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- Nous reviendrons au printemps : Tchekhov à l'ère de l'immersion théâtrale
La magie du théâtre réside dans sa capacité à nous transporter à travers les époques, à nous connecter à des personnages, des lieux et des émotions que nous n'aurions jamais pu imaginer. Cette magie fonctionne parfaitement dans la récente adaptation de "La Cerisaie" d'Anton Tchekhov, intitulée "Nous reviendrons au printemps". « En redéfinissant ce classique de Tchekhov dans une perspective immersive, on offre au public la chance d'aborder cette œuvre sous une lumière totalement nouvelle ». Cette réinvention audacieuse, orchestrée par Simón Adinia Hanukai, ne se limite pas à restituer le texte originel de Tchekhov, elle le projette dans les défis du XXIe siècle. Fort de vingt ans d'expérience en théâtre immersif, Hanukai nous submerge littéralement dans l'univers de la cerisaie, nous faisant vibrer aux échos de son urgence, de sa splendeur et de son tragique dénouement. En mariant le texte traditionnel à des nuances modernes, il métamorphose la pièce en un spectacle multisensoriel. Le public n'est plus un simple témoin : il est sollicité, convié à toucher, à ressentir, voire à interagir avec les protagonistes. Cette approche renforce la connexion entre le spectateur et l'univers tchékhovien. La pièce trouve écho dans la réalité européenne actuelle, avec ses défis et ses bouleversements. À l'image de la Russie dépeinte par Tchekhov, l'Europe se trouve à une croisée des chemins, confrontée à des enjeux identitaires, patrimoniaux et évolutifs. Hanukai nous interpelle en demandant : « À une ère où les frontières sont mouvantes et l'identité nationale en jeu, qui peut réellement prétendre posséder la Cerisaie ? » La décoration théâtrale, avec son esthétique baroque, juxtaposée à des instants d'intimité, conserve l'essence de Tchekhov tout en offrant un contraste saisissant. Le mélange d'éléments familiers et novateurs crée une tension qui captive le public. Au-delà de la splendeur des cerisiers en fleur, le spectacle nous invite à scruter les racines, à identifier ce qui asphyxie ce paradis. Il nous guide dans les méandres du subconscient des personnages, mettant en lumière leurs entraves face à l'imminence du changement. "Nous reviendrons au printemps" transcende la notion d'adaptation. C'est une renaissance, une conversation entre hier et aujourd'hui. Une expérience théâtrale qui stimule l'esprit et touche profondément l'âme, offrant une vision renouvelée d'un chef-d'œuvre intemporel. Avis de Foudart 🅵🅵 « Nous reviendrons au printemps » Adaptation de Simón Hanukai d’après Le Cerisaie d’Anton Tchekhov Avec Nicolas Giret-Famin, Pamina de Hauteclocque, Eva Carmen Jarriau, Stéphanie Lanier, June Mcgrane, Alexis Pivot, Sophie Richelieu, Mahmoud Saïd, Guillaume Tagnati, Nicolas Verdier. Théâtre de l’Épée de bois / La Cartoucherie Du 7 au 17 septembre • Durée 2 heures • dès 12 ans
- "Les Feuilles mortes" de Aki Kaurismäki : Une échappée belle dans la grisaille finlandaise
Si la Finlande est réputée pour ses longues nuits et sa mélancolie ambiante, Aki Kaurismäki est maître en l'art de capturer la beauté dans cette morosité. "Les Feuilles mortes" ne déroge pas à cette règle, et offre une comédie romantique tendre et cynique. Au cœur d'une Helsinki industrielle et sur fond de guerre en Ukraine, la rencontre entre deux âmes solitaires, égarées dans un monde brutal, est peinte avec délicatesse. Mais ce n'est pas seulement une histoire d'amour. Kaurismäki, avec son humour unique, dépeint les absurdités de la vie, où les obstacles semblent se dresser inopinément. Le cinéaste joue astucieusement avec les références cinéphiles, faisant des clins d'œil aussi bien à Visconti qu'à Chaplin. Ces touches nostalgiques, alliées à une mise en scène épurée, confèrent au film une atmosphère très particulière. Il est évident que Kaurismäki est un amoureux du septième art, et son affection pour le cinéma transparaît dans chaque scène. La manière dont le réalisateur équilibre la poésie du quotidien et la cruauté inhérente à la vie est admirable. Il ne tombe jamais dans le piège du misérabilisme. Même dans les moments les plus sombres, il trouve le moyen d'introduire une note d'humour, une étincelle de tendresse. La mise en scène est un régal pour les yeux. Kaurismäki exploite son goût pour les couleurs bleu et rouge, créant des contrastes saisissants dans des décors parfois austères. "Les Feuilles mortes" est un véritable voyage émotionnel. Alors que les deux protagonistes semblent destinés à la séparation, l'espoir de les voir réunis maintient le spectateur en haleine. Le film est une célébration du cinéma, de la poésie, mais surtout de l'humanité dans tout ce qu'elle a de plus beau et de plus complexe. "Les Feuilles mortes", Aki Kaurismäki confirme, s'il en était encore besoin, sa place parmi les grands cinéastes de notre époque. Une œuvre à ne pas manquer. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 Les Feuilles mortes Un films de Aki Kaurismäki Avec Alma Pöysti, Jussi Vatanen, Janne Hyytiäinen, Nuppu Koivu Prix du Jury au Festival de Cannes 2023 • Sortie cinéma, le 20 SEPTEMBRE 2023 • Durée : 1h21
- "LaRoy" : Quand la comédie criminelle se réinvente en puisant dans ses racines.
