Que recherchez vous sur FOUD'ART Blog...
Rechercher sur ce site
1982 résultats trouvés avec une recherche vide
- Le moine noir
« Un homme ne devient libre que s’il est capable d’être fou » Kirill Serebrennikov, l’artiste russe dissident, installé dorénavant à Berlin après une longue période assigné en résidence dans son pays, revient à la cité des Papes pour la quatrième fois et donne toute la dimension de son talent avec Le Moine Noir, ce sublime voyage au cœur de la folie. Le Moine noir, au départ, est une nouvelle étrange et méconnue de Tchekhov, assez bavarde, mais avec une belle part de mystère. Surmené, Andreï Kovrine, un auteur désormais célèbre, est venu se reposer à la campagne, dans le lieu de son enfance, chez un pépiniériste et sa fille . Au cours de ses promenades, Andreï voit apparaître un moine noir. Il s’abandonne alors à d’étranges hallucinations. Aujourd’hui, après une première version au Thalia Theater d’Hambourg, Kirill a complètement remodeler son spectacle afin qu’il puisse s’insérer à merveilles à cette espace difficile de la Cour des Papes et, il en fait une adaptation contemporaine, tout simplement sublime ! Quatre variations de la même histoire, quatre version hallucinatoire d’un même personnage Que se soit Kovrine, Péssôtski, le pépiniériste, sa fille Tania ou même le moine noir, chacun exprime et réinterpréte sa propre vision de l'histoire, toujours pareille et pourtant si différente. Un fabluleux son et lumière avec des projections magnifiques Mais ce n’est pas tout car cela ne serait pas suffisant pour faire de ce spectacle une immense réussite. Opéra, ballet, théâtre, tous ces arts vont se mêler sur une seule et même scène avec une qualité et une créativité époustouflante. C’est pourtant de façon très classique et un peu bavarde que commence ce spectacle où l’on retrouve toute les qualités de l’écriture de tchekhov : une analyse délicate de la société russe de la fin du XIXe siècle… jusqu’à ce que la folie s’en mêle, que les trois serres faites de bois et de plastique se renversent, que les êtres se démultiplient et que le ballet effervescent, apparaisse. La scénographie prend, alors, toute sa démesure et nous fait plonger en plein conte psychédélique ou l’âme de Murnau semble pointer son nez, plusieurs fois. « Alors que le théâtre est le pays des mots, j’ai voulu utiliser la danse et le chant pour nous aider à surmonter notre addiction aux mots et laisse apparetitre les émotions et les sentiments et, grâce à la scène rendre visible l’invisible » Si on ajoute au « savoir faire » unique de Kirill Serebrennikov, son sens du rythme, son humour, sa dérision et sa façon très particulière et progressive de nous faire basculer dans la pure tragédie, ce spectacle devient un événement rare et unique. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 Le Moine Noir d’après Anton Tchekhov Adaptation et mise en scène Kirill Serebrennikov Scénographie Kirill Serebrennikov Chorégraphie Ivan Estegneev, Evgeny Kulagin Musique Jēkabs Nīmanis Lumière Sergey Kuchar Vidéo Alan Mandelshtam Costumes Tatiana Dolmatovskaya FESTIVAL D’AVIGNON Cour d’honneur du palais des Papes Jusqu’au 15 juillet • Durée 2h30 THÉÂTRE DU CHÂTELET Du 16 au 19 mars 2023
- La fièvre de Petrov
À l’occasion de la venue du génial KIRILL SEREBRENNIKOV pour le Moine noir, le Festival D’Avignon propose une projection unique et donc, absolument exceptionnelle de son film La fièvre de Petrov. Affaibli par une forte fièvre, Petrov est entraîné par son ami Igor dans une longue déambulation alcoolisée, à la lisière entre le rêve et la réalité. Progressivement, les souvenirs d’enfance de Petrov ressurgissent et se confondent avec le présent... La fièvre de Petrov est le nouveau film de Kirill Serebrennikov, le réalisateur de Leto, un drame russe sorti en 2018 et multi récompensé. Il est tiré du roman Les Petrov, la Grippe, etc. de l’écrivain Alexey Salnikov qui a suscité l’admiration des critiques et l’amour des lecteurs. Un voyage psychédélique, narratif et psychanalytique Un film surréaliste qui part dans les délires fiévreux d’un homme atteint de grippe. La narration surprenante, le style inhabituel et le langage vivant de l’auteur sont ce qui a attiré avant toute chose Ilya Stewart, le producteur, qui a acquis les droits d’adaptation du livre. J’adore la narration symphonique de Salnikov. Kirill Serebrennikov Semyon Serzin, dans le rôle de Petrov, compose un personnage particulièrement difficile, entre observation et action, entre passé et présent. Il se passe beaucoup de choses dans l’imaginaire, et pas dans la réalité immédiate. Kirill Serebrennikov Ce film multiplie les défis Les défis techniques avec ses longs plans séquences et les défis narratifs en jonglant sans arrêt entre différentes époques. Un film, un voyage à travers l’espace et le temps, qui n’est pas simple du tout, mais très drôle. Un film étonnant, enivrant et audacieux qui oblige à lâcher prise. Un acid trip absolu Avec un rythme complètement fou, pour apprécier La fièvre de Petrov, il faut accepter de ne pas tout comprendre. Il faut se laisser porter pour vivre cette expérience magistrate et hallucinatoire. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 La Fièvre de Petrov est un acid trip absolu. Je voulais que ce film soit très sensuel, et plein d’amour. Je n’avais pas prévu de le tourner. C’est lui qui est venu à moi, qui m’a happé. Yuri Kolokolnikov La fièvre de Petrov RUSSIA, FRANCE / 2021 / 2H26 Un film de KIRILL SEREBRENNIKOV avec SEMYON SERZIN, CHULPAN KHAMATOVA, YULIA PERESILD, YURI KOLOKOLNIKOV, YURIY BORISOV, IVAN DORN, ALEKSANDR ILYIN, SERGEY DREYDEN, OLGA VORONINA, TIMOFEY TRIBUNTSEV, SEMYON STEINBERG, GEORGIY KUDRENKO AU CINÉMA LE 1ER DÉCEMBRE 2021 FESTIVAL D’AVIGNON Utopia-Manutention Le 13 juillet 2022 à 11h
- Andromaque
Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque… Cette histoire qui pourrait être un beau marivaudage est bel et bien une grande tragédie. Depuis 2019, Robin Renucci a pris l’habitude de « monter » Racine dans le plus simple appareil. Après Britannicus et Bérénice, c’est au tour d’Andromaque de se montrer « à nue », avec une mise en scène toute simple, dénuée de tout artifice. « Ces êtres sont partagés entre amour, violence, pulsion et passion » Dans cet Andromaque, très clairement intéressant et culotté, Marilyne Fontaine compose une grande et survoltée Hermione, au centre d’une troupe, particulièrement investie. Et le résultat est réussi ! Comme dans un combat de boxe, les scènes, enchâssées entre deux gongs, s’enchaînent avec une grande fluidité, le texte qui prend toute ses lettres de noblesses, permet au drame de s’installer et se construire merveilleusement et ces personnages « haut en couleur » ont de belles touches d’humanité. Les grands ne sont plus si grands et les sentiments sont surjoués Mais, avec cette très grande simplicité, le metteur en scène n’aide pas forcément ses comédiens. Sans aucune fioriture (qui sont pourtant si utile à la magie du théâtre), il nous laisse le temps de voir chaque détail de costume, chaque mouvement corporel, chaque inflexion de la voix et, si les acteurs font tout ce qu’il peuvent et se donnent complètement… peut être trop… ils manquent cruellement de nuances et de profondeur. La proposition est belle ! Le démarrage et la fin de la pièce sont très réussis, les costumes sont intéressants, mais le résultat peine à convaincre. Avis de Foudart 🅵 Andromaque de Jean Racine Mise en scène Robin Renucci Avec Judith D’Aleazzo, Marilyne Fontaine, Solenn Goix, Julien Léonelli, Sylvain Méallet, Patrick Palmero, Henri Payet, Chani Sabaty Crédit Photo Sigrid Colomiès FESTIVAL OFF AVIGNON THÉÂTRE DU CHÊNE NOIR Du 7 au 17 juillet à 21h30 - Relâche le 11 juillet Durée 1h50
- Broken
« Je suis comédienne vous savez ? » Quoi de plus impensable pour un comédien ou une comédienne de ne pas pouvoir terminer son spectacle ? C’est exactement ce qu’il s’est passé le soir du 13 mars 2014, au Théâtre de la Madeleine, à Troyes, quand… après une danse frénétique, Véro Dahuron est tombée sur une bouteille en verre, mal placée. Ce qui aurait pu être un accident tout simple s’est transformé en drame et la comédienne en a perdu son œil. Rideau ! Estropiée, cassée, foutue, broken… Aujourd’hui, comme pour conjurer le sors , elle reprend tous les soirs, avec la même équipe, son histoire. Un équipe brillante et bienveillante aussi harmonieuse que bouleversante. L’amour de vivre Véro Dahuron l’annonce tout de suite. Broken n’est pas un pièce de théâtre, mais plutout une conférence-spectacle sur son histoire, mêlant théâtre, musique, vidéo, peinture et danse, afin de conjurer le sors, partager et offrir son expérience de vie. Véro est une combattante La comédienne nous parle frontalement, sans détour. Elle n’occulte rien, mais souligne pas non plus. Avec force et grandeur, avec humour et délicatesse, celle qui a peut-être baissé les bras, mais n’a jamais renoncée, cette femme, cette comédienne pour toujours, se confie et nous interpelle. Elle parle d’elle et des autres, ces estropiés célèbre (Romy Schneider, Guillaume Depardieu, Jorge Luis Borges, Arletty, Frida Kahlo…) et nous transmet son énergie et son envie de vivre…absolue ! Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Broken Mise en scène Véro Dahuron / Guy Delamotte Avec Guy DELAMOTTE, Véro DAHURON, Antek KLEMM, Jean-Noël FRANÇOISE (musique), Fabrice FONTAL (lumières/percussions), Laurent ROJOL (vidéo) FESTIVAL OFF AVIGNON PRÉSENCE PASTEUR Du 7 au 28 juillet - Relâches : 11, 18, 25 juilletà 16h20
