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Dealer sort au cinéma. interview de Jeroen Perceval

« Le cinéma belge : une certaine vision, un certain caractère, un humour particulier, un humour noir, un peu absurde »


Jeroen Perceval, scénariste et comédien, pour son premier film en tant que réalisateur a choisit un sujet particulièrement intime et personnel « l'histoire d’un jeune qui cherchent une vie meilleure dans la rue et qui a besoin de modèles » et nous montre tout son talent de direction d’acteur, son sens du rythme et de l’émotion. L’occasion d’une belle rencontre !



« J’ai, moi-même, connu des moments difficiles. J'ai eu des problèmes d'addiction jusqu'à l'âge de 25 ans »


FRÉDÉRIC BONFILS - Dealer est un film intense, puissant qui semble être aussi très intime, presque autobiographique ?

JEROEN PERCEVAL - C'est avant tout une fiction, mais à Anvers où je suis né et j'ai grandi, je connais des gamins qui bossent pour des dealers plus âgés. J’ai, moi-même, connu des moments difficiles. J'ai eu des problèmes d'addiction jusqu'à l'âge de 25 ans. Et puis je connais aussi ce sentiment de vide qui est celui d'Anthony.  Les gens qui ont une certaine célébrité, notoriété peuvent aussi se sentir très seuls et isolés.


FB - J'ai trouvé que Johnny était un peu comme un ange dans le film, entouré par deux adultes pas forcément malveillants mais quand même très négatifs pour lui

JP - Les deux adultes sont extrêmement différents mais ils ne sont pas récupérables, ni l'un ni l'autre.

Pour Johnny, le problème est qu’il n’y a pas d'adultes pour lui. D'une certaine manière, il cherche un socle, une base, mais en même temps, il a besoin d’amour et de reconnaissance : sa mère ne peut pas lui donner parce qu'elle souffre d'une maladie mentale, Anthony, parait le plus normal, mais il est bien trop égocentrique, trop dépendant de la drogue et Lucas est un gangster "type", drogué et très opportuniste.

Je pense que la disponibilité d'un adulte pour un enfant, c'est quelque chose de très important en fait.


« Les premières personnes qu’un gamin rencontre, ce sont les parents et ce sont eux qui vont leur donner la possibilité de grandir avec des bases solides »


FB - Ils ne sont surtout pas assez solides ?

JP - La tragédie de Johnny, c'est qu'il vient d’un environnement vulnérable et ne fait pas les bonnes rencontres.

Il y a beaucoup de gamins comme ça qui finalement ne sont entourés que par des gens qui sont des exemples négatifs et vont les orienter dans la mauvaise direction.


FB - Sverre Rous - Johnny est de tous les plans. C’est vraiment une révélation incroyable ? Le film repose en grande partie sur lui. Comment l'avez trouvé, comment s'est passé le tournage ?


« Il est incroyable ce garçon. Je le trouve à la fois très enfantin et très mature »


JP - Nous avons rencontrer des centaines d’enfants pendant plusieurs mois, mais finalement, c’est lui qui est sorti du lot par la rencontre avec des associations.


FB - Et si me vous parliez un peu de Ben Segers qui est très connu pour ses rôles comiques et que j’ai adoré dans le film en tant que star de théâtre aux multiples défauts ?

JP - J'ai vraiment été troublé de le voir dans ce rôle si particulier. Il fait une composition très dense et très profonde et j’ai adoré le voir fonctionner sur le plateau avec Sverre Rous.


FB - Je suis un grand admiration du cinéma belge que je trouve vraiment intéressant. Pourquoi finalement ce cinéma est-il si différent, si intéressant, à la fois décalé et si réel ?


« La manière dont la Belgique est administrée est assez absurde, finalement »


JP - (Rire) Déjà il y a quatre gouvernements en Belgique. Donc du coup, ça veut dire que la manière dont le pays est administré peut devenir absurde, finalement.

En plus, en Flandre, on a été très longtemps occupé par les Espagnols, les Français, les Anglais, les Néerlandais, mais à l’école, la scolarité était en français, uniquement. Donc ça à toujours créer un certain décalage et je pense que tout ceci donne une certaine vision, un certain caractère, un humour particulier, un humour noir un peu absurde. Et puis, en Flandre, on a, aussi, une très forte tradition picturale avec des gens comme Rubens, Monet. Une certaine vision du monde qu’on peut retrouver dans les films d’aujourd’hui.



 

DEALER

Un film de Jeroen Perceval

Avec Veerle Baetens, Sverre Rous, Ben Segers et Bart Hollanders


Au cinéma, le 9 novembre • Drame |104 min | Belgique





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