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  • Un Chapeau de Paille d'Italie" : Une Comédie Exubérante à la Saveur Contemporaine

    Le célèbre chef-d'œuvre d'Eugène Labiche, « Un Chapeau de Paille d'Italie », est remis à l'honneur sous la direction audacieuse d'Alain Françon. Vincent Dedienne offre une performance époustouflante dans le rôle de Fadinard, soutenue par une bande-son contemporaine et pop signée Feu! Chatterton. L'aventure commence lorsque, le jour de ses noces, le cheval de Fadinard mange le chapeau de paille d’Anaïs Beauperthuis pendant une rencontre secrète avec son amant. Cette mésaventure entraîne Fadinard dans une quête frénétique pour remplacer le chapeau, tout en naviguant entre secrets et mensonges, en particulier vis-à-vis de son futur beau-père. L'originalité de cette adaptation repose sur la dimension onirique que Françon ajoute à l'histoire. Fadinard ne se contente pas de chercher un chapeau, il est plongé dans un cauchemar tumultueux qui interroge le sens du mariage. Dix-neuf acteurs et trois musiciens nous immergent dans ce monde. Ils jouent, chantent et dansent avec une énergie contagieuse. Aux côtés de Dedienne, Anne Benoit, Emmanuelle Bougerol, Suzanne de Baecque et Antoine Heuillett se démarquent, oscillant entre l'absurde et l'humour. L'esthétique de la mise en scène, conçue par Jacques Gabel, privilégie des décors épurés, mettant en valeur le jeu des acteurs et la musique de Feu! Chatterton. Le cinquième acte, avec son ballet de parapluies, est un des moments visuels forts de cette production. En revisitant "Un Chapeau de Paille d'Italie", Françon réussit à marier le classique et le contemporain. La finesse du texte de Labiche, combinée à une mise en scène innovante et millimétrée, offre une expérience théâtrale inoubliable. Cette œuvre est un hommage à la tradition théâtrale tout en embrassant le présent. Une pièce incontournable pour les amateurs de théâtre. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Un Chapeau de Paille d'Italie Écrit par Eugène Labiche Mise en scène Alain Françon Musiques Feu! Chatterton Avec Vincent Dedienne, Anne Benoit, Eric Berger, Emmanuelle Bougerol, Rodolphe Congé, Laurence Côte, Suzanne De Baecque, Luc-Antoine Diquéro, Noémie Develay-Ressiguier, Antoine Heuillet, Tommy Luminet, Marie Rémond, Alexandre Ruby • Et les apprenti.e.s du Studio - ESCA Balthazar Gouzou, Victor Lalmanach, Noémie Moncel, Léa Constance Piette, Fiona Stellino, Baptiste Znamenak Musiciens Alexandre Bourit, Alexandre Delmas, Lola Warin Décors Jacques Gabel Lumières Joël Hourbeigt Théâtre de la Porte Saint-Martin Du 27 septembre au 31 décembre 2023 • Du mercredi au vendredi 20h30. Samedi 16h et 20h30. Dimanche 16h • Durée 2h

