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"Pauvre Bitos" ou l'implacable comédie du pouvoir


Entre Bouffonnerie et Profondeur

Dans "Pauvre Bitos ou le dîner de têtes", Jean Anouilh dévoile une œuvre complexe, aussi captivante qu'énigmatique.


Située dans une petite ville de province des années 1950, l'élite locale se réunit autour d'un dîner thématique, où chacun est invité à jouer le rôle d'une figure de la Révolution française. La désignation d'André Bitos, un magistrat d'origine modeste, pour incarner Robespierre, est significative. Anouilh explore par ce moyen les dynamiques de pouvoir, la précarité de la vertu et l'autoritarisme de la conformité.


Depuis 1967, la pièce n'avait pas été représentée jusqu'à ce que Thierry Harcourt propose une nouvelle mise en scène. En utilisant la Révolution et l'épuration post-Seconde Guerre mondiale comme prismes, Anouilh critique la tendance humaine vers l'autoritarisme, indépendamment de l'époque.


La pièce offre un dialogue fascinant pour les passionnés d'histoire, en mettant en parallèle deux périodes cruciales de l'histoire de France, créant un contexte dense pour le drame. Cependant, "Pauvre Bitos" pourrait sembler difficile d'accès pour ceux moins familiers avec ces époques ou moins disposés à s'immerger dans des œuvres chargées de références historiques et politiques.


La mise en scène d'Harcourt, tout en préservant l'aspect contre-révolutionnaire et conservateur du texte, ne manque pas de souligner l'essence humaniste de l'œuvre.

Les personnages, bien que caricaturaux et interprétés avec excès par des comédiens comme Maxime d’Aboville, révèlent une humanité profonde dans leurs faiblesses, leurs peurs et leurs aspirations à la grandeur.

Les dialogues, marqués par la finesse d'Anouilh, naviguent entre grotesque et caricature. "Pauvre Bitos" se présente comme une comédie sombre, une farce acerbe qui, derrière ses éclats de rire, cache une critique virulente de la société et de ses institutions, rappelant que l'histoire, avec ses héros et ses tyrans, est souvent une distorsion de nos propres contradictions.


La pièce est un jeu de miroirs où les personnages, incarnant des figures de la Révolution, reflètent les tensions et contradictions de l'après-guerre. Cette dualité narrative enrichit l'expérience du spectateur averti, mais peut constituer un obstacle pour ceux cherchant un simple divertissement.


Il est essentiel de noter que, malgré sa complexité apparente et son style parfois alambiqué, "Pauvre Bitos" reste incroyablement pertinent, interrogeant les mécanismes du pouvoir, de la vertu et de la justice. Anouilh invite à une réflexion sur la nature humaine, ses ambitions et ses échecs.


 

Pour ceux disposés à s'engager dans cette exploration, "Pauvre Bitos" promet des récompenses intellectuelles et émotionnelles importantes. Pour les autres, elle peut représenter un défi, une incitation à sortir de leur zone de confort pour explorer la complexité de l'histoire et de la condition humaine. Quoi qu'il en soit, "Pauvre Bitos" reste un témoignage du talent dramatique d'Anouilh, capable d'émouvoir, de provoquer et de faire réfléchir, quel que soit le degré de connaissance du contexte historique. Avis de Foudart 🅵🅵


 

PAUVRE BITOS

LE DÎNER DE TÊTES

Une pièce de Jean Anouilh

Mise en scène Thierry Harcourt

Avec Maxime d’Aboville, Adel Djemai, Francis Lombrail, Adrien Melin, Étienne Ménard, Adina Cartianu, Clara Huet, Sybille Montagne

Décors Jean-Michel Adam • Lumières Laurent Béal• Costumes David Belugou • Musiques Tazio Caputo

Crédit photo @Bernard Richebé


Théâtre Hébertot

Du 9 février 2024 au 5 mai 2024 • Du mercredi au samedi à 19h et matinée le dimanche à 17h30



L'affiche est pour la pièce "Pauvre Bitos" jouée au Théâtre Hébertot à Paris. L'image présente une illustration stylisée d'un homme avec un chapeau haut de forme et des lunettes bleues. Le texte annonce la pièce comme étant de Jean Anouilh, en collaboration avec Nicole Anouilh, et mise en scène par Thierry Harcourt. Le casting inclut Maxime d'Aboville, Adel Djemai, Francis Lombrail, et d'autres. La production est accompagnée de divers partenaires médiatiques comme Paris Première et Le Figaro, et elle débute le 9 février 2024.


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