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  • Madame M. : Jacqueline Maillan, une Icône Ressuscitée sur les Planches

    Un siècle après sa naissance, Jacqueline Maillan, figure emblématique du théâtre de boulevard français, continue de captiver les spectateurs et d'enflammer les cœurs. Surnommée "De Funès en jupons" en raison de son style comique inimitable et de son dynamisme sans pareil, Maillan a laissé une empreinte indélébile dans le monde de la comédie grâce à une présence scénique quasi parfaite. Aujourd'hui, Mathilde convie La Maillan, le temps d'une soirée, à partager ses souvenirs de théâtre, les anecdotes de sa vie et de sa carrière... et elle a encore quelques mots à nous dire… Un héritage comique réinventé Mathilde Charbonneaux, souvent comparée à Jacqueline Maillan pour sa présence scénique et son talent comique bien qu'elle ne l'ait jamais connue ni rencontrée, ressent une profonde connexion avec l'actrice. Plongeant dans les archives de l'INA, elle redécouvre ses performances télévisées dans "Au théâtre ce soir", ses rôles au cinéma et ses interviews. Cette exploration lui permet de monter un spectacle solo qui transcende la simple imitation pour saisir l'essence de Maillan. Dans l'univers de Maillan À travers une sélection méticuleuse d'enregistrements et une mise en scène sobre, "Madame M." se révèle comme un dialogue intime, un espace de partage enrichissant entre Mathilde, Maillan et le public. Au-delà d'un simple hommage Ce spectacle place Jacqueline Maillan comme une muse éternelle pour les nouvelles générations. Il initie également un dialogue essentiel sur la place des femmes comiques dans le monde du théâtre, assurant que l'héritage de Maillan continue de captiver et d'inspirer. La première demi-heure du spectacle, qui illustre avec brio les débuts de la carrière de Maillan, permet à Mathilde de démontrer son talent remarquable de comédienne et de narratrice. Toutefois, la suite, bien que riche en ambitions, présente quelques confusions dans les interprétations des personnages. Le thème de la descendance et de la transmission à travers les époques et dimensions, malgré son originalité, est parfois moins maîtrisé, suscitant une légère perplexité chez le spectateur. Cependant, ces petits écarts n'enlèvent rien à la portée et à la beauté du spectacle. "Madame M." réussit à capturer l'esprit pétillant de Maillan tout en offrant une réflexion profonde sur le rôle continu des icônes dans le théâtre moderne. La force de l'œuvre réside dans sa capacité à mélanger avec audace révérence et innovation, faisant de chaque instant un hommage vivant à l'une des grandes dames du théâtre français. Avis de Foudart 🅵🅵 MADAME M. Un spectacle de et avec Mathilde Charbonneaux Collaboration artistique Pia Lagrange • Création Lumière Vivien Niderkorn • Costumes Lucile Charvet • Création sonore Antonin Chalon • Crédit photo (c) Julie Morteau LA SCALA PARIS Jusqu'au 21 juin 2024 • Le vendredi à 21h30 • Durée 1h

  • "No Limit" : La Comédie Absurde Qui Triomphe en Déridant la Guerre Froide

    Imaginez un monde où, en pleine Guerre Froide, des bombardiers américains reçoivent par erreur l'ordre de raser Moscou... et doivent être rappelés d'urgence. Bienvenue dans l'univers délirant de "No Limit", où cette prémisse aussi hilarante qu'alarmante sert de trame à un spectacle théâtral ébouriffant qui a conquis Paris après avoir triomphé à Avignon. Créée par le trublion Robin Goupil, "No Limit" fusionne l'humour noir et l'absurde pour peindre une satire cinglante de nos leaders politiques et de la fragilité humaine. Inspiré par des géants du genre comme les Monty Python et Mel Brooks, Goupil orchestre une danse comique entre des dialogues savoureusement stupides et des situations au sérieux trompeur. Le casting, composé d'amis comédiens et de talents bruts, navigue avec une aisance comique remarquable, transformant chaque réplique en un feu d'artifice d'esprit. Leur jeu, sérieux face à l'absurdité des situations, crée un décalage jouissif, faisant de "No Limit" un tour de force comique. La mise en scène, tout aussi inventive que le texte, joue sur des divisions scéniques astucieuses pour renforcer cette impression de chaos orchestré. Les costumes, tirés tout droit des années 60, ajoutent une touche d'authenticité et de dérision, enveloppant le tout dans une atmosphère à la fois historique et intemporelle. "No Limit" est une comédie, mais aussi, un exutoire, un moyen de rire de ce qui, dans un autre contexte, pourrait nous faire pleurer. C'est une pièce où le rire est une arme chargée de critiques sociales et politiques, un lieu où la folie des hommes est si grande que seule une salle de théâtre peut la contenir. Nominée pour le Molière de la meilleure comédie en 2023, "No Limit" est une aventure théâtrale où chaque blague est un missile de distraction massive et chaque éclat de rire, un soulagement face à l'absurdité de notre monde. Alors, si vous avez besoin de décompresser dans un monde qui semble parfois au bord du précipice, "No Limit" vous promet une soirée de franche rigolade et de réflexion légère, parce que, quand tout est grave, mieux vaut en rire tant qu'on le peut encore! Avis de Foudart 🅵🅵🅵 NO LIMIT Une pièce écrite et mise en scène par Robin GOUPIL Avec (en alternance) Arthur CORDIER ou Thomas GENDRONNEAU, Robin GOUPIL ou Théo KERFRIDIN, Victoire GOUPIL ou Alice ALLWRIGHT, Martin KARMANN ou Adrien URSO, Maïka LOUAKAIRIM ou Gabrielle COHEN, Augustin PASSARD ou Théo COMBY LEMAITRE, Stanislas PERRIN ou Maël BESNARD, Laurène THOMAS, et Tom WOZNICZKA ou Axel MANDRON ou Basile ALAÏMALAÏS Musique originale Alexis Derouin & Thomas Gendronneau • Lumières Vivien Niderkorn • Crédit Photo Oscar Chevillard THEATRE DU SPLENDID Jusqu’au 21 juillet 2024 • Du mercredi au samedi à 21h00 • samedi 16h30 à dimanche 17h00