  • L’ARBRE À SANG : Un récit puissant de libération et de résilience

    Au cœur d’une région retirée d’Australie, L’Arbre à sang dresse une histoire bouleversante, mettant en scène trois femmes, maîtresses de leur destin. Dans une ferme isolée, elles prennent le courage de mettre fin à leur supplice, en tuant le bourreau de leur famille, leur propre mari et père. Cet acte fort les plonge dans une série d’émotions - de la satisfaction initiale à la sidération, la culpabilité, la peur et finalement la libération. « Je voulais parler de la violence des hommes que les femmes subissent et de comment nous, en tant que société, nous restons là sans intervenir. » L’œuvre, signée Angus Cerini, se veut un commentaire audacieux sur la violence domestique que subissent de nombreuses femmes. Dans ce conte noir, nous sommes transportés au cœur de l'action, grâce à un dispositif tri-frontal, rompant avec les conventions scéniques traditionnelles. Cela permet aux comédiennes de pleinement s'emparer du texte, créant un théâtre contemporain moderne et accessible à tous. La pièce est rythmée par une langue singulière, inventée par Cerini, et brillamment retranscrite par la traductrice Dominique Hollier. Cette langue, heurtée, rurale et hachée, offre une expérience unique, oscillant entre poésie et slam. C’est dans cette langue-matière que les actrices Dominique Hollier, Lena Garrel et Aude Rouanet délivrent une performance originale et intense. Installées simplement sur des chaises d'écolier, elles parviennent à nous immerger complètement dans l'histoire. Tommy Milliot, fondateur de la compagnie Man Haast, dirige cette adaptation. Reconnu pour son engagement dans la dramaturgie contemporaine, Milliot tire le meilleur de cette comédie noire, réussissant à apprivoiser cette écriture très particulière et la rendre limpide. Il met, sans avoir l’air d’y toucher, un autre tour de force, celui d’orchestrer cette alliance du macabre et du cocasse portée à son comble par l’auteur et met en avant à la fois le grotesque de la situation et la gravité du sujet des violences domestiques. C’est donc un conte sombre que nous livre « L’Arbre à sang », un conte où la morale est mise à rude épreuve, où nous sommes invités à réfléchir sur des thématiques profondes et actuelles. La pièce est une confrontation des tripes, une purification sauvage à travers un rituel de narration. Dans un équilibre délicat entre le macabre et le cocasse, la pièce offre une alliance remuante qui ne manquera pas de marquer nos esprits. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 L’ARBRE À SANG Texte Angus Cerini Traduction Dominique Hollier Mise en scène, scénographie et costumes Tommy Milliot Avec Lena Garrel, Dominique Hollier et Aude Rouanet Création lumière Nicolas Marie Crédit photo © Pierre Gondard Les Plateaux Sauvages Du 25 septembre au 5 octobre • lundi-vendredi à 19h / samedi à 16h30 • à partir de 15 ans • durée 1h L'arbre à sang à été produit et créé par la comédie de Béthune dans le cadre de l'Itinérance. EN TOURNÉE 7 octobre 2023 Actoral - Festival des arts et des écritures contemporaines - Marseille (13) 2 au 10 février 2024 Le Centquatre – Paris (75) 10 au 12 avril 2024 Théâtre Joliette – Marseille (13)

  • Je vous écris dans le noir: L'histoire insaisissable de Pauline Dubuisson

    « Je m’appelle Pauline Dubuisson et j’ai tué un homme. Mais personne ne naît assassin. » Par cette déclaration énigmatique, Pauline, médecin à Essaouira, au Maroc, révèle un lourd secret qui la poursuit. Dans la France des années 1950, Pauline Dubuisson, étudiante en médecine, devient tristement célèbre pour le meurtre de son ex-fiancé, Félix Bailly. Cet événement tragique mène son père au suicide. Bien qu'elle soit la seule femme pour laquelle le Ministère public ait requis la peine de mort à cette période, son passé tumultueux semble avoir pesé dans cette décision. Après la Libération, elle est publiquement humiliée pour ses liaisons avec des Allemands. Les médias de l'époque, exacerbant son image, la dépeignent tantôt comme séductrice, tantôt comme manipulatrice, attisant l'antipathie générale. L'histoire de Pauline est racontée avec émotion dans "Je vous écris dans le noir" de Jean-Luc Seigle, édité par Flammarion en 2016. Avec une plume poétique et réaliste, Seigle offre une voix à Pauline, permettant une immersion dans son esprit. Il dépeint sa complexité, entre culpabilité et victimisation, vérité et illusion. Le film « La Vérité » de Clouzot s’est également inspiré de sa vie, la poussant à changer d'identité et à fuir la France. À Essaouira, elle tente de reconstruire sa vie. Mais, tourmentée par son histoire, elle est déchirée intérieurement. Révèlera-t-elle sa véritable identité à son futur époux, Jean? Pourra-t-elle jamais se libérer de ses démons? Aujourd'hui, son récit est adapté sur scène, redonnant vie à son histoire. Dans "Je vous écris dans le noir", Pauline revient pour livrer sa vérité, dépeignant ses tumultes intérieurs. La mise en scène captivante, offre un voyage dans le monde tourmenté de Pauline. Le décor, mêle intemporalité et réalisme et se distingue par son épuré. L'espace de la scène évoque autant un refuge qu'une quête de libération. La lumière subtile souligne les émotions de Pauline, harmonieusement accompagnée par la musique qui guide à travers ses souvenirs. Mais c'est le talent de Sylvie Van Cleven qui captive. Seule en scène, elle incarne Pauline avec une profondeur rare. Elle redonne vie à une femme réduite jadis à des titres sensationnalistes, nous ensorcelant dès le début. "Je vous écris dans le noir" dépasse la simple pièce de théâtre. Malgré le passé douloureux de Pauline, c'est surtout un voyage émotionnel qui interroge la nature humaine, le regard de la société et la capacité de résilience. L'histoire de Pauline nous montre qu'il est possible de combattre pour sa vérité et pour l'amour. Une pièce inoubliable pour ceux qui auront la chance de la découvrir. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Je vous écris dans le noir D'après le roman de Jean-Luc Seigle (Éditions Flammarion) Adaptation Evelyne Loew Mise en scène Gilles Nicolas & Sylvie Van Cleven Avec Sylvie Van Cleven Création lumière Lucie Joliot Création sonore Philippe Mion Photos Xtof Gsell THÉÂTRE DE LA REINE BLANCHE Du 12 septembre au 19 octobre 2023 • Les mardis et jeudis à 21h - Les samedis à 20h • Relâche le mardi 3 octobre • Dates supplémentaires les 5 et 12 octobre à 14h30

