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1955 résultats trouvés avec une recherche vide

  • “Psychodrame” : Un théâtre entre thérapie et catharsis

    Avec Psychodrame , Lisa Guez signe une œuvre puissante et audacieuse, où théâtre et psychanalyse se rencontrent dans une exploration intime des blessures humaines. Présentée comme une écriture collective de plateau, cette pièce plonge au cœur d’un centre psychiatrique où six psychologues tentent de sauver une pratique thérapeutique en voie de disparition. Le psychodrame, à la fois outil de soin et miroir des inconscients, devient ici un prisme pour interroger nos traumas, nos luttes intérieures et les failles du système hospitalier. Le théâtre comme terrain thérapeutique Dans un espace dépouillé, où seules sept chaises symbolisent le cadre de ces séances, les comédiennes incarnent tour à tour soignantes et patientes. Les rôles se brouillent et se confondent, révélant la porosité entre celles qui soignent et celles qui souffrent. Ce choix dramaturgique souligne avec force l’universalité des blessures et la fragilité de chacun. La mise en scène minimaliste, avec un décor très simple et sans accessoire, s’appuie sur la puissance de la parole et du corps. Les récits s’entrelacent, oscillant entre souvenirs traumatiques, rêves fantasmatiques et confrontations cathartiques. Les règles du psychodrame, fidèlement retranscrites, apportent une structure à ce chaos émotionnel. On voit des patientes rejouer des scènes marquantes de leur vie, échanger leurs rôles, voire incarner des objets ou des monstres issus de leurs cauchemars. Ce processus, où tout est possible, mêle le réel et l’imaginaire pour explorer les profondeurs de l’inconscient féminin. Une réflexion politique et collective Psychodrame ne se limite pas à une évocation thérapeutique : il s’inscrit aussi dans une réflexion plus large sur les conditions de travail dans les centres psychiatriques. À travers les voix des soignantes, la pièce met en lumière la souffrance des professionnels de santé face à l’effondrement des services publics, la réduction des budgets, et le poids émotionnel de leur métier. Ce combat collectif, porté par ces femmes, évoque à la fois une forme de résistance et une quête d’utopie, où l’entraide et la résilience deviennent les derniers remparts contre un système en déclin. L’effritement progressif du décor, qui évolue au fil de la pièce, devient une métaphore poignante de la destruction de ces espaces de soin. Mais cette lente désintégration laisse aussi entrevoir une possibilité de renaissance, rappelant que, même dans l’adversité, la création et la solidarité peuvent émerger. Une esthétique hybride entre poésie et brutalité Le spectacle impressionne par son habileté à mêler des registres opposés : l’humour surgit dans les moments les plus sombres, injectant une légèreté salvatrice à un sujet profondément grave. Cette alternance entre comédie et tragédie reflète les complexités de la psyché humaine. Les dialogues, parfois crus, parfois poétiques, traduisent avec finesse la diversité des expériences féminines et des luttes intérieures. Cependant, ce choix de désamorcer certaines tensions par l’humour pourrait être perçu comme une manière d’éviter d’affronter directement la gravité des troubles psychiatriques. Si cette légèreté permet d’alléger le propos, elle risque aussi de diluer la profondeur du sujet pour certains spectateurs. Un jeu d’actrices remarquable La pièce repose sur une équipe de comédiennes profondément investies, qui passent d’un rôle à l’autre avec une fluidité impressionnante. Ce travail d’interprétation, nourri par des recherches de terrain et des improvisations, confère à chaque personnage une authenticité rare. Les patientes comme les soignantes sont incarnées avec une intensité palpable, rendant leurs trajectoires profondément humaines et universelles. Un théâtre engagé et nécessaire Psychodrame est une œuvre qui bouscule, questionne et émeut. Lisa Guez et son équipe explorent avec brio les frontières entre théâtre et thérapie, entre fiction et réalité, entre soin et souffrance. À travers cette mise en abyme des émotions humaines, la pièce interroge nos tabous sur la maladie mentale et révèle la puissance mystique du théâtre comme lieu de réparation et de transformation. Si certains choix esthétiques ou narratifs, comme l’humour ou l’abstraction, peuvent laisser certains spectateurs à distance, ils n’enlèvent rien à la force de ce spectacle. Psychodrame est une invitation à plonger dans nos ombres pour en sortir grandis. Un théâtre résolument contemporain, engagé et profondément humain. Avis de Foudart  🅵🅵 Psychodrame Conception et mise en scène Lisa Guez Avec Fernanda Barth, Valentine Bellone, Anne Knosp, Valentine Krasnochok, Nelly Latour et Jordane Soudre Création lumières et scénographie Lila Meynard Crédit photo © Jean-Louis Fernandez Théâtre de la Ville – Abbesses Du 3 au 12 décembre 2024 à 20h • Durée du spectacle : 2heures • Âge conseillé : à partir de 15 ans

