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  • Wonnangatta : l’invisible au cœur du bush

    Jacques Vincey sculpte le silence et la rudesse du monde dans une enquête aux allures d’odyssée intérieure Un fait divers. Deux hommes. Une terre hostile. Et au milieu, des mots pour ne pas sombrer. Avec Wonnangatta , Jacques Vincey transforme la langue rêche et musicale d’Angus Cerini en théâtre de chair et d’ombre. Un polar métaphysique et poétique, où chaque silence pèse plus lourd que les coups de feu. Disparition dans les hauteurs Tout commence par une absence. Celle de Jim, un ami que Harry visite chaque mois, et qui, cette fois, ne répond pas. Une inscription à la craie sur la porte : « Serai là ce soir » . Mais la nuit passe, puis les jours. Rien. Alors Harry revient, avec Riggall. Et ce qu’ils découvrent dépasse l’horreur : un corps enterré jusqu’au cou, la tête rongée par les bêtes sauvages. Jim est mort, et la nature a dévoré ce qu’il restait de lui. Traque à ciel ouvert De là, s’engage une chevauchée. Non pas spectaculaire, mais intérieure. Dans ce bush australien où les hommes sont des intrus, Harry et Riggall cherchent un coupable autant qu’un sens. Une traque, une fuite, un combat contre ce qui ne se dit pas. La langue d’Angus Cerini, magnifiquement traduite par Dominique Hollier, est de celles qui résistent. Elle frotte, elle accroche. Elle parle peu, mais chaque mot sonne. Un parler taiseux, fait de souffle et de silence, où la rudesse se teinte de lyrisme, l’humour de désespoir. Un chant de poussière et de feu. Un duo sous tension Sur scène, deux hommes seuls. Serge Hazanavicius, l’ardent, le colérique, et Vincent Winterhalter, plus doux, plus inquiet, forment un duo à la Beckett. Ils se soutiennent, se perdent, s’opposent et s’effacent dans la même nécessité : raconter. Car dans Wonnangatta , tout est narration, mais une narration vivante, tendue, performative. Ce n’est pas l’histoire qu’ils disent, c’est l’histoire qu’ils vivent — et qu’ils font advenir à mesure qu’ils parlent. Une mise en scène brute et ciselée Jacques Vincey l’a bien compris : inutile d’illustrer, il faut évoquer. Pas de réalisme. Juste des cubes, déplacés, empilés, révélés. Une matière brute pour un monde brut. La scénographie de Caty Olive, en collaboration avec Vincey, suggère davantage qu’elle ne montre. Lumières blafardes, néons suspendus, nappes sonores d’Alexandre Meyer… tout tremble autour des corps. Même la fumée devient personnage. La nature absente ? Et pourtant, malgré cette esthétique ciselée, la nature -omniprésente dans le texte - peine à apparaître pleinement. Là où les mots peignent des forêts, de la neige, des rivières, la scène, elle, reste abstraite. Peut-être est-ce un choix. Peut-être est-ce une limite. Car dans cette pièce, la nature n’est pas un décor : elle est l’adversaire, la menace, l’épreuve. Une troisième force qui broie les hommes autant que leurs certitudes. Un grand théâtre de l’indicible Mais Wonnangatta reste une réussite précieuse. Parce qu’il faut du courage pour mettre en scène ce texte difficile. Parce que les deux comédiens y sont admirables. Parce que la tension est là, constante, insidieuse. Et parce que cette pièce nous rappelle que le théâtre peut encore — et surtout — être un lieu de lenteur, d’écoute, d’immersion. Où le mystère importe plus que la réponse. Alors non, Wonnangatta ne nous dit pas qui a tué Jim. Mais il nous dit ce que ça coûte de chercher. Il nous dit ce que ça fait, de parler dans le vide, d’avancer dans le brouillard, de tenir l’autre pour ne pas s’effondrer. Et ça, c’est du grand théâtre. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Infos pratiques Wonnangatta – d’Angus Cerini Mise en scène Jacques Vincey Avec Serge Hazanavicius et Vincent Winterhalter Traduction Dominique Hollier Scénographie Caty Olive et Jacques Vincey Musique Alexandre Meyer Crédit photo Christophe Raynaud de Lage Les Plateaux Sauvages • Du 12 au 24 mai 2025 • Durée 1h30 – À partir de 15 ans

  • Le Grand Banquet de la Parcelle : festin à ciel ouvert avec le chef Walid Sahed