  • Piège pour un homme seul : Un bijou théâtral de suspense et d'humour

    Quand une pièce se situe à l'intersection du boulevard et du thriller, elle porte la signature unique de Robert Thomas, auteur emblématique des scènes françaises, notamment de "8 femmes". "Piège pour un homme seul", la pièce qui l'a propulsé vers la gloire, revient sur les planches sous la direction passionnée de Michel Fau. Et quel retour ! Michel Fau qui aime à ressusciter les pièces populaires oubliées, qu'elles soient boulevards ou drames nobles, redonne vie à cette comédie policière de l'inoubliable Robert Thomas – que même Hitchcock avait envisagé de porter à l'écran ! En tant que metteur en scène et acteur principal, Michel Fau illumine cette œuvre aujourd'hui avec une joie et une passion contagieuses. Il évoque avec nostalgie sa découverte adolescente de cette pièce, sa stupéfaction face au retournement final, et met en avant l'habileté de Robert Thomas à mêler la peur et la farce, le suspense et le rire Datant de 1960, la pièce n'a rien perdu de sa superbe. Daniel, paniqué par la disparition de son épouse Elisabeth, se retrouve pris dans une machination où réalité et illusion se confondent dangereusement. Quand une femme prétend être son épouse disparue, le doute s'installe : est-ce vraiment elle ? Et si non, où est la vraie ? Qui est cette inconnue ? Cette intrigue palpitante est accentuée par l'intervention d'un commissaire débonnaire, interprété brillamment par Régis Laspalès, dont la perspicacité rivalise avec son humour tranchant. Les autres acteurs, avec en tête la magnifique Caterina Murino, insufflent à cette comédie policière dynamisme et énergie. Mention spéciale à Citronelle Dufay, qui, avec un décor époustouflant, recrée un environnement alpin qui intensifie la tension croissante de l'intrigue. Pour ceux en quête d'une soirée où les rires se mêlent aux surprises, "Piège pour un homme seul" est le choix parfait. Cependant, gardez le secret des cinq dernières minutes ! Comme le rappelle Michel Fau : "Si vous conseillez à des amis de voir la pièce, ne dévoilez rien de l’intrigue". Une pièce à voir et à revoir, une véritable pépite du théâtre français. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Piège pour un homme seul Une pièce de Robert Thomas Mise en scène Michel Fau Avec Michel Fau, Régis Laspalès, Caterina Murino, Denis D'arcangelo, Sissi Duparc, Alexis Driollet et Denis Richard Costumes David Belugou Décor Citronelle Dufay Lumière Joël Fabing Son Antoine Le Cointe Maquillage Eva Cisse THÉÂTRE DE LA MICHODIÈRE À PARTIR DU 14 SEPTEMBRE AU 31 DÉCEMBRE 2023 DU MARDI AU SAMEDI À 20H • LES SAMEDIS À 16H ET 20H • LES DIMANCHES À 15H30

