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- Tango y Tango : Un spectacle envoûtant et captivant
Plongez au cœur d'un voyage sensoriel au pays du tango avec Tango y Tango, une œuvre spectaculaire réunissant deux acteurs, une actrice, quatre couples de danseurs, une chanteuse et un bandonéon. « L’histoire d'un danseur qui ne danse plus » - Santiago Amigorena Dans la magie d'une Milonga de Buenos Aires, une vieille discothèque chargée d'histoires, se déploie un spectacle envoûtant de danse, d'amour et de désir. À travers une trame d'histoires entrelacées, les couples se provoquent, se cherchent, se défient et s'aiment. Juan danse avec passion tandis que Jeanne, à la recherche de ses racines familiales, aspire à maîtriser cet art envoûtant. Ada, quant à elle, charme avec sa voix envoûtante. Au sein de cet endroit, les habitués, empreints de mélancolie et habités par la nostalgie, évoquent le passé glorieux d'une Argentine flamboyante et tissent les fils d'une mémoire collective. Tels un orchestre invisible, ces passionnés composent une partition unique qui nous emporte dans un tourbillon d'émotions. Chaque pas de danse résonne comme une note poignante, chaque regard échangé raconte une histoire enfouie. Les couples s'entrelacent et se séparent sur les notes mélodieuses du tango, subtilement teinté de musique électronique À travers leurs mouvements passionnés et leur maîtrise, les danseurs tourbillonnent avec une grâce envoûtante et insufflent une vie nouvelle aux souvenirs gravés dans les murs de cette Milonga. Les murmures du passé résonnent alors dans chaque recoin, nous entraînant dans un tourbillon d'émotions. Le Tango devient ainsi le fil conducteur de leurs vies, racontant l'histoire mouvementée de leur pays, l'Argentine, marquée par les guerres, la dictature militaire et la révolution. En fusionnant avec la musique électronique contemporaine, le tango prend alors une nouvelle dimension. Il incarne la rencontre entre la tradition et la modernité, symbolisant la résilience et l'adaptabilité du peuple argentin. Les rythmes nostalgiques se mêlent aux pulsations électroniques, créant une symbiose unique qui transcende les genres et nous émeut. « Dans les milongas de Buenos Aires, le mélange social est stupéfiant. Vieux, jeunes, riches, pauvres se réunissent comme pour une réparation sociale », déclare Marcial Di Fonzo Bo, le metteur en scène originaire de Buenos Aires, qui a été happé par le tango grâce à la première pièce du scénariste et écrivain argentin, Santiago Amigorena, un autre « Argentin de Paris ». Avec brio, Di Fonzo Bo dirige ce spectacle en utilisant la danse emblématique de sa ville natale. Rebecca Marder, actrice du film de François Ozon, Mon Crime, incarne l'un des personnages principaux, et les musiques originales sont signées par Philippe Cohen Solal, membre renommé du groupe Gotan Project. Mais qu'est-ce que le tango ? À travers une histoire simple (peut-être un peu trop), ce spectacle explore la nature profonde du tango. « Le tango, c'est une danse sensuelle qui étreint les corps et révèle les passions les plus profondes. C'est une musique mélancolique qui chante les amours perdus et les rêves brisés. C'est un art qui transcende le temps et l'espace, qui unit les âmes solitaires et qui célèbre l'âme tourmentée de l'Argentine. » Pourtant, le tango est bien plus qu'une simple danse lascive ou une musique. Il incarne l'essence même de l'Argentine, l'âme de ce pays. C'est une expression artistique qui transcende les frontières et les barrières culturelles. Le tango est un langage universel qui parle aux cœurs et aux âmes de chacun, un cri silencieux résonnant à travers les générations. Dans ce captivant spectacle hybride, le romancier, scénariste et réalisateur Santiago Amigorena réunit toutes les facettes d'un territoire et d'une époque, ses joies et ses horreurs, son instinct fou de survie. « Le tango touche quelque chose d'universel, ses racines sont très anciennes, mais il est profondément argentin dans sa relation à la bravoure et à la fragilité des hommes ». Les différents éléments artistiques se mêlent pour créer une expérience immersive riche et foisonnante (qui peut tout de même nous perdre un tant soit peu). Le chant, la danse, le théâtre et la vidéo se fondent et se confondent, permettant au public de plonger au cœur de l'histoire tourmentée de l'Argentine, de ressentir ses émotions les plus profondes et d'apprécier la beauté intemporelle du tango. Tango y Tango est bien plus qu'un simple spectacle de danse. C’est une ode à l'histoire, à la passion et à la résilience de l'Argentine à travers la danse, la musique et les performances des acteurs. Que vous soyez un amateur de tango passionné ou un curieux en quête de nouvelles expériences artistiques, Tango y Tango va vous transporter dans un monde où les émotions s'expriment à travers la danse et où l'histoire prend vie sous vos yeux. Laissez-vous envoûter par la magie du tango, par la puissance de son langage universel et par l'émotion qui émane de chaque mouvement. Tango y Tango est un spectacle captivant qui vous fera vibrer au rythme envoûtant de l'Argentine. Ne manquez pas cette expérience sensorielle unique, où l'art et l'histoire se rencontrent pour créer un spectacle inoubliable. Avis Foudart 🅵🅵 TANGO Y TANGO Livret Santiago Amigorena Musique Philippe Cohen Solal Mise en scène Marcial Di Fonzo Bo Chorégraphie Matias Tripodi Avec Rebecca Marder, Cristina Vilallonga, Rodolfo de Souza, Julio Zurita, Mauro Caiazza Danse Maria-Sara Richter, Sabrina Amuchástegui, Fernando Andrés Rodríguez, Estefanía Belén Gómez, Eber Burger, Sabrina Nogueira Musique Aurélie Gallois (au violon), Victor Villena (au bandonéon) Scénographie Alban Ho Van Images Nicolas Mesdom Création lumière Dominique Bruguière Costumes Pierre Canitrot Théâtre du Rond-Point Du 10 au 27 mai 2023 à 20H30
