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  • Un jour, je reviendrai

    Un choc, une Merveille Un homme renaît à la vie après un coma. Tout en réapprenant les gestes les plus simples à la manière d’un petit enfant, il observe cette situation avec toute sa causticité d’adulte. L’hôpital devient alors la toile de fond dont il se nourrit pour écrire une comédie grinçante. On le retrouve quelque temps plus tard  : c’est un auteur et metteur en scène trentenaire, en rémission, parti aux Pays-Bas pour la tournée d’une pièce. Ce voyage, dont il pressent qu’il sera le dernier, est l’occasion de porter un regard sur ses amours passées, mais surtout sur le théâtre qui a structuré sa vie. L'Apprentissage et Le Voyage à la Haye se complètent, se répondent et résonnent l’un, l’autre Sylvain Maurice en réunissant L’Apprentissage et Le Voyage à la Haye, deux monologues de Jean-Luc Lagarce, deux textes autobiographiques, écrits chronologiquement et traitant des thèmes du théâtre, du désir, de la maladie et de la mort, a eu une grande idée. Par la puissance qu’il s’en dégage. Par la force de la vie que l’on ressent à chaque instant. Par l’humour et l’ironie singulière, propre à Jean-Luc Lagarce. L’écriture est un moteur puissant pour « tenir » Sylvain Maurice Sylvain Maurice a fait deux mises en scène bien différentes Même s’ils se rejoignent sur le plan autobiographique, les deux textes sont pourtant très différents et ont chacun leur propre style. Dans l'Apprentissage, la lumière est très faible. Vincent Dissez reste ancré, immobile. Les mots sont hésitants et se bousculent parfois. Dans Le Voyage à la Haye, la lumière et l'humour sont bien plus présents. La voix, les postures sont mises en avant de façon beaucoup plus explicite et le jeu se fait presque en « état d'urgence ». J’ai peur de me perdre, toujours la même histoire, un imbécile ou un pauvre petit vieillard, devenu vieillard sans qu’il le sache. EXTRAIT, L'Apprentissage Si on ajoute un travail sur la voix tout en précision, une scénographie, des lumières et des sons tout en délicatesse et surtout, Vincent Dissez, le comédien, si proche de l’auteur qu’il en devient presque sa réincarnation, on obtient un spectacle grandiose. Ce spectacle est un choc, une merveille Par ce qu'il raconte, bien sûr, et pour la résonance émotionnelle que ça nous apporte. Par la situation épidémique actuelle et les connexions évidentes avec le SIDA. Par la mise en scène subtile et intelligente de Sylvain Maurice. Par la force, la puissance et les nuances très émouvantes de Vincent Dissez. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 Un jour, je reviendrai Composé de L’Apprentissage suivi du Voyage à La Haye de Jean-luc lagarce Mise en scène Sylvain Maurice Avec Vincent Dissez Assistanat à la mise en scène Béatrice Vincent Scénographie Sylvain Maurice En collaboration avec André Neri Costumes Marie la Rocca Lumière Rodolphe Martin Son et régie Cyrille Lebourgeois Crédit photo Christophe Raynaud de Lage Théâtre 14 DU 19 AU 29 JANVIER Les mardi, mercredi, vendredi à 20H, Jeudi à 19H, Samedi à 16h. Durée 1h30 À partir de 13 ans Rencontre avec Sylvain Maurice samedi 22 janvier à 11h dans le cadre de l’Université populaire. Rencontre avec l’équipe artistique le 26 janvier

  • Bureau d’investigation du sacré

    Penser la fin d’un monde et construire le suivant Du 7 au 23 janvier 2022, si nous allions faire un tour aux Grandes-Serres de Pantin ? L’École des Arts Décoratifs se joignent aux résident.e.s du lieu, membres de l’association Diamètre 15 pour interroger l’inscription du sacré, du spirituel et des religions dans la création contemporaine. Dans ce but, un parcours chorégraphié qui se déroule en sept actes est proposé pour partir à la rencontre des éléments fondateurs de la terre. Design, sculpture, performances, vidéos, installations Dans deux lieux symboliques : l’ancienne Sacristie du Collège des Bernardins, prologue de l’exposition, et la nef des Grandes-Serres de Pantin, plus de trente jeunes artistes aux pratiques variées sont rassembler. Depuis 2019, des étudiant.e.s et enseignant.e.s de l’École des Arts Décoratifs, penseur.euse.s et artistes invité.e.s interrogent l’inscription du sacré, du spirituel et des religions dans la création contemporaine. Objets, performances, installations, vidéos Cette exposition imaginée par la curatrice Jeanne Mercier, invite à remonter le fil de ces années de recherches, de productions et de création à travers une procession au sein de la nef des Grandes-Serres de Pantin. Une expérience envoûtante et originale On y voit émerger différentes strates de l’Histoire, des contre-récits aussi complémentaires que contradictoires, portés par des civilisations réelles ou par de nouveaux corps ou des spiritualités alternatives. « Bureau d’investigation du sacré » sera la dernière exposition dans ce lieu gigantesque avant le début de longs et complexes travaux de réhabilitation. Les œuvres présentées, éclairées par des néons au ras du sol, sont ordonnés sous l’immense verrière qui prend des allures de cathédrale. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 L’Art contemporain, un moyen pour penser d’autres formes, dévient alors, sacré. « Bureau d’investigation du sacré » Par l’École des Arts Décoratifs Commissariat Jeanne Mercier Collège des Bernardins, Ancienne Sacristie 20 rue de Poissy, Paris Exposition du vendredi 7 au mardi 18 janvier 2022 Horaires : lundi - samedi, 10h-18h00 Entrée libre, dans la limite des places disponibles Les Grandes-Serres de Pantin 1 rue du Cheval blanc, Pantin Exposition du vendredi 14 au dimanche 23 janvier 2022 Horaires : 14h - 20h le vendredi et 11h-20h les samedi et dimanche L’exposition présente les œuvres de Meris Angioletti, Juliette Ayrault, Camille Benarab-Lopez, Maty Biayenda, Hoël Blanchard, Marianne Blanco, Sixtine Bone, Tuana Bouvard, Léonore Camus-Govoroff, Gabriel Carvalhana, Roméo Ciavaldini, Rémi Coignec, Bianca Dacosta, Esther Denis, Luna Duchaufour -Lawrance, Kelly Eng, Louise Fauroux, Marion Flament, Alexis Foiny, Jérôme Girard, Zélie Jalbert, Ariane Jouhaud, Xavier Kouoi, Aziliz Le Bescond, Alice Lejeune, François-Alexandre Monfort, Merveille Ngeyitadila-Fukiakanda, Marie Piplard, Hervé Robbe, Alexis Roux, Brieuc Schieb, Hugo Servanin, Anna Ternon, Emma Tholot, Joséphine Topolanski, Baptiste Verrey, Clémence Vétillard et Jeanne Vicerial.