    Un barbecue généreux, une ode au printemps, un moment de partage signé le19M Le dimanche 18 mai 2025, la Parcelle — jardin culturel éphémère du 19M — accueille un banquet exceptionnel orchestré par le chef Walid Sahed. Dans le cadre de la Grande Fête du Printemps, ce festin convivial mêle braises parfumées, produits de saison et esprit de générosité. Un rendez-vous gourmand et populaire, ouvert à tous sur réservation. À table, le printemps ! C’est un dimanche comme on les rêve : du soleil, de grandes tablées, un jardin fleuri et les effluves d’un barbecue en train de grésiller. Le 18 mai prochain, la Parcelle devient le théâtre d’un banquet champêtre pas comme les autres. Au centre des festivités : Walid Sahed, chef et cofondateur du restaurant Les Pantins, qui propose un menu savoureux et festif inspiré de ses voyages, de ses racines et de son amour pour le produit brut. Au programme : un barbecue généreux, pensé pour tous les appétits — carnivores comme végétariens — à déguster à la bonne franquette. Un repas dominical à ciel ouvert, où la simplicité rencontre la finesse, et où chaque bouchée célèbre l’arrivée des beaux jours. Un menu entre tradition et création Verre de bienvenue : Thé glacé menthe-sureau À partager : • Poulet fermier halal mariné • Légumes de saison à la braise • Semoule vapeur aux petits pois, fèves, asperges, carottes, menthe et coriandre Bar à sauces : • Caviar d’aubergines fumées & cumin • Lait ribot à l’huile de feuille de figuier • Sauce tahini, zaatar & grenade • Sauce chermoula Douceurs : • Riz au lait vanille & sureau • Caramel beurre salé, fraise et sarrasin soufflé Une cuisine du cœur, où les épices rencontrent les légumes du moment, et où la convivialité passe par le goût. Walid Sahed : une cuisine libre et généreuse Né à Alger, formé à Paris et nourri par un tour du monde culinaire, Walid Sahed est l’âme du restaurant Les Pantins, à Pantin. Après des expériences dans des maisons prestigieuses comme le Stafford Hotel à Londres ou le Bristol à Paris, il choisit de créer une cuisine sensible, voyageuse et résolument humaine. Avec Les Pantins, il développe un projet culinaire ancré dans le territoire, accessible et sincère. Son approche est à son image : exigeante mais joyeuse, ouverte sur le monde mais attachée à l’essentiel. Après le festin, place à la création ! Pour prolonger la fête, l’artiste Jeanne Tresvaux du Fraval proposera des ateliers d’initiation à la couture , au sein de la Bibliothèque d’Ornementa . Un moment de transmission accessible aux plus jeunes, pour faire dialoguer la création culinaire et le geste artistique. Infos pratiques Le Grand Banquet de la Parcelle Date : Dimanche 18 mai 2025 Lieu : le 19M - 2 pl Skanderbeg 75019 Paris Tarifs : 25€ pour les adultes (pré-paiement) / 10€ pour les enfants (paiement sur place) Réservation Crédit photo © le19M x Nicolas Melemis Cet événement s’inscrit dans la Grande Fête du Printemps , les 17 et 18 mai à la Parcelle — un week-end festif, gratuit et ouvert à tous, imaginé par le19M. Parade, créatures fantastiques, danseurs, chanteurs et musiciens, bal, initiation Stop-motion et Couture artistique… — À ne pas manquer : une occasion unique de savourer une cuisine d’auteur en plein air, de partager un moment de fête autour de grandes tablées, et de faire vibrer le printemps avec gourmandise et poésie.

  • L’Injuste, un duel sous haute tension

    Il est des pièces qui marquent au fer rouge, qui frappent fort et laissent une empreinte durable. L’Injuste , mis en scène par Julien Sibre, appartient à cette catégorie. Huis clos haletant, thriller psychologique, affrontement idéologique et moral d’une rare intensité, cette œuvre ne se contente pas de raconter une histoire : elle nous enferme dans une joute verbale à la fois implacable et vertigineuse. Au centre de ce combat, Jacques Weber et Zineb Triki livrent une partition à couper le souffle. Un face-à-face sous tension Nous sommes en 1993, dans un bunker perdu au cœur d’une forêt suisse. François Genoud, banquier des nazis, dernier détenteur des droits d’Hitler et Goebbels, attend la mort, sans avoir jamais été inquiété par la justice. Face à lui, une jeune journaliste israélienne venue l’interviewer pour un ultime échange. À première vue, tout semble écrit d’avance : l’homme sait manipuler, contourner, tordre la vérité à son avantage. Mais qui est réellement le prédateur dans cette confrontation ? Qui finira par terrasser l’autre ? C’est toute la puissance du texte : renverser les attentes, bousculer les certitudes, distiller le doute dans l’esprit du spectateur. Ce duel intellectuel, aussi effrayant qu’hypnotique, fait voler en éclats les évidences. On croit deviner la suite, mais chaque réplique est une lame qui tranche un peu plus profond, et chaque silence devient un champ de bataille. La pièce ne se contente pas d’exposer les faits : elle interroge l’histoire et la mémoire collective en nous prenant à témoin. Jacques Weber, magistral, face à une Zineb Triki saisissante On ne présente plus Jacques Weber, figure incontournable du théâtre français. Ici, il trouve un rôle à la hauteur de son immense talent. Jamais dans la démonstration, parfois en trébuchant légèrement sur le texte, il module chaque silence avec une précision redoutable. Tour à tour glacial, charmeur, provocateur, il incarne un Genoud terrifiant de complexité, refusant tout repentir et jouant avec une assurance déconcertante. Son jeu, empreint d’une intensité glaçante, donne à ce personnage un réalisme dérangeant, rendant l’horreur plus tangible encore. Face à lui, Zineb Triki impressionne. Connue du grand public pour son rôle marquant dans Le Bureau des légendes , l’actrice franco-marocaine déploie ici toute l’étendue de son talent sur scène. Loin d’un rôle de faire-valoir, elle oppose à Genoud une force tranquille, une intelligence acérée et une vulnérabilité profondément humaine. Tour à tour déterminée, bouleversée, percutante, elle donne à Sirin une densité rare. Par sa présence magnétique, sa diction soignée et son regard habité, elle transforme chaque instant de silence en tension pure. C’est une performance subtile et puissante, qui fait d’elle une partenaire de jeu redoutable et une adversaire à la hauteur du monstre qu’elle affronte. Une mise en scène sobre et percutante Julien Sibre, déjà récompensé par un Molière pour Le Repas des fauves , démontre une fois de plus son talent pour orchestrer des huis clos d’une tension extrême. Ici, pas d’artifice superflu : tout est conçu pour mettre en valeur le texte et le jeu des acteurs. Les lumières, discrètes mais efficaces, accentuent l’atmosphère oppressante, tandis que le décor minimaliste enferme littéralement les personnages, comme s’ils étaient pris au piège de leur propre destin. La sobriété de la mise en scène laisse toute sa place aux mots, aux silences lourds de sens, aux respirations suspendues. Chaque geste, chaque regard devient un élément dramatique à part entière. Cette économie de moyens n’enlève rien à la puissance de la pièce : elle lui confère une force brute, une intensité implacable qui cloue le spectateur à son siège. Un théâtre coup de poing On ressort de L’Injuste avec le souffle court, bouleversé par ce duel d’une rare intensité. Le texte, ciselé au scalpel, interroge la mémoire, la justice et la nature humaine avec une intelligence redoutable. Chaque échange est une nouvelle épreuve, un pas de plus vers une vérité insaisissable. Rien n’est manichéen, rien n’est facile, et c’est précisément ce qui rend la pièce si puissante. Weber et Triki livrent une prestation d’anthologie , transformant ce face-à-face en un combat de gladiateurs, où les mots sont des armes et où l’issue reste incertaine jusqu’à la dernière seconde. La mise en scène, d’une sobriété calculée, permet de concentrer toute l’attention sur ce duel impitoyable. Une œuvre nécessaire, magistrale et dérangeante. Du grand théâtre. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 L’INJUSTE Une pièce de Alexandre AMIEL, Yaël BERDUGO, Jean-Philippe DAGUERRE, Alexis KEBBAS Mise en scène Julien SIBRE Avec Jacques WEBER, Zineb TRIKI Décors Camille DUCHEMIN • Lumières Jean-François DOMINGUES • Costumes Vanessa COQUET • Musiques Jérôme HÉDIN Crédit Photo Jonty Champelovier THÉÂTRE DE LA RENAISSANCE Jusqu’au 8 juin 2025 • Du mercredi au samedi à 19h00 dimanche15h00 • Durée 1h20

