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  • La main leste

    Quand le théâtre « à l’air libre » nous propose une soirée mémorable Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 Dans La main leste d’Eugène Labiche, M. Legrainard a bien du mal à tenir en ordre sa maison et sa boutique de fleurs face au tempérament de feu de sa femme. Alors quand un peintre excentrique fait irruption dans son salon il craint le pire, d'autant que ce dernier ne semble pas laisser sa fille indifférente... En pleine crise sanitaire, alors que les salles de théâtre sont toujours fermées, les quatre comédiens - Estelle Haas, Timothée Grivet, Fanny Fourme et Arthur Cachia - décident de monter la compagnie Les Allumeurs de Réverbères. Une compagnie qui se propose de jouer « à l’air libre », partout en France en s’adaptant aux conditions sanitaires et aux lieux visités. Leur but ? Traverser la France déconfinée et jouer sur les places publiques leurs comédies. Munis d’une magnifique scène en bois et de somptueux costumes, ils vont visiter en quelques mois plus de 28 lieux en une quarantaine de date. Pendant un peu plus d’une heure, les portes ne claquent pas - il n’y en a pas - mais une folie totale s’empare du plateau Devant nos yeux ébahis, six personnages dansent, chantent, jouent la comédie. Ils se croisent et s’entremêlent avec une énergie folle. Nous avons décidé de donner à ce spectacle itinérant de plein air une dimension corporelle et imagée très forte. Bastien Ossart, metteur en scène Farfelus, démesurés et tellement drôles Inspiré des codes visuels du théâtre baroque, de l'univers décalé de Tim Burton ou poétique de James Thiérrée, des décalages comiques de Chaplin ou de Jacques Tati ce spectacle se veut à la fois drôle, beau et poétique. Zone Sensible - une ferme en pleine ville de Saint Denis qui s'ouvre, par le biais du Parti Poétique, à la culture Après une soirée magnifique dans un lieux incroyable, ils arrivent à Paris où vous pourrez retrouver les Allumeurs de Réverbères. Le 1er septembre Paris 12e, La Camillienne 12 rue des Meuniers - 20h Le 2 septembre Paris 14e, Villa Reille 11 impasse Reille - 20H30 Le 3 septembre Versailles - Ferme Nature et Découvertes Passage des Étangs Gobert - 20h30 Le 4 septembre Paris 16e - Les Cinq Toits 51 Boulevard Exelmans - 20h30 La main leste est le spectacle à voir absolument, en ce moment, pour rire et s’amuser de bon cœur, seul, entre amis et/ou en famille.

  • 🅵🅵🅵BILLIE. Sortie cinéma le 30 septembre

    BILLIE HOLIDAY est l'une des plus grandes voix de tous les temps. Elle fut la première icône de la protestation contre le racisme, ce qui lui a valu de puissants ennemis. À la fin des années 1960, la journaliste Linda Lipnack Kuehl commence une biographie officielle de l'artiste. Elle recueille 200 heures de témoignages incroyables : Charles Mingus, Tony Bennett, Sylvia Syms, Count Basie, ses amants, ses avocats, ses proxénètes et même les agents du FBI qui l'ont arrêtée...Mais le livre de Linda n'a jamais été terminé et les bandes sont restées inédites … jusqu'à présent. BILLIE est l'histoire de la chanteuse qui a changé le visage de la musique américaine et de la journaliste qui est morte en essayant de raconter l’histoire de Lady telle qu’elle était. En se servant d’une multitude d’archives, d’images et de photos sur Billie Holiday assemblées à l’aide du travail acharné de Linda Lipnack Kuehl, sans aucun doute, James Erskine a réalisé avec Billie, un immense documentaire. Mais est-ce vraiment un documentaire, un biopic ou même un film noir américain ? On peut réellement se poser la question tant le montage et la composition du film est soigné et passionnant. Billie Holiday est une artiste si immense et célèbre, que l’on est obligé de la connaître, et pourtant, on est surpris de découvrir des facettes de sa personnalité assez méconnue. Intriguant, surprenant et bourré de suspense, Billie est l’occasion de se pencher de près sur une femme d’exception et de se plonger dans 50 ans d’histoire américaine. Billie Holiday, la femme qui ne savait s’exprimer qu’en chantant et dont la voix ressemblait à un instrument de musique devient l’héroïne d’un film de cinéma. Elle est éblouissante de talent, surprend par son charisme et son aura toujours aussi fabuleuse. BILLIE Sortie cinéma : le 30 septembre 2020 Réalisateur James Erskine États-Unis Documentaire 2019 | 1h37 Crédit photo: Carl Van Vechten, Don Peterson, Getty, Heritage Auction, Temple University, Popsie, Photofest

  • 🅵🅵🅵🅵FIN DE SIÈCLE. Sortie cinéma, le 23 septembre

    Un Argentin de New York et un Espagnol de Berlin se croisent une nuit à Barcelone. Ils n’étaient pas faits pour se rencontrer et pourtant... Le premier film du réalisateur argentin Lucio Castro primé au prestigieux festival LGBT de San Francisco Frameline et Prix de jury du Festival Chéries Chéris de Paris se penche sur les mystères de la relation amoureuse, les défis du couple à long terme, l’attrait de la liberté personnelle, l’homoparentalité... Le thème est très actuel et le traitement est brillant. Tournée, un peu, comme une chronique très réaliste, ce film, tout en douceur et très poétique, est une ode à la normalité et bouscule les codes narratifs en posant des questions essentielles sur le choix. Le choix de vie, d’être parents, de la fidélité et du couple. On se laisse porter, avec délices, dans les périples très touchants des deux personnages principaux, magnifiquement incarnés par des acteurs au charme fou. Sans stigmatisation, ni cliché, Fin de Siècle est un très beau film humaniste et tendrement émouvant. FIN DE SIÈCLE 2019 – ARGENTINE – 84 MIN SCÉNARIO ET RÉALISATION LUCIO CASTRO Avec JUAN BARBERINI OCHO RAMON PUJOL JAVI MÍA MAESTRO OPTIMALE Distribution