  • Mon Pays, Ma Peau

    L’histoire vraie d’une double réconciliation : celle de l’Afrique du Sud avec ses années d’apartheid et celle d’une femme avec elle-même... "Mon Pays, Ma Peau" n’est pas un spectacle comme les autres. Ce n’est ni une pièce de théâtre ni une œuvre documentaire, c’est un théâtre de récit sous la forme d’une lecture scénique. Une expérience originale, dramatique et historique. C’est un théâtre qui n’est pas joué, mais interprèté. Par les mots, le spectateur crée ses propres images. Lisa Schuster Antjie Samuel est une poétesse, autrice et journaliste, africaine, blanche, extrêmement célèbre dans le monde. En 1995, elle a été dépêchée par la SABC, la radio nationale pour couvrir quotidiennement les auditions de la commission Vérité et Réconciliation. Cette commission organisée par l’Afrique du Sud pour faire œuvre de réconciliation nationale après des décennies d’Apartheid. Elle a ensuite écrit « Country of my skull » -  le pays de mon crâne, un très gros ouvrage de plus de 800 pages pour relater son expérience personnelle de trois ans. Dans une scénographie particulièrement épurée qui montre parfaitement le dénuement dans laquelle s’est déroulé cette commission, Romane Bohringer incarne Antjie Samuel et Diouc Koma est en charge d’interpréter différents personnages sud-africains blancs et noirs (Desmond Tutu, le frère de la journaliste, un avocat de la Commission Vérité et Réconciliation etc.) Face au public, les comédien.nes-narrateur.ices sont assis côte à côte, derrière une grande table sur laquelle sont posés un poste de radio et un micro. Mené comme une enquête avec une grande diversité de témoignages, ce spectacle passionnant permet de nous éclairer sur l’histoire si complexe de l’Afrique du Sud et du travail de toute une nation en vue d’une réconciliation. Cette histoire est si foisonnante que j’ai décidé de donner certaines clefs sans toutes les donner. Lisa Schuster L’univers sonore, très recherché, centré sur les outils de diffusion radiophonique et le découpage du spectacle en plusieurs chapitres apporte encore beaucoup de mystère et de suspense à ce récit entre thriller psychologique et politique, drame social et belle aventure humaine ! J’ai adapté ce récit en l’organisant autour des étapes du deuil qui sont évoquées par un des psychologues de la Commission : après le choc de l’annonce, viennent le déni, la colère, la négociation, la résignation et enfin une profonde dépression qui conduit à l’étape la plus importante : l’acceptation. Lisa Schuster Mon Pays, Ma Peau est un spectacle intelligent, intriguant et émouvant au texte magnifique, merveilleusement servi par un duo de comédiens « à l’unisson » qui jouent avec force, délicatesse et subtilité. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Je suis fière de faire entendre cette formidable aventure de RÉCONCILIATION NATIONALE, menée avec tant de ferveur, d’obstination et de conviction par les hommes et les femmes d’Afrique du Sud... Puisse-t-elle nous inspirer pour mieux vivre ensemble ! Lisa Schuster Mon Pays, Ma Peau Lecture scénique Adaptation Lisa Schuster d’après Country of my skull de Antjie Krog Traduction Vanessa Seydoux Mise en scène par Lisa Schuster Avec Romane Bohringer et Diouc Koma Et les voix de Djénéba Diarra, Aurore Déon, Emmanuel Gayet, Thierry Lecomte et Lazare Minoungou Création sonore Bernard Vallery Photo CinéWatt / Xavier Cantat Théâtre Le Lucernaire du 12 janvier au 27 février 2022 Du mardi au samedi à 21h00, le dimanche à 18h00

  • Nous y voilà !

