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- "Un Léger Doute" : Plongée Ludique dans un Abîme entre Réalité et Fiction
Dans l'univers éblouissant et absurde de Stéphane De Groodt, une question se pose avec acuité : que devient un acteur lorsqu'il est privé de son public, de cette force invisible qui donne vie à son personnage ? La situation d'un acteur ou d'une actrice privé(e) de spectateurs semble vaine, mais lorsque le rideau se relève, est-ce le théâtre ou la vie qui occupe la scène ? La frontière entre fiction et réalité devient alors subtilement floue. Dans "Un Léger Doute", De Groodt inaugure une odyssée comique où les frontières entre réalité et fiction se dissolvent, ouvrant un éventail de possibilités et proposant une exploration insolite et décalée de cette problématique cruciale. Le rideau est donc tombé et les acteurs ont salué, mais quelque chose persiste dans l'ombre de la scène. Constance, désirant relancer la représentation, plonge son partenaire dans un dîner de couple. Mais celui-ci prend une tournure imprévue lorsque Jacques, incarné par Stéphane, annonce sa mort, suscitant un scepticisme ambiant. Voilà le premier maillon d’une chaîne où le doute s’immisce partout, nous entraînant dans une histoire folle saupoudrée d'une absurdité adroitement sculptée. La mise en scène de Jérémie Lippmann, audacieusement non conventionnelle et imprégnée d'une fantaisie pétillante, nous convie dans un monde étrange et envoûtant. Dans une histoire où tout est trompeur, les comédiens, incarnant des personnages méticuleusement sculptés et solidement ancrés, nous offrent une interprétation admirable. Ils naviguent habilement à travers des échanges aussi surprenants qu'absurdes et nous font vivre une cascade de situations ubuesques. La finesse et la complexité des rôles, notamment ceux du duo percutant Bérangère McNeese et Éric Elmosnino, ainsi que le quatuor brillant que forment également Stéphane De Groodt et Constance Dollé, créent une dynamique sur scène à la fois effervescente et déconcertante. Un humour subtil et délicat, porté par une Bérangère McNeese trompeusement naïve, se mêle harmonieusement à l’absurdité des situations, exaltant la capacité de la fiction à s’immiscer avec audace dans la réalité. La comédie prend-elle vie, ou est-ce la vie elle-même qui devient une pièce ? "Un Léger Doute" se présente comme une pièce dans la pièce, où le théâtre, tel un miroir multifacettes, reflète tantôt la vie, tantôt la scène, nous entraînant dans un abîme à la fois ludique et déroutant. Un espace où l’on accepte de perdre ses repères. Si vous choisissez d’écarter délibérément la logique, vous vous laisserez certainement emporter par cette intrigante confusion et pourriez même trouver un plaisir immense dans ce chaos orchestré. "Un Léger Doute" pourrait alors se transformer en une joyeuse aventure où la réflexion se marierait joyeusement à l'évasion. Un canevas où l’irréel et le concret dansent une valse incessante "Un Léger Doute" nous offre une plongée dans un univers où les repères se désagrègent, laissant place à une contemplation extatique de l'inconnu. L'absurde et la réalité se côtoient dans cette aventure théâtrale aux multiples facettes, où les comédiens se délectent d'un texte magnifique, nous invitant à remettre en question notre perception de l'existence. Vous quitterez peut-être la salle avec plus de questions que de réponses. Mais, après tout, n'est-ce pas là ce que l’on préfère au théâtre ? Avis de Foudart 🅵🅵🅵 UN LÉGER DOUTE Une comédie de Stéphane De Groodt Mise en scène Jérémie LIPPMANN Avec Stéphane De Groodt, Éric Elmosnino, Constance Dollé, Bérangère McNeese, Pierre Berriau et Yann Carcedo Scénographie Jacques Gabel Lumière Jean-Pascal Pracht Musique Pablo Lanty Crédit photo @Fabienne Rappeneau THÉÂTRE DE LA RENAISSANCE Du 29 septembre 2023 au 7 janvier 2024 • Du mardi au samedi 21h • Samedi 16h30 • Dimanche 15h30
- La fiancée du poète : une réflexion sur le faux et le vrai
