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L’oubli que nous serons

Dernière mise à jour : 29 août 2021

Critique et interview

Avis de Foudart 🅵🅵🅵

Colombie, années 1980. Le docteur Héctor Abad Gómez lutte pour sortir les habitants de Medellín de la misère. Malgré les menaces qui pèsent sur lui, il refuse d’être réduit au silence. Le destin de ce médecin engagé et père de famille dévoué se dessine à travers le regard doux et admiratif de son fils.

Adapté de faits réels, L’oubli que nous serons est à la fois le portrait d’un homme exceptionnel, une chronique familiale et l’histoire d’un pays souvent marqué par la violence.

Ce livre autobiographique est d’abord l’éloge, tout en délicatesse et respect, d’un fils à son père, médecin humaniste, militant des droits de l’Homme.

Dès sa sortie en 2006, le roman d’Héctor Abad, L’oubli que nous serons, a été un immense succès. Il est aujourd’hui considéré comme un des chefs-d’œuvre de la littérature hispanique. L’auteur est le fils du docteur Abad assassiné à Medellín en 1987.


Une formidable histoire d’amour entre un père et un fils

En transposant ce très beau livre au cinéma Javier Cámara a fait un belle reconstitution de la Colombie des années 70-80 et de sa violence politique, mais il fait surtout une chronique familiale pleine de nostalgie et de tendresse. Une chronique sur deux époques bien distinctes. L’enfance du jeune Abad et la mort du père.

C’est un récit de l’intime où chaque mot porte des émotions et des souvenirs précis.

L´oubli que nous serons a été tourné à Medellín et entourés par la famille Abad

Deux époques traitées par Fernando Trueba de façons très différentes avec alternativement des images en couleurs et d’autres en noir et blanc. Les ambiances, les préoccupations et le regard des protagonistes changent également entre les deux époques.

Tout homme à droit aux cinq « A » : aire (l’air), agua (l’eau), alimento (la nourriture), abrigo (un toit), affecto (l’affection). Réplique du film

Un film qui se dégusterait comme une belle histoire, un beau souvenir de notre enfance

L’oubli que nous serons est un film fleuve débordant d’amour et d’humanité. Le début et la fin du film sont de très beaux moments de cinéma et l’on comprends, dès les premières minutes, que tout sera présenté par le prisme de la pensée du fils. Ce point de vue artistique lié à l’enfance et à la nostalgie est tout à fait respectable, mais donne une sensation un peu édulcorée et simpliste des personnages.

 

L’OUBLI QUE NOUS SERONS

Sélection officielle – Festival de Cannes

Goya du Meilleur Film Hispano- Américain 2021

ESPAGNOL - 2020- 135 MINUTES

RÉALISÉ PAR FERNANDO TRUEBA

ADAPTÉ DU ROMAN DE HÉCTOR ABAD FACIOLINCE

AVEC JAVIER CÁMARA, NICOLÁS REYES, JUAN PABLO URREGO, PATRICIA TAMAYO, MARÍA TERESA BARRETO, LAURA LONDOÑO, ELIZABETH MINOTTA, KAMI ZEA, LUCIANA ECHEVERRY, CAMILA ZÁRATE, WHIT STILLMAN

SCÉNARIO DAVID TRUEBA

MUSIQUE ORIGINALE ZBIGNIEW PREISNER

DISTRIBUÉ PAR NOUR FILMS

Sortie cinéma, le 9 juin 2021


portrait d'un pere et d'un fils

 

Interview de Fernando Trueba

J’ai eu la chance de rencontrer Fernando Trueba, le réalisateur Espagnol oscarisé de passage à Paris, à l’occasion de la sortie de son film L’oubli que nous serons. Une occasion de parler de cinéma et du film.


Frédéric Bonfils Parlez-moi du titre du film l’Oubli que nous serons qui est quand même assez étonnant .


Fernando Trueba

Oui. Le titre, comme vous le savez, dans le film, vient de ce poème attribué à Borges, que le docteur Hadad avait dans la poche de sa veste quand il a été assassiné. C'est un "sonnet" qu'il avait lu quelques jours avant dans son programme à la radio qu'on peut dire lapidaire. Parce que c'est quelqu'un qui parle de l'au-delà et qui est déjà mort et oublié. Mais c'est un beau "sonnet".


Donc, on parle de la famille Héctor Abad Gómez.

Enfin, le père d'Hector, le fils aussi, d'ailleurs. Il y a quelques Espagnols dans le film. Nous sommes 5 avec Javier Cámara. À l’exception d’un américain, le reste de l’équipe est colombien, plus un américain, Whit Stillman. Zbigniew Preisner, qui a créé la musique, est polonais.