    Nous y voilà, nous y sommes « Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. » Fred Vargas - 2008 Nous y voila ! est un spectacle merveilleux qui confronte des textes de chefs indiens d’Amérique du Nord du 16è siècle et des auteurs venus de tous les horizons, de toutes les époques, parlant du monde, de nature, d’écologie et de l’homme. La Terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la Terre. Sitting Bull - Sagesse indienne C’est aussi l’occasion de s’apercevoir avec bonheur que l’indien est un poète et que notre avenir dépendra de notre capacité, de notre célérité à redevenir indien… La nature est tout ce qu’on voit, Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime. Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit, Tout ce que l’on sent en soi-même. George Sand - À Aurore Après le très beau Mec ! en hommage au poète Allain Leprest, au Théâtre Edouard VII, en 2018, enveloppés par une magnifique lumière de Dimitri Vassiliu et entourés par plus de 10 instruments, les deux musiciens - l’ancien batteur génial du groupe Téléphone Richard Kolinka, le claviériste Aristide Rosier - et Philippe Torreton reprennent des grands textes et des poèmes de Rimbaud, Baudelaire, Esther Granek, Pierre de Ronsard et tant d’autres. Richard Kolinka, avec une grace formidable et complètement malicieux, alterne solos de batterie et percussions jazz. Aristide Rosier souligne la musicalité des mots et Philippe Torreton, d’une voix impeccable, très ancré dans la terre, scande et chante, ce spectacle aussi rock que poétique, en forme de voyage initiatique. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 À ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore. Fred Vargas - 2008 NOUS Y VOILÀ ! Avec PHILIPPE TORRETON, RICHARD KOLINKA et ARISTIDE ROSIER Création Lumières Dimitri Vassiliu Photo Stéphanie Fagadau LA COMÉDIE DES CHAMPS-ELYSÉES À PARTIR DU 13 JANVIER 2022 Du mercredi au samedi 20h30, Dimanche 16h Durée 1h30 EN SAVOIR PLUS Le texte de Fred Vargas chanté par Charlotte Gainsbourg