- Vive le sujet !
En toute liberté ! Cette année, le Festival d’Avignon et la SACD ont proposés à des autrices et des auteurs, dans différentes disciplines, de choisir chacun leurs acolytes pour fabriquer ensemble huit performances, en toute liberté de genre, de ton, de forme et de… sujet. Pour cette première série qui sera proposée tous les jours jusqu’au 14 juillet à 11h, le très beau jardin de la Vierge du lycée Saint-Joseph accueille Ludmila Dabo avec Ce n’est qu’une histoire de balances et Mellina Boubetra avec NYST . « Il y a quelque chose dans le déséquilibre qui m’interpelle » Qu'est-ce qui nous fait vaciller ? Qu'est-ce qui nous bouscule ? Les trois artistes aux talents multiples, Ludmilla Dabo, Ashtar Muallem et Blade MC AliMBaye prennent à la lettre, mais aussi au sens le plus large, la notion du déséquilibre. Ils vont tenter de répondre à ces questions, par la voix, le corps et la musique. « J’aime ma solitude, mais il n’y a rien qui me comble plus que la rencontre avec les autres »Ashtar Muallem « La notion d’équilibre, ce n’est qu’une histoire de balance » Blade MC AliMBaye Avec une belle énergie, beaucoup d’humour et de grâce, ces trois artistes se mettent en danger et partagent avec nous leurs pensées, leurs sentiments et leur émotion. Une voix, une musique de temps en temps, une somme de gestes sans réfléchir ou d’autres choisis Une autrice-comédienne vient s’assoir sur la scène, côté jardin, munies d’un micro. Elle parle, décrit l’espace, trouve les mots, insère la poésie. Une autre artiste, entre. Elle bouge, se déplace et se met à danser. Peu à peu, la description se transforme. Le corps, le mouvement est détaillé. Le duo se forme, se complète, s’harmonise et nous offrent un grand moment d’élégance et d’émotion. VIVE LE SUJET ! sont des petits formats particulièrement excitants, drôle et sensuels. Des surprises à découvrir, à déguster, à partager. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 VIVE LE SUJET ! - SÉRIE 1 FESTIVAL AVIGNON CE N’EST QU’UNE HISTOIRE DE BALANCES Ludmilla Dabo Avec Blade AliMBaye et Ashtar Muallem Texte et mise en scène Ludmilla Dabo Musique Blade AliMBaye, Ludmilla Dabo Tissu Ashtar Muallem Crédit © Christophe Raynaud de Lage NYST Mellina Boubetra Avec Julie Compans, Patrick de Oliveira Texte Julie Compans Mise en scène et chorégraphie Mellina Boubetra Musique Patrick de Olivera Crédit © Mellina Boubetra
- Festival d’Avignon : Exposition L’oeil présent
« La photographie de théâtre, ose mettre en scène le théâtre lui-même » Claude Bricage Une magnifique rétrospective pour son regard, son œil présent… au festival d’Avignon La Maison Jean Vilar propose du 7 au 26 juillet, un très bel écrin à Christophe Raynaud de Lage. Cour, cloître, gymnase, carrière, vent, chaleur, pluie font partie de son décor… De jour comme de nuit, des coulisses aux représentations, Christophe Raynaud de Lage photographie les spectacles du Festival d’Avignon, depuis dix-sept ans. Immersion au cœur de la mémoire Le parcours proposé est une déambulation de lieu en lieu, de thèmes en regards, de mises en abyme et en reflets. Chaque image agit comme « une réminiscence, un fragment incisif » d’une édition, en particulier et Christophe Raynaud de Lage souhaite que le public s’immerge, ressente et pourquoi pas revive ses festivals. Une histoire de regard Laurent Gachet, avec son regard bienveillant et son talent de mise en lumière et le scénographe Pierre-André Weitz complètent ce trio, particulièrement passionnant et l’œil affûté de Christophe Raynaud de Lage, prend toute sa dimension. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 Exposition L’oeil présent Conception et photographies Christophe Raynaud de Lage Commissariat d'exposition, textes, lumière, réalisation médias Laurent Gachet Scénographie Pierre-André Weitz Vidéo Thomas Bailly Design sonore David Gubitsch FESTIVAL OFF AVIGNON Maison Jean Vilar Du 7 au 26 juillet 2022
- Ça ne rend pas sourd !