  • Il n’y a pas de Ajar

    Très active dans la communauté judaïque, Delphine Horvilleur, directrice de la revue de pensées juives Tenou’a et autrice de nombreux livres, écrit pour la première fois pour le théâtre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’y va pas de main morte ! Le premier suicide littéraire sans consentement La voix de Bernard Pivot nous apprend le suicide de Romain Gary , ainsi que celui, simultané, d’Émile Ajar. Il nous apprend aussi que les deux auteurs célèbres étaient une seule et même personne. ABRAHAM AJAR, INITIALES A.A.  L’enfant d’un auteur inventé En soit, c’est déjà une sacrée révélation ! Mais ce n’est pas tout, car, seul sur scène, au fond d’une cave, un « trou juif » comme il l'appelle, un homme, Abraham Ajar se déclare être le fils de l’auteur fictif. « Il n’est pas que juif, pas que musulman ou chrétien, pas que français, pas qu’homme ou femme. Tandis que nous étouffons sous les assignations communautaires, les obsessions identitaires, et tout ce qui nous enferme avec « les nôtres », il m’est soudain apparu qu’un homme détenait une clé pour nous faire penser » . Delphine Horvilleur se sert de ce postulat pour nous interpeler avec acidité et effervescence sur les métamorphoses du monde... et nous fait « rire du dogme, de nos obsessions identitaires et de nos certitudes » . Rendez-vous en terre inconnue... ...dans la tête d’un homme qui n’a jamais existé ou…peut-être qui existe, mais dans toutes nos têtes. Il est impossible d’avoir et de comprendre toutes les références littéraires, théologiques et politiques présentent dans ce spectacle, mais avec une langue belle, irrévérencieuse et acerbe, Delphine Horvilleur transcende nos limites. Avec une créativité folle et Johanna Nizard , une comédienne exceptionnelle, ce spectacle est un des moments les plus forts et les plus intenses, de cette rentrée théâtrale. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 « Un bon traumatisme, ça s’imprime sur plusieurs générations. Ça dégouline sans gène. Mais s’il n’y avait pas eu la Shoah, on n’aurait jamais pu le savoir. On doit tant à l’Allemagne. » IL N’Y A PAS DE AJAR Texte Delphine Horvilleur (publié chez Grasset) Mise en scène Arnaud Aldigé et Johanna Nizard Avec Johanna Nizard Credit © Pauline Le Goff Théâtre de la Concorde du mercredi 11 au samedi 28 décembre 11 > 14 décembre 20h30 17 > 21 décembre 20h30 26 > 28 décembre à 20h30 Les 22 et 24 décembre à 15h Relâche les 15, 16, 23, 25 décembre DURÉE ESTIMÉE 1H15 Spectacle vu au plateaux sauvages TOURNÉE Théâtre François Ponsard, Vienne le 10 janvier Théâtre du Château, Eu le 17 janvier La Comète, Scène nationale de Châlons-en-Champagne le 21 janvier L'Espace des Arts, Scène nationale Chalon-sur-Saône les 23 et 24 janvier Théâtre Molière, Scène nationale archipel de Thau, Sète le 29 janvier Théâtre de l'Usine, Saint-Céré le 31 janvier Le Cratère, Scène nationale d'Alès, le 03 février L'Archipel, Scène nationale de Perpignan, les 06 et 07 février Centre Culturel d'Uccle, Belgique le 15 février Théâtre National de Nice du 26 au 28 février Festival théâtral de Coye la Forêt, le 13 mai

  • For Gods Only : Une danse des dieux, entre lumière et sacrifice

    For Gods Only, présenté au Théâtre du Rond-Point, est une création qui transcende le temps et les corps. Olivier Dubois, chorégraphe au style radical et provocateur, propose ici une nouvelle variation sur Le Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky. Dans cette troisième itération de sa collection des « Sacre(s) », il confie son univers à la danseuse étoile Marie-Agnès Gillot. Le résultat : un solo hypnotique et bouleversant, mêlant puissance et fragilité, ancré dans une réflexion profonde sur la notion de légende. Mais cette réflexion, empreinte de poésie et d’abstraction, pourrait laisser certains spectateurs à distance. La légende comme double sacrifice Au cœur de For Gods Only , Olivier Dubois explore une idée fascinante : devenir une légende, c’est se déposséder de soi-même. Ce concept traverse toute la pièce et trouve sa matérialisation dans la performance de Marie-Agnès Gillot, incarnant à la fois la figure mythologique du samouraï et l’Élue sacrifiée. Sur scène, son corps devient le vecteur de cette dualité : un instrument de maîtrise absolue et, simultanément, un symbole de l’offrande de soi. Gillot, assise en début de spectacle, incarne une guerrière fatiguée mais indomptable, nous invitant à observer son combat intérieur. On devine en elle des visions de têtes empalées et des trophées invisibles, métaphores du poids écrasant qu’impose la légende. Pourtant, elle transcende ce fardeau en le métamorphosant en danse. Ici, le sacrifice n’est pas une fin tragique, mais une forme de renaissance. Sa chorégraphie, profondément ancrée dans le sol, alterne entre des gestes rituels, d’une précision captivante, et des élans fulgurants qui rappellent la puissance émotionnelle des grands Sacre(s) . Une esthétique épurée, mais parfois impénétrable Le décor est à la fois minimaliste et monumental : une imposante structure trône sur une scène dépouillée, tandis qu’une lumière sculpturale magnifie chaque geste. Dubois mise sur l’essentiel, laissant Gillot et sa gestuelle captivante occuper tout l’espace et hypnotiser le regard. La musique, un enregistrement modernisé de l’œuvre de Stravinsky dirigé par Pierre Boulez, apporte une touche résolument contemporaine. Ce dialogue entre le classique et le moderne illustre l’ambition de Dubois : réinventer la tradition tout en la projetant dans notre époque. Cependant, cette épuration esthétique et conceptuelle, alliée à la densité des thématiques explorées, peut rendre le spectacle hermétique pour certains spectateurs. Le message, volontairement non linéaire, demande une disponibilité totale, un abandon au ressenti plutôt qu’une recherche de compréhension immédiate. Pour les amateurs de récits clairs et directs, l’expérience pourrait paraître distante, presque impénétrable. Marie-Agnès Gillot : une étoile qui brille autrement La performance de Marie-Agnès Gillot est la véritable colonne vertébrale de cette création. Danseuse étoile de l’Opéra de Paris jusqu’en 2018, elle revient ici avec une intensité renouvelée, incarnant à la perfection les ambitions chorégraphiques et philosophiques de Dubois. Sa gestuelle, à la fois fluide et musclée, évoque une étoile qui refuse de se figer dans son éclat, une légende qui veut encore être vivante. Ce retour en solo est une démonstration éclatante de son talent, mais aussi de sa remarquable capacité à se réinventer. En samouraï, elle déploie une présence magnétique, transcendante, qui dépasse les clichés de la grâce classique pour embrasser un univers brut, presque primitif. Si elle semble danser seulement pour elle-même, chaque mouvement résonne également avec ceux qui la regardent, incarnant les espoirs, les projections et les fantasmes que Dubois attribue aux figures légendaires. Une réflexion contemporaine sur le mythe Avec For Gods Only , Dubois ne se contente pas de revisiter une œuvre emblématique : il interroge ce que signifie devenir une légende dans une société obsédée par l’immortalisation des figures. Par cette pièce, il critique l’enfermement des icônes dans des images figées, tout en montrant leur nécessité comme repères collectifs. Cette ambivalence donne au spectacle une profondeur philosophique qui dépasse la simple performance scénique. Mais cette richesse conceptuelle, loin de tout didactisme, peut aussi perdre une partie du public. Les symboles, les métaphores et les références mythologiques qui jalonnent la pièce demandent un effort d’interprétation, voire un lâcher-prise. Pour certains, cette complexité peut se révéler fascinante ; pour d’autres, elle risque d’être un obstacle. Un Sacre hypnotique, mais exigeant For Gods Only est une méditation sur l’éphémère, sur ce que nous sacrifions pour devenir légendaires et sur la puissance du corps comme expression ultime de ces dilemmes. Olivier Dubois et Marie-Agnès Gillot réussissent ici une prouesse rare : faire dialoguer l’histoire, la mythologie et le présent avec une intensité lumineuse. Cependant, cette œuvre, envoûtante pour les initiés, pourrait déconcerter par son abstraction et son absence de clés évidentes. Le spectateur prêt à se laisser emporter dans cet univers poétique et exigeant en ressortira transformé ; celui qui cherche un accès plus immédiat pourrait se heurter à une certaine opacité. Une étoile qui brille, certes, mais qui exige qu’on la contemple sans attentes préconçues. Avis Foudart 🅵🅵 For Gods Only Création et conception Olivier Dubois Solo pour Marie-Agnès Gillot Assistanat à la création Cyril Accorsi Musique François Caffenne et Le Sacre du Printemps d'Igor Stravinsky Création et régie lumière Emmanuel Gary Régie son François Caffenne Scénographie et costumes Morgane Tschiember Crédit photo ©Julien Benhamou THÉÂTRE DU ROND-POINT 28 novembre — 7 décembre 2024 • Du mercredi au vendredi, 20h30 – samedi, 19h30 – dimanche, 15h • Durée 50 minutes Tournée 20 décembre 2024 Grand Théâtre d’Angers (49) 29 janvier 2025 Anthéa, Antipolis Théâtre d'Antibes (06) 6 — 8 mars, puis 13 — 15 mars 2025 Théâtre des Bernardines, Marseille (13) 1er avril 2025 Théâtre de la Chaudronnerie, La Ciotat (13) 4 avril 2025 Espace Michel Simon, Noisy-le-Grand (93) 12 avril 2025 Théâtre Municipal, Roanne (42) 16 mai 2025 Le Carreau - Scène Nationale, Forbach (57) 5 et 6 juin 2025 L'Onde Théâtre - Centre d'art, Velizy-Villacoublay (78)

