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- Festival de cannes : une édition hollywoodienne et féminine
La 76ème édition du Festival de Cannes, qui aura lieu dans cinq semaines, s'annonce hollywoodienne et féminine. Jeudi, lors d'une conférence de presse dans un cinéma des Champs-Élysées, la nouvelle présidente du festival, Iris Knobloch, venue de la major américaine Warner, et le délégué général Thierry Frémaux ont dévoilé la sélection officielle. Cette année, six réalisatrices seront en lice pour la Palme d'Or, un record dans l'histoire du Festival, selon Thierry Frémaux. Alors que seulement deux réalisatrices ont remporté la distinction suprême dans l'histoire du festival, cette année les femmes seront plus représentées que jamais. Parmi ces femmes, deux Françaises, les réalisatrices Catherine Breillat et Justine Triet. Catherine Breillat reviendra sur la Croisette dix ans après son dernier film, avec l'histoire d'une mère de famille dont la vie bascule suite à une liaison avec son beau-fils. Justine Triet est de retour en compétition après Sibyl en 2019, avec Anatomie d'une chute, racontant l'histoire d'une femme accusée du meurtre de son mari. Le festival sera également très hollywoodien cette année, avec la présence de grandes stars du cinéma américain telles que Harrison Ford, Martin Scorsese, Leonardo DiCaprio et Robert De Niro. Le retour d'Indiana Jones pour un cinquième volet est très attendu. Martin Scorsese viendra présenter son nouveau film-fleuve Killers of the Flower Moon, avec Leonardo DiCaprio et Robert De Niro. Pedro Almodovar présentera également un court-métrage en forme de "western queer", avec Ethan Hawke et Pedro Pascal. Le festival s'ouvrira avec le film Jeanne du Barry de la Française Maïwenn, assuré de faire couler de l'encre, avec le grand retour de Johnny Depp. Outre la sélection pour la Palme d'Or, le Festival de Cannes présentera également des films en compétition pour Un Certain Regard, Séances Spéciales, Cannes Premières, Séances Minuit et Hors Compétition. Des cinéastes renommés tels que Wim Wenders et Steve McQueen ont également été sélectionnés pour présenter leurs films lors du festival. Le Festival de Cannes est un événement majeur pour les cinéphiles du monde entier, offrant une occasion unique de découvrir des films d'horizons divers. Les discussions, les débats et les rencontres entre professionnels du cinéma stimulent également la créativité et l'innovation dans l'industrie. La 76ème édition du Festival de Cannes promet donc d'être un moment fort pour le monde du cinéma, avec des réalisatrices talentueuses en lice pour la Palme d'Or et des films hollywoodiens majeurs présentés sur la Croisette. FESTIVAL DE CANNES : toute la programmation EN COMPÉTITION JEANNE DU BARRY de MAÏWENN – Film d’ouverture Hors Compétition CLUB ZERO de Jessica HAUSNER THE ZONE OF INTEREST de Jonathan GLAZER FALLEN LEAVES de Aki KAURISMAKI LES FILLES D’OLFA de Kaouther BEN HANIA ASTEROID CITY de Wes ANDERSON ANATOMIE D’UNE CHUTE de Justine TRIET FIREBRAND de Karim AÏNOUZ MONSTER de KORE-EDA Hirokazu IL SOL DELL’AVVENIRE de Nanni MORETTI L’ÉTÉ DERNIER de Catherine BREILLAT KURU OTLAR USTUNE (LES HERBES SÈCHES) de Nuri Bilge CEYLAN LA CHIMERA de Alice ROHRWACHER LA PASSION DE DODIN BOUFFANT de TRAN Anh Hun RAPITO de Marco BELLOCCHIO MAY DECEMBER de Todd HAYNES JEUNESSE de WANG Bing THE OLD OAK de Ken LOACH BANEL E ADAMA de Ramata-Toulaye SY | 1er film PERFECT DAYS de Wim WENDERS UN CERTAIN REGARD LE RÈGNE ANIMAL de Thomas CAILLEY – Film d’ouverture LOS DELINCUENTES de Rodrigo MORENO HOW TO HAVE SEX de Molly MANNING WALKER | 1er film GOODBYE JULIA de Mohamed KORDOFANI | 1er film KADIB ABYAD (LA MÈRE DE TOUS LES MENSONGES) de Asmae EL MOUDIR SIMPLE COMME SYLVAIN de Monia CHOKRI CROWRÃ de João SALAVIZA, Renée NADER MESSORA LOS COLONOS (LES COLONS) de Felipe GÁLVEZ | 1er film AUGURE de Baloji TSHIANI | 1er film THE BREAKING ICE de Anthony CHEN ROSALIE de Stéphanie DI GIUSTO THE NEW BOY de Warwick THORNTON IF ONLY I COULD HIBERNATE de Zoljargal PUREVDASH | 1er film HOPELESS de KIM Chang-hoon | 1er film TERRESTRIAL VERSES de Ali ASGARI, Alireza KHATAMI RIEN À PERDRE de Delphine DELOGET | 1er film LES MEUTES de Kamal LAZRAQ | 1er film HORS COMPÉTITION INDIANA JONES ET LE CADRAN DE LA DESTINÉE de James MANGOLD COBWEB de KIM Jee-woon THE IDOL de Sam LEVINSON KILLERS OF THE FLOWER MOON de Martin SCORSESE SÉANCES DE MINUIT KENNEDY de Anurag KASHYAP OMAR LA FRAISE de Elias BELKEDDAR ACIDE de Just PHILIPPOT CANNES PREMIÈRE KUBI de Takeshi KITANO BONNARD, PIERRE ET MARTHE de Martin PROVOST CERRAR LOS OJOS (FERMER LES YEUX) de Victor ERICE LE TEMPS D’AIMER de Katell QUILLÉVÉRÉ SÉANCES SPÉCIALES MAN IN BLACK de WANG Bing OCCUPIED CITY de Steve MCQUEEN ANSELM (DAS RAUSCHEN DER ZEIT) (LE BRUIT DU TEMPS, ANSELM KIEFER) de Wim WENDERS RETRATOS FANTASMAS (PORTRAITS FANTÔMES) de Kleber MENDONÇA FILHO
- No(s) Dames : la vie tragique de nos divas
No(s) Dames est bien plus qu'une simple production lyrique. C’est une révolution dans la représentation des femmes sur scène. En inversant les rôles traditionnels de genre, No(s) Dames nous offre une relecture passionnante de quatre siècles de femmes sacrifiées sur la scène lyrique. « Aux femmes la direction musicale, à l’homme les agonies de divas » Le projet artistique No(s) Dames est né de la fascination de Théophile Alexandre, un contre-ténor et danseur contemporain, pour les héroïnes tragiques des opéras. En s'inspirant du très beau livre L'opéra ou la défaite des femmes de Catherine Clément, philosophe et femme de lettres, cette œuvre humaniste et sociétale remet en question la fatalité qui pèse sur les divas et leurs destins souvent tragiques. Théophile Alexandre a voulu renverser cette fatalité de genre en incarnant, en tant qu'homme, les destins de femmes sacrifiées et en redistribuant la direction musicale au quatuor féminin exceptionnel, Zaïde. Ainsi, No(s) Dames propose une vision novatrice et inclusive de l'opéra, qui met en avant la diversité et l'égalité des genres dans l'art lyrique. Ce projet a d'abord pris la forme d'un album qui a connu un grand succès auprès du public. Ensuite, il a été suivi d'une tournée en France et vient d’offrir une soirée magique au Trianon de Paris au profit de La maison des Femmes. 