  • "Vidéo Club : Quand la transparence met le couple à l'épreuve

    Depuis vingt-cinq ans, Justine et Jean-Marc ont partagé des moments de bonheur, de doutes et de crises. Pourtant, rien ne les avait préparés à cette sidérante découverte : une webcam cachée, filmant sans relâche l'intimité de leur cuisine. Dans "Vidéo Club", comédie habilement orchestrée par Sébastien Thiery, ce couple autrefois solide se trouve confronté à ses zones d'ombre les plus secrètes. L'idée de cette pièce est née lors d'un dîner, où Sébastien Thiery s'est demandé comment une simple scène de dispute pourrait être interprétée différemment si elle était filmée. Ce concept original est au cœur de "Vidéo Club". Chaque vidéo reçue sert de miroir, reflétant leurs actions et paroles, et mettant en lumière la subjectivité de la vérité et de la perception. La pièce, mise en scène avec finesse par Jean-Louis Benoît, navigue entre humour et introspection. Noémie Lvovsky et Yvan Attal y sont magistraux Leur talent insuffle une profondeur unique à cette comédie déjà riche en émotions. Yvan Attal, incarnant Jean-Marc, se distingue par son cynisme mordant et une mauvaise foi parfaitement jouée. Chaque mot et geste dévoile les dilemmes d'un homme confronté à ses imperfections tout en cherchant à sauvegarder son image. Avec une maîtrise remarquable, Attal représente cette dualité, oscillant entre humour noir et touchante vulnérabilité. Parallèlement, Noémie Lvovsky, dans le rôle de Justine, contraste en incarnant la sensibilité à fleur de peau. Elle exprime avec brio les sentiments d'une femme tiraillée entre la préservation de l'unité de son couple et la confrontation à ses propres dérapages. Avec une intensité touchante, Lvovsky confère à Justine une profonde authenticité, la rendant aussi palpable qu'humaine. Leur alchimie à l'écran est électrisante. La complicité naturelle entre ces deux comédiens donne vie à une danse émotionnelle riche, faite de tensions et d'affections, d'oppositions et de compréhensions. Leur performance conjointe rend leurs personnages tellement réels que le public est emporté dans un maelström d'émotions, oscillant entre le rire, la réflexion et une profonde empathie. Mais au-delà des rires et des larmes, "Vidéo Club" pose une question fondamentale : peut-on vraiment tout partager au sein d'un couple ? Dans notre ère numérique, où technologie et surveillance omniprésentes interpellent, la pièce apporte une réflexion pertinente sur la vie privée et la confiance. "Vidéo Club" est l'un des joyaux théâtraux de la saison. Il associe humour, sensibilité et réflexion pour offrir un regard frais sur les dynamiques de couple. C'est une œuvre à la fois divertissante et profonde qui mérite toute notre attention. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Video Club De Sébastien THIERY Avec Yvan ATTAL et Noémie LVOVSKY Mise en scène Jean-Louis BENOIT Théâtre Antoine À partir du 14 Septembre 2023 • Du Mardi au Vendredi à 21H • Samedi à 16h et 21h

  • Le Mystère Sunny : Une joute théâtrale entre vérité et manipulation

    Dix ans après un verdict qui a ébranlé le monde, ce spectacle nous plonge dans une confrontation mémorable entre Claus Von Bülow et son avocat de défense, Alan Dershowitz. Les lumières de Noël illuminent New York, offrant le cadre d'une rencontre où vérité, doute et manipulation se côtoient. Transcendant la réalité d'une affaire judiciaire des années 1980, la pièce, signée Alain Teulié, met en scène un Claus, de retour à Manhattan. Le suspense réside dans l'ambiguïté de ses intentions : confession d'un crime ou simple renouée de relations passées avec Dershowitz? Cette danse émotionnelle entre avocat et client, mise en scène par Dominique Guillo, est sublimée par la performance de Patrick Chesnais et Nicolas Briançon. Ces deux acteurs de renom naviguent entre force et finesse, plongeant le public dans une histoire riche en émotions, en psychologie et en manipulations. L’absence de Sunny, la victime, sert de toile de fond à cette confrontation, rendant l'intrigue d'autant plus poignante. Le magnifique décor et les éclairages enveloppent le public, accentuant l'atmosphère tendue de la pièce. Cependant, malgré le talent des acteurs et la mise en scène soignée, certains spectateurs pourraient ressentir un manque de rebondissements et une certaine prévisibilité dans les interactions. Bien que le texte soit solide, il pourrait par moments sembler manquer de dynamisme. De plus, la mise en scène sobre de Guillo, bien que réussie, pourrait donner l'impression d'une certaine linéarité. Toutefois, il est indéniable que "Le Mystère Sunny" offre une expérience théâtrale singulière, évoquant un mystère qui demeure non résolu. Alors que certains y verront une profonde introspection de la nature humaine, d'autres pourraient la trouver moins captivante qu'anticipé. Quoi qu'il en soit, cette pièce contemporaine s'appuyant sur une histoire vraie est un spectacle à ne pas manquer. Entre faits réels et interprétations scéniques, "Le Mystère Sunny" suscite réflexion et débat. Une pièce qui, à coup sûr, ne laissera personne indifférent. Avis de Foudart 🅵🅵 Le Mysyère Sunny Une Pièce d’Alain TEULIÉ Mise en scène Dominique GUILLO Avec Patrick CHESNAIS et Nicolas BRIANCON Décor Jean HAAS • Costumes Jean-Daniel VUILLERMOZ • Lumières Laurent BÉAL Crédit photo © Fabienne RAPPENEAU Théâtre Montparnasse À partir du 12 septembre 2023 • Mercredi, jeudi, vendredi et samedi à 21h • Samedi à 18h • Dimanche à 15h30 • Relâches exceptionnels les 4, 8 et 15 octobre • Durée 1h30