  • LUPIN III : THE FIRST. Sortie cinéma, le 7 octobre 2020

    Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 LE GRAND RETOUR DE LUPIN EN FRANCE, POUR LES 50 ANS DE LA SÉRIE CULTE CRÉÉE PAR MONKEY PUNCH. Le cultissime «gentleman cambrioleur» Lupin III revient dans une aventure effrénée, pour la première fois au cinéma en France, pour marquer son grand retour au pays de son illustre grand-père ! Il s’associe à la jeune Laëtitia pour faire main basse sur le journal de Bresson, un trésor que même Arsène Lupin n’a jamais réussi à dérober. Alors que Lupin III et ses compagnons se démènent pour dénouer les secrets du fameux journal, ils doivent faire face à une sombre cabale poursuivant d’horribles desseins. Entre pièges mortels, escapades aériennes et abracadabrantes évasions, Lupin et sa bande de casse-cou rivalisent d’esprit et d’audace dans ce long-métrage d’animation qui ravira autant les fans de cette série légendaire créée il y a 50 ans par Monkey Punch, que les nouveaux venus de 7 à 77 ans ! Lupin III est un film d’animation survolté. Un film d’aventure qui ravira les jeunes, mais aussi les autres. Humour, suspens, course poursuite et séduction sont au programme avec des dessins particulièrement réalistes (les mains sont incroyables) et un montage parfait. Takashi Yamasaki, en plus d’avoir fait un film moderne, ultra efficaces, rend un bel hommage aux polars français, des années 70. On retrouve un peu de l’esprit des films de Gérard Oury ou Jacques Deray et la musique géniale de Yuji Ohno est non sans rappeler, celle de Vladimir Cosma. Modernité, efficacité, réalisme et nostalgie. Voilà le cocktail détonnant qui ravira le plus grand nombre ! LUPIN III : THE FIRST Un film animation 3D, de Takashi Yamazaki Japon - 93 min - VOSTF/VF AU CINÉMA, LE 7 OCTOBRE Pour en savoir plus... LUPIN III EN FRANCE C’est au cinéma que Lupin III arrive pour la première fois en France avec la sortie du film LE SECRET DE MAMO en 1981, dans une certaine indifférence. La seconde série TV a toutefois connu les honneurs d’une diffusion à la télévision sur France 3 (FR3 à l’époque) à partir de 1985. Elle est alors rebaptisée Edgar, détective cambrioleur, le nom Lupin ne pouvant être utilisé à ce moment-là en dehors du Japon. Elle rencontre un certain succès, mais seul un tiers des épisodes est doublé. Le film LE CHÂTEAU DE CAGLIOSTRO est également sorti en vidéo dans une version tronquée dès le début des années 1980 sous le titre VIDOCQ CONTRE CAGLIOSTRO. Il faut attendre la fin des années 1990 pour que quelques-uns des nombreux téléfilms soient enfin édités en DVD, avant l’arrivée de la première série TV en 2005 (sous le nom Edgar de la cambriole) ainsi que la réédition de la seconde série et de plusieurs films et téléfilms. En 2019, LE CHÂTEAU DE CAGLIOSTRO arrive pour la première fois au cinéma, suivi quelques mois plus tard d’une ressortie du SECRET DE MAMO (Splendor Films) dans des versions remasterisées. LUPIN III THE FIRST est le premier film à être diffusé en France en salles sans avoir à attendre plusieurs années après son exploitation au Japon.