- Voix : un portrait sensible
Les voix font partie intégrante de notre vie, mais certaines personnes entendent des voix qui n'existent pas dans le monde réel. Ces voix sont exclusivement entendues par ces individus et ne sont pas simplement une voix intérieure ou un dialogue interne, comme tout le monde peut en avoir. Ces voix sont distinctes, parlent, chuchotent, ou même crient parfois. Bien que cela soit tabou, ces personnes qui entendent des voix sont plus nombreuses qu'on ne le pense. Pour la plupart, ces voix sont une véritable source de souffrance lorsqu'elles émergent, qu'elles soient bénéfiques ou non. Souvent, elles engendrent de l'angoisse et de la frayeur. Autrefois qualifiées de schizophrènes et traitées lourdement par la médication, les personnes qui entendent des voix sont aujourd'hui capables de mieux comprendre et de maîtriser ces voix grâce à des groupes de soutien et à d'autres thérapies expérimentales. Le théâtre comme moyen de réfléchir aux mécanismes d'exclusion de la société Avec Voix, Gérard Watkins utilise une fiction très documentée et sensible pour observer la société et ses mécanismes d'exclusion à travers un comportement souvent considéré comme « anormal » et nous propose ainsi un regard nouveau et différent. Un spectacle pour mieux dire le trouble, pour mieux s’en libérer peut-être En compagnie de quatre excellents comédiens, dont Valérie Dréville, Voix nous invite à découvrir un monde méconnu sans aucun préjugé et nous emmène dans l'expérience sensorielle et poétique des personnes qui entendent des voix. Un groupe de jeunes entendeurs de voix est réuni dans une salle vide pour participer à une séance de groupe de parole dirigée par une personne invisible surnommée La Voix. Ils partagent leurs expériences et essaient de mieux comprendre et de gérer leurs voix intérieures. Parmi eux, il y a Manon, sous l'emprise d'un amour mystique, Eloïse, déchirée entre deux voix, Clément, qui entend une voix qui le pousse à ses limites physiques, puis Véronique, âgée de 60 ans, qui rejoint le groupe pour la première fois et permet une exploration introspective des voix intérieures. « Il est compliqué de faire entendre des voix qui s’expriment à l’intérieur des êtres. Le rapport à leur impact, leur sonorité, est difficilement représentable, et c’est sur cette difficulté, cette inconnue, ou plutôt cette connaissance purement subjective des protagonistes, que j’ai construit les éléments qui vont constituer le décor, les nappes sonores, la musique, la lumière, le rapport au temps, et aux spectateurs ». Voix est une œuvre théâtrale qui aborde avec sensibilité et justesse le thème méconnu des voix intérieures de façon indéniablement intrigante mais captivante. Malheureusement, sa structure en trois parties bien définies peut alourdir le message qu'elle cherche à transmettre. De plus, l'utilisation de figures masquées pour représenter les voix en question, bien que fascinante, tend à réduire l'espace laissé à l'imagination et à la réflexion. En effet, le véritable terrain fertile de Voix réside dans l'invisible. Il aurait peut-être été plus judicieux de laisser davantage de place à l'interprétation personnelle du public, afin de favoriser une expérience plus immersive et profonde. Avis Foudart 🅵🅵🅵 VOIX Texte et mise en scène Gérard Watkins Avec Valérie Dréville - Véronique Lucie Epicuréo - Eloïse, la petite Malo Martin - Clément, le garçon des bois Marie Razafindrakoto - Manon, le Morse Gérard Watkins - La Voix Et au Piano Camille Prenant Lumières Anne Vaglio Scénographie François Gauthier-Lafaye Crédit photo Alexandre Pupkins Théâtre La Tempête Du 5 au 21 mai 2023 • Du mardi au samedi à 20h • Les dimanches à 16h • Durée 1h45 • Puis du 5 au 8 décembre 2023 à la Comédie de St-Etienne Création au théâtre des Îlets – CDN de Montluçon, les 26 et 27 avril 2023 (coproducteur)
- L’ACID, la sélection des cinéastes est au Festival de Cannes
« Chambouler les écritures, laisser libre cours à la puissance des imaginaires malgré la légèreté des moyens » L'ACID, l'Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion, est une organisation créée en 1992 pour lutter contre les inégalités liées à la distribution des films en offrant une alternative aux grands succès commerciaux. Depuis sa création, l'ACID soutient et accompagne chaque année une sélection de nouveaux longs métrages, choisis pour leur singularité et leur originalité. L'ACID croit que la programmation ne doit pas se limiter à la simple diffusion de films, mais doit plutôt refléter un engagement en faveur du renouvellement et de la pluralité des regards. Les cinéastes membres de l'association ont visionné plusieurs centaines de films pour établir la programmation de l'édition 2023, choisissant des œuvres qui bousculent