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1955 résultats trouvés avec une recherche vide

  • La disparition de Josef Mengele : Une Exploration Théâtrale Profonde et Urgente

    Mikaël Chirinian, maître conteur, offre une performance saisissante dans "La disparition de Josef Mengele", un spectacle qui plonge profondément dans l’histoire d’un des criminels de guerre les plus insaisissables de l'Histoire. Dès le début, Chirinian capte l’attention avec une sobriété impressionnante, assis seul sur une chaise. Ce calme initial se transforme progressivement en une intensité palpable, les lumières virant au rouge et la musique s’intensifiant, jusqu’à atteindre une confrontation ultime entre Josef Mengele et son fils. Cette scène représente le seul véritable jugement que ce médecin nazi ait jamais affronté. Josef Mengele, surnommé "le médecin d’Auschwitz", est tristement célèbre pour ses expérimentations médicales cruelles sur les déportés, qui n'avaient aucune vocation de soigner. Né en 1911 en Allemagne, Mengele rejoint le parti nazi en 1937, abandonnant ainsi toute ambition médicale vertueuse. À la fin de la guerre, il échappe à l'identification immédiate comme criminel de guerre et s'enfuit en Argentine en 1949, où il vit jusqu'à sa mort en 1979 au Brésil, échappant à la justice pendant des décennies. « L’urgence de dire avant que le chaos ne soit trop grand et que tout soit inaudible » écrivent Benoit Giros et Mikaël Chirinian. Cette citation capture l'essence du spectacle, qui, basé sur une documentation rigoureuse, est captivant et brillamment écrit. Le roman d'Olivier Guez, "La disparition de Josef Mengele" (Prix Renaudot 2017), sert de fondement à cette pièce. Guez s’interroge sur la manière dont Mengele a évité la capture et explore sa vie en Amérique du Sud. La pièce est un récit précis et dépouillé, offrant parfois des incursions dans la psyché de Mengele, un homme arrogant, dépourvu d’émotions et de regrets. Elle aborde également le concept de la "médiocrité du mal". , par son jeu subtil, alterne entre distance et incarnation, racontant les quarante années de cavale de Mengele et dévoilant les soutiens dont il a bénéficié : famille, amis, et États. Ce jeu d’équilibriste entre narration et émotion, entre distanciation et incarnation, maintient le public en haleine tout en exposant la complexité et l’horreur des actes de Mengele. "La disparition de Josef Mengele" est plus qu’un spectacle ; c’est une immersion intense dans l'histoire, un rappel poignant des réalités du passé. Par sa performance saisissante, Mikaël Chirinian nous oblige à affronter les réalités du passé et à réfléchir sur les implications morales de l’inaction et du silence. Ce spectacle, à la fois poignant et dérangeant, est une œuvre essentielle qui interroge notre mémoire collective et notre capacité à faire face aux démons de l'Histoire. Avis Foudart 🅵🅵🅵🅵 La disparition de Josef Mengele D’après le roman d’Olivier Guez (Prix Renaudot 2017), publié aux Éditions Grasset Adaptation et mise en scène  Mikaël Chirinian et Benoit Giros  Jeu Mikaël Chirinian Création lumière  Julien Ménard et Eric Schoenzetter  • Conception sonore  Isabelle Fuchs • Costume et scénographie  Sarah Leterrier THÉÂTRE LA PÉPINIÈRE À partir du 24 janvier 2025 • Les vendredis et samedis à 19h00, le dimanche à 15h00 • Durée 1h20 Spectacle vu au Festival OFF Avignon

  • Cleeveland – Tout ou Rien : du rire à l’intime, l’éclosion d’un artiste

    Un show entre fous rires, punchlines et vérités qui claquent Il vous a fait exploser de rire sur Insta avec Tania, cette love coach sans filtre qui balance ses punchlines comme des vérités universelles. Aujourd’hui, Cleeveland Roumillac cartonne sur scène avec Tout ou Rien , un spectacle explosif et ultra sincère. Spoiler : on prend tout. Après La seule et l’unique , qui marquait les prémices d’une histoire d’amour entre lui et son public, Tout ou Rien est une véritable déclaration. Une déclaration drôle, désarmante, touchante, qui puise dans l’intime pour mieux faire rire — et réfléchir. Sur scène, Cleeveland ne se cache plus. Il raconte ses galères amoureuses, ses blessures d’enfance, son coming out, sa quête d’amour et de légitimité. Le tout sans jamais perdre le sens du show, ni cette autodérision tendre qui le rend si attachant. Car même quand il parle de solitude, il vous fait pleurer… de rire. Tania, son alter ego culte, est toujours de la partie. Plus tranchante que jamais, elle distribue conseils amoureux et gifles verbales à un public hilare. Mention spéciale au moment interactif « Tania, aide-moi ! » , où les spectateurs deviennent les cibles volontaires de cette coach en talons et vérités frontales. Et ça cartonne. Mais derrière la perruque et le flow déjanté, il y a un artiste. Un vrai. Cleeveland surprend par sa capacité à aller loin dans la vanne comme dans l’émotion, à enchaîner les montagnes russes avec une précision d’orfèvre. Mise en scène millimétrée par Thierno, écriture fine, timing impeccable : ce n’est pas juste un influenceur qui monte sur scène. C’est un comédien, un conteur, un mec qui a quelque chose à dire — et il le dit bien. Avec Tout ou Rien , Cleeveland Roumillac signe un spectacle drôle, percutant et profondément humain. Un seul-en-scène à son image : vibrant, généreux, et furieusement vivant. Avis de Foud’art 🅵🅵🅵 Tout ou Rien De Cleeveland Roumillac Mise en scène Thierno Les mercredis et jeudis à 21h15 au Grand Point Virgule • Durée 1h20 Prolongations exceptionnelles du 14 mai au 19 juin 2025