  • Les coups de Cœur ❤️ de FOUDART : les Incontournables de la Rentrée 2023

    Cette rentrée dévoile un riche éventail artistique, oscillant entre émotion, surprise et introspection. Chaque création possède son identité propre, évoquant des histoires qui sondent l'humain, de ses tourments intérieurs à la poésie du quotidien. Zoo Story : Plongée vertigineuse signée Edward Albee au cœur de l'âme. Chaque silence retentit autant que les mots. Au THÉÂTRE DE POCHE MONTPARNASSE. Avis Foudart 🅵🅵🅵🅵 Tachkent : Rémi De Vos conjugue comédie et introspection pour dépeindre la fragilité artistique et les coulisses du théâtre. Dans ce monde absurde, une mélancolie se dissimule derrière les rires. Une pièce qui résonne profondément sur l'art et l'être. STUDIO MARIGNY. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 ELDORADO 1528 : Dirigé par Alexis Moncorgé, revivez le voyage tragique d'Alvar Nuñez Cabeza de Vaca. Une représentation visuelle époustouflante. Au THÉÂTRE DU PETIT MONTPARNASSE. Avis Foudart 🅵🅵🅵 Les Téméraires : L'Affaire Dreyfus revisitée comme une comédie historique mettant à l'honneur le combat de Zola et Méliès. À la COMÉDIE BASTILLE. Avis Foudart 🅵🅵🅵🅵 Le Beau Monde : Un poème en mouvement sur notre relation au temps présent et le patrimoine que nous léguons. En tournée. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 Il n’y a pas de Ajar : La plume de Delphine Horvilleur livre une pièce poignante sur les cicatrices des tragédies intergénérationnelles. Au THÉÂTRE DE L’ATELIER. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 Quand je serai grand, je serai Nana Mouskouri : Immersion dans un univers de singularité et d'enchantement à travers le regard d'un jeune fan. Au STUDIO HEBERTOT. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 L'Amour Fou : Jacques Rivette nous offre une magistrale relecture cinématographique, flirtant avec la réalité et la fiction. À l'affiche. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 L'art demeure un pilier central de notre société, interpellant, reflétant et inspirant. Ces pièces et films ne sont pas de simples divertissements ; elles invitent à la contemplation, à la conversation, à l'introspection. Rentrée 2023 : une exploration artistique foisonnante, une odyssée d'émotions et de découvertes.

  • Tachkent : Quand l'Absurde Révèle la Fragilité de l'Artiste

    Rémi De Vos nous offre une fusion entre le théâtre fluide de divertissement et un texte à la manière de Thomas Bernhard chez Feydeau, selon Hervé Pierre. Si "Tachkent" s'annonce comme une comédie loufoque presque une farce, elle transcende la simple distraction : elle fait émerger, sous des éclats de rire, la fragilité de l'artiste, les coulisses du théâtre et la complexité des rapports humains. L'intrigue est centrée sur un auteur dramatique, isolé et apparemment déconnecté de la réalité. Sa voix ne se libère que pour critiquer avec véhémence les metteurs en scène qui ont osé monter ses pièces. Autour de lui gravitent des figures tout aussi décalées : sa maîtresse, une toiletteuse pour chiens, impatiente de profiter de ses droits d’auteur après sa mort, un interprète de ses textes et son ancienne compagne, une actrice renommée. Cette troupe hétéroclite nous plonge dans une danse absurde où les limites de la raison sont sans cesse repoussées. Rémi De Vos, avec sa plume acérée, ne se contente pas de caricaturer le monde du théâtre. Il expose les coulisses, la dynamique des ego, la quête de reconnaissance, la solitude de l'écriture et les travers humains. L'œuvre, tout en offrant des éclats de rire, dévoile une mélancolie existentielle profonde. Dan Jemmett, pour sa part, affronte ce texte qui remet en question le rôle même du metteur en scène. Il décrit "Tachkent" comme un véritable dédale, un rubik's cube sans mode d’emploi. Et, insistant sur le rôle central de l'humour : « il faut démanteler ce texte par l’humour. C’est la clé selon moi. Parce que si nous voulons être plus intelligent que le texte, ça ne marchera pas. » La pièce s'amuse à brouiller les pistes, joue avec nos perceptions, mélangeant réalité et illusions pour finalement mettre en lumière la condition de l'auteur et les dynamiques du monde théâtral. Les personnages, magnifiquement incarnés par un casting d'exception, sont à la fois uniques, flamboyants, excessifs et émouvants. Leurs échanges percutants reflètent la finesse du texte de De Vos et la mise en scène vibrante de Jemmett. Au-delà de l’humour et de la farce, "Tachkent" est une réflexion sur l'existence, l'art et le métier d'artiste. Rémi De Vos, avec une férocité burlesque, pose un regard lucide sur notre monde et sur le rôle de l'artiste en son sein. Cette pièce, à la fois divertissante et profonde, invite le public à rire, à réfléchir et à ressentir. "Tachkent" est une célébration du théâtre, un hommage aux artistes, mais surtout une invitation à reconnaître la fragilité humaine à travers l'absurde. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 TACHKENT Une pièce de Rémi De Vos Mise en scène Dan Jemmett Avec Hervé Pierre, Clotilde Mollet, Grégoire Œstermann, Valérie Crouzet Crédit photo @PaulBourdrel STUDIO MARIGNY Actuellement Du mardi au samedi à 20h • les samedis à 16h et 20h • les dimanches à 15h30