  • D’autres familles que la mienne : Une traversée théâtrale lumineuse et poignante

    Qu’est-ce qui fait famille ? C’est cette question universelle, à la fois simple et vertigineuse, qu’Estelle Savasta explore dans D’autres familles que la mienne . Avec une délicatesse hors du commun, l’autrice-metteuse en scène déploie une fresque humaine mêlant gravité et espoir. Inspirée par ses rencontres avec éducateurs, familles d’accueil, enfants placés et anciens bénéficiaires de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), elle bâtit une fiction nourrie de réalités bouleversantes et d’une volonté inébranlable de célébrer la reconstruction après le désastre. Une narration entrecroisée, un puzzle d’histoires Au cœur du récit se croisent les destins de Nora, une jeune femme marquée par un parcours chaotique dans le système de protection de l’enfance, et d’Ariane, son amie lumineuse et tenace. Par leur rencontre, Nora découvre une autre définition de la famille, non pas liée au sang mais construite par des liens tissés de tendresse, de compréhension et de résilience. Leur histoire est complétée par celle de Nino, dont le parcours tragique se mêle aux leurs pour révéler la complexité et l’ambivalence des relations humaines. Dans une succession de scènes tantôt émouvantes, tantôt légères, la pièce déploie un récit fragmenté, semblable à un puzzle. Chaque pièce s’emboîte parfaitement pour former une image d’ensemble, riche en nuances et en surprises, où chaque spectateur trouve un écho à ses propres expériences. La joie comme un acte de résistance Si les thèmes abordés — abandon, errance, quête d’identité — pourraient plonger la pièce dans un univers sombre, D’autres familles que la mienne choisit au contraire d’y insuffler une lumière inattendue. Estelle Savasta défend avec acharnement la joie, non pas comme une émotion facile ou superficielle, mais comme une force de survie, un « os à ne pas lâcher ». Cette joie traverse le plateau, portée par des dialogues incisifs, des monologues bouleversants et une mise en scène inventive. Une scénographie épurée, un symbolisme puissant Le décor, minimaliste, se compose d’un plancher de bois et d’une grande toile de fond faite de draps cousus ensemble, évoquant les fragments d’histoires unifiés pour créer un tout. Au centre, une grande table, point de ralliement de la famille, devient tour à tour un espace de repas, de discussion, de danse ou de confrontation. Cette simplicité scénique laisse toute la place aux comédiens, dont les déplacements et les gestes insufflent une intensité vibrante à chaque scène. Les jeux de lumière, créés avec subtilité, distinguent les trajectoires de Nora et de Nino tout en liant leurs histoires dans un va-et-vient fluide. La musique originale de Ruppert Pupkin ajoute une dimension onirique et sensorielle, particulièrement lors des scènes où les mots s’effacent pour laisser place au mouvement des corps. Des interprétations incarnées Les acteurs livrent des performances bouleversantes. Zoé Fauconnet incarne une Nora pleine de fragilité et de force, une jeune femme en quête de repères, tandis que Clémence Boissé illumine le plateau par sa présence chaleureuse et sincère dans le rôle d’Ariane. Matéo Thiollier-Serrano, dans le rôle de Nino, déploie une sensibilité émouvante, mêlant grâce physique et intensité émotionnelle. Autour de ce trio, une distribution chorale riche et nuancée donne vie à une galerie de personnages secondaires — éducateurs, parents d’accueil, amis — qui participent à tisser cette réflexion collective sur la famille et la transmission. Un spectacle universel et nécessaire D’autres familles que la mienne est bien plus qu’un spectacle sur l’Aide sociale à l’enfance. C’est une ode à la résilience, à la capacité de réinvention, à la puissance des liens choisis. Avec cette œuvre, Estelle Savasta nous invite à reconsidérer nos propres conceptions de la filiation et de l’appartenance, tout en rendant hommage à ceux qui, dans l’ombre, travaillent à « ce que ça tienne debout ». Le spectateur ressort touché, souvent bouleversé, mais porté par un souffle d’espoir : oui, du chaos peut surgir une renaissance. Un théâtre d’émotion et de réflexion Avec cette création, Estelle Savasta confirme son talent pour raconter des histoires qui touchent profondément tout en stimulant la pensée. En s’inspirant de faits réels pour construire une fiction riche et poétique, elle démontre que le théâtre peut être un espace de vérité et d’imaginaire, un lieu où la douleur se transforme en art et où l’humain, dans toute sa complexité, est célébré. Un spectacle à ne pas manquer, qui redéfinit ce que signifie « faire famille ». Avis Foudart 🅵🅵🅵 D’autres familles que la mienne Texte  Estelle Savasta en collaboration avec les acteurs Mise en scène  Estelle Savasta Avec  Clémence Boissé, Najda Bourgeois, Olivier Constant, Zoé Fauconnet, Valérie Puech, Matéo Thiollier Serrano   Crédit © Danica Bijeljac Théâtre des Quartiers d’Ivry – CDN du Val-de-Marne Du mardi 19 au mercredi 27 novembre • Du mardi au vendredi à 20h. Samedi à 18h. Dimanche à 16h • Durée 1h45 TOURNÉE 4 et 5 décembre - MC2 Grenoble 15 au 17 janvier - Théâtre de la Cité CDN de Toulouse Occitanie 28 au 31 janvier - Comédie de Saint Etienne 4 au 6 mars - CCAM Scène nationale de Vandoeuvre en collaboration avec le Théâtre de la Manufacture, CDN Nancy Lorraine 27 et 28 mars - Maison de la culture de Bourges scène nationale 26 et 27 mai - Théâtre + Cinéma scène nationale du Grand Narbonne