« Je me suis interrogée sur le faux, le vrai... Ce qu’il y a de faux dans le vrai et ce qu’il y a de vrai dans le faux... » Tout droit sorti de l'imaginaire bouillonnant de Yolande Moreau, "La fiancée du poète" se dessine comme un tableau vivant, où chaque personnage devient une couche de peinture complexe, ajoutant profondeur et émotion à l'ensemble. Mireille, passionnée d'art et de poésie, jongle entre son rôle de serveuse à la cafétéria des Beaux-Arts de Charleville, de petits larcins et un commerce clandestin de cigarettes. Héritière d'une vaste demeure au bord de la Meuse, ses finances la poussent à accueillir des locataires. Ces derniers, tous différents et poignants, incarnent divers visages de l'humanité, illustrant la quintessence de la recherche d'une vie sublimée. Avec ce film un peu foutraque, un peu provoquant et immoral mais empreint t dune tendre poésie, Yolande Moreau se livre à une exploration introspective du faux et du vrai, inspirée par le célèbre faussaire énigmatique Shaun Greenhalgh et s’interroge : « et si la beauté réelle se cachait dans nos imperfections, nos mensonges, nos tentatives d'embellir la réalité ? » « J’avais envie de parler de notre besoin de rêver, de sublimer la réalité ». Ce film, tout en embrassant l'univers des faussaires, n'est pas une célébration de la supercherie. Au contraire, il révèle la beauté qui se cache souvent derrière nos faux-semblants, rappelant cette citation de Guy Ribes : « Je ne copie pas Picasso, je déjeune avec lui ». C'est dans cette nuance que "La fiancée du poète" trouve son essence : il n'est pas tant question de dupliquer que de s'inspirer, de chercher à toucher l'âme derrière l'art et L'authenticité du film ne réside pas tant dans la véracité des faits présentés que dans les émotions authentiques qu'ils génèrent. « J'ai été séduite par la douceur de Thomas Guy et par la folie que pouvait apporter Estéban... ». Autour de Yolande Moreau, éblouissante, le talent des acteurs brille, chacun apportant sa note unique à l'harmonie générale. William Sheller se distingue particulièrement, offrant pour sa première apparition au cinéma une performance vibrante et spontanée. "La fiancée du poète" est un hymne à la vie, avec ses imperfections, ses douceurs et ses instants poétiques. Un grand film à la fois introspectif et éblouissant. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 LA FIANCÉE DU POÈTE Un film de Yolande Moreau Avec Yolande Moreau, Sergi López, Gregory Gadebois, Esteban, Thomas Guy, Anne Benoît, William Sheller, François Morel, Aïssatou Diallo Sagna, Philippe Duquesne Comédie dramatique • Durée : 1h43 • Au cinéma le 11 octobre 2023
- Les Pigeons : humour, mélancolie et coup de théâtre
"Les Pigeons", présenté au Théâtre des Nouveautés, navigue avec une hésitation palpable entre l’humour et la mélancolie, proposant une vision parfois trop attendue des tribulations des acteurs dans le domaine du spectacle. Serge et Bernard, deux acteurs d’une soixantaine d’années, amis et rivaux depuis leurs débuts dans le métier il y a 40 ans, sont convoqués au même casting. Alors qu'ils partagent souvenirs et taquineries en attendant leur tour, la réception du texte d’audition change soudainement la donne. Michel Leeb et Francis Huster, bien que dotés d'une énergie scénique certaine, semblent parfois s'emmêler dans une intrigue qui, bien que poignante par moments, manque parfois de la finesse nécessaire pour véritablement nous toucher. La mélancolie, qui aurait pu être exploitée de manière plus profonde et nuancée, flirte parfois dangereusement avec le cliché, nous laissant sur notre faim. L’humour, bien que présent, oscille entre des moments de véritable hilarité et des instants où il semble un peu forcé, perdant ainsi une partie de son charme. La comédienne Chloé Lambert, en tant que réalisatrice, apporte une touche de fraîcheur et une certaine complexité au spectacle, mais le personnage semble parfois rester en surface, laissant entrevoir un potentiel inexploité. Le texte, tout en étant habile par moments, flirte souvent avec des thématiques et des blagues attendues, ce qui pourrait décevoir ceux en quête d’une expérience théâtrale plus inédite et audacieuse. La mise en scène de Jean-Louis Benoit, bien qu’ayant des moments de brillance et nous réservant un sacré coup de théâtre, tend parfois à se réfugier dans une sûreté conventionnelle, manquant d'occasions de véritablement nous surprendre ou de nous défier. L'apparition de Philippe Vieux, bien que plaisante, ne suffit pas à dissiper une impression générale d'une certaine prévisibilité et d’un manque d’audace narrative et scénique. L’œuvre écrire par Michel Leeb, même avec ses moments de légèreté et son autodérision certaine, semble parfois s’enliser dans une forme de complaisance, ratant ainsi l’occasion de s’affirmer