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- Les couteaux dans le dos. Les déchargeurs
« Les couteaux dans le dos » est vraiment une pièce folle, complexe à la fois complètement surréaliste et ultraréaliste. Le texte ciselé, nerveux, bourré de référence, mais aussi très drôle de Pierre Notte est très reconnaissable. Pierre Notte joue si bien avec les mots que son écriture me fait penser par moments à du Gainsbourg, efficace et poétique. Il y a plein de moment, de phrases qui me (nous, j’imagine) parlent totalement et que j’ai la sensation d'avoir entendu mille fois. Son écriture est vraiment unique et sa mise en scène brillante. Pierre Notte arrive avec peu de gestes et accessoires bien trouvés à créer tout un univers, toute une atmosphère. Avec les couteaux dans le dos, Pierre Notte s’intéresse à la famille ou plutôt l’explosion du cadre familial. Une gamine s’en va. Les parents s’enlisent. Elle, elle va vivre son errance, son parcours initiatique au-delà de la mort. Le tout mêlé de très belles chansons douces et drôles et d’un épilogue merveilleusement poétique. On ne peut qu'être touché par cette pièce sur l’incompréhension, la différence et l’amour. Les cinq comédiennes, parfaites, fonctionnent à merveille. Leur joute verbale est un véritable jeu de ping-pong théâtral, mais J’ai adoré tout particulièrement Paola Valentin. D’une détermination et d’une candeur sublimes, elle est la touche de douceur dans ce monde abrupt. En la voyant, je l’ai imaginé dans plein de rôle. Une autoroute s’offre à elle.
- La souricière. Théâtre la Pépinière
La souricière. Une pièce jouée sans interruption depuis 1952 à Londres. 27 000 représentions. Un immense succès et une salle comble à Paris. Une pièce D’agatha Christie ? J’adore ! Et je dois dire que l’adaptation française de Pierre-Alain Leleu est un pur bonheur. On y est. Au cœur de vieux manoir anglais. Un meurtre à Londres a lieu. Pendant ce temps là, l'émotive Mollie et l'ordinaire Giles Ralston ouvrent une pension de famille dans la campagne londonienne... Alors qu'une tempête de neige les immobilise avec leurs cinq pensionnaires, la détestable Madame Boyle, l'espiègle Christopher Wren, le rigoureux Major Metcalf, l'étrange Mademoiselle Casewell et le fantasque Monsieur Paravicini, le méticuleux inspecteur Trotter vient leur annoncer que le meurtrier est l'un d'eux. le décor est absolument splendide. Le mystère bat son plein et cette pièce mise en scène par Ladislas Chollat est fantastique. C’est un plaisir immense de jouer à ce cluedo théâtral et de tenter de résoudre l’intrigue. Disons le tout net, je me suis régalé. huit comédiens sur scène qui se donnent à fond Christine Bonnard, Dominique Daguier, Sylviane Goudal, Stéphanie Hédin, Brice Hillairet, Pierre-Alain Leleu, Marc Maurille, Christelle Reboul, Frédéric Rose, Pierre Samuel. Du suspense, des chorégraphies, de la neîge, du rire. La Souricière a tout pour plaire. C’est un immense coup de cœur. A voir absolument 💓
- Un américain à Paris. Théâtre du Châtelet
J’ai vraiment beaucoup aimé « un Américain à Paris » mais... « Un américain à Paris » est vraiment un grand spectacle. Idéal pour cette fin d’année. Le livret des Gershwin est magnifique. L’adaptation sur scène et Les chorégraphies de Christopher Wheeldon sont si réussies que l’on pense plusieurs fois à des ballets de danse moderne. Il y a plein d’idées lumineuses comme le décor en trois dimensions (avec des pièces ajoutées aux projections) et la modernisation de l’œuvre d’origine fonctionne très bien. La scène aux galeries Lafayette est l’une des plus belles et toutes les fins de tableau sont magistrales. Jerry Mulligan est un génie. Cet artiste au charisme fou sait tout faire brillamment. Je suis un peu moins fan des projections « à outrance » (surtout quand les images sont projetées sur les artistes) et certains costumes m’ont un peu dérangé (surtout ceux du ballet magistral de fin, styles Mondrian). Mais à part cela et un Paris très « touristique », ce spectacle est immanquable. Chanteurs, danseurs, grand orchestre, tout est réuni pour passer une excellente soirée.
