé commun. Ils crient, se débattent, envahissent le plateau et nous lancent l’alerte. Ils portent la voix de notre souffrance enfouie et créent une traversée dramatique, sombre et grave, mais aussi joyeuse, débordante et vivifiante d’énergie. Mais, le spectacle a aussi le défaut de ses qualités Une proposition extrêmement riche et dense, particulièrement documentée et généreuse, des moments passionnants (la réincarnation de l’esprit LWA, la scène d’interview par une psychiatre lors du conflit franco-algérien et l’énumération des faits de 2005) qui donnent envie d’en savoir plus et ne laisse pas indifférent. Mais aussi, des scènes de transition interminables (mais très drôles) et une très longue énumération de notre histoire avec une bouffée de sentimentalisme très appuyée qui finit par lasser un peu, en rendant le propos moins efficient et moins percutant. À en vouloir trop dire, à en vouloir trop faire. On finit par nous perdre dans ce sujet très vaste... mais passionnant. Avis Foudart 🅵🅵 LWA Autopsie de l’inconscient colonial français Conception et mise en scène Camille Bernon et Simon Bourgade Collaboration artistique et jeu Salomé Ayache, Naïs El Fassi, Ahmed Hammadi, Benedicte Mbemba, Souleymane Sylla, Jackee Toto Crédit ©Christophe Raynaud de Lage Théâtre Paris-Villette 17 nov 3 déc 2022 Le mardi, mercredi, jeudi et samedi à 20h, le vendredi à 19h, Le dimanche à 15h30 • adultes / ados • Durée 2h15 Tournée saison 2022/2023 Espace des arts - Chalon sur Saône - les 13 et 14 décembre 2022 Théâtre de Rungis - 28 janvier 2023
- C’est un métier d’homme
« Mon métier consiste à descendre du haut de la montagne jusqu'en bas. À descendre le plus vite possible. C'est un métier d'homme » Ainsi commence l'« Autoportrait du descendeur », une nouvelle courte de Paul Fournel. Les membres de l’Oulipo, pour le 50e anniversaire de sa création se sont emparés de cette structure textuelle pour la décliner en une vingtaine d’autoportraits fantaisistes, étonnants ou même effrayants, regroupés dans l’ouvrage Autoportraits d’hommes et de femmes au repos. Mais qu’est-ce l’OULIPO ? la rigueur devient source de créativité L’Oulipo ou l’Ouvroir de Littérature Potentielle (fondé par Raymond Queneau et François Le Lionnais en 1960 ainsi qu’une dizaine d’écrivains et de mathématiciens) est un rassemblement amical d’auteurs et de scientifiques, amoureux des mots et des textes qui se sont unis pour le plaisir de travailler sur les possibilités de l'écriture en s’inventant des contraintes formelles pour atteindre une fantaisie poétique illimitée. À partir de toute cette matière et, notamment, les autoportraits suivants : Le descendeur, Le séducteur, Le ressusciteur, Le psychanalyste, Le tyran, L’écrivain, Le buveur… Frédéric Bélier-Garcia l’a adapté au théâtre pour les deux comédiens, Denis Fouquereau et David Migeot. Et la bande de l’Oulipo , après Les Cinq Coups de l’Oulipo en 2015 et d’autres carabistouilles géniales, re-investissent le Rond-Point avec cet objet théâtral unique, farfelue, drôle et touchant. On y apprend que tyranniser, c’est mal, et boire, c’est destructeur Au centre de ce qui pourrait être une salle de conférence où le laboratoire d’un savant fou, dans un joyeux capharnaüm de bric et de broc, deux drôles trublions mi clowns, mi cabots enchaînent les autoportraits burlesques de ces hommes bourrés de mégalomanie. Avec une aisance folle et un humour irrésistible David Migeot et Denis Fouquerau sautent d’un personnage à l’autre et nous font mourir de rire ! Le texte est presque toujours le même - en tout cas dans sa structure, est, à chaque fois… encore et tout le temps, différent. Ce spectacle absolument génial est irrésistible, acerbe, fou, poétique et politique. Avis Foudart 🅵🅵🅵🅵 C’EST UN MÉTIER D’HOMME Texte l'Oulipo Direction artistique Hervé Le Tellier Conception et interprétation David Migeot, Denis Fouquerau Texte l'Oulipo : auteurs Michèle Audin, Paul Fournel, Jacques Jouet, Hervé Le Tellier, Ian Monk, Clémentine Melois, David Migeot, Denis Fouquerau Crédit Giovanni Cittadini Cesi THÉÂTRE DU ROND-POINT 15 NOVEMBRE - 4 DÉCEMBRE 2022 DU MARDI AU SAMEDI, 18H30 - DIMANCHE, 15H30 • DURÉE : 1H10