comme une pièce mémorable dans le paysage théâtral. "Les Pigeons" réussit à faire sourire et à émouvoir par instants, mais ces moments restent noyés dans une mer de scènes parfois trop conventionnelles et prévisibles, nous laissant ainsi avec une envie non satisfaite d’une exploration plus poussée et audacieuse de l'univers impitoyable et fascinant du théâtre et du cinéma. Les Pigeons Une pièce de Michel Leeb Mise en scène par Jean-Louis Benoit Avec Michel Leeb, Francis Huster, Chloé Lambert et Philippe Vieux Décor Jean Haas Lumières Jean-Pascal Pracht THEATRE DES NOUVEAUTÉS Du 29 septembre au 31 décembre 2023 • Du jeudi au samedi à 21h • Le samedi à 16h30 • Le dimanche à 16h • Durée 1h30
- "Panique en Coulisse ": Entre Rires et Désespoir
"Et si nous allions voir ce qu'il se passe derrière ?" Immergez-vous dans l'univers trépidant et secrètement chaotique du théâtre avec "Panique en Coulisses", une comédie qui va bien au-delà des éclats de rire qu'elle procure. Adaptée de la célèbre œuvre de Michael Frayn, "Noises Off", cette pièce, largement saluée comme étant "la farce la plus drôle jamais écrite", reste, depuis sa création en 1982, un joyau qui continue de fasciner et faire rire. Elle offre une plongée tumultueuse et hilarante dans le monde caché qui se déroule derrière le décor. Avec une histoire qui a conquis plus de 14 millions de spectateurs à travers le monde et qui a brillamment récolté 11 nominations aux Tony Awards, cette pièce est incontestablement ancrée dans le panthéon des comédies les plus appréciées mondialement. La pièce, méticuleusement conçue, offre une structure narrative précise et astucieuse. Le premier acte de "Panique en Coulisses", transposé par Stéphane Laporte et mis en scène par Jean-Luc Moreau, expose habilement l'intrigue avant de basculer dans un acte 2 où le rire devient roi, pour finalement culminer dans un acte 3 d'apothéose comique. L’humour omniprésent, l'énergie des acteurs et la coordination impeccable entre eux captivent et rendent le temps insaisissable. Dans la pièce "Nothing’s On", les acteurs itinérants présentent une ménagerie maniaque, où les portes claquent et où les sardines et accessoires deviennent presque des personnages à part entière. Ils ajoutent un niveau supplémentaire d’humour et de complexité à la mise en scène. Mais "Panique en Coulisses" est plus qu'une simple comédie. C’est un voyage au cœur des dynamiques, souvent invisibles, du monde du théâtre. Les conflits, désaccords, relations tumultueuses et jalousies en coulisses offrent un contraste fascinant avec les performances polies sur scène. Cette perspective inédite nous plonge dans le chaos ordonné qui régit le monde derrière le rideau, tout en explorant discrètement les profondeurs du désespoir existentiel ressenti parfois par les acteurs lorsqu'ils réalisent que personne n'est vraiment aux commandes. L'art de "Panique en Coulisses" réside également dans son ironie intrinsèque, observant le théâtre comme forme d'art et mettant en lumière les drames qui se jouent loin des yeux du public, qu’il s’agisse des affaires de cœur sur la route ou des querelles au sujet des dialogues. C'est une exploration de l'humanité, avec ses qualités et ses défauts, présentée à travers le prisme du monde du spectacle. En définitive, la pièce dépeint de manière subtile et humoristique les imperfections et les trébuchements de l'univers théâtral, fournissant ainsi une expérience très drôle mais aussi bouleversante. On rit tout en explorant la fragilité et la résilience de ceux qui donnent vie au théâtre. Jean-Luc Moreau, qui a toujours été passionné et même obsédé par cette pièce, résume magnifiquement la quintessence de cette œuvre, articulant non seulement sa drôlerie inhérente, mais également le défi représenté par sa mise en scène : un décor, des acteurs, un spectacle dans un spectacle qui offre un regard unique dans les coulisses du théâtre et la vie intime des comédiens. Et ainsi, "Panique en Coulisses" persiste, se distinguant non seulement comme une comédie irrésistiblement drôle, mais aussi comme une réflexion perspicace et émouvante sur l'envers du décor théâtral, où rires, larmes et cris fusionnent en une mélodie à la fois éperdument joyeuse et déchirante. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 PANIQUE EN COULISSES Une pièce de Michael Frayn Adaptation Stéphane Laporte Mise en scène Jean-Luc Moreau et Anne Poirier-Busson Avec Marine Dusehu, Nicolas Carpentier, Sébastien Almar, Elie Addams, Chanaël Meïmoun, Benjamin Gomez, Marion Lahmer, Quentin Laclotte Parmentier, Chick Ortega Décor Catherine Bluwal Création lumières Jacques Rouveyrollis Crédit photo Stephane Parphot Théâtre des Variétés Actuellement • Du Mercredi au samedi 20h00 • Samedi et Dimanche 16h30