- Toute la comédie...ou presque. Alhambra Paris
J’ai vu cet après-midi un très joli spectacle à l’Alhambra. Toute la comédie... ou presque ! est un condensé de l’histoire de la comédie, depuis la création de l’univers jusqu’à aujourd’hui. On y retrouve les plus grands auteurs comiques de l’histoire : Aristophane, Shakespeare, Molière, Goldoni, Marivaux, Feydeau ... Ils y côtoient des dieux, des hommes préhistoriques, des citoyens d’Athènes, des révolutionnaires, des youtubeurs ou même Christophe Colomb, dans un joyeux bric-à-brac allant de la comédie grecque au stand-up, en passant par la commedia dell’arte, le vaudeville ou le théâtre de l’absurde. Un spectacle azimuté où les trois comédien.ne.s interprètent exactement 82 personnages, pour le plus grand plaisir de vos zygomatiques et de ceux de vos enfants ! Une énergie folle. Des comédiens très amusants. Ce spectacle jeune public et aussi distrayant qu’instructif et en tant de fou de théâtre, je me suis régalé de découvrir l’histoire du théâtre depuis les origines jusqu’à nos jours. Savez-vous qu’il a fallu 2000 ans avant qu’une femme ait le droit de jouer la comédie ? Vincent Caire, le metteur en scène a su créer une pièce idéale pour rire de bon cœur avec ses enfants (à partir de 7/8 ans) tout en apprenant plein de choses. Bravo ! Crédit photo : Charlotte Spillmaecker
- Camille contre Claudel. Magnifique au Théâtre Lepic
“L'ordre est le plaisir de la raison, mais le désordre est le délice de l'imagination.” Quand on sait comment a été traité Camille Claudel, la citation de son frère Paul, paraît vraiment effrayante. C’est un peu le sujet de cette pièce magnifique et du combat de Camille, cette femme libre, ce génie contre l'ordre moral, établis par une société patriarcale. Hélène Zidi a fait un travail de documentation immense, mais c'est avant tout ses choix artistiques qui m'ont véritablement ébloui. Il est clair que Camille Claudel est un personnage éminemment romanesque et un rôle en or mais faire coexister sur scène Camille jeune et vieille en miroir et vraiment une idée géniale. Quand on associe à cela une scénographie splendide de Francesco Passaniti, des costumes très beaux et que l'on confit la création lumière à Denis Koranski, celui qui est, pour moi, au théâtre ce qu'a été Bruno Nuytten au cinéma, cela donne une pièce magnifique au théâtre Lepic. Il y a tellement de choses que j'aime dans ce spectacle que ça se bouscule un peu dans ma tête. La construction narrative, la magnifique voix de Gérard Depardieu, le jeu de Lola qui est rentré tout droit dans mon cœur et Hélène Zidi qui est exactement tout ce que j'aime chez les meilleurs comédiens(es) expérimentés. Être là, totalement offert à son personnage et donc, à nous spectateurs, le temps de la représentation. Cette générosité est d'une puissance émotionnelle qui me submerge, encore, à chaque fois. Le plus sincèrement du monde, cette pièce est un véritable bijou qu'il ne faut rater sous aucun prétexte.
- 3 femmes. Théâtre le Lucernaire
J’ai tellement adoré cette pièce que j’ai l’impression d’avoir reçu un véritable cadeau. Cette chronique de trois générations de femmes est magnifiquement écrite et mise en scène par Catherine Anne. Il y a un équilibre parfait entre ces trois personnages. On rit, on est ému. Il y a tant d’humanités dans cette pièce et de tendresse que mon cœur s’est rempli de bonheur. Catherine Hiégel est une comédienne admirable. À la fois bougon, émouvante et tellement drôle, ce rôle lui va à la perfection, mais Clotilde Mollet et Milena Csergo sont, également, des partenaires de jeu magistrales. Clotilde Mollet a un phrasé très particulier que j’adore et Milena Scergo, une présence et un charme formidable. Cette pièce est un pur bijou à voir absolument. Crédit photo : Victor Tonelli
- Christophe Alévêque. Théâtre du rond-point
Quand Christophe Alévêque fait sa revue de presse, il n'y a pas à dire. Ça dépote ! Un peu de mauvaise foi bien française mais aussi beaucoup de vérité et toujours du génie. C’est vraiment ce que j’avais envie de dire en sortant. Quel génie ! À la frontière entre un chansonnier, un chroniqueur, un clown et un véritable comédien son écriture est ciselée. Son humour est corrosif à souhait et son ton très personnel est formidable. Merci pour ce moment Christophe Alévêque et merci pour cette fin magistrale. Très bon spectacle !
