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1956 résultats trouvés avec une recherche vide

  • Strip, au risque d’aimer - ça

    « Un club de striptease est un lieu qui génère de nombreux fantasmes. Mais on ne se doute pas que c’est en premier lieu, un monde où hommes et femmes se découvrent et se rencontrent » Au départ, ce fût une belle rencontre entre deux comédiennes très différentes Julie Benegmos et Marion Coutarel lors d’une résidence au 104, à Paris, dans le but de travailler sur leur nouveau spectacle « Après l’oubli » . Puis une expérience étonnante et bouleversante de Julie Benegmos au Théâtre Chochotte a été suivi par de longs entretiens avec des filles rencontrées sur place. Aujourd’hui, le Théâtre 11•Avignon propose un spectacle immersif entre fiction, documentaire et théâtre érotique, afin de restituer la complexité de l’acte de striptease chez ceux qui regardent et chez celles qui le pratique. « Une façon de faire découvrir une réalité sous un angle de vue qu’il est impossible de vivre dans la réalité de nos vies quotidiennes » Julie Benegmos En passant par les loges, en assistant à une performance théâtrale créée à partir de cinq portraits de stripteaseuses puis en se laissant entraîner dans une immersion virtuelle au cœur des cabines privés d’un strip-club… en 5 chapitres – actes nous allons explorer le scandale, risquer la jouissance, peut-être perdre son âme et certainement rencontrer la beauté. « Strip : Au risque d’aimer-ça », c’est bel et bien à l’endroit de l’amour que ce projet sorti des sentiers battus, vient déranger l’ordre social et sexuel de notre société. Strip est un spectacle d'une grande intelligence, avec une vraie créativité et une belle élégance, plein d’amour, d’humour et de sensualité, à la rencontre de l'intimité d’un bar à striptease. Les tableaux s’enchaînent, les chapitres défilent et nous permettent de découvrir un univers fantasmé très codifié et finalement si méconnu. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 STRIP AU RISQUE D'AIMER - ÇA Performance / Expérience immersive / Réalité Virtuelle Texte, mise en scène et jeu Julie Benegmos et Marion Coutarel Scénographie et costumes Aneymone Wilhelm Festival OFF Avignon Le 11 · Avignon Du 2 au 21/7 à 20h40 • Durée 1h15 • Dès 16 ans

  • Une Exploration Sensible et Touchante de l'Amour et de l'Identité : "Normal" de Jane Anderson

    Dans le théâtre contemporain, rares sont les pièces qui parviennent à toucher le cœur du public avec autant de finesse et d'humanité que "Normal" de Jane Anderson. Présentée pour la première fois au Festival d'Avignon 2024 sous la direction délicate de Julie Delarme, cette œuvre se distingue par son exploration profonde des thématiques de l'amour, de l'identité et de la famille. "Normal" raconte l'histoire de Sam et Irma, un couple marié depuis 25 ans avec deux enfants. Membres investis de leur église, leur vie bascule lorsque Sam révèle un secret longtemps gardé. Cette révélation pousse Irma à demander à Sam de quitter la maison, mais la force de leur lien les oblige à naviguer ensemble dans cette nouvelle réalité. Avec humour et tendresse, la pièce examine les complexités des relations familiales et conjugales, tout en interrogeant les notions d'identité et de réconciliation. Une Mise en Scène Réussie Julie Delarme, pour qui "Normal" marque sa première mise en scène, s'attaque avec brio à cette œuvre. Elle met en avant l'importance de la tolérance et de l'empathie, thèmes centraux de la pièce, tout en soulignant la fluidité et la vivacité de l'écriture d'Anderson. La scénographie, simple mais évocatrice, utilise des monochromes de couleurs pour symboliser le conformisme presque anxiogène. Les lieux, accessoires et costumes répondent au même code couleur, recouvrant tout et annihilant les différences, nous enfermant dans des boîtes avec une fausse idée d'un idéal factice. Au fil de la pièce, les personnages se détachent progressivement de ces contraintes grâce à un jeu de contraste chromatique, prenant ainsi leur relief et leur essor. Cette progression visuelle reflète leur libération intérieure et leur quête d'identité authentique, offrant une expérience théâtrale riche en symbolisme et en émotion. Des Performances Émouvantes Le succès de "Normal" repose en grande partie sur les performances exceptionnelles de son casting. Lionel Abelanski, dans le rôle de Sam, et Guilaine Londez, dans celui d'Irma, incarnent un couple dont la chimie et la tendresse transcendent la scène. Leur interprétation saisit avec une grande dignité la complexité et la profondeur de leurs personnages, rendant palpable leur lutte intérieure, leurs croyances, leurs démons et leurs espoirs. Ensemble, ils forment une unité remarquable, nous offrant une vision intime et touchante de la réconciliation et de l'amour. Ils sont entourés de partenaires tout aussi remarquables : Vincent Deniard, dans un double rôle qui confirme toute l'étendue de son talent, Jeremy Gillet et Colombe Ducrot, dont l'intelligence de jeu et la fougue électrisent la scène, le déchirant Jean-Yves Roan, et l'immense Hélène Vincent dont la participation inoubliable ajoute une profondeur supplémentaire. Ces comédiens nous font rire, nous bouleversent et nous ouvrent à une autre définition de l'amour, ou peut-être plus justement, à la seule possible. Une Réflexion Universelle "Normal" ne traite pas seulement de la transition de genre, mais aussi des transformations identitaires auxquelles chacun est confronté. À travers Sam, Irma et les autres personnages, la pièce nous rappelle que nous sommes tous en perpétuelle évolution, cherchant à devenir authentiquement nous-mêmes. Cette quête de vérité et d'acceptation de soi est universelle et résonne profondément. Par son accessibilité et son humanité, "Normal" apporte tolérance et empathie au débat sur l'identité. La richesse des thèmes abordés souligne l'importance de devenir ce que l’on est profondément, indépendamment de l’âge ou du sexe. Nous sommes tous des identités mouvantes, des « Work in Progress ». C’est ce qui nous rend vivants et passionnants. Cette pièce, à travers son humilité et sa tendresse, parle avant tout de réconciliation. Réconciliation avec soi-même et avec l’autre : conjoint, enfant, parent. C’est un chemin d’intelligence et de tolérance, qui met à l’honneur l’humanité dans ce qu’elle a de plus beau. Une pièce qui nous émeut et nous interroge Un spectacle qui nous invite à une réflexion sur l'amour, la tolérance et l'identité, tout en célébrant la richesse et la complexité des relations humaines. À travers ses personnages touchants et ses thématiques intemporelles, "Normal" réussit à capturer l'essence de ce que signifie être humain, nous rappelant l'importance de la réconciliation avec soi-même et avec les autres. Avis Foudart 🅵🅵🅵 Normal De Jane ANDERSON Traduction et Adaptation Julie Delarme et Emmanuel Suarez Mise en scène Julie Delarme avec Lionel Abelanski, Vincent Deniard, Colombe Ducrot, Jéremy Gillet, Guilaine Londez, Jean-Yves Roan avec la participation amicale de Hélène Vincent scénographie Camille Duchemin • lumières Moïse Hill • costumes Muriel Delamotte Credit photo Karine Letellier Festival OFF Avignon La Scala Provence Du 29 juin au 21 juillet à 14h30 • Relâches les lundis 1er-8-15 juillet • Durée 1h30