les normes et les codes établis et invitent à explorer de nouveaux territoires. La sélection de cette année est riche et variée, présentant des films français, internationaux et en coproduction. Des œuvres de fiction, des documentaires, des premiers longs métrages et, même, des films sans distributeurs. Les thèmes abordés sont multiples, allant de la lutte anticoloniale à la liberté de la femme, en passant par l'exploration de l'imaginaire et de la mémoire. Parmi les œuvres présentées, on retrouve "Madrid USA", "Linda", "Fatma et ses filles" et "Beyrouth nocturne", des films singuliers qui partagent une même exigence de création et une même volonté de raconter le monde avec force et poésie. Ces films se distinguent par leur audace et leur originalité, leur refus des conventions et leur engagement en faveur de la diversité culturelle. Le Festival de Cannes est un rendez-vous majeur pour l'ACID, qui y présente chaque année sa programmation. L'ACID y sera donc présente du 17 au 26 mai pour inviter le public à découvrir des films qui bousculent les normes établies et témoignent de la richesse du cinéma indépendant. FILM D'OUVERTURE LAISSEZ-MOI Un film de Maxime RAPPAZ Avec Jeanne Balibar, Thomas Sarbacher, Pierre-Antoine Dubey, Véronique Mermoud Fiction l 92 min l Suisse, France, Belgique l 2023 Avec une délicatesse et une tendresse inégalées, Laissez-moi est un film qui met en scène un duo magnétique composé de la merveilleuse Jeanne Balibar et de l'étonnant Pierre-Antoine Dubey, tous deux offrant une performance remarquable. L'histoire de Claudine, une mère qui a dédié sa vie à son fils, est racontée avec une intensité captivante. Les mardis qu'elle passe dans un hôtel de montagne sont son seul moment de liberté, un échappatoire où elle peut rencontrer des hommes de passage. Mais lorsque l'un d'entre eux décide de prolonger son séjour pour elle, Claudine se retrouve confrontée à un bouleversement de sa routine et se surprend à rêver d'une autre vie. La complexité de sa situation devient palpable alors qu'elle se trouve prise entre la liberté offerte par ces moments et l'amour qu'elle éprouve pour son fils. La performance de Jeanne Balibar est exceptionnelle alors qu'elle incarne avec finesse et subtilité Claudine, naviguant entre ses désirs refoulés, ses rêves inassouvis et l'amour qu'elle porte à son fils. Pierre-Antoine Dubey apporte quant à lui une présence intense et lumineuse qui contraste avec l'ambivalence et les doutes de Claudine. La mise en scène sensible et millimétrée de Maxime Rappaz enveloppe l'actrice et travaille en harmonie avec elle pour nous faire ressentir la rigidité d'une vie construite comme un rempart et la beauté de la fragilité qui survient. Les images magnifiques de la montagne suisse créent une ambiance intime et contemplative qui sert efficacement l'histoire. Laissez-moi est un film poignant sur la condition de la femme, la maternité et les sacrifices que l'on doit parfois faire pour les êtres que l'on aime. Cette histoire touchante et réaliste évoque des thèmes universels qui résonneront avec de nombreux spectateurs. C'est un film à voir absolument pour sa qualité artistique et sa portée émotionnelle. Avis Foudart 🅵🅵🅵
- Le festival de Cannes dévoile les noms de son jury !
Le Festival de Cannes est l'un des événements les plus prestigieux du monde du cinéma, attirant chaque année des milliers de professionnels de l'industrie, des célébrités et des cinéphiles du monde entier. Pour sa 76e édition, qui se tiendra du 16 au 27 mai 2023, le festival a annoncé un jury prestigieux, présidé par le réalisateur suédois Ruben Östlund, deux fois lauréat d'une Palme d'or. Le jury sera composé de cinq hommes et quatre femmes, dont les deux derniers lauréats de la Palme d'or, à savoir la réalisatrice française Julia Ducournau, qui a remporté la récompense en 2021 pour son film "Titane", et l'actrice américaine Brie Larson, qui a remporté un Oscar pour son rôle dans "Room". Ils seront accompagnés de la réalisatrice marocaine Maryam Touzani, de l'acteur français Denis Ménochet, de la scénariste et réalisatrice britanico-zambienne Rungano Nyoni, de l'acteur et réalisateur américain Paul Dano, de l'écrivain et réalisateur afghan Atiq Rahimi, et du cinéaste argentin Damian Szifron. Le jury aura la lourde tâche de choisir la Palme d'or 2023 parmi les 21 films en compétition, dont "Asteroid City" de Wes Anderson, "Anatomie d'une chute" de Justine Triet, "Monster" d'Hirokazu Kore-eda, et "Le retour" de Catherine Corsini. Les organisateurs du festival ont souligné que la composition du jury reflète la volonté de saluer l'arrivée d'une nouvelle génération d'artistes qui réalisent, qui jouent, qui chantent, qui écrivent. Le palmarès du Festival de Cannes est attendu avec impatience par les professionnels et les cinéphiles du monde entier, car il est considéré comme l'une des récompenses les plus prestigieuses du cinéma. La Palme d'or est le prix suprême du festival, mais d'autres récompenses sont également décernées, comme le Grand Prix, le Prix de la mise en scène, le Prix du jury, le Prix d'interprétation masculine et féminine, et le Prix du scénario. Le palmarès, qui sera dévoilé le 27 mai prochain, sera l'objet de toutes les attentions et suscitera sans aucun doute de nombreuses discussions et controverses.