17 compositeur. 23 divas Un spectacle musical composé d’un collage surréaliste de 17 compositeurs et de 23 divas, icônes opératiques, féminins sacrés qui défie les stéréotypes de madones, putains et sorcières. Dans NO(S) DAMES, les adieux de Manon se confondent alors à ceux de Violetta ; les larmes brûlantes de Norma tutoient les cauchemars d’Amina ; Giulietta, Carmen et Maria se font dangeureuse tentatrice…et finissent par dessiner le portrait d’une seule et même idole : la Dame, telle que fantasmée, crée et imposée aux femmes par les hommes, par-delà les siècles ou les continents. Dès le début du spectacle un homme et quatre femmes, tous habillés de noir, entrent en scène. La voix du contre-ténor Théophile Alexandre résonne, jouant les hommes-objets, en prise à son tour avec des clichés de féminités. Inverser les rôles, renverser les traditions pour libérer les héroïnes d’opéra de leurs carcans d’un autre temps. Pendant plus d’une heure, Théophile, avec un interprétation aussi remarquable que bouleversante de fragilité, signe une performance scénique et vocale à couper le souffle. Un coup de génie durant lequel l’artiste flirte dangereusement avec le registre des sopranos en endossant ces destins brisés. Le violoniste et arrangeur Éric Mouret a brillamment transformé ces partitions pour soprano et orchestre en pages pour contre-ténor et quatuor, en jouant sur les tonalités et en ajoutant des transitions pour relier ces airs d'héroïnes à leur communauté de destinée tragique. Une relecture scénique, construite comme un thriller musical et réinventant une vingtaine d'airs d'héroïnes tragiques. Avec une scénographie tel un cabinet de curiosité qui expose une sorte de reliquaire d'accessoires de divas et des vidéos qui convoquent les fantômes de ces femmes martyres, le résultat est un spectacle à couper le souffle. Un ballet opératique envoûtant qui nous plonge dans les méandres des plus grands drames des siècles passés et qui ne manquera pas de toucher les âmes sensibles et les amateurs d'opéra. En donnant une place centrale à ces héroïnes troublantes, cette œuvre permet de questionner les stéréotypes de genre et de faire évoluer la représentation des femmes dans l'art lyrique… pour qu’un jour, peut-être, Drame ne rime plus jamais avec Dame ! Avis Foudart 🅵🅵🅵🅵 « Si les hommes prenaient en charge le malheur des femmes, le monde se porterait mieux » Ghada Hatem, médecin et créatrice de La maison des Femmes NO(S) DAMES Une idée originale de Emmanuel GREZE-MASUREL Mise en scène Pierre-Emmanuel ROUSSEAU Chant Théophile ALEXANDRE Direction Musicale Quatuor ZAÏDE Arrangements Éric MOURET Chorégraphie Béatrice WARRAND Création Vidéos Charlotte ROUSSEAU Création Lumières Gilles GENTNER Crédit © Julien BENHAMOU En tournée… Durée 1h10 sans entracte – Tous publics
- Une histoire d’amour : interview d’Alexis Michalik
Le film Une Histoire d'amour, réalisé par Alexis Michalik, est une adaptation de sa pièce de théâtre du même nom. Le film, qui a été présenté en clôture du Festival du Film International de Saint-Jean-de-Luz, mélange les codes de la comédie romantique et du mélodrame en remplaçant l'habituel couple hétérosexuel par un couple de femmes. L'histoire suit les personnages de Justine et Katia, qui tombent amoureuses et décident de braver la vie en vivant une histoire d'amour et en donnant naissance à leur fille, Jeanne. Douze ans plus tard, Katia apprend qu'elle est atteinte d'une maladie incurable et doit trouver en urgence un tuteur pour sa fille. Sa seule option : son frère William, écrivain cynique et désabusé. Le réalisateur a réussi à trouver un équilibre subtil entre la comédie et le drame, en mélangeant des émotions extrêmes de l'existence. Le casting, composé de comédiennes encore inconnues, ajoute une fraîcheur à l'histoire et permet de renouveler le cinéma français. Le budget restreint de 3,2 millions d'euros a obligé la production à être inventive, en utilisant une profusion de décors pour que le spectateur voyage dans cette saga qui s'étale sur quinze ans. Le film aborde des sujets délicats tels que la perte, le deuil et la maladie, mais évite de sombrer dans le pathos grâce à l'humour et à la fraîcheur qui se dégagent de l'histoire. Le réalisateur réussit à placer l'émotion au cœur de son récit, tout en évitant de tomber dans les clichés. Le jeu des acteurs est remarquable et permet d'explorer l'intimité de leurs personnages. Une Histoire d'amour est un film émouvant et touchant qui réussit à surprendre le spectateur grâce à une histoire originale et une mise en scène inventive. Alexis Michalik signe ici un deuxième film réussi qui renouvelle le genre du mélodrame. Avis Foudart 🅵🅵🅵 Interview d’Alexis Michalik Frédéric Bonfils : avec tous ce que vous faites tout le temps, comment avez-vous réussi à trouver le temps pour réaliser ce film ? Alexis Michalik : En janvier 2020, nous avons créé la pièce de théâtre, mais en mars de la même année, le confinement a été imposé et tous les théâtres ont fermé leurs portes. Cette situation m'a laissé du temps libre, ce qui était une première pour moi en dix ans, car je n'avais aucune pièce à l'affiche. Certaines personnes qui avaient vu la pièce m'ont suggéré de la transformer en film. Au fil du temps, cette idée a commencé à me séduire et j'ai commencé à écrire le scénario. Après avoir discuté avec mon producteur et associé, Benjamin Bellecour, nous avons trouvé les financements nécessaires. Ensuite, nous avons convoqué les actrices de la pièce pour leur annoncer la bonne nouvelle. Frédéric Bonfils : Comment avez-vous créé l'histoire d'amour centrale du film ? Alexis