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DÉBANDADE - Quand la masculinité se met en mouvement


🅵🅵🅵🅵 FOUD’ART - Une danse joyeusement politique qui fissure le patriarcat à coups de récits, de corps et d’humour



Sept hommes sur scène, sept façons d’être au monde


Avec Débandade, Olivia Grandville orchestre une traversée aussi festive que nécessaire au cœur des masculinités contemporaines. Sept interprètes, tous trentenaires, aux parcours artistiques et culturels multiples, se tiennent sur le plateau comme on se tiendrait dans un cercle de parole — sauf qu’ici, les mots passent aussi par le corps, la danse, la chanson.


Le titre annonce la couleur : Débandade, comme un mouvement de fuite, de désordre, mais aussi comme un lâcher-prise salutaire. Il ne s’agit pas de proposer un modèle alternatif clé en main, encore moins une leçon de morale. Grandville préfère le collage, la polyphonie, le frottement des récits intimes avec l’histoire collective.

Comment devient-on un homme ? Qu’a-t-on reçu, hérité, subi ? Et que fait-on, aujourd’hui, de ce legs patriarcal qui vacille sans toujours savoir comment s’effondrer ?



L’unité, peut-être pas ; l’harmonie, assurément


À la croisée de la danse contemporaine, du théâtre chorégraphié, de la comédie musicale et du stand-up, Débandade assume pleinement son caractère protéiforme. Les séquences s’enchaînent sans chercher l’unité à tout prix : solos dansés, chœurs explosifs, chansons populaires, confidences presque documentaires, adresses directes au public.


Ce foisonnement n’est pas un effet de style gratuit. Il épouse au contraire la complexité du sujet : la masculinité n’est ni monolithique ni stable. Elle est traversée de contradictions, de doutes, d’élans contraires. Le plateau devient alors un espace de circulation permanente entre force et fragilité, dérision et gravité, exhibition et pudeur.


La vidéo, utilisée comme un espace de confession ou de mise à distance, dialogue avec une scénographie sobre qui laisse toute la place aux corps. Ici, le mouvement fait dramaturgie. Les gestes racontent autant que les mots.



Olivia Grandville, l’art de l’indiscipline


On retrouve dans Débandade tout ce qui fait la singularité d’Olivia Grandville : une écriture inclassable, nourrie d’une histoire dense de la danse — de l’Opéra de Paris à Dominique Bagouet — mais toujours prête à se contaminer d’autres langages. Chez elle, le texte n’est jamais décoratif : la parole surgit comme un acte chorégraphique à part entière.


Depuis plusieurs années, la chorégraphe explore des formes collectives et politiques, traversées par la littérature et le réel. Débandade s’inscrit dans cette continuité, tout en prenant une tonalité particulièrement joyeuse. On sent le plaisir du groupe, l’intelligence du partage, le refus de figer les identités.



Une pièce en équilibre


La grande force de Débandade réside dans son équilibre délicat : drôle sans être cynique, politique sans être démonstratif, émouvant sans jamais forcer l’empathie.


On rit souvent, on est touché parfois, on se reconnaît par moments — quel que soit son genre. Car si la pièce parle des hommes, elle parle surtout de rapports, de constructions sociales, de regards croisés. Elle propose une vision de l’homme plus poreuse, plus douce aussi, sans renier l’énergie, la puissance, le désir.


Oui, le rythme peut sembler volontairement éclaté, presque foutraque. Mais cette dispersion apparente fait sens : elle empêche toute lecture univoque, toute conclusion confortable.



🅵🅵🅵🅵 FOUD’ART — Quand la danse se mêle aux récits, Débandade ouvre un espace rare.

Sept hommes, sept masculinités, toutes différentes, racontent leur parcours avec une sincérité désarmante. On voit l’homme dans ce qu’il a de plus juste, de plus vrai : sa force autant que sa sensibilité, son énergie comme sa douceur.


Et si Débandade n’abat pas le patriarcat, elle le fait au moins vaciller. Elle l’ébranle avec joie, intelligence et générosité. Un spectacle drôle, festif, émouvant, d’une créativité contagieuse, qui laisse derrière lui une sensation précieuse : celle d’un monde un peu plus respirable.



Infos pratiques


Débandade

Conception et chorégraphie Olivia Grandville

Avec Habib Ben Tanfous, Jordan Deschamps, Martín Gil, Adriano Coletta, Matthieu Patarozzi, Matthieu Sinault, Eric Windmi Nebie, Antoine Bellanger

Création sonore Jonathan Kingsley Seilman • Création vidéo et regard extérieur César Vayssié • Création lumière Titouan Geoffroy et Yves Godin • Scénographie James Brandily • Costumes : Marion Régnier

Crédit photo © Marc Domage


Théâtre du Rond-Point

17 → 20 décembre 2025 • Du mercredi au vendredi 19h30 • Samedi 18h30

Durée 1h30


En tournée

11 décembre 2025 — Le Carreau, Scène nationale de Forbach

19 & 20 mars 2026 — Théâtre du Bois de l’Aune, Aix-en-Provence


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