- Vincent Dedienne dans « le chapeau de paille d’Italie »
Le Théâtre de la Porte Saint Martin vient d’annoncer le retour très attendu de Vincent Dedienne dans la pièce comique de Labiche, Le chapeau de paille d'Italie, mise en scène par Alain Françon, à partir du 27 septembre. Cette pièce promet une trépidante cavalcade d'humour grâce à l'intrigue originale et loufoque de Labiche et le talent de Vincent Dedienne. Fadinard, jeune homme sur le point de se marier, doit trouver un nouveau chapeau identique à celui de sa future belle-mère avant la fin de la journée, après que celui-ci ait été écrasé accidentellement par un cheval. La mise en scène sobre et élégante d'Alain Françon laissera sans doute toute la place à l'intrigue et aux dialogues ciselés de Labiche, avec une touche contemporaine grâce à la musique rock et poétique de Feu! Chatterton. Dans cette pièce, Vincent Dedienne va nous offrir une interprétation savoureuse et pleine de finesse du personnage principal, qui doit jongler entre sa future épouse, sa belle-mère, son meilleur ami et une foule de personnages hauts en couleur. Cette pièce est très attendue, il est donc conseillé de réserver rapidement vos places. Si vous ne pouvez pas assister au chapeau de paille d'Italie, ne manquez pas le retour de Vincent Dedienne dans son seul en scène Un soir de gala en tournée à partir de janvier 2024 et à L'Olympia à Paris du 23 au 25 avril 2024. Cette autre occasion de se régaler avec ce talentueux comédien !
- Un petit air de Juliette Gréco. Nostalgie et tendresse
Juliette Gréco, la voix de la France, Son timbre unique envoûte nos sens, Ses chansons sont une romance, Qui résonne encore dans nos cœurs, intenses. Juliette Gréco, icône de la chanson française, a marqué de son empreinte l'histoire de la musique française et internationale. Elle nous a quittés en 2020, mais son souvenir et son héritage sont toujours présents. Pour lui rendre hommage, la comédienne et chanteuse Annadré Vanier a créé un spectacle particulièrement attachant Un petit air de Juliette Gréco. Au cours de cette représentation, Annadré reprend les plus belles chansons de Juliette Gréco, mais ne se contente pas de chanter. Elle raconte également des anecdotes sur la vie et la carrière de l'artiste, évoquant ses rencontres avec les plus grands noms de la musique et de la littérature française. Léo Ferré, Jacques Prévert, Serge Gainsbourg, Bernard Dimey, Joseph Kosma, Pierre Seghers... autant de noms illustres qui ont marqué l'histoire de la chanson française et qui ont croisé la route de la divine chanteuse. Annadré Vanier nous transporte ainsi dans l'univers de Juliette Gréco, évoquant son style, sa voix, sa personnalité, mais également son caractère affirmé et sa liberté. La mise en scène, élégante et soignée, met en valeur la performance de la comédienne et chanteuse, qui s'approprie les chansons de Juliette Gréco avec talent et émotion. Le théâtre de la Contrescarpe, situé en plein cœur du quartier Mouffetard à Paris, est le lieu idéal pour accueillir ce spectacle intimiste et poétique où, pendant encore tout le mois de mai, Un petit air de Juliette Gréco fait résonner les chansons de l'artiste et nous transporte dans un univers empli de nostalgie et de tendresse. Annadré Vanier nous offre un moment de tendresse suspendu dans le temps et la magie opère Le spectacle Un petit air de Juliette Gréco est une ode à la vie et à la musique, une invitation à découvrir ou redécouvrir l'univers de cette grande artiste française. Si vous êtes amateur de musique française et que vous souhaitez découvrir ou redécouvrir l'œuvre de Juliette Gréco, ne manquez surtout pas ce spectacle touchant. Un bel hommage à une grande artiste. À ne pas manquer ! Avis Foudart 🅵🅵🅵 UN PETIT AIR DE JULIETTE GRÉCO Un spectacle d’Annadré Vanier et Michel Vivacqua Mise en scène Rosalie Symon Interprète Annadré Vanier Accompagnée au piano par Stan Cramer ou Nathalie Miravette Credit photo Fabienne Rappeneau THÉÂTRE DE LA CONTRESCARPE Du 19 avril au 20 mai • Les mercredis à 19h et les samedis à 16h30 • Durée 1h05 EN SAVOIR PLUS... Liste des chansons Non, monsieur je n’ai pas vingt ans (Henri Gougaud - G.Jouannest) 2mn20 Vieille (Jacques Brel) 2mn10 Je suis comme je suis (J.Prévert - J.Kosma) 1mn30 Jolie môme (Léo Ferré) 1mn45 La panthère (Pierre Seghers – Yanis Spanos) 2mn45 La femme (Guy Bontempelli) 2mn30 La javanaise (Serge Gainsbourg) 2mn10 J’ai le cœur aussi grand (Bernard Dimey/Johny Rech) 1mn50 La Lelluia (Maurice Fanon) 2mn05 Il ne faudrait pas que (Billy Nenciolli - Johny Rech) 2mn15 Déshabillez-moi (Robert Nyels - Gaby Verlor) 3mn45 J’arrive (Jacques Brel) 4mn30 Vivre (Henri Gougaud - G.Jouannest) 3mn...