Michalik : L'histoire s'inspire de mes propres expériences de perte et de deuil amoureux. En écrivant l'histoire, j'ai créé des personnages dans lesquels j'ai mis une partie de moi-même. Pour moi, c'est une opportunité extraordinaire de transformer mes émotions en quelque chose de créatif. J'ai également décidé d'incarner le personnage de William car je sentais que cela avait du sens pour moi. Frédéric Bonfils : Comment avez-vous abordé l'adaptation de la pièce de théâtre au format cinématographique ? Alexis Michalik : Je voulais que le film soit une véritable création cinématographique, plutôt qu'une simple adaptation de la pièce. J'ai donc apporté des modifications significatives au scénario et j'ai ajouté de nouveaux éléments pour en faire une œuvre cinématographique à part entière. J'ai également voulu qu'il y ait une profusion de décors qui nous permette de traverser quinze ans sans qu'on se pose de questions sur les contraintes budgétaires. Les séries m'ont également influencé en matière de narration, car c'est ce qui constitue notre ADN de nos jours. Les bandes dessinées ont également influencé mon style d'écriture. Frédéric Bonfils : Comment avez-vous abordé la représentation de l'homosexualité féminine dans ce film ? Alexis Michalik : J'ai abordé ce sujet avec beaucoup de précaution. Je savais que c'était un sujet délicat et sensible, et je ne voulais pas tomber dans les clichés ou faire une représentation inexacte de l'homosexualité féminine. Mon but était d'être au plus juste et au plus près de la réalité, de façon sub tile. J'ai travaillé en étroite collaboration avec mes actrices pour m'assurer que leurs personnages, Justine et Katya, étaient authentiques et reflétaient l'expérience de la communauté LGBTQ+. Mon objectif était de montrer l'homosexualité féminine de manière subtile et naturelle, sans la stigmatiser ni la sexualiser. Frédéric Bonfils : Quel message espérez-vous transmettre aux spectateurs à travers votre représentation de l'homosexualité féminine dans le film ? Alexis Michalik : Mon message est simple : l'amour est universel et ne connaît pas de frontières, que ce soit entre deux femmes, deux hommes ou un couple hétérosexuel. L'histoire d'amour entre Justine et Katya est l'une des nombreuses histoires d'amour du film. Mon but était de montrer que l'homosexualité féminine n'est pas quelque chose d'étrange ou de différent, mais simplement une autre forme d'amour. En fin de compte, j'espère que les spectateurs pourront se concentrer sur les émotions et les relations entre les personnages, plutôt que sur leur orientation sexuelle. Frédéric Bonfils : Comment espérez-vous que le public réagisse au film ? « J'espère que le film apportera de l'espoir et de la positivité, et qu'il sera un témoignage de l'universalité de l'amour » Alexis Michalik : J'espère que le public sera touché par l'histoire d'amour et les autres histoires d'amour du film, et qu'il se reconnaîtra dans les personnages. Je voudrais que les spectateurs ressentent une gamme d'émotions en regardant le film, depuis la joie jusqu'à la tristesse. UNE HISTOIRE D’AMOUR UN FILM DE ALEXIS MICHALIK Avec Alexis Michalik, Juliette Delacroix, Pauline Bression, Marie Camille Soyer Photos © Arnaud JUHERIA Sortie le 12 avril • 1H30 •FRANCE •2022
- Danse 3000 : Un carnet de bal avant la dernière danse
La danse a toujours été une forme d'expression artistique, une manière de se connecter à soi-même et aux autres. Mais pour Nadia Vadori-Gauthier, c'est devenu une forme de résistance poétique. Depuis janvier 2015, elle danse chaque jour pendant une minute, en hommage aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo. Cette danse quotidienne, intitulée Une minute de danse par jour est devenue, plus de huit ans après, Danse 3000, un tournant qui ouvre la minute de danse à d’autres regards chorégraphiques, à d’autres danses, tout en maintenant « le goutte à goutte de l’eau sur la pierre » selon le proverbe chinois qui a inspiré le geste. La soirée Danse 3000 est un événement très attendu dans le monde de la danse contemporaine. C'est un carnet de bal avant la dernière danse, une célébration festive pour marquer la fin d'une ère et le début d'une nouvelle… au théâtre de Chaillot. La soirée commencera par un impromptu chorégraphique suivi d'une table ronde et d'une rencontre avec le public sur le thème de la danse au cœur du monde. La chorégraphe Nadia Vadori-Gauthier sera accompagnée de personnalités du monde chorégraphique qui lui sont chères, telles que François Ben Aïm, Anne Dreyfus, Lisi Estaras, Myriam Gourfink, Kaori Ito, Benoît Lachambre, Daniel Larrieu, Marion Lévy, Marie Motais, Cécile Proust, Ambra Senatore, Julie Anne Stanzack, Brigitte Seth et Roser Montllo Guberna. Ils discuteront de leur expérience de la danse et de son impact sur le monde. Ensuite, il y aura un autre impromptu chorégraphique avec plusieurs danseurs, suivi d'une performance et d'un mini-concert live intitulé 3000 Dances par Theo Lawrence et Nadia Vadori-Gauthier. La soirée se poursuivra avec le tournage de la Minute de danse n°3000 avec les chorégraphes présents et la passation de la minute de danse. La soirée se terminera par un DJ set par DJREÏNE, mais il y aura aussi des installations vidéo tout au long de la soirée. Les participants pourront enregistrer leurs propres Minutes de danse, seul ou en groupe, qui seront diffusées en direct sur un écran dans le Foyer de la Danse. Il y aura également une installation vidéo des Minutes de danse de confinement, suite à l'appel à danser ouvert à tous lancé par Nadia Vadori-Gauthier, ainsi qu'une sélection de Minutes de danse de ces dernières années. Ce carnet de bal avant la dernière danse, se veut être une soirée inoubliable pour tous les amoureux de la danse contemporaine. Danse 3000 Carnet de bal avant la dernière danse CHAILLOT THÉÂTRE DE LA DANSE Samedi 01 avril à 18h15 Durée 3h • Accès libre sans réservation
- GABY DELYS : un vrai délice !