- Le Règne animal : Entre innovation audacieuse et tentation de trop en faire
Le film "Le Règne animal" se démarque audacieusement parmi les sorties de cette année. Dans la liste des films intrigants de cette année, "Le Règne animal" se distingue audacieusement. Proposant un univers dystopique où l'humain se mêle à l'animal, le réalisateur nous invite à suivre l'aventure de François, cherchant à sauver sa femme tout en guidant son jeune fils Émile à travers un monde en pleine transformation. D'emblée, la première scène, en plein embouteillage parisien, capte immédiatement l'attention du public. Richement doté d'idées ingénieuses, le film offre de splendides images, renforcées par des effets spéciaux et des maquillages à couper le souffle. Toutefois, en cherchant à embrasser trop de genres – du fantastique à la comédie, du drame familial au film adolescent – "Le Règne animal" s'étire parfois trop. Cette ambition, bien qu'admirable est aussi son principal défaut, diluant l'essence même du récit et compromettant sa cohérence. "Le Règne animal", malgré son audace et son originalité, aurait sans doute bénéficié d'une direction plus concentrée pour offrir un récit plus efficace et harmonieux. Avis de Foudart 🅵🅵 LE RÈGNE ANIMAL Un film de Thomas Cailley Avec Romain Duris, Paul Kircher, Adèle Exarchopoulos, Tom Mercier, Nathalie Richard Sortie cinéma, le 4 octobre 2023 • Durée 2h07
- "Nuits Corticales": L’Illusion Poétique et Fantastique de Loris Gréaud au Petit Palais
Du 4 octobre 2023 au 14 janvier 2024, les allées historiques du Petit Palais s'animent d'une nouvelle vie, alors que Loris Gréaud, l'enfant prodige de l'art contemporain, y installe son univers onirique et énigmatique avec l'exposition "Nuits Corticales". Entre ombres dansantes et créatures subliminales, le Musée des beaux Arts de la ville de Paris s’enchante et se transforme en terrain de jeu pour l'imagination et les sens. L'artiste, ayant déjà ensorcelé les murs du Louvre et du Centre Pompidou en 2013, revient dans la capitale française avec des sculptures monumentales, installations lumineuses, œuvres sonores et dispositifs météorologiques innovants, créant une expérience où le tangible et l'intangible se rencontrent et se confondent. Souvent qualifié de "dernier des artistes romantiques", Gréaud réinvente les espaces avec des installations sollicitant les sens de manières subtiles et parfois déroutantes, proposant un voyage multisensoriel à la fois merveilleux et déstabilisant. Chaque œuvre, vibrante de vie, s'épanouit dans un ballet de sons, musiques, odeurs et lumières, conviant à un voyage au travers de paysages à la fois éloignés et intimes. Les installations extérieures modulent même le climat du jardin, extrayant le visiteur du familier contexte parisien vers un monde où brouillard, pluie et neige s'entrelacent dans l'expérience artistique. Gréaud tisse mille histoires avec ses œuvres tantôt délicates, tantôt inquiétantes, fascinantes, ou même régressives. Gréaud construit mille histoires Le visiteur, dans un premier temps, pourrait penser : « c’est étrange… c’est assez beau, mais je n’y comprends rien ! » avant que la magie n'opère au fil de la déambulation. Nous sommes alors subtilement invités à flâner, à s'attarder, et insensiblement, l'enchantement prend place, ouvrant la porte à un univers empli de poésie. Mais les "Nuits Corticales" ne sont pas seulement une invitation au rêve Elles sondent également les confins de l'univers étrange et parfois cauchemardesque de l'artiste, offrant un espace où les contes de fées sombres et les paysages enchantés dialoguent avec les nuances contemporaines, énigmatiques et délicates du palais des beaux-arts. Gréaud brouille les lignes entre le fantastique et l’abstrait, permettant aux visiteurs de redécouvrir le Petit Palais comme jamais auparavant. Plus qu'une simple exposition, ce que propose Loris Gréaud avec "Nuits Corticales" est une expérience totale et immersive, un périple à travers des territoires artistiques aux frontières du réel et de