  • °UP – Un ballon, un violon, et la poésie du geste

    Dans °UP, Fouad Boussouf réunit un freestyler de haut vol et un violoniste hors cadre pour une rencontre aussi ludique que sensible. Un spectacle court et percutant, qui brouille les frontières entre sport, musique et danse, et transforme la scène en un véritable terrain de jeu poétique. Une rencontre inattendue Certaines rencontres relèvent de l’évidence. Celle de Paul Molina, freestyler virtuose, et de Gabriel Majou, violoniste curieux, en fait partie. Sous l’œil complice de Fouad Boussouf, chorégraphe et directeur du Phare – CCN du Havre, les deux artistes inventent un duo inédit où la scène devient espace de jeu. Ralentir, écouter, composer Le freestyle, habituellement explosif et démonstratif, change ici de tempo. Fouad Boussouf invite Paul Molina à ralentir le rythme, à habiter l’espace autrement, à dialoguer avec la musique jouée en direct. Gabriel Majou, quant à lui, compose à partir des sons bruts du ballon — rebonds, frottements, glissements — pour créer une matière sonore organique et vivante. “Le ballon devient ici un partenaire de jeu sensible, presque vivant.” Une poésie du mouvement Ici, aucune hiérarchie entre les disciplines : tout est mis au service de l’échange. Les deux artistes se cherchent, se défient, se répondent. La scène devient alors un espace de rencontre, de réinvention, de jeu. Fouad Boussouf orchestre ce pas de deux inattendu avec une poésie du détail et une véritable tendresse pour ses interprètes. La rue entre en scène Avec °UP, le foot freestyle — souvent cantonné à l’espace public — entre au théâtre. Loin de perdre sa force, il gagne ici en profondeur narrative. Le spectacle interroge les frontières entre sport et art, et donne à voir la scène comme un lieu d’ouverture, d’hybridation et de partage. Il faut voir °UP absolument : Parce que c’est intense, et accessible à tous. Parce que ça fait du bien de découvrir un spectacle qui ne ressemble à aucun autre. Parce que cela parle à tout le monde : amateurs de sport, de musique, de danse, enfants comme adultes. Et surtout, parce que ça rappelle que l’art, c’est aussi cela : créer des ponts là où on ne les attend pas. Avis de Foud’art 🅵🅵🅵 °UP Duo foot freestyle & musique live Direction artistique et chorégraphie Fouad Boussouf Interprétation Gabriel Majou et Paul Molina Musique Gabriel Majou Création lumière Romain Perrillat-Collomb Costumes Salina Dumay Photo Christophe Raynaud de Lage Durée 40 minutes Spectacle vu lors d’une répétition à la Maison de l’Environnement (Magny-les-Hameaux), dans le cadre du week-end hip-hop proposé par la Mission danse de Saint-Quentin-en-Yvelines. À noter : Du 17 au 25 mai 2025, Fouad Boussouf est artiste invité du musée du quai Branly. Mardi 27.05 Festival Après le dégel – Équinoxe, Scène nationale de Châteauroux Vendredi 30.05 Plein Phare Out – CCN du Havre

  • Œdipe roi d’Éric Lacascade : une chute en pleine lumière

    Un homme au sommet, une cité à genoux, un roi qui s’effondre en une seule journée. Avec Œdipe roi , Éric Lacascade met en scène une descente aux enfers saisissante, entre crise politique, destin implacable et bouleversements intimes. Une tragédie antique qui résonne avec une urgence éminemment contemporaine. Du roi à l’homme Il gouverne depuis quinze ans, a terrassé le Sphinx, fondé une famille. Et pourtant, en quelques heures, tout s’écroule. Le mythe est connu, mais ici, Œdipe ne se contente pas d’être un symbole : il redevient un homme . Un homme qui vacille, qui aime, qui nie, qui cherche, et qui finit par se voir – trop tard. Christophe Grégoire incarne cette trajectoire vertigineuse avec une intensité remarquable. Sa présence scénique, tout en tension contenue, donne au texte une humanité troublante. Karelle Prugnaud, en Jocaste, irradie . Déchirante, magnétique, impossible à quitter des yeux. Otomo de Manuel, dans le rôle du berger, bouleverse par sa justesse désarmante. Théâtre brut, tension vive La mise en scène joue la carte de la sobriété. Pas d’effets superflus : un plateau nu, des corps en présence, une parole brute. Ce minimalisme assumé donne au texte toute sa force. Certaines scènes sont inoubliables – la confrontation initiale avec le peuple, la révélation de la paternité, l’intervention du berger. D’autres moments, en revanche, peinent à maintenir leur densité : la langue s’étire , et le rythme s’égare parfois dans une lenteur presque incantatoire. Mais c’est aussi cela, le théâtre de Lacascade : prendre le temps , creuser les silences, laisser advenir l’effondrement. On est moins dans la démonstration que dans l’expérience partagée. Et cela fonctionne. Car ce n’est pas seulement une tragédie individuelle : c’est un théâtre du collectif, du politique, du commun. Une tragédie pour aujourd’hui Lacascade ne met pas en scène une tragédie solitaire, mais une tragédie collective, où le Chœur, puissamment incarné, devient le double du public. C’est peut-être là le geste le plus politique du spectacle : réactiver un théâtre du commun, où la parole du roi est mise en débat, où une jeune génération (incarnée par les deux comédiens du Chœur) interpelle les anciennes. Une parole qui n’assène pas une vérité, mais pose des questions – et nous invite à y répondre. Œdipe roi devient alors un miroir tragique : celui d’un monde qui chute faute d’avoir su entendre ses propres signaux d’alerte . Une tragédie née du refus d’écouter – les anciens, les dieux, la terre, le peuple. Un spectacle sobre, tendu, parfois inégal, mais intensément habité. Une tragédie antique qui parle à l’oreille d’aujourd’hui. Avis de Foud’art 🅵🅵 ŒDIPE ROI De Sophocle D’après la traduction de Bernard Chartreux Adaptation et Mise en scène Éric Lacascade Avec Alexandre Alberts, Jérôme Bidaux, Jade Crespy, Alain d’Haeyer, Otomo de Manuel, Christophe Grégoire, Christelle Legroux, Karelle Prugnaud Et deux enfants en alternance Ilona Astoul, Ambre Baudry d’Asson, Manon Galliot Verrier, Mayya Goren, Lou Nivet-Liakh, Joséphine Prost Latifah Schmutz Scénographie Emmanuel Clolus • Lumières Stéphane Babi Aubert • Costumes Sandrine Rozier • Son Marc Bretonnière Crédit photo © Frédéric Iovino LA SCALA PARIS Du 3 au 27 avril du mardi au samedi à 21h dimanche à 17h • Durée 1h30