  • Femme Non-Rééducable : Un Hommage Théâtral à la Liberté de la Presse

    Une Héroïne Contemporaine Le théâtre a souvent servi de miroir à la société, reflétant ses luttes et ses triomphes, ses ténèbres et ses lumières. Avec Femme Non-Rééducable , Stefano Massini nous offre une réflexion poignante sur le courage et la vérité, incarnée par l'infatigable journaliste russe, Anna Politkovskaïa. Massini, dont les œuvres sont reconnues pour leur capacité à capturer la férocité dramatique de la vie, nous plonge dans l'univers de cette femme qui a payé de sa vie pour ses convictions. L'Œuvre et Son Auteur Stefano Massini, dramaturge italien né en 1975, a rapidement gagné la reconnaissance pour son style d'écriture unique, caractérisé par une efficacité d’expression qui rend les tourments de ses personnages avec une immédiate intensité. En Femme Non-Rééducable , Massini nous transporte au cœur de la Tchétchénie en guerre, en suivant les pas d'Anna Politkovskaïa, journaliste et militante des droits de l'homme. Elle a couvert les conflits, dénoncé les atrocités et s'est battue pour la vérité jusqu'à son assassinat en 2006. Une Vie Dédiée à la Vérité Anna Politkovskaïa a vécu et travaillé avec un seul objectif : révéler la vérité. Ses reportages sur la guerre en Tchétchénie et ses critiques acerbes contre le régime de Vladimir Poutine lui ont valu le titre de "non-rééducable" par l'État russe, une distinction sinistre pour ceux qui ne se plient pas aux diktats du pouvoir. Le 7 octobre 2006, jour de l'anniversaire de Poutine, elle est retrouvée morte, assassinée pour avoir trop parlé, pour avoir trop dérangé. La Mise en Scène de Tadrina Hocking La mise en scène de Femme Non-Rééducable par Tadrina Hocking est une œuvre de sobriété et de puissance. Hocking, forte de son expérience en tant qu'assistante de grands noms du théâtre et de ses propres réalisations, choisit une approche minimaliste. Pas de projections d'archives ni de photos de guerre, seulement deux acteurs sur scène. La comédienne Caroline ROCHEFORT incarne avec fougue Anna, son intégrité et sa détermination, tandis que Pierre BERÇOT représente les multiples voix des événements qu'elle expose. Cette distanciation permet de souligner l'universalité du message et de donner une force organique aux tableaux, équilibrant l'urgence, la violence et le vide. La pièce devient ainsi un hymne à toutes les personnes qui défendent la vérité, la liberté d'expression et la liberté d'informer. Réflexion et Actualité La pièce trouve une résonance particulière dans le contexte actuel où la liberté de la presse est de plus en plus menacée. Les mots d'Anna Politkovskaïa, "Il faut écrire la vérité, même si personne n’a envie de l’entendre", résonnent avec une intensité accrue alors que les journalistes continuent de payer de leur vie pour leur quête de vérité. Selon Reporters sans frontières, depuis 2010, jamais autant de journalistes n'ont été tués ou emprisonnés, un rappel brutal de la pertinence de cette pièce. Avis Foudart 🅵🅵🅵 Un Hommage Nécessaire Femme Non-Rééducable n'est pas seulement un hommage à Anna Politkovskaïa, mais à tous les journalistes qui risquent leur vie pour nous apporter la vérité. La performance des acteurs, la mise en scène sobre et la puissance de l'écriture de Massini offrent une expérience théâtrale qui interpelle et bouleverse. C'est une invitation à réfléchir profondément sur la démocratie, la liberté de la presse et le courage nécessaire pour défendre ces valeurs. Femme non-rééducable  Auteur Stefano MASSINI Traduit de l’italien par Pietro PIZZUTI Mise en scène Tadrina HOCKING Avec Caroline ROCHEFORT et Pierre BERÇOT Création décor et assistanat Stéphane DUCLOT Créateur lumière François LENEVEU Musique et son GOYAVE Costumes Julia ALLÈGRE Photos Louis JOSSE FESTIVAL OFF AVIGNON Théâtre du Balcon - 18h25 Du 29 juin au 21 juillet • Durée 1h15 TOURNÉE 24/25 ATHÉNÉE / Rueil-Malmaison / 28 septembre 2024 THEATRE DU GRAND LOGIS / Bruz / 29 novembre 2024 CENTRE CULTUREL JEAN VILAR / Marly-Le-Roi / 6 mars 2025 SEL / Sèvres / 14 mars 2025 ESPACE CULTUREL ROBERT DOISNEAU / Meudon / 18 mars 2025