l’imaginaire. En ce faisant, il signe non seulement son grand retour sur la scène parisienne, mais également une revanche éclatante sur les critiques de ses débuts, réaffirmant sa position en tant que maître de l'illusion et architecte d'univers qui défient l’interprétation et l'entendement traditionnels. Ainsi, en flânant dans cette parenthèse artistique, le visiteur est emporté dans une exploration des possibilités infinies de l'art contemporain, où réflexion, émerveillement et contemplation cohabitent dans un doux rêve éveillé. Nuits corticales Petit Palais Du 4 octobre 2023 au 14 janvier 2024 • Du mardi au dimanche de 10h00 à 18h00 • Du vendredi au samedi de 10h00 à 20h00 • Fermé Le lundi • Gratuit
- BORDERLINE : Quand le Fou Défie le Psychiatre
La complexité des rapports humains, les méandres de la psyché et la fine frontière entre folie et raison sont au cœur de la nouvelle pièce de Flavia Coste, "BORDERLINE". "Quand un fou tente de quitter son psy. Quand un psy tente de faire entendre raison à un fou. Qui est le chat? Qui est la souris? Lequel remportera la partie?" Flavia Coste, dont les créations ont captivé près d'un million de spectateurs en France et à l'étranger depuis 2017, nous immerge de nouveau dans l'univers psychiatrique. L'histoire nous présente un psychiatre sur le point de célébrer ses vingt ans de mariage, confronté à une situation inattendue : son patient, Pavel, qu'il percevait en détresse le matin même, lui annonce subitement qu'il est guéri. Perturbé par cette annonce et peut-être trop impliqué émotionnellement envers ses patients, il cherche à dissuader Pavel de mettre fin à sa thérapie. Mais quelles en seront les implications? Même si la pièce est classée comme comédie, elle navigue habilement entre le drame et l'humour. Les dialogues, astucieusement écrits, sont sublimés par le talent incontestable de Daniel Russo et Philippe Lelièvre. Leur performance est à la fois émouvante et envoûtante. Nous avons vécu un moment exceptionnel au théâtre de Passy. La pièce brille par son originalité, un humour à la fois fin et piquant, ainsi que par ses nombreux rebondissements, explorant un sujet peu fréquent sur scène. La mise en scène de Daniel Russo, manifestement inspirée, apporte une touche tantôt cocasse, tantôt émotionnelle. "BORDERLINE" est une pièce à ne pas manquer pour tous ceux qui aiment les comédies intelligentes et subtiles. Entre rires et réflexions, elle vous fera voir la relation patient-psychiatre sous un jour nouveau. Une pièce très drôle mais qui soulève des questions bien plus profondes. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 BORDERLINE UNE COMÉDIE DE FLAVIA COSTE Mise en scène Daniel Russo assisté par Amanda Russo Avec Daniel Russo et Philippe Lelièvre Lumière Philippe Sazerat Décor Jean-Michel Adam Musique Laurent Petitgirard Costumes Claire Djemah Crédit photo © Fabienne RAPPENEAU THÉÂTRE DE PASSY Actuellement • Du mercredi au samedi à 19h • Les dimanches à 15h • Durée 1h20
- "Bungalow 21" : entre promesses, jolis moments et déceptions
La nouvelle pièce "Bungalow 21", présentée au Théâtre de la Madeleine, a éveillé de grandes attentes. Une plongée dans l'intimité de deux couples emblématiques du cinéma : Simone Signoret-Yves Montand et Marilyn Monroe-Arthur Miller, se retrouvant au fameux Beverly Hills Hotel en 1960. L'intrigue nous emmène aux côtés de ces couples résidant dans des bungalows adjacents. Le couple Montand-Signoret vit une romance épanouie, tandis que celui de Monroe-Miller traverse des moments sombres. Des liaisons se forment, des cœurs se déchirent, bouleversant des vies pour toujours. Éric-Emmanuel Schmitt, grand nom de la littérature contemporaine, s'est attelé à revisiter cet épisode historique. Son récit promettait une plongée dans les tensions et passions de ces figures emblématiques, oscillant entre amour et trahison. Tout était là pour offrir un spectacle inoubliable. Pourtant, "Bungalow 21" déçoit. La complexité de ces personnalités hors normes est reléguée au second plan, sacrifiée sur l'autel des clichés. Emmanuelle Seigner, qui incarne Marilyn Monroe, est enfermée dans une interprétation superficielle et caricaturale, où l'icône hollywoodienne n'est qu'un assemblage de poncifs : la blondeur, les déhanchements, le sourire éclatant. Michaël Cohen, interprétant Yves Montand, se retrouve piégé dans une caricature simpliste, réduisant le