  • Delphine et Carole : un hommage engagé et vibrant au théâtre

    Dans Delphine et Carole , Marie Rémond et Caroline Arrouas nous plongent dans un voyage captivant, à mi-chemin entre le théâtre et la mémoire. Inspiré du documentaire Delphine et Carole, Insoumuses de Callisto Mc Nulty, ce spectacle raconte l’histoire de deux figures emblématiques : Delphine Seyrig, actrice de renom et militante féministe, et Carole Roussopoulos, pionnière de la vidéo militante. Ensemble, elles capturent et diffusent les révoltes des années 70, armées de leur caméra Sony Portapak pour faire entendre les voix oubliées. Ce spectacle n’est pas seulement un hommage ; il actualise le combat de ces deux femmes en faisant dialoguer leurs luttes avec les problématiques contemporaines. Les actrices jouent, parfois parodient, parfois incarnent avec une vérité poignante ces militantes dont la créativité et la colère résonnent encore aujourd’hui. Une interprétation subtile et percutante Marie Rémond et Caroline Arrouas brillent dans cette mise en scène où elles mêlent parodie et réalisme avec une finesse remarquable, naviguant du rire à l’émotion sans jamais perdre de justesse. Avec un regard aiguisé, elles croisent habilement archives documentaires et scènes théâtrales, donnant vie à des personnages intenses et profondément humains. Leur proximité avec le public amplifie la résonance de leur engagement, rendant leur interprétation encore plus poignante et saisissante. Les allers-retours entre passé et présent renforcent la pertinence du message, montrant que les revendications de Delphine et Carole n’ont rien perdu de leur actualité. Les scènes de théâtre, alternant moments de légèreté et d’ultraréalisme, permettent de dévoiler l’audace de ces femmes qui, en refusant de se conformer, ont ouvert de nouvelles voies d’expression. Un appel à l’action revigorant Delphine et Carole est bien plus qu’une évocation du passé ; c’est une déclaration de solidarité et d’espoir. En donnant vie aux paroles de Delphine Seyrig et de Carole Roussopoulos, la pièce nous rappelle l’importance de la liberté d’expression et du féminisme dans un monde où les inégalités persistent. Seyrig affirmait : « Je pense qu’à partir du moment où mon bonheur dépend d’un homme, je suis une esclave et je ne suis pas libre. » Cette phrase, qui résonne encore avec force, rappelle combien le théâtre, tout comme la vidéo dans les années 70, est un outil puissant pour transmettre, dénoncer et libérer. Ce spectacle offre un moment rare, où l’on sort revigoré, enrichi par la beauté et la force de l’engagement de ces deux femmes, portées sur scène avec une énergie communicative. Delphine et Carole est une œuvre qui transcende les époques et invite chaque spectateur à embrasser l’héritage de ces « insoumuses » pour continuer à se battre pour une société plus juste. Avis Foudart 🅵🅵🅵 DELPHINE ET CAROLE Un spectacle de et par Marie Rémond et Caroline Arrouas sur une idée de Marie Rémond d’après Delphine et Carole, insoumuses un documentaire réalisé par Callisto Mc Nu Crédit photo © Simon Gosselin Théâtre Paris-Villette Du 8 au 23 novembre 2024 • Du mardi au jeudi et le samedi à 20h, les vendredis à 19h, les dimanches à 15h30 • Durée 1h20 • À partir de 12 ans