- De bonnes raisons
Le risque est-il dangereux ? Après Chute ! présenté en 2016, la Volte-Cirque et ces deux acrobates Matthieu Gary et Sidney Pin reviennent au Monfort avec un merveilleux spectacle. « À huit ans, ok, tu fais tout plein de trucs avec ton corps, tu te vautres à vélo, tu fais des plats à la piscine, tu sautes du toit de la voisine, ça agrandit ton expérience du monde, ça te construit. Mais quand vingt ans plus tard tu te retrouves la tête à l’envers, sur un bout de métal, en équilibre sur l’épaule de ton pote, à 7 mètres de haut, devant 200 personnes qui te paient pour le faire, tu te poses des questions » D’où vient ce besoin de se mettre en danger ? Jusqu’à quel point peut-on avoir confiance en son partenaire ? Que leurs apportent de sauter dans le vide ? qu’ont-ils à gagner… ou à perdre ? Ceux qui, depuis 2015, mènent un travail de recherche autour de l’acrobatie en construisant des spectacles/conférences, ainsi que des performances et des ateliers, cette fois-ci, en se mettant en différentes situations physiques périlleuses, échangent, explorent et philosophent joyeusement sur leur rapport au risque dans le cirque. Sur la piste circulaire construite exprès pour ce spectacle se jouent en vrac : un voltigeur dubitatif face au danger, une crise d’angoisse, deux acrobates discutants de la meilleure posture à adopter face à une chute de 7m de haut, un homme en slip, de la haute voltige, des protocoles de sécurité insécurisants, des corps entremêlés… et on parlera aussi : de capitalisme, d’écologie, des doutes inhérent aux décisions à prendre, d’amour et de vie, aussi… forcément dangereuse. Tout ça est peut-être absurde, mais absolument essentiel et même existentiel et politique Avec ce spectacle fou, incroyable et généreux, on tremble, on vibre. On est émerveillé par ces deux athlètes clowns, sexy et extravagants. Avis Foudart 🅵🅵🅵🅵 DE BONNES RAISONS COMPAGNIE LA VOLTE-CIRQUE Ecriture et jeu Matthieu Gary et Sidney Pin Création lumière, plateau et régie plateau Etienne Charles Régie générale Julien Lefeuvre Crédit Jean-Louis Chouteau Monfort théâtre Du 8 au 19 Novembre 2022 Durée estimée 1h10 • Spectacle tout public, à partir de 8 ans Prochaines dates de la compagnie ♣ Faire un tour sur soi-même – 25 Novembre au Festival littéraire Confluences, Montauban (82). ♠ De bonnes raisons – 1 et 2 Décembre à Cusset (03). 2023 ♠ De bonnes raisons – Du 10 au 13 Janvier au Grand R, La Roche-sur-Yon (85). ♠ De bonnes raisons – Du 18 au 19 Février au Domaine de Bayssan, Béziers (34). ♠ De bonnes raisons – Du 22 au 24 Février au Domaine d’O, Montpellier (34). ♣ Faire un tour sur soi-même – 25 Mars à la maison de l’université de Rouen, Festival SPRING. ♣ Faire un tour sur soi-même – 28 Mars à Val St-Père, Festival SPRING. ♣ Faire un tour sur soi-même – Du 3 au 12 Avril au Grand R, La Roche-sur-Yon (85), dates a préciser. ♣ Faire un tour sur soi-même – 14 Avril à Conches-en-Ouche (27)
- Music-hall
