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- CAMUS-CASARES
Une géographie amoureuse Ce spectacle est une adaptation, destinée à la scène, de la correspondance échangée entre Albert Camus et Maria Casarès entre 1944 et 1959, parue en 2017 aux Editions Gallimard. Une magnifique histoire d’amour secrète entre deux éternels amants Parmi les huit cent soixante-cinq lettres échangées entre Albert Camus et Maria Casarès, une centaine ont été gardées par Jean-Marie Galey et Teresa Ovidio pour créer un spectacle tendre et délicieux. Nous avons donné au montage minutieux de cette relation hors norme le titre "Camus-Casarès, une géographie amoureuse" qui nous paraît refléter la carte du Tendre chère aux amants du XVIIème siècle… Jean-Marie Galey et Teresa Ovidio Un amour immense livré avec passion, humour et sensualité par Jean-Marie Galey et Teresa Ovidio qui nous font découvrir Camus et Casarès sur un angle nouveau. Deux amants magnifiquement amoureux aux verbe acéré Des extraits d’interviews, des souvenirs de Maria Casarès et des fragments des carnets de Camus complètent ce spectacle plein de lyrisme et d’amour et permettent de témoigner avec malice de toute une époque. Elisabeth Chailloux a fait une mise en scène d’une grande intelligence, sobre et intime. Teresa Ovidio et Jean-Marie Galey sont-ils vraiment l’incarnation de Camus et Casares ? peu importe, finalement. Ces deux êtres si différents se rejoignent, s’unissent, s’accordent et nous entraînent avec fougue et élégance en une danse émouvante et lascive. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 CAMUS-CASARES. Une géographie amoureuse Auteurs, adaptation, interprètes Teresa Ovidio, Jean-Marie Galey Mise en scène Elisabeth Chailloux Lumières Franck Thévenon Son Thomas Gauder Crédit photo © Photos Valentine Galey, © Frédéric Buira La Scala Paris DU 6 AU 29 JANVIER 2023 à 19H30 ET 14H30 • DURÉE 1H20 • Spectacle tous publics
- Les filles aux mains jaunes
À travail égal, salaire égal ! Debout Femmes françaises. Remplacez sur le champ du travail ceux qui sont sur les champs de bataille. Si avant la guerre, un grand nombre de femmes travaillaient déjà, elles étaient le plus souvent cantonnées dans des tâches considérées comme secondaires. Mais, à partir de 1914 et la mobilisation générale, les femmes ont remplis les champs, les usines, les ateliers afin de répondre au manque de main d’œuvre. Julie, Rose, Jeanne et Louise sont quatre d’entre-elles. Elles travaillent dans une usine d’armement au début du XXe siècle. Elles vont devoir affronter un monde quelles ne connaissent pas, subir des conditions de travail particulièrement difficiles, mais aussi découvrir une certaine émancipation et une sorte d’indépendance. En soit, Les prémices du féminisme ! « Il y a des projets qui ont une saveur toute particulière… Il y a des spectacles qu’il nous est nécessaire de conduire, des paroles qu’il nous est urgent de faire entendre ». Avec cette pièce puissante de Michel Bellier qui met en lumière un moment de notre Histoire assez méconnu, Johanna Boyé, avec ferveur, nous plonge au coeur de questions toujours brûlantes et actuelles. « Plus qu’une pièce sur la naissance du féminisme, c’est une pièce sur le pouvoir de l’engagement, la puissance de l’intention et de l’action ». Avec une superbe scénographie d’Olivier Prost, et de très belles Chorégraphies de Johan Nus, la mise en scène de Johanna Boyé, aussi épurée qu'efficace, parvient, en partant de l'histoire individuelle de ces quatre « obusettes », à retranscrire tout l'atmosphère d'une époque. Et les comédiennes, impliquées et attachantes, nous emportent dans un tourbillon instructif et particulièrement émouvant. Un merveilleux moment de théâtre Les filles aux mains jaunes est une superbe pièce puissante et sensible sur la naissance du féminisme, le pouvoir de l’engagement et la force de l’action ! Une pièce où les planètes semblent s'être alignées parfaitement. Le décor, le son, la lumière, le texte brillant et le jeu des comédiennes....tout se coordonne pour faire de ce spectacle un merveilleux moment de théâtre. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 LES FILLES AUX MAINS JAUNES Une pièce de Michel Bellier (Texte publié chez Lansman) Mise en scène Johanna Boyé Avec Brigitte Faure ou Brigitte Damiens, Anna Mihalcea ou Eva Dumont, Pamela Ravassard, Elisabeth Ventura Photos © Fabienne Rappeneau Théâtre Rive Gauche À partir du 22 septembre Du mercredi au samedi à 19h. Les dimanches à 17h30 • Durée 1h30