  • Le rêve et la plainte : Une comédie baroque avant la fin du monde

    Rococo, absurde et fin de règne : un ovni théâtral signé Nicole Genovese et Claude Vanessa Et si, à la veille de l’effondrement, on organisait un pique-nique au Petit Trianon ? Avec Le rêve et la plainte , Nicole Genovese et Claude Vanessa signent une pièce aussi fantasque qu’inclassable, entre fable baroque, comédie burlesque et méditation existentielle. Sur fond de révolution imminente, Marie-Antoinette, la princesse de Lamballe et quelques amis devisent du monde qui s’écroule… entre deux tranches de pâté. Un spectacle absurde, hilarant et troublant, à voir absolument au Théâtre de La Tempête. Versailles sous les grêlons : une conversation avant l’effondrement Nous sommes au cœur du parc du Château de Versailles. La France vacille, mais au Petit Trianon, Marie-Antoinette vient de recevoir… une cuisine Mobalpa. Les courtisans s’y retrouvent pour parler politique, météo et corniches façon « un peu Versailles ». Entre considérations sur la fièvre du petit dernier et inquiétudes vagues sur l’économie, on papote, on se plaint, on joue à refaire le monde – sans jamais vraiment y croire. Le texte, ciselé, joue avec le langage contemporain glissé dans un décor d’Ancien Régime. L’effet est savoureux : chaque phrase sonne comme un écho déformé d’un passé qui ressemble dangereusement à notre présent. Théâtre de tréteaux et gracieuse décadence La mise en scène de Claude Vanessa s’appuie sur une scénographie somptueuse. Au centre du plateau, un théâtre de tréteaux en bois exotique, tendu de toiles rococo peintes par Lùlù Zhang, plante le décor d’un monde raffiné prêt à s’écrouler. Francisco Mañalich, en musicien live à la viole de gambe, accompagne la pièce de compositions baroques et romantiques, en parfaite harmonie avec l’atmosphère suspendue du spectacle. Les lumières de Pierre Daubigny enveloppent l’ensemble d’une clarté douce, presque irréelle. On flotte dans un espace-temps improbable, entre rêve éveillé et fin de partie. Un verbe acide et contemplatif Le rêve et la plainte étonne par sa structure : une suite de tableaux, de conversations, de respirations comiques. Rien ne suit un fil narratif traditionnel. Et pourtant, la progression est là : plus le temps passe, plus le ton se durcit, plus l’étrangeté se creuse. Le monde s’effondre, et eux continuent à deviser, comme si parler pouvait retarder la catastrophe. Le texte joue sur l’humour second degré, la trivialité stylisée, les ruptures de ton. On pense à du Jean-Claude Carrière version punk, à une tragédie pastel portée par des courtisans inconscients. Une distribution en état de grâce Nicole Genovese, également sur scène, impose un style unique : drôle, distanciée, faussement naïve. Autour d’elle, les comédiens brillent par leur précision et leur subtilité. Maxence Tual, Nabila Mekkid ou encore Sébastien Chassagne font vivre ce ballet absurde avec une maîtrise réjouissante. Tout semble à la fois léger et profond, futile et essentiel. Un spectacle singulier, jouissif et déroutant Le rêve et la plainte ne ressemble à rien d’autre. À mi-chemin entre la fresque historique déglinguée et la fable poétique décalée, cette comédie douce-amère est une expérience de théâtre rare. On rit, on s’interroge, on se laisse porter. Et quand la lumière se rallume, on se retrouve dehors sans trop savoir ce qu’on vient de vivre, mais heureux, un peu sonnés – et le sourire aux lèvres. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Infos pratiques Le rêve et la plainte Texte Nicole Genovese Mise en scène Claude Vanessa Avec Solal Boloudnine ou Raouf Raïs, Sébastien Chassagne, Nicole Genovese, Robert Bogdan Hatisi, Francisco Mañalich, Nabila Mekkid, Angélique Zaini Composition musicale Francisco Mañalich Lumières Pierre Daubigny Costumes Julie Dhomps Scénographie Nicole Genovese et Pierre Daubigny Peintures Lùlù Zhang Photos © Charlotte Fabre Théâtre de la Tempête Du 2 au 25 mai 2025 • Du mardi au samedi 20h. Dimanche 16h • Durée 1h30