Le cinéma agit souvent tel un miroir de son époque, tout en puisant dans le patrimoine des grands classiques. "LaRoy", premier film de Shane Atkinson, illustre parfaitement cela. Bien qu'on puisse y déceler des inspirations des frères Coen ou de Tarantino, il serait réducteur de le considérer comme une pâle copie, car sa singularité est évidente. La magie du film repose majoritairement sur ses personnages : un casting extravagant et hilarant, plongé dans un univers criminel décalé, le tout baigné d'une atmosphère mélancolique unique. La vie de Ray bascule lorsqu'il découvre l'infidélité de sa femme, le poussant au bord du désespoir dans un motel. Mais un quiproquo inattendu avec un étranger croyant avoir face à lui un tueur à gages le propulse dans une situation chaotique. De simple victime, Ray se voit entraîné dans une spirale dangereuse qu'il tentera de désamorcer avant qu'il ne soit trop tard. Ce parcours douloureux, de la trahison à l'immersion dans un complot mortel, est narré avec une intensité captivante. Brad LeLand y brille de mille feux, rappelant les moments mémorables des grandes comédies noires. Cependant, "LaRoy" présente des imperfections. Le scénario, bien ficelé en général, emprunte des sentiers parfois farfelus, et la représentation des femmes pèche par son manque de profondeur. Le premier film de Shane Atkinson "LaRoy" démontre un talent significatif qui annonce un futur brillant pour le réalisateur. Il nous rappelle que l'influence, lorsqu'elle est bien utilisée, peut mener à la création d'œuvres uniques qui s'inscrivent à la fois dans la tradition et la modernité et on attend avec impatience de voir la suite. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 LaRoy Un film de Shane AtkinsonAvec John Magaro, Steve Zahn, Dylan Baker, Megan Stevenson, Matthew Del Negro, Brad Leland Prochainement au cinéma • 2023 • Durée 1h52
- Tout à la fois : Une Célébration de l'Érotisme masculin
Paco et Manolo. Ensemble depuis trente ans, ces deux photographes catalans ont forgé un partenariat qui va bien au-delà du personnel. Leur art, leur passion et leur vision commune ont permis de définir une esthétique homoérotique. Dans les années où la photographie était encore dominée par des visuels stéréotypés, ces deux artistes ont choisi une voie différente, incarnée dans le magazine Kink. Ce fanzine photographique se démarque par une approche rafraîchissante de l'érotisme. En utilisant la lumière naturelle, Paco et Manolo saisissent la beauté brute, authentique et souvent non polie de la classe ouvrière. Ils rappellent, à travers leurs œuvres, que la sensualité peut être trouvée dans les coins les plus inattendus. Leur travail est une fusion d'influences classiques et contemporaines. Les échos du Caravage se manifestent dans la manière dont la lumière joue sur la peau, évoquant une tension palpable. D'autre part, le réalisme terre-à-terre de Pasolini est visible dans la représentation simple et honnête des sujets. Ces hommes, dépeints dans toute leur vulnérabilité, deviennent des icônes de désir. Avec "Tout à la fois", Alberto Fuguet, l'écrivain et cinéaste chilien, nous invite dans l'intimité de ce duo. Il ne s'agit pas seulement de capturer leur processus créatif, mais aussi de comprendre la dynamique d'un couple qui a passé la majeure partie de sa vie à définir et redéfinir ce que signifie être gay et méditerranéen à travers l'objectif d'un appareil photo. L'influence de Paco et Manolo s'étend bien au-delà des frontières de l'Espagne. Aujourd'hui, leurs œuvres sont célébrées internationalement, non seulement pour leur audace, mais aussi pour leur authenticité. Ils rappellent à tous que la beauté peut être trouvée dans la simplicité, et que l'érotisme n'est pas une question de perfection, mais d'authenticité. "Tout à la fois" est plus qu'un hommage à deux artistes talentueux. C'est une célébration de l'amour, de la passion et de la liberté d'expression. Dans un monde en constante évolution, Paco et Manolo montrent que l'amour et l'art sont intemporels. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 TOUT À LA FOIS Un film documentaire d'Alberto Fuguet Actuellement sur Ciné+