  • Ça sent l’eucalyptus

    Ou comment un arbre peut vous tomber dessus… et changer votre vie. Une femme. Un arbre. Un choc. C’est absurde ? Oui. C’est vrai ? Aussi. Dans Ça sent l’eucalyptus , Marjolaine Pottlitzer raconte comment sa vie a basculé le jour où un eucalyptus lui est tombé dessus. Littéralement. Ce qui aurait pu rester un simple fait divers devient ici un seul-en-scène d’une force rare — drôle, brutal, profondément humain. Handicap invisible, humour très visible Saviez-vous que 80 % des handicaps ne se voient pas ? Celui de Marjolaine en fait partie. Dans un récit à la fois intime et universel, elle mêle humour noir, tendresse et autodérision pour raconter sa reconstruction , physique et mentale. Elle parle des galères médicales comme d’une série Netflix, de la perte de soi comme d’un stand-up existentiel, et des préjugés comme d’autant de clous à dévisser à coups de vannes bien senties. Une chute spectaculaire, une résilience scénique Sur scène, Marjolaine est bouleversante d’énergie. Elle incarne ses souvenirs, ses douleurs, ses petites victoires — jusqu’à son diplôme d’handicapée (pardon, sa carte officielle), qui lui ouvre bien plus de situations absurdes que de portes. Sa plume, coécrite avec François Szabowski, est acérée, pleine de surprises. La mise en scène d’Éric Desport, sobre et efficace, laisse l’émotion affleurer sans pathos. Résultat : on rit. On pleure. Parfois en même temps. Et surtout, on pense. Un spectacle nécessaire, une claque salutaire Ce seul-en-scène ne cherche pas à faire pleurer dans les chaumières. Il fait rire là où ça fait mal . Il montre sans démontrer. Il dit l’invisible, le quotidien, l’intime, avec une générosité rare. Une performance de résilience joyeuse et rageuse, qui vient nous secouer avec tact et talent. À voir absolument. Pas pour pleurer sur un sort. Mais pour comprendre ce que veut dire vivre avec, malgré, au-delà . Et pour rencontrer une héroïne improbable… devenue bûcheronne malgré elle. Avis de Foud’art 🅵🅵🅵 ⸻ Ça sent l’eucalyptus De Marjolaine Pottlitzer & François Szabowski Mise en scène Éric Desport Avec Marjolaine Pottlitzer Création lumières Luc Khiari Durée 1h12 Au Funambule Montmartre jusqu’au 28 mai (mercredis à 19h ou 21h) Avant son envol pour le Festival d’Avignon – Théâtre Pierre de Lune (Quartier Luna)

