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Adel Fugazi - L’absurde qui fait du bien, le rire en apesanteur


Avis FOUD’ART 🅵🅵🅵


Dans un monde bruyant, Adel Fugazi murmure. Pas de message, pas de manifeste : juste du rire. Avec Le temps d’une pause, il invente un espace singulier où l’absurde devient une respiration, et où le quotidien, doucement décalé, nous embarque loin du brouhaha ambiant. Et ça fait un bien fou.



Une entrée en décalage


Il arrive comme à contretemps.

Là où tout s’accélère, où tout se dit, Adel Fugazi ralentit. Il étire les silences, installe un flottement, et nous entraîne dans une suspension inattendue.


Sur scène, pas de manifeste ni de grande démonstration : simplement un corps, une voix singulière, et un art subtil de faire dérailler le réel.


Révélé à Montreux, passé par le Jamel Comedy Club, lauréat du Festival d’Humour de Paris et finaliste de Comedy Class, il pourrait suivre une trajectoire attendue. Pourtant, il bifurque.


Là où beaucoup cherchent à dire le monde, lui choisit de le contourner - et dans ce pas de côté, il trouve sa matière.



Une mécanique du trouble


D’abord, il y a cette voix.

Une diction étrange, presque désaccordée. Un flow légèrement en dehors, presque susurré, comme s’il parlait depuis un autre rythme que le nôtre.


Il ne cherche pas à séduire immédiatement.

Il installe autre chose : un décalage, une zone d’incertitude.


On hésite.

On observe.


Et puis, presque sans prévenir, le rire surgit.

Franc. Inattendu. Presque involontaire.



L’art du minuscule


Adel Fugazi ne raconte pas de grandes histoires.

Il s’attarde sur presque rien.


Une manière de manger.

Une tache sur un vêtement.

Un souvenir d’enfance.

Un pipi au lit qui s’éternise.


Des fragments minuscules, parfois gênants, qu’il étire, répète, déforme, jusqu’à en faire surgir le comique.


Car derrière cette apparente simplicité se cache une écriture précise, millimétrée, presque musicale. Une mécanique discrète mais redoutablement efficace.


À force de répétitions et de décalages, il construit un humour singulier, qui évoque par moments les humoristes d’antan - ceux qui travaillaient le corps, le rythme, la situation, bien plus que le discours.



Une bulle à contre-courant


Il n’essaie pas de révolutionner le stand-up.

Et surtout, il n’en a pas besoin.


Son spectacle n’est ni politique, ni engagé au sens contemporain du terme. Il ne dénonce pas, ne revendique pas.


Dans un paysage où l’humour semble souvent sommé de dire quelque chose du monde, ce choix peut surprendre.


Mais c’est précisément là que Le temps d’une pause trouve sa nécessité.


Dans cette capacité à créer une bulle d’oxygène, un espace de fantaisie pure, presque enfantine, où l’on accepte de lâcher prise - pleinement.



Une présence qui rapproche


Sur scène, il joue avec le public sans jamais forcer l’interaction.

Tout passe par la présence.


Un regard.

Un silence.

Un léger décalage.


Son personnage - car c’est bien un personnage - existe dans cette fragilité-là : un être un peu à côté, maladroit, mais profondément attachant.


Et progressivement, quelque chose bascule.


On entre dans son univers.

On en accepte les règles.

Et le rire s’installe, durablement.



Les limites d’un parti pris


Bien sûr, tout n’est pas parfaitement tenu.


La répétition, moteur de son écriture, frôle parfois la redite.

Certains passages semblent s’étirer davantage qu’ils ne se renouvellent.


Et l’absence de véritable progression dramaturgique peut laisser une impression de flottement.


Mais ce flottement fait aussi partie du geste.


Alors la question reste ouverte :

faut-il y voir une limite… ou une liberté assumée ?



Une question en creux


Car au fond, c’est peut-être là que le spectacle touche juste :


👉 Peut-on encore faire rire sans parler du monde ?


Adel Fugazi ne répond pas frontalement.

Il propose autre chose.


Un détour.

Un espace à part.


Et c’est peut-être suffisant.



Une suspension rare


Le temps d’une pause ne cherche ni à marquer, ni à bouleverser.

Il cherche à suspendre.


À ralentir.

À alléger.


Et dans cette suspension, il y a quelque chose de précieux :


Un rire sans tension.

Sans injonction.

Sans gravité.


Un rire gratuit.


Et aujourd’hui, c’est presque subversif.



Infos pratiques


ADEL FUGAZI - Le temps d’une pause

De et avec : Adel Fugazi


Comédie de Paris

Actuellement • Les mardis et mercredis à 21h • Durée : 1h10


🎟 En tournée également




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