  • PIERRE FEUILLE PISTOLET : le minivan de l’émotion

    Depuis le début de l'invasion russe en Ukraine en février 2022, plus de 14,5 millions d'habitants ont fui leur pays, cherchant refuge principalement en Pologne. Ces chiffres sont accompagnés de 4,7 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays, fuyant l'est pour trouver sécurité dans l'ouest. L'évacuation massive des civils est l'un des phénomènes les plus marquants de cette guerre, qui se déroule si près des frontières du monde occidental. Maciek Hamela, réalisateur et bénévole, déclare : « Dans ce film, je suis à la fois réalisateur, chauffeur, organisateur, bénévole, interprète et confident ». À bord de son van polonais, il parcourt les routes de l'Ukraine, évacuant les habitants fuyant leur pays suite à l'invasion russe. Au cours des opérations d'évacuation, le réalisateur Maciek Hamela a parcouru plus de 100 000 kilomètres pour secourir des civils. À travers son rétroviseur, de manière discrète mais engagée, il a recueilli des dizaines d'heures de témoignages puissants et bouleversants. « Ma mission première est de localiser les personnes nécessitant une évacuation et de leur assurer un hébergement et des soins adaptés. Cela m'a constamment poussé à agir et à chercher des solutions. Lorsqu'ils me parlent, c'est à l'homme-orchestre que je suis qu'ils s’adressent ». Le véhicule devient alors un refuge éphémère Un sas conduisant vers la sécurité, une zone de confiance et de confidences pour des personnes laissant tout derrière elles, avec pour seul objectif de trouver une possibilité de vie pour elles et leurs enfants. Toutes les classes sociales et toutes les générations voyagent à bord de ce van À chaque trajet, différentes personnes ou familles évoquent leurs propres sentiments et leur expérience de la guerre, partagent leurs points de vue, leurs émotions, révèlent leurs peurs, leur état d'esprit et leurs espoirs. Ces confessions et échanges d'expériences forment alors un récit global qui documente le destin de l'humanité, bouleversée par une transformation existentielle « La plupart du temps, les passagers ne se connaissent pas les uns les autres, et chaque histoire est racontée, souvent pour la première fois ». Ces échanges évoquent souvent les problèmes quotidiens d'avant l'invasion du pays, nous permettant de comprendre que leurs vies n'étaient pas si différentes des nôtres avant d'être brutalement interrompues par la guerre « Les expériences de la semaine ou du mois précédents se mêlent aux conversations sur l'avenir proche et lointain, souvent accompagnées d'inquiétude ». Ces échanges nous font ressentir le moment crucial où une personne « devient réfugiée » Où elle effectue la transition entre le passé et le futur et doit réagir à la perte, à la nécessité de prendre des décisions rapides et de compter sur l'aide de personnes qui lui sont étrangères. Les enfants occupent une place importante dans ces récits. Ils s'expriment sans filtre, exprimant leurs peurs et leur méfiance. Leurs réactions spontanées lorsqu'ils quittent leur foyer offrent un aperçu poignant du drame de l'exil forcé, l'une des plus grandes menaces de notre époque. À l'intérieur du véhicule, la caméra est positionnée en face des passagers, rarement en mouvement. La bulle éphémère offerte par le minivan favorise des conversations franches et les dialogues créent une dynamique dans le cadre, guidant librement notre regard entre le conducteur et les passagers. Ce huis clos sur roues est rythmé par des scènes d'adieux, de présentations et de retrouvailles, marquant le début ou la fin de chaque histoire et créant naturellement les chapitres du film. Mais comme c'est souvent le cas dans les situations dramatiques, le rire trouve également sa place. Parfois, ces échanges prennent un ton léger qui contraste avec le contexte tragique, échappant ainsi aux récits de guerre stéréotypés auxquels on pourrait s'attendre. À travers les fenêtres du minivan, le paysage implacable de la guerre défile sous nos yeux : les chars sur la route, les bombardements au loin, les points de contrôle. Ils constituent un arrière-plan silencieux aux conversations, mais malgré cette apparente tranquillité, les maisons calcinées, les vitres brisées et les débris de missiles incrustés dans les routes s'imposent à notre regard. Ces images représentent un monde effondré qui ne sera plus jamais le même. Ainsi se tisse le fragile fil des émotions qui guide la narration de ce film Les histoires, toutes différentes, se mêlent et résonnent entre elles. Les plans fixes nous rapprochent avec force et précision de ces personnes qui partagent avec nous leur moment de vie exceptionnel. PIERRE FEUILLE PISTOLET (In the Rearview) est également l'écho d'une mobilisation spontanée, massive et parfois surprenante, ainsi que le témoin d’un rapprochement historique entre deux pays marqués par un passé commun difficile. Ce sursaut inattendu nous prouve-t-il que la fraternité entre les peuples peut surgir là où on l'attend le moins ? Avis Foudart 🅵🅵🅵 PIERRE FEUILLE PISTOLET SORTIE LE 8 NOVEMBRE UN FILM DE MACIEK HAMELA 2023 – Pologne, France, Ukraine – 85 minutes