- Bérénice
Amour amer « Vous êtes empereur, seigneur et vous pleurez ». Carole bouquet, l’impériale, revient, en a peine dix ans, une nouvelle fois à Racine. Après Phèdre, mis en scène par Jacques Weber en 2002 et Bérénice par Lambert Wilson en 2008, c’est au tour de Muriel Mayette Holtz de la sublimer avec ce grand rôle du répertoire. Et le pari est superbement réussi ! Titus et Bérénice sont amoureux de longue date. Mais dès qu’il monte sur le trône, Titus comprend que Rome n’acceptera jamais une reine étrangère pour régner à ses côtés. Il doit, alors, choisir entre amour et pouvoir. « Racine propose une caresse brutale de mots échangés » Dans un magnifique décor bleu-saumoné, très stylisé, presque métaphysique qui fait penser à un tableau d’Edward Hopper, maître du réalisme américain. Tout comme un film de Win Wenders où l’ombre devient aussi importante que son vis-à-vis la lumière et, où la musique omniprésente, devient narration, les personnages esseulés, sont furieusement mélancoliques. « Mettre en scène la pièce signifie chercher dans l’indicible et ne pas se perdre en musique, tout en étant mélodieux » Muriel Mayette-Holtz Dans ce Bérénice, à la fois nostalgique et cinématographique, Carole Bouquet forme avec Frédéric de Goldfiem un superbe duo aussi subtil que délicat. Les mots sont parfois susurrés, l’émotion est sublimée et le propos devient furieusement moderne. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 BÉRÉNICE Mise en scène Muriel Mayette-Holtz Avec Carole Bouquet, Frédéric de Goldfiem, Jacky Ido, Augustin Bouchacourt et Ève Pereur Décor et costumes Rudy Sabounghi Musique original Cyril Giroux Photos (c) Sophie Boulet, ©Virginie Lançon LA SCALA PARIS Du 18 janvier au 19 février 2023 Du mardi au samedi à 21h15 Le dimanche à 17h30 • Durée 1h25
- Clara Haskil - Prélude et fugue
Un spectacle plein d´émotion et de charme ! Les émotions que nous vivons, que nous ressentons sont essentielles et la musique est sa meilleure expression. Serge Kribus Ce spectacle, présenté au théâtre du Rond-Point, se propose de partir à la découverte de la vie méconnue de Clara Haskil. Une pianiste au talent exceptionnel, une femme complexe pleine de doutes, sincère, intelligente, sensible et résolue qui a bravé toutes les difficultés, sans jamais renoncer à sourire et vivre pour, par la musique. Le résultat de plusieurs rencontres imbriquées Tout commence avec la découverte complètement fortuite de l’histoire de Clara Haskil par un jeune homme de 16 ans, Serge Kribus. Je vivais à Bruxelles. Presque toutes les semaines, j’allais à la médiathèque au Passage 44. Une bibliothèque de toutes les musiques du monde et de tous les genres. J’empruntais tout ce que je pouvais. Ce que je connaissais et encore davantage ce que je ne connaissais pas. Un jour, j’ai vu une pochette de disque avec ce nom, Clara Haskil. J’ai pris l’album, je suis rentré chez moi, je l’ai écouté, et je n’ai plus jamais cessé de l’écouter. Serge Kribus L’histoire continue avec la rencontre de cet auteur avec Safy Nebbou, réalisateur de cinéma et metteur en scène. Il identifie aussitôt la grâce et la sensibilité extrêmes de la pianiste à l’actrice Laetitia Casta, qui lui avait fait part de son désir de revenir au théâtre. 