  • Une vie secrète. Sortie cinéma

    Avis Foudart 🅵🅵🅵🅵 Espagne, 1936. Higinio, partisan républicain, voit sa vie menacée par l’arrivée des troupes franquistes. Avec l’aide de sa femme Rosa, il décide de se cacher dans leur propre maison. La crainte des représailles et l’amour qu’ils éprouvent l’un pour l’autre condamnent le couple à la captivité. Connaissez-vous, les « Hommes taupe » ? Pendant et après la guerre civile espagnole, la répression franquiste s'est appliquée à beaucoup de monde : les anciens communistes, socialistes, syndicalistes, anarchistes, les anciens responsables locaux (maires…) de la République (régime en place depuis 1931), les anciens soldats du côté républicain, les athées, les croyants qui refusaient de se confesser, ou même simplement parce qu'on n'avait pas eu les "bons" amis… On pouvait être détenu pendant des mois ou des années, frappé, torturé, exécuté après jugement... ou tout simplement éliminé tout de suite : la personne était emmenée faire "la promenade" (el paseo) et on la retrouvait au matin mort dans un fossé au fin fonds de la campagne. (À noter que le camp républicain a aussi commis des exactions, bien sûr). Pendant ce temps, on fouillait la maison, parfois plusieurs fois la même journée, et on s'acharnait sur leur famille pour leur faire avouer où la personne était cachée : passages à tabac, tortures, détention arbitraire entre un jour et plusieurs mois... et même des exécutions. La nécessité de discrétion était absolue, car dans l'Espagne franquiste, tout le monde pouvait vous dénoncer... et parfois même, un lynchage était possible, les "rouges" étant considérés comme "responsables" de la situation, de la répression frappant le village... pour se protéger, de nombreux Espagnols se sont cachés... pour quelques jours, pensaient-ils. Mais la répression a continué, alors ils ont continué à se terrer. Les « hommes taupe », républicains, se sont cachés durant la guerre civile espagnole, parfois des semaines, parfois des années où même des dizaines d’années, par peur de représailles des franquistes. En abordant le thème des « hommes taupe », Une Vie Secrète est un film « fleuve » qui nous parle d'une de ces histoires méconnues, en France. L'histoire d'un couple dans la tourmente, interprété par deux figures du cinéma espagnol, Antonio de la Torre (El Reino, La Isla Minima) et Bélen Cuesta (La Casa de Papel). Les chapitres ponctuant le déroulé du film donnent un résultat très didactique, parfois poétique ou même philosophique. Aitor Arregi, Jon Garano et José Mari Goenaga, les trois réalisateurs abordent ce sujet délicat avec beaucoup de précision, presque documentaire mais toujours très cinématographique. La lumière dans les tons orangés, presque surannée apporte ce côté un peu nostalgique et mélodramatique, mais le plus réussi est dans le "placement caméra", parfois à l’épaule, d'autres fois plus immobile, la caméra très "nerveuse" et le cadre souvent très serré donnent une sensation d’urgence, tendue et fait ressentir, brillamment, l’enferment. Personne ne s'est dit spontanément : je vais rester 30 ans ! L'histoire s'est construite, un jour après l'autre, une semaine après l'autre. La vie secrète montre particulièrement bien, le temps qui passe, et la vie qui défile "à l'extérieur" - au loin, inéluctablement. Sortir, ou ne pas sortir. On ressent parfaitement ce phénomène et l'on comprend l'habitude de la réclusion, la peur latente et le besoin absolu de rester à l'intérieur, à l'abri. Antonio de la Torre et Belén Cuesta compose un duo parfait, attachant et vraiment émouvant. À l'aide de maquillages, très réussis, leurs personnages qui sont présentés sur plus de trente ans, sont toujours très crédibles et réalistes. Une vie secrète est un très beau film, historique, instructif et intelligent, presque documentaire, mais surtout une véritable œuvre aux points de vue artistiques très réussis. UNE VIE SECRÈTE 2019 - France/Espagne – 2h27 Réalisation : AITOR ARREGI - JON GARAÑO - JOSÉ MARI GOENAGA Scénario : LUISO BERDEJO - JOSE MARI GOENAGA Avec Antonio de la Torre, Belén Cuesta, José Manuel Poga SORTIE CINÉMA, le 19 mai 2021 Arregi, Garaño et Goenaga ont toujours travaillé ensemble mais "Une vie secrète” est le premier film qu’ils réalisent à 3. Leur collaboration date de la fondation de leur société de production Moriarti, montée il y a plus de 15 ans. Leur film précédent Handia, réalisé par Arregi et Garaño, était lauréat du prix spécial du jury de la 65e édition du Festival du film de San Sebastian et a remporté 10 Goyas. Leurs deux premiers films, Loreak (retenu pour représenter l’Espagne aux Oscars en 2015) et "80 jours" (qui a remporté plus de 30 prix internationaux) ont été réalisés par Garaño et Goenaga. Auparavant, Arregi et Goenaga co-dirigeaient le long-métrage documentaire culte Lucio. FESTIVALS ET RÉCOMPENSES MEILLEURE ACTRICE ET MEILLEUR SON MEILLEUR RÉALISATEUR MEILLEUR SCÉNARIO MEILLEUR FILM BASQUE MEILLEUR SCÉNARIO BASQUE PRIX FIPRESCI DE LA CRITIQUE INTERNATIONALE Festival de cinéma Européen des Arcs Festival de cinéma espagnol et latino-américain d’Ajaccio Regards Valence - Festival du cinéma espagnol et latino-américain Quinzaine Latino de Chambéry Festival 2 Valenciennes Rencontres du Sud d’Avignon Reflets du cinéma ibérique et latino-américain de Villeurbanne Festival Itinérances d’Alès Festival du cinéma espagnol de Nantes Rencontres du cinéma de Salon-de-Provence Festival du cinéma espagnol et latino-américain Ojoloco Grenoble Rencontres sur les Docks Bayonne Goyas Festival International du film de San Sebastián Référence Livre : Les taupes, par Jesus Torbado et Manuel Leguineche (éditions Balland, 1979). Titre original : Los Topos, par aux éditions Libreria Editorial Argos.

  • Paris Stalingrad

    Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 Paris, été 2016. Des hommes et des femmes arrivent du Soudan, d’Ethiopie, d’Erythrée, de Somalie, de Guinée, du Nigéria, d’Afghanistan, d’Iran, du Pakistan, avec l’espoir d’échapper à la guerre et aux conflits ethniques qui déchirent leurs pays. À leur arrivée ils n’ont pas d’autre choix que de dormir à la rue. Ils se regroupent sur des campements de fortune autour du métro Stalingrad. En suivant Souleymane, un jeune homme de 18 ans, réfugié du Darfour, ce film retrace le parcours des migrants dans Paris : les campements de rue, les interminables files d’attente devant les administrations, les descentes de police et la mobilisation des habitants du quartier pour leurs venir en aide. Le portrait de Paris vu par Soleymane Paris Stalingrad montre la dureté de la situation et l’émergence de nouvelles frontières intérieures. Des kilomètres de grillages pour rendre inaccessibles les allées sous le pont du métro aérien, des pierres pour empêcher les migrants de s’allonger, des rondes de vigiles pour les déloger. À chaque étape du périple de Souleymane, je mesure combien Paris se ferme aux étrangers. Hind Meddeb Avant de pouvoir filmer sur le campement, Hind Meddeb et Thim Naccache ont passé de longues journées sur place à discuter avec les gens, à leur expliquer le désir de faire ce film et de partager avec d’autres les moments passés à leurs côtés. Transmettre, alerter et traduire Le film alterne entre scène de cinéma direct et séquences d’errance dans la ville avec Souleymane et ses poèmes qui nous plongent dans des moments d’introspection et de rêveries. Des respirations indispensables, dans un climat d’indéniable violence. Il ne s’agit pas d’une enquête sur le parcours des exilés à Paris, mais d’un film qui montre des moments passés à leurs côtés : l’expérience brutale d’une vie à la rue, la persistance de la lutte et les joies de l’amitié. Paris Stalingrad n'est pas uniquement un cri, une colère Par ces très belles images et son traitement poétique, Paris Stalingrad est un film puissant et émouvant qui bouscule et dénonce, mais aussi un hymne à la jeunesse avec plein de rire et d'humour. Souleymane, avec beaucoup de charisme, par son émotion et sa présence, devient le porte drapeau de toute une génération d'exilés. Paris Stalingrad De Hind Meddeb, Thim Naccache 1h28min / Documentaire Sortie cinéma, le 26 mai 2021