  • Zoo Story : Plongée Théâtrale d'Edward Albee dans les Abysses Humains

    "Zoo Story", signé Edward Albee, est un cocktail envoûtant de suspense, simplicité, excentricité, silence et intensité. À la croisée de Central Park, deux inconnus, Jerry et Peter, se confrontent sur un banc, enlisés dans une conversation qui glisse rapidement vers l'obscurité. Une exploration intense des méandres de l'esprit humain Edward Albee, célèbre pour "Qui a peur de Virginia Woolf?", nous ensorcelle par ses récits captivants. Bien que son théâtre soit souvent étiqueté comme absurde, il transcende ici cette simple étiquette pour se positionner comme une quête audacieuse des frontières de la narration scénique. La Métaphore du Zoo Avec "Zoo Story", Albee peint une société s'éloignant de son essence, érigeant des barrières entre elle et la nature, et entre ses propres membres. Cette séparation, accentuée par la technologie omniprésente, nous isole, nous enferme en créant les conditions d’une grande détresse et d’une immense solitude. Mais, à travers le désespoir de Jerry « Il faut bien trouver un moyen d’entrer en relation… », ce spectacle nous rappelle l'importance cruciale des relations humaines. Musique et Silences: Partenaires Silencieux de la Narration « La musique, les sons et les silences occupent une place prépondérante aussi bien au théâtre qu'au cinéma. » Ils ne se contentent pas de soutenir la narration, ils en deviennent des éléments constitutifs. Dans la pièce "Zoo story", ces silences, presque palpables, entre les personnages ne sont pas de simples pauses. Ils tissent les liens entre eux, définissant la dynamique de leur relation. « Il était crucial de ménager ces espaces, ces moments de silence et d’harmonie musicale, car ils nous fournissaient les outils nécessaires à notre expression. » Sylvain Katan, en collaboration avec son partenaire de scène de vingt ans, exploite ces éléments sonores pour créer une symphonie d'interactions. Ensemble, ils se comportent comme deux musiciens en parfaite synchronisation, anticipant chaque respiration, chaque pause et chaque mouvement de l'autre pour créer un ballet harmonieux et vibrant. Avec une traduction soigneusement élaborée mettant en lumière chaque nuance et la quintessence de l'œuvre, cette représentation est un festin pour ceux qui apprécient l'humour noir teinté d'humanisme mordant et de finesse. Un spectacle incontournable! C'est un joyau essentiel, une expérience théâtrale à vivre pour quiconque aspire à être touché, diverti et convié à une introspection profonde. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 ZOO STORY Une pièce d’Edward Albee Traduction et mise en scène Pierre VAL Avec Sylvain KATAN et Pierre VAL Lumières François LOISEAU Crédit photo © Alejandro Guerrero THEATRE DE POCHE MONTPARNASSE Actuellement • Du mardi au samedi 21h, dimanche 17h