- Main dans la main : une histoire de couple
Main dans la main est une comédie romantique entre deux hommes, dans la veine de celles de Julia Roberts avec Richard Gere ou Hugh Grant… « sauf que Julia serait virée du projet pour que Hugh et Richard puissent s’aimer en toute liberté ». Dans cette pièce présentée par l'auteur-metteur en scène Alexandre Oppecini, qui avait déjà fait rire avec le tendre et sauvage T REX, Les joies de l'Open Space au Théâtre du Lucernaire en mai 2022, nous suivons l'histoire de Paul, trentenaire parisien qui fréquente assidûment les soirées LGBT de la capitale et collectionne les aventures d'un soir, et Manu, quadragénaire fraîchement installé à Paris, corse et en proie à des tourments intérieurs sur son homosexualité qu'il cache derrière des plans cul anonymes occasionnels sur Grindr, Le destin va les rassembler dans la même pièce… Il sont doués pour le sexe, mais seront-ils se prendre par la main ? En mêlant le présent et le passé, et à travers sept souvenirs « arc-en-ciel » de leur vie ensemble, nous revivons l’histoire d'amour de Paul et Manu. Une histoire d'amour à la fois tendre, bouleversante et intelligente, qui prend une dimension militante et politique : dans un contexte où l'amour homosexuel n'est pas encore si banalisé et se prendre par la main est encore un acte de rébellion. Une pièce universelle qui traite de la difficulté de vivre à deux, de la nécessité de trouver son équilibre et de faire confiance à l'autre Le jeu des acteurs est le point fort de la mise en scène : ils réussissent à flirter entre drame et comique sans jamais tomber dans la caricature, et la relation entre eux, leur manière de se prendre par la main, est mise au centre de leurs enjeux. Les conflits intérieurs de chacun sont aussi importants que ceux qui se jouent entre eux, et ils apprennent à laisser le conflit naître sans le diriger. Car se prendre par la main est un acte politique et social, mais aussi un acte intime de confiance et d'amour. Le spectacle est accompagné d'une musique qui renforce l'émotion des souvenirs évoqués et peut même devenir un troisième personnage. Main dans la main est une comédie romantique qui ne tombe jamais dans la facilité, et dont l'humour n'occulte pas la dimension sociale et politique du sujet. Une pièce à voir pour toutes et tous. Avis Foudart 🅵🅵🅵 MAIN DANS LA MAIN Écrit et mise en scène par Alexandre Oppecini Avec Fabien Ara et Nathanël Maïni Scénographie et Lumière Lucie JOLIOT Musique Olivier BERTHOLET Crédit photo @Alexandre Oppecini Théâtre du Marais du 24 Avril au 27 Juin • Les lundis et mardis à 19h30 • Durée 1h10
- La Comédie Presque Française : les feux de l’amour et du hasard. À mourir de rire !
Une parodie déjantée, entre les Monty Python, les Nuls et les Robins des bois à découvrir absolument ! La Comédie Presque Française nous offre une adaptation presque fidèle du célèbre "Jeu de l'amour et du hasard" de Marivaux : toute la saveur du texte dans une version soap à l'américaine... ! Dans ce ranch appartenant à Bob Flanagan, les maîtres se font passer pour des valets et vice versa ! Les personnages de Silvia et Dorante ont ainsi été remplacés par ceux de Victoria et Brandon, qui se sont promis l'un à l'autre mais ont décidé de prendre la place de leurs domestiques respectifs afin de mieux s'espionner et se connaître. Le marivaudage devient alors une comédie moderne et ébouriffante. La pièce la plus folle de Paris Venez assister dans la plus pure tradition du soap, au tournage de l'épisode 4731 des "Feux de l'Amour et du Hasard", la superproduction de La Comédie Presque Française. Les costumes et les décors sont magnifiques. Les metteuses en scène, Celia Pilastre et Crystal Sheperd-Cross, ont fait preuve de beaucoup de créativité et de génie et le résultat est absolument hilarant ! Truculent, sexy et extrêmement drôle, cette pièce est un véritable bijou. Si vous cherchez un pur moment de rire, ne manquez pas le retour de cette pièce à la Comédie de Paris. Avis Foudart 🅵🅵🅵🅵 LA COMÉDIE PRESQUE FRANCAISE : « LES FEUX DE L’AMOUR ET DU HASARD » De presque Marivaux Mise en scène Célia PILASTRE et Crystal SHEPERD-CROSS Avec Scotch BRIT, Diana LASZLO, Moche PITT en alternance avec Valentin PAPOUDOF, Philippe RISOTTO, Cédric MOREAU, Romain VISSOL Crédit photo © BENOIT BASSET LA COMÉDIE DE PARIS À partir du 24 mai 2023 • Du mercredi au samedi 21h dimanche 16h
- On va faire la cocotte : survolté !