  • Lisbeth's : Un Tourbillon Théâtral de Passion et de Mystère

    Au cœur du Théâtre de la Manufacture des Abbesses à Paris, du 20 mars au 11 mai 2024, se déploie un spectacle exceptionnel intitulé "Lisbeth's". Cette pièce, conçue et adaptée par Valentin Rossier sur un texte de Fabrice Melquiot, nous invite à plonger dans une aventure théâtrale captivante où les frontières entre désir, identité et mémoire se brouillent de manière fascinante. Un Coup de Foudre Inattendu La pièce commence par une rencontre fortuite à une terrasse de café entre deux âmes solitaires : Pietr, un voyageur de commerce au regard mélancolique, et Lisbeth, une vendeuse de bijoux au charme magnétique. Tous deux quadragénaires, ils se découvrent et, contre toute attente, une étincelle jaillit. Ils tombent instantanément amoureux. Ce qui commence donc comme un coup de foudre se mue rapidement en une relation intense, tissée de moments de bonheur pur et de complexités inattendues. Lisbeth, énigmatique, semble se fragmenter et se réinventer aux yeux de Pietr, éveillant chez lui une fascination mêlée d'incertitude. Leur voyage commun devient alors une exploration délicate de l'amour et de l'identité, offrant au spectateur une réflexion profonde sur la nature éphémère de la connexion humaine. Un style narratif révolutionnaire Fabrice Melquiot, grâce à son texte exceptionnel, propose une structure narrative ouverte et fluide, unique en son genre. Cette structure permet à l'histoire de naviguer librement entre le présent et le passé, ainsi qu'entre les pensées et la réalité. En outre, elle offre aux deux personnages la possibilité de se manifester simultanément, partageant leurs sentiments tout en interagissant. Cela transforme la scène en un espace où sensations et réalités s'entremêlent avec une grande fluidité. Cette approche non linéaire enrichit le drame, intensifiant les interactions entre les personnages et rendant le spectacle particulièrement immersif. Ajoutée à une mise en scène passionnante et à l’interprétation troublante, à la fois sensuelle et sobrement envoûtante des deux comédiens, cette pièce frappe par son originalité et son intensité. Innovations Techniques et Scéniques La mise en scène de Valentin Rossier utilise des microphones sur pied comme un élément central, un troisième personnage en quelque sorte, transformant la voix en un outil puissant de narration et d'expression des sentiments intérieurs et la rendant si veloutée et sensuelle. Les sons électroniques créent une ambiance sonore qui renforce l'atmosphère de chaque scène, rappelant les road-movies de David Lynch avec un mélange de poésie déclamée et de musique électronique. Performances Envoûtantes Marie Druc et Valentin Rossier offrent des performances exceptionnelles, naviguant avec une agilité remarquable à travers un texte riche en émotions et en subtilités. Ils transforment chaque mot en un instant théâtral vibrant, insufflant vie et dynamisme à chaque scène. "Ils sont comme deux rockers en plein concert, ces amants ancrés à leurs micros sur pied, se livrant corps et âme à la poésie de Fabrice Melquiot", commente Valentin Rossier. Il poursuit : "Ils murmurent ou proclament la passion amoureuse et son érotisme brûlant, tel un poème chanté." Leur interaction oscille entre ironie et profonde émotion, soulignant la complexité de leurs personnages emportés dans un amour ardent, teinté d'un mystère troublant. Le texte est délivré avec une intensité confidentielle, exprimé tantôt en fougue, tantôt en murmures. Le contraste entre leurs personnalités enrichit la performance : elle, rieuse et sereine, lui, sérieux et anxieux; elle, détendue, lui, sur les nerfs; elle, joyeuse, lui, préoccupé. Leurs états d'esprit alternent, vacillant entre passion et désillusion, nous captivant dans leur tourbillon émotionnel. Thèmes Profonds et Universels "Lisbeth's" explore les thèmes de l'amour, de la mémoire et de l'identité. La pièce questionne la réalité de la connaissance de l'autre dans une relation amoureuse et comment nos perceptions peuvent altérer notre compréhension de ceux que nous aimons. La relation entre Pietr et Lisbeth devient un miroir des façons dont les souvenirs et les identités peuvent être à la fois fluides et déconcertants. Une Expérience Théâtrale Inoubliable "Lisbeth's" est une exploration magistrale des dynamiques de l'amour et de l'illusion, où chaque élément scénique et narratif contribue à une expérience immersive. Ce spectacle est une preuve éclatante de la capacité du théâtre à remuer les cœurs et les esprits à travers un dialogue qui est autant un défi qu'une déclaration d'amour à la complexité humaine. Une pièce à ne pas manquer pour tous les amateurs de théâtre qui cherchent à être touchés profondément par la beauté et la complexité de la narration moderne. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 LISBETH’S Texte Fabrice Melquiot Conception et adaptation Valentin Rossier Avec Marie Druc, Valentin Rossier Dramaturgie Hinde Kaddour • Création lumière Jonas Bühler • Création musique et sons David Scrufari • Photos © Carole Parodi LA MANUFACTURE DES ABBESSES Du 20 mars au 11 mai 2024 • Les mercredis, jeudis, vendredis et samedis, à 19h

  • "L'Île des esclaves" de Marivaux : une réinterprétation audacieuse par Stephen Szekely