  • The normal heart

    INTERVIEW DE VIRGINIE DE CLAUSADE C’est en écrivant, en 2016 « De bruit et de fureur », la biographie sur les dernières semaines de la vie de Thierry le Luron, mort du SIDA que Virginie de Clausade a découvert la pièce mythique de Larry Kramer « The Normal Heart ». Cette pièce écrite par le fondateur d´Act Up, en 1984, aborde une période qui s’étend de 1981 à 1984. Trois années atroces Ce spectacle a pour but de mettre en lumière l’histoire méconnue du tout début d’une pandémie qui ne portait pas encore de nom et qui s’abattît de façon totalement aléatoire sur toute une communauté. Dans cette pièce, Larry Kramer parle du SIDA au présent et témoigne des bouleversements, des tabous et des questions que cette pandémie a engendré. Alors que cette pièce a déjà était jouée à New York, plusieurs centaines de fois, elle n’avait encore jamais été présentée en France. Virginie de Clausade l’a traduite, adaptée et mise en scène et présentée, cette année, en début de saison, au théâtre du Rond-Point. The Normal Heart, cette pièce bouleversante, ce succès immense, est, maintenant, reprise au théâtre la Bruyère, dès le 20 janvier 2022. À cette occasion, j’ai eu le plaisir de rencontrer Virginie de Clausade qui m’a accordé un très beau et enrichissant moment d’interview. INTERVIEW DE VIRGINIE DE CLAUSADE Ils sont 40 millions à avoir disparu sans que personne, ou si peu, ne leur rende hommage. C’est aussi cette injustice qu’il s’agit d’exposer. Il était urgent que ce témoignage artistique hors du commun soit porté sur une scène française. VIRGINIE DE CLAUSADE FRÉDÉRIC BONFILS The Normal Heart, un spectacle particulièrement percutant et émouvant, est un choc qui laisse sans voix. Comment avez-vous obtenu les droits de cette pièce? VIRGINIE DE CLAUSADE Alors ça, c'est un truc de dingue. Quand j'écrivais mon bouquin sur Thierry Le Luron. Je découvre le texte The Normal Heart: Je me suis dis, tout de suite : « Ce texte est fou ! » et plus de trois mois plus tard, un pote, Sabri Meddouri, m’appelle et me dit : « Tu sais, la pièce que tu aimes bien, The Normal Heart, c'est un copain à moi qui a acheté les droits et il cherche quelqu'un pour l'adapter et travailler dessus. » J'ai tout de suite rencontré Eric Maillard et on s'est dit, sans trop réfléchir : « banco, on y va ! ». Très Rapidement, avec Dimitri ( Dimitri Storoge) on a réussi à faire ce petit miracle. FB - Virginie, c'est votre première mise en scène et vous avez quand même frappé fort, traduction, adaptation et mise en scène. C’est une mission impossible ! VC - (Rire) Oui, c'est vrai : « si j’avais su dans quoi, je n’y serai, peut-être, pas aller. » Mais c'est ça qui est chouette. « La vie est bien faite et s'écrit bien. » J'étais partie pour traduire ce texte, mais il a fallu l’adapter car il était trop long pour réussir à le monter sur une scène française. Et puis, ne trouvant pas de metteur en scène, je me suis lancée, et voilà ! FB - Peut-être que je me trompe, mais quand je vois des pièces américaines traduites en français, je trouve que ça parle beaucoup, beaucoup. Avez-vous travaillé en ce sens ? VC - Oui c’est vrai. Ce n’est pas facile de traduire un texte américain en français. L'Anglais est un faux ami du français car la structure de pensée est complètement différente de la nôtre, le « je » passe avant le collectif. J’ai tenu à rester fidèle au panache du verbe de Larry Kramer, et a retranscrire précisément son propos, mais c'est vrai que ce personnage pourrait facilement paraître trop mégalomane et verbeux en français. Quand on lit le texte en anglais, il l’est un peu et c'est aussi sa force et ce n’est pas aussi gênant. Donc, on a, effectivement, un peu élagué, mais pas édulcoré, au contraire. On a eu besoin parfois de prendre un chemin un peu détourné, pour comprendre ce texte anglais en français. FB - En même temps, avec ce caractère fort, on comprend aussi très bien que ce personnage reste dans l’histoire, dans les annales. Pourquoi cette pièce qui a été créée en 1984 et qui a été jouée de nombreuses à New York ne l’a jamais été en France ? VC - Je ne sais pas. On nous a dit plusieurs fois : « Le texte est magnifique, mais, avec ce projet, vous allez vider les salles de théâtre. FB - En tout cas, vous avez rempli le théâtre du Rond-Point. The Normal Heart a été quand même un des plus gros succès de cette rentrée théâtrale et, certain spectateurs sont même venus plusieurs fois, je crois. VC - Oui, il y a une personne qui est venue 8 fois. C'est incroyable ! « Mais, on n’y a toujours cru. On a tous envie d'être diverti, bien sûr ! mais on peut, aussi, avoir envie d’être nourri. » On espére tant que le public sera toujours présent, à La Bruyère. FB - On a tellement entendu parler de ce sujet, au cinéma, à la télé. En quoi The Normal Heart parle différemment du SIDA ? VC - À l’exception du film français « Encore » de Paul Vecchiali de 1988, c'est le seul texte qui parle du Sida au présent. Quand on regarde aujourdhui cette histoire, on sait qu'il y a eu 100 millions de morts. On sait toute la souffrance qu’il va y avoir, mais les protagonistes, eux, ne le savent pas encore. FB - En fait, j'ai été complètement scotché, mais c’est difficile à l’analyser. Peut-être parce que c’est bien ancrée dans l’inconscience générationnelle. Vous qui êtes, tout de même, bien plus jeune que moi. Comment avez-vous fait pour retranscrire cette période de façon aussi juste ? VC - En faisant mes recherches, un peu naïvement, je pensais que le SIDA avait changé le monde, mais pas tant que ça. La pandémie a eu lieu, il y a eu des morts, on a tous été très mal à l'aise, puis on a tous repris le cours de nos vies, sans ne se poser de questions. Enfin, quand même, on est là, en plein COVID, les médecins débarquent sur les plateaux télé en 2020, et nous disent que ça fait un siècle qu’il n’y a pas eu de pandémie, Et les 100 millions de morts du SIDA, ça ne compte pas ? Comme en 1981, pour moi, c’est une forme de déni du SIDA. Pendant longtemps, j'ai pensé que le sida avait été maltraité car, ça avait commencé par la communauté homosexuelle. « En fait, quand une maladie tombe, pour se rassurer, il faut qu’on trouve quelqu'un à blâmer. Dans le cas du covid, ça a été les chinois, les Italiens puis les vieux. » C’est aussi abject que de dire, vous êtes homosexuel ? Tant pis pour vous. Ce n’était pas politiquement correct car, annoncer qu’on était malade du SIDA, c’était dire qu’on était toxicomane ou homosexuel. « À cette époque le sida a fait exploser l'intimité » Il y avait tout un pan d'intimité qui était livré en public de façon dégueulasse, avec les pires fantasmes. Pour moi, les personnages de cette histoire, ce sont des héros, des Rock Stars et cette magnifique pièce est renversante. Il n'est même pas question de maladie où de virus. On n'a même pas encore dit le nom. FB - Le mot sida arrive à la toute fin de la pièce. VC - Jamais. Jamais il n'est dit. c’est fou, non ? on parle du cancer gay, mais le mot SIDA n'est pas jamais prononcé. FB - Quelle équipe de comédiens ? VC - Ah oui ! Pour moi, tout repose sur eux. C’est un texte magnifique porté par une troupe d'acteurs extraordinaires. FB - Avec cette pièce, on est à la fois dans quelque chose d'assez documentaire, très réaliste et, en même temps, très poétique, très romanesque. Il y a un vrai travail créatif au niveau des décors, des costumes. C’est à la fois très marqué par l’époque, en restant universel. VC - On a fait un gros travail sur la scénographie, en se disant « Qu'est ce que ça nous évoque ? » « Je n'aime pas trop les projections vidéo. Pour moi, au théâtre, il n'y a pas besoin d’effets incroyables ou de musiques. Juste quelque chose qui soutient l'imaginaire de chacun. » Tout n’est qu’une question de vocabulaire, de mots utilisés. Je pense que, souvent, on coupe l’imaginaire en voulant trop le nourrir. Dans la salle, il y a environ 300 places. 300 personnes qui viennent avec leurs propres histoires. Ça, c'est imbattable ! Je me dis :  « Je ne peux pas faire mieux » C'est d'ailleurs pour ça qu'on est, souvent, déçu par les adaptations littéraires au cinéma. C’est parce qu’on n’était pas en accord avec ce que l’on avait dans la tête. C’est pour ça que j´ai eu envie de cet univers stylisé, sans projection ni musique. « Je ne voulais pas imposer mon univers. » Et la musique, surtout celle des années 80, c'est tellement attendue. Il y en a juste à la fin. Brice Michelini a fait, avec Ronan Martin, son comparse, une musique sur laquelle on lance les Applauses. « Il fallait une musique qui ramène à la vie, donne l’envie de se lever et de se sentir vivant. » FB - C'est quand même très drôle aussi et sensuel ? VC - « Comment peut-on comprendre le carnage qu'a été cette maladie si on enlève le désir. » On est sur une jeunesse qui a 20 ans, qui est belle et qui se désire. Il faut, à un moment donné, qu’il y ait des gens désirables sur scène qui parlent de désir. « Le désir de plaire, de séduire, de s’envoyer en l’air, d’exister, de s’amuser, de s’affirmer... de vivre. » VIRGINIE DE CLAUSADE La vraie fierté, on la tirera d’une culture qui ne sera pas seulement sexuelle. C’est là, partout autour de nous dans l’Histoire. Se définir par nos bites est littéralement en train de nous tuer. En est-on est réduit à devenir nos propres assassins ? Extrait THE NORMAL HEART UNE PIÈCE DE LARRY KRAMER ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE VIRGINIE DE CLAUSADE AVEC DIMITRI STOROGE, MICHAËL ABITEBOUL, JOSS BERLIOUX ANDY GILLET, DÉBORAH GRALL, BRICE MICHELINI JULES PELISSIER, DIMITRI STOROGE TEXTE PUBLIÉ AUX ÉDITIONS L’AVANT-SCÈNE THÉÂTRE DURÉE ESTIMÉE 1H45 THÉÂTRE LA BRUYÈRE 5 rue de la Bruyère Paris 9e À partir du 20 janvier 2022 Du mardi au samedi à 21h Samedi à 17h The Normal Heart (1985), a remporté trois Tony Awards et deux nominations à Broadway. Elle a été joué plus de 600 fois dans le monde. Son adaptation pour HBO a remporté un Emmy en 2014.

