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- An Iliad. Coup de foudre au Théâtre du Rond-point
Le comédien Denis O’Hare prend en charge, seul en scène, la plus grande épopée de l’histoire de la littérature. Les personnages de L’Iliade. En fond de scène, des amas de projecteurs, une forêt de câbles et autres accessoires de théâtre. Mais le plateau est nu. Une chaise, une table et l’homme s’agite seul sous son chapeau de feutre. Poète et acteur, dans sa gabardine élimée et ses vieux pantalons de baroudeur, il va vivre et faire revivre les ruses et les intrigues de la guerre originelle : la ville de Troie assiégée, Hector, Priam, les soldats d’Agamemnon, la bravoure d’Achille et la beauté d’Hélène. Tous les personnages de L’Iliade prennent vie et feu par sa voix et son corps. Il est Homère lui-même, de la guerre de Troie à nos jours, qui se lance dans l’aventure pour aborder depuis son récit mythologique tous les conflits contemporains. En dehors de ce magnifique texte co-écrit par Lisa Peterson et Denis O’Hare de nombreuses fois récompensées, c’est avant tout la mise en scène de Lisa Peterson et le talent de Denis O’Hare qui m’ont ébloui. Subjugué, même. À la fois conteur, tribun, cabotin, Denis O’Hare envahit totalement l’immense scène du Rond-Point par sa présence et ces apartés, évidemment écrits, sont jouissifs de drôlerie. Il joue avec sa voix et son corps comme un musicien avec son instrument de musique. Il jongle véritablement avec le rythme et les mots et forme avec les sons très présents, un véritable duo. On ne compte plus les dizaines adaptations de L’Iliade et celle de Denis O’Hare fait partie des plus créatives et éblouissantes. Uniquement par sa voix fabuleuse, ses déplacements, sa gestuelle et les sons. On a l’impression qu’une foule immense de personnages pourrait envahir la scène à tout moment et l’on ressort de la salle ivre de bonheur avec la sensation d’avoir vécu pleinement un instant magique.
- Adoration ou Répulsion. Sortie cinéma
Adoration est le troisième volet d’une trilogie explorant les zones d’ombre de l’âme humaine après Calvaire et Alleluia par un cinéaste belge Fabrice du Welz, assez subversif, mais très intéressant. Je dois dire que le cinéma belge me passionne et ne finit jamais de me surprendre par sa créativité. Dans le cas d’adoration, j’avoue ne pas avoir adoré ce film. Même si celui-ci que je nommerai d’expérimental et d'atmosphère a de bien belles qualités. Il est tellement bon de voir des images argentiques. Ce grain très particulier me manque tellement. Les images numériques en ultra-définition sont très belles, mais si lisses. J’ai beaucoup aimé également les personnages...de passage qui sont très réussis et Benoît POELVOORDE et éblouissant de charismes et de poésie (comme d’habitude). J’ai beaucoup plus de mal avec le côté psychologie « Pour les nuls ». Le film est bourré de cliché. Un adolescent élevé seul, par sa mère, habitant dans une clinique psychiatrique (Tiens, c’est possible ?) qui, elle-même, n’a pas l'air très net et qui sauve un oisillon puis fait une translation affective envers une jeune malade schizophrène au point de s’enfuir avec elle et de rester coûte que coûte au détriment de sa propre survit et de sa santé mentale. Houlà là. Saperlipopette ! Le tout n’est absolument pas crédible et j’avais une envie folle de sauter de mon fauteuil pour engueuler un bon coup ses deux gamins totalement ridicules. Je suis très certainement passé à côté de ce film au scénario simpliste cousu avec du fil rouge. Je n’ai été ni touché ni ému. J’ai pensé un peu à un Thelma et Louise belge et adolescent. J’avais adoré Thomas GIORIA dans « Jusqu’à la garde ». Cette fois-ci, je suis perplexe et Fantine HARDUIN s’en sort plutôt bien. Adoration ou répulsion. Je suis certain que ce film ne laissera pas indifférent. J’ai choisi mon camp. À vous de choisir le vôtre ! ADORATION Un film de Fabrice Du WELZ Scénario Fabrice du WELZ, Romain PROTAT, Vincent TAVIER AVEC Thomas GIORIA, Fantine HARDUIN, Benoît POELVOORDE, Anaël SNOEK, Gwendolyn GOURVENEC, Peter VAN DEN BEGIN, Charlotte VANDERMEERSCH PRODUCTION PANIQUE ! (Vincent TAVIER) THE JOKERS FILMS (Manuel CHICHE Violaine BARBAROUX) Sortie en salle le 22 janvier 2020
- Dépendances. Théâtre du Rond-Point
Henri et Tobias ont rendez-vous dans l’appartement familial, un espace vide. L’état des lieux reste à faire. Voilà deux ans qu’ils ne se sont pas vus. Ils attendent Carl, le troisième frère. La tension monte, et l’absence de Carl transforme la réunion en duel. Dans un thriller glacé, le secret qui réunit les deux frères ne pourra pas rester caché jusqu’au bout. Cette pièce de Charif Ghattas est passionnante en terme psychanalytique sur les rapports intimes, les jeux de pouvoir et même les tortures morales fraternelles. L’amour et la haine. L'attraction et la répulsion s’entrechoquent sans cesse et la volonté de fuir est omniprésente. En qualité d’enfant unique, j’ai toujours un peu de mal, en terme, émotionnel, à comprendre ces rapports qui me paraissent effrayants tant je les idéalise. Thibault de Montalembert et Francis Lombrail campent deux personnalités bien marquées et très différentes et les deux sont parfaits dans leur rôle. J’ai, cependant, un petit bémol concernant le choix de cette pièce à la facture très classique au théâtre du Rond-Point, le temple de la créativité. Que vient faire Dépendances dans la programmation du Rond-Point ? Je ne comprends pas vraiment et j’ai été un peu décontenancé, mais cela ne remet absolument pas en doute la qualité de ce spectacle et c’est de toutes façons l’essentiel.
