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Béjart Ballet Lausanne - Le rituel toujours vivant, le Boléro toujours brûlant


🅵🅵🅵 FOUD’ART


À La Seine Musicale, le Béjart Ballet Lausanne présentait un triptyque emblématique - Béjart et nous, L’Oiseau de feu, Boléro. Une soirée hommage qui traverse l’œuvre de Maurice Béjart entre foisonnement, puissance rituelle et émotion collective. Une première partie déroutante, une seconde inoubliable, et un Boléro toujours capable de suspendre le temps.



UN TRIPTYQUE POUR TRAVERSER BÉJART


Du 11 au 15 mars 2026, le Béjart Ballet Lausanne investissait La Seine Musicale avec un programme en forme d’hommage :

Béjart et nous / L’Oiseau de feu / Boléro.


Trois œuvres majeures de Maurice Béjart, trois périodes, trois façons d’aborder la danse comme langage universel. Deux heures de spectacle avec entracte pour rappeler que Béjart ne chorégraphiait pas seulement des mouvements, mais une vision du monde où musique, corps et pensée avancent ensemble.


Près de vingt ans après la disparition du chorégraphe, la salle est pleine, attentive, presque recueillie. Preuve que ce répertoire, loin d’être un monument figé, reste profondément vivant.



UNE PREMIÈRE PARTIE FOISONNANTE : BÉJART ET NOUS


La soirée s’ouvre avec Béjart et nous, montage de solos, de pas de deux et d’ensembles recomposés, traversant différentes périodes du répertoire. De Brel à Beethoven, de Mozart au tango, la pièce ressemble à un kaléidoscope.


L’ensemble peut déstabiliser. Le spectacle semble parfois partir dans plusieurs directions, comme si l’on feuilletait trop vite un album trop riche.


Mais ce foisonnement dit beaucoup de Béjart. Chez lui, la danse n’est jamais purement esthétique : elle est à la fois philosophique, populaire, spirituelle, sentimentale et politique.


Cette première partie ne cherche pas l’unité parfaite. Elle rappelle qu’un grand chorégraphe ne se résume jamais à un style.



L’OISEAU DE FEU - LA DANSE COMME ÉNERGIE


Avec L’Oiseau de feu, la soirée change de ton. La musique de Stravinsky impose sa pulsation, et la chorégraphie se resserre autour de l’essentiel.


Plus de narration, presque plus de décor : seulement des corps, un groupe, une tension.


Le style Béjart apparaît ici dans toute sa singularité, avec un ancrage fort au sol, des gestes larges, une puissance collective et une dimension presque rituelle.


L’Oiseau n’est pas un personnage. C’est une force, une renaissance, une combustion.


La danse devient physique, terrienne, nécessaire. Et l’émotion surgit sans effet.



BOLÉRO - LA CÉRÉMONIE ROUGE


Puis vient Boléro, et avec lui l’un des ballets les plus célèbres du XXe siècle.


Une table rouge au centre du plateau, un cercle de danseurs, un rythme obstiné, un crescendo inexorable.


Béjart transforme la musique de Ravel en rituel païen, en montée hypnotique, en transe collective. La répétition devient tension, la tension devient désir, et le désir finit par envahir tout l’espace.


Au centre apparaît Elisabet Ros, figure historique du Béjart Ballet Lausanne.


Sa présence est magnétique. Rien de démonstratif, rien d’appuyé : un regard fixe, des gestes contrôlés, une tension intérieure permanente.


Elle ne cherche pas l’effet, elle impose la nécessité.


Entrée dans la compagnie à la fin des années 1990, elle incarne ce style unique voulu par Béjart : expressif mais jamais démonstratif, sensuel sans vulgarité, puissant sans virtuosité gratuite, spirituel sans discours.


Son Boléro est moins spectaculaire que certains, mais infiniment plus habité. Quand le groupe envahit la table rouge, la salle entière retient son souffle.


On ne regarde plus un ballet. On assiste à une cérémonie.



BÉJART AUJOURD’HUI : DATÉ OU INTEMPOREL ?


En regardant ce spectacle, une question s’impose : que reste-t-il de Béjart aujourd’hui ?


Dans un paysage chorégraphique souvent conceptuel, parfois distancié, Béjart ose encore le grand geste, l’émotion directe, la musique frontale, le symbole et le corps comme langage universel.


Et le public répond présent.


Le Béjart Ballet Lausanne continue de remplir des salles immenses, preuve que cette danse, à la fois populaire et exigeante, touche quelque chose d’essentiel, et finalement d’intemporel.


Le spectacle ne cherche pas à être moderne. Il cherche à être vivant.


Et dans Boléro, comme dans L’Oiseau de feu, le rituel fonctionne encore et toujours. Ce spectacle est un immanquable. Il faut y courir, y voler, et se laisser embarquer dans cette transe collective.



INFOS PRATIQUES


BÉJART BALLET LAUSANNE

Béjart et nous – L’Oiseau de feu – Boléro

Du 11 au 15 mars 2026

📍 La Seine Musicale

Durée : environ 2h avec entracte


Tournée française 2026 : Strasbourg, Reims, Bordeaux, Nantes, Toulouse, Nice


Direction artistique : Julien Favreau

Chorégraphies : Maurice Béjart




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