  • Pierre Emonot : L'élégance de la causticité face au peuple

    Mesdames et Messieurs, attachez vos ceintures et préparez-vous à une heure de montagnes russes verbales ! Bienvenue dans l'univers de Pierre Emonot, où la distinction rencontre la décadence et où le sarcasme est roi. En un seul-en-scène intitulé "Face au Peuple", cet artiste pas si ordinaire nous promet une soirée où tout le monde, absolument tout le monde, prend sa dose de cynisme. Avec son costume tiré à quatre épingles et son phrasé si distingué, Emonot se glisse parfaitement dans le rôle de l'intellectuel bourgeois, prêt à décocher des flèches satiriques à tout ce qui bouge. Rien n’échappe à son regard acéré : des films de gauche aux livres de droite, des conspirations les plus folles au sacrosaint beaujolais nouveau, tout y passe. Et que dire de son combat acharné pour la baguette pas trop cuite ? Une véritable croisade culinaire qui nous rappelle que même les sujets les plus triviaux peuvent devenir des batailles épiques sous la plume d'un véritable artiste de l'ironie. Affublé de son éternel sourire en coin, Emonot déploie ses tirades avec une élégance assassine, jonglant entre subtilité et mépris affiché. Inspiré, dit-on, par des maîtres tels que Guy Bedos et Pierre Desproges, il s'attaque aux petites habitudes bourgeoises avec une ironie si savoureuse qu’on ne peut s’empêcher de l’aimer, même quand il nous égratigne. Mais attention, derrière cette façade de cynisme et de mégalomanie, se cache un esprit brillant bien plus sensible qu’il n’y paraît et qui sait manier les mots comme des armes de précision. Diplômé en littérature et formé aux arts du one-man-show, Pierre Emonot n'est pas un novice sur la scène. Après avoir fait ses armes dans les comedy clubs et sur les scènes ouvertes de Paris, il a lancé "Face au Peuple" en septembre 2022. Depuis, il écume les festivals d'humour et les cafés-théâtres, récoltant prix et distinctions comme d'autres collectionnent les cartes postales. Élu meilleur spectacle d’humour au Festival Off d’Avignon 2023 et grand prix du jury au Festival national des humoristes de Tournon-sur-Rhône, Emonot a conquis le cœur du public et des critiques. En plus de ses prestations scéniques, il prête sa voix et sa plume acérée aux chroniques cinéma et d’actualité sur Vivre FM, et trouve encore le temps de mettre en scène le one-woman-show de la pétillante Coralie Mori. Une vie bien remplie pour cet artiste qui semble jongler avec les projets et les mots avec une aisance déconcertante. "Franchement, le théâtre... D'abord j'ai toujours préféré l'opéra. Tant qu'à s'ennuyer, autant que ça dure cinq heures." - Pierre Emonot, dans un élan de grande modestie Alors, si vous êtes prêts à passer une heure de second degré, d’éloquence et d’humour politique, ne manquez pas "Face au Peuple". Un spectacle où Pierre Emonot, cet orateur caustique, vous fera rire, réfléchir et, surtout, vous rappellera que même les critiques les plus acerbes peuvent être élégamment formulées. Franchement, le théâtre n'a jamais été aussi divertissant... ou devrions-nous dire, aussi délicieusement dérangeant. Avis Foudart 🅵🅵🅵 FACE AU PEUPLE Auteur et interprète Pierre Emonot Mise en scène Alexandre Delimoges   Festival OFF d'Avignon La tâche d'encre Du 29 juin jusqu'au 21 juillet à 14h• Durée 1h10

  • Jubilä : Une Traversée drolatique et Multiforme de Leïla Martial

    Leïla Martial, magicienne de la voix et de la scène, nous transporte dans un univers où le clown et le lyrique se rencontrent avec une aisance déconcertante. Avec son spectacle Jubilä , elle dévoile une traversée initiatique, une célébration des fragments de soi, où chaque élément est libéré pour chanter, bouger et exulter. Un Archipel de Voix et d’Expressions Leïla Martial décrit sa voix comme un archipel. À travers Jubilä , elle explore cette métaphore en incarnant différents âges, langues et émotions, créant ainsi un théâtre vibratoire qui relie le silence au cri, la solitude à la multiplicité, et le mourant au nouveau-né. Dans ce spectacle, elle se transforme en un personnage polymorphe, capable de fusionner des registres apparemment antithétiques avec une aisance déconcertante. La Genèse de Jubilä Née dans une famille de musiciens, Leïla a développé très tôt une passion pour les arts vivants. Son parcours est marqué par une soif insatiable de découverte et d’expérimentation. Après une formation en jazz et en improvisation, elle s’est distinguée par son langage vocal unique, mélange de scat et de yaourt, qui est devenu sa marque de fabrique. La création de Jubilä trouve ses racines dans l’adolescence de Leïla, période de ses premiers pas sur scène. Le projet a mûri pendant des années, débutant par l’écriture et la production d’un disque en 2021. Ce disque, composé entièrement avec sa voix, inclut des pièces originales et des arrangements d’œuvres classiques et baroques. Le processus d’élaboration a nécessité une maîtrise technique poussée, pour laquelle Leïla s’est formée à la production sonore sur le logiciel Ableton. Le passage de la musique enregistrée à la performance scénique a représenté un défi majeur. Leïla a dû adapter ses compositions pour le live, en conservant un rapport vivant et organique à la musique. Cela a impliqué un travail minutieux sur les pédales d’effet et la scénographie, avec l’aide de son ingénieur du son, Léo Grislin, et du scénographe Ben Farey. Un Personnage Aux Identités Multiples Jubilä est devenu plus qu’un spectacle ; c’est un personnage aux identités multiples. Leïla Martial habite la scène comme on habite son propre corps, invitant le public à une présence partagée. Chaque représentation est une aventure unique, où les imprévus sont intégrés dans la performance, rendant chaque spectacle vivant et dynamique. Une Œuvre de Vie Jubilä est l’œuvre la plus personnelle et ambitieuse de Leïla Martial. C’est une synthèse de toutes ses expériences, ses voyages et ses recherches. Le spectacle représente la réunion de toutes les Leïla(s), un personnage aux identités multiples, vivant et organique. À travers Jubilä, Leïla Martial nous invite à une célébration de la multiplicité de soi, un bazar heureux où chaque fragment trouve sa place, créant une harmonie émotive et sonore unique. Avis Foudart 🅵🅵🅵 Jubilä Conception, voix et jeu LEÏLA MARTIAL Régie son ALEXANDRE VERBIESE Création lumière Alice Huc & Adrian Noguera Incardona • Regard extérieur Marine Mane • Constructeur Ben Farey Festival OFF Avignon La Manufacture Du 04 au 21 juillet 2024 À 15h20 • Relâches les 10 et 17 juillet • Durée 1h15 TOURNÉE Le 17 juillet à 18h, Festival Contre-courants, Ile de la Barthelasse (Avignon) – version plein air Le 17 août 2024 : Festival de Malguenac Le 19 septembre, Festival Le chainon Manquant Le 13 décembre 2024, Espace Germinal, Fosses (95) Du 15 au 20 décembre 2024 : L’Estive, Scène nationale de Foix et de l’Ariège Le 31 janvier 2025, Théâtre Silvia Monfort (Paris), Festival Sonore Le 4 février 2025, L’Avant-Scène Cognac Le 27 février 2025, Le Carré d’Argent, Pont-Château (44) Le 8 mars 2025, Quai des arts, Pornichet Le 13 mars 2025, Le Canal, Redon Le 14 mars 2025, La Villa Robert, Pordic Le 15 mars 2025, Centre culturel La Famili, Landerneau Le 16 mars 2025, L’Estran, Guidel Le 23 mars 2025, St-Malo Le 25 mars 2025, St-Omer Du 4 au 12 avril 2025, Le Parvis, Scène nationale de Tarbes Les 2 et 3 mai, Clermont-Herrault Le 17 mai 2025, Espace des arts, Scène nationale de Chalon-sur-Saône Le 27 mai 2025, L’Agora, Boulazac Du 3 au 14 juin 2025, Théâtre Silvia Monfort (Paris)