Ce n’est pas mon sexe qui vous désire, mais ma tête. Sainte-Louve. Emmanuelle Arsan Les mots sont une arme d'excitation massive Réalisé en live et en son spatialisé, Ça ne rend pas sourd ! est une véritable expérience immersive et intime. Sortez du brouhaha et de l’effervescence de la ville… Allez-y. Installez-vous confortablement, mettez un casque sur vos oreilles, bandez vos yeux… ou, discrètement, entrouvrez-les et embarquez pour une sieste sonore et musicale…laissez-vous guider par la voix douce et mélodieuse de Cécile Martin. Un voyage drôle, tendre et coquin jusqu’au plaisir mental Au cœur de la littérature érotique, jusqu’à l’ivresse mélodique. Découvrez, avec son habillage sonore électronique et cette voix douce euphorique, ce spectacle fantastique, ce délice fantasmagorique. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Ça ne rend pas sourd ! Mise en scène Cécile Martin Interprète(s) Cécile Martin, Clément Lemennicier Direction vocale Catherine Piffaretti Création son Aria de La Celle, Martin Antiphon FESTIVAL OFF AVIGNON La maison de la poésie d’Avignon Salle le figuier pourpre Du 7 au 18 juillet à 22h00 Durée 1h • À partir de 16 ans Auteurs Emmanuelle Arsan, Marguerite Duras, Lucie Delarue-Mardrus, Nelly Kaplan, Françoise Rey, Frédéric Dard, Felix Nogaret
- L’homme qui plantait des arbres
Ravel, Beethoven, Schubert et… Giono L'idée du paysage Quand François Bernard, le chef d’orchestre et directeur de La Capella Forensis, pense au paysage, tout de suite deux œuvres lui viennent à l'esprit, l'une musicale, l'autre littéraire. Deux œuvres qui portent une vision comparable du paysage, à la fois intime et épique, descriptive et sublimée, naturaliste et humaniste : L'oye de Maurice Ravel et l'Homme qui plantait des arbres de Jean Giono, et… il en a fait un spectacle !… ou plutôt, un concert-spectacle plein de voix et musique mêlées. « Le paysage musical est toujours subjectif, tant il est vrai que la musique ne peut rien décrire de précis; mais, comme le dit Berlioz, par son vague même, et par le rôle de l'imagination que cette imprécision laisse libre, elle est "incomparablement plus puissante" dans l'évocation ». François Bernard Dès le commencement, un groupe de trois magnifiques musiciens munis de leur instrument (un accordéon, une clarinette et un Marimba) accueille un conteur aux cheveux blanc et à la voix charnelle qui semble sorti tout droit d’une crèche provençale. Ce troubadour poétique va nous conter l’histoire d'Elzéar Bouffier, le berger planteur d'arbres. Enveloppé par une musique aux mélodies longue et souple, notre imaginaire prend son envol et les paysages se dessinent dans notre pensée. Ce manifeste pastoral, écologique et humaniste est un véritable hymne à la nature et à la vie. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 L’homme qui plantait des arbres De Giono François Bernard Chef d’orchestre Laurent Chouteau Comédien Denis Kracht-Noël Marimba Damien Schulteiss Clarinette Sven Riondet Accordéon FESTIVAL OFF AVIGNON Théâtre Note Dame Du 5 au 30 Juillet à 12h50 • Relâche le mercredi PROGRAMME Ludwig van Beethoven 9ème Symphonie, 3ème mouvement 7ème Symphonie, 2ème mouvement 6ème Symphonie, ler mouvement 6ème Symphonie, 5éme mouvement Schubert Winterreise,"Erstarrung' Impromptu n°3 en sol bémol majeur Ravel Ma mère l'oye, « le Jardin féérique »
- BUFFALO