talentueux acteur-chanteur à un personnage sans nuances. Mathilde Seigner nous présente une Simone Signoret souvent éclipsée par ses démons, avec une transition vers une vieillesse accélérée, manquant de finesse. Quant à Vincent Winterhalter, interprétant Arthur Miller, sa performance est discrète, voire trop en retrait. Malgré un décor impeccable et de magnifiques costumes, la mise en scène de Jérémie Lippmann, axée sur des artifices visuels, manque de profondeur, n'apportant pas ce petit "plus" attendu à l'ensemble. "Bungalow 21", avec son casting prometteur, son auteur de renom et une histoire alléchante, avait tout pour séduire. Malheureusement, la pièce tend vers une simplification presque caricaturale, ne rendant pas hommage à la profondeur de ses personnages. Toutefois, il y a certains moments de grâce qui rappellent le potentiel initial. Une occasion manquée de célébrer, avec nuance et dignité, justesse et respect, un chapitre poignant de l'histoire du cinéma. Avis de Foudart 🅵 Bungalow 21 Une pièce écrite par Eric-Emmanuel Schmitt sur une idée originale de Benjamin CastaldiMise en scène de Jérémie Lippmann assisté de Sarah GelléAvec Emmanuelle et Mathilde SeignerMichaël Cohen, Vincent Winterhalter, Clément Moreau, Benjamin Jaouen THÉÂTRE DE LA MADELEINE À partir du 14 septembre 2023 • Du mercredi au samedi à 21h • Matinée le samedi à 16h • Durée 1h30
- Un Chapeau de Paille d'Italie" : Une Comédie Exubérante à la Saveur Contemporaine
Le célèbre chef-d'œuvre d'Eugène Labiche, « Un Chapeau de Paille d'Italie », est remis à l'honneur sous la direction audacieuse d'Alain Françon. Vincent Dedienne offre une performance époustouflante dans le rôle de Fadinard, soutenue par une bande-son contemporaine et pop signée Feu! Chatterton. L'aventure commence lorsque, le jour de ses noces, le cheval de Fadinard mange le chapeau de paille d’Anaïs Beauperthuis pendant une rencontre secrète avec son amant. Cette mésaventure entraîne Fadinard dans une quête frénétique pour remplacer le chapeau, tout en naviguant entre secrets et mensonges, en particulier vis-à-vis de son futur beau-père. L'originalité de cette adaptation repose sur la dimension onirique que Françon ajoute à l'histoire. Fadinard ne se contente pas de chercher un chapeau, il est plongé dans un cauchemar tumultueux qui interroge le sens du mariage. Dix-neuf acteurs et trois musiciens nous immergent dans ce monde. Ils jouent, chantent et dansent avec une énergie contagieuse. Aux côtés de Dedienne, Anne Benoit, Emmanuelle Bougerol, Suzanne de Baecque et Antoine Heuillett se démarquent, oscillant entre l'absurde et l'humour. L'esthétique de la mise en scène, conçue par Jacques Gabel, privilégie des décors épurés, mettant en valeur le jeu des acteurs et la musique de Feu! Chatterton. Le cinquième acte, avec son ballet de parapluies, est un des moments visuels forts de cette production. En revisitant "Un Chapeau de Paille d'Italie", Françon réussit à marier le classique et le contemporain. La finesse du texte de Labiche, combinée à une mise en scène innovante et millimétrée, offre une expérience théâtrale inoubliable. Cette œuvre est un hommage à la tradition théâtrale tout en embrassant le présent. Une pièce incontournable pour les amateurs de théâtre. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Un Chapeau de Paille d'Italie Écrit par Eugène Labiche Mise en scène Alain Françon Musiques Feu! Chatterton Avec Vincent Dedienne, Anne Benoit, Eric Berger, Emmanuelle Bougerol, Rodolphe Congé, Laurence Côte, Suzanne De Baecque, Luc-Antoine Diquéro, Noémie Develay-Ressiguier, Antoine Heuillet, Tommy Luminet, Marie Rémond, Alexandre Ruby • Et les apprenti.e.s du Studio - ESCA Balthazar Gouzou, Victor Lalmanach, Noémie Moncel, Léa Constance Piette, Fiona Stellino, Baptiste Znamenak Musiciens Alexandre Bourit, Alexandre Delmas, Lola Warin Décors Jacques Gabel Lumières Joël Hourbeigt Théâtre de la Porte Saint-Martin Du 27 septembre au 31 décembre 2023 • Du mercredi au vendredi 20h30. Samedi 16h et 20h30. Dimanche 16h • Durée 2h
- L’ARBRE À SANG : Un récit puissant de libération et de résilience