  • “Sur l’autre rive” : une fresque théâtrale entre maîtrise et confusion

    Avec Sur l’autre rive, Cyril Teste propose une expérience théâtrale immersive, inspirée du Platonov de Tchekhov. Ce qui semble au départ une promesse d’innovation en mêlant cinéma et théâtre se révèle être une tentative audacieuse, certes, mais dont la complexité pourrait dérouter même les spectateurs avertis. Un chaos maîtrisé ou une perte de repères ? Si Teste réussit indéniablement à recréer l’atmosphère d’une fête chaotique, où dialogues, musique rock et rires s’entrelacent, le rythme de la pièce peut sembler pesant. En cherchant à plonger le spectateur dans une ambiance déstructurée et dense, l’histoire avance par à-coups, peinant parfois à maintenir un équilibre entre tensions et révélations. Ce « chaos savamment orchestré » devient à certains moments un défi pour le spectateur, qui se perd dans les allées et venues des personnages, à la recherche d’un fil conducteur plus clair. Cette approche, bien qu’intentionnelle, peut laisser certains se sentir exclus, observateurs distants d’une fête dont ils ne saisissent pas toujours le sens. Un style cinématographique qui fascine autant qu’il déconcerte La signature visuelle de Cyril Teste, caractérisée par des gros plans et des angles de caméra saisissants, apporte indéniablement une dimension supplémentaire à l’œuvre. Cependant, ce style cinématographique peut aussi rompre le rythme naturel de la scène. L’alternance rapide entre moments intimes et instants d’euphorie collective crée un décalage qui, loin d’enrichir la pièce, brouille parfois la lecture des intentions de Teste. Les spectateurs pourraient trouver que ce déluge d’images et d’informations, bien qu’esthétiquement maîtrisé, dilue l’intensité des échanges théâtraux, rendant difficile l’attachement aux personnages. Des personnages en quête de sens, mais de direction également Les personnages, menés par Micha, incarnent les contradictions de l’époque moderne, oscillant entre nostalgie et rejet des héritages familiaux. Cette quête existentielle, qui aurait pu constituer le cœur de la pièce, est ici souvent masquée par la scénographie envahissante. Teste ambitionne d’explorer la difficulté de s’affranchir de l’influence du passé, mais la profondeur des personnages, bien qu’évidente dans le texte, peine à percer sous l’agitation scénique. Les spectateurs risquent de rester en surface, observant des figures en quête de repères sans parvenir à s’y attacher pleinement. L’immersion du public : une audace qui divise L’idée d’inviter le public à se mêler à la fête, en le faisant monter sur scène, est un choix audacieux, mais qui ne fait pas toujours mouche. Si cette immersion renforce l’aspect imprévisible de la pièce, elle peut aussi accentuer la confusion. Chaque représentation prend une tournure différente selon l’implication des spectateurs, mais cette variabilité rend l’expérience inégale. Le spectateur-acteur est alors tour à tour captivé et perdu, témoin d’un drame qu’il perçoit mais peine parfois à comprendre. Un hommage collectif éclipsé par l’ambition visuelle Sur l’autre rive se veut aussi un hommage à la troupe et à l’esprit de camaraderie, un clin d’œil à l’univers de Tchekhov. Pourtant, ce message d’amitié et de fidélité est souvent éclipsé par le flot d’images et d’effets scéniques. Si l’on sent l’intention de Teste de rassembler ses acteurs autour d’une histoire commune, ce collectif semble par moments englouti sous le poids de la mise en scène. Au final, Sur l’autre rive de Cyril Teste se présente comme une œuvre qui ne laisse pas indifférent. C’est une pièce ambitieuse, qui pousse les frontières du théâtre avec une esthétique hybride. Toutefois, cette quête qui devient une signature entraîne parfois des effets d’artifice qui fragilisent la lisibilité de l’histoire et la proximité avec les personnages. Bien plus qu’une simple adaptation de Tchekhov, c’est une expérience de théâtre-cinéma qui pourrait diviser : certains y verront un chef-d’œuvre immersif, tandis que d’autres en ressortiront avec un sentiment de confusion face à cette fête théâtrale où réalité et fiction s’effacent sans toujours se révéler. Avis Foudart 🅵🅵 Sur l'autre rive Librement inspiré de Platonov d'Anton Tchekhov Mise en scène Cyril Teste Avec Vincent Berger, Olivia Corsini, Florent Dupuis, Katia Ferreira, Adrien Guiraud, Émilie Incerti Formentini, Mathias Labelle, Robin Lhuillier, Lou Martin-Fernet, Charles Morillon, Marc Prin, Pierre Timaitre, Haini Wang Crédit photo © Simon Gosselin THÉÂTRE DU ROND-POINT Du 8 au 16 novembre 2024 • Du Mardi au vendredi, 20h30 - samedi, 19h30 - Dimanche 10 novembre, 15h Tournée 27 septembre — 13 octobre 2024 Théâtre Nanterre-Amandiers, Centre Dramatique National (92) 17 et 18 octobre 2024 Espace des Arts, scène nationale de Chalon-sur-Saône (71) 26 novembre 2024 Equinoxe, scène nationale de Châteauroux (36) 5 et 6 décembre 2024 Maison de la Culture d’Amiens, Pôle européen de création et de production (80) 11 — 13 décembre 2024 Les Quinconces, scène nationale du Mans (72) 18 et 19 décembre 2024 La Condition Publique, Roubaix, Dans le cadre de la saison nomade de La rose des vents, Scène nationale Lille Métropole Villeneuve d’Ascq (59) 15 — 17 janvier 2025 Théâtre des Louvrais, Points Communs, scène nationale de Cergy-Pontoise / Val d’Oise (91) 22 et 23 janvier 2025 Comédie de Valence, Centre dramatique national Drôme-Ardèche (26) 30 janvier — 8 février 2025 Les Célestins, Théâtre de Lyon (69) 18 et 19 mars 2025 Le Tandem, scène nationale, Douai (59) 26 — 28 mars 2025 Théâtre Sénart, scène nationale (77)

  • “Celle qui voulait qu’on la regarde disparaître” : Une plongée poignante et crue dans l’intimité d’un corps et d’une âme en lutte