  • Lacrima : Entre les Fils du Secret et la Couture

    « Des Larmes et du Sang » Caroline Guiela Nguyen, metteuse en scène de l'émotion, continue d'explorer les récits absents et les corps manquants sur les plateaux de théâtre. Après avoir ouvert les cuisines d'un restaurant vietnamien dans "Saïgon" et imaginé l'évaporation d'une partie de l'humanité dans "Fraternité, Conte Fantastique", elle nous plonge dans l'univers secret et fascinant de la haute couture avec sa nouvelle pièce "Lacrima". En utilisant le tissu comme métaphore, elle tisse des histoires qui relient des êtres aux quatre coins du globe à travers les générations. Située entre 2024 et 2025, l'intrigue se déroule au sein d'une prestigieuse maison de couture parisienne, chargée de la tâche monumentale de confectionner la robe de mariée de la princesse d'Angleterre. Pendant des mois, dans le plus grand secret, couturières, modélistes, premières d’ateliers et brodeurs travaillent entre Paris, Alençon et Mumbai. Cependant, les aléas et les drames de la vie vont s’immiscer dans ce microcosme très fermé, bouleversant leur existence. En s'inspirant des textes et des témoignages de ceux qui ont vécu cette expérience, l'œuvre dévoile, avec une précision documentaire, les coulisses passionnantes de ce monde souvent méconnu et le quotidien des artisans qui y consacrent leur vie. Une immersion dans l'univers de la haute couture "Lacrima" offre une immersion profonde dans les ateliers de haute couture en dévoilant le fonctionnement interne de ces lieux où se créent des œuvres d'art vestimentaires. La pièce met en lumière les défis auxquels font face les couturières, modélistes, brodeurs et dentellières. Elle explore les techniques minutieuses et les savoir-faire transmis de génération en génération, tout en soulignant les conditions parfois éprouvantes de ce travail. Les témoignages poignants de ces artisans révèlent des anecdotes marquantes, comme l'apnée fréquente chez les dentellières, qui provoquait des dysfonctionnements cardiaques et nécessitait une vigilance constante. Le poids du secret Un aspect central de "Lacrima" est le poids du secret. Les artisans sont tenus à un strict contrat de confidentialité, empêchant toute divulgation des détails de leur travail jusqu'à cent ans après la création de la robe. Cette culture du secret est également présente dans les ateliers de Mumbai, où les brodeurs travaillent dans l'ombre, souvent sans savoir pour quelles marques ils confectionnent leurs œuvres. Ce silence imposé souligne les rapports de pouvoir et les dynamiques post-coloniales persistantes dans l'industrie de la mode. La transmission des savoir-faire "Lacrima" aborde également la question cruciale de la transmission des savoir-faire, notamment dans le domaine de la dentelle. Le métier de dentellière, en voie de disparition, trouve un nouvel espoir avec l'arrivée de jeunes passionnées comme Amandine. La pièce célèbre ces moments de transmission, où le savoir ancestral est préservé et renouvelé, assurant ainsi la pérennité de ces arts précieux. Les secrets familiaux et l'intime Au-delà des secrets professionnels, "Lacrima" explore les secrets familiaux et intimes. Caroline Guiela Nguyen, férue de sociologie, tisse des trames narratives où le silence et le secret familial jouent un rôle crucial. Sous sa plume, cette fascinante histoire de la confection d’une robe royale devient une fable sociale et un drame choral. Elle ajoute des histoires parallèles évoquant des violences tue et des récits de résilience, où les femmes, souvent gardiennes du silence, transmettent cette charge à travers les générations. Ces récits intimes, bien que parfois inégaux, enrichissent la dimension humaine de la pièce, révélant les couches profondes des personnages, même s'ils ajoutent également un côté mélodramatique peut-être un peu trop appuyé. Le Travail des Comédiens Sous la direction de Maud Le Grévellec, incarnant avec une pudeur et un courage bouleversants la "première d'atelier", les comédiens de "Lacrima" livrent des performances mémorables. La pièce se transforme en une véritable saga populaire grâce à l'émotion sincère apportée par chaque membre de la troupe. Dan Artus, notamment, se distingue par son interprétation saisissante du mari tyrannique, apportant une profondeur troublante au récit. L'ensemble de la distribution, avec leur jeu nuancé et puissant, parvient à élever cette histoire de haute couture en une exploration poignante des drames et des secrets qui marquent les vies de leurs personnages. Leurs prestations renforcent la dimension humaine de l’œuvre, créant une connexion authentique avec le public et rendant chaque scène inoubliable. Une mise en scène innovante La mise en scène de "Lacrima" se distingue par son utilisation audacieuse de la scénographie et de la vidéo. Le principe du split-screen permet de montrer plusieurs actions simultanément, offrant une vision multidimensionnelle des événements se déroulant à Paris, Alençon et Mumbai. Cette approche renforce l'impression de la complexité et de l'interconnexion des différents lieux et protagonistes. "Lacrima" de Caroline Guiela Nguyen est une œuvre magistrale qui marie le monde éblouissant de la haute couture avec les réalités souvent dures et silencieuses des artisans qui la façonnent. En explorant les thèmes du secret, de la transmission et des dynamiques de pouvoir, la pièce offre un regard profond et émouvant sur cet univers. "Lacrima" n'est pas seulement une histoire de mode, mais une réflexion sur la condition humaine, les sacrifices et les passions qui animent ceux qui créent l'extraordinaire. Avis Foudart 🅵🅵🅵 LACRIMA Un spectacle de Caroline Guiela Nguyen Avec Dan Artus, Dinah Bellity, Natasha Cashman, Charles Vinoth Irudhayaraj, Anaele Jan Kerguistel, Maud Le Grevellec, Liliane Lipau, Nanii, Rajarajeswari Parisot, Vasanth Selvam En Vidéo Nadia Bourgeois, Charles Schera, Fleur Sulmont Et les voix de Louise Marcia Blévins, Béatrice Dedieu, David Geselson, Kathy Packianathan, Jessica Savage-Hanford Scénographie Alice Duchange • Costumes et pièces couture Benjamin Moreau • Lumière Mathilde Chamoux, Jérémie Papin • Son Antoine Richard • Musiques originales Jean-Baptiste Cognet, Teddy Gauliat-Pitois, Antoine Richard • Vidéo Jérémie Scheidler Crédit photo © Jean-Louis Fernandez - Festival d’Avignon Tournée Strasbourg, Théâtre national de Strasbourg, du 24 septembre au 3 oct. Reims, La Comédie, du 20 au 21 nov. Milan (Italie), Piccolo Teatro di Milano, du 28 au 30 nov. Lille, Théâtre de Lille, du 7 au 11 déc. Douai, Tandem – Scène nationale, les 18 et 19 déc. Paris, L’Odéon – Théâtre de l’Europe, du 7 janv. au 6 fév. 2025 Lyon, Les Célestins, du 13 au 21 fév. 2025 Rennes, Théâtre National de Bretagne, du 26 au 28 fév. 2025 Luxembourg, Théâtres de la Ville, les 14 et 15 mars 2025 Liège, Théâtre de Liège, les 20 et 21 mars 2025 Madrid (Espagne), Centro Dramático Nacional, du 28 au 30 mars 2025.