  • Encore une fois

    Après les succès de L’opéra dans tous ses états puis Figaroh, les chanteurs lyriques Leana Durney et Davide Autieri reviennent pour notre plus grand plaisir. Marqués par le spectacle La Lettre de Paolo Nani, découvert au Festival d’Avignon, ils ont eu envie de se plonger, eux aussi, dans le genre de l’opérette. Amant, quiproquo, amour bafoué, lutte des classes et airs enjoués Partons à la découverte de la 5000e représentation d’une opérette un peu désuète, un peu caricaturale retransmise en direct dans des cinémas, agrémentée d’images d’archives et d’interviews. Le livret de Robert Sandoz rend un bel hommage à l’opérette qui dans un genre à la fois loufoque et virtuose, reprend avec entrain et passion les grands thèmes de notre société. Ce spectacle complètement fou parle aussi de l’usure des comédiens qui, à l’occasion d’un succès, doivent répéter des centaines de fois le même texte et les mêmes gestes. Le plaisir serait-il toujours présent si le spectacle était remis des centaines de fois ? Quand on gagne en précision mais qu’on perd en plaisir, faut-il jouer malgré tout ? humour, théâtre et art lyrique Avec des voix magnifiques, une belle énergie et un décor très ingénieux, cette bande de merveilleux comédiens - chanteurs envahissent la scène et, avec un talent inouï, nous font mourir de rire. Encore une fois est un spectacle complètement loufoque, dingue, joyeux, émouvant. Cette opérette qui respecte parfaitement les codes, est mise en scène avec beaucoup de modernité. Voilà un pur divertissement pour toute la famille, renversant de talent et rafraîchissant à souhait. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 Encore une fois Conception Leana DURNEY, Davide AUTIERI, Robert SANDOZ et Blaise UBALDINI Livret et mise en scène Robert SANDOZ Distribution Davide AUTIERI, Julie CAVALLI, Leana DURNEY, Julien HETEAU, Rémi ORTEGA, Adrien POLYCARPE ou Florent LATTUGA (en alternance) Création lumières Faustine BRENIER Photos Guillaume Perret, L. von Sibenthal et Rémy Brahier L. von Sibenthal et Rémy Brahier. THÉÂTRE FUNAMBULE MONTMARTRE À partir du 5 janvier 2022 Du mardi au samedi à 19h ou 21h, suivant les semaines. Le dimanche à 16h Durée 1h40 - Dès 7 ans