- Un conte de Noël. Théâtre de l’Odéon
Quel point commun entre une maison, des histoires, des secrets, un air, un repas, une scène et une fête ? La famille, bien sûr. En l’occurrence, celle des Vuillard, dont trois générations se retrouvent à Roubaix à l’occasion d’un Noël peu ordinaire... Au temps où le cinéma s’immisce si souvent au théâtre, il est très excitant de voir l’adaptation théâtrale d’un film...sans image. Un conte de Noël d´Arnaud Desplechin est un film passionnant sur l’intimité d’un cercle familial à la période clef et hautement émotionnelle des fêtes de Noël. Cette adaptation en Bi-frontal est magnifique. Dès l’entrée en salle, on est touché par le très beau décor et l’on comprend que tout va s’y jouer. Ce clan, cette famille ne va pas se désintégrer, elle l’est déjà. C’est plutôt une tentative désespérée, et perdue d’avance, de recoller les morceaux. L’amour et la haine. Le bonheur et les rancœurs, tout va se jouer pendant ce long week-end de fêtes de façon très exubérante, impudique et théâtrale et d’ailleurs la scène du théâtre est l’une des plus belles de toute la pièce. La gageure était, ici, de tout nous faire comprendre et ressentir en une seule unité de temps et de décor. Un long plan-séquence théâtral, finalement, et le pari est grandement gagné. La mise en scène brillante de Julie Deliquet est très fluide et s’enchaîne avec fondu, gros plans, scène dans la scène et champs contre champs comme un montage presque cinématographique. Il se passe tant de chose dans cette maison. Des cris, des larmes et des combats. Personne n’est écouté, entendu et chacun partira comme il en est arrivé. Cette pièce est formidable par son texte dense, sa mise en scène brillante et très visuelle et le jeu des comédiens. La mère, notamment, jouée par Marie-Christine Orry et la femme d'Ivan, Hélène Viviès m'ont particulièrement impressionné. Personnellement, j'ai trouvé Un Conte de Noël un peu long. il y a, à mes yeux, deux ou trois scènes de trop, mais ce sentiment de longueur convient parfaitement au sentiment étouffant de ce moment en famille.
- Issue de secours. Jean-Michel Ribes. Lecture au Théâtre du Rond-Point
À l'occasion de la sortie du très beau livre « Issue de Secours » de Fabienne Pascaud retraçant 50 ans de folie et d’audace joyeuse de Jean-Michel Ribes, celui-ci nous a conviés à une fin d’après-midi de lecture. Pour commencer, Jean-Michel Ribes nous résume en quelques mots son immense parcours et rend un hommage poignant à Topor, son ami de toujours, puis avec l’œil brillant de malice, il nous lit quelques textes, des extraits de pièces et des citations parfois amusantes, émouvantes ou totalement décalées. Son art majeur, dont il détient les clefs avec feu Michel Desproges, Roland Topor, Jacques Tatie, Jean Yanne, Coluche. Autant dire que mon excitation était à son comble. Ses apartés sont toujours très drôles et les textes choisis truculents (celui sur Topor et un huissier et sur son passage à la comédie française, notamment). Le tout aura duré un peu plus d’une heure, mais aurait pu continuer bien plus longtemps tant Jean-Michel Ribes est attachant et passionnant. En sortant de la salle, j’ai feuilleté le très beau livre très documenté avec plus de 350 photos et documents « Issue de Secours ». Un livre que je vous conseille vivement.