Pour ne pas laisser mourir ses rêves La Fille serait déjà là, elle attendait au fond, et lorsque cela commençait - mais c'est elle toujours qui décida du début - lorsque cela commençait, elle avançait en ligne droite vers le public et elle s'asseyait, de la toujours même manière lente et désinvolte. Comme ça, « l'air de rien ». Depuis sa création en 1988, la pièce emblématique Music-hall de Jean-Luc Lagarce, n’a jamais eu de cesse d’être jouer en france comme à l’étranger. Aujourd’hui, c’est au tour de Marcial Di Fonzo Bo de nous offrir sa vision de ce texte remarquable et réussi son pari en mettant en scène ce très beau spectacle. L'histoire n’a pas de réels rebondissements, rien de particulier ne s'y passe et, au fur et à mesure, elle devient même dérisoire et presque grotesque. Très peu de musique et de chant - un peu tout de même mais des mots, des jeux de mots et des répétitions. tout est juste, tout est fluide, poétique et musical. La Fille, une chanteuse de music-hall et ses deux Boys évoquent leur spectacle. Surtout l'entrée en scène, minutieusement pensée, et leur présence au sein de ce trio. Mais, par manque de moyens, les choses ne sont pas toujours faciles à maîtriser surtout dans les théâtres de second ordre où ils ont l’habitude de jouer. La fille a toujours été là, dès l'origine, les Boys quand à eux se sont succédé, les uns après les autres, et portent un regard plus distancié sur le spectacle. Evidemment ce spectacle célèbre le spectacle Cette aventure fragile, magique aussi, de jouer devant un public, de se mettre en danger, de se rendre vulnérable aux regards et aux jugements. Mais au-delà, on est obligé de penser au spectacle que l’on donne aux autres de sa propre vie, de sa propre existence. « Dans Music-Hall, la construction de la phrase se rapproche de celle des grandes œuvres. C’est une langue qui voyage, avec ses arrêts, ses incidentes, ses méandres ». Catherine Hiegel, avec son talent inouï et ses mimiques bien à elle, s’empare de ce rôle en déployant toutes les fragilités et les nuances de son personnage. Quand à eux, Raoul Fernandez et Pascal Ternisien, les deux boys sur le retour qui semblent venus tout droit d’un film de Fellini, ils nous en mettent plein les yeux, plein le coeur. Music-hall est un spectacle à voir absolument Un spectacle enivrant d’une beauté et d’une élégance rare. On rit de bon cœur et on pleure aussi avec ces trois personnages désuets et merveilleusement incarnés. Avis Foudart 🅵🅵🅵 MUSIC-HALL De Jean-Luc Lagarce Mise en scène Marcial Di Fonzo Bo Avec Catherine Hiegel, Raoul Fernandez, Pascal Ternisien Costumes Mine Barral Vergez Création musicale Etienne Bonhomme Crédit Jean-Louis Fernandez THÉÂTRE DU PETIT SAINT-MARTIN Jusqu’au 8 janvier 2023 Du mardi au samedi 19h ou 21h (en alternance). Dimanche 16h
- Qui a peur de Pauline Kael ?
Pour l’amour de la critique Mais qui est donc Pauline Kael ? À elle seule, Pauline Kael est une collection d’adjectifs : brillante, incisive, injuste, passionnée, dogmatique, drôle, enthousiaste, vulgaire, sincère, cruelle, perspicace… Adulée par certains, détestée par d’autres, souvent crainte, elle fut indéniablement LA figure fondatrice d’une nouvelle approche de la critique cinématographique. Pendant plus de 30 ans, critique de films au New Yorker, Pauline Kael s'est battue pour imposer son empreinte, ses pensées et son amour profond pour l'Art et le cinéma. Pendant quatre ans, complètement admiratif de ce monstre sacrée, Rob Garver a parcouru ses milliers de textes et à rencontrer les personnalités qui ont bien voulu témoigner de son influence. Il a construit le portrait de cette femme combative et passionnée qui s’est toujours attachée à faire entendre sa propre voix, fut-elle dissonante ! Ce film, d’une précision incroyable, parle sans détour de cette femme, de ce monstre sacrée. La critique la plus célèbre, la plus affirmée et la plus courageuse de tous les temps. On est pas obligé d’être complètement en accord avec sa façon très émotionnelle et très particulière de tourner ces papiers, mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a