  • L’homme qui dormait sous mon lit

    Une magnifique histoire d’amour Dans un huis clos intense à trois personnages, Pierre Notte dresse le portrait d’un monde où, quand on héberge un migrant, on touche une allocation et s’il se suicide, une prime supplémentaire. Dernier étage d’un studio étriqué, le réfugié cherche sa place, la trouve sous un sommier, y cultive son potager. La propriétaire lui indique où sont rangées les lames de rasoir et prépare la mort-aux-rats tandis qu’une médiatrice tente d’apaiser le tout. Dans un décor particulièrement épuré, en forme de plateau de jeu de société qui ajoute encore beaucoup d’extravagance au texte complètement fou, entre deux tremblements de terre et combats, MURIEL GAUDIN, SILVIE LAGUNA, et CLYDE YEGUETE, merveilleux et surréalistes, s’en donnent à cœur joie. Ils sont les entités monstrueuses d’une fantaisie macabre. Mauvaise farce, tragédie lucide, Drame romantique... Ils se détruisent, se déchirent, ce combattent avec leur langue acérée et se découvrent, peut-êtr, pour s’apprivoiser et s’aimer, au bout du compte. L’Homme qui dormait sous mon lit est un combat saignant et hargneux. Une guerre où les mots sifflent comme des balles. Un spectacle subversif, effroyable et infiniment drôle sur la difficulté de vivre ensemble, sur la naissance impossible d’un amour possible. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 On est tous là aussi pour rêver un peu, après avoir ri tant bien que mal du désastre. Pierre Notte L’HOMME QUI DORMAIT SOUS MON LIT TEXTE, MUSIQUES ET MISE EN SCÈNE PIERRE NOTTE AVEC MURIEL GAUDIN, SILVIE LAGUNA, CLYDE YEGUETE THEATRE DU ROND-POINT 7 – 30 JANVIER 2022, 20H30 DURÉE 1H15 TOURNÉE 16 ET 17 OCTOBRE 2021 POUZAUGES (85) 1ER ET 2 DÉCEMBRE 2021 DUNKERQUE (59) 10, 11 ET 12 FÉVRIER 2022 FORT DE FRANCE (97) 2 MAI 2022 COYE-LA-FORÊT (60)

  • Fuir le fléau

    Entendre le Fléau, pour mieux le Fuir En plein premier confinement, la metteuse en scène, Anne-Laure Liégeois a repensé à un désir vieux de 3 ans, où plusieurs auteurs contemporains parleraient de façon cathartique des fléaux ravageant leur pays, au même titre que dans le Decameron de Boccace (où des jeunes gens fuient l’horreur de la peste de Florence, en se racontant des histoires sur les collines environnantes de la ville). Un désir refaisait surface Anne-Laure Liégeois ravivait son idée avec bonheur et inventait « Fuir le Fléau ». Avec une énergie proche du désespoir, elle s’est accrochée à son idée de toutes ses forces, s’y est impliquée totalement et fut même surprise de voir à quel point une chaîne d´amitié, de solidarité se mit en place si facilement. C’est en entendant le 28 avril 2020, que les théâtres ne pourraient pas ouvrir de si tôt que le désir refaisait vraiment surface. Dans ma solitude, comptant chaque jour le nombre d’yeux que j’avais croisés dans la journée, j’inventais mon combat à mener. Un parcours permettant au spectateur de revenir en salle de théâtre, tout en répondant à toutes les contraintes sanitaires. Anne-Laure Liégeois « MON CARNET DE JEU » 1 commande de texte de 10 minutes à 17 auteurs contemporains ‘‘Où l’on raconte une histoire sur ce que l’on fuit pour le fuir mieux.’’ 6 lieux différents dans un même théâtre 6 comédiens disant tous les soirs des textes différents 1h20 par série de représentation Un spectacle qui sonne comme le témoignage d’une période aux sensations et sentiments exacerbés, aux désirs délirants, à la réflexion sur la nature de l’homme et sur le monde nécessaire, une période où le petit, l’intime a dit le grand, l’universel. Un spectacle particulièrement original que se vit comme une expérience Après une magnifique introduction pleine d’humour par Anne Girouard, en maitresse de cérémonie, le public est séparé en petits groupes et dirigé dans différents lieux du théâtre, tenus parfois secrets. Chaque comédien, avec son style, sa patte, son jeu, son univers, va venir à tour de rôle, dire un texte, parfois drôle, choquant, bouleversant, douloureux ou loufoque. Une façon géniale de Fuir le Fléau de l’atomiser, de s’en débarrasser À la fin du spectacle, nous nous retrouvons tous ensemble avec la sensation d’avoir vécu quelque chose de vraiment inédit, émouvant et excitant. Une expérience immanquable où les oreilles deviennent des armes qui permettent aux mots de partir au combat. Une façon d’entendre vraiment le Fléau, pour mieux le Fuir. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Fuir le fléau Mise en scène Anne-Laure Liégeois Une commande de textes à Nathalie Azoulai, Emmanuelle Bayamack-Tam, Arno Bertina, Valérie Cachard, Lise Charles, Rébecca Déraspe, Rémi De Vos, Thierry Illouz, Leslie Kaplan, Olivier Kemeid, Philippe Lançon, Scholastique Mukasonga, Valérie Manteau, Laurent Mauvignier, Marie Nimier, Jean-Marc Royon, Jacques Serena Avec Vincent Dissez, Olivier Dutilloy, Anne Girouard, Norah Krief et en alternance Alvie Bitemo, Olivier Broche, Lorry Hardel, Nelson-Rafaell Madel, Isis Ravel Crédit photo ©Christophe Raynaud de Lage / photos de répétitions TOURNÉE 2022 10 au 12 janvier 2022 – Le Volcan – Le Havre 13 au 15 janvier 2022 – L’Azimut Antony Châtenay-Malabry 21 et 22 mai 2022 – La Filature, Scène nationale – Mulhouse