- La loi des prodiges. L’absurde côtoie la poésie à la Scala
Dans une société imaginaire qui ressemble en tout point à la nôtre, il n'y a jamais eu d'adversaire plus redoutable pour les artistes que le député Rémi Goutard ! Mais au-delà du personnage politique et de sa réforme drastique, qu'en est-il de l'homme ? Qu'est-ce qui a pu le pousser à fantasmer un monde débarrassé de ses artistes ? Seul en scène, jonglant avec finesse et humour entre une vingtaine de personnages (un père schizophrène, une fiancée illuminée, un clown-mendiant ou encore un douteux psychanalyste argentin, sans oublier l'éternel contradicteur, le célèbre artiste-plasticien Régis Duflou...), François de Brauer nous joue les épisodes-clefs de la vie intime et politique de l'invraisemblable... Rémi Goutard. Un tourbillon irrésistible et, mine de rien, un regard inquiet sur la place faite à l’art dans une société en mal de poésie. Voilà un seul en scène vraiment singulier. On pourrait se demander, un instant, où veut bien aller François de Brauer tant son propos peut paraître farfelu mais comme un équilibriste, non seulement il ne tombe pas, mais il nous fait également une démonstration magistrale de sa pensée géniale et tortueuse. Le suspense et les rebondissements sont à leur paroxysme. François de Bauer, serait-il un doux génie à l’inventivité folle ou bien un visionnaire nous faisant part, avec rigueur et analyse, des dangers de nos sociétés ? Certainement les deux. Ce génie de l’absurde a un sens de la démonstration et du visuel fascinant. Si on ajoute à toutes ses qualités, pleins d’inspirations cinématographiques et de références théâtrales, on obtient le spectacle parfait, brillant, poétique et attachant. Avec La Loi des Prodiges, bienvenue dans l’univers fou et magnifique François de Bauer où l’absurde côtoie la poésie.
- Interview de Laura Bensimon. Une sur Dix. Théâtre du petit Variétés
Laura Bensimon est un jeune femme moderne, courageuse et une comédienne truculente, une vraie nature, que j’apprécie beaucoup sur scène et hyper attachante dans la vie. Ce moment de partage qu’elle m’a fait vivre avec beaucoup de générosité fut aussi drôle qu’émouvant. Je ne sais pas si Laura est la maman idéale, mais elle est certainement la meilleure copine idéale. Si il y a une liste d’attente, je m’inscris tout de suite. Son seul en scène, Une sur Dix, une confession ultra intime sur la maladie qu’elle subit, l’endométriose est indispensable, amusant, émouvant. Parfait en verrrrité !
- Théâtre 14. l'aventure commence...en beauté
Ce soir, un théâtre, avec déjà une très belle histoire, tourne une page et, après plus de huit mois de travaux, fête sa réouverture. Nouveau look, nouveau gradin, nouvelle scène et nouvelle direction. Pour avoir eu la chance de visiter le chantier, je peux vous dire que le pari était immense, mais le résultat est à la hauteur des rêves fous de Mathieu Touzé et Édouard Chapot, deux personnalités aussi créatives qu'attachantes. C'est le cœur bourré d’émotion que je me suis rendu dans le 14e (une adresse que j'ai mise directement dans mes favoris GPS) et, disons-le, je n'ai pas été déçu. Pascal Rambert, avec « Le début de l'A » et en compagnie de la déesse de la soirée, Marina Hands, nous a fait un immense cadeau. Cette lecture, ce texte, ce long poème d'amour, magnétique et sulfureux fut magnifique. C'est un peu fou (de théâtre), mais j'ai pensé plusieurs fois, pendant cette lecture au plus beau couple d'amoureux à mes yeux, Gainsbourg - Birkin. Marina Hands, sensuelle et mutine, a dévoilé tout son talent. Sa voix aux intonations très subtiles est magnifique et son élégance illumine encore une partie de Paris. On comprend parfaitement pourquoi la comédie française l'a choisi récemment. Messieurs les directeurs et toute votre joyeuse bande d'artistes associés, on vous aime déjà ! Éblouissez-nous Guys ❤️ Quand on voit la programmation géniale à venir. C’est déjà...presque fait. Prochain rendez-vous, demain le 21 janvier avec « Clôture de l’amour », un pur chef-d'œuvre Pascal Rambert avec Audrey Bonnet (magistrale dans Architecture) et Stanislas Nordey
- L’Homme du Sud. The Southerner. Un chef d'oeuvre de Renoir. Sortie cinéma