  • Le Mystère Ophélia : dans les eaux troubles d’un chef-d’œuvre

    Et si la plus célèbre noyée de l’histoire de l’art n’était pas qu’un personnage de fiction ? Derrière Ophelia de Millais, tableau culte du romantisme britannique, il y a un visage, un corps, une vie. Celle de Lizzie Siddal , muse sublime, artiste effacée, femme oubliée. Avec Le Mystère Ophélia , Céline Devalan lui redonne voix, chair et rage dans un spectacle aussi envoûtant que troublant. Une enquête au cœur du mythe La pièce s’ouvre comme une confession : celle d’une metteuse en scène tombée amoureuse d’un tableau. Puis, très vite, on glisse dans les coulisses du Londres préraphaélite, où Lizzie Siddal, modeste chapelière, devient muse de Rossetti, puis modèle d’Ophélie. À la frontière entre fiction et réalité, le spectacle explore les échos sinistres entre le destin de la muse et celui de l’héroïne shakespearienne. L’une s’est noyée sur scène, l’autre dans la vraie vie. Un théâtre-caméra obscura C’est toute la force de cette création : mêler théâtre, peinture, projections vidéo, poésie et fragments filmés pour construire un dialogue entre les images et les corps , entre l’art et ce qu’il détruit. Sur scène, deux espaces : à l’avant, l’atelier du peintre ; à l’arrière, la déchéance de Lizzie. Entre les deux, un rideau de fils où s’impriment les toiles, les souvenirs, les fantômes. Céline Devalan est Lizzie Siddal : fragile, intense, solaire. Romain Arnaud-Kneisky campe un Rossetti passionné et destructeur. Le duo est magnétique, et leur histoire, aussi toxique que romanesque. Récit d’une effacée Ce que ce spectacle révèle, au fond, c’est un piège. Celui dans lequel tombent tant de femmes artistes : être admirées sans jamais être entendues . Lizzie était peintre, poétesse, pionnière. On l’a figée en muse. On l’a enterrée avec les poèmes qu’elle avait écrits. On l’a exhumée pour mieux les publier. Le Mystère Ophélia rend justice à cette figure trop longtemps ensevelie sous la beauté de son propre portrait. Pourquoi il faut y aller Parce que c’est rare de voir une pièce aussi tendre, intelligente et sensorielle. Parce qu’on y découvre une figure fascinante. Parce que ça parle d’amour, de domination, d’images, de corps, de silences. Et surtout, parce qu’on en ressort avec la sensation étrange et précieuse qu’un tableau peut changer une vie… ou la briser. Avis de Foud’art 🅵🅵🅵 Le Mystère Ophélia Texte et mise en scène Céline Devalan Avec Céline Devalan et Romain Arnaud-Kneisky Lumières/vidéos Antoine Le Gallo crédit photo Céline Sereyn Vu lors de l’Avant-première au Théâtre du Lucernaire Festival Off d’Avignon Théâtre des Corps Saints Du 5 au 26 juillet à 10h • Relâche le mardi • Durée 1h15

  • Sinistre et Festive : un cabaret queer, entre sublime et foutoir

    Madonna croise Barbara, Siouxsie and the Banshees répond à Francis Poulenc, et au milieu : deux créatures étranges, magnifiques, cabossées. Bienvenue dans Sinistre et Festive , l’ovni scénique signé Jonathan Capdevielle, Jean-Luc Verna et Julien Bienaimé. Ni cabaret, ni concert, ni performance — ou peut-être tout ça à la fois — ce spectacle déroutant transforme le Théâtre de l’Atelier en laboratoire du sensible, du trash et de l’émotion. Festive , c’est Capdevielle, voix légère et regard moqueur, amoureux de pop et de chaos. Sinistre , c’est Verna, icône underground à la voix caverneuse, qui ressuscite les fantômes de Barbara ou Léo Ferré avec une mélancolie punk. À leurs côtés, Julien Bienaimé tisse au piano des passerelles improbables entre la variété, le classique, le jazz et la chanson française. Ce qui se joue sur scène n’est pas un simple tour de chant, mais une réappropriation intime de morceaux choisis , des chansons aimées, portées, fissurées. Le résultat ? Un foutoir assumé, entre poésie fragile, humour noir et énergie queer. Un cabaret où les paillettes ne masquent pas les fêlures, elles les révèlent. Capdevielle et Verna partagent un goût pour le travestissement, l’ambivalence, la dissociation entre le corps et la voix. Leurs personnages, issus de parcours artistiques radicalement différents, vibrent d’une blessure commune qu’ils transforment en art. On rit, on est parfois mal à l’aise, puis soudain touché sans prévenir. Sinistre et Festive , c’est l’art de l’imperfection élevée au rang de manifeste. Un spectacle inclassable, punk dans l’âme, queer jusqu’au bout des ongles, et terriblement vivant. Avis de Foud’art 🅵🅵🅵 SINISTRE & FESTIVE Conception Jonathan Capdevielle, Jean-Luc Verna Avec Jonathan Capdevielle, Jean-Luc Verna, Julien Bienaimé & guests Photographie © Renaud de Foville © Arthur Pequin THÉÂTRE DE L’ATELIER Du 5 avril au 8 juin • Le samedi à 23h. Samedi 5 avril à 21h. Le dimanche à 19h • Durée 1h15