  • Vaurien

    Un film où rien n'est dit. Tout est suggéré ! Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Djé débarque en ville sans un sou, avec pour seule arme son charme. Il saisit chaque opportunité pour travailler, aimer, dormir. Et tuer. Est-ce les 15 ans travaillé au SAMU Social ? Peter Dourountzis parvient parfaitement à retranscrire l’esprit de la rue et la déambulation. Vaurien est un film bouleversant qui ne tombe dans aucun cliché, mais fait passer le message. La dangerosité n’est pas imprimée sur le visage de ceux qui agressent. Je ne voulais pas reprendre l’archétype simpliste du mari insoupçonnable, ou celui du psychotique fou à lier. Peter Dourountzis On est surpris par le choix de Pierre Delalonchamps, merveilleux dans le rôle de Djé, un personnage complexe, vide, sans ambition et au passé flou. Les personnages secondaire sont eux aussi remarquables de force et de naturel. Ophélie Bau dans le rôle de Maya est impressionnante de charisme et de charme. D’ailleurs, les trajectoires de ces deux personnages se recoupent : Djé est un sujet qui devient objet, et même objet jetable, tandis que Maya est d’abord perçu comme un objet de désir, de convoitise, et qui devient sujet à la fin du film. Nous ne sommes jamais dans le point de vue du prédateur quand il repère ses proies, mais toujours à côté de lui, et souvent très près des femmes. Paradoxalement, le hors-champ donne plus de puissance à la violence que l’acte. Peter Dourountzis Djé. derrière son apparence angélique, se cache un être égoïste, décevant, et dangereux. Un vaurien Vaurien est un polar psychologique qui ne montre rien mais suggère tout. Aucune violence, ni nudité, ni sexualité dans ce très beau film. Ce premier film de Peter Dourountzis qui nous offre une œuvre forte, différente et particulièrement intelligente, au sujet subversif, mais absolument pas racoleur et impressionnant de maitrise. Fiche technique VAURIEN Réalisateur Scénariste Peter Dourountzis Directeur de la photographie Jean-Marc Fabre Avec Pierre Deladonchamps, Ophélie Bau, Sébastien Houbani, Candide Sanchez Rezo Films Sortie cinéma, le 9 juin 2021 Interview de peter Bourountzis et Pierre Delalonchamps