    Dans le théâtre de Marivaux, "L'Île des esclaves" se distingue comme une comédie concise et percutante, jouée pour la première fois en 1725 par les Comédiens Italiens du Roi. Cette pièce en un acte et en prose s'articule autour d'un jeu de miroirs captivant entre maîtres et serviteurs, sur une île où les rôles sociaux sont inversés afin de favoriser une rééducation mutuelle. Les maîtres devenus esclaves et les esclaves promus maîtres explorent les dynamiques de pouvoir et d'injustice, tout en interrogeant la capacité au changement véritable chez les individus et au sein des structures sociales. Aujourd'hui, Stephen Szekely propose une nouvelle lecture de cette farce philosophique, entouré d'une troupe de jeunes comédiens pleins de dynamisme. Leur interprétation allie habilement légèreté et profondeur, donnant vie à cette pièce au rythme soutenu, aux dialogues spirituels et aux rebondissements ingénieux. La mise en scène est précise, efficace et marquante. Elle s'ouvre et se clôt sur deux chorégraphies particulièrement réussies : la première, qui mime le naufrage initial par une danse syncopée, et la seconde, qui transforme ces mouvements en un ballet coordonné et joyeux, célébrant la réconciliation. Toutefois, l'expérience parfois limitée des jeunes comédiens ne leur permet pas de saisir toutes les nuances et la profondeur des personnages complexes. Bien que Barthélemy Guillemard, interprétant Arlequin, brille par son éclat et son espièglerie, Laurent Cazanave, en gouverneur, et Lyse Moyroud, en Cléanthis, montrent par moments une interprétation qui pourrait gagner en finesse, rendant certaines scènes plus longues qu'elles ne le sont. Malgré cela, même si le spectacle laisse une impression d'inachevé, il souligne néanmoins la conviction de Marivaux que les arts peuvent transformer la société. Ce groupe de jeunes comédiens apporte une fraîcheur bienvenue à l'œuvre, démontrant comment la littérature peut être visionnaire, reflétant les luttes contemporaines pour l'égalité et la justice. Avis de Foudart 🅵 L’ÎLE AUX ESCLAVES De Marivaux Mise en scène Stephen Szekely Avec Laurent Cazanave ou Michaël Pothlichet, Barthélemy Guillemard, Lucas Lecointe, Marie Lonjaret et Lyse Moyroud Création musicale et sonore Michael Pothlichet • Chorégraphie Sophie Meary • Lumières Jonathan Oléon • Scénographie Juliette Chapuis Crédit photo © Helen Dersoir THÉÂTRE LE LUCERNAIRE Du 3 avril au 5 mai 2024 • Du mardi au samedi 20h • le Dimanche à 17h • Durée 1h10

  • Les Caroline : Une Ode Burlesque au Music-Hall Français

    Le spectacle musical "Les Caroline" se distingue par son originalité et son hommage vibrant aux grandes dames de la chanson française. Porté par Caroline Loeb et Caroline Montier, ce duo dynamique transforme chaque performance en un véritable carnaval d'émotions et d'humour. Un Duo Dynamique et Complémentaire Les deux artistes, Caroline Loeb et Caroline Montier, incarnent parfaitement la diversité et la complémentarité. Loeb, connue pour son esprit pétillant et son penchant pour l'autodérision, et Montier, à la voix lyrique et au charme captivant, forment un tandem à la fois hilarant et émouvant. Accompagnées au piano par Vincent Gaillard, elles revisitent avec brio un répertoire allant de Mistinguett à Brigitte Fontaine, en passant par Juliette et Régine, apportant une fraîcheur inédite à des chansons souvent méconnues mais profondément touchantes. Un Spectacle Burlesque et Tendre Le spectacle se déroule comme un grand huit émotionnel, où humour et tendresse se mêlent dans une atmosphère de cabaret modernisé. Les arrangements musicaux, tantôt glamour tantôt décoiffants, permettent aux spectateurs de redécouvrir des classiques sous un jour nouveau. L'interaction constante entre les deux Caroline, pleine de taquineries et de complicité, ajoute une dimension théâtrale qui enrichit chaque chanson. Critiques et Réactions À la sortie du spectacle, les réactions du public sont unanimes : ce spectacle est un pur délice ! Les témoignages soulignent l'humour décapant, les performances vocales et l'atmosphère intime du spectacle. Les costumes et la mise en scène, oscillant entre le classique et le contemporain, sont également très appréciés, contribuant à l'ambiance unique du spectacle. Une invitation à rire, à s'émouvoir et à chanter Pour tous les amateurs de théâtre musical, de chansons françaises et d'histoires racontées avec cœur et humour, "Les Caroline" est une œuvre à ne pas manquer. Un incontournable pour tous ceux qui cherchent à vivre un moment de pur divertissement mêlant tradition et innovation. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 LES CAROLINE De Caroline Loeb et Caroline Montier, accompagnées au piano par Vincent Gaillard Mise en scène Flannan Obé • Lumières Arnaud le Dû • Costumes Stéphan Janson Théâtre Les Enfants du Paradis Du 10 mars au 23 juin 2024 • Les dimanches à 16h Festival OFF Avignon Du 03 AU 21 JUILLET • Théâtre Baretta à 16h25 (sauf les dimanches) LES CHANSONS : Elle s’appelle Caroline (Mistinguett) Rhum Pomme (Juliette) C’est si bon quand c’est défendu (Marie Dubas) J’en ai marre (Mistinguett) J’suis nerveuse (Odette Laure) Les palétuviers (Pauline Carton) Casseroles et faussets (Juliette) J’ai la ouate qui s’dilate (Gaston Ouvrard adaptation Caroline Loeb) Où sont tous mes amants? (Fréhel) J’suis décadente (Brigitte Fontaine) Monocle et col dur (Juliette) J’vieillis (Michel Jonasz) Prohibition (Brigitte Fontaine) Je suis une FEMME (adaptation de «Caus’ I’m a Woman» Loeb/Obé) Caroline (Henri Salvador, adaptation Obé/Loeb) Je cherche un millionnaire (Mistinguett) Money makes the world go round (Cabaret) Plutôt rock (adaptation de « Two little grils from Little Rock » Obé/Loeb) Je survivrai (Gloria Gaynor / Régine)