  • Contexte : un spectacle qui flingue le racisme, la bêtise et les algorithmes

    Avec ce stand-up aussi drôle que lucide, Akim Omiri démonte tout — avec style, intelligence, et une bonne dose de vannes. ⸻ Un humoriste qui pense (et qui fait penser) On pourrait vous dire qu’on a ri du début à la fin, qu’on est sortis du théâtre avec le sourire aux lèvres. C’est vrai. Mais cela ne suffirait pas à résumer Contexte , le deuxième spectacle d’Akim Omiri, tant il se distingue du tout-venant du stand-up actuel. Pendant un peu plus d’une heure, Akim enchaîne les punchlines — mais pas les clichés. Son humour est taillé dans une matière brute : l’actualité, la politique, la mémoire collective, l’école, les réseaux sociaux. À travers ses sketchs, il démonte nos automatismes de pensée avec une précision redoutable. “Faire rire, c’est donner des armes pour moins se faire manipuler”, explique-t-il. “Si les gens m’accordent une heure de leur vie, je veux qu’ils passent un bon moment et qu’ils ressortent un peu moins cons.” ⸻ Marignan, les milliardaires et la Cancel Culture : tout le monde y passe Prenez ce moment hilarant (et brillant) où il parle de la bataille de Marignan. On connaît tous la date — 1515 — mais qui sait ce qu’il s’est vraiment passé ? Ce sketch cristallise son regard sur l’école : une institution qui nous apprend des faits sans nous transmettre de sens. “On passe 8 heures par jour à l’école pendant 15 ans, et on ressort sans avoir appris des trucs utiles pour la vie. C’est absurde.” Dans un autre passage marquant, il démonte les logiques absurdes d’EDF qui revend l’électricité sur le marché européen avant de la racheter plus cher — une blague improbable sur la politique énergétique… qui fait mouche. Et bien sûr, il s’attaque aux milliardaires qui contrôlent les médias, aux algorithmes qui nous enferment dans nos bulles, et à cette Cancel Culture qu’il ne diabolise pas, mais qu’il interroge avec finesse. “Parfois, il n’y a pas besoin de contexte pour comprendre qu’il y a un problème”, dit-il en ouverture du spectacle. “Quand une femme porte plainte pour viol et qu’un mec demande comment elle était habillée, c’est déjà un souci.” ⸻ Un stand-up qui vient de loin Si Contexte touche autant, c’est aussi parce qu’il est nourri par un vécu. À 14 ans, Akim Omiri est atteint d’un cancer du poumon. Il passe un an à l’hôpital, sans Internet, mais avec Canal+ et les sketchs de Jamel, Gad ou Coluche en bande-son. C’est là que naît la promesse de monter sur scène. “J’ai compris très tôt que j’avais une seule vie, et que je ne voulais pas la passer à me faire chier.” Ce passage à l’hôpital résonne fortement dans un sketch bouleversant sur notre système de santé. Il y raconte une ponction lombaire subie… dans un couloir, faute de lits. “La vraie grandeur de la France, c’est pas Napoléon, c’est la carte Vitale.” ⸻ Un spectacle drôle, engagé, accessible Malgré la gravité de certains sujets, Contexte reste drôle de bout en bout. Parce qu’Akim Omiri ne donne pas de leçons, il partage des histoires, des constats, des doutes. “Je parle comme je parlerais à des potes. Je veux que même quelqu’un qui ne suit pas la politique passe un bon moment.” Et ça fonctionne. Une spectatrice lui a confié être venue avec son frère, électeur RN. Il a ri, il a écouté, il est reparti en ayant changé d’avis sur certaines idées. C’est peut-être ça, le pouvoir d’un bon spectacle : faire passer des idées en douce, par le rire. “Tout est politique. Même le fait de ne pas en parler.” ⸻ Un humoriste qu’aucun algorithme n’avait prévu Akim Omiri ne rentre dans aucune case. Ni youtubeur recyclé, ni humoriste militant caricatural. Il observe, il décrypte, il balance. Il fait du stand-up un outil d’émancipation. Et s’il lui arrive de traîner sur X (ex-Twitter), c’est moins pour buzzer que pour comprendre les arguments de ceux avec qui il est en désaccord — et mieux les démonter sur scène. “Celui qui gagne un débat sur Internet, c’est pas celui qui a raison. C’est celui qui a le plus de temps.” Avec Contexte , Omiri prouve que l’humour peut être une arme politique douce — mais redoutablement efficace. Avis de Foud’art 🅵🅵🅵 ⸻ Akim Omiri – Contexte Texte Akim Omiri et Kaza Mise en scène Kaza Au Théâtre Le Métropole (Paris) Tous les jeudis à 19h, vendredis et samedis à 21h • jusqu’au 31 mai 2025 • Durée 1h • En tournée dans toute la France

  • Mérou, de Lou Trotignon : une claque d’humour trans, tendre et nécessaire

    Le mérou. Ce poisson moche et bourru, l’œil à moitié absent, la bouche en mode lendemain de cuite, qui flotte au fond de l’eau avec l’air de quelqu’un qu’on n’a pas prévenu pour la réunion. Un animal quasi immobile, et pourtant capable de changer de sexe au cours de sa vie. Il fallait oser en faire le fil rouge d’un spectacle sur la transidentité. Il fallait surtout s’appeler Lou Trotignon pour transformer ce mollasson aquatique en métaphore de la mue, du doute, et du courage d’être soi. Le mérou change de genre. Lou aussi. Et c’est là que commence le miracle Mérou , c’est tout sauf un énième stand-up. C’est une traversée. Un récit intime, politique, absurde, sensible. Une plongée dans un corps en mutation et un monde en tension. Lou y raconte sa transition avec précision, tendresse, et cette touche de dinguerie qui fait mouche, nous embarquant là où on ne s’attendait pas à aller — sous la surface, là où ça flotte, ça doute, et surtout, ça vit. Sur scène, Lou débarque avec un flow mi-dandy, mi-doudou. 26 ans, silhouette androgyne, regard pétillant, et une langue bien affûtée. Il nous livre son histoire avec une honnêteté rare : son enfance, la testostérone, les galères, le strip-tease, les prises de conscience queer, les premières opérations… et Leroy Merlin (vous comprendrez). Rien n’est tabou, mais tout est dit avec une délicatesse hilarante. Et le plus beau, c’est qu’on en ressort le cœur gonflé, le rire en bandoulière, la tête pleine de questions qui font du bien. Mérou, c’est le récit d’une mue Une vraie. Pas celle des contes de fées, mais celle qu’on vit avec les tripes, le doute, et beaucoup (beaucoup) de vannes. Il y a chez Lou Trotignon une science rare de l’autodérision douce. Son humour, ce n’est pas du stand-up qui tape fort pour faire rire à tout prix. C’est du tissage. Ça chuchote à l’oreille des spectateur·rice·s. Ça déroule une pelote de vécu, de faille, de joie bancale et de colère bien placée. Et ça prend tout le monde par la main — queer ou pas, cis ou pas, concerné·e ou simplement curieux·se. Tout est maîtrisé : le rythme, les silences, les virages inattendus. Lou n’a pas trente ans, mais déjà une puissance d’écriture et une précision de jeu qui forcent le respect. Et ce regard — mi-rieur, mi-las — dit tout ce qu’il reste à dire : oui, le monde est lourd, mais on va s’en sortir. Ensemble. Et en riant, si possible. Mérou, c’est un spectacle politique sans leçon Une ode à l’inconfort fertile. À la possibilité d’être flou dans un monde obsédé par les étiquettes. C’est une caresse aux méroux de nos vies : ceux qui flottent à côté de la plaque, en se demandant si c’est eux ou le décor qui bugue. On ressort avec les joues fatiguées de rire, le cœur un peu retourné, et une évidence : le stand-up queer a trouvé une voix essentielle. Elle ressemble à un mérou… qui aurait trouvé les mots. Lou Trotignon ne joue pas juste un spectacle. Il ouvre un espace. Et ça, c’est rare. Avis de Foud’art 🅵🅵🅵 LOU TROTIGNON : MÉROU Mise en scène Amiel MAUCADE Avec LOU TROTIGNON THÉÂTRE SAINT GEORGES Jusqu’au 28 avril 2025 • Tous les lundis à 20h • Durée 1H15 • Et en tournée dans toute la FRANCE, en SUISSE et en BELGIQUE