- Blood for Dust : Entre Désespoir et Suspense
L'évocation du titre "Blood for Dust" renvoie à une ambiance sombre et poussiéreuse, typique des road movies teintés de noirceur. Les échos de séries cultes telles que "Breaking Bad" et "Fargo" sont palpables dès le départ, dans chaque scène, chaque dialogue, chaque geste. Le cadre austère des années 90 apporte une touche rétro, mais c'est la tension omniprésente, parfois insidieuse, qui nous happe. Les personnages, sculptés avec une précision d'orfèvre, sont le socle du film. Cliff (Scoot McNairy), ce vendeur itinérant noyé dans ses dettes, dont chaque mile parcouru semble l'éloigner davantage de la lumière. Et puis Ricky (Kit Harington), cette figure du passé, aussi charismatique que menaçante, dont les desseins restent mystérieux jusqu'à la dernière minute. La rencontre entre ces deux êtres que tout oppose crée une dynamique fascinante. Ethan Suplee, dans le rôle de Slim, apporte une dimension supplémentaire, venant épaissir l'intrigue à chaque apparition. Mais c'est la performance de Scoot McNairy qui demeure gravée dans la mémoire, avec ce mélange unique d'angoisse, de détermination et de vulnérabilité. La mise en scène est l'une des grandes forces de "Blood for Dust". Les décors sombres et les éclairages subtils accentuent cette impression d'étouffement, d'urgence, de fuite en avant. Chaque scène d'action, traitée avec une maîtrise et un calme déconcertants, monte crescendo jusqu'à un final explosif. Certes, "Blood for Dust" ne révolutionnera pas le 7ème art. Il ne prétend d'ailleurs pas le faire. Mais il offre un voyage émotionnel intense, porté par des acteurs en état de grâce et un suspense haletant. Avis de Foudart 🅵🅵 Blood for Dust Un film de Rod Blackhurst Avec Scoot McNairy, Ethan Suplee, Nora Zehetner, Amber Rose Mason, Stephen Dorff, Josh Lucas, Kit Harington • Année 2023 • Durée 1h44
- Un train pour Milan : un voyage entre rêve et réalité
Dans l'intimité d'un décor sobre, François Feroleto nous livre l'histoire poignante de Marcello, un homme au destin tragique, entre les plages ensoleillées de Calabre et les avenues effervescentes de Milan. À travers un récit exceptionnel, nous sommes transportés dans l'Italie des années 50, à une époque où l'espoir pouvait se métamorphoser en désespoir en un instant. La trame centrale du spectacle repose sur un moment décisif de la vie de Marcello : Dans une heure, il sera face à la foule pour plaider sa cause et tenter de retrouver sa liberté. Si la foule l’applaudit, il sera libre. Si elle le siffle, il retournera en prison pour toujours ! Derrière ce moment de tension insoutenable se cache une histoire de détermination, de combats et de sacrifices. Pour échapper à la précarité calabraise, Marcello a bravé l'inconnu vers Milan, la cité des possibles. François Feroleto, "habité" par son personnage et plein de charme, délivre un monologue intense. Inspiré par les écrits de Dino Buzzati, le texte dépeint non seulement le parcours d'un homme, mais aussi le visage d'une Italie en mutation. La mise en scène, subtile, joue adroitement avec l'espace, magnifiant cette odyssée humaine. La musique, soigneusement sélectionnée, amplifie chaque sentiment, chaque frisson. Avec Feroleto, c'est une traversée temporelle et culturelle de l'Italie que nous vivons, une expérience qui saisit, émotionne et provoque la réflexion. Le monologue n'est pas qu'un simple récit. Il est aussi une lettre d'un père à son fils, Paolo. Douze longues années ont été nécessaires pour que Marcello puisse enfin se confier, partager ses combats, ses douleurs et ses espoirs. Bien que certains fragments de la vie de Marcello semblent ordinaires, c'est cette simplicité qui les rend universels. "Un Train pour Milan" est bien plus qu'une représentation théâtrale, c'est une immersion profonde dans la vie d'un homme, un voyage entre rêve et réalité, entre espoir et désespoir. Un joli spectacle à découvrir. Avis de Foudart 🅵🅵 UN TRAIN POUR MILAN Une pièce de François Feroleto D’après Dino Buzzati Avec François Feroleto Photo Yannick Debain Théâtre de la Huchette Jusqu’au 02/12/2023 • Du Mardi au Samedi 21h • Durée 1h15