un sacré culot, un style unique et une merveilleuse façon d’écrire… presque romanesque et, en tout cas, passionnante. Un rêve absolu pour tous ceux qui tentent de transmettre leurs avis, leurs coups de cœur et leurs coups de griffe. Ce film est une occasion unique de découvrir, pour nous européens du 21e siècle, ce personnage rare et finalement assez méconnu à travers un document passionnant à la rencontre de l'histoire du cinéma. Avis Foudart 🅵🅵🅵 QUI A PEUR DE PAULINE KAEL ? un film de Rob Garver documentaire - 95 minutes - USA SORTIE LE 16 NOVEMBRE 2022
- MIXITY : « Je suis toutes les femmes »
Une ode à la féminité « Je suis toutes les femmes Je vis vos joies et vos mélodrames Je suis sentimentale et parfois femme fatale aussi » Plus qu’un spectacle, une expérience.Des hommes en femmes… des femmes en hommes… mais pas toujours et pas seulement. Avec Mixity, Bruno Agati, le chorégraphe qui a travaillé avec les plus grand s’amuse comme un enfant et reprend au pied, à la lettre les paroles de la chanson de Dalida. Avec ce spectacle, il met en lumière les femmes qui ont marqué à jamais les scènes du monde « des femmes qui ont voué leur vie à leur public et ont pour point commun une fragilité extrême » en créant un show-cabaret poétique, loufoque, humoristique et musical. « L’amour, la vie, la joie rythment cette expérience hybride » Masculines, féminines, pendant deux heures, c’est quinze créatures, garçons-filles, mutines et coquines, s’emparent de la scène. Lady Gaga, Céline Dion, Amy Winehouse, Zizi Jeanmaire et Barbara, mais aussi Claude François, Prince ou encore Michel Polnareff. Extravagant et sensuel Les danseurs, chanteurs, transformistes de Mixity font de ce spectacle lumineux et intime, un moment audacieux et singulier entre nostalgique et modernité. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 On a tous quelque chose en nous de Mixity…Cette volonté de prolonger la nuitCe désir fou de vivre une autre vieCe rêve en nous il est en toi aussiQuelque chose de Mixity MIXITY « Je suis toutes les femmes » Auteur, metteur en scène et chorégraphe Bruno AGATI Création lumières Jacques ROUVEYROLLIS Avec Bruno AGATI, Tiago DO NASCIMENTO, Paul UPALI, Mica PIRES, Tony FERNANDES, Clément SANCHEZ, Hugues MEISSEL, Mathieu MOREL, Fabiene HAMEL, Sonia LABADI, Marie REGENT, Alienor GUENIFFET, Matthieu LECOQ, Killian LANS BALDERRAIN, Eddy GARRAUD Crédit Olga Khokhlova, MaxOfPics, Clara Yvard Théâtre Lepic Actuellement Tous les dimanches et lundis à 20h Durée 1h45
- Les Amandiers : interview de Valeria Bruni Tedeschi
« Au delà du fait qu'ils fassent du théâtre, je voulais parler de l'espoir de la jeunesse, de la folie de la jeunesse » En mêlant, sans cesse, dans son travail, la réalité de son vécu et la fiction, Valeria Bruni Tedeschi joue à un jeu délicat qui, par le passé, a pu laissé parfois un goût amer dans la bouche. Mais ici, avec son cinquième film, Les Amandiers, le pari est particulièrement réussi ! « Les années de ma jeunesse étaient des années dangereuses. Il n'y avait pas une grande frontière entre la vie et le jeu. Il y avait une grande sauvagerie » Frédéric BONFILS - En quelque sorte Les Amandiers est un film construit en deux partie : une qui parle du concours d'entrer à l'école de théâtre, puis une autre sur la vie dans cette école. Valeria BRUNI TEDESCHI - Oui, en effet. Je trouve ces deux périodes passionnantes car elles parlent du désir... de jouer, de la jeunesse et de la vie d'adulte qui s'installe. FB - Vous avez très souvent travaillé sur vos souvenirs. Est-ce le cas encore ici ? VBT - Le film prend source dans mon expérience personnelle, dans l'école que j'ai faite, il y a 30 ans avec Patrice Chéreau et Pierre Romans. Mais ensuite on a tout revisité, on