    Dans Celle qui voulait qu’on la regarde disparaître, Laurence, top model idolâtrée, prend une ultime fois la parole sur Instagram pour livrer un témoignage déchirant sur sa descente aux enfers. Elle a 23 ans, elle est belle, admirée, et au sommet de sa carrière, mais aujourd’hui elle arrête tout. Cette dernière story devient le terrain d’une confession où elle révèle comment le milieu de la mode l’a conduite à l’anorexie. À travers un texte brut et sans concession, signé par Claire Besuelle et Pauline Rousseau , la pièce nous invite à un double regard : celui du passé douloureusement reconstitué et celui, distancié, de l’auto-analyse, alors que Laurence revisite son parcours. La mise en scène, pensée par Pauline Rousseau , capte avec justesse cet espace de fracture entre l’image publique et la souffrance intime. Un travail d’équipe où l’intensité s’exprime à chaque niveau La comédienne, Claire Besuelle , se distingue par une performance saisissante qui incarne à la fois la fragilité et la force de Laurence. Sa gestuelle, façonnée par des prothèses et accessoires de scène, souligne de façon frappante les effets de la dysmorphophobie. Elle parvient à traduire avec subtilité la douleur de ce corps-instrument, dans un mélange d’identification totale et de recul qui laisse place à une réflexion profonde sur la construction de soi dans un milieu où l’image prime. Les trouvailles scénographiques et la lumière, orchestrées par Cerise Guyon et Raphaël Bertomeu , construisent une atmosphère visuelle en parfaite résonance avec le texte, jouant de contrastes et de nuances pour mettre en relief les moments de malaise, d’humour et de désespoir. La musique de Luc Montaudon accompagne, parfois subtilement, parfois intensément, les fluctuations émotionnelles de Laurence, entre présence magnétique et effacement progressif. Le dispositif Instagram : une confession intime à ciel ouvert Choisir Instagram comme cadre de cette confession n’est pas anodin. Ce réseau, qui consomme et jette les images avec une frénésie constante, devient l’arène de l’ultime mise en scène de Laurence, confrontant le public à un reflet de ses propres pratiques de consommation visuelle et émotionnelle. Cet espace intime et politique permet d’explorer le lien entre l’addiction aux réseaux et la quête de perfection destructrice. À mesure que le récit avance, la scénographie nous fait passer du ring de la story, où Laurence livre sa vérité avec un regard plus âgé et sage, à des flashbacks intenses où elle revit les étapes de son parcours. La pièce culmine dans une séance de groupe, menée par Béatrice, une psychologue spécialisée dans les troubles du comportement alimentaire, offrant au public un rôle d’observateur, voire de participant silencieux dans ce cercle de reconstruction. Un spectacle hybride, entre théâtre, danse et performance Celle qui voulait qu’on la regarde disparaître transcende les genres, empruntant autant aux codes du théâtre qu’à ceux de la danse et de la performance. Ce récit incisif sur l’identité, l’image de soi et la violence des standards est une véritable expérience, où l’on passe de la fascination à la douleur, du recul à l’empathie. Si la note finale semble positive, certains pourraient se demander si un tel parcours devait se terminer sur une issue heureuse. Peut-être cette fin est-elle là pour souligner l’espoir, tout en nous laissant face à un questionnement plus profond : dans cette société où les corps sont exposés et jugés, combien d’autres Laurence aspirent-elles à disparaître ? Avis Foudart 🅵🅵 Celle qui voulait qu’on la regarde disparaître Texte Claire Besuelle et Pauline Rousseau Mise en scène Pauline Rousseau Jeu Claire Besuelle Scénographie & costumes Cerise Guyon Lumières Raphaël Bertomeu Son / musique Luc Montaudon Crédit photo L'inverso collectif Théâtre La Flèche Du 10 octobre 2024 au 12 décembre 2024 • Les jeudis à 19h • Durée 1h

  • Le Prix de l’Ascension : Une Plongée Satirique et Révélatrice dans les Méandres du Pouvoir Politique

    Dans l'univers théâtral contemporain, rares sont les spectacles qui allient humour, critique sociale et une dissection aiguë des dynamiques de pouvoir. "Le Prix de l’Ascension", coécrit par Antoine Demor et Victor Rossi, se distingue comme une pièce qui réalise cet exploit avec brio. Cette comédie offre une plongée immersive dans les arcanes du pouvoir politique à travers les parcours parallèles de deux jeunes énarques, Laurent et Brice, aux origines et ambitions distinctes. Laurent, issu d'une famille de haut fonctionnaire et doté d'une arrogance palpable, vit dans un monde doré, déconnecté des réalités quotidiennes. À l'opposé, Brice, issu d'un milieu modeste, se caractérise par son pragmatisme et ses convictions profondes. Leur ascension de l'école à l'arène politique est marquée par des épreuves qui mettent en lumière les stratégies personnelles menant au pouvoir, tout en révélant la complexité et la dualité de l'être humain dans ce contexte impitoyable. L'œuvre, écrite comme une "docu-comédie", mélange avec habileté des éléments documentaires et fictifs, reflétant ainsi une profonde compréhension des mécanismes politiques. Les auteurs ont mené un travail de documentation exhaustif, incluant des entretiens avec des personnalités politiques et des recherches approfondies, conférant à la pièce une véracité et une finesse remarquables. La coïncidence entre les événements récents, tels que l'affaire Griveaux, et le contenu de la pièce, bien que non intentionnelle, souligne la pertinence et la vision anticipative de cette œuvre. Le metteur en scène Julien Poncet et le compositeur Raphaël Chambouvet apportent respectivement une fluidité dynamique et une atmosphère musicale captivante, enrichissant le spectacle. La prestation des deux comédiens, Matthew Luret et Victor Rossi, est particulièrement remarquable. Ils incarnent avec une justesse impressionnante la complexité de leurs personnages, capturant leurs nuances, leurs conflits internes et leurs ambitions. Leur interaction sur scène, oscillant entre rivalité et camaraderie, offre un miroir saisissant des réalités politiques et humaines. Leur performance, à la fois intense et nuancée, est un atout majeur de cette production. "Le Prix de l’Ascension" n'est pas seulement un divertissement mais aussi un éclairage sur les coulisses du pouvoir. Cette pièce, alliant satire politique mordante et étude approfondie des rouages du pouvoir, invite à une introspection sur les compromis moraux en politique et éveille une conscience citoyenne plus aiguë. Un spectacle indispensable pour ceux désireux de comprendre les enjeux du pouvoir avec une perspective critique et empathique. Avis Foudart 🅵🅵 LE PRIX DE L’ASCENSION Un spectacle de Victor Rossi et Matthew Luret Mise en scène Julien Poncet Musique Raphaël Chambouvet Photos Fanchon Bilbille Le Contrescarpe Jeu, Ven à 21h. Sam à 16h30 et 21h. Dim à 17h • Durée 1h20 • Dès 14 ans Spectacle vu à la Comédie de Paris