- Toni, en famille : une quête d’identité
Dans "Toni en famille", Nathan Ambrosioni offre un regard nuancé sur une mère célibataire tentant de jongler avec le tourbillon émotionnel de cinq enfants tout en poursuivant sa quête personnelle. Toni, immobile dans sa voiture, attend le retour tumultueux de ses enfants. Cette scène, symbolisant la vie confinée d'une mère seule face à ses responsabilités, s'immerge dans un tourbillon d'émotions - des tempêtes aux éclats de joie, des chants aux réprimandes. Et, au milieu de cette cacophonie, Toni essaie désespérément de rester à la barre. « L'image de la voiture m'a interpellé dès le début de la création du scénario ». Dans cette scène inaugurale magistrale, la voiture se transforme en une arène où se jouent les drames et les joies de cette famille, établissant le ton du film : à la fois léger et poignant. Au-delà de cette mosaïque familiale, le film plonge dans l'âme de Toni, explorant ses conflits intérieurs. Les vestiges de sa carrière de chanteuse et la perspective d'un nid bientôt vide la plongent dans une réflexion : peut-elle retrouver les projecteurs ? Sa quête de redéfinition personnelle résonne en chacun de nous. Chaque enfant, avec sa singularité, est portraituré avec précision, offrant un reflet fidèle de l'adolescence. L'interprétation magistrale de Camille Cottin en tant que Toni est un tour de force d'authenticité et d'intensité. "Toni en famille" chante la résilience et l'authenticité, tissant avec maestria humour et vérité, rappelant le style de Ken Loach. Ce film, vibrant hommage à la poursuite de nos rêves, est une œuvre essentielle pour quiconque désire toucher à l'essence même de la vie et de nos aspirations profondes. Avis de Foudart 🅵🅵 TONI, EN FAMILLE Un film de Nathan Ambrosioni Avec Camille Cottin, Juliane Lepoureau, Oscar Pauleau, Louise Labeque, Thomas Gioria, Léa Lopez Comédie dramatique • Durée 1h36 • Sortie cinéma, le 6 septembre 2023
- Ni juge, ni soumise : Une plongée captivante dans le quotidien d'une juge d'instruction pas comme le
Depuis sa première diffusion, "Ni juge, ni soumise" a capturé l'attention des amateurs de documentaires du monde entier, méritant son titre de César du meilleur documentaire en 2019. Ce film suit le quotidien d'Anne Gruwez, une juge d'instruction belge à Bruxelles. Mais, Anne n'est pas une juge ordinaire. Elle est un personnage truculent, doté d'un humour noir dévastateur, souvent utilisé comme armure contre la brutalité du monde qui l'entoure. Avec son franc-parler emblématique, la magistrate s’adresse à ses « clients » sans filtre. Elle conduit une 2CV bleue, utilise des repères uniques pour naviguer à travers Bruxelles, travaille avec un rat de compagnie sur l’épaule et ne manque jamais une occasion d’utiliser le gyrophare lorsqu'elle est dans une voiture de police. Le film est une réalisation de Jean Libon et Yves Hinant, deux des créateurs de l'émission de reportage "Strip Tease". Fidèles à leur style, ils nous immergent dans l'action sans commentaire ni voix off, oscillant entre le comique et le tragique. On rit, on pleure, et parfois, on fait les deux en même temps. La grande force de ce documentaire est qu'il ne se contente pas de dépeindre le quotidien de la juge, il nous plonge également dans une enquête "non résolue". Grâce à la modernisation des outils d'enquête, Anne rouvre un dossier vieux de vingt-cinq ans : le meurtre de deux prostituées. L'enquête, traitée avec le sérieux d'un polar, nous tient en haleine de bout en bout. L’humour, pour Anne, est bien plus qu'un simple moyen de divertir. C'est un bouclier, une armure. La dure réalité de son travail, marquée par des affaires d'infanticides et d'auditions surréalistes, exige une force mentale à toute épreuve. Et, comme le film le démontre parfaitement, cet humour est essentiel à sa survie. "Ni juge, ni soumise" est une œuvre jubilatoire, une fenêtre ouverte sur le quotidien d'une femme extraordinaire, qui équilibre habilement entre humour et gravité. Pour ceux qui recherchent à la fois la profondeur et la légèreté, c'est un film incontournable. À voir absolument ! Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 NI JUGE, NI SOUMISE 2017 • Film Documentaire découvert sur Canal Plus • Durée 1h39