  • "La France, Empire" : Exploration des ombres de l'histoire nationale

    Un documentaire théâtral révélateur par Nicolas Lambert Nicolas Lambert, connu pour sa trilogie "L’A-Démocratie" traitant de thématiques lourdes comme le pétrole, le nucléaire et l'armement, revient avec une œuvre tout aussi percutante : "La France, Empire". Cette pièce, partie de la série "Le Théâtre des Opérations", s'attaque à un sujet aussi vaste que controversé : le passé impérial de la France et son impact persistant sur la République. Un passé occulté La pièce met en lumière une partie souvent omise de l'histoire française enseignée dans les écoles. Après la Seconde Guerre mondiale, la France possédait un empire étendu en Asie, en Afrique et en Amérique. Le démantèlement de cet empire, marqué par des conflits sanglants pour maintenir ces territoires sous contrôle français, reste largement sous-représenté dans le récit national. Des événements majeurs comme les guerres au Cameroun, l'écrasement des insurrections en Syrie ou à Madagascar, et les bombardements à Hai Phòng ou à Sétif sont rarement évoqués. Une réflexion sur l'identité nationale L'approche de Lambert est provocatrice mais nécessaire. Il questionne la manière dont la France gère le souvenir de son passé impérial, souvent réduit à la périphrase des "événements" plutôt qu'à des guerres reconnues, comme ce fut longtemps le cas pour la guerre d'Algérie avant qu'elle ne soit officiellement reconnue en 1999. Il explore aussi comment ce passé influence les relations contemporaines de la France avec les descendants de ces anciennes colonies. Un spectacle entre documentation et introspection "La France, Empire" se distingue par son format innovant qui mêle documentation rigoureuse et éléments de spectacle vivant. La pièce est un mélange de moments sérieux, drôles et effrayants, illustrant la complexité du sujet. Lambert utilise des références culturelles variées, de la bande dessinée au cinéma français des années 60-70, pour enrichir son récit. Perspectives et critiques Ce spectacle n'est pas juste un récit historique, mais un plaidoyer pour une meilleure compréhension des enjeux contemporains à travers le prisme de l'histoire. Lambert incite à une introspection nationale, utilisant l'allégorie de Marianne, symbole de la République, qui serait en thérapie pour comprendre ses troubles liés à un passé impérial non résolu. "La France, Empire" est une œuvre audacieuse qui remet en question le récit national français et propose une réflexion profonde sur l'histoire, l'identité et la mémoire collective. Ce documentaire théâtral fait office de miroir, réfléchissant les parts d'ombre d'une nation qui peine encore aujourd'hui à les reconnaître pleinement. Avis de Foudart 🅵🅵 LA FRANCE, EMPIRE Texte, documentation, reportage, mise en scène & interprétation Nicolas Lambert Collaboration artistique Sylvie Gravagna Création lumière Erwan Temple Photo photo Pauline Le Goff Théâtre de Belleville Du mercredi 3 avril au jeudi 27 juin 2024 • Mer. 21h15, Jeu. 21h15, Ven. 21h15, Sam. 21h15, Dim. 17h • Relâches les 17 avril et 4 mai • Durée 2h • À partir de 16 ans Tournée Du 2 au 21 juillet • 11 Avignon - Festival OFF d'Avignon Références Afrique 50 (René Vautier, 1950) Le Lotus Bleu (Hergé, 1935) Kamerun ! (Thomas Deltombe, Manuel Domergue, Jacob Tatsitsa, 2010) Les Jeux de 20h (FR3, 1974-1987) Tintin chez le psychanalyste (Serge Tisseron, 1985)

  • La Peur : Une Plongée Profonde dans le Psychodrame Adapté de Stefan Zweig

    Dans une adaptation vibrante de la nouvelle de Stefan Zweig, "La Peur", Élodie Menant, Molière de la révélation féminine 2020, insuffle une nouvelle vie à cette œuvre, la transposant dans le contexte des années 50 avec une ingéniosité remarquable. Zweig, maître incontesté de l'analyse psychologique, a eu le talent de condenser le destin d'un individu dans l'espace restreint d'une nouvelle, capturant l'essence même de l'existence humaine à travers une prose dense et évocatrice. C'est cet esprit que Menant cherche à préserver et à élargir dans sa mise en scène. L'histoire se concentre sur Irène, une femme au foyer qui semble vivre le parfait amour avec Fritz, un célèbre avocat pénaliste. Mais derrière les apparences, insatisfaite de sa vie monotone et se sentant délaissée, elle entame une liaison avec un jeune pianiste nommé Édouard. Si cette aventure réveille en elle un sentiment de vitalité qu'elle n'avait pas ressenti depuis longtemps, ce choix déclenche une série d'événements qui la plongent dans un état de peur et d'angoisse constante. Son existence se transforme alors en une torture psychologique continue. Entre Hallucinations, Manipulations et Quête de Vérité Cette pièce nous tient en haleine du début à la fin. Élodie Menant, dans son adaptation théâtrale, a non seulement créé de nombreux dialogues, rendant la trame dynamique, mais elle a également instauré une mise en scène cinématographique. Les pensées et les souvenirs d'Irène prennent vie sur scène et s'entremêlent, créant un dialogue intime entre le passé et le présent tout en exposant les tensions internes qui la tourmentent. Nous plongeons ainsi dans le maelström d'émotions d'Irène, au point de douter de sa santé mentale. Est-elle véritablement folle ? Sujette à des hallucinations ? Ou est-elle simplement la victime d'une sombre manipulation ? Avec tous ces éléments, les rôles d’Irène et de Fritz deviennent de véritables joyaux théâtraux pour les acteurs, qui ont l'opportunité de déployer un éventail de performances extrêmement riche et varié. Lors de notre visite, Élodie Menant et Aliocha Itovich ont incarné ces personnages avec une maestria remarquable. Élodie Menant, dans le rôle d'Irène, étant particulièrement touchante, surtout dans les scènes de confrontation et de désespoir. Les décors roulants et évolutifs s'adaptent astucieusement à chaque scène, renforçant ainsi le suspense et l'immersion dans ce drame familial. Une Lentille Psychologique Aiguë Cette adaptation ne se contente pas de raconter une histoire de mariage en crise ; elle explore les thèmes universels de la culpabilité, de la trahison, de l'auto-déception et du choix. La décision d'Élodie Menant de situer l'action dans les années 50 confère une résonance particulière à l'œuvre, à l’aube d’une certaine libération de la femme. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 "La Peur" se distingue non seulement par son intensité dramatique, mais aussi par sa capacité à transformer le texte original en un spectacle qui questionne profondément la nature humaine. Cette pièce est un exemple brillant de la façon dont le théâtre moderne peut redéfinir les classiques littéraires pour refléter les angoisses contemporaines, tout en offrant une expérience visuelle et émotionnelle profondément engageante. Elle réussit à nous maintenir en haleine jusqu'à un dénouement final surprenant, qui dépasse toutes les attentes et confirme le talent de Élodie Menant en tant que metteuse en scène, capable de faire dialoguer le passé littéraire avec le présent artistique. LA PEUR Librement adaptée de LA PEUR de Stefan Zweig par Élodie Menant Mise en scène et adaptation Élodie Menant Avec Hélène Degy en alternance avec Élodie Menant, Aliocha Itovich en alternance avec Arnaud Denissel, Ophélie Marsaud Décor Olivier Defrocourt • Costumes Cécile Choumiloff • Lumières Olivier Drouot • Crédit photo @Olivier_Brajon La Scala Paris Du 4 avril au 10 mai 2024 • Du mardi au samedi à 19h Le dimanche à 15h • Durée 1h15