Au cœur d’une région retirée d’Australie, L’Arbre à sang dresse une histoire bouleversante, mettant en scène trois femmes, maîtresses de leur destin. Dans une ferme isolée, elles prennent le courage de mettre fin à leur supplice, en tuant le bourreau de leur famille, leur propre mari et père. Cet acte fort les plonge dans une série d’émotions - de la satisfaction initiale à la sidération, la culpabilité, la peur et finalement la libération. « Je voulais parler de la violence des hommes que les femmes subissent et de comment nous, en tant que société, nous restons là sans intervenir. » L’œuvre, signée Angus Cerini, se veut un commentaire audacieux sur la violence domestique que subissent de nombreuses femmes. Dans ce conte noir, nous sommes transportés au cœur de l'action, grâce à un dispositif tri-frontal, rompant avec les conventions scéniques traditionnelles. Cela permet aux comédiennes de pleinement s'emparer du texte, créant un théâtre contemporain moderne et accessible à tous. La pièce est rythmée par une langue singulière, inventée par Cerini, et brillamment retranscrite par la traductrice Dominique Hollier. Cette langue, heurtée, rurale et hachée, offre une expérience unique, oscillant entre poésie et slam. C’est dans cette langue-matière que les actrices Dominique Hollier, Lena Garrel et Aude Rouanet délivrent une performance originale et intense. Installées simplement sur des chaises d'écolier, elles parviennent à nous immerger complètement dans l'histoire. Tommy Milliot, fondateur de la compagnie Man Haast, dirige cette adaptation. Reconnu pour son engagement dans la dramaturgie contemporaine, Milliot tire le meilleur de cette comédie noire, réussissant à apprivoiser cette écriture très particulière et la rendre limpide. Il met, sans avoir l’air d’y toucher, un autre tour de force, celui d’orchestrer cette alliance du macabre et du cocasse portée à son comble par l’auteur et met en avant à la fois le grotesque de la situation et la gravité du sujet des violences domestiques. C’est donc un conte sombre que nous livre « L’Arbre à sang », un conte où la morale est mise à rude épreuve, où nous sommes invités à réfléchir sur des thématiques profondes et actuelles. La pièce est une confrontation des tripes, une purification sauvage à travers un rituel de narration. Dans un équilibre délicat entre le macabre et le cocasse, la pièce offre une alliance remuante qui ne manquera pas de marquer nos esprits. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 L’ARBRE À SANG Texte Angus Cerini Traduction Dominique Hollier Mise en scène, scénographie et costumes Tommy Milliot Avec Lena Garrel, Dominique Hollier et Aude Rouanet Création lumière Nicolas Marie Crédit photo © Pierre Gondard Les Plateaux Sauvages Du 25 septembre au 5 octobre • lundi-vendredi à 19h / samedi à 16h30 • à partir de 15 ans • durée 1h L'arbre à sang à été produit et créé par la comédie de Béthune dans le cadre de l'Itinérance. EN TOURNÉE 7 octobre 2023 Actoral - Festival des arts et des écritures contemporaines - Marseille (13) 2 au 10 février 2024 Le Centquatre – Paris (75) 10 au 12 avril 2024 Théâtre Joliette – Marseille (13)
- Je vous écris dans le noir: L'histoire insaisissable de Pauline Dubuisson
« Je m’appelle Pauline Dubuisson et j’ai tué un homme. Mais personne ne naît assassin. » Par cette déclaration énigmatique, Pauline, médecin à Essaouira, au Maroc, révèle un lourd secret qui la poursuit. Dans la France des années 1950, Pauline Dubuisson, étudiante en médecine, devient tristement célèbre pour le meurtre de son ex-fiancé, Félix Bailly. Cet événement tragique mène son père au suicide. Bien qu'elle soit la seule femme pour laquelle le Ministère public ait requis la peine de mort à cette période, son passé tumultueux semble avoir pesé dans cette décision. Après la Libération, elle est publiquement humiliée pour ses liaisons avec des Allemands. Les médias de l'époque, exacerbant son image, la dépeignent tantôt comme séductrice, tantôt comme manipulatrice, attisant l'antipathie générale. L'histoire de Pauline est racontée avec émotion dans "Je vous écris dans le noir" de Jean-Luc Seigle, édité par Flammarion en 2016. Avec une plume poétique et réaliste, Seigle offre une voix à Pauline, permettant une immersion dans son esprit. Il dépeint sa complexité, entre culpabilité et victimisation, vérité et illusion. Le film « La Vérité » de Clouzot s’est également inspiré de sa vie, la poussant à changer d'identité et à fuir la France. À Essaouira, elle tente de reconstruire sa vie. Mais, tourmentée par son histoire, elle est déchirée intérieurement. Révèlera-t-elle sa véritable identité à son futur époux, Jean? Pourra-t-elle