a tout retravaillé pour que ça devienne un récit de fiction comme toujours dans mes films. Les personnages des jeunes acteurs sont devenus des personnages de fiction ainsi que les personnages de Patrice Chéreau et de Pierre Romans qui n’ont pas changé de nom. Ce film n'est absolument pas un biopic. FB - Parlez-moi un peu de l'histoire de ce film. VBT - Ça a été un long processus. Peut-être que je n'étais pas prête au début, mais il m’a fallu deux ans pour me décider à écrire avec Noémie (LVOVSKY) et Agnès (DE SACY) Les Amandiers. Ça nous a semblé tout à coup une évidence. Il faut parfois beaucoup de temps, parfois des années et une vraie distance avec la source d'inspiration, pour arriver à parler de certaines choses. Par exemple, je n'ai parlé de la mort de mon frère que six ou sept ans après. FB - Parlez-moi un peu alors de ces années. VBT - Ces années-là étaient gaies, joyeuses, libres, insolentes, folles mais elles étaient sombres, également. C'était les années où le sida à éclater, où l'héroïne et la cocaïne étaient très, très, répandues dans le milieu du théâtre et du cinéma. C'était des années dangereuses. Il n’y avait pas une grande frontière entre la vie et le jeu, une frontière presque invisible. Il y avait de la sauvagerie. Mais je ne voulais pas filmer mes souvenirs. Je ne voulais pas me raconter., je voulais raconter ces jeunes. FB - Tout de même, en premier lieu, on pourrait imaginer que le personnage que joue Nadia, c'est vous. Ça paraît évident. Mais après réflexion, je me suis demandé : "Mais si elle avait mis un peu d'elle dans tous les personnages du film, finalement ?" VBT - Oui, oui, complètement. Il y a beaucoup de mélanges. Il y a un peu de moi, un peu de Noémie et un peu d'Agnès, et surtout, beaucoup des acteurs et des actrices qui jouent parce que, au bout du compte, un film, c'est juste un prétexte à filmer des gens qui nous intéressent. Par exemple, pour Sofiane (BENNACER), ce n'était pas l'idée que j'avais du personnage au départ, mais il avait un tel charisme, une telle valeur que je m'en suis largement inspirée. Il m'a donnée son impulsion. Il a nourri le personnage. « J'avais une vraie timidité, à écrire le personnage de Chéreau, il a surgi très, tard. Il était totalement plat et lisse au départ. J'avais peur de le malmener. Et puis je me suis rendu compte que Patrice n’aurait pas aimé être représenté de façon trop respectueuse. Et donc, on lui a trouver des aspérités, des défauts et des moments ridicules aussi » FB - Comment avez-vous travailler sur ce film ? VBT - (Rire) Je leur parlais tout le temps pendant les prises. On a beaucoup répèté tous ensemble, on avait les codes et on a créé notre méthode à nous. Sur le plateau, je pouvais hurler, je pouvais rire, je pouvais jouer avec eux, accroupi à leurs pieds, parler comme si j'étais dans leur tête ou les laisser faire ou les interrompre, recommencer, faire aller très vite ou plus doucement. Nous nous étions habitués à cette façon de faire mais si quelqu'un était arrivait comme ça, sur le tournage, il aurait été particulièrement surpris. Peut-être décontenancé. FB - Cette période-là, on est quand même nombreux à l'avoir vécu plus ou moins. Ce film est finalement un peu comme une Madeleine de Proust pour moi. mais j'ai quand même l'impression que la jeunesse s'est emparé de nos souvenirs et en a fait une vision très moderne. VBT - C'est exactement ça. C'est précisément ce qu'avait écrit Noémie Lvovsky dans la note d'intention. Ce sont les jeunes d'aujourd'hui qui s'emparent de nos souvenirs et empêchent qu'ils restent figés dans la nostalgie. « Un Chéreau intime, secret que Louis Garrel avait envie et besoin de raconter » FB - J'adore le choix de Louis Garrel en Patrice Chéreau, parce