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Maîtres anciens

Une sobriété implacable

Un homme seul est assis sur un banquette devant un mur de la salle du Musée d’art anciens de Vienne. Derrière lui, on entend au loin la répétition d’un quatuor à cordes et une voix off enregistrée parle de lui.


Depuis plus de trente-six ans, Reger, musicologue de renom, fréquente ce musée très régulièrement. Un matin sur deux, il s’assied sur la banquette pour contempler L’Homme à la barbe blanche du Tintoret. La température de dix-huit degrés qui règne dans la salle est celle, idéale, qui convient à l’esprit de Reger et favorise sa pensée. Il peut alors développer sa réflexion sur tout ce qui l’irrite et le scandalise : l’être humain, l’art, la société, la politique…


Thomas Bernhard est un auteur autrichien, écrivain, chroniqueur judiciaire…mort en 1989 qui a passé sa vie en attaquant en règle sa patrie.

Il y a aujourd’hui plus de nazis à Vienne qu’en 1938. Thomas Bernhard

Ce « détestateur » professionnel a une vision particulièrement acerbe. Il déteste l’admiration bourgeoise et scolaire des hommes illustres « L’admiration rend aveugle, elle rend l’admirateur stupide ». Il déteste le sport « Le sport amuse les masses, leur bouffe l’esprit et les abêtit ». Il combat l’hypocrisie « J’espère que je ne vous dérange pas est l’une des phrases les plus hypocrites qui soient », l’érudition scolaire ou universitaire « Celui qui lit tout n’a rien compris ».


Pour incarner le personnage de Reger, certainement le double de Thomas Bernhard, François Clavier qui doit avoir une sacrée dose de sensibilité et d’humour, réalise une grande prestation tout en nuance et émotion. Il arrive, avec une simplicité et une aisance déconcertante, à