  • L’oubli que nous serons

    Critique et interview Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Colombie, années 1980. Le docteur Héctor Abad Gómez lutte pour sortir les habitants de Medellín de la misère. Malgré les menaces qui pèsent sur lui, il refuse d’être réduit au silence. Le destin de ce médecin engagé et père de famille dévoué se dessine à travers le regard doux et admiratif de son fils. Adapté de faits réels, L’oubli que nous serons est à la fois le portrait d’un homme exceptionnel, une chronique familiale et l’histoire d’un pays souvent marqué par la violence. Ce livre autobiographique est d’abord l’éloge, tout en délicatesse et respect, d’un fils à son père, médecin humaniste, militant des droits de l’Homme. Dès sa sortie en 2006, le roman d’Héctor Abad, L’oubli que nous serons, a été un immense succès. Il est aujourd’hui considéré comme un des chefs-d’œuvre de la littérature hispanique. L’auteur est le fils du docteur Abad assassiné à Medellín en 1987. Une formidable histoire d’amour entre un père et un fils En transposant ce très beau livre au cinéma Javier Cámara a fait un belle reconstitution de la Colombie des années 70-80 et de sa violence politique, mais il fait surtout une chronique familiale pleine de nostalgie et de tendresse. Une chronique sur deux époques bien distinctes. L’enfance du jeune Abad et la mort du père. C’est un récit de l’intime où chaque mot porte des émotions et des souvenirs précis. L´oubli que nous serons a été tourné à Medellín et entourés par la famille Abad Deux époques traitées par Fernando Trueba de façons très différentes avec alternativement des images en couleurs et d’autres en noir et blanc. Les ambiances, les préoccupations et le regard des protagonistes changent également entre les deux époques. Tout homme à droit aux cinq « A » : aire (l’air), agua (l’eau), alimento (la nourriture), abrigo (un toit), affecto (l’affection). Réplique du film Un film qui se dégusterait comme une belle histoire, un beau souvenir de notre enfance L’oubli que nous serons est un film fleuve débordant d’amour et d’humanité. Le début et la fin du film sont de très beaux moments de cinéma et l’on comprends, dès les premières minutes, que tout sera présenté par le prisme de la pensée du fils. Ce point de vue artistique lié à l’enfance et à la nostalgie est tout à fait respectable, mais donne une sensation un peu édulcorée et simpliste des personnages. L’OUBLI QUE NOUS SERONS Sélection officielle – Festival de Cannes Goya du Meilleur Film Hispano- Américain 2021 ESPAGNOL - 2020- 135 MINUTES RÉALISÉ PAR FERNANDO TRUEBA ADAPTÉ DU ROMAN DE HÉCTOR ABAD FACIOLINCE AVEC JAVIER CÁMARA, NICOLÁS REYES, JUAN PABLO URREGO, PATRICIA TAMAYO, MARÍA TERESA BARRETO, LAURA LONDOÑO, ELIZABETH MINOTTA, KAMI ZEA, LUCIANA ECHEVERRY, CAMILA ZÁRATE, WHIT STILLMAN SCÉNARIO DAVID TRUEBA MUSIQUE ORIGINALE ZBIGNIEW PREISNER DISTRIBUÉ PAR NOUR FILMS Sortie cinéma, le 9 juin 2021 Interview de Fernando Trueba J’ai eu la chance de rencontrer Fernando Trueba, le réalisateur Espagnol oscarisé de passage à Paris, à l’occasion de la sortie de son film L’oubli que nous serons. Une occasion de parler de cinéma et du film. Frédéric Bonfils Parlez-moi du titre du film l’Oubli que nous serons qui est quand même assez étonnant . Fernando Trueba Oui. Le titre, comme vous le savez, dans le film, vient de ce poème attribué à Borges, que le docteur Hadad avait dans la poche de sa veste quand il a été assassiné. C'est un "sonnet" qu'il avait lu quelques jours avant dans son programme à la radio qu'on peut dire lapidaire. Parce que c'est quelqu'un qui parle de l'au-delà et qui est déjà mort et oublié. Mais c'est un beau "sonnet". Donc, on parle de la famille Héctor Abad Gómez. Enfin, le père d'Hector, le fils aussi, d'ailleurs. Il y a quelques Espagnols dans le film. Nous sommes 5 avec Javier Cámara. À l’exception d’un américain, le reste de l’équipe est colombien, plus un américain, Whit Stillman. Zbigniew Preisner, qui a créé la musique, est polonais. Je suis toujours surpris par les réalisateurs qui ne sont pas du tout d’un pays et qui arrivent quand même à nous transmettre l'esprit, l'image qu'on en a , en fait. Cela ne doit pas être si facile que ça, j'imagine. Parfois, ça peut donner... (rire). On peut commettre des erreurs. Il faut être très prudent, très humble et très attentif. Quand on fait ça, il faut faire très attention parce que des fois, il y a eu des désastres. Mais aussi de grandes réussites. Renoir, quand il a fait "Le Fleuve", en Inde, c'est un très beau film. Il y a plein de metteurs en scène qui ont bien travaillé « à l’étranger ». Billy Wilder ou Hitchcock ont fait carrière aux États-Unis, alors qu’ils étaient Européens. Ça ne les a pas empêchés de faire de très bons films. C'est vrai que la difficulté du cinéma, ce n'est pas tellement de retranscrire la vérité de quelque chose, c'est de retranscrire l'image qu'on a de la vérité. Est-ce que c'est la raison pour laquelle vous vous êtes entouré de beaucoup de Colombiens ? Je suis entouré de colombiens car c’est un film colombien, tourné en Colombie. Je me suis entendu très bien avec eux, ça a été un tournage vraiment heureux. C'était un tournage extrêmement difficile et compliqué, mais on a pris beaucoup de plaisir à faire le film. On croyait, on aimait l'histoire, le personnage, donc tout le monde donnait le meilleur. Ça a été une très belle expérience pour moi. Je dirais que j'ai vraiment adoré le tout début du film où il y a la présentation du fils, à deux âges différents. La façon dont ils sont emmenés dans l'histoire, avec les variations d'images et de couleurs, de filtres et aussi l’apparition du père qui n'arrive pas tout de suite. J'aime beaucoup quand il se tourne dans l'église. Je trouve que ça montre vraiment à la fois son importance, mais aussi que le film va s'orienter sur le regard du fils. Oui, tout comme le livre qui est le regard du fils. Pas le regard, en fait. C'est le souvenir du fils. Sa mémoire. C'est un peu plus subjectif. On accompagne, on voit le regard. C'est-à-dire, on n'est pas dedans, mais on regarde son regard. Tu vois? Ça, c'est la différence, pour moi, entre le livre et le film et c'est une grande différence. Il y a plein de moments dans le film où, ce que l’on voit et...comment l'enfant regarde. Exact. Quand il est dans la voiture avec son père. Quand il y a la bombe et tout ça dans la rue. Avant que le père parle de la maladie de la soeur. Tout le temps il espionne son père en essayant d'interpréter ce qui lui arrive. Qu'est-ce qui se passe dans cette maison, dans sa famille ? Il y a l'enfant qui écoute le père et la mère discuter, qui voit le père qui pleure dans la chambre, dans son bureau. Le fils regarde pour se créer ses souvenirs. Tout ça va être imprégné en lui ensuite. Mais, il y a aussi des moments où le père regarde le fils. Oui et c'est beau ces moments-là et il y a beaucoup d'amour dans son regard. Pour moi, c'est surtout un film d'amour. C'est un film d'amour d'un père à son fils. Ou d'un fils à son père. Oui, dans les deux directions. Mais aussi de toute cette famille, non ? J'ai l'impression que ce père ne se dévoile pas totalement. Est-ce que c'est fait exprès, finalement ? Oui. C'est quelqu'un qui a aussi sa partie secrète, ses mystères, comme tout le monde. Je trouve que c'est important. Justement, je voulais que vous me parliez de Javier Cámara, qu'on connaît tous en étant l'infirmier du film de Pedro Almodovar, "Parle Avec Elle", un film merveilleux. Comment a-t-il abordé le film ? Je trouve qu'il est complètement différent de l'image que j'avais de lui. Oui et ça a été un vrai défi pour lui. Il