1960, veille de concert, Clara Haskil vient de faire une chute dans un escalier mécanique de la gare de Bruxelles. La pianiste, au sommet de sa gloire, revoit sa vie toute entière depuis son enfance à Bucarest. « Est-ce que vous avez un conseil à me donner Monsieur Robert ? » « Oui bien sûr, Clara. N’écoute jamais aucun conseil ! Jamais. La musique n’est pas dans les conseils de personne. Elle est dans ton cœur, dans tes mains…La musique doit venir du cœur et aller droit au cœur...tout ce que tu joues est naturel, senti, précis, détaillé, lumineux. Tes doigtés sont justes, tout est juste, juste et beau, Clara. » EXTRAIT Dans ce qui pourrait être une immense boîte de musique épurée, accompagnée d’un très beau son et d’une magnifique lumière, Laetitia Casta et Isil Bengi, au piano, dialoguent et se répondent et forment un duo virevoltant et profondément émouvant qui semble se jouer de l’espace et du temps. Laetitia Casta, éblouissante de charme, endosse tous les rôles, nous étonne et nous surprend par son aisance. Elle est homme, elle est femme. Tantôt forte ou fragile. Tantôt enfantine ou pleine de maturité. Parfois mutine ou désespérée et toujours pleine de grace, d’élégance et de distinction. Ce spectacle, où les pianos apparaissent et disparaissent comme par magie, plein de tendresse est un véritable ballet musical. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 CLARA HASKIL – PRÉLUDE ET FUGUE TEXTE SERGE KRIBUS MISE EN SCÈNE SAFY NEBBOU AVEC LAETITIA CASTA et ISIL BENGI (Piano) THÉÂTRE DU ROND-POINT 8 - 26 MARS 2023, 20h30 • DIMANCHE 15H — RELÂCHE LES LUNDIS • DURÉE 1H35
- Derrière le hublot se cache parfois du linge
Si nos conceptions de l’amour ont été façonnées à coup de « l’homme rêve de grands espaces » ou « la femme est une entrave à la liberté » et autres pensées, pourquoi donc continuer à vouloir vivre ensemble ? Quoi faire de toutes ces injonctions, liées à la masculinité et la féminité qui pèsent sur les relations hétérosexuelles ? Comment le couple peut-il survivre au patriarcat ? La compagnie Les Filles de Simone interroge depuis toujours la féminité dans tous les sens en parlant, notamment, de la relation complexe que les femmes entretiennent avec leur corps ou en mettant en exergue les figures féminines particulièrement exemplaires « De projet en projet, nous creusons le sillon d'un théâtre militant féministe, outil de libération et d'égalité, nécessaire et insolent, qui œuvre à rendre visibles et légitimes des choses qui ne le sont pas ». Aujourd’hui, deux d’entre-elles Tiphaine Gentilleau et Chloé Olivères invitent un homme, André Antébi à réfléchir a ce que fait le patriarcat à l’amour et au couple hétérosexuel « à disséquer ce petit système qui ne rime pas encore avec égalité ». Un couple en thérapie. Pas toujours le même Deux femmes et un seul homme, donc. Mais un homme-témoin, à la fois lui et tous les autres. Des autofictions collectives documentées En se servant de support de documentation tel que Réinventer l’amour, comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles de Mona Chollet - Editions La Découverte, 2021, et de leur propre histoire, de leur intimité, les trois comédiens, dans une création collective, entre enthousiasme et désespoir, transforment le plateau en terrain de jeu et d’expérimentation au réel. « cette mise en danger dans le partage de nos intimités est une manière active de faire œuvre collective » et de nous sentir tous concernés « de s'y reconnaître, d'en rire ensemble, d'en être modifié.e.s. » De la tasse qui traîne à la libido en berne, des émotions mal partagées à la mauvaise foi bien distribuée Avec humour, extravagance, profondeur et tragédie, le trio se livre à une plongée pop-analytique dans l’espace inouï de l’amour en ménage. Il nous propose un spectacle collectif et expérimental, théâtral et drôle « pour secouer le cocotier du couple hétéro-normé ! » Danses survoltés, marivaudage et féerie pop-spatiale Si toutes les propositions artistiques ne sont pas complètement égales, si le spectacle s’éternise un peu par moments, après un démarrage absolument génial en forme de bord plateau, nous passons par un florilège de scènes de ménages, toutes plus folles et exubérantes les unes que les autres. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 DERRIÈRE LE HUBLOT SE CACHE PARFOIS DU LINGE Création collective avec André Antébi, Tiphaine Gentilleau et Chloé Olivères Direction d’acteur.ices Claire Fretel Création lumières Mathieu Courtaillier Scénographie Emilie Roy Costumes Sarah Dupont Chorégraphie Jeanne Alechincky Crédit ©Christophe Raynaud de Lage THÉÂTRE LE MONFORT 10 au 21 janvier 2023 SPECTACLE VU AU Théâtre Firmin Gémier / Patrick Devedjan • Durée estimée 1h30 • À partir de 15 ans Tournée 2022/2023 24 au 27 novembre 2022 - NOISIEL (77) - La Ferme du Buisson 7 et 8 mars 2023 - SARTROUVILLE (78) – Théâtre de Sartrouville Yvelines CDN 11 mars 2023 - LE KREMLIN-BICÊTRE (94) – ECAM - Espace Culturel André Malraux 14 mars 2023 - RIOM (63) – Le Rexy 16 mars 2023 - AMIENS (80) – Maison du Théâtre 23 mars 2023 - CAVAILLON (84) – La Garance - Scène nationale de Cavaillon 24 mars 2023 - CARROS (06) - Forum Jacques Prévert 25 mars 2023 - ISTRES (13) – Théâtre de l’Olivier 28 mars 2023 - LE VESINET (78) – Théâtre du Vésinet 30 mars 2023 - EAUBONNE (95) – L’Orange Bleue 3 mai 2023 - BOUGUENAIS (44) – Piano’cktail 23, 24 et 25 mai 2023 - NANCY (54) - Théâtre de La Manufacture CDN Juillet 2023 - AVIGNON
- Thomas joue ses perruques
Propulsé via Instagram au firmament des stars lors du confinement, Thomas Poitevin postait chaque jour des vignettes, pastilles de trois minutes, sous des perruques différentes. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Un bal de ratés magnifiques Aujourd’hui, seul en scène, avec la complicité de Stéphane Foenkinos et de la metteuse en scène Hélène François, Thomas Poitevin déploie une galerie de portraits tragiques et tendres d’hommes et de femmes sous perruques, en proie à la catastrophe ordinaire d’exister. J’aime beaucoup mes perruques, je trouve que c’est un objet joyeux qui permet en une seconde de changer de tête et de déployer les personnages dans l’espace. Thomas Poitevin Thomas Poitevin nous offre une irrésistible épopée humaniste, une d’autobiographie explosive de tout le monde. Jordan, Aimé, Candice ou Hélène Saint Guy… Dans ce spectacle défile une jeune « vieille fille » parisienne en proie au doute, un père cardiaque qui rencontre la lumière, une technicienne hyperactive de la culture en charge de l’accueil des compagnies dans une scène nationale… Thomas Poitevin, très expressif, change de tête sans arrêt et, avec une folle créativité, beaucoup de sensibilité, un humour acerbe et loufoque, s'expriment entre réel et imaginaire, émotion et fantaisie. Dans un décor tout simple, mais rempli de belles perruques éclairées, les sons et les lumières créent une multitudes d’espaces. Après avoir suivi Thomas Poitevin sur les réseaux, Il faut suivre Thomas Poitevin sur scène. Sa présence, son humour n’a d’égale que sa tendresse et sa folle douceur. THOMAS JOUE SES PERRUQUES Texte Thomas Poitevin, Hélène François, Stéphane Foenkinos, Yannick Barbe Direction artistique et mise en scène Hélène François Avec Thomas Poitevin Régie générale Thibault Marfisi Création son Guillaume Duguet Création lumières Bastien Courthieu THÉÂTRE DU ROND-POINT 2 – 11 FÉVRIER 2023, 18H30 14 – 18 FÉVRIER 2023, 20H30 DURÉE 1H10
- The White Lotus - série HBO
Et si pour les fêtes de fin d’années, on partait au soleil découvrir les deux saisons merveilleuses de la série The White Lotus, sur OCS Après Hawaii et son esprit sulfureux, la fiction sociale grinçante made in HBO, de Mike White s’installe en Sicile pour un opéra baroque, dramatique et sexy. Un peu dans l’esprit du film Sans filtre de Ruben Östlund, Palme d'Or du dernier festival de Cannes, avec son ton acide et sa belle dose d’humour, la première saison de The White Lotus, diffusée lors de l’été 2021, fut une excellente surprise récompensée par 10 Emmy Awards. Dans un hôtel de luxe à Hawaii, le personnel de l’établissement tentait de conserver son sang froid face aux caprices de vacanciers, tous plus détestables les uns que les autres. Cette fois-ci, direction la Sicile et sa mythologie, sa musique, son art de vivre et ses