  • La Machine de Cirque

    Quel spectacle fantastique ! Ce spectacle grandiose ait déjà été vu par plus de 280 000 spectateurs à travers le monde. Ils savent tout faire Cette troupe de cirque « nouvelle génération », mise en scène par Vincent Dubé, à la fois acrobates, jongleurs, musiciens, conteurs et j’en passe est vraiment géniale. On peut trouver dans ce spectacle de la poésie, de la clownerie La Machine de cirque est un spectacle vraiment très drôle et amusant avec une technicité folle. Les sauts à l’intérieur de l’échafaudage, c’est particulièrement impressionnant ! Avec une musique hallucinante et hallucinogène de Frédéric Lebrasseur, La Machine de Cirque est construite pour tous les publics, mais les rires des enfants surgissent régulièrement et c’est vraiment bon. Un spectacle. Non, un événement à voir absolument ! LA SCALA Du 12 novembre 2024 au 5 janvier 2025 • Du mardi au samedi à 19h Spectacle vu à La Scala Provence - Festival D’Avignon

  • Hedwig and the Angry Inch : Un conte Rock et Théâtral qui bouleverse les codes

    Hedwig and the Angry Inch  est une performance hors normes qui défie les catégories habituelles du théâtre. Ce spectacle, ni musical, ni comédie, ni concert, ni stand-up, ni pièce de théâtre, est pourtant tout cela à la fois !   Créé Off Broadway en 1998 par John Cameron Mitchell et Stephen Trask, il a rapidement acquis un statut culte, devenant même un film en 2001. Aujourd'hui, la première adaptation officielle française de ce musical rock de Broadway vient éblouir les spectateurs. Le parcours tumultueux d'Hedwig, un personnage résolument rock et séduisant Hedwig , une chanteuse rock originaire de l'Allemagne de l'Est, ne se considère ni homme ni femme. Avec un humour queer et des confessions trash, accompagnée de son mari et choriste Yitzhak , ainsi que de son groupe The Angry Inch , elle transgresse toutes les conventions de bienséance. Elle nous parle de son adolescence rebelle à Berlin-Est, de sa passion pour le rock, de son désir de liberté... et nous raconte l'histoire de son premier amour, devenu l'une des plus grandes stars du rock, qu'elle poursuit inlassablement. Un mélange audacieux d'impertinence et de sensibilité Les costumes colorés et la scénographie efficace captivent le public. Avec des influences assumées, telles que The Rocky Horror Picture Show, la musique brillamment non conventionnelle se démarque des normes. L'orchestre en direct joue un rôle essentiel dans le spectacle et chacun des artistes est éblouissant ! Sur scène, Hedwig est brillamment incarnée par Brice Hillairet ( Molière de la Révélation 2020 ) qui étonne et détonne. Il est accompagné d'Anthéa Chauvière (dans le rôle d'Yitzhak ) et de quatre musiciens indispensables : Lucie Wendremaire, Louis Buisset, Antonin Holub et Raphaël Sanchez (directeur musical). " Brice Hillairet possède cette densité et cette fébrilité, cette endurance et cette richesse d'émotions". La mise en scène est signée Dominique Guillo. Quand le rock rencontre le théâtre Hedwig et Yitzhak inondent la scène de leur présence. Hedwig and the Angry Inch est un spectacle audacieux qui repousse les limites de l'irrévérence, de l'humour noir, de la crudité et de la provocation. Son impact est si puissant qu'il nous laisse un goût insatiable, nous donnant envie d'en redemander encore et encore ! Avis Foudart 🅵🅵🅵🅵 HEDWIG AND THE ANGRY INCH Le Musical Rock aux 4 Tony Awards De John Cameron Mitchell et Stephen Trask Adaptation Brice Hillairet & Dominique Guillo Mise en scène Dominique Guillo Avec Brice Hillairet, Anthéa Chauvière, Louis Buisset, Antonin Holub, Raphaël Sanchez, Lucie Wendremaire Direction musicale Raphaël Sanchez Création lumière Jacques Rouveyrollis Conception sonore Christophe Yvernault Festival OFF Avignon 2023 Théâtre Le Rouge Gorge Du 7 au 29 juillet 2023 à 21h00 • Durée 1h30 • sauf les 12, 19 et 26 juillet