  • "La Contrebasse" avec Vanier : Un Voyage Virtuose dans l'Âme Humaine

    Le monde théâtral rencontre rarement une œuvre comme "La Contrebasse", défiant le temps et les interprétations. Acclamée pour son humour tranchant, la pièce de Patrick Süskind, autrefois brillamment incarnée par Jacques Villeret, trouve aujourd'hui en Jean-Jacques Vanier son nouveau visage. C'est un joyau du théâtre populaire contemporain, mêlant noirceur, douleur et un humour saillant tout en restant accessible. Jean-Jacques Vanier, seul en scène avec sa contrebasse, l'aborde avec une combinaison de sensualité et de répulsion. Ce personnage tourmenté nous plonge dans ses mélancolies, passions, colères, rêveries et ivresses. Il dévoile progressivement, au fil de son monologue, la relation tumultueuse qu'il entretient avec son instrument, explorant ses dilemmes existentiels, sa perception de la musique, sa déception amoureuse, et son rôle de "prolétaire" de l'orchestre. Pour le metteur en scène, Gil Galliot, le personnage est "un naufragé de l'existence". La contrebasse devient tour à tour son phare, son refuge, mais aussi son fardeau. Elle symbolise ses émois, ses tourments et ses aspirations, oscillant entre être son amour, sa gardienne et sa captivité. C'est cette complexité qui sublime la pièce. Galliot loue également le talent singulier de Vanier à incarner ce rôle complexe, faisant ressentir une gamme d'émotions diverses. Jean-Jacques Vanier, avec son humour aiguisé, parvient à la fois à émouvoir et à amuser. Son interprétation allie humour, finesse et humanité. Plus qu'un simple musicien frustré, "La Contrebasse" dresse un portrait vivant d'une âme en quête, cherchant refuge dans la musique. C'est une introspection de la condition humaine, des relations que l'on noue et du pouvoir salvateur et destructeur de la musique. "La Contrebasse" est une réflexion profonde sur nos aspirations, nos angoisses et nos insatisfactions, traitant de l'amour, de la haine, de la passion et du sacrifice. Avec Jean-Jacques Vanier, cette pièce intemporelle trouve une nouvelle résonance, touchant une nouvelle génération tout en saluant ses précédents maîtres. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 LA CONTREBASSE de Patrick Süskind Traduction Bernard Lortholary Mise en scène Gil Galliot Avec Jean-Jacques Vanier Crédit photo © Karine Letellier THÉÂTRE LE LUCERNAIRE Actuellement • Du mardi au samedi à 19H00, 16h00 le dimanche • Durée 1h25

  • L'Éducation sentimentale de Flaubert : Une épopée sentimentale rock et moderne

    Huit années après le retentissant succès de "Madame Bovary" mis en scène par le duo Molaro-Kapps, ces derniers, avec la collaboration de Paul Emond pour l’adaptation, réinventent l'œuvre majeure de Flaubert dans une version rock, moderne et dynamique. Le parcours de Frédéric Moreau, l'anti-héros par excellence, nous est dévoilé. Se situant pendant la Monarchie de juillet, entre Nogent et Paris, ce personnage oscille entre tribulations amoureuses et turbulences politiques. D'un roman politique et intimiste, ils ont su créer un spectacle vibrant et survolté. Un reflet de notre société "L'Éducation sentimentale" n'est pas qu'une simple histoire d'amour; c'est une fresque historique qui met en lumière la naissance de la Deuxième République, les tumultes de la Révolution de 1848 et l'ascension du Second Empire. Au travers de cette fresque, l'apathie de Frédéric Moreau face aux défis politiques et sociaux de son époque nous est présentée comme un miroir de la passivité contemporaine face aux enjeux actuels. Ainsi, le récit semble résonner avec la situation actuelle, remettant en question notre engagement tant sur le plan personnel que politique. Une symphonie musicale sentimentale Dans cette adaptation, la musique joue un rôle prépondérant. Composée en étroite collaboration entre Sandrine Molaro et Gilles-Vincent Kapps, elle est non seulement un accompagnement mais une véritable troisième voix. La musicalité du spectacle se déploie en une partition cinématographique et intimiste. Ainsi, la musique enrichit l'expérience théâtrale, fusionnant acoustique et électronique pour mieux traduire les émotions. Un triomphe théâtral De l'adaptation de "Madame Bovary" à celle de "L'Éducation sentimentale", le trio Paul Emond, Sandrine Molaro et Gilles-Vincent Kapps démontre à nouveau son talent indéniable. Grâce à une mise en scène créative et innovante, les mots de Flaubert sont magnifiés. Le jeu des comédiens Molaro et Kapps, alliant narration et interprétation, rend justice à la beauté de l'œuvre de Flaubert. À travers cette représentation théâtrale, on est captivé par le récit de Frédéric Moreau, ce "loser" qui, par son inaction, laisse échapper ses rêves et illusions. Toutefois, loin de n'être qu'une critique acerbe, cette œuvre nous rappelle qu'il n'est jamais trop tard pour s'engager et poursuivre nos aspirations. Cette adaptation de "L'Éducation sentimentale" est un incontournable pour tous les amateurs de théâtre et de littérature. Elle offre une relecture moderne d'un classique, démontrant que l'art, malgré les années, reste universel et intemporel. Avis de Foudart 🅵🅵 L’ÉDUCATION SENTIMENTALE De Gustave FLAUBERT Libre adaptation Paul EMOND Mise en scène et interprétation Sandrine MOLARO et Gilles-Vincent KAPP Crédit photo © Pascal Gely THEATRE DE POCHE MONTPARNASSE Actuellement • Du mardi au samedi 19h, dimanche 15h

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