qu'on a tous l'image de Chéreau en tête et, au départ, sur le papier, on ne se dit pas forcément que ça va fonctionner. Est-ce par son talent ? VBT - Oui bien sûr, c'est par son talent, mais c'est aussi par l'idée qu'il avait de Chéreau. L'idée d'un Chéreau intime, secret qu'il avait besoin et envie de raconter. J'ai laissé Louis complètement libre. Je pense qu'il a travaillé dans sa chair, avec son fantasme. Il est aussi metteur en scène, et c'est pour ça aussi que j'ai voulu que ce soit lui qui le fasse. Je voulais que ce soit un metteur en scène qui joue ce rôle, qui travaille avec sa solitude et ses difficultés à mettre en scène et je l'ai beaucoup laissé improviser. Ce n'est pas devenu Patrice Chéreau, mais c'est devenu lui, dans Patrice Chéreau et les scènes où il dirige ces jeunes sont particulièrement touchantes. Les Amandiers Critique Les Amandiers Un film de Valeria BRUNI TEDESCHI Avec Nadia TERESZKIEWICZ, Sofiane BENNACER, Louis GARREL, Micha LESCOT, Clara BRETHEAU, Noham EDJE, Vassili SCHNEIDER, Eva DANINO, Liv HENNEGUIER et Baptiste CARRION-WEISS Scénario Valeria BRUNI TEDESCHI, Noémie LVOVSKY et Agnès DE SACY Au cinéma, le 16 novembre 2022. Drame • France, Italie • 2022 • 125 min
- Les Amandiers
Le jeu dangereux de Valeria En mêlant, sans cesse, dans son travail, la réalité de son vécu et la fiction, Valeria Bruni Tedeschi joue à un jeu délicat qui, par le passé, a pu laissé parfois un goût amer dans la bouche, une sorte de gène assez désagréable. Mais ici, avec son cinquième film, le pari est particulièrement réussi ! Fin des années 80, Stella, Etienne, Adèle et les autres passent le concours d’entrée de la célèbre école créée par Patrice Chéreau et Pierre Romans au théâtre des Amandiers de Nanterre. Lancés à pleine vitesse dans la vie, la passion, le jeu, l’amour, ensemble ils vont vivre le tournant de leur vie mais aussi leurs premières grandes tragédies. Celle qui a fait de sa famille, le coeur même de son travail s’est attaquée, cette fois-ci, à sa famille artistique et nous propose un film enfiévré et bouleversant. Une sorte de madeleine de Proust sur sa jeunesse qui touche et embarque tous les amoureux du théâtre et du cinéma. Autour de Louis Garrel, fiévreux et inspiré, dans le rôle du mythique metteur en scène, Patrice Chéreau, loin d’être épargné, un groupe de jeunes comédiens et comédiennes au talent irréfutable et à l’aura incandescente, s’en donnent à cœur joie. Parmi eux, avec sa fougue, son émotion et son énergie, Nadia Tereszkiewicz, crève littéralement l’écran et Sofiane Bennacer est absolument incandescent. Mais, Les Amandiers n’est pas seulement un film de troupe sur la jeunesse, c’est aussi un film qui, en mêlant sans cesse le tragique et le comique, parle de la banalisation de la drogue et des années sida. J’avais besoin que tout soit interrogé et exploré au moment de l’écriture : le rapport entre Chéreau et Romans, la mise en scène de Platonov, l’histoire de chaque élève, comment la drogue se faufilait dans l’école, la peur du sida, la mort, la vie après. Valeria Bruni Tedeschi Passionné, irrévérencieux, drôle, tragique ludique, charnel, nostalgique et brûlant… Si le nouveau film de Valeria Bruni Tedeschi, un peu foutraque, part dans tous les sens, c’est surtout une tragi-comédie envoûtante, fraîche et terriblement attachante qui permet de dévoiler plein de jeunes talents complètement séduisants et de faire connaître aux plus jeunes, l’atmosphère de toute une époque. Avis Foudart 🅵🅵🅵 Les Amandiers Un film de Valeria BRUNI TEDESCHI Avec Nadia TERESZKIEWICZ, Sofiane BENNACER, Louis GARREL, Micha LESCOT, Clara BRETHEAU, Noham EDJE, Vassili SCHNEIDER, Eva DANINO, Liv HENNEGUIER et Baptiste CARRION-WEISS Scénario Valeria BRUNI TEDESCHI, Noémie LVOVSKY et Agnès DE SACY Au cinéma, le 16 novembre 2022 Drame • France, Italie • 2022 • 125 min