Le fabuleux destin de la Première Star du Music Hall Plongez dans l'univers extravagant et audacieux de la première star du Music Hall, La Marseillaise Gaby Deslys, à travers ce spectacle musical captivant. Dès l'âge de 19 ans, Gaby Deslys quitte son cocon familial pour réaliser ses rêves sur scène. Cette femme flamboyante a enflammé les scènes de Paris, Londres et New-York avec ses immenses chapeaux à plumes, ses costumes extravagants, ses talents de chanteuse et de danseuse ainsi que sa personnalité hors du commun. Elle a influencé des icônes telles que Mistinguett et Mae West et a été la première à descendre le Grand Escalier accompagnée d'un orchestre de jazz Band en 1917. Elle a même réussi à faire tourner la tête du roi du Portugal, qui y laissa sa couronne. Femme d'affaires moderne, Gaby Deslys est décédée en pleine gloire en 1920. Bien que l'histoire du spectacle soit relativement conventionnelle, les performances des interprètes sont irréprochables. En particulier, Cléo Senia incarne avec brio Gaby Deslys, capturant l'essence même de sa personnalité flamboyante et excentrique. Jean-Christophe Born est également remarquable dans les rôles clés de l'histoire de Gaby Deslys, et la musique jouée en direct par l'étonnant pianiste Mark Nadler ajoute une touche de magie supplémentaire. Entre théâtre, rire, émotion, chant, danse, perles et paillettes Ce spectacle vous transporte dans l'univers du Music Hall de la belle époque aux années folles, avec ses magnifiques costumes de l'atelier Sevin-Doering. C'est un véritable régal pour les yeux et les oreilles, une expérience inoubliable pour les fans de musique et de spectacle. Avis Foudart 🅵🅵🅵 « GABY DESLYS » Le fabuleux destin de la Première Star du Music Hall Un spectacle de Jean-Christophe BORN texte Mireille DOERLING-BORN Complicité artistique Catherine SPARTA Avec Cléo SENIA, Jean-Christophe BORN et au piano Mark NADLER Chorégraphie Sébastien Oliveros Costumes atelier Sevin-Doering THEATRE DE PASSY Actuellement • Certains lundis ou mardis à 20h ou 21h • Durée 1h10
- 77e édition du Festival d’Avignon : les immanquables !
Sous le signe de la nouveauté La 77ème édition du Festival d'Avignon promet d'être marquée par l'arrivée du nouveau directeur, le Portugais Tiago Rodrigues, et une programmation axée sur la nouveauté ! Du 5 au 25 juillet, cette édition présentera 40 spectacles dont 75% de nouveaux noms. Pour le directeur, cette édition sera un mélange de mémoire, de grands noms établis et d'ouverture vers l'avenir. Cette année, le festival mettra en avant les femmes, avec plus de la moitié des spectacles portés ou co-portés par des femmes. Julie Deliquet, la deuxième femme de l'histoire du festival, après Ariane Mnouchkine, à diriger une mise en scène dans la cours d’honneur du Palais des Papes présentera une adaptation de Welfare, un documentaire de Frederick Wiseman. La chorégraphe Bintou Dembélé quant à elle présentera G.R.O.O.V.E, une déambulation-performance mêlant hip-hop, Krump et voguing. Le retour de la Carrière de Boulbon, lieu mythique du festival situé en plein air à une quinzaine de kilomètres d'Avignon, est également à noter. Philippe Quesne y créera Le Jardin des délices, inspiré du tableau de Jérôme Bosch. Le festival sera aussi l'occasion de découvrir de nouveaux talents, notamment des dramaturges britanniques tels que Tim Crouch, Alistair McDowall et Alexander Zeldin, ainsi que la metteuse en scène allemande Susanne Kennedy et la compagnie new-yorkaise Elevator Repair Service. Enfin, le festival cherchera également à attirer un jeune public en proposant deux spectacles en plein air, Paysages partagés et Que ma joie demeure, ainsi que des pièces-fleuves telles qu'Extinction de Julien Gosselin. Avec cette édition, le Festival d'Avignon 2023 s'annonce comme une ode à la nouveauté et à la découverte avec une programmation éclectique qui offrira au public une expérience artistique unique. Photo Christophe Raynaud de Lage Festival d’Avignon, 77e édition : Toute la programmation G.R.O.O.V.E. Conception et chorégraphie Bintou Dembelé les 5, 6, 8, 9 et 10 juillet à 17h • Opéra Grand Avignon Welfare d’après le film de Frederick Wiseman, mise en scène Julie Deliquet les 5, 6, 7, 8, 10, 11, 12, 13, 14 juillet à 22h • Cour d’honneur du Palais des Papes Portrait de l’artiste en ermite ornemental Texte, conception et mise en scène Patrick Corillon les 6, 7, 8, 10, 11, 12 juillet à 11h et 18h • Chapelle des Pénitents Blancs Neandertal Texte et mise en scène David Geselson les 6, 7, 8, 10, 11, 12 juillet à 15h • L’Autre scène du Grand Avignon – Vedène Création 2023Chorégraphie Anne Teresa De Keersmaeker les 6, 7, 9, 10, 11, 12, 13 juillet à 18h • La FabricA Le Jardin des délices Conception et mise en scène Philippe Quesne les 6, 7, 9, 10, 11, 12, 14, 15, 16, 17, 18 juillet à 21h30 • Carrière de Boulbon A Noiva e o Boa Noite Cinderela / Capitulo 1 da Trilogia Cadela Força Texte, conception et mise en scène Carolina Bianchi du 6 au 10 juillet à 21h30 • Gymnase du Lycée Aubanel An Oak Tree Texte Tim Crouch, mise en scène Tim Crouch, Karl