  • Come Bach: Une Brillante Récréation dans l'Univers de Bach

    Il était une fois un quatuor féminin exceptionnel qui brisa les conventions pour mêler le génie intemporel de Bach à la richesse de la musique contemporaine. Voici ce qui pourrait résumer "Come Bach", un concert audacieux et original qui se révèle être une véritable expérience scénique. Une Réinvention Audacieuse de J.S. Bach Ce spectacle ambitieux, né du désir de créer un espace ludique autour de l'œuvre de Bach, surnommé le "Dieu des musiciens", rassemble quatre virtuoses très différentes mais aux talents complémentaires : une contrebassiste, une hautboïste, une pianiste et une soprano. Brillamment orchestré par le metteur en scène Gérard Rauber, il nous entraîne dans un voyage réjouissant et plein de créativité. Un Voyage Musical Éclectique Le quatuor, jouant sans partitions, se libère et propose un éventail de performances qui vont bien au-delà des attentes traditionnelles d'un concert classique. Les musiciennes, avec humour et dynamisme, occupent l'espace, faisant de chaque performance un spectacle en soi. Ce spectacle met en lumière l'influence intemporelle de Bach sur des artistes de tous horizons, de Leonard Bernstein à Nino Rota, en passant par Maxime Le Forestier et François Morel. La musique de Bach devient alors un outil d'inspiration créative. Elle est adaptée, parfois transformée, et fusionne avec des genres aussi variés que le jazz, le rock et même la pop. Des œuvres emblématiques telles que la "Toccata en ré mineur" et le "Menuet 1 de la 3e suite pour violoncelle" offrent ainsi une expérience inédite et surprenante. Une Célébration Vivante de l’Héritage de Bach Les performances incroyables et étonnantes de ce quatuor féminin, les sonorités audacieuses venues de la contrebasse d’Amandine Dehant, ainsi que la voix exceptionnelle et la présence scénique irrésistible d’Anne Baquet, nous ouvrent de nouvelles perspectives sur la musique classique. Elles démontrent que la tradition et l'innovation peuvent coexister afin de créer un spectacle véritablement unique et mémorable. Un concert-performance brillant, un incontournable pour les amateurs de musique classique en quête d'expériences nouvelles et enrichissantes. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 COME BACH Mise en scène Gérard Rauber Avec Anne Baquet (voix) , Claude Collet (piano), Amandine Dehant (contrebasse), Anne Regnier ou Ariane Bacquet (Hautbois à cor anglais) Crédit photo © Michel Nguyen THÉÂTRE LE LUCERNAIRE Du 20 mars au 26 mai 2024 • du mardi au samedi à 19h • le dimanche à 16h • Durée 1h15 LE PROGRAMME Bach Forever (Damien Nédonchelle, d’après le concerto en mi majeur de J.S. Bach) Just in time (Betty Comden, Adolph Green - Jule Styne, J.S Bach - arrgt: Leonard Bernstein) Badinerie (J.S. Bach) La petite fugue (Maxime Leforestier) Menuet 1 de la 3 e suite pour violoncelle (J.S. Bach) Bacchanales (Saint-Saëns) Ma plus courte Chanson (François Morel – J.S. Bach, Damien Nédonchelle) Musette (Anna-Magdalena Bach) Contre, tout contre, Bach (Jean-Philippe Viret) 12345 (Isabelle Mayereau - Marie Paule Belle) Ça rame (Philippe Decamp – J.S. Bach, François Rauber) Adagio (J.S. Bach, Marcello) Eine Kanone (domaine public) Toccata en ré mineur (J.S. Bach) B-A-C-H (Arvo Part) Si j’avais un marteau (Hays Lee, Peter Seeger adapt : Buggy vline – J.S. Bach) Circus Waltz (Nino Rota) D’abord ton Bach (Bernard Joyet – J.S. Bach) Menuet 2 de la 3 e suite pour violoncelle (J.S. Bach) Toccatina (Nicolaï Kapoustin) Piano Bartok (Philippe Decamp -Claude Collet) Zapping alphabétique (Arrangement Gabriel Phillipot)