  • Ombres Portées : Plongée Sensorielle dans les Secrets d’une Famille

    Un Spectacle Total où les Frontières s’Évanouissent Dans sa nouvelle œuvre Ombres Portées , Raphaëlle Boitel, chorégraphe et metteuse en scène d’exception, orchestre un spectacle captivant où les frontières entre cirque, danse, théâtre et cinéma s’effacent. Créée en 2021 mais mise en retrait par la pandémie, cette fresque artistique revient enfin sous les projecteurs, dévoilant toute la puissance et la profondeur de son langage multidisciplinaire. Une Entrée en Matière Hypnotique Dès les premières secondes, le spectateur est happé par une image saisissante : Vassikili Rossilion, suspendue dans le vide, seule dans un faisceau de lumière. Elle se glisse le long de sa corde aérienne, mélange de peur et d’euphorie, comme une enfant happée par un cauchemar enfoui dans une cave sombre. Cette scène inaugurale transporte le public dans l’univers énigmatique de Boitel, où chaque non-dit prend forme dans les gestes et les silences des interprètes, devenant autant de révélations dans un jeu d’ombres et de lumières. L’Art de la Parole : Un Nouveau Langage Scénique L’une des innovations de Ombres Portées réside dans l’usage des mots, qui viennent enrichir la chorégraphie. Dialogues et monologues se fondent dans les mouvements, accompagnés des quadrillages de lumière et de la musique rock d’Arthur Bison, collaborateur de longue date. Sous la scénographie ingénieuse de Tristan Baudoin, l’espace devient un personnage à part entière, transformant chaque scène en une expérience sensorielle et symbolique. Une Famille en Crise : Tensions et Secrets Enfouis La pièce explore les tensions et secrets enfouis d’une famille fragile, prisonnière de l’ombre d’un père énigmatique. Alba Faivre, Nicolas Lourdelle, Tia Balacey et Mohamed Rarhib offrent des interprétations saisissantes, dans une danse où chaque rapprochement se heurte à des silences lourds et des vérités refoulées. Ce ballet subtil de dévoilements et de retenues confère à la pièce une atmosphère mystérieuse, rappelant des chefs-d’œuvre cinématographiques comme Festen , Brazil , ou l’univers troublant de Lynch et Hitchcock. Pourtant, ce mur de secrets laisse parfois le public à la frontière de l’empathie, en quête d’un accès aux émotions profondes de ces personnages. Thèmes Universels et Esthétique Sombre Au cœur de Ombres Portées résonne une réflexion poignante sur l’identité et la fragilité des liens familiaux. Le décor et les agrès transformés racontent la vie en creux : culpabilité, mensonge, quête de vérité. Ces thèmes sont abordés avec une grande sensibilité, magnifiés par l’esthétisme sombre et poétique cher à Boitel. Les Nouveaux Talents du Cirque : Une Énergie Vivante Les jeunes interprètes, issus de la 32e promotion du Centre National des Arts du Cirque, insufflent une vitalité brute à cette création. Par leurs mouvements, ils incarnent une complexité émotionnelle que le public doit deviner, ressentir entre les lignes, dans l’implicite. Dans la Continuité des Œuvres de Boitel : Un Univers à Part Ombres Portées s’inscrit naturellement dans le prolongement des œuvres antérieures de Boitel, telles que La Chute des anges et Le Cycle de l’absurde , continuant d’explorer un univers où l’ombre se mêle sans cesse à la lumière. C’est une famille artistique qui repousse les limites des genres, instillant vie et émotion dans chaque représentation grâce à sa cohésion et à son engagement. Invitation à une Exploration Intérieure Au final, Ombres Portées est bien plus qu’un spectacle : c’est une invitation à sonder nos propres ombres, à écouter ce que révèlent les silences et à se laisser emporter par la poésie d’un art total. Avis Foudart  🅵🅵 OMBRES PORTÉES Mise en scène et chorégraphie Raphaëlle Boitel Avec Alba Faivre , Vassiliki Rossillion , Tia Balacey , Mohamed Rarhib , Nicolas Lourdelle , Alain Anglaret Collaborateur artistique, lumière, scénographie Tristan Baudoin • Musique originale Arthur Bison • Son Nicolas Gardel THÉÂTRE SILVIA MONFORT Du 05.11 au 23.11 2024 • Du mardi au vendredi à 19h30 • le samedi à 18h • À partir de 10 ans • Durée 1h10 Tournée Du 10 au 11 octobre au Théâtre municipal de Grenoble  Du 15 au 17 octobre à Bonlieu, scène nationale d'Annecy Le 5 décembre à La Faïencerie, scène conventionnée de Creil  Du 23 au 24 janvier à La Passerelle, scène nationale de Gap  Du 28 au 29 janvier au Théâtre Durance, scène nationale de Château-Arnoux-Saint-Auban Du 6 au 7 février au ZEF, scène nationale de Marseille Du 19 au 23 février au Théâtre des Céléstins, Lyon

  • L'Embarras du choix. Théâtre Gaité Montparnasse

    Avis de Foudart 🅵🅵🅵 C'est vous qui allez choisir la suite de l'histoire. Le jour de ses trente-cinq ans Max se rend compte qu'il est passé à côté de sa vie. Paralysé à l'idée de faire le mauvais choix, il décide de demander conseil auprès de ses amis : le public. Amour, travail, amitié, famille, Max a tellement besoin de vous. Sébastien Azzopardi, après Derniers Coups de Ciseau , Le Tour du Monde en 80 Jours et La Dame Blanche, est devenu une figure incontournable du théâtre populaire et divertissant avec des pièces intelligentes, émouvantes, drôles, bourrées de suspense et d’interactions avec le public. Dans la même veine qu' Alexis Michalik et Jean-Philippe Daguerre, ces auteurs contemporains apportent vraiment un vent d’air frais au théâtre. Leurs pièces, souvent poétiques et romanesques, ont toutes en commun des mises en scène fluides et rythmées avec de très beaux dialogues qui ne sont pas s’en faire penser aux œuvres cinématographiques. L'embarras du choix qui confirme, une fois de plus, le talent de Sébastien Azzopardi , est un très beau moment de théâtre, une belle comédie romantique qui fait réfléchir où le public adore intervenir ! La troupe de comédiens menée par Sébastien Azzopardi s’amuse comme des fous et fait des prouesses. Alysée Costes et Margaux Maillet sont magnifiques et lumineuses. Rire, émotion, chanson, danse. Avec de très jolis costumes, un décor ravissant et des tableaux réjouissants (comme celui de la balançoire), L'Embarras du choix est une superbe proposition d’Azzopardi. Peut-être un peu moins drôle que ses précédentes pièces, mais toujours aussi passionnantes L'EMBARRAS DU CHOIX De Sébastien AZZOPARDI et Sacha DANINO Avec Alyzée Costes, Margaux Maillet, Sébastien Azzopardi, Erwan Creignou, Benoit Tachoires. Assistant mise en scène Guillaume Rubeaud Musique Romain Trouillet Décor Juliette Azzopardi Vidéo Mathias Delfau Lumières Philippe Lacombe Costumes Pauline Zaoua Zurini THÉÂTRE GAITÉ MONTPARNASSE 26, rue de la GAITÉ 75014 Paris TEL : 01 43 20 60 56 Reprise très bientôt

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