  • Même si le monde meurt : quand la fin devient un commencement

    Et si la fin du monde était annoncée ? Vraiment. Scientifiquement. Inéluctablement. C’est le point de départ vertigineux de Même si le monde meurt , spectacle mis en scène par Laëtitia Guédon , sur un texte original commandé à Laurent Gaudé , pour les jeunes interprètes de l’ AtelierCité du ThéâtredelaCité à Toulouse. Une fable dystopique, sensorielle, puissamment symbolique, qui interroge notre humanité quand tout semble perdu. 17 août, 17h58. C’est la fin Les scientifiques sont formels : la planète va s’éteindre. L’humanité n’a plus que quelques heures à vivre. Alors : on fait quoi ? On panique ? On tue ? On aime une dernière fois ? On enfante coûte que coûte, pour transmettre quelque chose, même fugace ? Chacun réagit comme il peut. Et c’est exactement ce que raconte Même si le monde meurt . Sur scène, huit personnages – anonymes, archétypaux, presque mythiques – vacillent face à l’annonce. Certains se laissent consumer par leurs pulsions, d’autres tentent de créer, d’aimer, de donner un sens à ce qu’il reste. Ce n’est pas un spectacle sur la catastrophe, mais sur l’humain face à la fin , sur ce qu’on choisit quand plus rien n’est sûr. Une mise en scène hypnotique, entre mythe et apocalypse Même si le monde meurt , c’est un théâtre de la tension, du souffle suspendu, du compte à rebours invisible mais présent dans chaque mot, chaque geste. Laëtitia Guédon orchestre cette traversée avec une mise en scène millimétrée, presque rituelle, où le corps, la lumière, le son et la vidéo dialoguent en permanence. Sur scène : des îlots métalliques, des copeaux de bois, des bols d’eau ou de feu, et surtout un grand cercle lumineux en fond, qui pulse comme un œil, une planète, une matrice. Il est là, tout le temps. Il regarde. Il respire. La scénographie (signée Amélie Vignals), soutenue par les lumières de Philippe Ferreira, le son de Joan Cambon et les vidéos oniriques de Benoît Lahoz, crée un espace à part, un monde parallèle où le temps est distordu, où la parole devient incantation. Des figures, des voix, des vies qui brûlent Les personnages ne portent pas de nom. Ils sont “le pressé de vivre”, “la femme enceinte”, “le médecin”, “l’homme quitté”… Des figures plus que des identités. Ils ne se parlent presque jamais. Chacun, chacune évolue dans sa bulle, sur son estrade, face à son propre vertige. Parfois, leurs voix se croisent. Parfois, leurs regards. Mais c’est rare. Et c’est aussi ce qui rend leur solitude si tangible. Et pourtant, ils forment un chœur, à la manière d’une tragédie antique. Un chœur éclaté, contemporain, désynchronisé, mais habité par le même battement : celui de l’urgence. Celui de la fin. Ils sont portés par huit jeunes comédien·nes de l’AtelierCité (Matthieu Carle, Marine Déchelette, Mathieu Fernandez, Élise Friha, Marine Guez, Alice Jalleau, Thomas Ribière, Julien Salignon), qui donnent tout. Des corps tendus, des voix fragiles ou puissantes, une implication totale. Un spectacle qui ne donne pas de réponse, mais ouvre des brèches Ce n’est pas une pièce facile. Ce n’est pas une pièce confortable non plus. Le texte de Laurent Gaudé est dense, parfois chargé, souvent poétique. Il y a des moments sublimes. D’autres qui s’égarent. Mais on sent toujours la nécessité d’écrire. De dire. D’incarner. La fin du monde annoncée… n’aura finalement pas lieu. Et c’est là que le spectacle bascule. Alors, comment vivre après ? Après avoir dit adieu, pleuré, crié, hurlé d’amour ou de rage… peut-on vraiment reprendre comme si de rien n’était ? La question reste en suspens. Comme tout le reste. En sortant, le silence Ce qui frappe, ce n’est pas seulement ce qu’on voit ou ce qu’on entend, c’est ce qu’on ressent. La lenteur. Les gestes ritualisés. Le souffle coupé. Le silence. Et cette phrase, à la toute fin, prononcée par le pressé de vivre : « Le silence est là. Les étoiles savent que nous ne sommes rien. Et elles sourient pour faire briller l’obscurité. » Alors, même si le monde meurt… peut-être reste-t-il encore quelque chose à sauver. Même si le monde meurt ne cherche pas à tout expliquer. Il ne rassure pas. Il ne moralise pas. Il observe. Il propose. Il nous laisse seuls avec ce vertige : et si c’était vraiment la fin ? Et si, au contraire, c’était un début ? Oui, il y a des longueurs. Oui, parfois le symbolisme prend un peu trop de place. Oui, on aimerait plus d’interactions, plus de liens entre ces solitudes flottantes. Mais ce qu’on gagne en retour, c’est une expérience scénique rare . Un théâtre qui n’a pas peur d’être lent, ni étrange, ni fragile. Un théâtre qui célèbre la vie au bord du gouffre . Alors non, Même si le monde meurt n’est pas un spectacle parfait. Mais c’est un spectacle vivant, vibrant, sincère , qui ose se poser une question vertigineuse : Qu’est-ce qu’on fait, ici, maintenant, ensemble ? Avis de Foud’art 🅵🅵🅵 Un spectacle comme une veillée. Inégal, mais beau. À voir, surtout si vous aimez quand le théâtre vous laisse avec des questions. MÊME SI LE MONDE MEURT Texte Laurent Gaudé Conception et mise en scène Laëtitia Guédon Avec Matthieu Carle, Marine Déchelette, Mathieu Fernandez, Élise Friha, Marine Guez, Alice Jalleau, Ribière, Julien Salignon Scénographie Amélie Vignals Lumières Philippe Ferreira Musique, son Joan Cambon Vidéo Benoît Lahoz Photo ©Christophe Raynaud de Lage Théâtre de la Tempête Du 6 mars au 6 avril 2025 • Du mardi au samedi 20h. Dimanche 16h • Durée 1h10