  • Royan - La professeure de français

    Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 C’est une belle fin d’après-midi à Royan, une femme rentre chez elle dans la lumière dorée du boulevard. Elle vient du lycée où elle enseigne le français, quand elle perçoit les signes de la présence d’un couple, là-haut, sur son palier. Bien qu’ils ne parlent pas, elle les reconnaît. Ce sont les parents d’une de ses élèves. Elle ne veut pas les voir, pétrifiée tant par sa détermination que par les souvenirs qui la traversent. Partant d’un fait divers, le suicide d’une adolescente victime de harcèlement scolaire, la romancière et dramaturge Marie NDiaye compose un monologue intérieur psychanalytique écrit pour Nicole Garcia. Marie NDiaye nous a demandé de choisir quelques mots : une solitude, une trahison, un souvenir – et c’est de là qu’elle a songé à Royan. Royan est un jeu de miroirs entre ces deux femmes, l’élève et la professeure Un spectacle qui parle de féminité, d’adolescence, de mal-être, d’éducation. Construit comme un huis clos cinématographique Une femme vient de s’arrêter sur les premières marches de son escalier, elle sent que l’attendent à l’étage deux personnes qu’elle ne veut absolument pas voir. C’est très cinématographique, comme le début d’un plan séquence. Puis étrangement, la parole devient absolument théâtrale, dans sa manière de déployer la pensée. Frédéric Bélier-Garcia Nicole Garcia. l’extrême desarroi Elle nous offre sa conscience et ses doutes en sondant les méandres les plus sombres de sa pensée et réalise une performance sombre, torturée et pleine de subtilité. ROYAN - La professeure de français Texte Marie NDiaye Mise en scène Frédéric Bélier-Garcia Avec Nicole Garcia Lumière Dominique Bruguière Son Sébastien Trouvé Décor Jacques Gabel Costumes Camille Janbon Collaboration artistique Sandra Choquet, Vincent Deslandres, Caroline Gonce Assistanat lumière Pierre Gaillardot Crédit photo © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon Théâtre de Paris À partir du 17 avril 2024 • 10 représentations exceptionnelles • Du mercredi au samedi à 20h et tous les dimanche à 17h • Durée du spectacle : 1h20 sans entracte. Spectacle vu au Festival d'Avignon 2021