- Festival d’Angoulême : "Le Temps d’aimer" couronné meilleur film
Katell Quillévéré signe une œuvre intense et dramatique, plongeant le spectateur dans une réflexion profonde sur l’amour, les traumatismes du passé et le poids du secret. La dernière journée du Festival du film francophone d'Angoulême s'est conclue par la remise du Valois de diamant à "Le Temps d’aimer" (prochainement en salle le 29 novembre). Orchestré par Katell Quillévéré, le film explore la complexité du désir, la nature de l'amour et les conséquences lointaines de la guerre. Les rôles principaux, assurés par Vincent Lacoste et Anaïs Demoustier, évoquent avec brio un duo marqué par l'ombre d'un secret. L'intrigue s'ouvre sur des séquences bouleversantes de la Libération, mettant en scène la violence envers les femmes soupçonnées d'avoir eu des liaisons avec les troupes allemandes. Sur cette trame historique, l'histoire se recentre sur Madeleine, touchée par ces événements tragiques, et sa liaison avec François, jeune étudiant en archéologie aux horizons et passés contrastés. Vincent Lacoste a été salué par le prix du meilleur acteur pour son interprétation profonde d'un homme face à ses tourments intérieurs. Anaïs Demoustier, partenaire de jeu récurrente de Lacoste, brille intensément dans la peau de Madeleine. Le palmarès du festival a également mis en lumière d'autres talents remarquables "Rosalie" de Stéphanie Di Giusto a été distingué pour sa musique envoûtante, tandis que Nadia Tereszkiewicz a décroché le prix de la meilleure actrice pour son interprétation touchante dans "femme à barbe". Par ailleurs, "Augure" réalisé par Baloji Tschiani a été salué pour sa direction artistique. Un succès incontesté ! Avec une sélection impressionnante de films en lice et un défilé de célébrités, cette 16e édition du Festival du film francophone d'Angoulême s'est une fois de plus démarquée dans l'univers du cinéma francophone. Plus qu'un simple événement cinématographique, ce festival célèbre la magie du récit, démontrant que le septième art, vivace et vibrant, a encore de beaux jours devant lui.
- L’air de mer rend libre : entre Mer et Conformité - L'Odyssée d'un Amour Interdit
"L’AIR DE LA MER REND LIBRE" : une œuvre signée Nadir Moknèche qui nous plonge au cœur d'une réalité contemporaine où s'entrelacent identité, genre et culture. À Rennes, Saïd, jeune homme tiraillé entre son attirance pour Vincent et la pression de sa famille, se trouve propulsé dans un mariage arrangé avec Hadjira. Moknèche nous offre une vision émouvante des sacrifices personnels face aux normes sociales. Ce film se distingue par son audace : traiter de l'homosexualité d'un individu d'origine arabe confronté à un mariage forcé, une thématique peu abordée au cinéma. Youssouf Abi-Ayad livre une interprétation magistrale de Saïd, partagé entre ses racines, sa sexualité et les diktats de la société. Sa relation avec Vincent, sublimée par des notes de trompette, évoque la douleur d'un amour interdit. Hadjira, malgré son histoire d'amour brisée, cède à la volonté maternelle. Leur union sert de reflet aux enjeux d'intégration, d'identité et de conformité. Le film séduit par son esthétique épurée, évoquant la monotonie et les non-dits. Rennes, avec son mélange de tradition et de modernité, cadre parfaitement ce récit. La mer, omniprésente, insuffle un vent de liberté à une trame par moments oppressante. Moknèche réussit à dépeindre des femmes puissantes, notamment Rabia, mère de Hadjira. Derrière son exubérance, elle s'impose comme une figure maternelle dominante. La narration chapitrée et la collaboration avec le chef-opérateur Kristy Baboul donnent vie à des images mêlant rêve méditerranéen et réalité, où la lumière évoque l'évasion. L’AIR DE LA MER REND LIBRE est une exploration profonde de l'amour, des liens familiaux et des défis multiculturels. Moknèche, avec brio, trouve l'équilibre entre gravité et douceur, offrant une œuvre touchante et pertinente. Une pépite à découvrir absolument. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 L’AIR DE LA MER REND LIBRE Un film de Nadir MOKNÈCHE Comédie dramatique | 1H30 • au cinéma le 04 octobre 2023