C’est seulement quand l’Indien sera absolument dépendant de nous pour tous ses besoins qu’on pourra le maîtriser. Si on tue le buffalo, on conquiert l’Indien.... PARTITION ROUGE. Poèmes et chants des Indiens d’Amérique du Nord Un témoignage effarant sur un carnage sans précédent En seulement dix ans, de 1870 à 1880, plus de 15 millions de bisons américains auraient été exterminés. William S. BURROUGHS a relaté ces faits, dans son récit TUEUR DE BISONS (The Buffalo Harvest) de 1958, tiré du témoignage de Frank Mayer qui en fût l’un des tueurs, les plus célèbres. Une tuerie musicale Il faut faire parvenir le sens de ce qui est dit, lu, comme un alliage “ post courtois“ qui, dans une urgente nécessité, se fait entendre et livre une logique sensible au désordre. À cette époque où « le choix de notre place dans l’environnement, qu’il soit éthique, social ou économique » est de plus en plus d’actualité. « En utilisant la musique comme un costume, comme bruit d’un monde qui emporte ou soulève, la parole ». Envahis par de très belles lumières d’Alexandre MANGE, le scénographe Julien DEFAYE, livre à la main et l’ex-punk Nicolas GAUTREAU muni de son dobro (guitare à résonateur), se rencontrent et nous proposent un rendez-vous entre conte macabre et tribune rock. Une lecture musicale géniale et enivrante Ce spectacle musical magnifique qui mêle et entremêle musique, paroles et lumières est un grand moment poétique, accessible au plus grand nombre. Une belle façon brillante et intelligente de nous redécouvrir ce très beau texte et de mêler l’histoire et l’écologie. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 BUFFALO D’après F.H Mayer Mise en scène, lecture, jeu Julien DEFAYE composition, musique live, chant Nicolas GAUTREAU FESTIVAL OFF AVIGNON THÉÂTRE ARTEPHILE 17:55 | du 07 au 26 juillet, relâches les mercredis Théâtre tous publics dès 12 ans, durée 55 mns https://youtu.be/rs11o9N4LXo
- La leçon de français
Les malentendus poétique du langage Pépito Mateo, un auteur, conteur et comédien franco-andalous, a vécu en Angleterre... et c’est certainement pour cette raison qu’il s’intéresse à ce point aux significations des mots et à leur poésie… en plusieurs langues. On n’a pas les mêmes images d’un pays à un autre, d’une région à une autre, voire d’une famille à une autre et cela induit des comportements, des manières d’exprimer les choses différemment. Pépito Mateo C’est donc sa propre histoire, son expérience et ses rencontres qui lui ont inspiré ce spectacle charmant. Qui maitrise les mots peut façonner le monde. Qui donne sa langue, perd sa place. Qui n’a pas les mots est accusé de tous les maux ! Il nous invite, dans une salle de classe imaginaire, à une pseudo-conférence où il nous parle de son goût pour le language et nous conte par le menu ses aventures. Face aux difficultés de la grammaire, aux situations absurdes et aux décalages d’une langue à l’autre, nous allons revisiter notre habitude de nommer les choses et notre manière de « savoir-vivre ». Pépito Mateo La richesse poétique des mots Par les malentendus et l’ambiguïté des mots, les incompréhensions de langage peuvent créer des situations complexes et parfois dommageables, mais cette particularité reflète aussi la culture et les habitudes d’un peuple. Les mots m’ont toujours semblé, dans leur mystère à créer des images, à générer des musiques par leurs sonorités, comme un jardin des possibles laissant libre-cours à l’imaginaire. Pépito Mateo Ici les mots seront pris à bras le corps... « On y entendra des paroles saisies sur le vif, des dérèglements de grammaire, des traductions en porte-à-faux, des anecdotes à l’emporte-pièce, voire des petits contes à brûle-pourpoint ». Pépito Mateo fait du langage l’acteur principal du spectacle. Il dissèque les mots, l’émotion qui se dégage et expose leur différence. Belgique, Suisse, Luxembourg, Québec, Afrique… La leçon de français est un spectacle tendre, ludique à la rencontre des mots et l’occasion de découvrir notre langue française à travers les différentes pratiques dans le monde entier. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 LA LEÇON DE FRANÇAIS De et par Pépito Matéo Regard extérieur Nicolas Petisoff Avec la complicité de Gwen Aduh, Mael Le Goff et Olivier Maurin Crédit © Loewen photographies, © J. Quinton Spectacle vu au Théâtre de Belleville FESTIVAL OFF AVIGNON THÉÂTRE ARTEPHILE 14:05 | du 07 au 16 juillet | Relâches le mercredi • dès 12 ans • Durée 01:15 Tournée 2022 29 et 30 janvier - Théâtre intercommunal d’Estampes 11 février - Le Forum, Nivillac (56) 6 mai - L’Aqueduc, Dardilly (69) 13 mars - Bougival (78) 15 avril - Ivry-sur-Seine (94) 16 mai - Festival des Arts du Récit en Isère (38)
