google.com, pub-7957174430108462, DIRECT, f08c47fec0942fa0
top of page

COMMENT NICOLE A TOUT PÉTÉ - Grand barnum climatique, petite secousse


🅵 FOUD’ART - Une machine scénique XXL, une troupe survoltée, des fulgurances comiques… mais un spectacle qui “voit grand” au point d’écraser ce qu’il promet : du vertige, on repart surtout avec un constat un peu plat.



Un débat public qui part en vrille (et c’est le concept)


Frédéric Ferrer fabrique un faux débat participatif : micros, prises de parole, experts, opposants, habitants, élus, et même quelques espèces invitées au micro. Au centre : une mine de lithium, la transition écologique, et le grand théâtre de nos bonnes intentions.


Le dispositif alterne réunions et “plongées” dans l’histoire du climat — du temps long au temps court, du local au global. Sur le papier, c’est une idée redoutable : montrer comment nos décisions minuscules s’écrasent sur l’immensité du vivant.



Ce qui fonctionne : le plateau, l’énergie, la satire


Là, rien à dire : l’équipe est électrique. Ça court, ça change de peau, ça relance. Ferrer a ce talent précis : faire rire avec la langue administrative, les postures de pouvoir, la violence polie du “management responsable”.


Certaines scènes sont franchement savoureuses - notamment quand le spectacle croque la figure corporate : la cheffe de projet, sûre d’elle, impeccable… et terrifiante de normalité. C’est drôle parce que c’est vrai. Et, pendant quelques instants, la satire devient une arme.


Et puis il y a des éclats plus précieux : quand le vivant cesse d’être un décor et redevient une fragilité - faune, flore, sol, eau. Là, on se réveille. Là, ça mord.



Ce qui coince : “tout ça pour ça”


Mais voilà : ça en fait beaucoup. Beaucoup de dispositif, beaucoup de monde, beaucoup d’images, beaucoup d’intentions. Et au bout d’un moment, le spectacle semble tourner autour d’une conclusion qu’on a déjà : ces débats participatifs peuvent être bruyants, dilués, et parfois… franchement inutiles.


C’est là que la frustration arrive. Parce que la pièce annonce une dystopie, une complexité, un trouble. Or on apprend finalement assez peu - et surtout, on ne sent pas le choc.


Le spectacle parle de l’extractivisme version “verte”, de la transition qui déplace les dégâts… mais l’écriture, très orientée, simplifie parfois son adversaire. À force de vouloir être clair, ça devient un peu “pensée unique”. Intéressant, oui. Déstabilisant ? Pas assez.



Le paradoxe Ferrer : l’humour qui éclaire… et l’empathie qui adoucit


Comparé à Le Problème lapin (déjanté, instructif, sans morale), Nicole paraît plus lourd. Plus démonstratif. Plus “grand format”. Et ce grand format finit par lisser : trop de bons sentiments enlèvent de la profondeur à un sujet grave.


On rit, on suit, on admire parfois la machine. Mais on attend cette bascule - celle où le théâtre ne décrit plus le monde : il le fait vaciller. Et elle n’arrive pas tout à fait.



FOUD’ART 🅵


Une proposition ambitieuse, portée par une troupe au cordeau et des scènes très drôles. Mais une fresque qui confond parfois ampleur et impact : beaucoup d’énergie pour une secousse trop courte. On s’attendait à mieux. On ressort un peu déçu - et c’est rageant, parce que le sujet, lui, mérite un uppercut.



Infos pratiques


Comment Nicole a tout pété

Conception et mise en scène Frédéric Ferrer

Recherches et écritures Clarice Boyriven

et Frédéric Ferrer

Avec Karina Beuthe Orr, Clarice Boyriven

en alternance avec Caroline Dubikajtis Patosz,

Guarani Feitosa, Frédéric Ferrer,

Militza Gorbatchevsky, Hélène Schwartz

Crédit photo Vincent Beaume


THÉÂTRE DU ROND POINT

21 janvier - 7 février 2026 • Mardi au vendredi, 19h30 - samedi, 18h30 - dimanche, 17h



Commentaires


bottom of page