On va faire la cocotte, la dernière pièce inachevée de Georges Feydeau, est une comédie qui met en scène les péripéties d'un couple dont l'infidélité du mari pousse l'épouse à vouloir devenir "cocotte" pour se libérer des contraintes de la morale bourgeoise et revendiquer son droit à l'égalité dans la recherche du plaisir sexuel. On peut se demander comment Feydeau parvient encore aujourd'hui à nous faire rire avec ses pièces qui datent d'un autre siècle. C’est que Feydeau touche à la seule question qui nous taraude inlassablement : la sexualité. A-t-elle évolué au fil des siècles ? Pourquoi les relations entre hommes et femmes ont-elles si peu changé malgré les tentatives pour les codifier ? Une très bonne surprise Tous les mécanismes comiques des célèbres pièces de Feydeau se retrouvent dans cette délicieuse petite comédie qui, sans être réellement féministe défend un début d’égalité entre les hommes et les femmes. Sous la houlette du metteur en scène Jean-Paul Tribout, les comédiens et comédiennes s'emparent avec brio de leurs personnages, faisant revivre avec audace les mécanismes comiques des pièces de Feydeau. Caroline Maillard, dans le rôle d'Emilienne, campe une féministe explosive qui tente de rééquilibrer les rapports de force au sein du couple, en jouant comme les hommes. Dans un décor fait de grande boites qui s’ouvrent et se referment sans cesse, la pièce, au rythme effréné, est menée tambour battant et nous donnerait presque le vertige. Dario Ivkovic et son accordéon donnent le tempo et apportent charme et légèreté. Les répliques de Feydeau sont savoureuses et témoignent de son génie pour peaufiner chaque détail. Même si la mécanique comique est moins redoutable que dans certaines de ses autres pièces, On va faire la cocotte réussit à nous faire rire et à susciter une réflexion intéressante sur l'évolution de la sexualité et la quête d'égalité entre les sexes. C'est délicieux, enlevé et très drôle. Une très bonne surprise de la saison théâtrale. Avis Foudart 🅵🅵🅵 ON VA FAIRE LA COCOTTE De Georges Feydeau Mise en scène et adaptation de Jean-Paul Tribout Avec Caroline Maillard, Claire Mirande, Julie Julien, Samuel Charle et Jean-Paul Tribout Musique Dario Ivkovic Scénographie Amélie Tribout Costumed Julia Allègre Lumière Philippe Lacombe Crédit photo © Fabienne Rappeneau LUCERNAIRE Du 19 avril au 11 juin 2023 • Du mardi au samedi à 18h30 et dimanche à 15H00 • Durée 1H10
- Adieu Monsieur Haffmann : la 1000eme
Adieu Monsieur Haffmann, la pièce à succès de Jean-Philippe Daguerre, célèbre sa 1000ème représentation dans la grande salle du théâtre Montparnasse, après avoir triomphé au Petit Montparnasse, remporté quatre Molières et été adaptée au cinéma. La pièce se déroule à Paris en 1942, alors que le port de l'étoile jaune pour les Juifs est décrété. Joseph Haffmann propose à son employé Pierre Vigneau de lui confier sa bijouterie, s'il accepte de le cacher en attendant que la situation s'améliore. Adieu Monsieur Haffmann est une pièce touchante qui aborde des thèmes forts, tels que « l'amour, le courage et la peur, en plein cœur de notre histoire ». La mise en scène de Jean-Philippe Daguerre est remarquable, avec une grande partie de la pièce construite à partir de courtes scènes en fondu enchaîné de lumière, rappelant un montage cinématographique. Cependant, contrairement au jeu « naturel » au cinéma, Daguerre a créé un langage de jeu « extra-ordinaire » caractérisé par une parole forte et vive, en évitant le côté conversationnel qu'il déteste. Les silences et une rythmique particulière sont utilisés pour marquer les temps théâtraux, qui ne correspondent pas aux temps de la vie. La pièce s'efforce d'éviter un jeu trop réaliste en faveur d'un style de jeu plus expressif et théâtral. Les gestes inutiles et les onomatopées gratuites sont évités, tandis que les décors et costumes sont maintenus dans une sobriété élégante. La création lumière et sonore est fine et accompagne subtilement l'action. Adieu Monsieur Haffmann est une pièce émouvante et inspirante qui aborde des sujets importants de notre histoire. La mise en scène de Jean-Philippe Daguerre offre un spectacle unique et subtil, grâce à une direction de jeu extraordinaire et une création technique fine. Cette 1000ème représentation est une preuve de la qualité et de l'impact durable de cette pièce de théâtre. Avis Foudart 🅵🅵🅵🅵 ADIEU MONSIEUR HAFFMANN : La 1000eme Texte et mise en scène Jean-Philippe DAGUERRE Avec en alternance Alexis MONCORGÉ, Yohan GENIN, Marc SIEMIATYCKI, Philippe AWAT, Amandine LONGEAC, Florence MESTAIS, Charlotte MATZNEFF, Herrade VON MEIER, Jean-Philippe DAGUERRE, Philipp WEISSERT, Bruno FONTAINE et Franck DESMEDT Décor Caroline MEXME Musique / assistanat à la mise en scène Hervé HAINE Lumières Aurélien AMSELLEM Costumes Virginie H Collaboration artistique Laurence POLLET-VILLARD THÉÂTRE MONTPARNASSE Mercredi, jeudi, vendredi et samedi à 21h • Matinée Dimanche à 15h30 6 nominations pour les MOLIÈRES 2018 dont 4 MOLIÈRES remportés : Meilleur spectacle du Théâtre Privé Meilleur comédien dans un second rôle - Franck DESMEDT Révélation féminine - Julie CAVANNA Meilleur auteur francophone vivant - Jean-Philippe DAGUERRE
- Noémie dit oui : Un regard de femme