pâtes. Tout semble pareil au pays du luxe, et pourtant… tout sera si différent. Si lors de la première saison, la série parlait beaucoup de politique, colonisation et racisme, cette fois-ci, à l’exception de la sublime Jennifer Coolidge, les personnages ultra-riches incarnés par de nouveaux acteurs vont être confronter au sexe et à la manipulation. Quand une semaine de vacances se transforme en véritable cauchemar. Avec ses décors à couper le souffle, sa musique très belle et très présente, ses intrigues mêlées, son humour au second degré et son suspense, The White Lotus est une série aussi rafraîchissante que puisssante qui nous fait passer du rire à l'effroi en quelques instants. Une serie qu'il ne faut surtout pas commencer si on ne veut pas tomber totalement accro et dépendant. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 The White Lotus Série américaine de Mike White. Saison 2 (2022) Avec Jennifer Coolidge, Meghann Fahy, Theo James…
- La grande musique
« Le corps a une mémoire et l’on n’en a pas toujours conscience » Si les traumatismes vécus par nos parents, nos grands-parents, voire nos arrières grands-parents laissaient une trace sur leur descendance ? Entre le présent et le passé, entre l’Autriche et la France, Marcel, Nelly, Georges, Esther, Pierre et Hervé tentent de réunir les pièces éparses d’un même puzzle. Toutes les pièces de Stéphane Guérin parlent de la famille et de la transmission. J’avais envie de me frotter à un thème, de séparer les chairs du tissu familial, de fouiller plus au-dedans que ce que je ne l’avais déjà fait. Très vite, l’idée de la psychogénéalogie m’est venue. Stéphane Guérin La quête d’Esther, l’aveuglement de Nelly, la voix de Marcel, la dévotion de Georges, le cynisme d’Hervé, l’amour de Pierre De 1944 à 2019, trois générations, six personnages se confrontent et sont pris dans les méandres de leur mémoire. D’un bal de mariage à un studio de télévision, de la Marienplastz de Munich à Mauthausen, le drame familial resté secret, dévoile peu à peu son fil, dans les chaos de l’histoire. La grande musique est une pièce magnifiquement écrite et très poétique de Stéphane Guérin, sur la transmission et le poids de l’émotion inter-générationelle. C’est également une pièce qui parle d’un sujet pas connu et étonnant : la création de maisons closes au sein des camps de concentrations. La musique, une place de choix Avec une même mélodie qui parcours les époques, la pièce, un tourbillon familial, parcours et entremêle les générations en alternant les moments d’émotions et de rires avec de très belles ruptures de rythme. J’ai pris une place qui était vacante - celle de la grand-mère et c’est tout - c’était une toute petite place pour une toute petite vie. EXTRAIT Rebondissement, révélations La grande musique est une très jolie pièce au superbe casting. Hélène Degy et Brice Hillairet sont plein d’émotions et Raphaëline Goupilleau et Bernard Malaka sont truculents. Un sujet complexe et passionnant. Un spectacle à voir absolument Si les lumières sont très réussies, le décor l’est moins et la fin de la pièce est un peu décevante et trop convenue. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 LA GRANDE MUSIQUE Auteur Stéphane Guérin Metteuse en scène Salomé Villiers Collaboration artistique Frédéric de Brabant Avec Raphaëlle Cambray, Jérôme Anger, Geoffrey Couët, Thomas Zaghedoud et Adrien Melin, en alternance avec Hélène Degy, Bernard Malaka, Pierre Hélie, Brice Hillairet, Etienne Launay Crédit Cédric Vasnier Spectacle vu au Théâtre la Bruyère COMÉDIE BASTILLE À partir du 5 janvier 2023 Mercredi 19h, jeudi 21h , vendredi 19h, samedi 21h et dimanche 17h • Durée Environ 1h30 EN SAVOIR PLUS… La psychogénéalogie est une pratique clinique développée dans les années 1970 par Anne Ancelin Schützenberger selon laquelle les événements, les traumatismes, les secrets et les conflits vécus par les ascendants d’un individu conditionnent ses faiblesses constitutionnelles, ses troubles psychologiques, ses maladies...