  • Jean-Claude & Joséphine: Le retour méconnu d’une icône du cabaret sur les planches

    Un duo inattendu dans une comédie dramatique à ne pas manquer au Théâtre de Passy Et si, derrière les paillettes du music-hall et le faste de la Nouvelle Vague, il y avait avant tout une histoire d’amitié ? Jean-Claude et Joséphine , à l’affiche du Théâtre de Passy jusqu’à fin juin, ressuscite une rencontre improbable – et pourtant bien réelle – entre deux figures flamboyantes du XXe siècle : Joséphine Baker, star déchue mais indomptable, et Jean-Claude Brialy, dandy du cinéma et homme de cœur. Le duo d’artistes Clair Jaz et Franck Le Hen, auteurs et interprètes, signe ici une comédie dramatique sensible, rythmée et profondément humaine, où l’émotion ne s’oppose jamais à l’humour. Un cabaret pour la mémoire Paris, 1969. Joséphine Baker a tout perdu : son château, sa fortune, ses rêves de grandeur. Il ne lui reste que ses douze enfants… et une dignité à toute épreuve. C’est alors que Jean-Claude Brialy, jeune étoile du cinéma français, lui tend la main. Il lui propose de remonter sur scène dans son cabaret fraîchement racheté, La Goulue. Ce geste devient le point de départ d’un retour aussi fragile qu’émouvant. Le spectacle s’ancre dans cette réalité historique méconnue pour tisser, entre lumière des projecteurs et ombre des coulisses, une fiction complice sur une amitié singulière, dans un monde du spectacle en pleine mutation. Deux légendes, sans caricature Le défi était de taille : faire revivre deux icônes sans tomber dans l’imitation. Clair Jaz et Franck Le Hen le relèvent avec grâce. Pas de pastiche ici, mais une incarnation tendre, malicieuse, vibrante d’authenticité. Leur duo fonctionne à merveille : la gestuelle, les intonations, la musicalité des dialogues rendent hommage sans figer. Clair Jaz ressuscite la gouaille et la gravité de Joséphine avec une intensité retenue. Franck Le Hen, lui, laisse affleurer la nervosité élégante de Brialy. Le public rit, s’émeut, et sent battre le cœur de ces deux artistes cabossés par la vie, unis par une flamboyance commune. Un théâtre de la mémoire et du combat Ce qui frappe dans Jean-Claude et Joséphine , c’est sa capacité à conjuguer légèreté et gravité. La pièce regorge de moments de grâce, de chansons, de répliques ciselées (« Mon Panthéon fait 30 m² ! »), mais elle véhicule aussi une parole politique : sur le racisme, la vieillesse, l’effacement des femmes artistes. Elle parle d’engagement, de transmission, et surtout de solidarité. Un théâtre de mémoire, oui, mais jamais poussiéreux. Une pièce qui, tout en regardant vers le passé, parle puissamment à notre présent. Une mise en scène à hauteur d’humain Coralie Baroux signe une mise en scène sobre et émotive. Un décor minimaliste, quelques projections d’archives, une bande-son évocatrice : il n’en faut pas plus pour faire exister l’époque. Chaque choix scénique met en lumière l’essentiel — le jeu, le texte, l’émotion. Le spectateur passe du rire aux larmes avec fluidité, guidé par une narration maîtrisée et un humanisme à fleur de peau. Une expérience rare, sincère, et lumineuse « Ce n’est pas un spectacle sur Joséphine, c’est un spectacle avec elle », résumait Marianne Zizen Baker. Et c’est bien là ce que propose Jean-Claude et Joséphine : un moment suspendu, entre cabaret et confession, entre histoire intime et mémoire collective. Un spectacle populaire au meilleur sens du terme, qui fait rimer théâtre et tendresse, engagement et lumière. Un petit bijou de sensibilité, à ne pas manquer. Avis de Foudart 🅵🅵 Infos pratiques Jean-Claude et Joséphine Une pièce de Clair Jaz et Franck Le Hen Mise en scène Coralie Baroux Crédit photo  Sandra Sanji Théâtre de Passy Jusqu’au 30 juin 2025 • Tous les samedis à 17h • Durée 1h30 En tournée dès septembre : Houlgate, Château des Milandes, Denain, Boisseuil…