  • « Emma » et Madame Bovary : Un Voyage Temporel Plein d’Humour entre Révolte et Introspection

    Emma. Un nom évocateur, immortalisé par Flaubert dans son chef-d'œuvre, Madame Bovary. Mais cette Emma n'est pas celle que vous pensez. Elle est l'héroïne moderne, née de l'esprit de Dominique Bréda et brillamment incarnée par Julie Duroisin. De bébé prodige à vieille dame, Emma traverse les âges, portant en elle les échos de Madame Bovary tout en les confrontant à notre société contemporaine. Une Enfance Hors du Commun Imaginez un bébé d'un an et demi, à la fois innocente et sage. Emma, dès son plus jeune âge, jongle avec des concepts complexes, des auteurs allemands expressionnistes à la physique quantique, tout en barbouillant les livres de son père. Pourtant, c'est la figure de Madame Bovary qui la hante. Comparant Flaubert et ses semblables à des zombies envahisseurs, elle ressent une colère inexplicable envers ces auteurs du passé. Adolescence en Rébellion À dix-sept ans, Emma se retrouve confrontée à la lecture imposée de Madame Bovary . Elle s'adresse à ses peluches avec une rage contenue : "Salut les peluches. Ça va ? Moi ça va pas, si vous voulez tout savoir. Vous connaissez Gustave Flaubert ? Moi non plus, ce matin, je ne le connaissais pas." Emma rejette avec véhémence cette lecture qu'elle juge dépassée et inutile. Pour elle, les auteurs morts ne peuvent rien apporter à sa vie moderne et tumultueuse. Sa révolte contre le système scolaire et les lectures obligatoires symbolise un refus plus profond d'accepter les vérités inconfortables de la vie. La Crise de la Quarantaine La quarantaine apporte son lot de désillusions pour Emma. Abandonnée par son mari, elle se réfugie dans l'alcool. C'est dans cet état de détresse qu'elle redécouvre Madame Bovary . Entre deux verres, elle plonge dans le texte avec une intensité dévorante, réalisant finalement qu'elle est Madame Bovary. Que nous sommes tous, d'une manière ou d'une autre, des Bovary modernes, en quête de quelque chose de plus, d'indéfinissable et d'inatteignable. "Je suis Madame Bovary. Mon mari est madame Bovary. Tout le monde est madame Bovary." La Vieillesse et la Réflexion À la fin de sa vie, Emma, désormais une vieille dame fragile, contemple son existence avec une lucidité poignante. Elle conclut que les romans à l'eau de rose, les promesses de bonheur des publicités et des médias, sont les véritables successeurs des illusions de Madame Bovary. "Les romans à l'eau de rose sont partout aujourd'hui. J'allume ma grosse télé LCD 37 pouces et je vois... des romans à l'eau de rose." Julie Duroisin : Une Performance Éblouissante Julie Duroisin, dans son interprétation d'Emma, passe d'un âge à l'autre avec une habileté et une sincérité déconcertantes. De la petite fille philosophant sur Flaubert à l'adolescente révoltée, de la femme de quarante ans désabusée à la vieille dame lucide, elle donne vie à chaque facette d'Emma avec une énergie et une émotion palpables. Sa performance transcende le simple jeu d'acteur. Elle devient Emma à chaque instant, capturant l'essence de chaque âge avec une vérité brute. Elle fait rire, pleurer, réfléchir, et surtout, elle nous rapproche de cette vérité intemporelle : nous avons tous quelque chose de Bovary en nous. Emma de Dominique Bréda, incarnée par Julie Duroisin, est plus qu'une simple pièce de théâtre. C'est un voyage à travers les âges, un miroir de notre société et une réflexion profonde sur les illusions et les vérités de la vie. En redécouvrant Madame Bovary, Emma nous invite à nous interroger sur nos propres vies, nos propres attentes et nos propres désillusions. Et peut-être, comme elle, à trouver un sens dans ce chaos. Avis Foudart 🅵🅵🅵 « EMMA » Une pièce de Dominique Bréda Avec Julie Duroisin Mise en scène Dominique Bréda avec l’aide de Laurence Adam Festival OFF Avignon Théâtre Buffon  Du 29 juin au 21 juillet 2024 à 13h15 (relâches les 4 et 11 juillet)