- La servante de Proust
La mémoire en question « À ma chère Céleste, à ma fidèle amie de huit années, mais en réalité si unie à ma pensée que je dirai plus vrai en l’appelant mon amie de toujours… à Céleste qui a supporté la croix de mon humeur, à Céleste croix d’honneur. Son ami Marcel. » Dédicace de Marcel Proust à Céleste Albaret, en mai 1921 En 1972, 50 ans après la mort de Marcel Proust, Céleste Albaret « grande, fine, belle et maigre, tantôt lasse, tantôt allègre… », sa fidèle gouvernante et sa confidente, pendant ses 8 dernières années, s’est décidée à livrer ses souvenirs. L’écrivain et journaliste Georges Belmont en a écrit un livre-témoignage qui, après de vives critiques, est devenu aujourd’hui une vraie référence. « Elle n’a jamais réellement quitté Marcel Proust et a pensé à lui chaque jour » Un livre sur la passion de cette jeune campagnarde, pour ce grand bourgeois mondain et lettré, qui donne, fougueusement, envie de lire ou de relire l’œuvre de ce génie mort d’épuisement et de maladie. Arnaud Bertrand, le metteur en scène, a adapté cet ouvrage pour le théâtre et le présente à l’occasion du centenaire de la mort de Marcel Proust au Poche Montparnasse et c’est une très belle idée ! Une façon de découvrir d’une toute autre manière ce génie de la littérature aux phrases longues et emphatiques. « Très vite, j’ai imaginer la présence sur scène de deux actrices, incarnant le passé et le présent, la jeunesse et la maturité ». Leur confrontation met en lumière l’exploration de la mémoire, un sujet au cœur de l’œuvre de Proust et notamment d’À la recherche du temps perdu, son roman fleuve écrit entre 1914 et sa mort. Ce spectacle traverse le temps jusqu’à l’appartement de l’écrivain, jusqu’à sa chambre Annick Le Goff, épaulée par Clémence Boisnard, nous proposent une incarnation sensible et bouleversante de ce personnage qui, en restant à son chevet durant des nuits entières, en prenant des notes et retranscrivant des centaines d’ajouts et de corrections, est celle qui l’a le plus fréquenté, sans doute le mieux connu. « Les souvenirs de Céleste prolongent de manière étonnante les interrogations soulevées par les livres de Proust. Où sont les paradis perdus si ce n’est en nous ? Comment les retrouver ? Quel chemin intime doit-on emprunter pour se souvenir du passé ? » La salle pleine de toute une génération ayant lu Marcel Proust en est sorti convaincue. Il faut maintenant espérer que d’autres, ne connaissant Proust que de nom, est envie de découvrir son œuvre. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 LA SERVANTE DE PROUST D’après Monsieur Proust de Céleste Albaret, souvenirs recueillis par Georges Belmont Mise en scène Arnaud Bertrand Avec Annick LE GOFF et Clémence BOISNARD Costumes Noémie REYMOND Scénographie Natacha MARKOFF THÉÂTRE POCHE MONTPARNASSE Tous les lundis à 21h • Durée 1h05
- Une vie de pianiste
Pianiste et virtuose Le monde est rempli de pianistes amateurs. Plus qu'on ne croit ! faites vous partis des 68% qui en rêvent ? Qui y ont pensé, essayé, passés à l’acte ? Il y a 30 ans, le mur de Berlin s’écroule, l’Europe de l’Est bouillonne. Dans un élan de liberté, Paul Staïcu s’enfuit de sa Roumanie natale pour partir jouer son destin à l’Ouest. Un voyage initiatique au pays du piano Elton John, Prokofiev, Led Zeppelin, Lalo Schiffrin, Mozart, Beethoven, Trénet, Boney M, Liszt, Debussy, Piazzola, Ravel, Eroll Garner, Bach, Claude François... En Passant du classique au jazz et de la variété à la musique pop, avec une aisance déconcertante, beaucoup d’humour, de tendresse, d’émotion et de virtuosité, à travers ce spectacle autobiographie, Paul Staïcu, nous invite à découvrir sa passion et son histoire. Annès Boury, la metteuse en scène qui a toujours partagé son activité entre le théâtre et la comédie musicale, apporte tout son savoir faire, son énergie et son sens du rythme. Avec Une vie de pianiste, nous voila entraînés, avec magie et ravissement dans ce spectacle tendre et particulièrement charmant. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 UNE VIE DE PIANISTE Mise en scène Agnès Boury Avec Paul Staïcu Son Allan Hové Lumières Charly Hové Théâtre de l'Archipel Les 28, 29 et 30 décembre à 20h30 • Le 31 décembre à 17h et 20h30