Sam Tucker n'est qu'un modeste saisonnier dans les plantations de coton. Mais, courageux et travailleur, il est bien décidé à se mettre à son compte. Aidé de sa femme, de sa mère et de ses deux enfants, il prend possession d'un terrain en friche... Loin des contraintes des grands studios hollywoodiens, Jean Renoir, nous offre pendant sa période américaine un film magnifique, un mélo organique. Ses thèmes de prédilection qui nous ramènent toujours au présent et au temps qui passe sont tous respectés, la nature, l’eau, le ciel. Il ajoute en plus un élément essentiel, presque un personnage à part entière, la terre qu'il filme, ici, dans tous ses états et que l’on pourrait presque sentir. De la boue à la poussière, la terre est touchée, retournée et devient même, parfois, voluptueuse. Ce très beau film poétique de Renoir est un magnifique hommage à l’Amérique profonde, à la nature et même à la société tout entière. Depuis l’installation sur un sol étranger et les affres de l’acceptation jusqu’à la très belle morale de fin sur le rapport entre l’industrie et le monde paysan, l’Homme du sud est un film assez méconnu et pourtant, un pur chef-d’œuvre. A voir le 5 février à l'occasion de sa sortie en salles en version restaurée. L'Homme du Sud Un film de Jean Renoir États-Unis (1945) Avec Zachary Scott & Betty Field Durée : 92 minutes Distribution : Théâtre du Temple Distribution
- Le Misanthrope. Théâtre Ranelagh
Je suis embarrassé concernant ce Misantrhope mis en scène par Nicolas Vaude et Chloé Lambert et joué notamment par Laurent Natrella. Séparément, j’aime beaucoup ces artistes et je dirais même que Laurent Natrella est un excellent comédien. Cependant, je suis certainement passé complètement à côté de ce spectacle, mais je n’ai pas du tout aimé les choix artistiques. Ni, la scénographie, ni les costumes (ridicules, disons-le) et encore moins les choix musicaux multiples et décalés. Je n’ai absolument rien contre les adaptations de grands classiques au théâtre, au contraire, mais il faut une certaine cohérence. Or, je n’en ai vu aucune et c’est exactement ce que je ressens, également, pour les comédiens. J’ai la sensation que chacun joue sa partition sans connexion avec les autres. Entre un Alceste qui en fait des tonnes, une Célimène, bien trop au second degré et une Eliante en pleine dépression, on ne sait plus trop quoi penser. Farce ou tragédie. Seul, Philinte joué par Laurent Natrella m’a interpellé, mais je l’aurais largement plus apprécié dans le rôle d’Alceste. Un personnage taillé pour ce grand comédien. J'en suis sorti triste et désenchanté. Il y a dans ce Misanthrope beaucoup de courage et de volontés créatives. Il y a une belle fluidité et le rythme est soutenu. Les entrées et sorties multiples et surprenantes envahissent à merveille le très beau théâtre du Ranelagh, mais la mayonnaise ne prend pas et je n'ai pas du tout adhéré. Ce n’est que mon humble avis, bien sûr.
- Le dindon effervescent au Théâtre Déjazet
Un spectacle effervescent. C’est vraiment ce que je me suis dit pendant toute la représentation. On ne peut pas dire que je sois fou du décor et les costumes sont assez inégaux, mais à part ça. Même si toutes les propositions d’adaptation et de modernisation du Dindon de Feydeau ne m'ont pas totalement convenu, l’énergie, la folie et certaine (beaucoup) idées de mise en scène sont géniales. Le vaudeville est ici, pleinement assumé et je dirais même qu’un côté absurde et loufoque ajoute encore de la drôlerie à cette farce. Mais qui est donc le Dindon ? Le dindon de la farce ? Pour le savoir. Il faut braver les difficultés actuelles et foncer au théâtre Dejazet, car rire franchement pendant presque deux heures, c’est quand même la meilleure thérapie, non ? Vous allez rire. Je vous l’assure. Vous pouvez y aller en famille. C’est certain. C’est donc le spectacle idéal et immanquable pour les fêtes de fin d’année.
- Animal. David Azencot magnifiquement désespérant. Point-virgule
Bonne nouvelle : l'humanité court à sa perte, mais elle a acheté de nouvelles baskets. David AZENCOT tire à vue, écrit brillamment sur la fin des temps et rend un bel hommage au règne animal...ou presque. Il sera question des tresses de Greta Thunberg, des vacanciers qui se font manger par des ours, de Porno Bio et équitable, de Greenwashing et de Flyshaming, des requins qui aiment le Surf, de la charge mentale des lionnes et de plein d’animaux nuisibles, comme Tariq Ramadan ou Pascal Praud. Parce que, même si c’est la 6e extinction, mieux vaut en rire tant qu’il reste de l’oxygène. En une heure, toutes vos certitudes seront anéanties et vous ne pourrez plus jamais regarder les dauphins comme avant. Ce One Man show ultra actuel est forcément très drôle et décalé. Pour ma part, en sortant, j'avais une envie folle de boire un verre d'alcool fort et je pense que David AZENCOT serait d'accord avec moi. Si vous avez envie de rire et d’être désespéré en même temps, ANIMAL est le spectacle qu'il vous faut. ANIMAL, Tous les mercredis à 19 h