  • Premier Amour

    Un spectacle étrange et pénétrant Délogé de chez lui à la mort de son père, un vieux garçon égoïste, raconte et régurgite son histoire d’amour avec une prostituée rencontrée sur un banc. Avis de Foudart 🅵🅵🅵 Premier Amour de Samuel Beckett, est au départ une nouvelle qui n’était pas destinée à la scène. C’est une œuvre austère, minimaliste et pessimiste qui reprend son personnage favori, le vagabond. C’est aussi une œuvre remplie d’humour et de dérision. Les méandres doux-amers d’une vie ratée Au fil des mots, le narrateur pontifie, soliloque, jargonne tout en déambulant dans un cimetière et parle à son père mort ou aux étoiles. Travaillant sur ce monologue depuis plusieurs années, m’en imprégnant au fur et à mesure des répétitions, je me suis glissé dans la peau de ce personnage habité. Jean Michel Accompagné par les notes de guitare acoustique de Roland Gomes, Jean Michel, avec une grande intensité et tout son corps, s’empare et s’approprie de ce très beau texte et nous offre un grand moment de poésie. Une poésie triste, désespérée et infiniment drôle. Une comédie tragique et mélancolique. PREMIER AMOUR Une pièce de Samuel Beckett Metteur en scène Jean-Pierre Ruiz Comédien Jean Michel Musicien Roland Gomes photo Jean Couturier Spectacle vu Théâtre de la Croisée des chemins 120 bis rue Haxo - Paris 19 Durée 1h10

  • The normal heart

    Après l’immense succès au théâtre du Rond-Point, en début de saison, The Normal Heart revient au Théâtre de la Bruyère. New York, 1981, une épidémie sans nom décime la communauté homosexuelle. Face au déni et à l’indifférence, Ned Weeks s’indigne, met sa colère et son mauvais caractère au service d’un activisme sans concession, dénonce l’inaction et provoque des scandales médiatiques. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 The Normal Heart, la pièce mythique de Larry Kramer, fondateur de Act Up en 1987, a été écrite en 1984 et aborde une période méconnue et pourtant atroce qui s’étend de 1981 à 1984. Le tout début d’une pandemie qui ne portait pas encore de nom et qui s’abattît de façon totalement aléatoire sur toute une communauté Larry Kramer parle du sida au présent et témoigne des bouleversements et des questions que cette pandémie engendre. Alors que cette pièce est jouée très régulièrement à New York depuis 1985, c’est la première fois à Paris. Virginie de Clausade, comédienne et autrice, avec sa première mise en scène de théâtre, frappe fort Tout d’abord, par le choix de cette pièce, qui parle du Sida. Par le moment où elle nous est présentée, alors qu’une nouvelle pandémie bien plus politiquement correcte, nous soit tombée sur la tête. Par sa mise en scène, tout en sobriété, sans jeu de lumière extravagant ni musique - sauf à la toute fin. Ordonnée par date et par nombre de victimes, comme un glas inéluctable qui sonne la fin de toute un époque, la pièce nous parle de sentiment, de peur, d'amour et de mort, beaucoup de mort. Ils sont 40 millions à avoir disparu sans que personne, ou si peu, ne leur rende hommage. C’est aussi cette injustice qu’il s’agit d’exposer. Il était urgent que ce témoignage artistique hors du commun soit porté sur une scène française. VIRGINIE DE CLAUSADE C’est aussi une pièce qui parle de séduction, de sensualité et de sexualité. Le désir de plaire, de séduire, de s’envoyer en l’air, d’exister, de s’amuser, de s’affirmer... de vivre. VIRGINIE DE CLAUSADE DIMITRI STOROGE, Parfaitement entouré par une équipe de comédiens aussi vrais que nature, nous transmet, avec force, sa colère et son désarroi et nous fait bien comprendre le malaise, les tabous que suscitent cette maladie. Un témoignage essentiel de notre passé si récent The Normal Heart, un spectacle particulièrement percutant et émouvant, est un choc qui laisse sans voix. La vraie fierté, on la tirera d’une culture qui ne sera pas seulement sexuelle. C’est là, partout autour de nous dans l’Histoire. Se définir par nos bites est littéralement en train de nous tuer. En est-on est réduit à devenir nos propres assassins ? Extrait THE NORMAL HEART UNE PIÈCE DE LARRY KRAMER ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE VIRGINIE DE CLAUSADE AVEC DIMITRI STOROGE, MICHAËL ABITEBOUL, JOSS BERLIOUX ANDY GILLET, DÉBORAH GRALL, BRICE MICHELINI JULES PELISSIER, DIMITRI STOROGE TEXTE PUBLIÉ AUX ÉDITIONS L’AVANT-SCÈNE THÉÂTRE DURÉE ESTIMÉE 1H45 THÉÂTRE LA BRUYÈRE 5 rue de la Bruyère Paris 9e À partir du 20 janvier 2022 Du mardi au samedi à 21h Samedi à 17h The Normal Heart (1985), a remporté trois Tony Awards et deux nominations à Broadway. Elle a été joué plus de 600 fois dans le monde. Son adaptation pour HBO a remporté un Emmy en 2014.