  • Le Journal d’une femme de chambre: dans la chambre de Celestine

    Une adaptation sulfureuse au Théâtre de Poche Montparnasse Après Buñuel et Jeanne Moreau, c’est au tour de Nicolas Briançon et Lisa Martino de redonner vie à l’œuvre la plus sulfureuse d’Octave Mirbeau. Entre humour noir, sensualité et révolte sociale, Le Journal d’une femme de chambre devient un seul en scène aussi acide qu’hypnotique. Un huis clos vibrant dans l’intimité d’une femme en colère. La parole crue d’une domestique lucide « Voilà longtemps que je rêve de ce Journal d’une femme de chambre . » confie Nicolas Briançon, qui signe ici une adaptation finement théâtrale du texte de Mirbeau. Dans un décor sobre et intime, au plus près du public, la chambre devient le théâtre d’une confession tantôt drôle, tantôt glaçante. Nous sommes dans les années 30. Célestine, fraîchement arrivée de Paris, se retrouve au service d’une famille bourgeoise de province. Entre hypocrisie puritaine, frustrations sexuelles et violences symboliques, elle dévoile sans fard les coulisses d’une société engoncée dans ses contradictions. Une mise en scène sensuelle et corrosive Nicolas Briançon redonne au texte son parfum de scandale, de noirceur et de révolte. À travers une écriture revisitée, il transforme la matière littéraire en une parole vive, pulsionnelle, profondément théâtrale. La scénographie épouse le cocon de Célestine, où le spectateur devient le témoin privilégié de ses pensées les plus inavouables. Lisa Martino, confession d’une actrice C’est un rôle de funambule que Lisa Martino incarne avec un naturel confondant. À la croisée du théâtre et de la danse, elle glisse d’un ton à l’autre, de la sensualité à la rage, dans une performance d’une justesse implacable. Elle porte avec une élégance crue les contradictions de cette héroïne féminine, drôle et dévastée. Un miroir de notre humanité Mirbeau, à travers Célestine, dresse un portrait sans concession de la France de la fin du XIXe siècle. Mais sous les corsets de l’époque affleurent déjà des questions contemporaines : la condition des femmes, les rapports de classe, le désir et ses refoulements. Un spectacle qui pique, émeut, dérange… et ne vous lâchera pas. « Ce texte nous pousse à chercher une sérénité, et sans doute un épanouissement salutaire. » Nicolas Briançon Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 INFOS PRATIQUES Le Journal d’une femme de chambre D’après Octave Mirbeau Adaptation et mise en scène : Nicolas Briançon Avec : Lisa Martino Régie : Yves Thuillier Crédit photo : Fabienne Rappeneau Théâtre de Poche Montparnasse À partir du 15 mai 2025 Du mardi au samedi à 21h Durée : 1h10

  • Le Mois Molière 2025 : un festival vivant, populaire et inspiré

    Théâtre dans les rues, opéra sous les étoiles, tragédies modernes et comédies burlesques… En juin, Versailles devient une scène à ciel ouvert. Le Mois Molière 2025 affirme avec éclat que le théâtre est plus que jamais un art du présent, de la rencontre et du partage. Un mois de théâtre, de musique et de liberté Depuis 29 ans, le Mois Molière transforme Versailles en capitale du spectacle vivant. Dans plus de 60 lieux — places, jardins, cours, chapelles —, ce sont plus de 300 représentations qui s’enchaînent tout au long du mois de juin. La plupart gratuites ou à très bas prix, elles rassemblent grands classiques, créations contemporaines, opéras déjantés, cabarets rock et récits intimes. François de Mazières, maire et fondateur du festival, y voit une réponse joyeuse à un monde inquiet : « Dans cette période tendue, il faut plus que jamais défendre la création, la parole, la pensée. » Des récits d’aujourd’hui dans les mots d’hier Si Molière plane bien sûr sur l’ensemble de la programmation, il partage l’affiche avec Pascal, Dostoïevski, Maupassant, Sansal ou Matéi Visniec. Le Mois Molière 2025 frappe par l’intelligence de ses croisements : • Les Dactylos , comédie sociale et romantique dans un bureau new-yorkais en 1964, mêle humour mordant et mélancolie douce. • Les Nuits Blanches , d’après Dostoïevski, déploie une poésie tendre et drôle, dans une mise en scène délicate à deux voix et un piano. • Le Village de l’Allemand , adapté du roman de Boualem Sansal, interroge la mémoire et l’héritage familial avec la force d’une tragédie moderne. • Monsieur Jean ou l’homme poubelle , de Visniec, dissèque l’absurde avec une jubilation noire et limpide. Un théâtre festif et grand public, sans rien céder à l’exigence Le Mois Molière est aussi un terrain de jeu joyeux. On y croise : • des opéras devenus sitcoms ( La Belle Hélène et les garçons ), • des tragédies grecques transformées en cabaret burlesque ( Cabaret Mythique ), • des monologues d’archives littéraires ( Un cœur simple , Camus/Sartre : miroir d’enfances ), • et même des seuls-en-scène épiques ( Ruy Blas, la folie des grandeurs ). L’esprit de troupe y est fort, le travail scénique soigné, et la volonté de partage omniprésente. Versailles x Avignon : l’alliance des festivals En parallèle de sa présence au théâtre Le Petit Carmel, le Mois Molière s’invite cette année au mythique Petit Louvre , en plein cœur du Festival OFF d’Avignon. Une trentaine de spectacles feront ainsi le pont entre les deux villes, portés par la même philosophie : faire vivre un théâtre exigeant et accessible, pour tous les publics. Un pari réussi pour une utopie collective Avec cette édition 2025, le Mois Molière confirme qu’il est bien plus qu’un simple estival : un manifeste artistique , une fabrique de sens et une fête populaire . À Versailles, le théâtre n’est pas un privilège réservé aux initiés : il est à la portée de tous, partout, tout le temps. Infos pratiques Dates : 1er au 30 juin 2025 Lieux : 60 lieux dans toute la ville de Versailles (cours, places, jardins, théâtres) Tarifs : Entrée libre pour la majorité des spectacles, ou tarifs très accessibles Programme complet : moismoliere.com Versailles au Festival Off d’Avignon : du 5 au 26 juillet au Petit Louvre et au Carmel