James, Andy Smith les 6, 8, 9, 10 juillet à 22h • Cloître des Célestins Baldwin and Buckley at Cambridge Un projet de Greig Sargeant, Elevator Repair Service le 7 juillet à 17h et les 9, 10, 11 juillet à 11h et 17h • Gymnase du Lycée Mistral Paysages partagés / 7 pièces entre champs et forêts Conception et curation Caroline Barneaud, Stefan Kaegi les 7, 8, 9, 11, 12, 13, 15, 16 juillet à 16h • Pujaut Marguerite : le feu Texte Emilie Monnet, mise en scène Emilie Monnet, Angélique Willkie du 7 au 11 juillet à 19h • Théâtre Benoît-XII Extinction d’après Thomas Bernhard et Arthur Schnitzler, mise en scène Julien Gosselin les 7, 9, 10, 11, 12 juillet à 21h30 • Cour du Lycée Saint-Joseph L’Addition Conception, texte et mise en scène Tim Etchells les 7, 8, 11, 12, 13, 14, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 24, 25 juillet à 20h • Spectacle itinérant Vive le sujet ! Tentatives Séries 1 et 2 : Lazaro Benitez, Auguste de Boursetty, Daniely Francisque, Blandine Rinkelles 8, 9, 10, 12, 13, 14 juillet à 10h30 et 18h Séries 3 et 4 : Fanny Alvarez, Guillaume Cayet, Balkis Moutashar, Mohamed Toukabri les 19, 20, 21, 23, 24, 25 juillet à 10h30 et 18h30 • Jardin de la Vierge du Lycée Saint-Joseph Le Songe / Démonter les remparts pour finir le pont d’après William Shakespeare, mise en scène Gwenaël Morin les 8, 9, 10, 11, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 20, 21, 22, 23, 24 juillet à 21h30 • Jardin de la rue de Mons, Maison Jean-Vilar Ecrire sa vie d’après l’œuvre de Virginia Woolf, mise en scène Pauline Bayle les 8, 9, 10, 12, 13, 14, 15, 16 juillet à 22h • Cloître des Carmes Kono atari no dokoka Basé sur les premières œuvres de Martine Pisani, conception Michikazu Matsune en dialogue avec Martine Pisani les 8, 9, 11, 12, 13, 14, 15 juillet à 23h • Cour Montfaucon de la Collection Lambert L’oeil nu Mise en scène et chorégraphie Maud Blandel les 10, 11, 12, 13, 15, 16 juillet à 22h • Cloître du Cimetière de la Chartreuse de Villeneuve Lez Avignon Truth’s a Dog Must to Kennel Texte, mise en scène et interprétation Tim Crouch du 14 au 17 juillet à 11h, puis du 19 au 23 juillet à 18h • Chapelle des Pénitents Blancs Les Emigrants d’après W.G. Sebald, mise en scène Krystian Lupa les 14, 15, 16, 18, 19, 20, 21, 22 juillet à 16h • Opéra Grand Avignon Angela (a strange loop) Conception et texte Susanne Kennedy, mise en scène Susanne Kennedy, Friederike Kötter le 14 juillet à 19h, les 15 et 16 juillet à 19h et 23h, le 17 juillet à 19h • Gymnase du Lycée Aubanel En Atendant Chorégraphie Anne Teresa de Keersmaeker les 14, 15, 17, 18, 19, 21, 22, 23, 24, 25 juillet à 20h15 • Cloître des Célestins all of it Texte Alistair McDowall, mise en scène Vicky Featherstone, Sam Pritchard les 15, 16, 17, 18, 20, 21, 22, 23 juillet à 19h • Théâtre Benoît-XII Dispak Dispac’h Texte Patricia Allio, GISTI, Elise Marie, mise en scène Patricia Allio les 15, 16, 17, 18, 20 juillet à 19h • Gymnase du Lycée Mistral Transformer – Trilogie 72 d’après Lou Reed, avec Silly Boy Blue le 15 juillet à 23h • Cour du Lycée Saint-Joseph Antigone in the Amazon Conception et mise en scène Milo Rau les 16, 17, 18, 19, 21, 22, 23, 24 juillet à 21h30 • L’Autre Scène du Grand Avignon – Vedène Ziggy Stardust – Trilogie 72 d’après David Bowie, avec Léonie Pernet et Jean Sylvain le Gouic le 16 juillet à 23h • Cour du Lycée Saint-Joseph Que ma joie demeure Texte Jean Giono, mise en scène Clara Hédouin les 17, 18, 19, 22, 23, 24 juillet à 6h du matin • Pujaut, théâtre et marche The Confessions Texte et mise en scène Alexander Zeldin les 17, 18, 19, 21, 22, 23 juillet à 16h • La FabricA The Romeo Mise en scène et chorégraphie Trajal Harrell les 18, 19, 20, 22 et 23 juillet à 22h30 • Cour d’Honneur du Palais des Papes Le Beau Monde Conception Arthur Amard, Rémi Fortin, Simon Gauchet, Blanche Ripoche du 19 au 21 juillet à 21h et 23h59 • Cour Montfaucon de la Collection Lambert Carte noire nommée désir Texte et mise en scène Rébecca Chaillon les 20, 21, 23, 24, 25 juillet à 19h • Gymnase du Lycée Aubanel Inventions de Mal Pelo les 20, 21, 23, 24, 25 juillet à 19h • Cour du Lycée Saint Joseph Black Lights Chorégraphie et mise en scène Mathilde Monnier les 20, 21, 22, 23 juillet à 22h • Cloître des Carmes Harvest – Trilogie 72 d’après Neil Young, avec La Maison Tellier & friends le 24 juillet à 22h • Opéra Grand Avignon By Heart Texte, mise en scène et interprétation Tiago Rodrigues le 25 juillet à 22h • Cour d’Honneur du Palais des Papes
- Le menteur