- Flying BACH par les Flying Steps. Salle PLEYEL
Quand les champions du monde de break dance rencontre Bach. Vous les connaissez ? Moi oui. Se sont des Rock Stars en Allemagne et ils commencent une grande tournée en Europe. Ils seront un seul soir à Parie à la Salle Pleyel, le 28 mars à 20h et c'est immanquable !
- La mégère apprivoisée. Une journée particulière à l'Artistic Théâtre
J'ai passé cette semaine une après-midi que je pourrais nommer, en tant que Fou de théâtre, de follement passionnante. Un après-midi entier à regarder travailler une équipe, une troupe avec ces doutes, ces craintes, ces questionnements et ces calages. Moi qui suis totalement passionné par la genèse artistique, je fus totalement comblé de bonheur et je dirais même profondément ému. Ce n'est qu'en sortant du théâtre que j'ai réalisé tout ce que j'avais adsorbé dans ma tête et dans mon cœur. Anne-Marie Lazarini, la co-directrice du théâtre, m'a accueilli comme un prince, avec gentillesse et générosité. J'ai adoré, Madame, votre regard déterminé derrière ce sourire magnifique. Vous êtes une très grande dame de théâtre. Il suffit de vous côtoyer quelques minutes pour en avoir la certitude. Frédérique Lazarini, la metteuse en scène de la mégère apprivoisée, je vous aime...tout simplement. Je veux tant aimer votre pièce que le trac monte en moi comme si j'allais jouer aussi sur cette magnifique scène. Mes petits fous n'ayez crainte. Je n'ai pas été acheté et je vous transmettrai mon avis avec honnêteté. C'est un devoir absolu envers vous, mais sachez que ce que j'ai vu donne vraiment l'envie de braver les transports et de foncer à l'ARTISTIC THÉÂTRE. En tout cas, j'y serais et peut-être même que j'y resterai. Je vous remercie tous, infiniment, de m'avoir fait passer l'une des plus belles journées de toute ma vie (en même temps, en ce moment, je passe tous les jours les plus belles journées de ma vie). Je vous le dis, comme ça, directement, soyons fou de théâtre, d'arts vivants, d’opéra, de ballet...et défendons coûte que coûte notre si belle vie culturelle française. Je vous conseille très vivement de regarder les interviews que j'ai réalisées à l'issue de cette après-midi. On ressent tant de passion, d’intelligence, d'humilité et d'humour. La mégère apprivoisée à l'Artistic Theatre, À partir du 14 janvier 2020 à 20 h 30
- Détails. Théâtre du Rond-point
Érik, Stefan, Ann et Emma s’aiment, se trahissent, se quittent. Ils sont éditeurs, auteur, romancière, médecin. Détails, c’est dix ans de leur vie, de Stockholm à New York. Leurs années quatre-vingt-dix s’émaillent d’échecs et de succès relatifs, d’atermoiements, avec les venins du temps. Après les grands desseins viendrait le temps des détails ? Quand Norén disait dans une interview que cette pièce parle de la dernière décennie du XXe siècle, il admettait que le regard sur la vie entière de ses personnages l’angoissait. Aussi lui fallait-il se concentrer sur les détails. Des détails dans lesquels non seulement niche le diable, mais qui racontent aussi le monde tel qu’il va et la vie, tout simplement. C’est exactement mon ressenti en sortant un peu titubant du théâtre du Rond-point, car à partir de « détails » de ces quatre vies quotidiennes, Lars Norén nous parle, me parle avec ses mots au plus intime de mon être. Ces histoires ne sont pas les nôtres (la mienne), mais pourraient l’être. En me documentant à propos de Lars Norén, je suis tombé par hasard sur cette citation de Simone de Beauvoir qui résume toute ma pensée, en quelques mots « si un individu s’expose sincèrement, tout le monde est concerné. » Frédéric Bélier-Garcia a du génie. Je suis persuadé qu’à partir de ce texte fort, désespéré. La tentation de la noirceur doit être grande, mais son parti pris de mise en scène est tout autre. La belle scénographie D’Alban Ho Van très vaste, aéré, presque