- Jeanne d’Arc
Jeanne d’Arc rentre à la maison Créé et interprété par Monica Guerritore en Italie en 2004, Jeanne d’Arc a été joué plus de 450 fois devant près de 300 000 spectateurs en Italie, à Londres et à New-York, jusqu’en 2019. « Je suis heureuse que Jeanne rentre enfin à la maison, c’est une expérience très émouvante. J’ai été conquise par Jeanne qui a eu le pouvoir de changer le cours de l’Histoire parce qu’elle a écouté sa voix intérieure. Cette même voix intérieure que la vie m’a appris à écouter, depuis mes débuts avec Strehler, quand un ange m’a conduite au Piccolo Teatro ». Au XVème siècle, il y avait un grand projet politique mené par les intellectuels, les professeurs universitaires, les évêques et les hommes de pouvoir. Et soudain, une jeune fille, une bergère se met en travers du chemin. Elle risque de faire échouer le projet. De plus, elle dit parler au nom de Dieu. Et cela est inacceptable. Cette jeune fille est un obstacle. Il faut l’éliminer. Et c’est ce qui s’est passé.. MONICA GUERRITORE Après de multiples adaptations théâtrales et cinématographiques, Monica GUERRITORE reprend l’histoire de Jeanne d’Arc et nous donne sa vision de cette femme, à la fois si connue et décriée. Mythe ou réalité On peut se poser naturellement la question, mais là n’est pas le sujet. Car, à travers le récit de Jeanne d’Arc, c’est surtout au nom de toutes les femmes que la pièce parle. Et c’est aussi sur ce point précis que Jeanne d’Arc, ce seul en scène est très réussi. Jeanne prend de la hauteur et nous attrape au vol dans ses bras puissants. À l’aide d’une scénographie, absolument magnifique, assez rock et remplie de références contemporaines, Séverine COJANNOT illumine littéralement la scène du théâtre de la Contrescarpe et nous ébloui par sa force et sa nature de comédienne. Histoire d’un challenge ahurissant À cause de la crise sanitaire, qui n’en finit plus, après avoir été déprogrammée une première fois, les répétitions de Jeanne d’Arc ont repris, à Paris, mais sans sa metteuse en scène, bloquée en Italie. C’est donc à distance et avec la collaboration artistique de Bénédicte BAILBY et Jeanne SIGNÉ, que la pièce a été finalisée. Dans cette atmosphère particulière, Séverine COJANNOT nous livre sa prestation sublime. Tout en puissance, élégance, douceur et émotions. Étonnement et émerveillement ce spectacle nous réserve bien des surprises. Loin d’être sinistre, comme on pourrait s’y attendre, c’est surtout l’éblouissement qui nous envahit et Jeanne devient vivante grâce aux actes de son procès et aux mots de Monica. Les très belles musiques résonnent et se mêlent aux images de Dreyer et de Martin Luther King. Jeanne d’Arc (et son interprète, Séverine COJANNOT) fait partie de mes grands coups de cœur de la saison. Un très beau spectacle Une immense pièce. Une pièce qui pourrait déstabiliser par ses choix artistiques, mais qui restera une prouesse d’interprétation et un grand moment de théâtre. En portant ces textes au public, ces paroles, on se rapproche de ces hommes et de ces femmes qui ont su “regarder les étoiles”. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 JEANNE d’ARC Texte et mise en scène Monica GUERRITORE Avec Séverine COJANNOT Collaboration artistique Bénédicte BAILBY & Jeanne SIGNÉ Photos Fabienne RAPPENEAU Spectacle vu au THÉÂTRE DE LA CONTRESCARPE FESTIVAL OFF AVIGNON Théâtre Au Petit chien, le chien qui fume Du 7 au 30 juillet à 15h45 • Relâche les lundis Durée 1h10 INTERVIEW DE SÉVERINE COJANNOT J’ai été ravi de rencontrer Séverine Cojannot qui fait une interprétation formidable de Jeanne D’Arc, actuellement au Théâtre de la Contrescarpe. C'est un spectacle qui a été joué des centaines de fois, en Italie. Est-ce que vous pouvez me parler un peu de cette aventure ? Oui bien sûr ! Monica Guerritore, qui est une grande artiste italienne, l'a en effet créée, d'abord en plein air, avec des projections contre une église, dans un festival en Italie. Ça a eu beaucoup de succès et elle a tourné pendant des années dans toute l'Italie et même à l'étranger. Jeanne d'Arc et l'Italie ? Je pense que Jeanne d'Arc est un modèle qui dépasse vraiment la France. Je pense que c'est une figure connue dans toute l'Europe et peut-être même aux États-Unis. Cette histoire très singulière et forte est assez universelle, elle parle à tous. C'est le retour de Jeanne d'Arc en France, finalement. Exactement. C'est exactement ce que souhaitait la metteuse en scène. Elle s'est dit que ça serait bien. (Rire) « Jeanne rentre à la maison maintenant. » Et j'ai eu la chance d'être choisie, par elle, pour incarner ce magnifique personnage. Comment la rencontre s'est-elle faîte ? C’était un peu magique, vraiment. Elle est venue à Paris et elle est allée voir Marie Tudor au Lucernaire, il y a des années. Je jouais le rôle de la reine. Elle m'a vue, m’a contactée sur les réseaux sociaux. Finalement, je suis allée la voir à Rome, dans la dernière exploitation de ce spectacle et j'ai aimé la beauté de ce spectacle, sa démesure et la force de sa dramaturgie, de son engagement. Vous n'avez vraiment pas eu de chance car, quand vous deviez commencer à jouer, ça a été le début des longs confinements que nous avons vécus et, je crois que vous n'avez pas pu véritablement répéter avec votre metteuse en scène. En Italie, il y avait déjà cette pandémie et elle est venue masqués. C'était très curieux comme rencontre. Elle n’a pu rester que quelques jours et voulait revenir, bien sûr, pour l'achèvement de la création et la mise en place lumière, mais ce n'était plus possible, il y avait déjà une interdiction, une fermeture des frontières. Elle n'a jamais vu le spectacle terminé, à Paris ? C'est fou, ça. Elle a vu les filages, mais elle n’a pas vu le spectacle en public. Le 1er avril, on devait commencer, mais il ne se passait plus rien nulle part. Donc, on a attendu patiemment pendant des mois et, finalement, la première a eu lieu le 1er octobre. Ce spectacle, ce personnage, a été déjà interprété des dizaines de fois. Quelle est votre opinion, vis à vis de Jeanne d'Arc ? Comment avez-vous abordé ce rôle ? C'est quelqu'un qui a écouté son intuition, qui a écouté sa voix et qui a été droit au but. j'ai essayé de comprendre ce qu'elle a pu ressentir avec cet appel et cette foi immense qui l'ont guidée dans toute son action, dans tous ses choix. j'ai vraiment essayé de faire un travail de simplicité, d'humilité et d'y aller, c'est tout. J'ai l'impression qu'à travers ce spectacle, on parle aussi de toutes les femmes. Oui, complètement. C'est très important. C’est un spectacle sur Jeanne d'Arc, sur la foi, mais aussi sur la volonté féminine de réussir à transcender sa vie. C'est une fille qui n'est pas restée à sa place, qui a pris une armure, qui a fait la guerre avec conviction et qui a réussi à entraîner avec elle, toute une armée. Est-ce un spectacle féministe ? Non. Je ne pense pas. Ce n’est pas un spectacle politique au sens des Néo-féministes. C’est un spectacle qui parle d’une femme. elle a eu un courage dingue de prendre une place qui n’était pas la sienne, au départque la société ne lui donnait pas. Et elle l'a payé cher, quand même. Oui. Le prix de sa vie. Exactement. Jeanne d'Arc, un mythe, une réalité ? Quel est votre point de vue, par rapport à ça ? Est-ce que c'est vraiment important, finalement ? Le fait qu'elle existe historiquement est incontestable ! Après, il y a toute une mythologie, il y a eu plein de légendes à son sujet, mais ce n’est pas l'essentiel en effet. L'essentiel, je trouve, c'est ce qu'elle raconte et son action. J'ai beaucoup aimé votre interprétation, votre incarnation. Quand on s'est vu, tout à l'heure, vous êtes arrivée avec des cheveux longs, magnifiques et, dans la pièce, vous avez une perruque. Je pensais que c'était vraiment votre coupe de cheveux. Mais oui (Rire). Même mon papa m'a dit ça. Il a vu les photos et m'a dit « Tu t'es fait couper les cheveux ? » Eh bien, non. Non, non. Mais effectivement, c'est un personnage très vivant. Il y a une jeunesse en elle, une jeunesse qu'on peut avoir à tout âge. Une jeunesse profonde qui a un cœur battant. J'ai un peu cette fougue et ça me parle beaucoup. Ce spectacle est très beau visuellement. La scénographie est vraiment exceptionnelle. C'est vrai, je trouve aussi, oui. C'est Monica qui l'a conçue. C'est très simple, symétrique. Il y a juste le bûcher, ce poteau qui figure, bien sur, son supplice, sa fin. Ça me fait toujours penser à la Croix du Christ. il y a une très grande simplicité dans cette scénographie et, ça permet, avec les vidéos, d’avoir un champ de jeu exceptionnel. Les vidéos donnent un côté assez cinéma et la musique est aussi étonnante. Oui, il y a beaucoup de contrepoints. C'est très audacieux, rock par moments avec The Queens ou Tom Waits. C'est une manière de faire le lien entre le 15ème et le 21ème siècle. Vous êtes au Théâtre de la Contrescarpe, en ce moment. Oui depuis le 6 juin. Le dimanche à 16H30 et le vendredi à 19H. Merci beaucoup
- Augustin Mal n'est pas un assassin
il ne veut pas faire de mal, juste se faire du bien Il est surprenant, passionnant et même assez effrayant de réaliser à quel point notre vision du genre humain évolue avec le temps et… en pleine aire #Metoo, comment un mec désagréable mais amusant, un misogyne dans la moyenne de son époque, tout à coup, devient gênant et réellement monstrueux. Augustin Mal, un homme qui se rêve ordinaire Augustin, un petit bonhomme à l’allure sympa et à l’œil taquin débarque sur scène. Il n’aime pas parler de lui, mais il s’épanche, se raconte. Il est un peu cabot, mais sympa, drôle, intelligent quand soudain… « Grâce à son art du portrait, porté par une langue extrêmement précise, la romancière et philosophe Julie Douard va au-delà des apparences que chacun entretient devant son prochain » Olivier Lopez revient au seul en scène, en adaptant pour le théâtre son roman éponyme, nous donne accès aux fragilités de ce personnage un peu paumé, un peu en marge et nous interroge sur ce qu’est le mal(e). Un sale type…attachant ! « Ce qui guide mes pas vers une aventure théâ- trale, c’est le désir de capter ce qui résonne chez moi d’un personnage, mais aussi ce que je peux faire entendre de moi chez le personnage » Pour incarner Augustin, il fallait un comédien différent et atypique. François Bureloup fait parti de ceux-là. « Il est le corps qui suit le souffle de l’autrice, il est la bêtise et la cruauté du personnage ». Il surprend, donne vie à cet homme et, par sa douceur, par l’empathie qu’il suscite en nous, par le rire qu’il déclenche, finit par le rendre attachant. Avec humour et tendresse, ce spectacle surprenant, nous déconcerte, nous bouleverse Un très beau texte, une mise en scène tout en sobriété et délicatesse et une interprétation particulièrement intelligente. Augustin Mal n’est pas un assassin est un spectacle horriblement puissant, délicieusement grinçant qui se dévore comme un roman. Avis Foudart 🅵🅵🅵 AUGUSTIN MAL N’EST PAS UN ASSASSIN Texte Julie Douard Mise en scène Olivier Lopez Avec François Bureloup FESTIVAL OFF AVIGNON Théâtre des Halles Salle Conservatoire du Grand Avignon Du 7 au 26 juillet à 14h30 - Relâches : 13, 20 juillet à 14h30 Durée 1h15 • À partir de 14 ans