  • Madame Fraize…en tournée

    Monsieur Fraize flotte dans une robe verte et fendue, il chante l’amour et le manque. Peut-être a-t-il emprunté la robe de Madame Fraize pour mieux parler d’elle, âme sœur et tout à la fois grand-mère, sœur et marraine ? Madame Fraize est son épouse, réelle ou rêvée, on ne connaîtra pas son nom. Elle le guide aujourd’hui. Elle le sociabilise. Enfant timide à vie, il a vécu dans l’ombre de ses parents. Il vit aujourd’hui dans la lumière de sa compagne. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 Depuis 20 ans, Marc Fraize nous régalait avec son rôle lunaire de Monsieur Fraize, un homme ordinaire et timide au pantalon trop court, trop vert et au polo moulant. Aujourd’hui c’est au tour de Madame Fraize, son alter ego féminin de fouler les planches. Madame Fraize, c’est la mère, la sœur, la fille, la femme de Monsieur Fraize ? Toutes à la fois ? Toutes à la fois ! MARC FRAIZE Sur un plateau presque nu, d’une sobriété implacable, apparaît Madame Fraize avec une très jolie robe verte fendue. Elle chante « Piensa en mi », l’éternelle chanson du film Talons aiguilles, une ode merveilleuse à toutes les femmes. Elle fait penser à Billy Wilder dans Certain l’aime chaud, elle pourrait être l’une des héroïnes de la série Desperate Housewives. Elle est elle-même, fragile, taquine et libre. C’est une envie très personnelle de parler de la gente féminine qui a accompagné ma vie, et de leur rendre hommage. MARC FRAIZE Un univers sensible et absurde Avec une douce fantaisie, Madame Fraize nous parle et nous réjouit de ses pensées sur l’absurdité de choses courantes de notre vie, mais aussi, sur l’existence et le couple. Elle nous embarque avec elle et nous fait rire, tellement. Marc Fraize, avec une subtilite incroyable et une vraie sensualité, réalise une prouesse avec ce seul en scène délicat, drôle et tendre et nous offre un grand moment au théâtre du Rond-point. MADAME FRAIZE MISE EN SCÈNE PAPY INTERPRÉTATION MARC FRAIZE Spectacle vu au THÉÂTRE DU ROND-POINT TOURNÉE 25/01/22 BOURG-LA-REINE(92) Festival de l'Humour 28/01/22 LE HAILLAN (33) L'Entrepôt 03/02/22 CALUIRE (69) Le Radiant 12/02/22 LOIREAUXENCE(41) Espace Alexandre Gautier 18/02/22 CAPESTANG(34) Salle Nelson Mandela DU 01 AU 04/03/22 MARSEILLE (13) Theatre de l'Odéon 12/03/22 MORTAGNE-AU-PERCHE(61) Le Carré du Perche 19/03/22 HOUILLES (78) Salle Cassin 23/03/22 BORDEAUX (33) Les Fous Rires 26/03/22 NAMUR(BE) Namur is a joke 05/04/22 TOULOUSE(31) Printemps du Rire 29/04/22 TASSIN-LA-DEMI-LUNE(69) L'Atrium 05/05/22 CLAIX (38) Le Déclic

  • Jane par Charlotte

    Le principe est de te regarder comme je ne t’ai jamais regardée. Charlotte Gainsbourg Une immense histoire d’amour Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 La pudeur de l’une face à l’autre n’avait jamais per­mis un tel rap­pro­che­ment. Mais par l’entremise de la camé­ra, la glace se brise pour faire émer­ger un échange inédit qui efface peu à peu les deux artistes et les met à nu dans une conver­sa­tion intime. Tu étais mystérieuse pour moi. Ta présence n’était pas banale. Jane Birkin Une discussion tout en retenue, mais sans réserve Une fille parle à sa mère, parle de sa mère et trace un portrait inédit et bouleversant. Tout en ombres et lumières, presque comme une esquisse, un tableau d’une grande délicatesse se crée sous nos yeux. Passant d’une sobriété extrême à une véritable effervescence, la caméra s’immisce et l’émotion se conjugue entre ses deux êtres si rares et intelligents. En vieillissant, on ne peut plus porter les mêmes choses qu’avant. On est obligé de devenir un peu flou. Jane Birkin Avec cette pointe d’humour « Anglais » si connue, Jane et Charlotte se rencontre et nous offrent le plus beau de tous les cadeaux. Ce documentaire m’aura rendu si sentimentale. Je t’aime depuis toujours, magnifique s je ne le comprends qu’aujourd’hui. Charlotte Gainsbourg JANE PAR CHARLOTTE De Charlotte Gainsbourg Avec Jane Birkin, Charlotte Gainsbourg & Jo Attal Image Char­lotte Gains­bourg & Adrien Bertolle France- Documentaire - 1h30 Sortie cinéma, le 12 janvier 2022

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