  • Peer Gynt au Théâtre du Châtelet : un tourbillon théâtral et musical inoubliable

    Un chef-d’œuvre enfin restitué dans toute sa splendeur Rarement Peer Gynt a été monté avec une telle ampleur. Olivier Py réussit un tour de force : réunir enfin le texte brûlant d’Henrik Ibsen et la musique envoûtante d’Edvard Grieg dans un spectacle total qui oscille entre opéra, théâtre et ballet. Un pari fou ? Oui. Une réussite ? Absolument. chaque discipline nourrit l’autre. Et le résultat touche au génie. Le Théâtre du Châtelet s’est donné les moyens de cette ambition : un orchestre de chambre dirigé par l’élégante et rigoureuse Anu Tali , une troupe de comédiens et chanteurs parfaitement harmonieuse, et une mise en scène qui navigue entre le réalisme poétique et l’onirisme le plus débridé. Loin d’une simple relecture, cette “tradaptation” d’Olivier Py – à mi-chemin entre traduction et adaptation – cherche à restituer Peer Gynt dans son entièreté, à la fois comme une fresque épique et une plongée intime dans la psyché humaine. Un Peer Gynt démesuré, porté par un acteur incandescent Bertrand de Roffignac est Peer Gynt. Il ne l’interprète pas, il l’incarne, il l’habite, il le consume. Tour à tour menteur flamboyant, poète halluciné, écorché vif, il explose sur scène, captant toute la lumière. Il est lâche, il est génial, il est abject, il est fascinant. Peu d’acteurs français auraient pu porter ce rôle avec une telle intensité. Il faut le voir bondir d’une illusion à l’autre, trahir, fuir, séduire, pleurer. Il faut le voir affronter ses démons dans la scène hallucinée de la clinique psychiatrique. Il faut le voir, enfin, vieilli et brisé, se demander si toute son existence n’a pas été une immense fuite en avant. C’est une performance magistrale. Une mise en scène entre rêve et cauchemar Olivier Py, en esthète du grandiose, fait de Peer Gynt une fresque théâtrale d’une puissance rare , d’une beauté brute, entre le conte initiatique et la folie hallucinée. Chaque tableau est une explosion visuelle, un choc d’images et d’idées. Les palais orientaux, les antres des trolls : tout semble sorti d’un rêve fiévreux. Certains tableaux sont de pures merveilles : • La scène des trolls, déjantée et inquiétante • La chevauchée de Peer, entre grotesque et sublime • Le final, où l’homme, face à lui-même, comprend enfin l’illusion de sa vie Tout n’est pas parfait. Le dernier acte s’étire un peu en longueur. Mais chaque scène déborde d’inventivité, chaque image frappe la rétine. Olivier Py pousse le texte d’Ibsen à son paroxysme et nous laisse face à cette question vertigineuse : peut-on vraiment vivre comme on le veut, sans conséquence ? Une musique qui transcende la scène La partition de Grieg, souvent réduite à quelques extraits célèbres, retrouve ici toute sa grandeur. Anu Tali dirige l’Orchestre de chambre de Paris avec une élégance et une précision remarquables. On redécouvre cette musique, tantôt majestueuse, tantôt mélancolique, qui amplifie les états d’âme de Peer, souligne ses errances, ses espoirs et ses désillusions. Mention spéciale aux moments où musique et théâtre fusionnent totalement, notamment la scène du chœur des trolls et la sublime et bouleversante chanson de Solveig. Ici, le théâtre musical atteint une pureté rare. Un spectacle total, une claque théâtrale Il fallait la folie d’Olivier Py pour redonner à Peer Gynt sa grandeur originelle. Il fallait l’énergie incandescente de Bertrand de Roffignac pour faire vibrer ce personnage insaisissable. Il fallait la grâce d’Anu Tali pour rendre à Grieg toute sa splendeur. Ce Peer Gynt est un tourbillon, un vertige, une claque. Un spectacle total, où théâtre, musique et art visuel s’entrelacent dans un vertige magnifique. Avis de Foud’art 🅵🅵🅵🅵 PEER GYNT De HENRIK IBSEN Musique EDVARD GRIEG Texte français et mise en scène OLIVIER PY Direction musicale ANU TALI Avec  Bertrand de Roffignac, Céline Chéenne, Raquel Camarinha, Clémentine Bourgoin, Lucie Peyramaure, Emilien Diard-Detoeuf, Damien Bigourdan, Pierre Lebon, Marc Labonnette, Sevag Tachdjian, Justine Lebas, Pierre-Antoine Brunet ORCHESTRE DE CHAMBRE DE PARIS Décors, costumes PIERRE-ANDRÉ WEITZ Lumières BERTRAND KILLY Chorégraphie et assistanat à la mise en scène IVO BAUCHIERO © Photos Thomas Amouroux - Illustrations Olivier Py THÉÂTRE DU CHÂTELET Du 7 au 16 mars 2025 • Mar. au sam. à 19h, dim. à 15h • Durée totale environ 3 h 40 dont un entracte