y a quelques années, bien avant le film, il est passé à la maison pour nous dire au revoir parce qu'il partait en Colombie tourner la deuxième saison de Narcos. Alors, ma femme et moi, on lui a donné "El olvido que seremos" et on lui a dit, il faut que tu lises ce livre. Vous aviez déjà l'idée de faire ce film ? Non, non. Je lui ai dit, tu vas travailler en Colombie, tu va voir ce pays, il faut que tu lises ce livre. Je l’avais conseillé à beaucoup d'amis, ce livre. Je l’avais même donné à ma mère. Donc, ça a été prémonitoire finalement. Qui nous aurait dit, quelques années plus tard, qu’on serait, en Colombie ensemble, à le faire. C'est génial. Comment il a abordé ce rôle ? D'abord il y avait une partie technique à cause de l'accent et tout ça. Mais il a eu une bonne aide parce qu'il y avait pas mal d'enregistrements de la voix du docteur, que ce soit à la radio ou dans des interviews, ou même quand il était à l’étranger, il envoyait des lettres enregistrées à la famille. Il y avait suffisamment de documents pour qu'il puisse travailler. Et, Javier, a extrêmement bien fait ça. Mais, surtout, en faisant ça il n'est pas resté dans la technique. L'important, c'est qu'il est dans l'émotion du personnage, l'humanité et la joie de vivre du personnage. Sa joie de vivre est frappante dans le film et ça transpire tout le temps. Son regard, son sourire. est lumineux. Avez vous tourné beaucoup en présence de la famille Abad ? Non, pas en présence. Héctor est venu quelquefois, seulement. C’est un homme tellement généreux et tellement merveilleux. Il ne voulait pas m'importuner ni me mettre de pression. Oui. C’est très élégant. J'avais envie de vous parler aussi de Patricia Tamayo, que je ne connais pas vraiment. Je dis toujours que si elle était américaine, elle aurait au moins deux Oscars. C'est une actrice tellement bonne, grave, subtile, profonde, merveilleuse. Une actrice merveilleuse. J'ai adoré ce qu'elle fait dans ce rôle. Avec Patricia, j'étais en train de parler, comme avec toi, ici, dans le lobby de l'hôtel. Et à la fin elle me demande quand est-ce qu'elle devait aller faire des essais. Je lui ai dit, non, non, on ne va pas en faire. Tu es déjà, dans le film. (Rire). C’était tellement fort, tellement clair pour moi. Je l'ai vu et je me suis dit, c'est elle. Et ce n'est pas un rôle facile. Non. C'est assez difficile. On a l'impression qu'elle détient un peu toutes les clés. Oui. Et c'est à la fois la maîtresse de la maison et elle est assez effacée. C'est étonnant. C'est le personnage, un peu, de femme forte à la John Ford. J'aime beaucoup ce personnage. Et elle est tellement pleine d'amour pour toute sa famille. Ça se sent, ça se transpire. C'est elle qui gère, c'est elle qui protège. Je voulais vous parler aussi de votre rapport à la musique. Parce que la musique est quand même très importante aussi, dans le film. En général, dans ma vie et dans mes films, j'accorde beaucoup d'importance à la musique et quand j'ai décidé de faire L’oubli que nous serons, une des premières choses que j'ai dit au producteur, c'est : il me faut Zbigniew Preisner. Ce n'était pas évident dans un film en Colombie, une histoire colombienne, de demander à un compositeur polonais. Mais pour moi, c'était important de ne pas tomber dans le localisme, nationalisme musical, folklore, etc. Faire une Colombie folklorique. J'ai l'impression que c'est un peu une musique de l'âme, qui transpire. C'est une musique qui vient de dedans. Pour ça, Preisner est un spécialiste. J'ai déjà travaillé avec lui et je m'entends très, très bien avec lui. C'est quelqu'un très fort dans ses opinions. Quand il est convaincu de quelque chose. Il se bat pour ça. Il est costaud. On a le même âge et parfois on se dispute, mais à la fin on se met d'accord. Comment il a travaillé? Il a fait la musique avant, pendant, après le film ? Je lui ai donné le scénario avant. On a parlé un peu. Et puis, dès que j'avais un premier montage, on a commencé à travailler. On a commencé à discuter. Où est-ce qu'on va mettre la musique. Quel genre de musique. J'ai l'impression que vous avez tous, dans ce film, mis vos tripes sur la table et votre intimité, vos souvenirs. C'est comme ça qu'il faut faire un film. Je ne sais pas faire de films autrement. Ce n'est pas une démonstration non plus. Ce que je veux dire, c'est que ça vient de l'intérieur. Vous avez fait le parti pris de ne pas trop parler. Des problèmes politiques dans le film. Expliquez-moi choix par rapport à ça ? Dans le film, on en parle, mais par l'écoute de l'enfant, surtout. C'est une espèce de toile, mais pas une toile de fond. Parce que c'est un fond qui est très près de la vie quotidienne de chaque jour, de la vie en Colombie, cette violence est un peu omniprésente. La violence politique, mais aussi l'inégalité et l’injustice que ce médecin combat. Donc, je voulais que ça soit présent, tout le temps, mais que tout soit vu de l'intérieur de cette famille. Je vous remercie. Merci beaucoup. EN SAVOIR PLUS... À propos de Jorge Luis Borges Borges est un écrivain argentin né le 24 août 1899 à Buenos Aires et mort à Genève le 14 juin 1986. Ses œuvres dans les domaines de l’essai et de la nouvelle sont considérées comme des classiques de la littérature du XXᵉ siècle. À sa mort, en vidant les poches de son père, le narrateur Héctor Hadad y avait trouvé un bout de papier sur lequel le matin même il avait recopié un poème de Borges : « Ici et maintenant. Nous voilà devenus l’oubli que nous serons./ La poussière élémentaire qui nous ignore,/ qui fut le rouge Adam, qui est maintenant/ tous les hommes, et que nous ne verrons.
 Nous sommes en tombe les deux dates/ du début du terme. La caisse/ l’obscène corruption et le linceul,/ triomphes de la mort et complaintes.
 Je ne suis l’insensé qui s’accroche/ au son magique de son nom./ Je pense avec espoir à cet homme
 Qui ne saura qui je fus ici-bas./ Sous le bleu indifférent du Ciel/ Cette pensée me console. (Traduction de l’espagnol par Jean-Dominique Rey) LE ROMAN L’OUBLI QUE NOUS SERONS Héctor Abad Faciolince est né à Medellín en 1958. Journaliste, romancier, traducteur de nombreux auteurs italiens, il a fait ses études de médecine à Medellín et de Lettres modernes à Turin. L’assassinat de son père en 1987 le contraint à vivre en exil pendant plusieurs années. Son œuvre romanesque, couronnée de plusieurs prix et traduite dans plusieurs langues, est considérée comme l’une des plus importantes de la littérature colombienne contemporaine. LE ROMAN EN CHIFFRES • Best-seller pendant plus de deux ans en Colombie • Traduit dans 12 langues et vendu dans plus de 20 pays • Prix Casa d’Amérique Latine du Portugal pour La meilleure œuvre latino-américaine (2020) • Prix des droits de l’Homme de L’Université de Duke (USA - 2012) Le roman est paru en France aux Éditions Gallimard. Il sera réédité dans la collection Folio avec l’affiche du film en couverture, deux semaines avant la sortie en salles de l’adaptation cinématographique. Quand ma mère et moi avons retrouvé dans une rue de Medellín le corps de mon père assassiné, elle a pris son alliance et les papiers qu’il avait dans sa poche. Sur l’un d’eux figurait, retranscrit de sa main, un sonnet attribué à Borges : « Nous voilà devenus l’oubli que nous serons »... « Je ne suis pas l’insensé qui s’accroche/ Au son magique de son nom/ Je pense avec espoir à cet Homme/ Qui ne saura pas qui je fus ici-bas/ Sous le bleu indifférent du Ciel/ Cette pensée me console » Je crois que ce poème a été pour mon père une façon de nous dire qu’il pressentait sa fin inéluctable. Et j’ai écrit ce livre pour que l’on n’oublie pas...HÉCTOR ABAD FACIOLINCE