  • La Voix d’or : Une grande fresque musicale émouvante

    Dans le panorama théâtral contemporain, "La Voix d’or" brille comme une véritable pépite d'émotion et de créativité. S’inspirant des histoires familiales fascinantes de Thibaud Houdinière, cette pièce musicale signée Éric Bu est une réinvention captivante de la vie et des amours tumultueuses de Charles Gentes et Christine Vercel, deux figures emblématiques de la chanson d’après-guerre. Une genèse inspirante Tout commence lors de la première de "Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ?", une pièce co-écrite par Éric Bu et produite par Thibaud Houdinière. À la suite de la représentation, une conversation entre les deux hommes fait émerger l’idée de créer un spectacle autour de Charles Gentes, le grand-père de Thibaud, chanteur ayant connu son heure de gloire dans les années 1950. "J’ai toujours pensé que ça ferait un bon point de départ pour un spectacle musical… L’après-guerre, l’émergence des talents de l’époque aux Trois Baudets et chez Patachou ; Aznavour, Ferré, Brassens…", confie Thibaud. Cette réflexion sème la graine d’un projet audacieux qui prendra forme sur la scène. La puissance de la fiction pour révéler la vérité Ce qui rend "La Voix d’or" particulièrement touchant, c’est la manière dont Éric Bu utilise la fiction pour explorer et reconstituer des fragments d’histoire familiale. La relation passionnelle et destructrice entre Charles et Christine est au cœur de la pièce, et le processus de création théâtrale devient une manière de confronter, comprendre, et réinventer le passé. Éric Bu raconte comment des éléments fictifs qu’il avait imaginés se sont révélés être vrais, montrant ainsi que la fiction peut parfois capturer une vérité plus profonde que les faits bruts. Une mise en scène inventive et poétique La scénographie d’Éric Bu, inspirée par une séquence du film de Max Ophüls "Lettre d’une inconnue", est à la fois poétique et artisanale. Un rouleau de décors peints manipulé à vue par l’auteur fait apparaître des évocations poétiques, des paysages et des atmosphères pour chaque scène. Cette approche visuelle, combinée à des éléments mobiliers discrets et des accessoires magiques, crée un univers scénique dynamique et en perpétuel mouvement. Des performances remarquables Le duo central formé par Guillaume, le producteur, et Éric, l’auteur, est interprété par Benjamin Egner et Marc Citti. Leur complicité rappelle des duos célèbres comme Laurel et Hardy, apportant une dimension burlesque et émouvante à la pièce. Marc Citti, en particulier, se distingue par son énergie et sa capacité à passer d’un personnage à l’autre avec une aisance impressionnante, incarnant tour à tour Claude François, Jean Nohain, et bien d’autres. Benjamin Egner complète parfaitement cette dynamique, tempérant la folie créative de son partenaire avec une présence plus réfléchie et émotive. Un hommage vibrant à la chanson française La musique joue un rôle crucial dans "La Voix d’or". Les chansons de l’époque, réarrangées tout en respectant leur esprit original, servent de fil conducteur à l’histoire. Chaque morceau choisi fait avancer la narration et offre une profondeur émotionnelle aux personnages. Les comédiens, excellents chanteurs et danseurs, sont accompagnés par le pianiste Stéphane Isidore, qui signe également les compositions originales du spectacle. Une réconciliation avec le passé En revisitant l’histoire familiale de Thibaud Houdinière, "La Voix d’or" explore des thèmes universels tels que l’amour, la haine, la réconciliation et le déni. La pièce nous invite à réfléchir sur notre propre passé et à trouver des moyens de faire la paix avec nos souvenirs. La scénographie, les lumières, les costumes et les maquillages contribuent à créer une atmosphère nostalgique et émotive qui nous touche profondément. "La Voix d’or" est bien plus qu’un simple spectacle musical. C’est une œuvre riche en émotions, portée par des performances exceptionnelles et une mise en scène ingénieuse. Elle réunit le passé et le présent dans un tourbillon théâtral et musical qui laisse une impression durable. Un spectacle à ne pas manquer pour les amateurs de théâtre et de chanson française. Avis Foudart 🅵🅵🅵 La Voix d’Or Un spectacle musical d’Éric Bu Écrit avec Thibaud Houdinière Avec Sandrine Seubille, Élodie Menant, Grégory Benchenafi, Marc Citti ou Stéphane Giletta, Benjamin Egner, Charlie Fargialla Pianiste, musiques et chansons originales Stéphane Isidore Scénographie Marie Hervé • Costumes Virginie Houdinière • Lumières Cécile Trelluyer • Chorégraphie Florentine Houdinière Crédit photo © Frédérique Toulet

  • Ma République et Moi : Un Témoignage Théâtral de Réconciliation Follement d’Actualité