Mensonge ou vérité Après l’étonnante Marie-Antoinette de Stefan ZWEIG, déjà au Poche Montparnasse, Marion BIERRY revient à la mise en scène, avec l’adaptation d’une comédie délicieusement décadente et amorale, la dernière comédie baroque de Pierre CORNEILLE. Dorante, jeune étudiant qui vient de terminer ses études, revient à Paris, bien résolu à profiter de la vie. Accompagné de Cliton, son valet et confident, il rencontre Clarice et Lucrèce, au détour d’une promenade. Et, pensant les éblouir par le récit imaginaire de ses campagnes militaires, il se lance dans un engrenage de mensonges qui vont déclencher tout un lot d’irrésistibles quiproquos. « Le mensonge n’est un vice que quand il fait du mal ; C’est une très grande vertu quand il fait du bien ». VOLTAIRE Critiquée à l’époque pour son style « léger », cette pièce fut un tel succès qu’un nouveau style de théâtre est né et, certain ont même pensé que Molière s’en était inspiré. « Corneille est une fête, une fête de l’esprit, un feu « d’artifice » de notre langue, une fête de l’impertinence et de la liberté » Mêlant Le Menteur et La Suite du Menteur, au tout début et à la fin du spectacle, Marion BIERRY a su, merveilleusement, sublimer les alexandrins raffinés de Corneille, en créant une comédie enjouée et irrésistible. Alexandre BIERRY, merveilleusement entouré par un valet à l’esprit naïf et deux maîtresses qui s’en connaissent en finesse, campe un Dorante plein de roublardise, de panache et de noblesse. « Un Paris tout en bal et en musique » Ce Menteur, très drôle et réjouissant, avec son décor intelligent de Nicolas SIRE et ses costumes stylisés de Virginie HOUDINIÈRE, nous emporte dans un déluge de bonne humeur et de chansons légères. Avis Foudart 🅵🅵🅵 LE MENTEUR D’après Pierre CORNEILLE Adaptation et mise en scène Marion BIERRY Avec Alexandre BIERRY - Benjamin BOYER ou Thierry LAVAT - Brice HILLAIRET - Anne-Sophie NALLINO - Serge NOËL et Mathilde RIEY Crédit photo Pascal Gely THÉÂTRE DE POCHE MONTPARNASSE Succès • prolongation Du mardi au samedi 21h, dimanche 15h
- Ma forêt fantôme
Ils les ont tant aimés ! Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 Jean et Suzanne sont frère et sœur. Ils ont la soixantaine. Deux morts ne cessent d’être présents dans leur mémoire : Paul, le mari de Suzanne, dont elle apprend à faire le deuil et qui vient de mourir de la maladie d’Alzheimer, et Nicolas, le compagnon de Jean, mort du sida quelques années plus tôt, au milieu d’une interminable liste. Sur scène un lustre majestueux fait de feuillages et de fleurs surplombe le plateau. Un homme créature danse sur une musique assourdissante. C’est le début d’un spectacle particulièrement bouleversant, rempli de surprises, qui parle d’amour et de mort. La forêt fantôme des êtres disparus durant les années sida ne cesse de hanter les survivants de cette génération. VINCENT DUSSART On passe du rire aux larmes avec une énergie furieusement folle et poétique Avec Ma Forêt fantôme, on se penche sur les années sida, sur la maladie d’Alzheimer, mais on célèbre aussi l’amour, la vie, le sexe. Les morts sont là, face à nous. Deux fantômes très bavards et malicieux qui vont accompagner les souvenirs de Jean et Suzanne avec des tableaux qui mêlent musiques, danses et théâtre. Un spectacle aussi délicat que la dentelle, follement politique, abrupte et émouvant. MA FORÊT FANTÔME TEXTE DENIS LACHAUD MISE EN SCÈNE VINCENT DUSSART SCÉNOGRAPHIE, COSTUMES & LUMIÈRES ANTHONY PASTOR & ROSE-MARIE SERVENAY CHORÉGRAPHIE FRANCE HERVÉ MUSIQUE PATRICE GALLET RÉGIE GÉNÉRALE QUENTIN RÉGNIER AVEC GUILLAUME CLAUSSE, XAVIER CZAPLA, SYLVIE DEBRUN, PATRICE GALLET, PATRICK LARZILLE Spectacle vu au Festival Off AVIGNON Présence Pasteur Théâtre de Belleville Du 9 au 30 avril 2023
- Mademoiselle Chanel en hiver : délicatement scandaleux
La pièce de théâtre Mademoiselle Chanel en hiver est une exploration subtile de la période trouble de la vie de Coco Chanel en 1946, alors qu'elle est exilée en Suisse après la Libération, et met en lumière ses relations controversées avec les Allemands pendant l'Occupation. Dans une mise en scène brillante d'Anne Bourgeois, la pièce dépeint avec nuance le portrait de Coco Chanel, une femme forte et directe dans ses propos « En 1924, Chanel avait du talent. En 1946, elle a 63 ans », mais profondément seule et en quête de bonheur. Thierry Lassalle, l'auteur de ce texte, dépeint sans compromis des personnages hautement romanesques, sans occulter leur part sombre et leurs contradictions. L'un des personnages les plus complexes de son récit est Mademoiselle Chanel, indépendante et opportuniste, cruelle, légère et écorchée. Les échanges entre Gabrielle Chanel, décrite comme « un monstre d'égoïsme sans nuance », et l'écrivain-ambassadeur Paul Morand sont d'une férocité cynique, reflétant la tension de leur cohabitation dans un palace suisse. Les mémoires dictées par Chanel à Morand ont finalement été publiées sous le titre L'Allure de Chanel, devenant un best-seller, bien des années plus tard. Au-delà de la relation tumultueuse entre ces deux personnages, la pièce aborde la complexité de la personnalité de Coco Chanel ainsi que celle de son entourage. Elle soulève également une réflexion intéressante sur la moralité - ou plutôt l'absence de moralité - de Chanel « Je suis couturière, c’est déjà difficile d’habiller les femmes. Je ne vais pas non plus m’occuper du peuple ». Le jeu des comédiens est remarquable, en particulier celui de Caroline Silhol, qui incarne tout en subtilité et avec brio, la personnalité brutale, complexe de Coco Chanel. Christophe Barbier, lui, ne démérite pas dans le rôle de l'écrivain Paul Morand. Le