  • Révolution pop et queer : Hortense Belhôte rallume la mèche

    Avec “Portraits de famille”, l’historienne performeuse exhume les oublié·e·s de 1789 dans un solo aussi érudit que jubilatoire. Et si nos ancêtres les Français·es étaient noir·es, trans, artistes ou enfants perdus ? Dans “Portraits de famille : les oublié·e·s de la Révolution française”, Hortense Belhôte signe un OVNI scénique qui mêle conférence, stand-up et karaoké politique. Le résultat : une relecture pop, queer et résolument joyeuse de l’Histoire officielle. Les Invisibles en haut de l’affiche Oubliez Robespierre et les grands hommes des manuels scolaires. Hortense Belhôte convoque une toute autre équipe de France : Jeanne du Barry réincarnée en Édith Piaf, Zamor, Thomas Alexandre Dumas éclipsé par la gloire de son fils…Tous et toutes trop noirs, trop féminins, trop atypiques pour le Panthéon – mais ici, pleinement vivants. Dans un Louvre revisité façon jeu vidéo, Belhôte ressuscite ces figures marginales avec tendresse, humour et flamboyance. Une généalogie queer, entre archives et autofiction Le point de départ ? L’arbre généalogique de la performeuse. “Une dynastie de nobodies sédentaires”, plaisante-t-elle. À partir de là, elle remonte les courants souterrains de nos héritages collectifs et personnels, entremêlant anecdotes familiales et récits oubliés de la Révolution. L’Histoire devient terrain de jeu, l’archive un escape game, la mémoire une enquête queer. Conférence spectaculaire, savoir en fête Debout, en mouvement, en images, Belhôte transforme la conférence en show. Son style : drôle, limpide, furieusement documenté. On pense à un croisement entre C’est pas sorcier , un cabaret féministe et une playlist révolutionnaire. Le savoir devient incarné, le passé se performe. Elle nous fait réfléchir sans lourdeur, rire sans cynisme. Réparer sans moralisme, relier sans simplifier Plutôt que de dénoncer, Belhôte tisse. Son casting de “raté·e·s magnifiques” nous invite à redéfinir ce qu’est un héros, une ancêtre, un récit national. Loin du prêchi-prêcha, son geste est tendre, drôle, critique et profondément politique. On ressort secoué·e, réjoui·e, un peu plus instruit·e – et avec une furieuse envie de hacker nos propres archives. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 Un théâtre d’émancipation joyeuse Ni stand-up ni conférence, mais un peu tout ça à la fois, Portraits de famille s’affirme comme un objet scénique précieux. À la croisée des disciplines, Hortense Belhôte invente un nouvel art de la filiation désobéissante, qui réconcilie mémoire collective et récits personnels. Un spectacle rare, vivifiant, aussi engagé que festif. Infos pratiques Portraits de famille : les oublié·e·s de la Révolution française Conception, texte et performance Hortense Belhôte Chant et créations musicales Nabila Mekkid, Gérald Kurdian, Aitua Igeleke, Sébastien Richelieu, Anaïs Rosso, Mathieu Grenier et Celia Marissal, Mexianu Medenou Création vidéo Theodora Fragiadakis Crédit Photos © Fernanda Tafner THÉÂTRE DE L’ATELIER Du 30 avril au 18 juin • Les mercredis à 19h • Durée 1h • Conseillée à partir de 15 ans

  • « Que d’Espoir ! » : un cabaret queer et cruel sous les paillettes de Valérie Lesort

    Sur la scène du Théâtre de l’Atelier, Valérie Lesort orchestre un tourbillon burlesque à partir des cabarets d’Hanokh Levin. Entre satire sociale, transformisme outrancier et tendresse déformée, Que d’Espoir ! signe un théâtre joyeusement monstrueux où le rire naît du tragique. Une performance jubilatoire. Un miroir déformant de l’humanité Dans Que d’Espoir ! , il n’y a pas de récit linéaire. Plutôt une suite de tableaux, comme autant d’instantanés grinçants et absurdes de la vie humaine. Un homme se plaint qu’on ne le borde pas à l’hôtel. Une femme exhibe ses douleurs comme un trophée. Un couple s’enlise dans la médiocrité affective. Sous des airs de sketches, c’est notre condition qu’on ausculte - sans fard, mais avec panache. L’auteur israélien Hanokh Levin, maître de l’humour désespéré, tend à ses personnages une loupe qui les ridiculise autant qu’elle les rend touchants. Ce théâtre de l’absurde et du dérisoire devient, entre les mains de Valérie Lesort, un cabaret halluciné, à la fois trash et profondément humain. Un cabaret pop, queer et plastique Le plateau se transforme en piste de jeu psychédélique. Costumes gonflés, perruques XXL, prothèses grotesques : tout est exagéré, comme un cartoon sous acide. Les métamorphoses à vue, conçues par la plasticienne Carole Allemand, font surgir des créatures hybrides, entre marionnettes vivantes et figures de drag-show. L’univers évoque Roy Lichtenstein autant qu’un cabaret berlinois. Valérie Lesort dirige ce chaos avec une précision millimétrée. L’outrance n’est jamais gratuite : elle accentue la lucidité du propos. Le grotesque révèle le vrai. Une distribution incandescente Valérie Lesort partage l’affiche (en alternance) avec Céline Milliat-Baumgartner, également remarquable. À leurs côtés, Hugo Bardin, alias Paloma, crève la scène. Lauréat de Drag Race France , il enchaîne les personnages avec une fluidité jubilatoire. David Migeot, caméléon virtuose, impressionne par sa maîtrise des ruptures de ton. Et la révélation du spectacle, c’est Charly Voodoo : pianiste, compositeur et désormais comédien, il insuffle à chaque chanson une énergie tragico-burlesque inédite. Un théâtre qui fait rire… et grince Derrière les paillettes, Que d’Espoir ! est une méditation déjantée sur nos illusions, nos limites, nos désirs avortés. Le spectacle joue avec le mauvais goût pour mieux en faire émerger une vérité : nous sommes toutes et tous faits de rêves tordus, d’espérances minables, d’humanité désaxée. Et c’est précisément ce mélange de cruauté joyeuse et de tendresse grotesque qui rend ce cabaret si précieux. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 INFOS PRATIQUES Que d’Espoir ! — Cabaret théâtral Texte Hanokh Levin (traduction Laurence Sendrowicz) Mise en scène Valérie Lesort Avec Valérie Lesort / Céline Milliat-Baumgartner (en alternance), Hugo Bardin (Paloma), David Migeot, Charly Voodoo Crédit Photo ©Fabrice Robin Théâtre de l’Atelier Du 24 avril au 13 juillet 2025 • Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 16h • Durée :1h10