    Dans un contexte politique où les tensions identitaires sont exacerbées, le seul-en-scène d'Issam Rachyq-Ahrad, « Ma République et moi », prend une résonance particulière. Cette œuvre introspective, jouée dans des espaces modestes comme une petite chapelle à Avignon durant le festival off, nous invite à une réflexion profonde sur notre société. Avec pour seul décor un fauteuil rouge et un transistor à cassettes, Issam nous fait voyager dans ses souvenirs d'enfance, marqués par une double culture marocaine et française. L'histoire débute dans un cadre familier et chaleureux, chez Issam, où le thé et les gâteaux de sa mère nous accueillent. Issam, passionné par Molière et supporter des équipes de football de France et du Maroc, nous parle de sa mère, une cuisinière dévouée dans un hôpital, qui a sacrifié tant pour ses enfants. Cette femme courageuse, souvent jugée par autrui, trouve enfin sa voix à travers les mots de son fils. Le 11 octobre 2019, un incident lors d'une séance du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, où une femme voilée fut violemment attaquée par un élu du Rassemblement National, réveille en Issam des souvenirs douloureux. Cette scène, rappelant les humiliations silencieuses de son enfance, devient un catalyseur pour explorer son rapport au voile porté par sa mère et l'amour qu'elle incarne. Issam nous guide à travers un récit biographique empreint de tendresse et de lucidité. Il rend hommage à cette femme aspirée par le rêve européen, une mère qui écoutait France Info ou Dalida, et qui, un jour, vint le chercher à l'école voilée. La honte ressentie par le jeune Issam de 10 ans est aujourd'hui réexaminée à travers le prisme des préjugés déconstruits. Le spectacle ne cherche pas à opposer les cultures ni à revendiquer de manière agressive. Il met en lumière l'amour réciproque entre une mère et son fils et propose une réflexion sur la coexistence culturelle. Dans une scène poignante, Issam se couvre la tête d'un voile, symbolisant la figure maternelle et son propre parcours entre deux rives culturelles. Avec élégance, Issam répond à la haine et à l'intolérance en démontrant que l'intégration est non seulement possible, mais enrichissante. Il prouve que la diversité culturelle est une force pour notre société. Sa mère, symbole de dignité et de résilience, incarne cette intégration réussie. « Ma République et moi » est conçu pour favoriser le partage et la réflexion sur la place de chacun dans la société, créant ainsi un espace de rencontre et de dialogue. Ce spectacle touche même ceux qui se sentent éloignés du théâtre traditionnel. Issam nous rappelle que notre République inclut aussi sa mère et tous ceux qui, comme elle, enrichissent notre société par leurs différences. En recentrant notre regard sur les personnes plutôt que sur leurs apparences, Issam appelle à une réparation collective, une réconciliation nécessaire pour avancer ensemble. « Ma République et Moi » Texte, mise en scène et jeu Issam Rachyq-Ahrad Collaboration artistique Thibault Amorfini Dramaturgie, scénographie, lumière Fréd Hocké Création son Frédéric Minière Chant Jeanne-Sarah Deledicq Crédit photo Xavier Cantat Festival OFF Avignon Théâtre des Halles 29 juin au 21 juillet à 14h • Relâche les 3, 10 et 17 juillet Durée 1h • À partir de 10 ans

  • 4211 km : Un Miroir Émotionnel et Actuel entre Paris et Téhéran

    La pièce de théâtre "4211 km", écrite et mise en scène par Aïla Navidi, est une oeuvre émouvante et puissante qui explore les thèmes de l'exil, de l'identité et de la liberté. Cette distance, qui sépare Paris de Téhéran, représente le parcours tumultueux d'une famille iranienne en quête de paix et d'identité. Un Récit Familial Bouleversant Au coeur de l'histoire, Yalda, fille de Mina et Fereydoun Farhadi, réfugiés politiques iraniens, nous plonge dans leur vie d'exil en France. Née à Paris, elle se trouve tiraillée entre deux mondes : celui de sa famille, marquée par le combat pour la liberté et l'espoir d'un retour en Iran, et celui de la société française, dans laquelle elle peine à trouver sa place. Talent Narratif et Scénographie Captivante La pièce se distingue par sa narration fluide et un talent narratif remarquable. La scénographie, simple mais ingénieuse, permet de voyager à travers différentes époques et lieux, créant un lien étroit entre nous et les personnages. Les changements de costumes et même de coiffures enrichissent cette expérience théâtrale. Des Performances Impressionnantes Le spectacle est porté par des acteurs talentueux, dont Olivia Pavlou-Graham et Florian Chauvet, interprétant Yalda et Baba avec une justesse inouïe. Leur performance, tout comme celle d'Aïla Navidi, apporte une dimension réelle et touchante à l'histoire. Une Réflexion sur l'Identité et l'Héritage "4211 km" est plus qu'une simple représentation théâtrale ; c'est une réflexion profonde sur l'identité, le déracinement et l'héritage culturel. Il questionne la capacité à s'intégrer dans une société tout en préservant ses racines. L'histoire de Yalda est celle de nombreuses personnes confrontées à des défis similaires. Résonance avec l'Actualité et le Contexte en Iran Alors que l'Iran continue de faire face à des troubles politiques et sociaux, la pièce résonne particulièrement avec l'assassinat de Mahsa Amini en septembre 2022, un événement qui a déclenché des manifestations massives en Iran pour les droits des femmes et contre les restrictions gouvernementales. Elle fait écho à des thèmes d'une actualité brûlante et souligne l'importance de la lutte pour la liberté et la justice. La pièce met également en lumière la bravoure et la résilience des personnes qui s'élèvent contre l'oppression. Récompenses et Reconnaissance L'œuvre a été justement récompensée, recevant plusieurs prix, dont le Prix du Public et la Mention Spéciale du Prix Théâtre 13 en 2022. Ces distinctions soulignent la qualité exceptionnelle du spectacle et son importance dans le paysage théâtral contemporain. "4211 km" est un vibrant appel à la compassion et à la prise de conscience, offrant un aperçu poignant de la vie des exilés iraniens et de leur lutte incessante pour la liberté et l'identité. Ce spectacle incontournable allie émotion, histoire et réflexions profondes sur des sujets universels. À travers son histoire personnelle et sa vision artistique, Aïla Navidi offre un bijou théâtral qui restera gravé dans les mémoires. Avis Foudart 🅵🅵🅵🅵 4211 km Texte et mise en scène Aïla Navidi Avec Olivia Pavlou-Graham, Florian Chauvet, Aïla Navidi en alternance avec Alexandra Moussaï, Sylvain Begert en alternance avec Thomas Drelon, Benjamin Brenière en alternance avec Damien Sobieraff, June Assal en alternance avec Lola Blanchard Assistante à la mise en scène Laetitia Franchetti • Scénographie Caroline Frachet • Création lumière Gaspard Gauthier • Création sonore et vidéo Erwann Kerroc’h • Crédit photo © Dimitri Klockenbring Festival OFF Avignon 11 • AVIGNON du 2 au 21 Juillet 15h00 Spectacle vu au STUDIO MARIGNY