décor et les costumes sont délicats et esthétiques, ajoutant à l'atmosphère de l'époque. Thierry Lassalle a créer une œuvre remarquable, magnifiquement mise en scène par Anne Bourgeois. Mademoiselle Chanel en hiver est une pièce à la fois intelligente et captivante, qui mêle habilement la petite et la grande histoire et nous offre un aspect peu connu de la vie de Coco Chanel. Cette pièce est une véritable réussite. Un bijou de sensibilité et d’audace. Avis de Foudart 🅵🅵🅵🅵 MADEMOISELLE CHANEL EN HIVER Une pièce de Thierry Lassalle Mise en scène Anne Bourgeois Avec Caroline Silhol, Christophe Barbier, Emmanuel Lemire, Thomas Espinera, Bokai Xie, Lucie Romain Lumière Jean-Marie Prouveze Décor Jean-Michel Adam Musique Nicolas Jorelle Costumes Jean-Daniel Vuillermoz Crédit photo Laurencine Lot THEATRE DE PASSY Actuellement • du mardi au samedi à 21h00 - matinée le dimanche à 15h00 • Durée 1h30
- Dom Juan où le festin de pierre : une lecture politique et contemporaine
David Bobée, metteur en scène et scénographe, est connu pour sa volonté de mettre en scène des œuvres qui ont un sens politique et social fort. Ainsi, sa décision de monter Dom Juan de Molière, en donnant une lecture critique et contemporaine de la pièce, n'est pas surprenante. « Dom Juan ne m'appelle pas. Au contraire. Il me fait fuir » Pour Bobée, Dom Juan, ce personnage d'aristocrate séducteur qui ne respecte rien ni personne représente toutes les formes de domination contre lesquelles il lutte au quotidien. Cette lecture critique et contemporaine de la pièce, pour mieux symboliquement la « déboulonner », au sens propre comme au figuré, nous invite à réfléchir à cette question du déboulonnage des grandes figures célébrées dans l'espace public. « Comme un cimetière de statues déboulonnées » La scénographie de la pièce est particulièrement intéressante, avec un décor constitué de statues gigantesques représentant différentes figures historiques, mythologiques ou politiques. La distribution, quand a elle, est marquée du sceau de la diversité. Bobée refuse de faire un théâtre qui ne s'adresse qu'à une partie de la population et souhaite travailler avec les gens qui l'entourent. Il intègre le fait que les corps des interprètes créent du sens avec des acteurs issus de différentes origines et milieux sociaux, donnant une représentation diversifiée de la société. La performance de Radouan Leflahi dans le rôle de Dom Juan est particulièrement remarquable, ainsi que celle de Shade Hardy Garvey Moungondo, qui incarne Sganarelle. Mais la troupe manque globalement de cohésion en terme d’interprétation et certains sont un peu faibles. Le personnage d’Elvire, notamment, n’ait pas suffisamment développés et on a du mal à comprendre la puissance de son courroux. « Ce ne sont que les mots de Molière » En contre partie, l'adaptation de la pièce est fidèle à la structure narrative de l'œuvre et Bobée n’a opéré que des glissements de sens en faisant du montage à l'intérieur et en déplaçant certaines phrases, répliques ou scènes. Il a également changé un seul mot (mais quel mot !) dans le monologue d'entrée sur le tabac, en remplaçant tabac par théâtre. Cette idée très simple, mais très maline rend un bel hommage au théâtre et met en évidence un débat de l'époque assez oublié : le théâtre est-il un poison ou un remède pour l'âme ? Malgré ces quelques réserves, cette relecture politique et contemporaine préservant l'essence de l'œuvre originale reste une œuvre audacieuse et pertinente. En faisant de ce personnage, un prédateur cherchant à détruire le système qui l'entoure, Bobée met en lumière les violences sexistes, racistes et violentes de la masculinité toxique et nous invite à réfléchir à la question de la commémoration des figures historiques dans l'espace public. « Autrement dit, m'emparer de cette pièce de Dom Juan aujourd’hui revient à me poser clairement la question sur un plateau : faut-il déboulonner les statues dont les histoires nous encombrent au XXIème siècle ? Faut-il réécrire le répertoire pour le public de ce début de siècle, ou faut-il simplement décider de ne plus le monter ? » Avis de Foudart 🅵🅵🅵 DOM JUAN OU LE FESTIN DE PIERRE Texte Molière Mise en scène et adaptation David BobéeAvec Radouan Leflahi Dom Ju, Shade Hardy Garvey Moungondo, Nadège Cathelineau, Nine d’Urso, Orlande Zola Gusman, Catherine Dewitt, XiaoYi Liu, Jin Xuan Mao Scénographie David Bobée et Léa JézéquelLumière Stéphane Babi AubertVidéo Wojtek DoroszukMusique Jean-Noël Françoise Crédit photo Arnaud Bertereau La Villette Dans le cadre du festival 100% Spectacles Du 30 mars au 2 avril 2023 • Jeu & ven 20h. Sam 19h. Dim 16h • Durée estimée 2h Tournée après la Villette Les 6 et 7 avril 2023, au Phénix, Scène nationale de Valenciennes. Les 14 et 15 avril, Le Carré, Sainte-Maxime. Du 19 au 21 avril, à Créteil-Maison des Arts. Du 25 au 28 avril à La Comédie de Clermont-Ferrand, Scène Nationale. Les 4 et 5 mai à La Filature Scène Nationale, Mulhouse. Le 12 et 13 mai 2023 à la Scène Nationale, Flers Les 7 et 8 juin à La Coursive, Scène Nationale de La Rochelle.