  • Festival d’Avignon 2024: Un Kaléidoscope de Création à la Conquête des Mots

    La 78e édition du Festival d'Avignon se dessine à l'horizon comme un apogée de l'expression artistique, une célébration où le dialogue entre les cultures, les disciplines et les générations s'incarne pleinement. Sous le thème éloquent « Chercher les mots », cette édition, orchestrée par Tiago Rodrigues, accueille une diversité de voix et d'expressions artistiques, mettant en exergue la quête incessante de l'expression humaine au sein des complexités du monde contemporain. Le festival, ancré dans l'enchantante cité d'Avignon du 29 juin au 21 juillet 2024, se déploiera comme un vaste panorama où théâtre, danse, cirque et performance se croiseront dans une effervescence créative. Avec une programmation riche de 35 spectacles et 2 expositions, le festival réaffirme son engagement en faveur d'une diversité représentative, en affichant une parité exemplaire avec 19 femmes et 19 hommes à l'affiche. Cette édition se distingue par sa faculté à entrelacer traditions et innovations artistiques. Angélica Liddell, avec sa pièce inaugurale « DÄMON / El funeral de Bergman » dans la Cour d'honneur, et Séverine Chavrier avec « Absalon, Absalon ! » à La FabricA, posent les jalons d'un festival qui embrasse courageusement les abysses de l'expression artistique. Boris Charmatz, en tant qu'« artiste complice », incite au mouvement et à la contemplation à travers ses projets tels que « CERCLES », une exploration dynamique de la danse collective. Les barrières géographiques s'estompent aussi, avec un focus particulier sur la langue et la culture espagnoles, conférant au festival une dimension internationale marquée. Des œuvres venues d'Amérique Latine, d'Espagne et d'ailleurs, comme la poésie visuelle et humoristique de « Qui Som ? » par Baro d’evel ou le drame poignant de « Lacrima » par Caroline Guiela Nguyen, qui narre autour de la confection d'une robe de mariée une histoire de savoir-faire et de secrets intimes, enrichissent le festival. Le retour d'artistes emblématiques tels que Krzysztof Warlikowski et de la Comédie-Française, sous la direction de Tiago Rodrigues dans « Hécube, pas Hécube », témoigne de la vitalité et de la pérennité artistique du festival. Cela, conjugué à l'émergence de nouvelles voix et perspectives, telles que celles de Lola Arias et Mariano Pensotti, promet une expérience riche et nuancée pour le public. Tout au long de ces 23 jours de festivités, le Festival d’Avignon ne se limite pas à la présentation d'œuvres ; il encourage un dialogue vivant entre artistes et public, au travers de débats, de rencontres et d'expositions. « Le public ne va pas au Festival d’Avignon, il fait le Festival d’Avignon », souligne Tiago Rodrigues, mettant en avant l'aspect collaboratif et immersif de cet événement. Ainsi, la 78e édition du Festival d'Avignon se profile comme un événement majeur pour tous les amateurs des arts de la scène, offrant un espace où la recherche des mots, des sons, des mouvements et des images pour habiter et interpréter le monde prend une dimension éclatante et plurielle. FESTIVAL D’AVIGNON 78ème édition Du 29 juin au 21 juillet 2024 Le programme complet des spectacles : Absalon, Absalon ! d’après William Faulkner Séverine Chavrier les 29, 30 juin, 1er, 3, 4, 5, 6 et 7 juillet à 16h • La FabricA CERCLES Boris Charmatz les 29, 30 juin et 1er juillet de 18h à 21h • Stade de Bagatelle DÄMON / El funeral de Bergman Angélica Liddell les 29 juin, 1er, 2, 3, 4 et 5 juillet à 22h • Cour d’honneur du Palais des Papes Hécube, pas Hécube d’après Euripide Tiago Rodrigues les 30 juin, 1er, 2, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 11, 12, 13, 14, 15 et 16 juillet à 22h • Carrière de Boulbon LACRIMA Caroline Guiela Nguyen les 1, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 9, 10 et 11 juillet à 17h • Gymnase du Lycée Aubanel Quichotte d’après Miguel de Cervantes Gwenaël Morin les 1, 2, 3, 6, 7, 8, 10, 11, 12, 13, 15, 16, 17, 18, 19 et 20 juillet à 22h • Jardin de la rue de Mons, Maison Jean Vilar Une Ombre vorace Mariano Pensotti les 2, 3, 4, 5, 6, 8, 9, 10, 11, 12, 13 et 15 juillet à 20h, les 16 et 17 juillet à 19h, et les 18, 19 et 20 juillet à 20h • Spectacle itinérant Juana ficciо́n La Ribot & Asier Puga les 3, 4, 5, 6 et 7 juillet à 20h30 • Cloître des Célestins Qui som ? Baro d’evel les 3, 4, 5, 6, 8, 9, 10, 12, 13 et 14 juillet à 22h • Cour du Lycée Saint-Joseph Lieux Communs Baptiste Amann les 4, 5, 6, 8, 9, et 10 juillet à 11h • L’Autre Scène du Grand Avignon – Vedène La vie secrète des vieux Mohamed El Khatib les 4, 5, 7, 8, 9, 11, 12, 13, 15, 16, 17 et 19 juillet à 18h • La Chartreuse – CNES de Villeneuve Lez Avignon Los días afuera Lola Arias les 4, 5, 7, 8, 9 et 10 juillet à 18h • Opéra Grand Avignon Sea of Silence Tamara Cubas les 4, 5, 6, 8 et 9 juillet à 19h • Théâtre Benoît-XII Soliloquio (me desperté y golpeé mi cabeza contra la pared) Tiziano Cruz les 5, 6, 7, 11, 12 et 13 juillet à 18h • Gymnase du Lycée Mistral Liberté Cathédrale Boris Charmatz les 5, 6, 8 et 9 juillet à 21h30 • Stade de Bagatelle Mothers A Song for Wartime Marta Gо́rnicka les 9, 10 et 11 juillet à 22h • Cour d’honneur du Palais des Papes Wayqeycuna Tiziano Cruz le 10 juillet à 18h, les 11, 12 et 13 juillet à 11h, le 14 juillet à 11h et 18h • Gymnase du Lycée Mistral Avignon, une école Fanny de Chaillé les 10, 11, 12 juillet à 21h et 23h59 • Cloître des Célestins Història d’un senglar (o alguna cosa de Ricard) d’après Richard III de William Shakespeare Gabriel Calderо́n les 12, 13, 14, 19, 20 et 21 juillet à 19h • Théâtre Benoît-XII Forever d’après Café Müller de Pina Bausch Boris Charmatz les 14, 15, 17, 18, 20 et 21 juillet de 13h à 20h • La FabricA La gaviota d’après La Mouette d’Anton Tchekhov Chela De Ferrari les 15, 16, 18, 19, 20 et 21 juillet à 11h • L’Autre Scène du Grand Avignon – Vedène Close Up Noé Soulier les 15, 16, 17, 19 et 20 juillet à 18h • Opéra Grand Avignon Léviathan Lorraine de Sagazan les 15, 16, 18, 19, 20 et 21 juillet à 18h • Gymnase du Lycée Aubanel Terminal (L’État du Monde) Inês Barahona & Miguel Fragata les 15, 16, 18, 19, 20 et 21 juillet à 22h • Cloître des Célestins Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux d’après l’oeuvre de J.M. Coetzee Krzysztof Warlikowski les 16, 17, 19, 20 et 21 juillet à 22h • Cour d’honneur du Palais des Papes Reminiscencia Malicho Vaca Valenzuela les 17, 18, 19 et 20 juillet à 11h et 18h, et le 21 juillet à 11h • Gymnase du Lycée Mistral The Disappearing Act Yinka Esi Graves les 18, 19, 20 et 21 juillet à 22h • Cour du Lycée Saint-Joseph Toda la vida, un día Silvia Pérez Cruz le 21 juillet à 23h59 • Opéra Grand Avignon Vive le sujet ! Tentatives Avec la SACD • Jardin de la Vierge du Lycée Saint-Joseph Série 1 Un ensemble (morceaux choisis) / Anna Massons Le Siège de Mossoul, Une épopée contemporaine Félix Jousserand les 4, 5, 6 et 7 juillet à 10h30 et 18h Série 2 Méditation Stéphanie Aflalo Baara Tidiani N’Diaye les 11, 12, 13 et 14 juillet à 10h30 et 18h Série 3 Canicular Rebecca Joumo Trace… Michael Disanka & Christiana Tabaro les 18, 19, 20 et 21 juillet à 10h30 et 18h

  • Marilú Marini : À la Rencontre d'une Femme d'Exception

    Une Passion qui Transcende les Frontières Reconnue pour son talent exceptionnel, Marilú Marini est une figure emblématique du théâtre et du cinéma, capable d'incarner avec aisance et profondeur des personnages allant de l'exubérance pure à la mélancolie la plus subtile, voire au drame le plus poignant. Muse privilégiée de metteurs en scène de renom tels qu'Alfredo Arias, elle se distingue par ses performances imprégnées de nostalgie, d'une joie de vivre contagieuse et d'un humour sans limite, reflétant ainsi une passion ardente pour le théâtre, un espace où précision et liberté se rencontrent harmonieusement. L'histoire de Marilú Marini avec le théâtre est avant tout une histoire d'amour et d'engagement, un voyage qui l'a conduite de Buenos Aires à Paris. Embrassant une liberté créative sans compromis, elle a débuté sa carrière dans la danse avant de découvrir sa véritable vocation de comédienne. Sous l'égide d'Alfredo Arias, avec qui elle a cofondé le groupe théâtral TSE, elle a pris son envol pour Paris, fuyant l'instabilité politique de l'Argentine. C'est dans cette ville qu'elle s'est pleinement épanouie, devenant une icône des œuvres d'Arias qui ont marqué le paysage théâtral français. « Filmer Marilú, c’est décrypter une vie forgée par l’exigence du travail de l’acteur, par l’exil, l’amitié et le temps qui passe, malgré tout. Un voyage en compagnie d’une femme dont le regard sur le monde allie joie de vivre, fantaisie et volonté de ne jamais rien lâcher. » Capté entre la France et l'Argentine de 2016 à 2022, le film documentaire réalisé par Sandrine Dumas dévoile une facette inédite du talent et de la personnalité de Marilú Marini. Issu de leur rencontre artistique et d'une volonté commune d'immortaliser Marilú à l'écran, ce film met en lumière non seulement son riche héritage artistique mais également son influence significative sur les jeunes acteurs et sur le théâtre en général. Le film révèle l'engagement indéfectible de Marini envers son art, à travers des répétitions, des performances et des moments intimes qui exposent son processus créatif, sa dévotion au travail et sa perception du temps. Pour Marilú Marini, le théâtre est une quête éternelle de vérité, un voyage sans fin au cœur de l'âme humaine. Sa passion et son talent dépassent les frontières, faisant d'elle non seulement une légende du théâtre francophone et hispanophone mais également une artiste globale, dont l'œuvre et la vie continuent d'émerveiller et d'inspirer bien au-delà des scènes sur lesquelles elle a brillé. Ce film est un magnifique hommage, une ode au théâtre et à la vie d'une rare délicatesse. Une magnifique leçon de théâtre contemporain, en gros plan… au cinéma. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 MARILÙ RENCONTRE AVEC UNE FEMME REMARQUABLE Un film de Sandrine DUMAS Avec Marilú MARINI Documentaire| France| 2023| 85 min Sortie au Cinéma, le 24 avril 2024 Projection en Avant-première dans de nombreux théâtres (9/4 à Arles, 19/4 au TNB Rennes, le 23/4 au CDN de Caen, le 25/4 à la Ferme du Buisson..)