  • Fin de partie : L’histoire de la vie... ou de la mort

    « Tant qu’il reste en lui des choses que je ne comprends pas, qui me sont obscures, étrangères, je crois que je peux le mettre en scène ». Pour la quatrième fois, après Cap au pire en 2017, La dernière bande en 2019 et L'Image en 2021, Jacques Osinski collabore avec Denis Lavant et met en scène Beckett. « Sans doute la plus métaphysique et la plus concrète de ses pièces, la plus méchante et la plus tendre, la plus mystérieuse et la plus drôle… une pièce que l’on n’ose pas aborder sans un certain bagage ». Fin de partie est, tout d’abord la deuxième pièce de Samuel Beckett créée en 1957, mais aussi sa dernière pièce où il y a encore un semblant de récit. Et pourtant, l’histoire regorge de mystères et soulève en nous, beaucoup de questions et d’incertitudes. « Fini, c’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir ». La première réplique de Clov, au début de la pièce Où sommes-nous ? Sur la terre ? Au ciel ? Quand sommes-nous ? À la fin de quelque chose ? De la vie ? D’un monde ? De notre monde ? Revivons-nous toujours la même journée, la même partie qui n’en finirait jamais de finir ? Le même rituel familial, inlassablement, avec ses drames et ses espoirs ? Quel sont les rapports véritables entre chacun des personnages ? Après un long noir mystérieux, comme un sas pour nous permettre d’entrer dans ce monde… différent et effrayant, la lumière révèle un espace indéfini, un « intérieur » a dit Beckett . Un intérieur gris, doté de deux fenêtres donnant sur l’extérieur. L’une sur la mer, l’autre sur la terre. Clov, un homme, immobile va, peu à peu, se retrouver entouré par Hamm, son maître (peut-être son père), un personnage très théâtral, aveugle, acariâtre et tyrannique ainsi que Nell et Nagg, les parents de Hamm, cul-de-jatte, enfermés dans des poubelles. Ces quatre créatures, sans doute à la fin de leur propre partie, résistent et s'accrochent encore peu à leur semblant d’humanité. Une œuvre ennuyante à en mourir, hypnotisante et fascinante Un rendez-vous tragique et douloureux entre dominant et dominé. Un huit clos étouffant aussi loufoque que mélancolique, aussi exigeant et complexe que vertigineux. Épaulé par le duo merveilleux composé de Frédéric Leidgens et Denis Lavant , l’un magnétique, sombre et imposant et l’autre inventif, virtuose et solaire, Jacques Osinski , avec son humour, sa folie et son intelligence nous offre une lecture rare et passionnante du chef d’œuvre de Beckett . Une tragédie philosophique, désopilante et passionnante faite de nombreux silences et de répétitions. Un spectacle noir qui nous permet de partir à l'exploration de nos frayeurs les plus intimes et nous confronte à notre question la plus existentielle : à quoi sert la vie ? Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 FIN DE PARTIE Texte Samuel BECKETT (Éditions de Minuit) Mise en scène Jacques OSINSKI Avec Denis LAVANT (Clov), Frédéric LEIDGENS (Hamm), Claudine DELVAUX (Nell), Peter BONKE (Nagg) Scénographie Yann CHAPOTEL Lumière Catherine VERHEYDE Costumes Hélène KRITIKOS Photographies Pierre GROSBOIS Spectacle vu au Théâtre de l’Atelier

  • Du Charbon Dans Les Veines : 5 Molières pour une ode bouleversante à la vie minière