- Visions : Universe Envoûtant entre Ombres et Réalités
Yann Gozlan, reconnu pour son exploration du thriller psychologique dans "Boîte Noire", nous plonge cette fois-ci dans le monde sombre et séduisant de "Visions". Ce film se distingue par une atmosphère étrange, sexy, et oppressante qui capte immédiatement l'attention du spectateur. Le personnage d'Estelle, interprété avec brio par Diane Kruger, est le commandant de bord long courrier dont la vie bien ordonnée est bouleversée par des retrouvailles inattendues. La complexité de ce personnage est accentuée par la performance remarquable de Kruger, qui, avec Mathieu Kassovitz, offre un duo captivant à l'écran. Le film nous entraîne dans un tourbillon de suspense, mêlant habilement réalité et imagination. L'esthétique du film est impeccable : des décors soignés aux jeux d'ombres et de lumières astucieusement utilisés, chaque détail contribue à l'ambiance tendue. Pourtant, il y a des moments où le scénario semble s'embourber dans ses propres méandres. Les flashbacks, quoique essentiels, sont parfois excessifs, risquant de désorienter le spectateur. Néanmoins, ce léger bémol n'enlève rien à la maîtrise narrative de Gozlan. Il démontre encore une fois son talent incontestable pour le thriller psychologique. "Visions", malgré ses imperfections, s'inscrit comme une œuvre audacieuse qui teste les limites entre réalité et fiction. "Visions" est une expérience cinématographique mémorable. Son intrigue envoûtante, ses performances d'acteurs époustouflantes et sa maîtrise technique en font un incontournable pour les amateurs du genre. Préparez-vous à un voyage cinématographique riche en émotions et en suspense, tout en étant prêt à naviguer à travers ses multiples détours. Une chose est sûre : ce film ne vous laissera pas indifférent. Avis de Foudart 🅵🅵 Visions Un film de Yann Gozlan Avec Diane Kruger, Mathieu Kassovitz, Marta Nieto et Amira Casar • Durée 123 minutes • Sortie cinéma le 6 septembre 2023
- Le Champ des Possibles : Un voyage d'amour à travers les contrastes du Brésil
Originaire de Mairi, Bahia, un coin où le cinéma est absent, Aly Muritiba s'est éveillé tardivement à l'univers cinématographique. Ancien gardien de prison, c'est la fusion de cette expérience avec sa passion pour le cinéma qui a donner naissance à une trilogie bouleversante sur l'univers carcéral. Aujourd'hui, Muritiba sonde les intrications de la masculinité dans une société brésilienne marquée par un conservatisme tenace. Il nous pousse à réfléchir sur les contours de l'amour, du courage et de la fragilité. Alors que dans ses deux œuvres précédentes, "Para Minha Amada Morta" (2015) et "Rust" (2018), c’est le deuil et le remords qui façonnent les évolutions de ses héros. Dans "Le Champ des Possibles", c'est le désir et l'amour qui sont les catalyseurs de changement. Nous suivons Daniel, policier suspendu, submergé par le chagrin d'une Sara virtuelle, qu'il n'a jamais croisée mais qui éclaire sa vie. Ce film ne se limite pas à une romance. Il peint les contrastes saisissants du Brésil, du sud opulent et traditionnel au nord-est déshérité et avant-gardiste, soulignant la dualité culturelle et territoriale du pays à travers le parcours initiatique de Daniel. "Le Champ des Possibles" est une invitation à la patience, prenant le temps de nous immerger dans les profondeurs de ses personnages. C'est un voyage d'introspection, d'amour et d'acceptation, offrant une vision renouvelée du Brésil, de passion et de contrastes. C'est un rappel que, même dans les moments les plus sombres, l'amour peut nous guider vers la lumière. Avis Foudart 🅵🅵🅵 LE CHAMP DES POSSIBLES Un film de ALY MURITIBA 2021 • Drame • Brésil • 120 min • Au cinéma le 6 septembre PRIX DU PUBLIC • Mostra de Venise, 2021


