- Nomination des Molières 2023 : et les grands gagnants sont…
Les nominations pour la 34e édition des Molières 2023 viennent d'être dévoilées et suscitent déjà l'enthousiasme des professionnels du théâtre et du grand public. La cérémonie, qui aura lieu le 24 avril sous la direction d'Alexis Michalik au Théâtre de Paris, récompense les meilleures productions théâtrales de l'année en France et est l'équivalent des Tony Awards aux États-Unis et des Olivier Awards au Royaume-Uni. Parmi les nominations, on retrouve plusieurs pièces de théâtre privé qui ont marqué l'année 2022 : Glenn, naissance d'un prodige, une production qui a remporté six nominations, est en lice pour le Molière du Théâtre Privé, du Comédien dans un second rôle pour Bernard Malaka, de la Comédienne dans un second rôle pour Josiane Stoléru, de la Révélation féminine pour Lison Pennec, de la Révélation masculine pour Thomas Gendronneau, et de l'Auteur.trice francophone vivant.e pour Ivan Calbérac. Big Mother, une autre production de qualité, est nominée dans cinq catégories, notamment pour le Molière du Théâtre Privé, de la Création visuelle et sonore, de la Mise en scène dans un spectacle de Théâtre privé pour Mélody Mourey, de la Comédienne dans un second rôle pour Karina Marimon, et de l'Auteur.trice francophone vivant.e pour Mélody Mourey. Je ne cours pas, je vole ! une production de Théâtre Public, a également été nominée dans cinq catégories, notamment pour le Molière de la Mise en scène dans un spectacle de Théâtre public pour Johanna Boyé, de la Révélation féminine pour Vanessa Cailhol, de la Comédienne dans un second rôle pour Élodie Menant, et de l'Auteur.trice francophone vivant.e pour Élodie Menant. D'autres productions notables qui ont reçu plusieurs nominations incluent Oublie-moi, Les Poupées persanes, Lorsque l'enfant paraît, Le Bourgeois gentilhomme, Une idée géniale et Amours (2). Les nominations pour les Molières du Spectacle musical, de l'Humour, et du Seul.e en scène comprennent des noms bien connus tels que Florence Foresti, Manu Payet, Stéphane Guillon et Sylvie Testud. Dans l'ensemble, les nominations pour les Molières 2023 témoignent de la richesse et de la diversité de la scène théâtrale française, ainsi que de la qualité exceptionnelle des performances et des productions de l'année. La cérémonie sera à n'en pas douter un moment fort pour le théâtre en France et pour les artistes qui font vivre cet art essentiel.
- Art Paris célèbre son 25e anniversaire : 4 jours d’Art et de Fête
L'Engagement et l'Exil Art Paris célèbre cette année son 25e anniversaire avec une édition puissante, éclectique et colorée, du 30 mars au 2 avril 2023 au Grand Palais Éphémère. Cette foire d'art accueille 134 galeries venues de 25 pays différents, mettant en avant l'engagement et l'exil comme thématiques centrales. Depuis sa création en 1999, cet événement artistique majeur du printemps est un lieu de découverte, d'innovation et d'exploration de l'art moderne et contemporain, attirant chaque année de nombreux visiteurs. L'édition 2023 d'Art Paris met en avant l'engagement des artistes face aux ténèbres qui assombrissent notre ciel, selon Marc Donnadieu, le commissaire invité de la foire. Cette sélection explore le regard porté par ces artistes sur la notion d'engagement, que ce soit envers l'art et l'œuvre eux-mêmes ou vis-à-vis du monde, de son histoire ou de son actualité. « Partir d’un endroit ne veut pas dire ne plus y être » L’exil est également abordé, en tant que processus complexe, poreux et personnel, au-delà de sa connotation géographique ou identitaire stricte. La commissaire Amanda Abi Khalil, qui a connu l'exil personnellement, est à l’origine de ce thème hautement actuel. Dans le secteur « Promesse », qui met en avant les jeunes galeries de moins de six ans d'existence, neuf galeries présentent un maximum de trois artistes émergents. Art Paris est donc un rendez-vous incontournable pour découvrir les artistes modernes, contemporains et émergents, ainsi que les galeries du monde entier, et pour explorer les thématiques sociales et politiques actuelles à travers l'art. Cette édition célèbre avec force ses 25 ans d'existence et son engagement envers l'art et la société. ART PARIS - 25 ans Direction générale Julien et Valentine Lecêtre Commissaire général Guillaume Piens Grand Palais Éphémère Du 30 mars au 2 avril 2023 • Le jeudi 30 mars de midi à 20h. Vendredi 31 mars de midi à 19h. Samedi 1er avril de midi à 20h. Dimanche 2 avril de midi à 20h