  • « Le Poids des fourmis » : Une révolte en éclats de rire

    Un coup de pied dans la fourmilière Et si la meilleure façon de parler du chaos du monde était d’en rire ? Avec Le Poids des fourmis , David Paquet frappe fort. Sa satire politique déjantée, portée par la mise en scène explosive de Philippe Cyr, secoue nos certitudes et nous plonge dans un univers où l’absurde et le réel s’entrechoquent violemment. Deux ados, Jeanne et Olivier, se retrouvent catapultés dans une élection scolaire totalement bidon. Leur mission ? Faire semblant de croire que ça sert à quelque chose. Mais très vite, ce qui devait être un simulacre de démocratie se transforme en combat acharné contre l’inertie générale. Entre sabotage, prises de parole enflammées et questionnements existentiels, ils tentent de prouver qu’il est encore possible d’agir, de ne pas sombrer dans la résignation. Sur fond de crises climatiques, de désillusions politiques et d’une société en pleine décomposition, Le Poids des fourmis pose une question cruciale : comment résister quand tout semble foutu ? Un spectacle électrisant, entre cynisme et espoir Dès les premières minutes, on est embarqué dans un tourbillon de situations absurdes et de dialogues percutants. Le décor ? Un terrain de jeu loufoque, truffé d’éléments kitsch (palmier en plastique, chemises hawaïennes flashy) qui rappellent à quel point l’illusion et le déni sont devenus la norme. Dans ce cadre, la mise en scène de Philippe Cyr fonctionne à merveille : tout est exagéré, déformé, jusqu’à frôler le grotesque. Le moment le plus frappant ? Olivier, en pleine crise d’écoanxiété, reçoit une Terre morte en cadeau d’anniversaire. Les adultes autour de lui lui chantent en chœur : « Bonne chance » . Ce simple mot résume tout. Une génération entière héritant d’un monde en ruine et à qui l’on ne propose rien d’autre que de se débrouiller avec. Et pourtant, loin d’être un constat désespéré, Le Poids des fourmis insuffle un vent de révolte. Jeanne et Olivier, au départ isolés, découvrent que la résistance n’est pas un combat solitaire. Que l’entraide peut être une arme redoutable. Que l’indignation est contagieuse. Et que même les adultes, campés avec brio par Nathalie Claude et Gaétan Nadeau, ne sont peut-être pas aussi irrécupérables qu’ils en ont l’air. Un théâtre coup de poing venu du Québec Avec son écriture tranchante, mêlant humour corrosif et profondeur émotionnelle, David Paquet s’inscrit dans la lignée des grands auteurs québécois. Le Poids des fourmis est une claque théâtrale, une comédie acide qui nous pousse à réfléchir sans jamais nous assommer de leçons morales. On en ressort secoué, inspiré, avec une furieuse envie de refuser l’inertie. Parce qu’au fond, ce n’est pas tant le poids du monde qui compte, mais ce qu’on décide d’en faire. Avis de Foud’art 🅵🅵🅵 Le poids des fourmis Texte David Paquet Mise en scène Philippe Cyr Avec  Nathalie Claude , Gaétan Nadeau , Élisabeth Smith , Gabriel Szabo ou Alex Desmarais Scénographie Odile Gamache Costumes Étienne René-Contant Lumières Cédric Delorme-Bouchard Conception sonore Christophe Lamarche-Ledoux Crédit photo © Yanick MacDonald Théâtre Paris-Villette Du 7 au 15 mars 2025 à 19h sauf : dimanche 9 à 15h30, mardi 11 et mercredi 12 à 20h • Tout public, dès 13 ans • Durée 1h15 Tournée 2025 18 et 19 mars 2025 Dieppe - SCÈNE NATIONALE 27 et 28 mars 2025 Foix - L’ESTIVE SCÈNE NATIONALE 2 et 3 avril 2025 Avignon - OPÉRA via le TOTEM 10, 11 et 12 avril 2025 Genève – AM STRAM GRAM - Festival VIVA 24 avril 2025 Langres - THÉÂTRE 29 avril 2025 Lille - LE GRAND BLEU – Festival YOUTH IS GREAT

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