« Il ne suffit pas d’ignorer l’horreur pour s’en protéger ». Nelly Arcand, Putain (2001) Avec son premier film, Geneviève Albert, nous propose un regard de femme sur un monde particulièrement masculin et lève le voile, sans compromission, mais avec pudeur sur un sujet sociétal fort, la prostitution des mineurs… avec, en toile de fond, le Grand Prix de Formule 1 de Montréal. Noémie, une adolescente de 15 ans, rejetée par sa mère, vit dans un centre de jeunesse depuis trois ans. Lorsqu’elle perd tout espoir d’être reprise par sa mère, Noémie fugue pour rejoindre son amie Léa, une ancienne du centre. Elle tombe alors amoureuse du flamboyant Zach qui s’avère être un proxénète. Récalcitrante au départ, Noémie finit par dire oui. L’histoire d’une injustice Avec ces scènes de sexe à répétition et en choisissant de mettre en lumière les visages et les corps ordinaires, presque banals, des clients des prostitués, ces êtres très souvent invisibles, absents quand on parle de prostitution, très clairement, Noémie dit oui est un film choc qui bouscule et dérange. Mais, en faisant le choix artistique de suivre au plus près cette jeune femme en perdition, en se plaçant principalement sur son point de vue et son ressenti et en nous confrontant à la violence et au sexe, sans jamais les montrer, c’est aussi un film « calibré » pour la jeunesse... un film nécessaire, presque indispensable. J’ai voulu qu’on ne puisse pas ignorer l’horreur. Qu’on ne puisse pas s’en détourner... J’ai voulu qu’on ne se limite pas à être les témoins lointains de sa chute dans la prostitution, mais qu’on déboule avec elle vers ce destin raté. Geneviève Albert De façon totalement injuste, en refusant de réviser son interdiction aux moins de 16 ans, la commission de classement des films, empêche à cette œuvre cinématographique, d’avoir la carrière et l’audience qu’elle aurait mérité. Et les quelques défauts, notamment au niveau du scénario, finalement assez simple et convenu sont complètement éclipsés par la maîtrise artistique de Geneviève Albert et le talent formidable de Kelly Depeault, présente dans toute les scènes. Que l’on soit adulte ou adolescent, Noémie dit oui est un film qu’il faut voir absolument… au cinéma ou sur les plateformes de diffusion. Avis Foudart 🅵🅵🅵 Interview de GENEVIÈVE ALBERT pour le film Noémie dit oui Dans son premier film, Geneviève Albert offre un regard féminin sur un univers particulièrement masculin et aborde sans concession, mais avec délicatesse, un sujet de société puissant et tabou : la prostitution des mineurs. « J'ai cherché à écrire une histoire qui reflète malheureusement la dure réalité que vivent les jeunes filles dans leur quotidien. » Frédéric Bonfils : Pouvez-vous nous parler des motivations derrière votre premier film et pourquoi vous avez choisi ce sujet en particulier ? Geneviève Albert : La prostitution est un thème qui m'a profondément touchée depuis mon adolescence et qui est devenu une part importante de ma vie. C'est pourquoi j'ai choisi d'en faire le sujet de mon premier long métrage de fiction. Bien que je ne vienne pas de ce milieu et que personne de mon entourage ne soit impliqué dans la prostitution, j'ai été attirée par cette réalité en raison de mon humanité et de ma compassion. J'ai ensuite effectué des recherches approfondies pour écrire mon scénario et j'ai découvert que l'âge moyen d'entrée dans la prostitution au Canada est de quinze ans. Ce constat a renforcé ma conviction quant à l'importance d'aborder ce sujet délicat et douloureux dans mon film. Ma démarche pour mon film était de plonger le spectateur dans une expérience sensorielle et physique pour leur faire vivre ce que peut être la prostitution. Mon objectif était de transcender la simple compréhension du sujet. Frédéric Bonfils : rendre visible l'invisible, finalement. Geneviève Albert : En effet, je souhaitais donner de la visibilité à ce qui est souvent considéré comme invisible. Les clients de la prostitution sont un exemple de cette invisibilité, tant dans nos films que dans les débats sociétaux. Nous nous interrogeons souvent sur les raisons qui poussent une femme à accepter ou non de se prostituer, mais nous omettons de questionner les hommes sur leur choix d'être clients. Cette question mérite d'être posée. Frédéric Bonfils : Pouvez-vous nous parler de la violence de la prostitution qui y est dépeinte ? Geneviève Albert : Dans mon film, la violence de la prostitution réside dans la répétition des actes sexuels non désirés que les femmes doivent subir. J'ai voulu filmer cela de près afin que les spectateurs puissent vraiment comprendre ce que vit le personnage de Noémie. Frédéric Bonfils : parlez-nous de la notion de consentement ? Geneviève Albert : La notion de consentement est centrale dans mon film, d'où le titre "Noémie dit oui". Je voulais interroger la valeur du consentement et savoir si dire "oui" suffisait à exprimer son accord. Pour moi, le consentement est un concept beaucoup plus subtil, complexe et sournois qu'un simple "oui". Il faut faire la distinction entre consentir et céder à quelque chose qui va à l'encontre de sa volonté. Frédéric Bonfils : Comment avez-vous travaillé sur la précision de votre film et la représentation des clients ? Geneviève Albert : J'ai adopté l'esthétique de la répétition pour mettre en lumière la violence et l'aliénation que subissent les femmes dans la prostitution. J'ai aussi voulu rendre les clients visibles car ils sont souvent invisibles dans cette réalité. J'ai voulu leur donner un corps, un visage, une chair, de la sueur, afin qu'ils deviennent concrets pour les spectateurs. Le choix des acteurs pour jouer les clients a été un processus que j'ai pris très au sérieux pour protéger mon actrice au maximum. Bien sûr, ce n'était pas facile pour les comédiens qui n'avaient qu'une seule scène à jouer, mais j'ai pu choisir parmi plusieurs candidats pour trouver ceux qui conviendraient le mieux au rôle. J'ai voulu éviter tout sensationnalisme dans ma représentation de la prostitution. Frédéric Bonfils : Pourquoi avez-vous évité de sexualiser les actrices dans les scènes de prostitution ? Geneviève Albert : J'ai voulu éviter de sexualiser les actrices