  • The last hillbilly

    Rencontre en Amérique profonde Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Dans les monts des Appalaches, Kentucky de l’Est, les gens se sentent moins Américains qu’Appalachiens. Ces habitants de l’Amérique blanche rurale ont vécu le déclin économique de leur région. Aux États-Unis, on les appelle les « hillbillies » : bouseux, péquenauds des collines. The Last Hillbilly est le portrait d’une famille à travers les mots de l’un d’entre eux, témoin surprenant d’un monde en train de disparaître et dont il se fait le poète. The last Hillbilly surprend surtout par l’atmosphère très particulière qui se dégage du film entre documentaire, œuvre naturaliste et immense poème. Ce père de famille de l’Amérique profonde devient un personnage romanesque à part entière et nous dévoile tout un univers très méconnu du pays de l’oncle Sam. Les très beaux plans larges s’associent à des images beaucoup resserrées et intimes et ajoute beaucoup d’émotion aux personnages présentés. THE LAST HILLBILLY de Diane Sara Bouzgarrou & Thomas Jenkoe Produit par Films de Force Majeure France/Qatar - 80 minutes - 2020 - Documentaire Sortie, le 2 décembre 2020 INTERVIEW de Diane Sara Bouzgarrou et Thomas Jenkoe Pouvez-vous me dire ce que signifie le terme Hillbilly ? C'est un habitant des Appalaches de la région Appalachienne, aux États-Unis. Une zone rurale, reculée et à la base, c'est une insulte que le reste de l'Amérique donne aux personnes qui vivent là et, comme vous le verrez dans le film, les personnages ont tendance à retourner ce terme à leur avantage. Et vous avez trouvé un homme qui raconte l'histoire. Parlez-nous un peu de cette personne ? Brian, ce fut une merveilleuse rencontre. Il est fermier, mais c'est aussi un poète dont le travail n'est pas du tout connu. C'est un homme très singulier qui incarne vraiment les identités "Hillbilly" avec tout ce que cela comporte. C'est à la fois un fardeau, mais pour lui également, une fierté et une façon de se définir et le film lui est beaucoup consacré. Pourquoi en tant que Français, vous avez envie de vous concentrer sur cette partie des Etats-Unis ? En fait, on a toujours été intéressé par le territoire américain. On le voit comme un laboratoire de ce qui peut se produire par la suite en Europe, en France également et sur ce territoire en particulier, ce n'est pas une zone touristique, les gens ne s'y rendent pas pour visiter et il n'y a pas grand-chose à voir de spécifique. C'est précisément pour cette raison que l'on voulait s'y rendre, parce qu'on se disait que puisqu'on ne connaît pas, il y a forcément des choses intéressantes qui s'y passe. C'est comme ça qu'on a rencontré Brian. Propos recueillis durant la présentation du film

  • Les deux Alfred

    Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Alexandre, chômeur déclassé, a deux mois pour prouver à sa femme qu'il peut s'occuper de ses deux jeunes enfants et être autonome financièrement. Problème : The Box, la start-up très friendly qui veut l'embaucher à l'essai a pour dogme : « Pas d'enfant ! » Les deux Alfred est un film fou, complètement barré qui ne ressemble à aucun autre. Une vision très juste de la société dans un esprit absurde et décalé, mais toujours très crédible. Sandrine Kiberlain et Denis Podalydès (absolument sublime) s’en donnent à cœur joie et nous font mourir de rire. Bruno Podalydès est un génie qui a peut-être dans les yeux un filtre spécial lui permettant de voir le monde avec une créativité folle. Notre Arcimboldo des temps modernes s’associe avec son sublime frère et forme avec Denis Podalydès, le duo le plus réjouissant du cinéma français depuis bien longtemps. Pour la scène de la banque, celles tournées en voiture et la bataille de drones, mais aussi pour les dizaines de répliques cultes et Sandrine Kiberlain toujours aussi farfelue, il faut courir, se précipiter, voir les deux Alfred. LES DEUX ALFRED Genre comédie Réalisateur Bruno Podalydès Scénario Bruno Podalydès Interprétation Sandrine Kiberlain, Denis Podalydès, Bruno Podalydès, Yann Frisch, Luana Bajrami, Leslie Menu, Michel Vuillermoz, Vanessa Paradis Crédit photo FBrillot France 2020 | 1h32 Sortie Cinéma, le 16 juin 2021