- La Belle au Bois Dormant
Un voyage du sommeil vers la réalité Le chorégraphe Marcos Morau et Le Ballet de l’Opéra de Lyon propose une version fascinante de la Belle au Bois Dormant. La Belle au bois dormant est certainement un des contes classiques les plus emblématiques de notre histoire. Un conte qui a été interprété, revisité et réadapté de très nombreuses fois et, notamment, pendant les fêtes de fin d’années. Dans l’histoire originelle, Aurore, La Belle au bois dormant est restée endormie pendant cent ans, jusqu’à ce que le baiser du prince la réveille. Mais, avec le temps qui passe et les mœurs qui évoluent, l’idée de dormir 100 ans, n’a plus du tout la même résonance romanesque et, ce qui pouvait nous apparaître comme une opportunité excitante deviendrait plutôt un cauchemar. Enfin, cette histoire de prince qui vient délivrer la belle endormie n’évoque plus vraiment l’amour aujourd’hui et, sans consentement, ce baiser est plutôt perçu comme une violence. Alors pourquoi monter La Belle au bois dormant aujourd’hui ? Cette vieille histoire qui n’a plus vraiment de liens avec le monde contemporain ? « j’avais envie d’évoquer tout ce que La Belle au bois dormant ne perçoit pas – parce qu’elle est endormie. Je voulais travailler à partir de tout ce qui a lieu pendant qu’elle dort, de décrire l’environnement qui l’entoure et ce qui se passerait si, au lieu de s’endormir lors de son 16e anniversaire, Aurore était endormie depuis le début de sa vie ? si, au lieu d’être « celle qui s’endort », elle était « celle qui ne se réveille pas » ? » Du somnambulisme effaré Marcos Morau, le chorégraphe catalan, directeur de la compagnie La Veronal, avec son imaginaire si particulier et sa créativité s’est emparé de cette histoire pour en faire une partition contemporaine, tout en maintenant l’exigence des grandes écritures chorégraphiques classiques. Dans ce ballet, Marcos Morau qui a vraiment le sens du cadre, du mouvement et de la composition de l’image, a créé un cortège, imparable, effréné, chaotique et hypnotique à mi-chemin entre le théâtre, l’opéra et la danse, d’une grande précision. 15 danseurs, au son de la musique originale de Tchaïkovski mêlée de tonalités électroniques, nous invitent dans un monde frénétique où les éveillés côtoient celui du sommeil, sans espoir et sans futur. « Je voulais réussir à retranscrire la sensation de l’histoire, sa dilatation, pas l’histoire elle-même ». Le rideau se lève, sur une boîte monochrome qui alterne entre différentes couleurs. Les danseurs et danseuses, tous en robe de dentelle blanche, sans aucune distinction de classe ou de genre exécutent des gestes saccadés, désarticulés sur une musique inquiétante et mystique. Puis, au fil de la pièce, l’espace scénique ne cesse de se transformer jusqu’à ce que le décor se délite et se désole. Le sommeil de La belle au dois dormant et le nôtre se sont mêler pour, en fin de compte, représenter notre propre vie. LA BELLE AU BOIS DORMANT Création 2022 Chorégraphie et lumières Marcos Moreau Musique Piotr Ilitch Tchaïkovski Avec Le Ballet de l’Opéra de Lyon - Marie Albert, Kristina Bentz, Caelyn Knight, Maeva Lassere, Yan Leiva, Albert Nikolli, Lore Pryszo, Raul Serrano Nuñez, Giacomo Todeschi, Paul Vezin, Merel Van Heeswijk, Katrien De Bakker, Anna Romanova, Noëllie Conjeaud, Edi Blloshmi Scénographie Max Glaenzel Costumes Silvia Delagneau Dramaturgie Roberto Fratini Conception sonore Cristobal Saavedra Photo © Jean-Louis Fernandez LA VILLETTE Du 15>18 décembre 2022 Jeu & Ven 20h Sam 19h. Dim 16h • Durée 1h20 • Déconseillé aux moins de 12 ans Tournée après La Villette (d’autres dates à venir) MC Grenoble du 6 au 7 avril 2023 Manège de Reims du 14 au 16 avril 2023