    Cinq Molières 2025 — dont Meilleure pièce de théâtre privé, Révélation féminine pour Juliette Béhar et Mise en scène pour Jean-Philippe Daguerre — consacrent Du Charbon Dans Les Veines comme l’un des spectacles les plus captivants du Festival OFF Avignon 2024. Et pour cause : cette plongée humaine au cœur des “gueules noires” frappe en plein cœur. Une histoire d’amitié, d’amour et de résilience 1958, Noeux-les-Mines, dans le Nord de la France. Pierre et Vlad, inséparables, partagent leur vie entre la mine, l’élevage de pigeons voyageurs et la musique d’accordéon, sous la houlette de Sosthène, boute-en-train au grand cœur. Leur équilibre vacille avec l’arrivée de Leïla, une jeune Marocaine venue rejoindre leur orchestre. Dans une mise en scène tendre et sensible, Jean-Philippe Daguerre explore l’amitié, l’amour, le racisme, la maladie et la condition féminine dans cet univers âpre, avec une justesse bouleversante. Une œuvre nourrie de mémoire et de vécu Inspiré par les souvenirs de ses amis Frédéric Habera et Raphaëlle Cambray, enfants de mineurs, ainsi que par un documentaire poignant de l’INA, Daguerre sublime la dureté de la vie minière. L’image poétique du contraste entre l’ombre des galeries et la légèreté des pigeons voyageurs traverse toute la pièce comme un souffle d’espérance. Une scénographie vibrante de poésie Pour évoquer la poussière de charbon omniprésente, la scénographie joue sur une infinité de gris, jusqu’à la scène finale, baignée de lumières pastel sur les rives méditerranéennes. Le travail visuel de Virginie H (costumes), Antoine Milian (décors) et Moïse Hill (lumières) compose un écrin puissant aux émotions du spectacle. Une distribution au sommet Raphaëlle Cambray, Jean-Jacques Vanier, Julien Ratel, Théo Dusoulié, Juliette Béhar et Aladin Reibel portent ce récit avec une authenticité bouleversante. Jean-Philippe Daguerre lui-même incarne un médecin humaniste, ajoutant encore à la profondeur de cette fresque sensible. Avec Du Charbon Dans Les Veines , Jean-Philippe Daguerre signe une ode vibrante à l’humanité des mineurs, magnifiée par une mise en scène, des interprètes et une écriture d’une rare sensibilité. Avis de Foudart : 🅵🅵🅵🅵 — À ne manquer sous aucun prétexte. Infos pratiques Du Charbon Dans Les Veines Texte et mise en scène : Jean-Philippe Daguerre Avec : Jean-Jacques Vanier, Julien Ratel, Juliette Béhar, Raphaëlle Cambray, Théo Dusoulié, Aladin Reibel, Jean-Philippe Daguerre Décors : Antoine Milian • Costumes : Virginie H • Lumières : Moïse Hill • Musiques : Hervé Haine Photos : © Grégoire Matzneff Spectacle vu au Festival OFF Avignon Durée : environ 1h30 5 Molières 2025 : • Meilleure pièce du théâtre privé • Comédienne dans un second rôle (Raphaëlle Cambray) • Révélation féminine (Juliette Béhar) • Mise en scène (Jean-Philippe Daguerre) • Auteur francophone vivant (Jean-Philippe Daguerre)

  • « Zourou, au-delà des mots » : un uppercut d’émotion au Théâtre de l’Œuvre

    Depuis le 2 avril 2025, le Théâtre de l’Œuvre accueille Zourou, au-delà des mots , une création bouleversante signée Mélodie Molinaro et François Borand. Un spectacle rare, inspiré d’une histoire vraie, qui pulvérise les clichés sur le handicap et ouvre un chemin lumineux vers l’humanité. Quand les mots échouent, la danse prend le relais À 13 ans, Lola ne parle pas comme les autres. Elle danse. Enfermée dans un monde que son père, Pierre, tente désespérément de rejoindre, elle exprime par le mouvement ce que les mots refusent de dire. Lorsque Jeanne, la nouvelle compagne de Pierre, et Jérémie, un orthophoniste fantasque, entrent dans leur vie, tout vacille. Peu à peu, Lola invente son propre langage : le Zourou, un pont improbable entre deux solitudes. Une claque sensorielle dès les premières minutes Dès l’ouverture, Zourou saisit à la gorge. Morgan L’Hostis, magistrale, incarne Lola avec une intensité rare : chaque geste, chaque silence devient une déclaration vibrante. Autour d’elle, Xavier Lemaître, Sophie Kaufmann et Tristan Garnier livrent des performances d’une justesse bouleversante. La mise en scène précise et sensible de Mélodie Molinaro transforme l’appartement exigu du plateau en un monde en miniature, vibrant d’émotions. La musique poignante de Stéphane Corbin, les chansons tendres de François Borand et les projections vidéos enveloppent le tout d’une atmosphère à la fois délicate et déchirante. Un spectacle engagé et profondément universel Zourou, au-delà des mots dépasse largement la question du handicap. C’est une ode à toutes les formes d’expression, une leçon de résilience, une invitation à écouter autrement. Accessible dès 8 ans, chaque représentation est traduite en langue des signes française, affirmant son engagement pour l’inclusion. Dans un monde où la différence fait encore peur, Zourou nous enseigne qu’écouter, c’est parfois savoir entendre ce qui ne se dit pas. À voir absolument jusqu’au 25 mai 2025 au Théâtre de l’Œuvre. Préparez-vous : vous n’en sortirez pas indemnes. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Infos pratiques Zourou, au-delà des mots Auteurs Mélodie Molinaro & François Borand Mise en scène Mélodie Molinaro Avec Morgan L’Hostis, Xavier Lemaître, Sophie Kaufmann, Tristan Garnier, et Joël Chalude (narrateur LSF) Musique originale Stéphane Corbin Photos © Franck Harscouet Théâtre de l’Œuvre (Paris) Du 2 avril au 25 mai 2025 • Durée 1h10 Traduction en langue des signes française à chaque représentation

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