- Tanguy Pastureau "n'est pas célèbre et il s'en fout"
Depuis plus de 15 ans, Tanguy Pastureau est l'une des figures de proue des chroniqueurs radiophoniques. "Ceinture noire" dans l'exercice de la revue de presse, il fait rire des millions d'auditeurs quotidiennement sur France Inter. Mais ce généreux Breton avait envie de rencontrer toutes ces oreilles en vrai, alors en 2018, il écrit son premier spectacle Tanguy Pastureau, n'est pas célèbre et il s'en fout ! Après une année entière au Théâtre du Marais, il est parti en tournée à travers toute la France et s’est produit, pour la première fois, sur la grande scène des Folies Bergères. Avec un petit côté nonchalant, avec beaucoup d’humour et une écriture magnifique, Tanguy Pastureau nous raconte les déboires des stars d'hier et d'aujourd'hui et nous démontre l'intérêt de rester un anonyme. Être une star, ça paraît fabuleux. Sauf que ça ne l'est pas. La célébrité est une galère sans nom. Tanguy Pastureau Tantôt debout, tantôt allongé ou accoudé sur un table de bar Entre cabotinage et humour cinglant, Tanguy Pastureau parle des célébrités, des politiques et de lui. Tanguy Pastureau manie l’absurde, les vacheries qui détonnent et, avec sa plume incisive, il décape l’humour et nous fait rire, comme personne. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Tanguy Pastureau n'est pas célèbre (et il s'en fout !) Théâtre de la Renaissance Du 1er au 17 décembre à 19h • Les dimanches à 18h
- Les gros patinent bien, cabaret en carton
Oh joie absolue ! Après l’immense succès de ce spectacle au Théâtre du Rond-Point, après la performance jubilatoire d’Olivier Martin-Salvan dans Panique ! au Cenquatre Paris, Les gros patinent bien, cabaret en carton, reviennent au Théâtre Tristan Bernard à partir du 2 février 2022. Un nouvel exercice de style, le « Cartonné ». Pierre Notte Entre cabaret de cartons et épopée shakespearienne Ils nous ont concocté une aventure folle en Anglais approximatif, un écossais littéraire, peu connu, du 15ème siècle, retrouvé dans une taverne de l’île de Skye, près du loch Dubhar-sgoth, en face de Trotternish Ridge, tout près de Balnaknock.... Un acteur en costume trois pièces reste assis tout le temps. Un autre en maillot de bain, un Zebulon, s’agitent autour de lui avec des centaines de morceaux de carton où sont inscrits les noms des pays, accessoires ou bestioles rencontrées. Celui qui reste assis, quitte les plaines du Grand Nord, maudit par une sirène pêchée par accident. Il s’évade en patins, à trottinette, en avion cartonné. Il découvre l’Écosse, repart vers le sud à dos de mulet, assassine quelques cornemuseurs au passage et cherche l’amour, toujours. Ils ont trouvé une idée en or C’est, lors de la première répétition, alors qu’ils manquait d’or, mais qu’il y avait beaucoup de cartons, comme des trésors, que ces deux compères ont commencé à écrire dessus, à l’aide de gros marqueurs noirs, le nom des accessoires et des décors. Une recherche désespérée de l’ailleurs et de l’autre, mais en carton. Olivier Martin-Salvan Un voyage initiatique qui ne sert à rien. Pierre Guillois Les gros patinent bien, cabaret en carton est un spectacle complètement fou, délirant, perché, burlesque et absolument génial ! Une explosion d’idées farfelues. Un feu d’artifice de bouts de carton qui va vous émerveillez et vous emportez. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 LES GROS PATINENT BIEN, CABARET DE CARTON Un spectacle de et avec Olivier Martin-Salvan, Pierre Guillois Ingénierie carton Charlotte Rodière Crédit CittadiniCesi Festival Ovni Théâtre 71, Malakoff scène nationale Du 24 au 26 novembre SPECTACLE TOUT PUBLIC (À PARTIR DE 11 ANS) - DURÉE 1H20 TOURNÉE 9 — 13 NOVEMBRE 2021 CENTRE DRAMATIQUE NATIONAL DE ROUEN (76) 17 — 20 NOVEMBRE 2021 COMÉDIE DE PICARDIE / AMIENS (80) 23 ET 24 NOVEMBRE 2021 THÉÂTRE DU BOIS DE L’AUNE / AIX-EN-PROVENCE (13) 30 NOVEMBRE — 4 DÉCEMBRE 2021 LE QUARTZ, SCÈNE NATIONALE / BREST (29) 25 — 29 JANVIER 2022 THÉÂTRE SORANO / TOULOUSE (31) À PARTIR DU 3 FÉVRIER 2022 THÉÂTRE TRISTAN BERNARD / PARIS (75) 3 ET 4 MAI 2022 THÉÂTRE L'AIRE LIBRE / SAINT-JACQUES-DE-LA-LANDE (35) 7 — 9 MAI 2022 TRANSVERSALES, SCÈNE CONVENTIONNÉE CIRQUE / VERDUN (55) 12 — 14 MAI 2022 THÉÂTRE FORUM / MEYRIN (SUISSE) 18 ET 19 MAI 2022 L'AZIMUT / ANTONY / CHATENAY-MALABRY (92) 21 ET 22 MAI 2022 SCÈNE NATIONALE 61 / ALENÇON (61) 27 — 29 MAI 2022 LA PASSERELLE; SCÈNE NATIONALE DE GAP (05) 10 — 12 JUIN 2022 (OPTION) THÉÂTRE DE POCHE / HEDE-BAZOUGES (35) 19 ET 20 JUIN 2022 THÉÂTRE DE LORIENT, CENTRE DRAMATIQUE NATIONAL (56)
- La galerie
Quand le nouveau cirque rencontre l’art contemporain Les créateurs de La Machine de cirque, le spectacle d’acrobatie survolté, drôle et sexy, après plus de 700 représentations en Europe, en Asie, en Amérique du Nord et plus de 300 000 spectateurs, reviennent avec leur nouveau spectacle, La Galerie et envahissent le musée ! Deux femmes et cinq hommes en costumes chics, au son jazzy d’une saxophoniste multi-instrumentiste géniale au chignon choucroute, envahissent une expo toute blanche d’art contemporain. Acrobaties au sol, figures de main à main, portées, lancées… Avec leur regard malicieux et leur corps élastique, ils visitent les lieux, nous font découvrir les coulisses et s’emparent de tout l’espace pour le transformer en une explosion de couleurs. Une loufoquerie baroque et pop La compagnie québécoise, entre théâtre, poésie et acrobatie propose une approche unique de l’art circassien avec un spectacle particulièrement créatif, complètement original, drôle et intelligent. Une plongée dans la création artistique Un spectacle complètement loufoque à l’écriture complexe qui peut laisser un peu circonspect par moment mais qui emporte le tout par son génie créatif, son énergie et sa magie. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 LA GALERIE Metteur en scène et auteur Olivier Lépine Directeur artistique et collaborateur à l’écriture Vincent Dubé Interprètes Adam Strom, Antoine Morin, Connor Houlihan, Gaël Della-Valle, Lyne Goulet, Pauline Bonanni, Marie-Michèle Pharand, David Trappes Musique Marie-Hélène Blay LA SCALA PARIS Du 9 au 26 novembre 2022 Du mardi au vendredi à 19h samedi à 15h et 19h- dimanche à 15h00 Durée 1h20 • À partir de 5 ans TOURNÉE 30 NOVEMBRE 2022 - Bouguenais (44): Centre Culturel Piano'Cktail 02 DÉCEMBRE 2022 - Le Vésinet (78): Theatre du Vesinet 06 DÉCEMBRE 2022 - Mérignac (33): Le Pin Galant 08 DÉCEMBRE 2022 - Soissons (02): Centre culturel Le Mail 13– 31 DÉCEMBRE 2022 - Munich, Allemagne : Tollwood Festivval 22 FÉVRIER 2023 - Vannes (56): Palais des Arts - Théâtre Anne de Bretagne 03-4 MARS 2023 - Roubaix (58): Le Colisée 07 MARS 2023 - Neuilly-sur-Seine (92): Théâtre des Sablons 09 MARS 2023 - Grande-Synthe (59): Palais du Littoral 11 MARS 2023 - Cambrai (59): Théâtre de Cambrai - Scènes Mitoyennes 14 MARS 2023- Rambouillet (78) : Théâtre le Nickel / Pôle Culturel la Lanterne 16 MARS 2023- Agde (34) : Palais des Congres du Cap d'Agde 17 MARS 2023- La Ciotat (13) : Théâtre de la Chaudronnerie 21 MARS 2023 - Fougères (03): Centre culturel Juliette Drouet 24 MARS 2023- Arcachon (33): Théâtre Olympia d’Arcachon Scène d’Intérêt National 28 – 29 MARS 2023 - Esch-sur-Alzette, Luxembourg : Theatre d'Esch 31 MARS 2023 - Torcy (77): Espace Lino Ventura 01 AVRIL 2023 - Rueil Malmaison (92): Théâtre André Malraux