  • Un Printemps à Hong Kong

    Un film coup de coeur. À voir absolument Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 Pak, chauffeur de taxi et Hoi, retraité, vivent à Hong Kong. Ils ont construit leur vie autour de leur famille mais leur rencontre, au hasard d’une rue, les entraîne sur les pentes d’une belle histoire d’amour, qu’ils décident de vivre sans toutefois bouleverser les traditions de leur communauté. Un printemps pour Hong Kong est le troisième long métrage de Ray Yeung et son premier en langue cantonaise, filmé dans sa ville natale. Cette œuvre, construit comme une chronique sociétale est un très joli film, tendre et émouvant qui met l'accent, tout en délicatesse, sur un côté beaucoup plus secret et profond, celui de vieillir dans cette communauté lgbt empreinte de très fortes conventions culturelles et sociales. Film d'atmosphère et de sensations Loin des clichés sur Hong Kong, ville ultra moderne et internationale, le film dépeint particulièrement bien la vie extraordinaire de gens ordinaires, presque invisibles. Ce film, porté magistralement par Tai Bo et Ben Yuen, est une belle et poétique romance naturaliste. Je pense que la scène où les deux héros sont assis près du port en sont le parfait exemple. C’est un endroit calme, un petit bout de terre oublié et abandonné, qui est à quelques pas d’une route qui la survole. Il y a une vue panoramique du port, de la ville et de la Roche du Lion (Lion Rock). Ce lieu est tout à fait représentatif de ce que vivent les personnages. Ray Yeung Tai Bo et Ben Yuen sont deux acteur particulièrement émouvants. Un Printemps à Hong Kong Scénario et réalisation Ray Yeung Avec Tai Bo, Ben Yuen, Au Ga Man Patra, Lo Chun Yip, Lam Yiu Sing, Kong To Image Ming Kai Leung Son Nip Kei Wing, Chan Chi Yeung SORTIE LE 9 juin 2021 2019 – Hong-Kong – 92 min FESTIVALS BERLINALE - PANORAMA FESTIVAL DU FILM DE BUSAN HONG KONG FILM CRITICS SOCIETY AWARDS MEILLEUR FILM, MEILLEUR ACTEUR HONG KONG FILM AWARDS MEILLEUR ACTEUR (TAI BO), MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE (PATRA GA MAN AU) GUILDE DES SCÉNARISTES DE HONG KONG MEILLEUR SCÉNARIO, MEILLEUR RÔLE (TAI BO) GOLDEN HORSE FILM FESTIVAL FESTIVAL CINEMASIA FESTIVAL UDINE FAR EAST FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE NOUVELLE-ZÉLANDE FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE BORDEAUX FIFIB MENTION SPÉCIALE DU JURY FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D’AMIENS FIFAM MENTION SPÉCIALE POUR LES DEUX COMÉDIENS PRINCIPAUX FESTIVAL LGBT DE NICE ET CANNES - IN&OUT la situation des personnes LGBT à Hong Kong ? Hong Kong est une société intéressante. Légalement, l’homosexualité n’est pas criminalisée mais bien sûr il n’y a aucun droit tel que le mariage. C’est une société qui est encore très conservatrice et sur le sujet des droits LGBT, il ne faut rien en attendre et se débrouiller soi-même. Il faut parfois aller devant la justice pour faire entendre nos droits sur des sujets comme sur l’égalité en terme d’âge de consentement, Ce qui est arrivé récemment.

  • The sound of metal

    Un film choc et étonnant. Une merveilleuse réussite Avis Foudart 🅵🅵🅵🅵 Ruben et Lou vivent en marge des villes dans leur caravane, sillonnant les États-Unis entre deux concerts. Alors que sa copine hurle dans le micro, Ruben, lui, met le feu à sa batterie. Mais un jour, il n’entend plus qu’un bourdonnement étouffé... Le réalisateur de Sound of metal a souhaité favoriser l’accessibilité du film à tous les publics Les dialogues du film sont donc sous-titrés et accompagnés de descriptions sonores. Les spectateurs entendants et les malentendants peuvent ainsi partager ensemble cette expérience dans une même salle de cinéma. The sound of metal est un très beau film où le son devient un personnage à part entière En effet, tout le travail sur le son est particulièrement réussi et apporte un maximum d’émotion. Triptyque en forme de rédemption avec révélation et maître spirituel La construction du film est plutôt très classique, mais les personnages sont si attachants et si bien incarnés que le film en devient passionnant. Riz Ahmed, présent dans tous les scènes, est brillant dans ce rôle de rocker désabusé et la description des personnages et vraiment juste et subtile. Le handicap, un atout majeur pour les œuvres cinématographiques La description de la surdité est d’une grande justesse et fait de cette œuvre, un très beau moment de cinéma, émouvant et instructif THE SOUND OF METAL Réalisateur Darius Marder Scénario Darius Marder & Abraham Marder Musique Abraham Marder & Nicolas Becker Interprétation Riz Ahmed, Olivia Cooke, Paul Raci, Lauren Ridloff, Mathieu Amalric États-Unis 2019 | 2h02 Sortie cinéma, le 16 juin 2021

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