  • Chasser les fantômes

    C‘est une histoire d’amour entre une femme blanche et un homme noir. Lui vient de loin, elle vient d'ici. C’est pour elle et pour lui, la même histoire d’amour. C’est pour elle et, pour lui, une histoire d’amour totalement différente. Les amants veulent croire avec une certaine naïveté qu’ils sont égaux face à cet amour. Ils se sentent isolés du poids de l’histoire lorsque l’amour est naissant. Ils réalisent ensuite que les espaces d’incompréhension sont multiples. Les enjeux, les contextes, les passés, les traditions ne sont pas les mêmes. Toute histoire d’amour est une histoire de fantômes. Chasser les Fantômes, histoire d'un coup de coeur au théâtre. Chasser les Fantômes est un spectacle magnifique, un coup de coeur à voir absolument, dès la réouverture des théâtres. Chasser les Fantômes est un superbe texte, vivifiant, écrit par Hakim Bah sur l'amour, le rapport amoureux qui montre parfaitement l'émerveillement et les désillusions du couple, A, quel moment la relation interroge un champ plus large ? À quel moment le politique ou le social vient s'immiscer dans l'intime quand, comment ça l'encombre ? En mettant en parallèle les personnages, en alternant entre dialogue et narration, et en naviguant entre les faits, les émotions et les pensées intérieures des protagonistes, Hakim Bah nous montre les différences d'appréciations émotionnelles. Par les non-dits qui s’expriment et structurent les prises de parole autant que les choses dites, comme si on entendait penser les personnages au moment où ils s’expriment, l'équilibre très fragile entre l'unité qu'a créée la passion amoureuse et les failles de deux individus qui tentent de s'accorder, de s'apprivoiser sont parfaitement mis en lumière. Il s'agira de parler de la même histoire avec deux regards différents. Celui de l'homme celui de la femme. Entendre les deux points de vue sur la même histoire. Je pense à une structure fragmentaire où les deux protagonistes s'affrontent s'oublient se contredisent. Hakim Bah Chasser les Fantômes, c'est aussi une superbe pièce musicale, entre rire et larmes Mise en scène par Antoine Oppenheim rythmée par Damien Ravnichavec, en live, à la batterie et une magnifique scénographie sur plusieurs niveaux, sobre et évolutive, qui se construit et se déconstruit au fur et à mesure. Sophie Cattani, au naturel incroyable et Nelson-Rafaell Madel, les deux comédiens, livre une partition, un ballet pour un homme noir et une femme blanche, parfaitement maitrisé. Ils se croisent et se décroisent, s'interpellent et nous interpellent et composent un duo entre énergie, sensualité et émotion. Peut-on aimer et vivre ensemble ? Peut-on accorder nos différences et s'accorder, malgré nos différences ? Chasser les fantômes, une pièce lumineuse, sur le délitement du couple. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 Chasser les fantômes Texte original Hakim Bah Idée originale Sophie Cattani Mise en scène Antoine Oppenheim Distribution Sophie Cattani et Nelson-Rafaell Madel Crédit photo(c) Collectif Ildi! Eldi Spectacle vu aux PLATEAUX SAUVAGES Théâtre de Belleville À partir du 07 avril 2024 • lundi. 21h15 • Mar.19h • Dim.15h • Durée 1h30 En savoir plus... La première étape de création a consisté à rencontrer, en France et en Afrique de l’Ouest, des couples franco-africains. Ces couples ont raconté leur histoire d’amour : la rencontre, le quotidien, les joies et les difficultés, l’intégration dans les belles familles respectives et le pays de l’être aimé. Ces entretiens nous ont permis de mieux comprendre les enjeux de ces couples, d’un point de vue social et sociétal, mais surtout d’un point de vue intime. La somme de ces témoignages a servi de matériel documentaire à l’élaboration de l’écriture par Hakim Bah. La deuxième étape de travail a consisté à mettre à l’épreuve du plateau les différents témoignages afin que les deux interprètes, Sophie Cattani et Nelson-Rafaell Madel, puissent interroger ce matériau par le jeu, en collaboration avec Hakim Bah. C’est grâce a ce passage par le corps, la voix et la sensibilité des acteurs que l’écriture d’une fiction inspirée du réel a pu apparaitre. Hakim Bah a ensuite proposé aux acteurs de traverser différents fragments en cours d’écriture et c’est encore une fois grâce à la mise en jeu que l’auteur a pu continuer à peaufiner son texte pour aboutir à la pièce Chasser les fantômes.

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