jamais se libérer de ses démons? Aujourd'hui, son récit est adapté sur scène, redonnant vie à son histoire. Dans "Je vous écris dans le noir", Pauline revient pour livrer sa vérité, dépeignant ses tumultes intérieurs. La mise en scène captivante, offre un voyage dans le monde tourmenté de Pauline. Le décor, mêle intemporalité et réalisme et se distingue par son épuré. L'espace de la scène évoque autant un refuge qu'une quête de libération. La lumière subtile souligne les émotions de Pauline, harmonieusement accompagnée par la musique qui guide à travers ses souvenirs. Mais c'est le talent de Sylvie Van Cleven qui captive. Seule en scène, elle incarne Pauline avec une profondeur rare. Elle redonne vie à une femme réduite jadis à des titres sensationnalistes, nous ensorcelant dès le début. "Je vous écris dans le noir" dépasse la simple pièce de théâtre. Malgré le passé douloureux de Pauline, c'est surtout un voyage émotionnel qui interroge la nature humaine, le regard de la société et la capacité de résilience. L'histoire de Pauline nous montre qu'il est possible de combattre pour sa vérité et pour l'amour. Une pièce inoubliable pour ceux qui auront la chance de la découvrir. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Je vous écris dans le noir D'après le roman de Jean-Luc Seigle (Éditions Flammarion) Adaptation Evelyne Loew Mise en scène Gilles Nicolas & Sylvie Van Cleven Avec Sylvie Van Cleven Création lumière Lucie Joliot Création sonore Philippe Mion Photos Xtof Gsell THÉÂTRE DE LA REINE BLANCHE Du 12 septembre au 19 octobre 2023 • Les mardis et jeudis à 21h - Les samedis à 20h • Relâche le mardi 3 octobre • Dates supplémentaires les 5 et 12 octobre à 14h30
- Piège pour un homme seul : Un bijou théâtral de suspense et d'humour
Quand une pièce se situe à l'intersection du boulevard et du thriller, elle porte la signature unique de Robert Thomas, auteur emblématique des scènes françaises, notamment de "8 femmes". "Piège pour un homme seul", la pièce qui l'a propulsé vers la gloire, revient sur les planches sous la direction passionnée de Michel Fau. Et quel retour ! Michel Fau qui aime à ressusciter les pièces populaires oubliées, qu'elles soient boulevards ou drames nobles, redonne vie à cette comédie policière de l'inoubliable Robert Thomas – que même Hitchcock avait envisagé de porter à l'écran ! En tant que metteur en scène et acteur principal, Michel Fau illumine cette œuvre aujourd'hui avec une joie et une passion contagieuses. Il évoque avec nostalgie sa découverte adolescente de cette pièce, sa stupéfaction face au retournement final, et met en avant l'habileté de Robert Thomas à mêler la peur et la farce, le suspense et le rire Datant de 1960, la pièce n'a rien perdu de sa superbe. Daniel, paniqué par la disparition de son épouse Elisabeth, se retrouve pris dans une machination où réalité et illusion se confondent dangereusement. Quand une femme prétend être son épouse disparue, le doute s'installe : est-ce vraiment elle ? Et si non, où est la vraie ? Qui est cette inconnue ? Cette intrigue palpitante est accentuée par l'intervention d'un commissaire débonnaire, interprété brillamment par Régis Laspalès, dont la perspicacité rivalise avec son humour tranchant. Les autres acteurs, avec en tête la magnifique Caterina Murino, insufflent à cette comédie policière dynamisme et énergie. Mention spéciale à Citronelle Dufay, qui, avec un décor époustouflant, recrée un environnement alpin qui intensifie la tension croissante de l'intrigue. Pour ceux en quête d'une soirée où les rires se mêlent aux surprises, "Piège pour un homme seul" est le choix parfait. Cependant, gardez le secret des cinq dernières minutes ! Comme le rappelle Michel Fau : "Si vous conseillez à des amis de voir la pièce, ne dévoilez rien de l’intrigue". Une pièce à voir et à revoir, une véritable pépite du théâtre français. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Piège pour un homme seul Une pièce de Robert Thomas Mise en scène Michel Fau Avec Michel Fau, Régis Laspalès, Caterina Murino, Denis D'arcangelo, Sissi Duparc, Alexis Driollet et Denis Richard Costumes David Belugou Décor Citronelle Dufay Lumière Joël Fabing Son Antoine Le Cointe Maquillage Eva Cisse THÉÂTRE DE LA MICHODIÈRE À PARTIR DU 14 SEPTEMBRE AU 31 DÉCEMBRE 2023 DU MARDI AU SAMEDI À 20H • LES SAMEDIS À 16H ET 20H • LES DIMANCHES À 15H30


