dans les scènes de prostitution en m'en tenant à l'opposé de ce qui pourrait être érotique ou pornographique. J'ai tourné ma caméra vers les clients et ma démarche derrière ça était de ne jamais mettre en fait le client et Noémie dans un même cadre. Parce que pour moi, la prostitution, ce n'est pas une relation, c'est un rapport de domination. Frédéric Bonfils : Pourquoi avoir placé votre film pendant le Grand Prix de Formule 1 ? Geneviève Albert : J'ai choisi de camper mon histoire pendant le Grand Prix de Formule un au Canada parce que c'est la fin de semaine où il y a le plus de prostitution à Montréal durant l'année, sans aucun doute. En fait, on parle de trois fois plus de prostitution que durant le reste de l'année. Frédéric Bonfils : Je pense que vous avez évité un vrai cliché en faisant en sorte que Noémie soit intelligente et réfléchie ? Geneviève Albert : J'ai voulu rendre le personnage principal de mon film fort et intelligent. Noémie est intelligente. Ce n'est pas une grande naïve, pas une personne qui dirait oui à n'importe quoi et parce qu'elle défend de cette image-là. Malheureusement, il existe des filles qui tombent dans la prostitution alors que ce n'est pas le cas. Il y a toutes sortes de filles dans la prostitution, y compris des filles avec des caractères forts comme Noémie. Frédéric Bonfils : Parlez-moi du personnage de Zac qui est un personnage assez complexe finalement. Geneviève Albert : Cette rencontre a été marquante dans la mesure où je m'attendais à rencontrer un gars horrible, odieux, bête. Puis finalement, j'étais face à un jeune homme charismatique, intelligent, drôle, qui avait de la répartie. Et donc, tous les préjugés que j'avais à l'égard des proxénètes se sont évaporés. Cela rend le rapport beaucoup plus sournois, beaucoup plus complexe. Tout ça parce qu'il y a une vraie relation de confiance qui s'établit avec la fille. C'est ce qui m'a dirigé par la suite vers un personnage qui est adolescent. J'ai fait beaucoup de recherches pour mon film. J'ai fait des recherches de littérature, et j’ai fait des rencontres, j'ai rencontré des escorts, des survivantes de la prostitution, donc des femmes qui s'en étaient sorties. Et puis j'ai réussi à rencontrer un père aussi, un jeune homme de 17 ans qui m'a beaucoup influencé pour la construction du personnage de Zac. Et cela m'a fait comprendre pourquoi ces jeunes filles pouvaient tomber dans les bras ou dans les filets de ces gars-là. Frédéric Bonfils : Quel message souhaitez-vous transmettre à travers votre film ? Geneviève Albert : Mon message est simple : la prostitution est un fléau social qui doit être combattu. Il est temps de changer notre regard sur les femmes qui exercent ce métier et sur les hommes qui les exploitent. Nous devons les aider à sortir de cette situation difficile et les accompagner vers une vie meilleure. J'espère que mon film contribuera à ouvrir les yeux des spectateurs sur la réalité de la prostitution des mineurs et à sensibiliser le public à cette problématique importante. NOÉMIE DIT OUI Un film de GENEVIÈVE ALBERT avec KELLY DEPEAULT, EMI CHICOINE, JAMES-EDWARD MÉTAYER, MAXIME GIBEAULT, MYRIAM DEBONVILLE, JOANIE MARTEL, FAYOLLE JEAN JR Photo LOU SCAMBLE Sortie au cinéma, le 26 avril 2023 2022 – QUEBEC - Durée 113 min Ce film a été présenté en compétition et en présence des acteurs et de la réalisatrice, au Festival du Film Francophone d’Angoulême
- Le nuit des Molières : les gagnants sont…
La Nuit des Molières 2023 a été une soirée mémorable pour les amoureux du théâtre et du spectacle vivant en France. Cette 34e édition de la cérémonie annuelle a récompensé les meilleurs talents de la saison 2022-2023 à travers 19 prix différents. La cérémonie a été animée par Alexis Michalik, accompagné de Nicole Ferroni, Benoît Cauden, Laura Domenge, Pierre Benezit et Véronique Hatat. Parmi les grands gagnants de la soirée, on retrouve le génial Oublie-moi pour le théâtre privé qui a raflé les 4 nominations pour lesquelles il était en lice. Thierry Lopez a remporté le Molière du Comédien dans un spectacle de Théâtre privé, tandis que Marie-Julie Baup a remporté le Molière de la Comédienne dans un spectacle de Théâtre privé. Le spectacle a également remporté le Molière du Théâtre Privé et de la Mise en scène dans un spectacle de Théâtre privé, tous deux attribués à Marie-Julie Baup et Thierry Lopez. Le survolté Le Bourgeois gentilhomme, pour le théâtre public, a remporté trois Molières : Molière du Théâtre Public, du Comédien dans un spectacle de Théâtre public pour Christian Hecq, et de la Mise en scène dans un spectacle de Théâtre public pour Christian Hecq et Valérie Lesort. Glenn, naissance d’un prodige a également été récompensé, avec le Molière de la Révélation féminine pour Lison Pennec et le Molière de la Révélation masculine pour Thomas Gendronneau. Les Poupées persanes a remporté le Molière du Comédien dans un second rôle pour Kamel Isker, tandis Aïda Asgharzadeh, celui de l'auteur contemporain pour Les poupées persanes. Sara Giraudoux pour la comédienne du théâtre public dans Le syndrome de l'oiseau. Agnès Boury a remporté le Molière de la Comédienne dans un second rôle pour son interprétation dans la pièce à succès Une idée géniale (Molière de la Comédie). Le Molière du Spectacle musical a été attribué à Starmania de Michel Berger et Luc Plamondon, tandis que le Molière de l'Humour est attribué à Laura Felpin dans Ça passe. Enfin, le Molière du Seul.e en scène est revenu à Sylvie Testud pour Tout le monde savait. La Nuit des Molières 2023 a été une soirée exceptionnelle qui a récompensé les talents de la scène française, célébrant ainsi le théâtre et le spectacle vivant dans toute leur splendeur.












