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interview de Bruno Gaccio : les Pâtes à l'Ail

Une pièce tendre et truculente


FREDERIC BONFILS. Bonsoir Bruno GACCIO, est ce que vous faites vraiment les pâtes sur scène ?

BRUNO GACCIO. Bien sûr, on fait les pâtes à l'ail, on les rate, mais oui. On les faits.

J'étais au deuxième rang et ca sent l'ail, figurez-vous

(rire) On fait vraiment la "scarpetta": on coupe la tomate, on met l'ail, de l'huile d'olive, un peu de vinaigre balsamique, du sel, du poivre. Mais ce soir, il n'y avait pas de basilic.

Ce n'est pas pas évident de boire, de manger, de cuisiner sur scène

Nous, on fait tout « comme à la maison ».

Vous dites ça, comme si c’était vraiment naturel, mais ce n'est si pas évident

Ah, c'est du travail ! En même temps, on a 60 ans de répétition, derrière nous.

Justement, vous connaissez réellement Philippe Giangreco, depuis 60 ans ?

Il est du mois de février 59 et moi, du mois de décembre 58. Sa mère nous gardait quand nous étions nourrissons, mais il y a des périodes où l’on ne s'est pas vu.

Je trouve que Pâtes à l’ail est une pièce très drôle, mais aussi émouvante

On a tout écrit à trois et on essaie de rester assez ironique, en général.

Les histoires de trentenaires, ça marche mais ce n’est plus pour nous (rire). À 60 piges, on a perdu des amis, des parents et ces tragédies dans nos vies comptent. Je suis membre de l'ADMD, l'association du droit à mourir dans la dignité, Ce sujet me tient particulièrement à cœur.

mais, finalement, la pièce est un peu le contre pied de ce que vous dites car votre personnage tente tout ce qu’il peux pour que son ami reste en vie

En effet ! Après le choc de l’annonce, il devient combatif. Il essaie plein de choses et il se rend compte que l'autre mange tout. Il tente de le pousser à bout jusqu'à l'énerver au point de le retenir. Mais pour ça, il faut se connaître depuis 60 ans. Quand on connaît vraiment quelqu'un, on peut se dire, si j'appuie sur le bouton alors il va s'énerver, alors il va changer sa vision, alors il va oublier son problème et il va avancer.


On se demande constamment où est le vrai et le faux ?

En fait il n'y a qu’eux deux qui peuvent savoir au bout du compte. Ce qui est important pour le public, c'est qu'à chaque fois, vous ayez cette émotion et que vous vous disiez « Mais pourquoi il lui raconte ça. Ça n'a pas de sens. »

J’ai eu le sentiment d’être presque avec vous, dans votre salon

Ce que vous dites me fait plaisir (Rire). J’aimerais que les gens se disent en sortant, « On a passé une soirée à bouffer des pâtes ensemble, avec des potes. Il y en a un qui a un problème, mais tout ça, ca va se régler".


Et avec l'odeur qui arrivait...

Philippe me dit « Fait gaffe. Tu ne peux pas faire cuire de l'ail (Rire). On n'est pas à la maison et on va pas pourrir le théâtre. »

votre pièce est drôle, souvent ironique, mais jamais acide. Merci beaucoup

Merci, merci à vous. Bon allons boire un petit coup, maintenant (Rire) Voir la critique de la pièce Les pâtes à l'ail