surdimensionné et le placement des comédiens ne donnent jamais la sensation d'enfermement. Les mots sont rudes, mais les rapprochements sont rares, presque pudiques. Les propos sont durs, mais l’humour et le sourire demeurent. On peut certainement adorer ou détester, mais cette pièce aux accents philosophiques sur l’intime, sur le temps, sur la vie, sur une époque ne laisse pas indemne. Dans quel camp serez-vous ? Je vous laisse le choix. Puisque, après tout, tout n’est question de choix. Moi, j’ai adoré. J’en suis même bouleversé, en vérité. Du 8 janvier au 2 février 2020 à 21h. Théâtre du rond-point
- Le hasard merveilleux. Théâtre de la contrescarpe
Un merveilleux hasard ramène Sylvie, entraineur de l'équipe de handball féminine d'Aubervilliers, dans sa ville natale : Constantine en Algérie, ville qu'elle a dû quitter encore petite fille, en 1962, à la fin de la guerre. Son passé la rattrape, faisant resurgir des blessures enfouies, des rires et des pleurs qu'il a fallu cacher. Réveillant les visages du passé, elle retrouve le sentier de son enfance que l'exil avait pulvérisé. Ses souvenirs volent au vent reconstruisant son être, réconciliant dans un rire, ce qui jusque-là ne pouvait être réuni. Un monde magique s'ouvre à nous, un monde où les morts apparaissent, où les objets parlent, où les rêves, les souvenirs et la réalité forment une étrange alchimie. Il paraît même que depuis qu'elle raconte cette histoire la paix règne sur le monde. Vous la croyez ? Et si l'enchaînement de tous ses hasards...merveilleux donnait vraiment ce résultat...merveilleux ? Et si, enfin, toutes ces idéologies et traditions religieuses pouvaient s'accorder ? Et si un tournoi sportif pouvait unir les peuples ? Moi, j'en envie d'y croire, en tout cas. Le hasard merveilleux est avant tout un magnifique texte de Jean-Christophe Dollé. Un conte poétique ou le merveilleux côtoie une vérité presque documentaire. Rien n'est vrai, mais Brigitte Guedj, qui défend ce texte avec une fougue et une énergie folle rend le tout possible. Elle virevolte sur scène, crie, court, se perd, nous perd un peu dans ce texte très dense, mais finit par retomber sur ses pieds en une conclusion merveilleuse. Laurent Natrella qui a bien cerné la magie de ce texte a mis en scène ce spectacle avec plein de très bonnes idées visuelles et même, parfois, féeriques. Je vous conseille vivement de venir rencontrer Sylvie ou Alice au pays des merveilles qui fait une halte de quelques dates (sept, seulement, les mardis et dimanches de janvier 😔) au théâtre de la Contrescarpe crédit photo : Fabienne Rappeneau. Christophe Raynaud de Lage
- Deux euros vingt. Théâtre Rive Gauche
À qui appartiennent les 2 euros 20 abandonnés sur une petite table dans la maison de vacances où 6 amis se sont réunis ? Apparemment à personne mais ces pièces vont disparaître et l’emprunteur aura beaucoup à perdre s’il se dénonce. Beaucoup à perdre ou beaucoup à gagner ? C’est à voir ! La nouvelle comédie Marc Fayet est jubilatoire. Sa nouvelle pièce depuis « des gens intelligents », Molière 2015 est, sans contexte, très réussie. Je dirais même qu´il est vraiment agréable de voir une bande de comédiens un peu plus âgés, car lorsqu'ils ont des choses à dire, ils sont vraiment très drôles. La salle rit de bon cœur et moi aussi. Lysiane Meis, Marc Fayet, la sublime Michèle Garcia, Gérard Loussine, Caroline Maillard et Michel Lerousseau ont tous un vrai beau rôle à défendre, maîtrise parfaitement le comique de situation et un talent jubilatoire. Cependant, je trouve que le décor et les lumières ne sont vraiment pas à la hauteur de ce superbe texte et de ces magnifiques comédiens. Deux euros vingt est une super pièce, bien servies mais pas très joliment emballée et c’est bien dommage. Deux euros vingt Théâtre Rive Gauche Du mardi au samedi à 21h Le dimanche à 15 h