- Haute couture
Entre style, élégance, suspens et violence ! L’immersion est avant tout une technique de narration littéraire qui vise à mélanger le réel avec la fiction. De nombreux romanciers ont implantés leurs histoires dans des lieux existants. La réalité venant alors se greffer à l’imaginaire et s’en trouvant renforcé. « Avec notre théâtre immersif, il s’agit surtout de mettre en œuvre les conditions nécessaires à l’immersion du spectateur dans la narration ». Après leur précédent spectacle Mémento Mori « Souviens-toi que tu vas mourir » l’année dernière, la compagnie 5e acte revient avec Haute Couture, sa nouvelle création immersive. Un polar des années 50 en 3D et aux déroulements multiples que l’on découvre suivant son libre arbitre, ses intuitions. 1959. Henri Courtois, un jeune couturier en vogue, vient d'hériter de l'hôtel particulier de son père, décédé dans d'étranges circonstances. Le fils doit ouvrir sa Maison de Couture, mais Béatrice Lartigue, la tante d’Henri, rechigne à libérer les lieux. La pièce s'articule autour de 8 personnages 8 intrigues interprétées par des comédiens qui jouent chacun comme un plan séquence et se déplacent dans les différents espaces. En partant tous du même endroit pour arriver à la même fin, on découvre selon notre grès, cette histoire, en déambulant « en silence », en explorant et en arpentant les 450 m2 de l'hôtel particulier. Restez attentif....vous pourrez écouter, vous glisser entre les portes ouvertes et, peut-être, découvrir des secrets insoupçonnés. Si vous aimez le style, l’élégance, le suspens, la romance, la violence, les beaux ténébreux, les héroïnes aventureuses et les salauds en tout genre… Un véritable hommage aux films noirs français et américains des années 50 où l'on passera d’une scène angoissante à une scène plus légère, d’une scène intense à une scène sexy. Chaque pièce richement décorée par des objets du quotidien, nous immergeant dans ce lieu d’habitation. Quand le théâtre devient plus vrai que nature Avec un travail de création particulièrement complexe et précis. Une écriture efficace, pensée en fonction du lieu d'accueil et une corrélation totale entre les dialogues, les actions et les déplacements, au plus proche des comédiens et de l’action, vous serez surpris, amusés, intrigués et vous vous prendrez totalement au jeu de ce polar immersif. Alors... on part pour l’aventure ? Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 HAUTE COUTURE Polar immersif Texte Jean-Patrick Gauthier et Frédéric Texier Mise en scène Jean-Patrick Gauthier Avec Benoît Hamon, Stephanette Martelet, Charlie Petit, Boris Ravaine, Nathalie Remy, Jean Roullé-Neuville, Marion Jadot, Eric Wolfer Scénographie JP. Gauthier, F. Texier, N. Remy, M. Credou Direction artistique Nathalie Remy Costumes Marie Crédou Photos © Fabienne Rappeneau Hôtel Kergorlay Langsdorff 9 RUE DE L’AMIRAL D’ESTAING 75016 Paris Durée 1h30 environ Du 16 au 31 décembre 2022 du mardi au vendredi à 18h30 et 21h00 (relâche mardi 20 décembre) • les samedis à 17h00 et 20h00 • Dimanche 18 décembre à 15h30 et 18h00 Prolongations à partir du 6 janvier 2023 les vendredis, samedis et dimanches 60 spectateurs max. Les téléphones portables sont interdits durant la représentation