  • Frida Kahlo : une Soirée avec Helena Noguerra

    Après le festival "L'invitation au voyage" de Biarritz, l'antre intimiste de la Piccola Scala accueille un événement d'une rare délicatesse. Accompagnée de la guitare envoûtante de Laurent Guillet, Helena Noguerra tisse un lien éthéré entre l'audience et Frida Kahlo, illustre peintre mexicaine connue pour ses œuvres vibrantes, sa vie tumultueuse, et son engagement politique. Le spectacle débute, et déjà, l'atmosphère se charge d'une émotion palpable. Pieds nus, vêtue d'un simple jean et d'un haut noir, Helena fait son entrée, non pas comme une star, mais comme une hôte nous conviant dans son univers littéraire. Elle nous accueille dans ce qui pourrait être son salon, évoquant avec sincérité et simplicité son parcours, de l'école abandonnée à sa passion dévorante pour la littérature. Une Immersion dans les Correspondances de Frida Kahlo Mais ce soir, la littérature prend une forme particulière : celle des correspondances de Frida Kahlo. Helena, avec une grâce infinie, plonge dans le rôle de Frida à l'âge de 17 ans, nous offrant plus qu'une lecture, une incarnation. Les lettres de Frida, empreintes de souffrance, d'amour, de passion pour la peinture et d'engagement politique, se mêlent à la voix d'Helena, créant une symphonie d'émotions. Le choix des correspondances, s'étendant de 1925 à 1953, offre un portrait intime de Frida : une jeune fille brisée par un tragique accident, une femme à la fois aimée et trahie, une artiste d'une intensité brûlante. À travers ces fragments de vie, c'est toute la complexité de Frida Kahlo qui se révèle, dans ses moments de joie éphémère comme dans ses abîmes de solitude. Une Performance Touchante et Sincère Dans un décor épuré, entourée d'objets symboliques et de la présence essentielle de Laurent Guillet à la guitare, Helena transcende la simple lecture. Elle interprète avec émotion, chante, et incarne les mots de Frida, partageant avec nous la force, l'intensité, le désespoir et l'enthousiasme qui caractérisent l'œuvre et la vie de Frida Kahlo. Le spectacle, tout en subtilité et en profondeur, dévoile une Helena Noguerra d'une touchante sincérité. Elle nous fait comprendre que, si l'essence de Frida Kahlo réside dans ses toiles, ses mots n'en sont pas moins, sont ciselés, chargés d'images et d'émotions intenses. La performance d'Helena Noguerra, avec sa diction particulière, sculpte ces mots au scalpel, nous faisant ressentir avec acuité les maux de Frida. Un Souvenir Indélébile La soirée à la Piccola Scala, dominée par l'émotion et la magie, promet de laisser un souvenir indélébile. Helena Noguerra, à travers son interprétation passionnée et sa connexion profonde avec le texte de Frida Kahlo, nous invite à un voyage au cœur de l'âme humaine, dans toute sa beauté, sa complexité et sa fragilité. Une performance remarquable qui rend un vibrant hommage à Frida Kahlo, célébrant la littérature et la vie dans leurs aspects les plus poignants. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 FRIDA KAHLO / HELENA NOGUERRA Texte Françoise Hamel Mise en espace Catherine Schaub Lecture Helena Noguerra Guitare Laurent Guillet Visuel ©Thomas O’Brien LA PICCOLA SCALA Du 29 janvier au 25 mars - Le lundi à 21h • Du 6 avril au 23 juin • Le samedi 21h30 et le dimanche 17h30

  • "Dévorante", une Odyssée Culinaire au Cœur de l’Intime

    Voici un spectacle unique en son genre, un véritable OVNI théâtral qui réussit avec audace à fusionner l'art culinaire avec des histoires profondément humaines et intimes. "Dévorante" est une de ces perles rares, une pièce qui nous entraîne dans un voyage inattendu au cœur de la gastronomie italienne, tout en abordant des thématiques aussi poignantes que la violence conjugale, l'emprise psychologique et la quête de résilience. Portée par Eleonora Galasso, ambassadrice en France de la Dolce Vita, cette œuvre singulière invite à une réflexion puissante sur la manière dont les épreuves peuvent être surmontées et partagées… le tout enveloppé dans l'ambiance chaleureuse d'une cuisine italienne. Auteure, comédienne et véritable force de la nature, elle nous révèle son histoire personnelle marquée par une relation toxique qui a failli lui coûter la vie. Mais loin de sombrer dans le pathos, Galasso choisit la métaphore culinaire pour aborder ces sujets douloureux, transformant ses recettes et ses cours de cuisine en une plateforme de dialogue sur la violence domestique et la manipulation psychologique. Ses confidences, partagées entre quatre œufs et 100 g de parmesan, tissent une histoire de résilience et d'émancipation, où la cuisine devient le théâtre de révélations intimes. La mise en scène de Chloé Froget enrichit le texte d'Eleonora Galasso en offrant un spectacle hybride, oscillant entre moments de légèreté culinaire et révélations d'une gravité poignante. Le défi scénographique était de taille : représenter une cuisine méditerranéenne, puis basculer vers des espaces symbolisant la réparation et le partage, comme un hôpital ou un groupe de parole. Cette alternance de lieux et d'ambiances vise à matérialiser la dualité de l'expérience humaine, entre façade joyeuse et réalités plus sombres. Au-delà de la séduction des plats italiens et du charisme d'Eleonora réside une histoire de bravoure et de lutte contre l'isolement. "Dévorante" lance un appel puissant à briser le silence, célébrant la capacité de l'art à guérir et à rassembler, tout en initiant une prise de conscience sur les dynamiques de pouvoir au sein des relations affectives. La collaboration de Galasso avec La Maison des Femmes souligne son engagement à utiliser son art comme un levier de soutien et d'inspiration pour d'autres femmes, illuminant le chemin de l'adversité vers la lumière. "Dévorante" offre une immersion théâtrale unique, mêlant émotions, sensations et réflexions profondes, pour éveiller empathie et contemplation. Laissez-vous envoûter par l'incroyable talent d'une actrice qui navigue avec aisance entre danse, art culinaire et interprétation. C'est une expédition inattendue et enrichissante qui vise à émouvoir vos sens et à éveiller votre intellect, dans un cadre où la cuisine italienne émerge comme le symbole suprême de la liberté et du renouveau. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 DÉVORANTE Écriture Eleonora Galasso et Chloé Froget Mise en scène Chloé Froget Avec Eleonora Galasso Scénographie Agnès Comar • Lumière Damien Peray • Musique Christophe Charrier • Costume Molli et Viollaine de Merteuil • Voix Collectif Réciproque Crédit / Copyright Pénélope Caillet Festival OFF Avignon LE PETIT LOUVRE (VAN GOGH) Du 29 Juin au 21 Juillet 16h35 • Durée 1h15 Spectacle vu au Théâtre des Mathurins

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